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HISTOIRE
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HISTOIRE
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AUX ENVIRONS DE PARIS:
Dans laquelle ces Animaux font rangés fuivant uri
ordre méthodique.
Admiranda tibi levium fpeélacula rerum. Virg. Georg. iv.
HOM'ES'E;C'O'N D.
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Chez DURAND, rue du Foin, la premiere porte cochere
en entrant par a rue S. Jacques , au Griffon.
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AVEC APPROBATION ET PRIVILÉCE pu Ror.
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QUI SE TROUVENT
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TETRAPTÈRES À AILES FARINEUSES
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INSECTES À QUATRE AÏILES
FARINEUSES.
L À feûtion d'infeétes que nous allons traiter , eft une
des plus connues , & en même tems des plus belles & des
plus brillantes. Elle renferme les papillons ; les phalênes,
& quelques - autres genres , dont plufieurs élbéces fe font
Tome A +
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diftinguer par la richefle & la vivacité des couleurs dont
elles font parées. Ces infeétes brillans ont attiré les regards
des curieux, plus que tous ceux des autres feétions , ïis
font l’ornement des cabinets d’hiftoire naturelle , & nom-
bre d’auteurs fe font appliqués à les étudier & à travailler
fur leur hiftoire. Nous nous contenterons de donner un
précis très - abrégé de leurs travaux & de nos obfervations
particulieres.
D'abord le caraëtere de cette feîtion ef aifé à connoître;.
il confifte dans la conformation des ailes de ces infectes..
Au lieu que dans la premiere feëtion les aîles font cachées
fous des étuis durs & opaques , dans celle-ci les aîles font
à découvert : mais ces ailes au nombre de quatre paroiffent
couvertes d’une poufliere farineufe , qui s'attache aux
doigts lorfqu’on les touche & qui s’enleve aifément. Cette
efpéce de poufliere fine eft fort différente de ce qu’elle
paroïît à la premiere vüe. Si on l’examine à la loupe ;, ou ce
qui eft encore mieux, à l’aide du microfcope , on voit que
ces parcelles de poufliere font autant de petites écailles ,
qui ont une forme réguliere & organifée. Elles font plat-
tes , fe terminent en pointe par le bout qui les attache
à l'aile , & à l’autre extrémité elles font découpées en
quatre ou cinq dents , pe ou moins. On peut voir les
figures différentes que plufieurs auteurs , & en particulier
Bonnani , Swammerdam & M. de Reaumur ont données
de ces écailles , que d’autres ont appellées fans fondement
des plumes. On verra que parmi ces écailles , les unes
font plus fongues , plus étroites & terminées au bout
par un moindre nombre de découpures , d'autres au con-
traire plus courtes , plus larges & plus découpées. Ces
dernieres font plus communes fur les aîles , tandis que les
premieres font particuliérement fur le corps & proche
l'attache des ailes. Ces écailles qui fe trouvent fur les aîles
& même fur le corps des papillons , des phalênes &
des autres infeétes qui en approchent , font le caraëtere
cffentiel des animaux de cette fe&tion. Eux feuls ont de
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ES: INSECTES, 3
pareilles écailles fur leurs aîles | & tous en ont plus ou
moins. Il eft vrai qu'on trouve certaines écailles à peu près
femblables fur certains infeêtes à étuis , comme nous
l'avons remarqué. Mais outre qu’elles font un peu diffé-
rentes , elles ne fe trouvent que fur leurs étuis & leur
corps , & nullement fur leurs ailes ; ces dernieres font
liffes , nues & tranfparentes , comme on peut le voir
en tirant ces ailes de deflous les étuis & les développant.
Il ÿ a au contrâire quelques phalênes qui femblent d'abord
avoir des ailes nues , tranfparentes & fans écailles. Mais fi
on les examine de près , on voit que les écailles s’y trou
vent , quoique toute l'aile n’en foit pas couvert: , comme
dans les autres phalènes & papillons. On en trouve tou-
jours plufeurs au moins le long des groffes nervures : ainfi
nous pouvons admettre la préfence des écailles fur les
ailes de ces infeétes , comme le caractere le plus certain ,
le plus conftant & le plus effentiel de cette fettion.
Ce font ces mêmes écailles fines , dont la couleur don-
ne aux aîles des infectes de cette feétion , cet éclat qui fait
l'admiration des perfonnes les plus indifférentes pour l'hif-
toire naturelle. Si on les enleve , ce qui fe fait très-aifé-
ment , l'aile refte fans couleur , comme une fimple mem-
brane fine & tranfparente , elle paroït femblable aux ailes
des mouches , des demoifelles & de beaucoup d’autres ine
feûtes. Néanmoins , l’aile ainfi dépouillée mérite une
attention particuliere. Si on l’examine à la loupe , on voit
qu’elle neft pas liffe ; comme elle le paroït d’abord , mais
que fes deux furfaces , tant fupérieure qu’inférieure , font
parfemées d’efpéces de raies ou fillons enfoncés. Ces
fillons font les endroits auxquels les écailles étoient atta-
chées , comme on peut s'en aflurer par la vie de quelques-
unes d’entr'elles , qui fouvent reflent après qu’on a enlevé
les autres. Ces écailles ne font donc point placées fans
ordre fur l'aile , mais elles font difpofées en bandes ou
raies , de façon qu’elles tiennent à l’aile par celui de leurs
bouts qui fe termine en pointe , & que l’autre extrémité
A ij
H1STOIRE ABRÉGÉE
plus large , couvre l'attache de la rangée fuivante ; à peu
près comme nous voyons les rangées de tuiles d'un toit
couvrir les fuivantes.
Telle eft la ftruéture des aîles des infeëtes de cette
{e&ion , du moins quant à l'extérieur. Nous reviendrons à
ce qui regarde intérieur de ces mêmes ailes , en parlant
des différentes parties de ces infe@es que nous allons
a@meliement examiner. ‘ fe
Le corps des infeêtes à aîles farineufes , eft compofé de
trois parties principales , comme celui de la plûpart des
autres infeites ; favoir , la tête , le corcelet & le ventre.
La tête des papillons , des phalênes & des autres in-
feétes de cette fection eft ordinairement petite. On y re-
marque d’abord deux antennes , prefque toujours grandes
& différemment figurées fuivant les différens genres. Dans
les papillons , elles font toujours en mafle ou maflue,
c'eft-à-dire, plus groffes à leur bout qui forme comme un
bouton. Elles font en peigne , c’eft-à-dire', ornées d’efpé-
ces de barbes de chaque côté , femblables aux dents d'un
peigne dans plufieurs phalènes. D'autres phalônes au con-
traire , & les teignes en ont qui font figurées en filet fimpie
& fin. Enfin les fphinx en ont de grofles & angulaires. Ces
formes différentes d'antennes fervent à cara@térifer les
genres de cette feëtion , & nous les examinerons plus
en détail dans le particulier. Ces antennes partent toutes
de la partie fupérieure de la tête entre les yeux.
Ceux-ci font affez gros : leur membrane extérieure eft
ferme , tranfparente & taillée à facettes , ainfi que celié
des yeux de la plüpart des infettes..Ce font-là les grands
yeux à refeau qui font au nombre de -deux. Outre ces
yeux , ces infeétes ontles petits yeux liffes que nous avons
dit fe trouver fur la tête de beaucoup d'infettes à deux & à
quatre aîles. Ces petits yeux font au nombre de trois ,
lacés en triangle fur le haut de la tête entre les yeux
à refeau : mais ils font difficiles à appercevoir dans la plû-
part de ces infeétes , à caufe des poils longs & touffus fous
DES ‘INSECTES. $
fefquels ils font cachés. Je ne les ai pu découvrir dans
plufieurs phalènes & papillons qu’en enlevant ces poils &
mettant le deffus de la tête à nud.
La bouche de ces infeëtes eft formée par une efpéce de
trompe , qui leur fert à pomper le fuc mielleux des fleurs
dont ils fe nourriffent. Dans quelques -uns , cette trompe
eft très - courte , & fi courte qu’à peine l’apperçoit- on ; il
femble que ces infeétes n’en,ont point. C'eft une efpéce
de pointe qui paroït inutile à caufe de fa petiteffe : auffi
obferve-t-on que ces infeétes ne s’en fervent guères. Ces
infeétes ne vivent fous la forme d'infeëtes parfaits , que
le court.efpace de tems qui leur eft néceffaire pour s’'ac-
coupler & pondre leurs œufs. Ce grand ouvrage de la gé-
nération accompli, ils périflent , & paffent ainfi ce dernier
état de leur vie fans avoir befoin de nourriture. C'eft ce
que l’on obferve dans la phalêne du ver à foie qui eft de
ce nombre. Beaucoup d'autres efpéces ont au contraire
une trompe très-longue pour leur corps. Cette trompe
fe replie en fpirales , formant plufieurs tours , & fe niche
dans une cavité longitudinale , qui eft à la partie antérieu-
re de la tête , & dont les côtés font encore munis d’efpéces
de plaques ou barbillons qui mettent la trompe plus à
Couvert. Si on examine cette longue trompe , & qu'après
lavoir déroulée on la preffe"dégérement avec la pointe
d’une épingle ; on parvient à voir la fingularité de fa ftruc-
ture. Elle n’eft point compofée ; comme on pourroit
d’abord le penfer, d’un feul tuyau creux & cylindrique. Ce
font deux efpéces de lames un peu concaves ; deux demi
cylindres pofés l'un contre l’autre , qui forment cette
trompe. Ces deux lames fe féparent aifément par le moyen
d’une pointe, & pour lors , il femble que l’infeéte ait deux
trompes. On trouve quelquefois des infeétes dans lefquels
elles fe font ainfi féparées d’elles-mêmes , foit par un
défaut de conformation , foit par quelqu’accident. Cette
firutture de la trompe rend fon ufage beaucoup plus fim-
ple & plus aifé. Les deux lames qui la compofent étant
6 F HisTOIRE ABRÉGÉE
mobiles, peuvent refferrer ou aggrandir la cavité intérieure
de la trompe. Par ce moyen; le fuc des fleurs fe trouve at-
tiré dans cette cavité , comme l’eau dans l’intérieur d’une
pompe » &t lorfqu'il eft monté à un certain point , le reffer-
rement progreflif de la trompe vers le haut , le pouffe du
côté de la tête de l’infeête. C’eft ici une méchanique à peu
près femblable à celle par laquelle la contraëtion progref-
five des arteres de notre corps accélere le mouvement
des liqueurs qu’elles contiennent. Je ne voudrois pas
cependant aflurer que ce für cette caufe feule qui fit mon-
ter le fuc alimentaire dans la trompe. La propriété qu'ont
toutes les liqueurs de monter dans les tuyaux capillaires
par une efpéce d’attraétion , & par leur adhéfion aux parois
de ces vaiffeaux, peut aufli contribuer au même effet.
La feconde partie .qui compofe le corps des infeëtes
que nous traitons , eft le corcelet. Dans ces infeëtes , il eft
compofé de plufeurs piéces écailleufes très - fortes qui
font comme foudées enfemble , ce qui rend cette partie
très-dure , & capable de foutenir les pattes qui y font atta-
chées en deffous , & les aîles qui naïffent de fes côtés. On
remarque fur le corcelet les fligmates peétoraux que nous
avons dit fe trouver fur la plüpart des infeétes. Dans ceux-
ci , ils font au nombre de deux, & ne font pas aifés à
obferver à caufe des poils longs & drus qui couvrent
le corcelet & cachent ces fligmates aux yeux. Pour les
appercevoir ; il faut mettre le corcelet à nud , & pour lors,
on découvre encore avec peine ces efpéces de boutonnie-
res latérales , qui font les ouvertures des ftigmates. Elles
font placées fur une efpéce de col membraneux qui unit la
tête au corcelet. C’eft à M5 Bazin & de Geer qu’on eft
redevable de la découverte de ces fiigmates qui paroïflent
avoir échappé aux recherches de M. de Reaumur. Au-def-
fous du corcelet , font attachées les pattes qui font au
nombre de fix dans tous ces infettes , quoïque cependant
certains papillons femblent d'abord n’en avoir que quatre;
du moins quand ils marchent, ils ne le font qu’à l'aide
DES INSECTES. 7
de quatre pattes , & pour cette raifon , ils ont été appellés
papillons à quatre pattes , papiliones tetrapi. Mais ces pa-
pillons qui femblent d’abord n'avoir que quatre pieds en
ont réellement fix. Il efl vrai qu’ils ne fe fervent que des
quatre poftérieurs pour marcher ; ceux de devant leur font
inutiles ; ils font courts , couverts d'un duvet de poils fort
épais , & l'infedte les tient appliqués contre fon col ;, où ils
femblent faire une efpéce de palatine ; maïs ces pattes,
quoique courtes, n'en exiftent pas moins, & ces papillons
en ont fix comme les autres.
Ces pattes font compofées dés trois parties que nous
avons déja remarquées dans les infeétes précédens , la
cuifle qui part du corps , la jambe & le tarfe ou pied
compofé de cinq articulations. Elles font terminées au
bout du tarfe par des efpéces de griffes ou crochets , à
l'aide defquels l’infeëte s'accroche & fe tient ferme fur les
différens plans où il fe pofe. Ces crochets m’ont paru man-
quer totalement aux pattés de devant de ces papillons ,
-qui ne fe fervent que des pattes poftérieures pour mar-
cher, & que l’on appelle papillons à quatre pattes , & dans
le fond ils leur étoient inutiles ; puifque ces infeétes ne
font aucun ufage de ces deux pattes de devant , au moins
pour marcher & fe foutenir.
Les ailes font les dernieres parties que nous ayons à ob-
ferver en parlant du corcelet auquel elles font attachées.
Elles font au nombre de quatre dans tous les infeétes
de cette fe&tion ; deux fupérieures & deux inférieures.
Nous avons déja examiné plus haut la ftruéture de ces
petites écailles qui les couvrent tant en deffus qu’en def-
fous , la maniere dont elles font attachées , & [a con-
formation extérieure de l’aîle ; il ne nous refte plus qu’à
rendre compte de fa conftruttion intérieure. L'aile dé-
pouillée de ces écailles qui la colorent & la rendent opa-
que , refte diaphane , tranfparente & femblable à un
talc. II femble que ce ne foit qu'une fimple membrane
claire ; féche ; fur laquelle on voit quelques nervures,
8 HISTOIRE ABRÉGÉE
Mais cette membrane qui femble fi mince & fi claire, eft
uncompofé de deux membranes ou feuillets minces appli-
qués intimément l’un contre l'autre. C'eft ce qu'on peut
obferver dans le papiilon fortant nouvellement de fa chry-
falide & encore mol , ainfi-que dans la plüpart des autres
infeétes qui font dans le même état. Leurs ailes alors font
molles , pendantes , & femblent fort épaifles. Si on les
examine dans ce premier inftant , on peut fouvent parvenir
à détacher l’un de l’autre les deux feuillets qui compoñent
le corps de l’aïle : pour lors , que l’on prenne un petit
tuyau fin , & que par fon moyen on foufle entre ces deux
lames, l'air s’y infinue , toute l’aile fe gonfle , devient em-
phyfématique , & l’on voit une quantité de cellules entre
les deux lames. Quelquefois la nature fait d'elle-même
une pareille opération dans des papillons qui fortent de
leurs coques avec des aïles malades & contrefaites. Ces
ailes , au lieu de fe fécher & de devenir fermes, reftent
molles , gonflées & remplies d'air, & dans cet état elles ne
peuvent fervir à l’infeête, On voit par-là que la texture de
l'aile n’eft pas fimple , que ce n’eft point une feule mem-
brane , mais qu'elle eft compofée de deux feuillets fins ;
entre lefquels il y a un tiflu cellulaire fort mince. Il eft
vrai que toutes ces parties s’appliquent intimément l’une
contre l’autre , lorfque l'aile de l'infete s'affermit & fe
féche , & que pour lors, il n’eft plus poflible de les féparer.
C'’eft entre ces membranes de l'aile , que rampent les ner-
vures qu'on y remarque, & qui portent à cette partie la vie
& le mouvement. Ces nervures doivent donc être compo-
fées de petits vaifleaux , qui répondent aux vaifleaux fan=
guins & aux nerfs des grands animaux,
Telle ef la firuéture des quatre aïîles que lon remarque
fur les infeétes de cette feëtion. Il ne nous refte plus
qu'une feule obfervation à faire à leur fujet , c’eft que les
femelles de quelques-uns de ces infetes paroifflent man-
quer, d'ailes. Ces femelles ont un air lourd & pefant ,
& elies reffemblent à un gros ver à fix pieds. On ne pen-
feroit
DES INSECTES:
feroit jamais qu'elles fuffent les femelles d’infeétes ailés,
légers , & qui voltigent avec agilité. Cependant ces fe-
melles lourdes & pefantes ne font pas tout-à- fait dépour-
vûes d’ailes. Si on examine avec attention leur corcelet ,
on y voit quatre petites appendices très-courtes , quatre
moignons d'ailes très-petits , qui font les véritables ailes de
ces femelles , figurées dans leur petitefle , comme les
grandes ailes de leurs mâles*= ainfices femelles font vérita-
blement ailées , quoiqu’elles ne le-paroiflent pas d’abord,
& que la petitefle de leurs ailes les leur rende inutiles.
Le ventre qui nous refte à examiner , compofe la troi-
fiéme & derniere partie du corps des infectes dont nous
parlons. Ce ventre eft plus ou moins allongé fuivant les
différens infeétes , mais en général, il eft plus long & plus
grefle dans les mâles , tandis que celui des femelles eft
plus court & plus gros. Ordinairement il eft compofé de
neufanneaux, tous munis de deux fligmates , un de chaque
côté ; à l'exception du dernier anneau qui n’en a point.
C'eft à l'extrémité du ventre que fe trouvent les parties de
la génération , femblables à celles des infettes à étuis ;
aufli l'accouplement des uns & des autres fe fait-il de
la même façon. Tout le ventre eft fouvent couvert de pe-
tits poils , & de plus, on y remarque plufieurs écailles
femblables à celles qui fe voyent fur les ailes , fi ce n’eft
Eh font plus allongées.
es infectes de cette fe@ion , font ceux dont les Natu=
raliftes paroïflent avoir d'abord obfervé les métamorpho-
fes. La facilité de rencontrer leurs larves , la beauté de
quelques-unes de leurs chryfalides , & le brillant des in-
feétes parfaits qui fortent de plufieurs , auront concouru
fans doute à attirer les regards des curieux.
Les larves de ces infettes font en général très - connues
fous le nom de chenilles. Elles font allongées & compo-
fées d’une tête & d’un corps, qui a douze anneaux diftinéts
en comptant le dernier. La tête eft formée par deux efpé-
ces de calottes fphériques , dures , écäilleufes , fur lef-
Tome TL, B
10 HisSToiIRE ABRÉGÉE |
quelles on remarque quelques points noirs. Ces deux
calottes font les yeux de la chenille. A la partie antérieure
de la tête , eft fa bouche , armée de deux fortes machoires
dures & aigues , avec lefquelles elle ronge les feuilles , les
fleurs & quelquefois le bois même , & produit tant de ras
vages dans les forêts , les jardins & les potagers. Au-deflous
de la bouche , à fa lévre inférieure , eft un petit trou
par lequel pañle le fil que cet infeëte fait former , & que
plufieurs auteurs par cette raifon ont appellé 2 f{ere. Les
douze annneaux qui compofent le corps ; font tous affez
femblables les uns aux autres , à l'exception du dernier
fous lequel fe trouve Panus , ou l’ouverture par laquelle la
chenille rend fes excrémens, Cet anneau eft ordinairement
taillé en cône à plufieurs faces inégales ; & fon extrémité
eft tronquée.
Sur les deux côtés de la chenille ; on voit des points
oblongs formés en efpéces de boutonnieres , pofés obli-
quement , & de couleurs différentes fuivant les différentes
efpéces. Ce font-là les ftigmates ou les ouvertures par lef-
quelles l’infeëte refpire. J'en ai trouvé conflamment dix-
huit fur les chenilles , neuf de chaque côté. On voit par ce
nombre que tous les anneaux de la chenille ne font pas
pourvüs de fligmates , fi cela étoit , elle devroit en avoir
vingt-quatre , mais le fecond , le troifiéme & le dernier an-
neau n’en ont point ; tous les autres au nombre de neufen
ont deux, un de chaque côté. Il paroît par cet arrangement
des ftigmates , que les deux premiers placés fur le premier
anneau répondent aux ftigmates que l’on verra par la fuite
fur le corcelet du papillon , ou de la phalène qui doit
fe développer & fortir dé la chenille , & que les fuivans
diftans des premiers , à commencer par ceux du quatriéme
anneau , vont répondre à ceux qui paroitront fur les an-
neaux du ventre du même papillon.
Les parties que nous venons de décrire font les mêmes
dans toutes les chenilles ou larves de cette fe&tion : maisil
n'en eft pas de même des pattes de ces infeéles ; dont
DES INSECTES. 11
Te nombre varie beaucoup. Néanmoins maleré cette va-
riété , il y a deux caracteres uniformes & conftans dans les
pattes de toutes les chenilles. Le premier , c’eft qu'aucun
de ces animaux n’a ni moins’ de huit pattes , ni plus de
feize. Ainfi toutes les fois qu’on trouvera des larves appro-
chantes des chenilles pour leur forme ; qui n’auront que
fix pattes , ou qui en auront un plus grand nombre que
feize , on peut aflurer que ce ne font point des chenilles ,
& que l’infeéte parfait qu'elles donneront ne fera ni papil-
lon , ni phalêne , ni infeéte de cette feétion. C’eft par
ce moyen qu'on peut difliñguer les larves des mouches-à-
fcie , dont nous parlerons dans la fuite , & qui refflemblent
tellement à des chenilles , qu’on les confond aifément
enfemble ; ce qui les à fait appeller par quelques auteurs
fauffes-chenilles. Toutes ces Lis de mouches-à-fcie ont
plus de feize pattes , fouvent dix-huit , tantôt vingt ou
vingt-deux. Une autre différence de ces larves d’avec les
chenilles , qui peut encore aider à les diflinguer , c’eft que
leur tête eft compofée d’une feule calotte fphérique écail-
leufe , au lieu que la tête des vraies chenilles eft compofée
de deux femblables calottes diftinétes l’une de l’autre ,
ainfi que nous l'avons déja dit. Le fecond caraûtere unifor-
mé & conftant dans toutes les chenilles ; confifte dans
la forme & la polition de leurs fix premieres pattes , qui
font les mêmes dans toutes. Ces fix pattes attachées aux
trois ptemiets anneaux font dures , fines , terminées en
pointes. Nous les appellerons partes écailleufes: Ces pattes
font les enveloppes qui renferment les fix pattes , que doit
avoir le papillon ou la phalêne : aufli comme le nombre de
ces pattes eft conflant dans tous les infeëtes parfaits de
cette feétion , & qu’ils en ont tous fix , il en eft de même
des pattes écailleufes de leurs larves , qui font dans toutes
les efpéces au nombre de‘fix , & toujours attachées aux
trois premiers anneaux fous lefquels eft caché le corcelet
de l’infette parfait , auquel doivent être articulées fes pat-
tes : mais pour ce qui regarde les autres pattes de la che-
Bi
«
#2 Hi1sTOrrREe ABRÉGÉÉ Es
nille , elles varient pour la figure & pour le-nombre. Ces
dernieres ne font pas aufli effentieiles , elles ne font propres
qu'à la larve ; elles difparoiffent dans l'infeéte parfait , qui
les perd en fe métamorphofant & quittant fes dépouilles.
Quant à la forme , ces pattes différent beaucoup des pre-
mieres. Ce font des efpéces de mamelons larges & mols:
nous les appellerons pattes membraneufes. Ces pattes font
entourées en tout ou en partie de crochets durs , recour-
bés ; qui forment à leur extrémité une couronne ; ou
une demi-couronne fuivant les différens genres. On fent
que de pareils crochets doivent fervir à affermir les che-
nilles contre les branches , les feuilles & les autres corps
fur lefquels elles marchent. Ces mêmes crochets peuvent
éncore fervir à diftinguer les chenilles , des larves des
mouches -à-fcie ou faufles chenilles. Ces dernieres n’ont
jamais de pareils crochets à leurs pattes membraneufes ,
au lieu qu’on en trouve toujours dans les vraies chenilles.
Ce font ces pattes membraneufes, dont le nombre varie
beaucoup dans les chenilles. Nous avons-dit que le plus
grand nombre de pattes que les chenilles puflent avoir ,
n’excédoit pas celui de feize. Une grande partie des che-
nilles , fur-tout celles que l’on trouve le plus communé-
ment , a précifément ce nombre. Ces chenilles à feize pat-
tes, en ont d'abord fix attachées aux trois premiers an-
neaux ; deux de chaque côté. Ce font leurs fix pattes écail:
leufes : enfuite fe trouvent deux anneaux dénués de pattes;
favoir , le quatriéme & le cinquiéme. Les quatre anneaux
fuivans en ont chacun deux , ce qui fait huit autres pattes,
qui, fe trouvant placées vers le milieu de l'infeéte , ont été
appellées par quelques-uns pattes intermédiaires. Après
ces quatre anneaux , les deux fuivans ; favoir ; le dixiéme
& le onziéme,n’ont point de pattes ; & enfin le dernier an-
neau en a deux, qui ont été appellées partes poftérieures.
Aiïnfi les chenilles à feize pattes , en. ont fix écailleufes
& dix membraneufes ; favoir , huit intermédiaires
& deux poftérieures. L’arrangement de ces pattes , tel:
DES ÎNSECTES. xs
que nous venons de le rapporter , eft conftant dans tou-
tes les chenilles à feize pattes. Ces chenilles les plus com-
munes , nous fourniflent les plus grandes efpéces de cette
fection.
Après les chenilles à feize pattes , viennent celles qui
n'en ont que quatorze. Ces dernieres varient entr'elles
pour l’arrangement &t la diftribution de leurs pattes mem-
braneufes. Dans toutes , on voit fix pattes écailleufes atta-
chées aux trois premiers anneaux ; & enfuite huit pattes
membraneufes, Mais les unes ont le quatriéme & le cin-
quiéme anneau fans pattes , enfiyte huir pattes intermé-
diaires aux quatre anneaux fuivans , & les trois derniers
anneaux nuds fans aucunes pattes , fans les pattes pofté-
rieures. Les autres au contraire ont ces deux pattes pofté-
rieures , & feulement fix pattes intermédiaires , mais diffé-
remment pofées. T'antôt après Les pattes écailleufes ; font
trois anneaux fans pattes , puis trois autres qui donnent
naiffance aux pattes intermédiaires , & enfuite deux an-
neaux nds entre ces pattes &.les poftérieures ; tantôt
après les pattes écailleufes , il ny a que deux anneaux
nuds , mais après les fix pattes intermédiaires , il y en
a trois.avant le dernier anneau.où font les pattes poftérieu-
res : ainfi la différence entre ces chenilles , confifte en ce
que des cinq anneaux nuds & fans pattes , il y en a
trois pofés devant les pattes intermédiaires , & deux après
ces pattes dans les unes ; tandis que dans les autres il n'y en
a que deux devant ces mêmes pattes & trois après elles.
Les chenilles qui n’ont que douze pattes , fuivent im-
médiatement celles qui en ont quatorze. Ces chenilles
après les fix pattes écailleufes ou après les trois premiers
anneaux , ont quatre anneaux de fuite nuds & fans pattes ,
enfuite deux anneaux,auxquels font attachées quatre pattes
intermédiaires feulement. Ces anneaux font fuivis de deux
autres qui font nuds , & enfin du dernier anneau partent les
deux pattes poftérieures. Ainfi ces chenilles à douze pattes
ont lix pattes écailleufes , quatre pattes intermédiaires &
x4 HISTOIRE ABRÉGÉE
deux poférieures. Le grand efpace de quatre auneaux qui
fe trouve entre les pattes écailleufes & les intermédiaires,
oblige ces chenilles de marcher différemiment des autres,
En général les chenilles à feize & à quatorze pattes mar-
chent en formant des efpéces d’ondulations., ou un mou-
vement fucceflif & progreflif , femblable à celui qu’on
appelle mouvement vermiculaire ; à caufe de l’aétion fuc-
cellive de leurs pattes nombreufes. Les chenilles à douze
pattes ne marchent pas de même , & elles ne le pourroient
point à caufe des quatre anneaux qu’elles ont de fuite
dépourvüs de pattes. Lorfque ces chenilles veulent avans
cer , elles fe cramponent contre une branche avec leurs
pattes écailleufes , & attirent leurs pattes intermédiaires &c
tous les anneaux poftérieurs contre ces mêmes pattes
écailleufes , enforte que les anneaux fans pattes fe trouvent
élevés en demi- cercle, & forment une efpéce de boucle :
pour lors elles tiennent ferme & immobile la partie pofté-
rieure de leur corps’, par le moyen de leurs pattes intermés
diaires & poftérieures , & elles avancent la partie anté-
rieure de toute la longueur des quatre anneaux nuds qui
formoient une efpéce de cercle. Dans ce moment leur
corps fe déploye , s’allonge , & leur tête eft portée en
devant ; enfuite elles répétent la même manœuvre & tirent
de nouveau la partie poftérieure vers le devant , pour faire
aprés cela un fecond pas en faifant avancer la partie anté=
rieure. Cette maniere de marcher s'exécute promptement,
& ces chenilles courent plus vite que les précédentes ,
quoiqu'elles ayent moins de pattes. En marchant ainfi à
différens pas, elles femblent mefurer & arpenter le chemin
qu’elles font ; c’eft ce qui les a fait appeller par.la plûpart
des auteurs , geometres ou arpenteufes. Ces arpenteufes à
douze pattes font aflez groffes.
IL y a d’autres chenilles plus petites qui font auffi du
nombre des arpenteufes ; ce font celles qui n’ont que dix
pattes. Ces dernieres , après leurs fix pattes écailieufes , ont
cinq articles de fuite fans pattes ; enfuite on voit deux pat-
DES INSECTES. is
tes intermédiaires feulement, placées fur le neuviéme an-
neau , & les deux poftérieures fur le dernier ou le douzié-
me , tandis que le dixiéme & le onziéme n’ont point
de pattes. Ainfi ces arpenteufes n'ont que deux pattes
intermédiaires , deux poftérieures & fix pattes écaillenfes.
Elles arpentent encore à plus grands pas que les précéden-
tes , ayant cinq auneaux de fuite fans pattes. Ces petites
arpenteufes ont une fingularité remarquable. Leur corps
fort peu garni de pattes , eft cylindrique , & de couleur
terne approchante de celle du bois , ce qui fait qu’on
le prend aifément pour un petit morceau de branche. Les
politions qu’elles prennent fouvent ne contribuent pas peu
à jetter dans la même erreur. Ces chenilles ont aflez
de force pour tenir tout-leur corps droit , tantôt roide,
tantôt un peu fléchi , & fougenu feulement par leurs deux
attes poftérieures qu’elles cramponnent à l'arbre. Quand
elles font ainf pofées & immobiles , elles reflemblent
à une petite branche , à un brin de bois, & il.eft dificile de
les diftinguer , quoiqu'’on les ait fous les yeux. Nous parle-
rons des phalènes fingulieres que donnent ces chenilles
arpenteufes ; lorfque nous examinerons le genre des phalé-
nes en particulier.
Enfin les chenilles qui ont le plus petit nombre de
pieds , font celles qui n’en ont que huit. Ces dernieres
n'ont-point du tout de pattes intermédiaires ; elles n’ont
que fix pattes écailleufes placées à l’ordinaire fous les trois
premiers anneaux , & les deux poflérieures qui naïffent du
dernier anneau ; tous les autres anneaux de leur corps n'en
ent point. Ces chenilles font les plus petites de toutes. La
plüpart d'entr’elles appartiennent aux teignes , dont nous
parlerons plus bas. Comme ces chenilles de teignes fe
logent ordinairement ou dans des fourreaux qu’elles fe
forment de différentes matieres , ou dans l’intérieur des
feuilles , des fleurs & d’autres fubftances femblables , elles
n'ont pas befoin de pattes intermédiaires qui leur feraient
inutiles , les pattes écailleufes & les poftérieures leur fuffi-
16 * HISTOIRE ABRÉGÉE
fent pour avancer ou reculer , en faifant fortir les unes
ou les autres des extrémités de leurs loges ou de leurs
fourreaux.
On voit par le détail que nous venons de donner du
nombre & de la pofition des pattes des chenilles , combien
ces larves différent entr’elles à raifon de ces parties. Aufli
les infeétes parfaits qu’elles donnent , forment des genres
très - différens les uns des autres , comme nous le verrons
bientôt. J'avois d’abord efpéré pouvoir découvrir une
efpéce d’uniformité entre les chenilles qui fourniffent les
infeétes parfaits du même genre : mais plus je les ai exami-
nées & obfervées , plus je me fuis détrompé à cet égard.
Des phalênes du même genre & de la même famille, qui
paroiflent très-femblables pour lé caraëtere , doivent quel-
quefois leur origine à des chenilles qui varient entr’elles
pour le nombre & la figure des pattes , enforte qu'on
ne peut établir fur cet article aucune régle fixe d’après les
chenilles , & il n’eft pas poflible de déterminerfürement le
genre d’infecte parfait que donnera une chenille que l’on
nourrit ; quoiqu'on l’examine avec attention. Néanmoins
nous verrons dans le détail des genres de cette fettion ;
quelques généralités fur les différentes chenilles & les
infeétes parfaits qu’elles donnent : mais ces généralités ne
font pas fans exceptions. |
Après avoir examiné les parties extérieures des che-
nilles , il nous refteroit à donner le détail anatomique
de leurs parties intérieures. Mais comme dans cet Ouvrage
nous nous fommes botnés à l’examen extérieur des in-
feûtes , nous renvoydns les leteurs à la differtation de
Malpighi , fur le ver à foie , qui eft une efpéce de chenille
des plus utiles , & à l'examen que Swammerdam a fait
pareillement de l’intérieur des chenilles , dans fon excel-
lent ouvrage fur les infeétes *. Nous nous contenterons de
parler de deux ou trois parties qui ont rapport à l’extérieur
de ces infeétes. dd
* Swamerd, Biblia Nature, Lugd, bat. 1738 , fol, 2 vol,
Nous
ES
LA CDIPASE ANSE CTE SE 1
Nous avons remarqué fur le corps des chenilles dix-huit
fgmates, neuf de chaque côté.:Ces ftigmates font les
ouvertures par lefquelles l'infeéte refpire , à chacune def:
quelles aboutit un-vaifleau aérien. Ces vaifleaux féparés
vont tous fe réunir. à deux longués trachées , qui tiennént
lieu de poulmons , & qui reçoivent & rendent continuelle-
ment Pair ; qui eft néceffaire à linfeéte , comme aux plus
grands animaux*Outre ces deux longues trachées , on voit
dans le corps de la chenille plufieurs autres parties. La
principale eft un long & gros canal, qui part de la bouche
& sétend jufqu’à l’anus. Ce canal qui tient lieu d’efopha-
ge , d'eftomach & d'inteftins , eft fouvent rempli d’ali-
mens , dont ia couleur verte le fait aifément appercevoir,
À côté de ce canal ; eft un vaifleau arteriel qui tient lieu
du cœur, & aux deux côtés , font deux autres vaifleaux qui
vont aboutir à la filiere ou à l'ouverture quieft fous la levre
inférieure de la'bouche!, & qüi contiennent une liqueur
claire , tranfparente , dont l'infé@e forme la foie qui com-
pofe fa core. Enfin le refte du corps eft rempli d'uné ma-
tiere graifleufe ; qui peut aider à faciliter les différentes
transformations de l’infete que nous allons examiner.
Lotfque la; petite chenille fort de l’œuf où elle étoit
renfermée ; elle-ccommence par fe nourrir de la plante qui
ui convient. Ordinairéemént la mere a eu foin de placer fes
œufs fur cette plante , quoique fouvent elle l'ait quittée,
& ne s’en foit point approchée depuis fa transformation,
“depüis le tems qu’elle, étoit devenue infeéte parfait. La
“petite: chenille ; ainfi à portée:de fa nourriture ;; croît
prômptement ;/mais en croiffant ellé ne garde pas la peau
‘qu'elle a apportée en naiffant , elle en chance plufieurs
#ois à diflérens tems, Cette peau n'eft pas fufceptible de
lextenfon néceffaire à l’accroifflement prompt de ce petit
animal ; enforte qu’elle:eft obligée de fe fendre. Ce premier
.changement fe fait au bout! de dix ou douze jours. L'in-
eûe fe. gonfle & fe contracte alternativement , jufqu’à ce
que fa peau fe fende-fur le dos entre fon fecond.& fon
Tome IL. CHA €
18 HISTOIRE ABRÉGÉE
troifiéme anneau , & pour lors , la petite chenille un peu
fatiguée fe tire de cette peau ou dépouille , comme d'un
fourreau , & paroït avec une autre peau qui étoit cachée
fous la premiere. Cette feconde peau plus large , étoit pro-
bablement pliflée fous la précédente. C’eft ce que Pon
peut penfer en voyant la chenille plus grofle après ce
changement. Au bout de cinq ou fix Jours , il s’en fait un
fecond femblable , qui, après un pareil nombre de jours eft
fuivi d'un troifiéme , & enfin quelque tems après il s’en
fait un quatriéme. Ainfi les chenilles changent plufieurs
fois de peau , comme les autres larves ; & dans plufieurs,
nous avons obfervé que ces changemens étoient au nom-
bre de quatre. Quelques-unes en ont davantage , & Bon-
net aflure que la chenille - martre ne devient chryfalide
qu'après avoir quitté fa huitiéme peau. Après le dernier
changement , les chenilles mangent & croiflent encore,
jufqu'à ce que,parvenues à leur dernier degré d’accroiffe-
ment , elles foient prêtes à fe métamorphofer.
Cette métamorphofe , par laquelle la chenille pañle de
l'état de larve à celui de chryfalide, fe fait comme dans
les autres infeêtes, par un nouveau dépouillement. Elle
quitte fa derniere peau , qui cachoït à nos yeux la chryfa-
lide , & paroit fous cette nouvelle forme , qui elle-même
recouvre l'infeéte parfait qui en doit fortir. Mais avant que
les chenilles fe transforment en cryfalides, plufieurs d’en-
tr'elles doivent exécuter un travail préliminaire long &
délicat. Quelques-unes, comme celles des papillons , fe
transforment en une chryfalide nue & découverte. Dans
celles-la , il ne fe fait qu'un fimple dépouillement, après
lequel la chryfalide eft parfaite ; elles n’ont point d'autre
travail. Mais d’autres chenilles , toutes celles des fphinx &
des phalênes ont leurs chryfalides cachées & à couvert
dans une coque plus ou moins forte. L'infe&te , avant que
de fe transformer en chryfalide, doit faire cette coque,
qui eft ou toute entiere , ou au moins en partie , formée
par un tiffu foyeux, que file la chenille. Cet ouvrage pa-
DES FENSECTES: 19
roït difficile; cependant elle l’exécute promptement , or-
dinairement en deux ou trois Jours, par le moyen de la
filiere qui eft placée fous la levre inférieure de fa bouche.
Les deux vaifleaux à foie, dont nous avons parlé plus
haut, portent à cet endroit une liqueur claire , tranfpa-
rente & vifqueufe, qui filtrée à travers l'ouverture fine de
la filiere’, y forme les fils de foie. La chenille, en les ap-
pliquant à droite & gauche, parle moyen de fa bouche
& de fes machoires , parvient à conftruire ces coques ,
dont le dehors moins uni reflemble à de la bourre , tandis
que leur intérieur eft extrêmement liffe , pour ne point
bleffer la chryfalide , qui doit fouvent y demeurer pendant
un long tems. On peut aifément obferver ladrefle des
chenilles à filer & à faire leurs coques, en élevant des
vers à foie, qui font une efpéce de chenille, dont la foie
eft des plus fines & des plus parfaites, & la coque admi-
rablement bien conftruite. Il s’en faut beaucoup que tou-
tes les chenilles qui font des coques , foient auffi habiles
fileufes. Plufieurs font entrer dans la conftruétion de leurs
coques , des mottes de terre, des feuilles, des brins de
bois ou d'herbe, qu’elles uniflent & attachent enfemble,
par le moyen de leurs fils. D’autres s’enfoncent en terre,
pour s'y métamorphofer dans une cavité qu'elles prati-
quent, & qui leur tient lieu de coque. Mais toutes en gé-
néral ont foin de tapiffer l'intérieur de leur coque, d'un
tiflu foyeux très-fin & très -uni. Nous examinerons en dé-
tail ces chryfalides & ces coques , en faifant l’hiftoire des
différens genres de cette fettion.
Ces infeêtes reftent plus ou moins long-tems fous la for:
me de chryfalide. En général , les papillons , dont la chry-
falide eft nue, y reftent moins de tems. Prefque tous de-
viennent infeëtes parfaits au bout de quinze ou vingt
Jours, du moins pendant l’été ; il n’y a que ceux qui fe
font transformés à la fin de l'automne, qui ne fubiflent
leur dernier changement qu’au printems. Au contraire ,
les fphinx , les phalênes & les autres, dont la chryfalide eft
Ci
2a HisTOLRE,ABRÉGÉE
enfermée. dans. une.coque ;; reftent beaucoup. plus long:
tems dans cet état..La plüpart ne deviennènt infeëtes par-
faits que l'année. fuivante ;.j'en, ai même obfervé qui ne
font éclos.qu'au bout de deux , detrois ans , & même da-
vantage. Plus ils doivent refter dans la coque, plus cette
coque eft forte, dure, & d’un tiflu ferré. La chaleur ou ie
froid contribuent beaucoup à accélérer ou à retarder leur
{ortie. Re SP SA DS
. Le dernier changement de ces infeêtes, celui par lequel
ils; deviennent infeétes parfaits, s'exécute de la même ma-
niere que dans les autres infeêtes , que nous avons déja
examinés dans les fe@ions précédentes. La chryfalide n’eft
que l'infecte parfait refferré:; replié., & qui doit par la
fuite fe développer. On peut s'en affurer en examinant
avec foin les chryfalides. On y voit toutes les parties qui
compofent l'infeéte parfait , bien apparentes, maïs ferrées
& appliquées les unes contre les autres. Il y à encore une
autre maniere d'examiner les chryfalides , c'eft dans l’inf
tant qu’elles viennent de prendre cette forme , & que la
chenille ayant quitté fa derniere peau, vient de fe transfor-
mer, Dans ce moment, la chryfalide eft molle & gluante ;
on peut, avec la pointe d’une épingle , féparer & déve-
lopper toutes les parties de l’infecte parfait, mais encore
mollés , fans confiftence & fans mouvement. Quelques
heures plütard , on ne peut plus faire la même opératiors
Cette matiere vifqueufe, qui enduit la chryfalide, fe fé-
che, unit toutes fes parties, & lui forme une efpéce de
peau , qui devient dure & coriace. C'eft fous cette efpéce
d'enyeloppe ou de peau étrangere, que_les membres.de
l'infeite parfait fe trouvent à l'abri, fe fortifient & acquie-
rent la confifience & la dureté néceffaire. Lorfqu'ils font
parvenus à ce dernier point de perfedion , l’infette tra-
vaille à rompre la peau dure & féche de fa chryfalide ;
elle fe fend,. à fa partie antérieure , par lé sonflement de la
têre & du corcelet delinfette, & petit à petit celui ci fe
gdébarraffe & fort de cette enveloppe la tète la premiere,
S ;
1DESYyINSEC TES. 21
Getteropération paroit aflez fimple .&laifée pour ceux. de
ces.infeétes dont la chryfalide eft nue. Cette, chryfalide
une fois ouverte , ils font'bientôt fortis & en liberté; mais :
il n'en eft pas de même des autres, dont la chryfalide eft,,
enfermée dans une coque , fouvent très-dure.& coriace,
On ne conçoit pas comment un infeéte fans armes, fans
défenfes , peut venir à bout de percer une pareille coque.
Si on examine avec foin quelqu'une de ces coques, on ne
fera plus furpris. On verra qu'une des extrémités de la co-
que, celle qui regarde la tête de linfe&te, & par laquelle
il doit fortir, n'eft point fermée, quoiqu’elle le paroïffe.
Dans cet endroit, la chenille , en filant fa coque, laifle
une ouverture ; qui eft cachée par des fils affez longs &
contournésien anneaux. Ces anneaux ou anfes de foie fer«
rés en long lesuns contre les autres, empêchent qu'aucun
infecte étranger ne puifle pénétrer dans la. coque , & ne
vienne attaquer la chryfalide ; mais lorfque l'infeûe par-
fait veut fortir , ils s'écartent aifément les uns des autres,
& lui laiffent le paffage libre. Bien plus, par le moyen de
cette ouverture , l'infecte fe débarraffe plus aifément de fa
chryfalide , dont l'enveloppe refte au paflage.
Lorfque l’infeëte parfait vient de fortir de fa chryfalide
ou de fa coque, il eft mol & humide ; fes ailes paroiflent
mouillées & chiffonnées ,.& tout fon corps femble. plus
gros qu'il ne fera par la fuite. L’infeête refle pendant quel-
ques inftans tranquille & immobile , & pendant ce temss
toutesifes parties. expofées. à l'air , fe féchent & s'affer-
miflent ; fes ailes.fe déployent & deviennent fermes, &
l'infeéte rend ordinairement quelques gouttes de liqueur
par l'anus. ce qui, jointau defféchement de fon corps -le
rend moins gros. Cette liqueur , que rend l’infeéte en for-
tant de fa coque , eft fouvent rougeätre &.comme fangui-,
nolente. On. voit de ces gouttes femblables à des gouttes
defang , dans les boëtes où l’on éleve des chenilles , &
oùelles.fe font transformées : on en voit fouvent dans les
campagnes, le long de certains murs, auprès defquels
25 HISTOIRE ABRÉGÉE ,
beaucoup de chenilles fe font métamorphofées ; & ces:
prétendues gouttes de fang , ont quelquefois jetté la ter-
reur dans l'efprit du peuple, & donné lieu à ces contes
de pluies de fang, dans des années où les chenilles ont été
communes.On auroit cependant pü fe détromper aifément,
en obfervant que ces gouttes fe trouvoient non-feulement
dans les endroits des murs expofés à la pluie, mais aufli
fur ceux qui en étoient à l'abri, fous les revers des corni-
ches , où il étoit évident qu’elles ne pouvoient tomber
d’en-haut.
L'infecte parfait forti de fa coque , & affez développé
pour prendre fon effort, travaille bientôt à la propagation:
de fon efpéce. Quelques efpéces même ne femblent vivre
fous cette derniere forme, que le tems néceffaire pour
s’accoupleg. La ponte finie , elles périffent au bout de peu
de jours, fans avoir pris de nourriture. La nature même
leur a donné une trompe fi courte, qu’elles ne pourroient
s’en fervir. La phalêne du ver à foie, par exemple , eft
dans ce cas. D'autres qui vivent un peu plus long-tems,
fous la forme d’infeëtes parfaits, tirent quelque nourri-
ture du fuc des fleurs. Ainfi les papillons & les phalênes,
font bien peu de dégâts dans nos jardins & nos campa-
gnes , tandis que les chenilles, qui les ont produits & qui:
éclofent de leurs œufs, y caufent tant de ravages.
Les œufs des infectes parfaits font ordinairement ronds:
ou un peu oblongs, ou applatis ; & toujours couverts:
d'une peau ou enveloppe fort dure. La couleur de ces
œufs varie : les uns font blancs, d’autres gris, plufieurs
verts , quelques-uns bleuâtres. Tantôt l'infeéte les pond
fans ordre & en un tas, tantôt ils font rangés par bandes ,.
& quelquefois ils enveloppent les branches, comme par
anneaux. La petite chenille fort de ces œufs plutôt ou:
plütard : beaucoup n’éclofent que l’année fuivante.
Nous finirons cet article par une derniere remarque.
C'eft que les infeétes parfaits ne prenant que peu ou
point d'alimens, ils ne rendent pas d’excrémens fenfibles ,
S-HDES INSECTES. 23
du moins n’ai-je pù en appercevoir , au lieu que les che-
nilles , qui font voraces, en rendent une très - grande
quantité. Ces excrémens des chenilles font ordinairement
verdâtres, oblongs & quelques-uns ont des figures fingu-
heres. Différentes efpéces en rendent qui font cannelés,
& à plufieurs côtes. Ces conformations particulieres, dé-
pendent de celle de l’ouverture de l'anus ; fur laquelle ces
excrémens fe moulent en fortant.
Cette fection d'infeétes eft très - nombreufe pour les
efpéces , mais les genres qu’elle renferme , font en petit
nombre. Nous allons donner une table de ces genres, à
Jaquelle nous joindrons leurs cara@teres.
A
=
re
++
ss
Pre
+,
ei
j
D!
%
HACK
æ
KHAN
7
Co
AMEN NOK
4
AMAR MAX
pe
&
Ê
= 4
2
|
ÿ
e
G)
24 HiSTOIRE ABRÉGÉE
RON SUP EME ES EC TI O N
De la claffe des Infeéles.
INSECTES À QUATRE AÎLES FARINEUSES.
em
GENRES, CARACTERES.." FAMILLES.:: PARAGRAPHES.
1. À quatre pieds.
& ailes anguleufes.
Pre
Pattes antérieures
( 1°. À chenilles épineufes
2°. À chenilles épineufes
> fans onglets, faifant & ailes arrondies.
, fouvent une efpece \3°. À chenilles fans épi-
de palatine. nes & pattes antérieures
; . { Antennes en mafle RDA AE IS OURS RS PE
LE PAP TUE O NS = 1: Ê Chryfalide perpen-} courtes; inais qui ne
{ Chrylalide nue ae É >
L diculaire. font point la palatine.
2. À fix pieds.
Toutes Les fix pattes à onglets,
Chryfalide horizontale, fufpendue par ungifdans
fon milieu.
1°. Sphinx bourdons.
Antennes prifmatiques prefqu'égales par-tout;
Point de trompe.
= + V20. Sphinx éperviers.
Antennes prifmati- P P
ques. Antennes prifmatiques prefqu’égales par-tout,
LE SrHINX. Chryfalide dans uneN Trômpe en fpirale,
coque, Chenïlle nue, portant une corne fur la queue,
3°. Sphinx béliers.
Antennes prifmatiques plus groffes au milieu,
Trompe en fpirale.
Chenille velue , fans corne.
Ç Antennes filiformes,
3 Trompe en fpirale,
Ailes compofées de plufeurs branches barbues.
d Chytitde nue & horizontale.
LE PTERoPKHoRE.
19, Sans trompe,
ë o 2°, Avec une trompe &
Antennes qui vont! . À antennes = P
FR TE : les aîles ribatues.
en décroiflant de | Petgnee {5° Avec une trompe &
CPLM iaee LÉ bafe à la poin- les ailes étendues.
4 C ’ o : L
Chryfalide dans une : Ro à &
« Cherille 2°. À antennes fli- d ,0, Avec une trompe &
Épae ie formes, les aîles rabatues,
3°. Sans trompe.
Ç Antennes filiformes décroiflant de la bafe à la pointe.
: MED cree et
LA TEIGNE. . Toupet de la tcte élevé & avancé, .
) Cheniile cachée dans un fourreau.
Chryfalide dans le fourreau de la chenille, SECTICO
DES [NSECTES. 2$
S'ÉTGAPL ONT'E KR Ten
Claffis Infeétorum.
INSE CTAPERMRAP DER ATALBIStFARINACGEIS,
GENERA CARACTERES, FAMILIÆ. PARAGRAPHI.
(. Erucis fpinofs, alis
5 : angulofis.
- - Tetrapi. 20, Erucis fpinofs , alis
Pedibus anticis non rotundatis.
ù unguiculatis. 3°. Erucis non fpinofis,
PAPI LRO? Antennæ clavatæ, /Chryfalide perpen- pedibus anticis brevil-
Le Papillon. Chryfalis nuda, diculari. fimis collare non effi-
cientibus,
29, Hexapi.
Pedibus fex unguiculatis.
Chryfalide horizontali, in medio filo fufpenfas
1°, Antennæ prifmaticæ ubique ferè æquales,
Elingues.
: : 0, Antennæ prifimaticæ ubique ferè æquales.
Antennæ prifmati= } nn. P ÿ JREee
SPHINX. se næ prifimati Spirilingues.
Le Sphinx tie: Larva lævis, cornigera.
Ye D ND DS: ; =
Chryfalis in puppa, 3°. Antennæ prifmaticæ in medio eraffores :
Spirilingues,
Larva villofa , non cornigera,
| Antennx filiformes.
PTEROPHORUS.\ Lingua (piralis.
Le Prerophore. Alæ ramofæ , ramis pilofis.
Chryfalis nuda horizontalis.
19, Flingues.
(20. Linguatæ, alis defle:
Ë Antennx À bañi ad\1°. Pe@inicornes. Je
PHALÆ,NA. apicem decrefcen- 30. Linguatæ , alis planis,
E É PU N AE :
a Phalêne. Chryfalis in puppa. AE Ç FE Linçuatæ, alis planis.
Larva nuda. 2°. Antennis filifor- ) 2°. Linguatæ, alis detie-
mibus, xis.
*3°. Élingues.
TINÆA. Frons prominula.
La Teisne. Larva involucro te@a.
Chryfalis in involucro larvæs
Tome LIL. D
Antenne filiformes à bafi ad apicem decrefcentes.
26 HISTOIRE ABRÉGÉE
PAPTLIO.
ERP ATP IE LIL OEN:
Antenne clavate. Antennes en mafle.
Chryfalis nuda. Chryfalide nue.
10, Erucis fpinofis alis 10, À chenilles épineu-
angulofis. fes , & ailes anguleufes.
2°, Erucis fpinofis alis À 2°. À chenilles épineu-
n°, Tetrapi, € rotundatis. 19, À qua- Jfes & aïlesarrondies.
3°. Erucis non fpinofis, tre pieds, 3°, À chenilles fans épi-
pedilus anticis breviffimis nes, & pattes antérieures
collare non efjicientibus, courtes, qui ne font point :
la palatine.
2°. Hexapi. 2°, À fix pieds,
On confond fouvent fous le nom de papillons , tous les
genres de cette fection , & bien des perfonnes donnent
également ce nom aux phalênes , aux teignes, &c. Il s’agit
donc, pour éviter la confufion , de bien établir les carac-
teres, qui conftituent les différens genres de la feûion des
infectes à quatre ailes farineufes.
Le premier genre, celui des papillons, dont il eft ac-
tuellement queftion , a deux caraëteres effentiels, qui le
diftinguent de tous les autres. Le premier & le principal,
eft d’avoir les antennes en filets plus gros vers extrémité,
ce qui forme une efpéce de mafle ou maflue, ou fi l’on
veut , un bouton, qui termine l’antenne. Ce premier ca-
rattere eft effentiel au papillon; il eft le feul dans lequel
on Pobferve : dans les autres genres , tels que le fphinx,
la phalêne, &c. les antennes vont au contraire en dimi-
nuant & s'aminciflant vers le bout. Le fecond cara@ere
que nous donnons de ce genre, n’eft pas à beaucoup près
aufli effentiel que le premier ; il confifte dans la forme de
la chryfalide , qui eft nue , c’eft-à-dire qui n’eft point enve-
loppée d'une coque femblable à celle que l’on obferve
dans les phalênes , les fphinx & les teignes; mais ce der-
DES INSECTES. 27
nier caraétere fe trouve dans le pterophore ; comme dans
le papillon; il eft commun à ces deux genres , enforte
qu'on pourroit regarder le pterophore comme un papillon,
fi fes antennes n'alloient pas en diminuant vers le bout.
À l’aide de ces deux caracteres que nous donnons , & fur-
tout du premier, il eft aifé de reconnoitre & de dittinguer
les papillons.
Les larves de ces papillons, font des chenilles, qui tou-
tes ont feize pattes; favoir , fix antérieures écailleufes ,
huit intermédiaires & deux poftérieures. Le corps de ces
chenilles eft compofé de douze anneaux , fans compter la
tête. Leurs fix pattes écailleufes naiffent des trois premiers
anneaux,fuivent enfuite deux anneaux fans pattes ; les qua-
tre fuivans donnent naiflance aux pattes intermédiaires 3
le dixiéme & le onziéme anneau n’ont point de pattes ;
& enfin au douziéme ou dernier , font attachées les pattes
poftérieures. Parmi ces chenilles , plufieurs ont le corps
hériflé d’efpéces d’épines branchues, placées fur les an-
neaux. Ce font les chenilles des papillons qui formert les
deux premiers paragraphes de la premiere famiile de ce
genre. Quelques - uns les ont appelléS papiflons - mars.
D'autres chenil'es font rafes , ou fi elles ont quelques
poils, ils font fi courts & fi clair-femés, qu'à peine les
apperçoit-on. Les papillons de ces dernieres chenilles for-
ment toute la feconde famille de ce genre, dont les pa-
pillons ontété A tn par quelques Naturaliftes papiliones
brafficarii , papillons #rafficaires ou du chou , parce que
plutieurs d'entreux vivent fur le chou , & de p'us, ils
forment le troifiéme paragraphe de la premiere famille,
que l’on connoit fous le nom de papillons maçons ou prime
pans, parce qu'ils gtimpent le long des murailles. Quant
aux chenilles très-velues , rous n’en avons obfervé aucune
qui nous ait donné des papillons , toutes fe font transfor-
mées en phalênes.
Toutes ces chenilles ; foit épineufes , foit liffes ou pref-
que liffes, viennent d’un œuf dépofé par un papillon fe-
D ij
28 HISTOIRE ABRÉGÉE
melle : toutes croiffent plus où moins promptement fur
les plantes , qui leur fervent de nourriture , & elles
changent plufieurs fois de peau: toutes enfin, lorfqu’elles
font parvenues à leur grandeur, fubiffent une transforma-
tion, & fe dépouillant d'une derniere peau, elles fe chan-
gent en chryfalides.
Ces chryfalides des papillons ne font point renfermées
dans une coque épaifle , comme celles des vers à foie &
des autres phalênes, dont nous parlerons par la fuite;
elles font à nud , attachées ordinairement par leur partie
poftérieure , & quelquefois encore par le milieu de leur
corps, aune branche, ou à quelqu'endroit faillant d'un mur,
qui les mette à l’abri de la pluie. Leur figure eft oblon-
gue; elles font anguleufes, & comme armées de plufieurs
pointes , fur-tout fur la tête & le corcelet, Ces pointes
ont paru à quelques Naturaliftes , repréfenter une efpéce
de vifage d’une perfonne couverte d’un voile ou de ban-
delettes , ce qui les a engagés à donner aux chryfalides le
nom de zymphes. Plufieurs de ces chryfalides font toutes
dorées, ou ont feulement quelques taches qui paroïfent ou
dorées ou argentées , ce qui les a fait appeller parles Grecs
chryfalis , & par les-Latins aurelia. M. de Reaumur me
paroîit un de ceux qui a le mieux expliqué la caufe de
cette couleur d'or, dont ces chryfalides font parées. Il
Pattribue à un fac blanc épais, qui tapife l’intérieur de la
peau de ces chryfalides , & qui paroiffant à travers cette
peau jaunâtre , prend une teinte jaune & dorée , à peu
près comme le vernis que l'on étend fur les cuirs dorés,
donne une couleur jaune aux feuilles d’étain, dont ces
cuirs ont d’abord été couverts.
Les chryfalides des papillons varient entr’elles par 1a
couleur , qui eft tantôt verte , tantôt noire; d’autres fois
brune , & quelquefois dorée ou argentée, par le plus ou
moins de pointes dont elles font chargées, & fur-tout par
leur pofition, ou la maniere dont elles font attachées &
fufpendues. Cette derniere différence eft la plus effen-
DES INSECTES 29
tielle , & c'eft à celle-là qu’il faut particuliérement s’at-
tacher.
Toute la premiere famille des papillons, qui ne fe fer-
vent que de quatre pattes pour marcher, donne des chry-
falides , qui ne font attachées que par la queue. Leur corps
eft fufpendu perpendiculairement la tête en bas. Pour cet
effet, quand la chenille veut fe métamorphofer , elle file
un peu de foie , qu’elle attache au-deffous de quelqu’en-
droit avancé d'un toit ou d'un mur. Enfuite elle attache
à ces fils, fes deux pattes poftérieures, par le moyen des
crochets nombreux dont elles font garnies & couronnées.
Elle fe tient ainfi fufpendue la tête en bas, un peu relevée
cependant, & c’eft dans cette fituation gênante , qu'elle
fe change en chryfalide , en quittant fa derniere peau.
Cette opération fe fait cependant très-promptement, &
on eft étonné au bout de quelques inftans, de voir , au lieu
de la chenille, une chryfalide pofée de même, & qui
tient aux mêmes fils , par quelques petits crochets, dont
fa queue eft hériflée. Mais fi l’on voit la chenille faire cette
même opération , on eft encore plus étonné de la promp-
titude & de l’adrefle avec laquelle elle exécute un travail
aufli difficile. Elle tenoit aux fils, qu’elle avoit tendus,
par fes pattes poftérieures ; lorfque fa peau fe fend , que
la chryfalide en fort, il faut que fa queue aille, au fortir
de l’étui qu'elle quitte , s'implanter dans ces mêmes fils.
La chenille , ou du moins fa chryfalide le fait. Elle fe
tient accrochée à la peau qu’elle quitte , en la pinçant ;
& pendant ce tems , elle fait une efpéce de faut, par le-
quel fa queue ;, en fortant de la peau qu'elle quitte, eft
pouflée contre les fils où elle s'accroche, le tout au rifque
de tomber à terre , fi elle manquoit fon coup, ce qui ce-
pendant n’arrive que bien rarement. Ainfi fufpendue , elle
abandonne fa peau ou fa dépouille, que l’on trouve fou-
vent en un petit paquet chiffonné , encore attachée auprès
d'elle. Telle eft la maniere dont fe fufpendent les chryfa-
lides des papillons qui compofent les trois paragraphes
30 HISTOIRE ABRÉGÉE
de la premiere famille de ce genre. Ces chryfalides ont
encore une particularité remarquable , c’eft que leur tète
eft garnie de deux pointes en forme de cornes.
Ceux de la feconde famille ont une manœuvre un peu
différente. Leurs chryfalides font à la vérité attachées par
la queue, ainfi que les premieres ; mais au lieu d'étre
fufpendues perpendiculairement la tête en bas , elles font
pofées horifontalement , & comme attachées contre le
plan du toit ou de la branche où elles fe font fixées, par
le moyen d'un anneau ou d’une anfe de fils, qui paffe par
deffous , à l’endroit du corcelet , & les fufpend ainfi par
le milieu du corps , outre l’autre attache de la queue.
Pour faire cette manœuvre, après que la chenille a atta-
ché les fils dans lefquels elle accroche fes pattes de der-
riere, elle file ceux qui compofent l’anfe ou anneau dans
lequel elle doit fe fufpendre, & affermit fortement par les
deux bouts, cette anfe compofée de plufieurs fils de foie.
Pour lors, elle y pañle fa tête & la partie antérieure de fon
corps , & refte ainfi pofée jufqu’à ce qu’elle fe change en
chryfalide. Lorfque cette chryfalide fort de la peau de la
chenille , elle fe trouve foutenue par le même anneau,
ce qui l’aide à exécuter avec plus de facilité l’efpéce de
mouvement par lequel elle tire fa queue de la peau
qu’elle quitte, & va l’accrocher dans les fils qui font pla-
cés à cet endroit. Telle eft la maniere dont fe fufpendent
toutes les chryfalides des papillons de la feconde famille.
Cette manœuvre eft la même dans tous. Il y a cependant
une petite différence,en ce que les unes font pofées plusho-
rizontalement , & les autres plus obliquement , & un peu
moins étroitement appliquées contre le plan fur lequel
elles font atrachées, felon que l'anneau de fils , qui lestient
fufpendues ; eft plus court ou plus lâche. Comme ces der-
nieres différences ne font point effentielles , nous n avons
pas cru devoir partager cette derniere famille de papiilons
en plufieurs paragraphes, comme nous aurions pü le fai-
rc, fi elle eût été beaucoup plus nombreufe. Nous nouscon-
DES INSECTES: 31
tenterohs de quelques marques diflinétives, que nous fe-
rons remarquer dans un moment, & qui peuvent fervir,
fi l'on veut , à établir différentes divifions parmi les papil-
lons de cette famille. Il y a cependant une remarque
effentielle , par rapport à ces chryfalides. Toutes font an-
gulaires , comme nous l'avons dit, & ont le devant de leut
tête qui fe termine en une feule pointe ou corne, en quoi
elles différent de celles des papillons de la premiere fa-
mille ; mais il faut excepter de cette régle générale les
chryfalides des chenilles cloportes, qui donnent les petits
porte-queues & la plüpart des argus. Ces dernieres chry-
falides ne font point angulaires & pointues ; elles font
coniques & ovales, comme celles des phalênes , quoi-
qu'elles foient nues & fufpendues tranfverfalement , com-
me les autres de cette famille.
C'eft de ces différentes chryfalides , que fortent ces pa-
pillons , dont nous admirons les vives couleurs, & qui
pendant l'été, font un des plus beaux ornemens des cam-
pagnes & de nos jardins. Lorfque la chenille eft venue de
bonne heure , & qu'elle ne s’eft pas mife trop tard en chry-
falide pendant l'été ; on voit le papillon éclore au bout de
quinze jours ou de trois femaines au plus. C’eft ce qui arrive
au plus grand nombre des papillons. Mais fi quelques che-
nilles plus tardives, ne fe font mifes en chryfalides qu’à la
fin de l'automne , pour lors elles pañlent tout l'hiver dans
cet Ctat, & le papillon ne paroït qu'au printems fuivant.
Ceux qu'on voit dans les premiers beaux jours du mois
d'avril, viennent de ces chryfalides d'hiver, qui éclofent,
ou bien ce font des papillons qui fe font refugiés l'hiver
dans quelque trou, & qui ont pailé toute cette faifon fous
cette forme.
Les papillons ou infeétes parfaits , que donnent les diffé-
rentes chenilles , ont tous un corps allongé , compofé de
la tête ; du corcelet & du ventre. Ils ont deux antennes
plus groffes à leur extrémité , fix pattes & quatre grandes
ailes couvertes d’efpéces d'écailles farineufes. Mais il y a
32 HISTOIRE ABRÉGÉE
quelques différences à obferver quant aux antennes & aux
pattes dans les deux familles de ce genre, & dans les dif-
férentes divifions qui compofent la premiere famille.
Tous les papillons qui font rangés dans la premiere fa-
mille de ce genre , ont les antennes terminées par un bou-
ton prefque rond, ou feulement un peu ovale. Ce bouton
examiné de près, paroit compofé, comme le refte de l’an-
tenne , de plufieurs anneaux , mais beaucoup plus courts
& plus ferrés. Au contraire , les papillons de la feconde
famiile ont l’antenne terminée par une partie plus groffe,
mais qui dans la plüpart ne forme point un bouton, com-
me dans les efpéces précédentes. C’eft une partie allongée
comme un fufeau : l'antenne fe renfle vers le bout pout
former la maffe , qui enfuite fe termine en pointe.
uant aux pattes, leurs différences font bien plus mar-
quées , & elles nous ont fervi à diflinguer les deux familles
de ce genre. Nous avons appellé les papillons de la fe-
conde famille, papillons à fix pieds, parce qu'ils ont fix
pattes toutes faites de même ; toutes terminées par des
crochets ou onglets , & dont ils fe fervent également pour
marcher. Il n'en eft pas de même des papillons de la pre-
miere famille ; ils ne marchent qu'avec leurs quatre pattes
poftérieures, & c’eft pour cette raifon que nous les avons
appellés paprllons à quatre pieds. Is femblent réellement
n'avoir que quatre pattes. Il eft vrai que fi on les examine de
près , on voit que ces papillons.ont fix pattes , comme les
autres , mais les deux pattes antérieures leur font inutiles,
au moins pour marcher & fe foutenir. Dans les papillons
du premier & du fecond paragraphe de cette famille, ces
pattes de devant font courtes , fort velues, fans crochets
ou onglets à leur extrémité, & l'infette les tient toujours
collées & appliquées en-deflous de fa tête , où elles reflem-
blent à un cordon de palatine , plus propre à parer l'animal
qu’à lui être utile. Dans les papillons de la troifiéme divi-
fion de cette même famille, ces pattes antérieures ne font
pas velues ; elles ne forment point la palatine autour .
col ;
DES LNSECTUES. 33
col, mais elles font fi courtes & fi petites ; qu'elles de-
viennent inutiles à l'animal , qui ne fe fert que des quatre
autres. Nous avons déja dit que ces derniers papillons ont
été appellés maçons ou grimpans.
Ainfi, pour réfumer les différences qui fe trouvent entre
les familles & les divifions de ce genre , rapprochons les
particularités que nous venons de détailler.
La premiere famille eft compofée de trois paragraphes.
Dans le premier , les papillons viennent de chenilles
épineufes ; pue antennes font terminées par un bouton
prefque rond; les pattes de devant font courtes, velues
& ramaffées près du col , & les aîles de ces papillons font
anguleufes , & fouvent très-découpées à leurs bords. C’eft
ce que l’on peut remarquer fur le papillon gzmma ou ro
bert-le-diable.
Les papillons du fecond paragraphe , ont tous les mê-
mes caracteres que ceux du premier, à une feule difé-
rence près, c'eft que leurs aîles ont leurs bords arrondis &
nullement découpés.
Le troifiéme paragraphe approche du fecond ; mais il
en différe en ce que les chenilles de ces papillons font fans
épines, & que leurs pattes antérieures font très - courtes ;
mais nullement velues.
Les chryfalides des papillons de ces trois paragraphes ,
font toutes pofées perpendiculairement , fufpendues par
la queue, & la tête en bas.
La feconde famille renferme les papillons à fix pattes ;
dont toutes les pattes fervent également à marcher ; & de
plus, la chryfalide de ces papillons eft pofée tranfverfa-
lement, attachée par la queue & le milieu du corps ; au
moyen d’un anneau ou d’une anfe de fils, qui Îa tient fuf-
pendue. Aucun de ces papillons ne vient d’une chenille
épineufe , & plufieurs ont le bouton qui termine l'antenne,
one comme un fufeau.
T'els font les caracteres effentiels , auxquels il eft aifé de
diftinguer ces diflérens papillons. On pourtoit encore di-
Tome IL, E
34 HISTOIRE ABRÉGÉE
vifer la feconde famille en plufieurs ordres fort naturels.
Nous aurions d’abord les papillons à queue ; caudati , qui
ont une longue appendice aux ailes inférieures. Ce pays-
ci n’en fournit que deux , mais les pays étrangers augmen-
teroient beaucoup cet ordre. Les chenilles de ces papil-
lons ont une fingularité. On voit fortir d’entre leurs pre-
miers anneaux , des efpéces de produdtions charnues &
molles, qui leur font particulieres. Après ce premier or-
dre, viendroient les papillons à petite pointe aux aïles in-
férieures, caudati minores. Ces efpéces font toutes affez
petites , & viennent de petites chenilles ovales & ramaf-
fées , que M. de Reaumur a défignées fous le nom de cle-
nilles cloportes , à caufe de leur reffemblance avec les clo-
portes. Les différentes efpéces d’argus , dont les ailes font
chargées d’un nombre infini de petits yeux, & les papil-
lons du chou pourroient encore faire différens ordres à
part ; mais nous n’avons pas cru devoir les diftinguer,
jufqu à ce que nous euflions des caraëteres bien certains.
Tous les papillons de ces différens ordres , ont une
trompe affez longue, qu'ils roulent & retirent dans la ca-
vité de leur bouche. Leur nourriture ordinaire fe trouve
fur les fleurs , où ils vont fuccer cette liqueur mielleufe,
fi recherchée des abeiïlles, & que fourniffent les glandes
des fleurs , que les Botaniftes ont appellées glandes neéla-
riféres. Les papillons, pour tirer cette liqueur , déployent
leur longue trompe , & attirent par fon moyen, ce neétar
doux & fucré. C'eft-là leur feule nourriture ; elle fuffit
pour les foutenir pendant tout le tems de leur vie, qui
n'eft pas longue ; car à peine font-ils parvenus à cette der-
niere forme, qu'ils s’accouplent, qu’ils pondent & qu'ils
périflent. Ils ne reftent que peu de jours fous la forme
brillante de papillon , après avoir rampé pendant plu-
fieurs mois de fuite fous la figure lourde & grofliere de
chenille, |
&
1e
A
Jv
DES INSECTES. as
PREMIERE E 4 M1!LLE.
Papillons à quatre pieds.
$. PREMIER.
A chenilles épineufes & aïles anguleufes.
1. PAPILIO als nigris, maroine poflico albido.
Linn. faun. fuec. n. 772. Papilio tetrapus , alis angulatis nigris, margire
poftico albido.
Linn. [yf. nat. edit. 10, p. 476 , n. 112. Papilio nymphalis anthiopa,
Hoffn. inf.t.3,f.2,@t.6,f.3.
Jonft. inf.t.s,f.s & is.
Raj. inf. 135. Papilio maxima nigra, alisutrifque, tam exterioribus, quam
interioribus limbo lato albo cinétis.
——— 136. Papilio maxima nigra, alis utrifque limbo albo lato cinâis.
Biblior. regi. Parif. p. 20, f. omnes.
De geer. mem. pag. 694, pl. 21, f. 8, 9. Papillon à antennes à bouton & à
quatre jambes, rouge-brun , dont les ailes ont un bord blanc-jaunarre,
Rofel. inf. vol. x , tab. 1 , claÿ. 1, Papil. diurn.
Le morio.
Longueur 1 + pouce. Largeur 3 pouces.
Ce grand & beau papillon, eft un des plus rares de ce
Po Ses ailes ont des pointes & des angles à leur
ord , comme celles de tous ceux de cet ordre; elles font
noires , tant en-deflus qu’en-deflous , avec un bord large
de deux lignes environ, & d’un blanc fouvent un peu jau-
nâtre. Le bord fupérieur de laîle , n’a point cette bande ;
mais en-deffus, il a deux taches blanches allongées. Le
bord inférieur de Paile , avant la bande blanche , a fou-
-vent une rangée de lunules violettes ou bleuätres , peu
marquées. Le corps & les antennes de liñfeéte font noirs.
On trouve fa chenille fur le bouleau , le faule & l'olier,
où.elle vit en fociété. Elie eft chargée d'épines , qui font
fimples & fans branches ; elle eft noire, avec de grandes
taches rouffätres fur le dos, & fes huit jambes intermé-
diaires , de même couleur rouffe. Les crochets des jam-
bes membraneufes , forment prefqu’une couronne com-
E ij
fs
36 HISTOIRE ABRÉGÉE
plette. Sa chryfalide ef noire , avec quelques taches rou-
geatres.
2. PAPILIO als fulyis nigro maculatis ; omnibus
ocello cæruleo vartegato.
Linn. faun. fuec. n. 776. Papilio tetrapus, alis angulatis fulvis nigro macu-
latis , omnibus ocello cϾruleo variegato.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 472, n. 88. Papilio Nymphalis gemmatus 10.
Mouffet. lat. p.99 , f. infima. Regina omnium.
Hoffn. inf. r. 12,/f. 0.
Jonft. inf. p.45, n. 4,t. 5, f. 20e
Merian. europs 1 ; pe 10,t. 16e
Goed. lat. 1 ,p. 23, f. 1. Oculus pavonis. & gall. tom, 2, tab. 1°
Lift. goed. p. 1.f.r.
Pétiy. muf. p. 34, n. 314. Papilio , oculus pavonis di&tus.
Ab inft.4,fes.
Reaum. inf. 1,t.2$,f2, 1e
Raj. inf. 122 , n. 13. Papilio elegantiffima ad urticariam accedens, fingulis
alis maculis oculos imitantibus.
Biblot. reg. Par. p. 17, f $,p. 18, f. omnes.
tofel. inf. vol, 1 , tab. 3, claff. 1: Papill. diurn.
Le paon de jour , ou l’œrl de paon.
Longueur 13 lignes. Largeur 2 + pouces.
Le paon , ou l'œil de paon, eft très-aifé à reconnoître
par les yeux de paon, qu’il porte en-deflus ,au nombre de
quatre , un fur chaque aile, ce qui lui a fait donner le
nom qu'il porte. Ses ailes fort anguleufes , font noires en-
deffous ; en-deflus elles font d’une couleur fauve rougeä-
tre. Les fupérieures ont à leur bord d’en-haut , deux ta-
ches noires allongées , avec une tache jaune entr'elles.
À leur extrémité , fe trouve l'œil, grand , rougeâtre au mi-
lieu , entouré d'un cercle jaune , accompagné d’un peu
de bleu vers le côté extérieur. De ce même côté, en fui-
vant la direétion du bord , font cinq ou fix taches blan-
ches , rangées par ordre. Les aîles inférieures font plus
brunes , & ont chacune un grand œil d’un bleu noirâtre
au milieu , entouré d’un cercle gris. La chenille de ce
papillon eft d’un noir foncé , piqué d’un peu de blanc.
On la trouye communément fur la grande ortie,
DES INSECTES. 27
3. PAPILIO a%s fulyis nigro maculatis ; primariis
punclis quatuor nigris.
Linn. faun. fuec. n. 773. Papilio tetrapus alis angulatis fulvis nigro macula-
tis, primariis punétis quatuor nigris.
Linn. fyff. nat. edit. 10 , p. 477, n. 113. Papilio nymphalis polychloros,
Aldrov. inf. t. 3 , f. 7. Polychloros.
Merian. europ. 2 p. 1: te 2.
Goed. lat. 1 ,p. 175 ,t. 77. © gall. tom. 2, tab, lxxvij.
Lift. goed. 5 , f. 3.
Raj. inf. 118, n. 2. Papilio urtiaariam referens major , alis amplioribus , quam
ulmariam vocitare foliti fumus.
—— 306, n. 14. Éruca medie magnitudinis , corpore è cinereo nigricante,
fpinulis raris in quolibet annulo ramofs fulvis.
Petiv. muf. 34, n. 315. Papilio teftudinarius major,
Albin. inf. 55.
Reaum. inf. 1,1.23,f.1, 2.
Frifch. germ. 6 , p. 7,t. 3. Eruca cœrulefcens, fpinis luteis,
Rofel. inf. vol. x , tab. 2, claf]: 1. Papil. diurn.
Jac, l'amir. inf. tab. 15.
La grande tortue.
Longueur 1$ lignes. Largeur 1 pouces 4 lignes.
Ses aîles anguleufes font de couleur fauve en-deffus.
Celles de deffus ont à leur bord fupérieur quatre taches
noires un peu allongées , entre lefqueiles Paile eft plus
jaune & plus claire qu'ailleurs. Dans le milieu de l'aile , il
y a quatre autres taches plus petites , ifolées & pareille-
ment de couleur noire. Les ailes inférieures ont leur moi-
tié d'en-haut noire , & le refte de la même couleur que
les fupérieures. Le bord extérieur des unes & des autres,
eft noir , avec une raie jaune dans le milieu de cette
bande noire. En-deffous, les aîles font d’un brun noir-
tre. La chenille entre-mêlée de brun & de jaune , fe trou-
ve fréquemment fur l’orme. Sa chryfalide eft remarquable
par quatre ou fix points argentés , pofés en deux bandes
longitudinales , dont elle eft ornée. On a appellé ce pa-
pillon , tortue ; papilio tefludinarius , parce que fes cou-
deurs imitent celles de l’écaille de tortue.
4. PAPILIO ais fulyis , nigro maculatis , primariis
punilis tribus nigris.
38 HISTOIRE ABRÉGÉE
Linn. fan. fuec. n. 774. Papilio tetrapus, alis angulatis fulvis nigro macu-
latis, primariis punis tribus nigris.
Linn. [yff. nat. edit. 10 , p. 477 ; n. 114. Papilio nymphalis urticz,
Mouffec. lat.p. or, n11,f.5$, 6
Hoffn. inf. 1, 1.4.
Goed. inf. 1, p.90, f. 11, @ gall. tom. 2, tab. xxj.
Lift. goed. 1,35 f. 2e
Jonft. inf. t. 5, f. 26.
Merian. europ. 1 ,p. 15.» + 44e
Robert. icon. t. 5.
Bradl. natur. t: 27, f. 2. :
Petiv. muf. 316. Papilio tefludinarius minor.
Raj. inf. 1u7, n. 1. Papilio urticaria vulgatiflima , rufo , nigro ; cœrulcg
& albo coloribus varia.
—— p. 118. Eruca nigra , feu pulla fetigera urticaria.
—— p.348, ne 18. idem.
Albin. inf. 4 ,f. 6.
Swamerd. bib. nat. tab, 35, f. 12e
Erifch. germ. 6 ; t. 2.
Reaum. inf. 1,t.26,f. 6,7.
Rofel. inf. vol. 1, tab. 4, claf, 1. Papil. diurn,
La petite tortue.
Longueur 11 lignes. Largeur 1 pouces.
Il y a beaucoup de reffemblance entre ce papillon & fe
récédent. Celui-ci eft plus petit ; il a au bord exté-
rieur des aîles de deflus, vers l'angle extérieur , entre les
taches noires , une tache blanche , qui n’eft point dans le
précédent. De plus, fur le milieu des aîles de deflus, il
n'ya que trois taches ou points noirs ifolés , au lieu de
quatre , qui fe voyent dans la grande tortue. Enfin les
bords extérieurs des aîles de deflus & de deffous font noirs,
avec une raie Jaune ; mais ils ont de plus, fur la ban-
de noire, des lunules ou croiffans bleus. En-deffous ; les
ailes font d’un brun ondé par nuances, & celles de deflus
ont dans leur milieu une grande tache jaune pale.
La chenille noirâtre fe trouve en quantité , & fouvent
par troupes , fur la grande ortie.
$- PAPILIO a%s laceris fulvis nigro maculatis ;
. Jecundariis fubtus G albo notatis.
Linn. faun. fuec. n. 775. Papilio tetrapus , alis angulatis fulvis nigro maculatis ;
fecundariis V albo notatis.
DES INSECTES: 39
Linn. fyfe, nat. edit, 1o , p. 477, n, 115. Papilio nymphalis € album:
Mouff. lar, 103 ,n.2,f. 2. Papilio diurna media fecunda,
Hoffn. inf. 2 , 1.7.
Merian. inf. 1 ,p, 6t. 14.
Peri. muf. Papilio tefludinarius , alis laceris.
Alb. inf. t, 54. Papilto alis latiniaris.
Raj. inf. 118, n. 3. Papilio ulmariæ fimilis fed minor , alis laciniatis , intério-
ribus linea alba incurva nôtatis.
—— p. 349 , nm 21. @ p. 119. Eruca lupulacea hirfuta è rufo nigricans,
macula feu areola alba longa in medio dorfo notata.
Erifch. germ. 4 , p.6,t.4, fig. $. Eruca fpinofa femialba , fémique lutea, papi-
lione ybülo græco in ala.
Reaum. inf. 1 ,t: 27 ,f, 9 10. Idem: 1,1. 27 ,f. 1. Eruca,
Rob, icon. t. 23.
De geer. mem. p. 694; pl. 20, fig. 9; 10. Papillon à antennes à bouton & à qua:
tie jambes , dont les ailes inférieures font marquées en-déflous d'un € blanc,
Rofel. inf. vol 1 , tab. s , claffe x. Papil. diurn..
Le samma ou robert-le-diable.
Longueur 10 lignes. Largeur 22 lignes.
Les ailes de cette efpéce font très-anguleufes , & com-
me déchiquetées à leurs bords. En-deflus elles font fauves,
avec plufieurs taches noires , dont quelques - unes , au
nombre de quatre ou cinq, font ifolées , & les autres tien-
nent enfemble. En-deflous elles font plus ou moins bru-
nes , ondées de différentes nuances & quelquefois d’un
peu de bleu , & de plus ; les ailes inférieures ont chacune
dans leur milieu en-deffous une tache blanche de la forme
d'un G. Cette tache à fait donner à ce papillon le nom de
gamma ; & fa couleur de diable enrhumé , ainfi que la
découpure finguliere de fes ailes ; l’ont fait nommer par
d’autres , robert-le-diable. Ses pattes font blanches dans
leur milieu.
Sa chenille épineufe eft brune fur les côtés , & a fur
te dos une large bande longitudinale blanche , qui ne
va 1e jufqu’aux quatre premiers anneaux , ce qui la fait
reflembler à Phabillement d’un bedeau , d’où elle a reçu
le nom de chenille Bedeau ; eruca bicotor. Elle fe trouve
fur le houblon , le grofelier & quelques-autres arbres.
Quoique fon papillon foit commun , on ne la rencontre
cependant pas fréquemment,
49 HisTOIRE ABRÉGÉE
6 PAPILIO as nigris albo maculatis, ommibus
fefci a arClata COCCinea.
Linn. faun. fuec. n. 777. Papilio tetrapus , alis denticulatis nigris albo macula-
tis, omnibus fafcia arcuata coccinea.
Linn fyft. nat. edit. 10, p. 478, n. 119. Papilio nymphalis atalanta,
Hoffñn. inf. 1 ,t.2, edit, akt.t.2,f. 15.
Mouff. lat. p. 100 ; f. 3, 4. Papilio diurna fexta.
Goed, lat. 1,p. 96, f. 26 € gail. rom. 2 , tab. xxvj. & tom. 3 , tab. 39, Inferne:
Lift. goed. p. 10 , f. 4.
Merian. europ. 2 , pe 4(st+41e
Reaum. inf. 1,1. 10,f. 8, 9.
Albin. inf. $. 3e
Petiv. muf. p. 35 , n 327. Papilio major rigrefcens tricolor , circulo fere fan:
guineo ornatus. i R
Ra). inf. p. 126, n. 1. Papilio major nigrefcens , alis maculis rubris & albis pul=
chre illuftratis.
Biblioth reg. Par.p.4,n.6.@p.r2,n.1 —8. Ep.16,f. 34.
De geer. mem. p. 694, pl. 22, fig. $. Papillon à antennes à bouton & à quatre
jambes , dont chaque aile a une large bande rouge.
Rofel. inf. vol. 1 , tab. 6, claff. 1. Papil. diurn.
Jac. l'amir. inf. tab. 13.
Le vulcain.
Longueur 13 lignes. Largeur 2 à pouces.
Le vulcain a les aîles dentelées un peu anguleufes:
Elles font en-deflus de couleur noire , avec une large ban-
de rouge fur chacune , outre quelques taches blanches au
bord des aîles fupérieures , ce qui le fait aifément recon-
noître. En-deflous , les ailes fupérieures ont les mêmes
taches rouges & blanches qu’en-deflus , & de plus quel-
ques ondes bleues fur un fond noir entre ces taches. Les
ailes inférieures en-deffous font marbrées de différentes
nuances de brun. Les antennes font compofées d’anneaux
alternativement blancs & noirs. Le nom de yulcain a
apparemment été donné à ce beau papillon , à caufe des
taches ou bandes couleur de feu qui font fur fes ailes.
Sa chenille épineufe eft noire , elle a de chaque côté
du corps une fuite de traits de couleur citron. Elle fe
trouve fur l’ortie. Ce papillon eft commun, fur-tout à la fin
de l'été.
7:
DES INSECTES, 41
7. PAPILIO as fulvis albo nigrogne variegatis ,
Sfecundariis ocellis quinque.
Lian. faun. Juec. n. 778. Papilio tetrapus , alis dentatis fulvis albo nigroque
Variegatis , fecundariis ocellis quinque.
Linn. (yff. nat. edit. 10, p.475 , n. 107. Papilio nymphalis gemmatus cardui,
Mouff. lat. p. 101,n.8,9,f. 1,2.
Tioffn. inf. t. 7, f. 3, edit. alt. 4,t. 5.
Goed. lat. 3, p. 1, f. 1. & gall. com. 1 , tab. ve
Lift. goed. p. 14, f. 6.
Merian. europ. 3, p. 52, f. 15 , edit. ulr, 88.
Albin. inf. LV.
Reaum. inf. 1 ,t.16,f. 11,52.
Petiy. muf. p. 35, n. 326. Papilio eleganter variegatus , agilis, bella donne
diâus.
Raj. inf. p.122, n. 13. Papilio major pulchra nigro, rufo , albo, colcribue
Varia.
Jonft..inf.t. se
Rofel. inf. vol. 1 , tab, 10, claff. 1. Papil, diurn.
La belle-dame.
Longueur 1 pouce. Largeur 2 pouces $ lignes.
Cet élégant papillon a les aîles dentelées , peu anguleu-
fes. Les fupérieures en-deflus font mêlées üe taches fau-
-ves , un peu couleur de cerife vers le bord intérieur, & de
taches blanches au bord extérieur vers le bout de l'aile, le
tout fur un fond noir peu foncé. Les inférieures font
de couleur fauve rougeâtre , avec plufieurs taches noires,
dont il y a une rangée de forme ronde qui borde l'aile. En-
deffous , les ailes fupérieures font prefque toutes de cou-
leur de cerife , avec quelques taches noires , blanches &
jaunes. Les inférieures font marbrées de gris , de Jaun: &
de brun , avec cinq taches en forme d’yeux , rangées en
bandes qui bordent l'aîle au même endroit , où font en-
deffus les taches rondes & noires. L'élégance des couleurs
de ce papillon , l’a fait appeller la belle-dame , 4e//a donra.
Sa chenille de couleur grife & épineufe , fe trouve fur ls
chardons & les cirf£um , & fur-tout fur le chardon
velu à-feuilles d'acanthe. Carduus 1omentofus acanthi
olz0.
Tome IL F
42 HiSsTOIRE ABRÉGÉE
$. II. DE LA PREMIERE FAMILLE:
A chenilles épineufes & aïles arrondies.
8, PAPILIO als dentaris fulvis nigro macudaiis ,
fübtus lineis tranfverfis argenteis.
Linn. faun. fuec. n. 779. Papilio tetrapus , alis rotundatis dentatis fulvis nigro
maculatis, (ubrus lineis argenteis tranfverfis nigris. :
Linn. fyft. nat. edit 10, p.481, n, 138. Papilio nymphalis payhia. :
Petiv. muf, 35, n. 3 1. Papilio fritillarius major , lineis fubrus argenteis.
Raj. inf. p.119, n. 4. Papilio major , alis fulvis maculis nigris in fupina parte,
prona tran{verfis , areis argenteis depiäis.
Rofel inf. vol. 1 , tab 7, claff, 1-Papil. diurn,
Le tabac d’efpagne.
Longuur 15 lignes. Largeur 2 pcüces 7 lignes.
Les aîles de cette grande & belle efpéce font en-deflus
de couleur fauve ou de tabac d’efpagne , avec quelques
raies longitudinales , & plulieurs rangées de taches noires
rondes , qui fuivent la dire“ion du contour de l'aile. En-
deffous les aîles fupérieures font comme en-deflus ; mais
les inférieures ont des bandes tranfverfes un peu obliques
& comme ondées , de couleur d’argent ou de nacre, & de
plus elles font lavées d'une petite teinte de vert. Je n'ai
jamais trouvé la chenille de ce beau papillon. M. Aubriet
lavoit eue chez lui,où elle étoit éclofe des œufs que le pa-
“pillon avoit pondus. Elle étoit épineufe , mais elle périt
faute de nourriture , M. Aubriet ne connoïffant pas les
feuilles dont elle fe nourrit , & lui en ayant offert plu-
fieurs fans fuccès. Le papillon fe trouve dans les bois ,
& eft difhcile à attraper.
9. PAPILIO aës dentatis fulvis nigro maculatis fubtus
maculis 21 argenteis. Plarch. 11, fig. 1 , 2.
Linn..faun. fuec. n. 780. Papilio tetrapus , alis rotundatis dentatis fulvis nigro
maculatis, (ubtus maculis 21 argenteis.
Linn. [yff. nat. edit. 10 , p.481, n. 140. Papilio nymphalis aglaia.
Mouff. lat. p. 101 ,f.3,4,n. 50. :
Periv. muf. p. 35, n, 320. Papilio fritillarius major , maculis fubtus argen-
ÎCISe
.
DES INSECTES. 43
Ray inf. p. 119, n. $. Papilio major , alis fulvis fupina parte maculis Digrie
crebris , prona etiam argenteis eleganter pidis.
Rofel. inf. tom. 4, tab. xxy,
Jac. l'amir. inf. tab. x9.
Le grand nacre.
Longueur 1 pouce. Largeur 2 pouces 3 lignes.
Ses ailes arrondies & peu dentelées font fauves en-
deffus , avec des taches & des raies noires. En-deffous, les
ailes fupérieures font d’une couleur fauve plus pale , avec
des taches noires femblables , & quelquefois un peu de
nacre vers l'angle extérieur ; mais les inférieures prefque
jaunes , ont de grandes plaques argentées où nacrées , au
nombre de 20 , 21, ou 24 fur chacune ; favoir , une bande
qui borde l’aile , ordinairement compofée de fept taches
en forme de croiflant , une au milieu pofée tranfverfale-
ment , compofée de fept , huit & quelquefois dix taches,
les unes plus grandes, les autres plus petites ; & enfin cinq
ou fix taches aflez grandes , pofées irréguliérement proche
la bafe de l'aile , ou vers l'endroit où elle s'attache au
corps de l'infeête. On trouve fouvent ce beau papillon
dans les bois ; il vole vite & fort haut & eft très - difficile à
faifir. Sa chenille eft épineufe , de couleur noire, avec une
bande de taches fauves de chaque côté, & une bande plus
pâle fur le dos. Elle eft très-rare.
10. PAPILIO aës dentatis fulyis nigro maculatis ;
Jubtus maculis 37 argenters.
Linn. faun. fuec. n. 781. Papilio tetrapus , alis rotundatis dentatis fulvis , ni«
gro maculatis, fubtus maculis 37 argenteis. ;
Linn. fyft. nat. edit. 10, p.481, n. 141. Papilio nymphalis lathonia.
Hoffn. inf. 1.12, fr.
Rob. icon. t. 11.
Petiv, muf. p. 51, 11. 510. Papilio rigenfs aureus minor maculis argenteis fubtus
perbelle notatus.
Raj. inf. p. 120 , n. 6. Idem ac petiverus.
Rofel. inf. vol. 3, fupplen. 1 , tab. 10 , claf. 1. Papil. diurn,
Le petit nacre.
Longueur 10 lignes. Largeur 2 pouces.
Ce papillon varie pour la grandeur ; il y en a d’un tiers
Fi
44 HISTOIRE ABRÉGÉE
plus petits les uns que les autres. Ses ailes font en-deffus
de couleur fauve , avec des taches ou gros points noirs
diftinds & féparés les uns des autres. Les fupérieures font’
en-deflous jaunes , avec des points noirs femblables , &
fept ou huit taches nacrées bien marquées vers l’angle:
extérieur de l'aile ; favoir , quatre plus grandes vers le
bord rangées de front , deux ou trois petites plus haut que:
les précédentes , & une encore plus haut en forme de:
croiffant , plus grande , mais moins apparente. Les ailes.
inférieures en-deffous font jaunes , avec une trentaine de:
taches argentées fur chacune ; favoir , fept grandes le long
du bord ; fept petites plus haut entre les premieres ; huit
autres grandes de diverfes formes dans le refte de l'aile, &.
fix ou huit petites entre ces grandes. Nous ne connoiffons.
point la chenille de ce papillon qui doit être épineufe.
KRofel, dans fes figures, la repréfente de couleur brune,
avec deux longues bandes jaunes , une de chaque côté.
On trouve fouvent le papillon dans les mois de juillet &:
d'août.
11. PAPILIO a4s dentatis fulvis nigro maculatis ;.
fubtus maculis 9 argenteis.
Linn. faun. fuec. n. 782. Papilio tetrapus , alis rotundatis dentatis fulvis nigro-
maculatis, fubtus maculis 9 argenteis,
Linn. (ff. nat. edit. 10, p. 481 , n. 142. Papilio nymphalis euphrofyne.
Petiv. muf. p. 35, n. 322. Papilio fritillarius maculatus præcox.
Raj. inf. 120 , n. 7. Papilio fritillarius major , alis fulvis fuperne maculis nigris
teflelatis.
Le collier argenté.
Longueur 7 + lignes. Largeur 18 lignes.
Les ailes de cette efpéce font en-deflus de couleur jau=
ne, mais plus jaune & plus pâle que dans les précédentes,
avec des nervures ,; des bandes tranfverfes noires , &
une double rangée de points de même couleur diftin@s &
ifolés , qui parcourent les bords des aîles. Le deflous des
A fe >
ailes fupérieures eft femblable au deflus , fi ce n’eft que la
couleur jaune eft encore plus pâle , & que les taches noires
DES INSECTES. 4ç
font moins marquées. Les aîles inférieures pareïllement
jaunes ; ont chacune en-deflous neuf taches argentées ;
favoir, fept triangulaires qui parcourent le bord inférieur
de l'aile , & forment comme un collier argenté ; une
huitiéme plus grande fituée dans le milieu de l'aile ; & une
neuviéme plus petite vers fon bord extérieur. Souvent ces
aîles ont en-deffous dans leur milieu une bande tranfverfe
plus jaune que le refte & prefque de couleur citron. On
trouve très - communément ce papillon dans les bois ;
fa chenille n’eft pas connue.
12 PAPILTO as dentatis fubsis nigro variegatis ;
Jubtus fafciis tribus flavis.
Linn. fyff. nat. edit. 10 , p: 480 , n. 137. Papilio alis dentatis fulvis nigro’
maculatis, fubtus fafciis-tribus favis. Ibid. Papilio nymphalis cinxia.
Aël. Upf. 1736 ; pe 22 , n. 24. Papilio alis ereétis fubrotundisteflaceis , pun@is
pallidis , lineolis undulatis fufcis , fubtus albo variegatis,
Peviv. gazoph. 28 , te 18 , f. 10. Papilio fritillarius lincolnienfis | fafciis
fubtus pallidis.
Raj. inf. v21; n. 9. Idem ac Petiver. -
Rofel. inf. tom. 4, tab, xii).
Le damier.
Longueur 6 lignes. Largeur 18 lignes.
Ileft peu de papillons qui varient autant que celui-ci ;
voici les principales variétés que j'ai trouvées.
A: Papilio alis dentatis fulyis nigro maculatis
Jubtus fafciis tribus flavis.
Linn. faun. fuec. n. 783. Papilio tetrapus alis rotundatis dentatis fulvis nigro
maculatis , fubtus fafciis tribus flavis.
LR:
B. Papilo als dentatis fulvis nigro reticularis ;
Jubtus fafciis tribus flavis.
C. Papilio alis dentatis fulvis nigro reticulatis &
punilatis , fubtus fafciis tribus flavis.
D. Papilio alis dentaris fubis nigro reticulatis &
punilatis , utrinque fafciis tribus flavis.
La premiere de ces variétés eft fauve en-deflus , parfe=
46 HisTOIRE ABRÉGÉE
mée de taches noires rondes & de points ifolés, comme le
petit nacré ; en-deffous elle a des petits points femblables ,
& fa couleur eft la même , à l’exception du bord des at'es
fupérieures , qui eft d’un jaune citron , & de trois bandes
jaunes tranfverfes fur les ailes inférieures. *
La feconde reffemble: à la premiere pour la couleur,
mais au lieu de points noirs ifolés , elle a , tant en-deflus
qu'en-deflous , des nervures noires longitudinales & tranf-
verfes qui fe croifent & forment des mailles ou quarrés , à
peu près comme fur un damier ou un échiquier.
La troifiéme variété plus grande que les autres , leur
teffemble pour la couleur , & outre les mailles de fes
ailes femblables à celles qui fe voyent fur la feconde , elle
a une rangée de points noirs pofés chacun fur le milieu d’un
quarré , le long du bord des ailes inférieures, tant en-deflus
qu'en-deffous.
Enfin la quatriéme a les mailles de la feconde & les
points de la troifiéme , & outre cela trois bandes jaunes
tranfverfes fur les quatre aiîles , tant en-deflus qu'en-def-
fous ; le refte de fes aîles eft fauve.
On trouve communément ces papillons dans les boiss
Leurs chenilles font épineufes & fort rares.
$. III. DE LA PREMIERE FAMILLE.
A chenilles fans épines , & pattes antérieures courtes quë
ne font point la palatine.
13. PAPILIO a%s rotundatis dentatis nigro - fufcis
omnibus fafcia albida , primariis ocello duplici ; fecun-
dariis urico.
Biblioth. reg. Par. p. 38. f. Omnes,
Srlene. :
Longueur 14 lignes. Largeur à pouces 3 lignes.
Le filene ef un des grands papillons de ce pays- ci. En-
deffus , fes aîles font d’un noir brun , avec une large bande
tranfverfale blanche proche le bord extérieur. Sur cette
DES INSECTES. 47
bande ; font aux aïîles fupérieures deux efpéces d’yeux
blancs entourés d’un cercle noir , l’un proche l'angle exté-
rieur , l’autre très-petit vers le milieu de la bande blanche,
Sur les aîles inférieures , il n’y a qu’un œil vers le bas de la
bande blanche. Le deffous du papillon eft femblable au
deffus, fi ce n’eft que le noir des ailes inférieures eft pana-
ché d'ondes blanches. Ce papillon n’eft pas des plus com-
muns. On le trouve dans les forêts,
14, PA PILIO a%s rotundaris fufcis, fubtus primariis
océllo triplici ; inferioribus quintuplici.
Linn. foun. fuec. n. 788. Papilio tetrapus alis rotundatis fufcis ; fubtus pri-
mariis ocello triplici, inferioribus quintuplici,
Linn. fyft. nat. edit. to, p. 471, n.85. Papilio danaus feftivus hyperanrus.
Petiv. muf. p. 34, n. 313. Papilio medius , omnino fufcus, plurimis ocellis ni-
gris in circulis luteis fubtus ornatus.
Raj. inf. 129 , n. 7. Papilio media tota pulla | prona alarum parte ocellis
aliquot è pun&o albo , duplici circulo nigro & (ordide lute® cin@to compof-
tis 1lluftrata.
Jac. l'amir. inf. tab. 30.
Triflan.
Longueur 9 lignes. Largeur 18 lignes.
Ce papillon eft tout brun en-deflus. En-deffous il eft
auffi de couleur brune , mais un peu plus claire , avec trois
yeux fur chacune des ailes fupérieures,& cinq fur les infé-
rieures. Ces yeux font formés par un point ou prunelle
blanche , entouré d’un cercle noir , qui lui-même eft
enfermé dans un autre cercle jaune. Les yeux des aîles
fupérieures font plus petits , & leur prunelle paroït peu ;
ceux des inférieures font plus marqués. Les deux qui font
placés proche le bord extérieur , fe touchent , & les trois
autres difpofés en bande tranfverfale & prefqu'à égale
difance , font près du bord intérieur. Ce papillon eft
commun dans les bois.
45. PAPILIO als rotundatis fufcis ; fingulis fuëtus
ocellis quinque & limbo pallidiore.
La Baccante.
Longueur 10 lignes, Largeur 13 lignes:
48 HISTOIRE ABRÉGÉE
La baccante eft toute brune en-deflus. En-deflous elle
eft à peu près de la même couleur , mais la moitié in-
férieure de fes aîles eft plus pâle & même blanche dans les
ailes de deffous. Sur cette partie blanche , font cinq petits
yeux fur chaque aile , & le bord de l'aile eft terminé
par trois raies brunes parallèles. Ces yeux des ailes font
formés par un point ou prunelle blanche entourée d’un
cercle noir , autour duquel eft un fecond cercle jaune ;
& 1: tout eft enfermé par un troifiéme cercle brun ; mais
les yeux des ailes fupérieures n’ont pas de point blanc au
milieu , & des cinq que l’on compte fur ces aïles , les
trois d’en-haut font beaucoup plus petits , & les deux d’en-
bas plus grands. Ils fe touchent tous & forment une bande.
Les yeux des ailes inférieures ont tous la prunelle blanche.
Deux d’entr'eux fe touchent & font placés près le bord
extérieur ; ceux-là font d’une grandeur moyenne. Les
trois autres font éloignés des premiers ; & des trois ,il yen
a deux grands & un très-petit proche le bord extérieur. On
trouve ce papillon dans les bois : les fauts qu'il fait en
voltigeant l'ont fait appeller la baccante.
46. PAPILTO abs rotundatis dentaris fufcis , fulvo
maculatis , primariis ocello unico , fecundariis fuperne
quadruplicr.
Linn. (ff. nat. edit. 10 , p. 473 , n. 98. Papilio nymphalis gemmatus ægeride
Reaum, inf. 1 . 1, 127» fe 163 17 .
Tircis.
Longueur 8 lignes. Largeur 10 lignes. né
Ses ailes font arrondies , mais un peu dentelées à leurs
bords. Elles font en-deffus de couleur brune , avec des
taches d’un jaune fauve , aflez grandes , ifolées & fépa-
rées les unes des autres , de formes différentes , la plüpart
rondes ou quarrées , au nombre de dix ou douze fur les
ailes fupérieures , & de deux ou trois fur les inférieures.
Les ailes fupérieures ont vers l’angle du bout un œil formé
par un point blanc , entouré d’un cercle noir. Les infé-
rieures
DES INSECTES, u
fieures ont une rangée de quatre yeux ; dont le dernier
placé près du bord extérieur, eft petit & fouvent manque,
enforte qu'il n’y en a que trois. Ces yeux ont un cercle
extérieur jaune de plus que ceux des aîles fupérieures. E:-
deffous les ailes fupérieures font à peu près comme en-
deflus, fi ce n’eft qu'elles font plus claires , parce que leurs
taches jaunes font bien plus grandes & fe touchent en
plufieurs endroits. Les inférieures font d'un brun gris,
marbré & nuancé fans yeux ; on apperçoit feulemeñt quel-
ques veftiges des yeux qui font en-deflus. Les antennes de
ce papillon ont la maffe du bout un peu allongée , comme
dans tous ceux de cet ordre, & fa chenille repréfentée
dans le premier volume des Mémoires de M. de Keaumur,
tab. 27 , n'eft point épineufe. On trouve ce papillon dans
les bois. Il eft commun dans les mois de juillet & d’août.
27. PAPILIO as rotundatis fufcis , primariis fubtus
füdvis ocello unico.
Linn. faun. fuec. n. 786. Papilio tetrapus , alis rotundatis Iævibus fufcis, pri=
moribus fubtus fulvis ocello unico.
Linn. [yfl. nat. edit. 10 > p. 475 , n. 104. Papilio nymphalis gemmatus jurtinas
Hoffn. inf. t. 1,f.1,edit.alr.4,t. 0.
Petiv. muf. 34, n. 309. Papilio pratenfs oculatus fufcus.
Ra. infe 124 , n. 16. Papilio media alis {upina facie pullis , prona ex rufo
feu fulvo & fufco variis , cum ocello ad extimum alarumt exteriorum
angulum.
Reaum. inf. 1, t 11, fe %e
Corydon.
Longueur © lignes. Largeur 21 lignes,
Ses quatre ailes font en-deffus de couleur brune un peu
cendrée , & celles de deffus ont chacune une tache longue
tranfverfe plus foncée , qui partant du corps ou de la bafe
de Paile , s’avance jufqu’à la moitié environ. En-deflous
les aîles fupérieures font jaunes, avec un bord brun, large
environ d’une ligne & demie vers le côté extérieur. De
plus , elles ont chacune à leur angle extérieur un petit œil
noir ; avec un point blanc dans fon milieu. Lesaïles infé-
gieures font brunes, un peu plus claires cependant qu’en:
Tome IL,
so HISTOIRE ABRÉGÉE
deffus , & elles ont chacune quatre petits points noirs ;
dont deux font plus grands & deux plus petits ; ces der-
niers manquent aflez fouvent. On trouve ce papillon dans
les bois.
18. PAPILIO a4s rotundatis dentatis Jupra fufcis ;
primariis macula fulva , infra é fulyo & fufco undula-
is , primoribus utrinque ocello.
Raj. inf p.124, n. 17. Papilio media , alis extérioribus faperne media parte:
rufis , oris puliis , ocellis etiam in rufa parte confpicuis.
Alin. inf. t. 53
Rofel. inf. vol. x, fupplem. x , tab. 34, fig. 7, 8 , claï], x. Papil. diurn.
Jac. l’amir. inf. tab. 19,
Myrtil
Longueur 1 pouce. Largeur 2 poucess-
En-deflus ce papillon eft tout brun , fi ce n’eft que le
milieu de fes ailes fupérieures eft fauve , ce qui forme une
large tache de cette couleur. En-deflous les ailes fupérieu-
res font chargées de trois nuances de couleurs différentes.
A leur bafe , elles font d'une couleur fauve rougeatre aflez
foncée , qui s'étend prefque jufqu’à la moitié de l'aile. Les
deux tiers de la partie qui refte font d’un jaune plus clair,
& le bord eft brun. Sur le jaune clair , eft un œil noif avec
un point Blanc dans fon milieu ; cet œil paroït des deux
côtés en-deflus & en-deffous. Les aîles inférieures font
en-deffous d’un brun un peu fauve , avec une farge bande
ondée , qui les traverfe d’un côté à l’autre dans leur mi-
lieu , & qui eft de couleur plus claire que le refte. On
trouve ce papillon avec les précédens.
19. PA PILIO a%s rotundatis fulvo fufcoque nebulofrs ;
primariis fefqui-ocello , fecundariis fupra tribus ; infra
Jeptem ocellis.
Linn. faun. fuec. n. 785. Papilio tetrapus , alis rotundatis fufco nebulofs,
primariis fefqui ocello , fecundariis quinis ocellis.
Linn. (yff. nat. edit. 10 , p. 473, n, 96, Papilio nymphalis gemmatus mére
Mouff. lat. p, 104,7. 9 , f. 10,
Jonft, inf. p.58, m 9,16
DES INSECTES, si
Merret. pin. 198 , n. 19. Papilio ultima parte alæ exterioris clypeolo figro,
quem medium punéum eburneum ornat, decoraga.
-Merian. europ. 2, p.10, t. 4. (edit. ultim. )t. 54.
Robert. icdn. 15 , f. 2.
Raj. inf. 123, n. 15. Papilio media alis fulvo feu rufo & nigricante colore
variis , cum ocello prope extimum angulum alarum ex:eriorum.
Periv. muf, p. 34 5 n. 312. Papilio oculatus ex aureo & fufco marmo-
ratus.
Jac. l'amir. inf. tab. $.
Le fatyre.
Longueur 11 lignes. Largeur 21 pouces.
Ce papillon varie infiniment : non - feulement les mâles
différent des femelles , mais parmi ceux du même fexe , on
en trouve qui ont des différences très-fenfibles. En général
tous ont les ailes en-deflus variées & comme nébuleufes
par un mêlange de brun & de fauve. Les males ont ordi-
nairement plus de brun : fouvent toutes leurs ailes font
brunes en-deflus , avec une bande fauve feulement fur
les bords , qui eft entrecoupée par des nervures brunes :
d’autres fois outre cette bande, il y a fur le refte des ailes
des taches fauves. Les femelles ont leurs ailes fauves en-
deflus ; il y a feulement quelques raies brunes ondées. Les
ailes fupérieures ont en-dellus vers l'angle un œil noir avec
la pupille blanche : fouvent cet œil eft allongé & a deux
prunelles blanches ; enfin quelquefois à coté de cet œil,
il y en a un très-paetit comme un point du côté extérieur,
qui cependant , malgré fa petitefle, a une pranelle blan-
che bien diftinéte. Les ailes inférieures ont ordinairement
en-deffus trois yeux , dont un placé du côté du ventre ,
eft très: petit , & quelquefois manque , enforte qu’alors
il n’y en a que deux ; d’autres fois au contraire 1l y en a
quatre au lieu de trois. En-deflous les ailes fupérieures
font fauves , avec des raies ondées , brunes , plus nom-
breufes & plus noires dans les mâles que dans les femel.
les. Ces aïles ont en-deffous les mêmes yeux qu’'en-def.
fus. Les aîles inférieures font en-deflous brunes , ondées
de bandes tranfverfales finuées , de couleur cendrée plus
claire dans les femelles que dans les mâles. Ces ailes ont
Gi]
52 HISTOIRE ABRÉGÉE Le
conftamment en-deffous fept yeux fort jolis. Leut milieu
eft formé par un point blanc entouré d’un cercle noir,
Autour eft un cercle fauve entouré d'un autre brun ;
celui-ci eft lui-même enfermé par un fecond cercle fauve,
& un dernier cercle brun termine le tout. Tous ces cercles
étroits & bien marqués font un effet très- joli. Il faut
remarquer que des fept yeux dont nous parlons , les deux
les plus proches du ventre s’uniffent &t fouvent fe confon-
dent enfemble par leurs bords.
Ce papillon eft très-commun dans les bois & les jardins.
Il fe pofe ordinairement fur les murs & fur les pierres. Sa
chenille qui n’eît point épineufe , fe nourrit d’une efpéce
de gazon; gramen poa.
20. PAPILIO als rorundatis fulvis , oris fufcis ;
primariis ocello duplici continuo , fecundariis duobus
parvulis , infra fufco cinereoque rebulofes.
ÆArmnary lis.
Longueur 7 4 lignes, Largeur 17 lignes.
Ses quatre aîles en-deflus font fauves , & entourées
d’un large bord de couleur brune. En-deffous les fupé-
rieures font de même qu'en-deffus , mais les inférieures
font ondées & marbrées de brun & de blanc cendré. Les
ailes fupérieures ont vers Pangle extérieur un œil allongé,
avec deux prunelles blanches féparées , ou , fi l’on veut,
deux yeux qui fe touchent & fe confondent. Ces yeux
paroiflent des deux côtés. Les aîles inférieures ont deux
très-petits yeux féparés l’un de l’autre vers le milieu de
l'aile ; ces yeux paroifflent aufli des deux côtés.
J'ai une variété de ce papillon , du moins je la regarde
comme telle. Elle ne différe qu'en ce que les ailes fupé-
rieures ont en-deffus fur leur milieu fauve une tache large
& longue , de couleur brune, placée obliquement , &
que les inférieures ont trois petits: yeux, un du côté du
“ad > & deux du côté oppofé , aflez proches l’un de
autre.
DES INSECTES: s3
Ontrouve ce papillon dans les bois.
21. PA PILIO as rorundatis fulvis , oris fufeis ;
prèmariis fubtus ocello unico , fecundariis fubtus albo
cinereoque variegaiis.
Linn, faun.. fuec. n. 789. Papilio tetrapus, alis rotundatis fulvis , primariis
fubtus ocello unico , fecundariis fubtus albo fafciatis.
Linn. (yff. nat. edit. 10, p.472, n.86. Papilio danaus feftivus pamphilus.
Periv. muf. p.34, n 311. Papiliunculus aureus oculatus in ericetis frequens.
Ray. inf. 125, n. 19. Papilio parva è fulvo & fufco bicolor , fulvo mediam
alam , fufco oras extremas occupante , cum ocello ad extimnm angulum
alarum exteriorum.
Reaum. inf,2.,t.9,f.6
Procris.
Longueur s lignes: Largeur x pouce:
Ce petit papillon eft en-deffus de couleur fauve , avec le
bord des aïles brun : ce bord eft étroit. Le deffous des
ailes fupérieures eft de la même couleur ; avec un petit
œil à l'angle extérieur ; qui quelquefois paroît un peu en-
deflus. Les aîles inférieures font en-deffous de couleur
brune cendrée , avec une bande tranfverfe blanche ondée.
Elles n’ont point d'yeux ni en-deflus , ni en-deflous. On
trouve ce petit papillon dans les landes & les bruyeres. Sa
chenille eft noire , avec une tête rouge , & fon corps
eft chargé de tubercules ornés de quelques poils. Ces che-
nilles forment fur le gazon des toiles dans lefquelles elles
-vivent en fociété. :
22. PAPILIO abs rotundatis , fuperioribus füulvis oris
füfcis , fubtus ocello unico ; fecundariis fupra fufcis ,
infra cinereis , fafcia alba ocellifque quinis. x
Linn. faun. fuec. n. 790. Papilio tetrapus ; alis rotundatis fulvis, fubtuscineraf:
centibus fafcia alba ocellifque quinis,
Cephale.
Longueur 7 lignes. Largeur 17 lignes.
Ses aîles fupérieures font fauves , entourées d’un bord
brun plus large que dans Pefpéce précédente ; & elles ont
S4 HISTOIRE ABRÉGÉE
en-deffous vers l’angle extérieur un petit œil. Les aîles
inférieures font entiérement brunes en-deffus. En-deflous
elles font d’un brun cendré , avec une large bande tranf-
verfe blanche , & un bord orné d’une bande ou raie
fouvent argentée. Sur la bande blanche , font quatre yeux
rangés en ligne , dont les deux les plus proches du bord in-
térieur font les plus grands , & les deux autres plus petits,
fur - tout celui qui eft proche le bord extérieur , qui quel-
quefois manque tout-à-fait. Outre ces quatre yeux, il yen
a un cinquiéme plus grand & plus marqué vers le milieu
du bord extérieur de l'aile. Celui-là eft éloigné des autres,
On trouve fouvent ce petit papillon avec le précédent,
dont il approche pour la grandeur & les couleurs de def.
fus , mais dont il différe par fes yeux & la couleur du def-
fous de fes ailes. La grandeur de l’un & de l’autre varie.
SECONDE FAMILLE.
PAPILLONS A SIX PIEDS.
CP À
LES GRANDS PORTES-QUEUE.
23. PAPILIO a%s flavo nigrogue variegatis , fecurs:
dariis angulo fubulato maculaque fulva.
Linn. faun. fuec. n. 791. Papilio hexapus , alis flavo nigroque variegatis 3
fecundariis angulo fubulato maculaque fulva.
Linn. fyff. nat. edit. 10 , p. 462. Papilio eques achivus alis caudatis concoloris
bus flavis , fafciis fufcis, angulo ani fulvo.
Lbid. — Machaon.
Mouff. lat. p. 99, f. x, 2.
Hoffn. inf. 1 »t. 12. edit alter.t. 9 , f. 10e
Jonft. 1 Da AO! Ts 2 LES > 17
eTIAN, EUTOP, 1 3 De 13 ste 38e
Merret. pin. 198. Papilio diurnus maximus fecundus.
Mife. nat. cur. ann. 2, dec. , p.49, f. 9.
Column. ecphr. 2 , p.85, t. 86. Papilio erucæ rutacex.
Rob. icon. 18.
Reaum. inf, 1 ,t.30,f.1, @t.29 ,f. 9.
Frifth. germ. 2 , p. 41, t, to. Eruca anethi.
Periv, muf, p. 35, n, 328. Papilio major caudatus ex nigro & luteo variegatus,
DES INSECTES. 55
Raj. inf, 110; n. 1. Papilio alis ampliflimis , flavicante & nigto coloribus
pulchre variegatis , interioribus caudatis.
Biblioth. reg. parif. pag. 4, n.1 , 2. Varietas. n. 4
Rofels inf. vol. x , tab. 1, claff: 2. Papil. diurn.
Le grand papillon à queue , du fenourl.
Longueur 28 lignes. Largeur 3 pouces.
Ce papillon eft un des plus grands & des plus beaux de
ce pays-ci. Il eft panaché de Jaune & de noir. Ses yeux ,
{:s antennes ; fa trompe font noirs. Son corps eft jaune
fur les côtés & en-deflous , & noir en-deflus. Les ailes fu-
périeures aflez arrondies , ou du moins terminées par
un angle extérieur moufle, font noires, à l'exception de ce
qui fuit ; 1°. elles ont trois grandes taches jaunes irré-
guliéres & inégales le long du bord fupérieur de laile ;
2°. huit petites taches demi-circulaires prefqu'égales le
long du bord poftérieur ; & fur le milieu de l'aile , huit
autres taches jaunes longues rangées en bande tranfverfe,
inégales , & qui vont en grandiffant à mefure qu’elles
approchent du bord inférieur ; le refte de l'aile eft noir,
mais comme parfemé d’une poufliere jaune. Le deflus
& le deflous font de même. Les aiîles inférieures font
comme dentelées à leur bord , & une des dents ; favoir ,
la troifiéme en commençant , à compter du côté du
corps , eft allongée en pointe ou ftilet & forme une aflez
longue queue. Ces aïles ont leur partie fupérieure & leur
milieu jaunes , avec quelques traits noirs feulement. Vient
enfuite une large bande tranfverfale noire , mais couverte
d'une poufliere bleue ou azurée , & enfin l'aile eft termi-
née à fon bord par fix taches jaunes formées en croiffant ,
outre une feptiéme de couleur fauve rougeâtre entourée
de bleu , qui eft la plus proche du ventre & qui forme une
efpéce d œil.
La chenille qui donne ce papillon eft grande & life :
elle a feize pattes. Sa couleur eft d’un beau vert clair, avec
une bande tranfverfale d’un noir foncé fur chaque anneau.
Sur cette bande noire , font des taches fauves, Cette che-
56 H1isSTOIRE ABRÉGÉE
nille , comme on le voit , eft fort belle. Elle fe trouve fus
le fenouil , la ferule & quelques-autres plantes ombeilife-
res. Elle a une particularité ; c’eft que lorfqu'on lPimportu-
ne , elle fait quelquefois fortir de fon col proche le deflus
de fa tête , deux cornes de couleur fauve ; qui partent
d’une même bafe & forment un Y.Ces cornes font comme
pulpeufes & molafles , & l'infecte les retire fous fes
anneaux.
‘24 PAPILIO aks pallide flavis , rivulis tranfverfis
aigris , fecundariis angulo fubulato ; maculague crocea.
Raj. inf. p. 11, n. 3. Papilio alis amplifimis ;pallidius flavicantibus , exte-
rioribus areolis tran{verfis nigris variis , interioribus caudatis , maculg
in imo cœrulea.
Mouff. lat. diurn. 3 , p.99, f. 3.
Reaum. inf. 1, pe284, te 113 fe 3 » 4
Jonft. inf, tab. s ,f. 5.
-Rofel. inf. vol. à , cab. 2, claff. 2. Papil. diurns
Merian. europ. 2 ,t. 44. fig. Superior,
Le flambe.
Longueur 18 lignes. Largeur 3 pouces 4 lignes.
La forme de ce papillon eft précifément la même que
celle du précédent. Il eft de couleur jaune un peu pale,
Ses aîles fupérieures colorées en-deflous comme en-deffus,
ont leur bord extérieur noir , & de plus fix bandes noires
tranfverfes , qui partent du bord fupérieur de l'aile & vont
en fe retréciflant vers le bord intérieur. Ces bandes font
alternativement grandes & petites. Les grandes traverfent
toute l'aile , & les petites ne vont pas jufqu’a la moitié.
Les aîles inférieures font jaunes , avec une feule bande
noire qui traverfe toute l'aile en defcendant obliquement;
elles font dentelées à leur bord , & ont , comme Pefpéce
précédente , une longue appendice ou queue , encore plus
fine & plus longue que celle du papillon du fenouil. Leur
bord a une bande noire affez large , après laquelle font fix
taches jaunes. La bande noire eft chargée de quatre ou cirq
Junules bleues , & à fon extrémité du côté intérieur , eft
yne tache fauve bordée de bleu par en bas. Le deflous de
CES
DES INSECTES. s7
A . . . .
ces ailes inférieures eft femblable au deflus, Ce papillon eft
moins commun que le précédent : on le voit cependant de
tems en tems dans les bois ; mais nous ne connoifflons
. . . . A \\ 1
point fa chenille qui doit füurement reflembler à celle
de l’efpéce précédente.
LE
LES PETITS PORTES-QUEUVE.
2$. PAPILIO /üpra cœruleus , fubtus lineis undularis
Jfufcis & albicantibus ftriatus , ads fecundariis infra
fafcia alba ; macula duplici nigro-aurata , & in imo
caudatis.
Petiv. muf. 319. Papilio minor cœrulefcens, fubtus ftriatus.
Raj. inf. 130 , n. 9. Papilio è mediis minufeula , alis latis , exterioribus verfica<
loribus e nigro & cœruleo , imo margine nigro cum fimbria alba cinétis.
Reaum. inf. 2,1.38 ,f. 10.
Le porte-queue bleu ffrie.
Longueur 7 lignes. Largeur 15 lignes.
Ce petit papillon eft d’un bleu noirâtre en-deflus. En-
deflous fes ailes font rayées & comme ftriées par des
etites lignes tranfverfes ondées , alternativement de cou-
ne blanche & de couleur brune claire ou grife. De plus,
les ailes inférieures ont en-deffous près du bord extérieur
une bande tranfverfe blanche affez large. Après cette
ligne , elles ont près du bord intérieur , chacune deux
taches noires dorées, & au-deflous de ces taches, le bord
de l'aile a une petite pointe ou appendice courte ; mais ai-
gue , qui forme une efpéce de petite queue ; cette pointe
eft noire.
La chenille de ce papillon eft du nombre des chenilles
cloportes. Elle vient fur le bagnaudier (coZurea) , les pois
& quelques-autres plantes légumineufes , fe logeant dans
leurs coffes ou filiques , dont elle mange les fruits.
26. PAPILIO /äpra cœruleus fubrus fufcus , linea
undulata tranfverfa albicante , alis fecundariis infra
macula duplici fulva , & in imo caudanis.
Tome IL, ia
s8 HISTOIRE ABRÉGÉE
Linn. [yft. nat. edit. 10 ; p- 480 , n. 148. Papilio plebeius quercls:
Petiv. gazoph. t. 11,1. 9. Papilio minor fufcus : fubtus iriatus.
Raj. inf. 129,78. Papilio minor fupina facie tota nigricante , prona cœruleo:
viridi, cum linea in utrifque alis oblique tranfverfa alba. :
Reaum. inf. 1 ; pag. 455$
Alkin. t.$25 BC:
Rofel. inf. vol. 2, claf. 2 , tab. 9.
Le porte-queue bleu à une bande blanche.
Longueur 7 lignes. Largeur 1$ lignes.
Le deffus de ce petit papillon eft d’un bleu verditre:
affez brillant. Le deffous eft d’une couleur brune grife ,
avec une bande blanche tranfverfe'& ondulée fur chaque
aîle ; de plus , les aîles inférieures ont chacune en-deflous
vers le bout, près du bord intérieur, deux taches rondes
d'un jaune fauve , entourées d’un cercle noir , avec un
petit point noir dans leur milieu , & au-deflous de ces
taches , le bord de l'aile a une petite pointe ou queue
couite & aigue. La chenille - cloporte de ce papillon fe
trouve fur le chêne.
N. B. Raj & Petiver ont diftingué ce papillon de l’ef-
péce précédente , comme on le voit par leurs phrafes.
Pour moi je crois que le précédent eft le mâle de celui-ci.
Je n'en ai qu'un de chaque efpéce , dont l’un eft mâle
& l’autre femelle , & leur grande reffemblance me fait
croire qu'ils ne different l’un de l’autre que par le fexe.
Comme ces petits papillons font rares ici, je n'ai pû véri-
fier ce fait. C’eft à ceux qui font plus à portée de les avoir
& de les examiner , à nous en inftruire. La différence des
plantes dont paroiffent fe nourrir leurs chenilles , ne feroit
pes une preuve contraire à mon idée. On fait qu'il y a
>eaucoup de chenilles qui ne s’en tiennent pas à une feule
plante ;, ni à celles qui lui font analogues ; mais qui
mangent des plantes très-différentes.
27. PAPILIO /üpra fufcus maculé fulva. fubtus fulvus
linez duplici tranfverfa albida , als fecundariis ir imo
caudatis,
DE Sy LT N SEC Tiens. so
Linn. faun. fuec. n. 792. Papilio hexapus , alis fecundariis angulato - dentatis ;
- fubtus flavo alboque flammeis.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 482, n. 146. Papilio plebeius berulæ,
Hoffn. inf. t. 12, f. 1. à
Periv. gaz. p. 18,1. 11, f. 10. Papilio minor fufcus duplici linca inferna præ-
ditus , (maf. )
f. sr. Papilio minor fufcus ; campo aureo , linea
gemina fubtus ornatus , (fæmina.)
Ra inf. p. 130, n. 10. Papilio minor, alis exterioribus nigricantibus , macula
in medio lata arcuata fulva.
p- 277 , n. 3. Eruca parva hirfutae , millepelis feu afelli forma &
magnitudine.
(Albin. inf. tab. $ , fig. B. C.
Rofel. inf. vol. 1 , tab. 6, claff. 2. Papil. diurn,
Jacob. l'amir. inf. tab. 17.
Le porte-queue fauve à deux bandes blanches.
ÆLongueur 9 lignes. Largeur 17 lignes, ï
La couleur des ailes de ce papillon en-deffus eft brune ,
aflez foncée , avec une grande tache oblongue de couleur
fauve fur les ailes fupérieures , & quelques petites taches
femblables au bord des inférieures. En-deflous , les aîles
font fauves & prefque Jaunes. Les fupérieures ont au
milieu une tache brune oblongue , bordée de blanc en
haut & en bas. Après cette tache , font deux lignes tranf-
verfes blanchâtres , dont la fupérieure eft peu apparente ;
l’inférieure plus fenfble eft bordée de brun en haut. Ces
deux lignes s’uniflent vers les deux tiers de laile & ne
vont pas plus loin. Les aïles inférieures ont en-deffous
deux lignes blanches , tranfverfes , ondées , très -apparen-
tes , bordées de brun du côté par où elles fe regardent. Le
bord de ces ailes eft plus rouge que le refte , & leur extré-
mité a une petite bande noire ; elles font deritelées à leur
bord du côté du ventre , & elles ont une petite queue un
peu plus longue que dans les efpéces précédentes. Ce pa-
pillon eft fort rare dans ce pays-ci , je n'ai Jamais trouvé
que le feul que j'ai. M. Linnœus dit que fa chenille vient
fur le bouleau : elle eft du nombre des chenilles- clo-
portes.
&
Hi;
Co HisTOIRE ABRÉCÉE
28. PAPILIO fufcus, fupra macula fulva , fubrus
fafcia duplici tranfverfa macularum albicantium ; als
fecundariis lunularum fèrruginearum ferie , & in mo
caudatis.
Linn. fyft. nat. edit. 10 , p. 482, n. 147. Papilio plebeius pruni,
Petiv, gaz. 11, f. 10.
Reaum. inf. 1,t.18,/f. 6,7.
Rojel. inf. vol, 1 , tab 7 , claff: 2. Papil. diurn.
Le porte-queue brun à deux bandes de taches Blanches.
Longueur 7 lignes. Largeur 15 lignes.
Cette efpéce a les aîles brunes tant en-deffus qu’en-def-
fous. I! y a en-deffus fur lé milieu des aîles fupérieures une
tache fauve , mais peu marquée. En-deffous , les quatre
ailes ont deux bandes tranfverfes de taches oblongues
blanchâtres , bordées de noir vers le haut ; de plus , les
aîles inférieures ont en bas une bande de taches fauves.
Ces dernieres aîles font bordées d’une raie blanche , &
ont vers le bout du côté intérieur , une petite appendice
ou queue aigue. Les antennes font entre-coupées d’an-
neaux blancs & noirs , & terminées par une mafle allon-
gée , comme dans tous les papillons de cet ordre.
La chenille eft brune , un peu velue , de la grandeur
& de la forme d’un cloporte. Elle n’eft pas rare. On la
trouve fur l’orme , & elle va fouvent s'attacher aux murs
pour fe changer en chryfalide ; j'en trouvai une année les
murs du parc de Bagnolet tout couverts. Ces mêmes che-
nilles m'ont donné aufli la variété fuivante qui différe un
peu.
N.B. Papio fufeus , Jupra punélo albido , fübtus Linea
tranfverfa alba ; alis fecundariis maroçine ful;o angula-
20 , & in imo caudatis.
Elle différe de l’efpéce ci-deffus , par deux taches blan-
ches , rondes , affez petites , qui font au haut des ailes fu-
périeures en-deflus, tandis que tout le refte de ces ailes eff
DES INSECTES+ 61
brun ; en fecond lieu, parce que les ailes en-deffous n’ont
qu'une feule bande blanche tranfverfe continue & nulle-
ment interrompue ; & enfin , parce qu’au lieu de taches
fauves au bord de l'aile , il y a une bordure de la même
couleur continue & en zig-zag.
CYAN IL M D
Les ARGUS.
29. PAPILIO aës fubangulatis , fupra nigro violaceis ;
albo fafciatis , fubtus fulvo , fufco , albidoque variis ,
Jingulis ocello nigro cœruleo. à
Rofel. inf. vol. 3 , fupplem. tab, 42 , claffe 1. Papil. diurn,
Le mars.
Longueur 14 lignes. Largeur 2 pouces 10 lignes.
Je n'ai qu'un feul individu de ce papillon que je n'ai
point attrapé , mais qui m'a été donné après avoir été pris
ans un jardin à Paris. Ce papillon unique eft fort beau,
malheureufement il eft gaté & mutilé, Ses ailes grandes ,
font un peu anguleufes , ce qui n’eft pas commun parmi
les papillons à fix pieds. En - deflus elles font d’un beau
violet changeant, qui pouvoit bien être taché d’un peu de
blanc , mais le frottement paroït avoir fait difparoitre ces
taches. En-deffous , les ailes font marbrées de brun &
de fauve , avec des bandes tranfverfes blanches. De plus ,
chaque aile a en-deffous un œil. Ces yeux font plus grands
fur les ailes fupérieures & beaucoup plus petits fur les
inférieures. Sur ces dernieres , ce n’eft qu'une tache ronde
noire chargée d’un peu de bleu , au lieu que ceux des ailes
fupérieures font de plus entourés d’un large cercle de cou-
leur fauve claïre. Je ne connois point la chenille de ce
papillon , ni l'endroit où elle fe trouve.
30. PAPILTIO 4Z%5s rotundatis integerrimis cœruleis ;
Jubtus ocellis numerofes.
62 HISTOIRE ABRÉGÉE
Linn. faun. fuec. n. 803. Papilio hexapus alis rotundatis iutegerrimis cœruieis ,
fubtus ocellis numerofis.
Lian. fyft. nat. edit. 10, p.483, n. 152. Papilio plebeïus argus.
Hoffn. inf. 1,1. 4.
Mouff. lai. p. 105 , f. duæ ultim. 6 p. 106, f. 1. Papilio diurnarum minima
quarta.
Jonft. inf. t. 5.
Merr. pin. 199 , n. 4. Papilio alis oculatis cyaneum cœleftem fpirantibus,
Rob. icon. t. 17.
Petiv. muf. p. 34, n. 318. Papiliunculus cœruleus , ocellis plurimis fubtus
eleganter afperfus.
— gazoph. p. 55 ; te 35, f. 1. Papiliunculus cœruleus vulgatiflimus.
Raj. inf. 131, n. 11. Papilio parva , alis fuperne purpuro- cœruleis , fubtus
cinereis , maculis nigris circulo purpurafcente cinétis , punctifque nigris
pulchre depidis.
De Geer, mem. p 693» pl. 4, fig. 143 15. Petit papillon à antennes à bouton &
à #x jambes , d’un ble#célelle , à taches en yeux en-deffous des ailes,
Rofel. inf. vol. 3 ; fupplem. 1 , tab 37 , fige 3» 5 » claff, 2. Papil. diurn,
L'argus bleu.
Longueur 6 lignes. Largeur 14 lignes,
Tout le deflus de ce papillon eft d’un beau bleu. Le
deffous eft d’un gris blanc , parfemé de petits yeux noirs
bordés de blanc , avec une rangée de taches fauves trian-
gulaires , qui termine les ailes. Ces taches font peu appa-
rentes fur les ailes fupérieures , mais fur les inférieures
elles font plus marquées & plus vives. Le bord des ailes a
une belle frange blanche. On voit fouvent voltiger ce
petit papillon dans les prairies , où il eft fort commun.
Sa chenille , ainfi que celles des argus qui fuivront , eft
d'un nombre des chenilles-cloportes, & reffemble à celles
des portes-queue qui compofent l'ordre précédent. Elle a
quelques poils , & elle fe nourrit des feuilles du fran:
gula.
NW. B. J'ai deux autres variétés de ce papillon. La pre-
miere eft plus grande d'un tiers. Le deflus de fes ailes eft
d’un bleu verdâtre , comme nacré , & leurs bords ont une :
rangée de taches noires , qui répondent aux taches fauves
du deffous, Le deflous de ces ailes eft comme dans le
papillon ordinaire.
12 BE SEÉN SE CITES 63
La feconde variété plus petite , eft toute bleue en-
deflus & blanchâtre en-deffous , avec un nombre confidé-
rable d’yeux , moins nombreux cependant que dans le
papillon commun. Ces yeuxne font formés que par un
point noir ; fans cercle blanc. Les taches fauves qui
doivent border les ailes manquent , fi ce n’eft quil y a une
couple de ces taches continues & jointes enfemble ; au bas
des aîles proche Le bord intérieur.
31. PAPILI O abs rotundatis integerrimis cœruless ;
Jüubtus ocellorum fafcia folitaria.
Raj. inf. p. 132, n. 17. Papilio minor alis fupinis purpuro-cæruleis , pronis
ocellis aliquot piétis.
De Geer.inf.1,t.4,f14,15.
Rofel. inf. vol. 3 , fupplem, x , tab. 37 , fig. 4, clal]. 2. Papil. diurn,
Le demi-argus.
Longueur s lignes. Largeur 14 lignes,
Ses aîles en-deffus font d’un bleu un peu pourpre ;
en-deffous elles fonc grifes , avec une feule bande de petits
yeux difpofée en arc. Ces yeux font noirs ; entourés d’un
cercle blanc. Le bord de l'aile n’a point de taches fauves.
Ses antennes , comme celles des papillons de cet ordre ,
font compofées d’anneaux alternativement blancs & noirs,
& terminées par une malle allongée.On trouve ce papillon
avec le précédent.
32. PAPILIO a%s rotundatis integerrimis nigro-fufcis ;
fa/cia marginali fulva , fubtus cinereis ocellis nume:
rofis.
Linn. faun. fuec. n. 804. Papilio hexapus alis rotundatis {ntegerrimis nigro-fuf-
cis ; fubtus ocellis numerofs,
Raj. inf. 131, n. 12. Papilio parva , alis fupinis pullis , cum linea feu ordine
macularum lutearum ad imum marginem.
Rofel. inf. vol. 3 , fupplem. x , tab. 37 > f. 6, 7, clef. 2. Papil. diurn,
L'argus brun.
Longueur 6 lignes. Largeur 14 lignes.
Cette efpéce reflemble beaucoup à largus bleu. Le
64 HISTOIRE ABRÉGÉE
deffous des aïles eft à peu près de même : mais le deffus ;
au lieu d’être bleu , eft d’un brun foncé , avec une bande
de taches fauves à peu près quarrées , qui fuivent le bord
de chaque aile. On trouve ce papillon dans les prairies ,
mais moins fréquemment que le bleu.
33. PAPILIO a%s rorundatis integerrimis rigro fufcis
falyo maculanis, Jubtus ocellis numerofis.
Linn. faun. fuec. n. 805. Papilio hexapus , alis rotundatis , fupra fufcis , fubtus
punéis nigris quadraginta duobus,
L'argus myope.
Longueur 6 lignes. Largeur 13 lignes.
Le deffus des aîles de l’argus myope eft brun ; mais ta-
cheté de noir & de couleur fauve , fur-tout aux ailes fupé-
rieures. La couleur fauve domine fur le bord de ces ailes
& les termine en formant une bande de points. Le deflous
de l’aîle eft d’un gris jaunâtre , parfemé de petits yeux , &
bordé d’une bande de taches fauves ,; comme dans les
efpéces précédentes. M. Linnæus compte quarante - deux
ou quarante - trois petits yeux noirs fur le deflous des ailes.
Ces yeux reffemblent à ceux des autres argus, fi ce n’eft
qu'ils n'ont pas un cercle blanc aufli marqué , & ils font
aufi arrangés un peu différemment. Je n'entre point dans
le détail de ces différences difficiles à rendre , & qui ne fe
conçoivent bien qu’en voyant ces différentes efpéces , &
les confrontant l’une à côté de l’autre. On trouve ce petit
papillon avec les précédens , mais plus rarement.
34 PAPILIO als rotundatis integerrimis , fubtus
viridibus immaculatis.
Linn. faun. fuec. n. 806. Papilio hexapus , alis rotundatis integerrimis, fubtus
viridibus immaculatis.
Linn. [yfE nat. edit. 10, p. 483 , n. 154. Papilio plebeius rubi.
£e. œl. 7. Papilio argo fimilis, alis immaculatis fupra cyaneis.
Raj. inf. p. 133, 7. 22. Papilio parva, alis fupinis pullis, pronis viridibus,
Petiv. gaz. p.8,t.2, f. 11, Papilio minor, fuperne fufcus , inferne viridise
L'argus vert, où largus aveugle.
Longueur 6 lignes, Largeur 14 lignes,
Les
DES INSECTES. 6$
Les aîles de ce papillon font tantôt brunes , tantot
bleuâtres en-deflus. En-deflous elles font toujours d'un
+ beau vert brillant fans yeux. Les ailes inférieures ont fou-
vent en-deflus près le milieu du bord fupérieur , un point
blanc , & quelquefois de ce point , part une bande de
taches blanches qui parcoure l'aile tranfverfalement. Le
corps de l'infecte eft de couleur cendrée. Ses yeux font
noirs , bordés en-devant & derriere d’un trait blanc. Les
antennes & les pattes font compofées d’anneaux alternati-
vement blancs & noirs. Je ne connois point la chenille de
ce Joli papillon.
35. PAPILIO als rotundatis fulvis , utrinque pundis
ZLOTIS.
Linn. faun. fuec. n. 807. Papilio hexapus , alis rotundatis fulvis , utrinque
punétis nigris. !
Linn. [yfl. nat. edir. 10, p. 484, n. 161. Papilio plebeius virgaureæ.
Petiver muf. p. 34, n. 317. Papilio minor aureus , ex nigro permaculatus,
Raj. inf. 125, n. 29. Papilio parva, alis exterioribus circa margines nigricanti-
bus. media parte rufis , ferici inflar fplend-ntibus, maculis longis nigris pictise
Rofel. inf. vol. ; , fupplem. tab, 4s, fig. s , 6 , claf]. 2. Papil. diurn,
È
Le bronzé.
Longueur s lignes. Largeur 13 lignes.
Ce petit papillon a les aïîles, tant en-deffus qu’en-deffous;
de couleur fauve bronzée & bordées de brun. Sur la couleur
fauve , on voit une douzaine de points noirs aui paroïflent
des deux côtés , & dont plulieurs fe touchent. Les ailes
inférieures font brunes , terminées par une bordure fauve,
avec quelques points noirs fur la partie brune. Au bas
de ces aïles inférieures ; font de petites appendices qui
approchent de c2Îles des papillons portes-queue. Le corps
du papillon eft brun en-deffus , gris en-deffous : fes pattes
font grifes. Les antennes font compofées d’anneaux alter-
nativement noirs & blancs , & les yeux font noirs , bordés
en haut & en bas d'une ligne blanche. Je ne connois point
la chenille de ce papillon , qu’on trouve fréquemment
dans les prés pendant l'automne.
Tome II. LÉ
66 HISTOIRE ABRÉGÉE
36. PAPTLIO xigro-fufcus nitens , alis fubtus Uimbo
dentato fudvo , fecundartis maculis duodecim albis.
Le miroër.
Longueur 6 lignes. Largeur 15 lignes
La couleur des aîles en - deffus eft affez brillante , quoi
que toute brune : il n'y a que deux petites taches jau-
nâtres au milieu du bord fupérieur des ailes de defius. En-
deffous , les aïles fupérieure; font du même Erun , avec
une bordure dentelée de couleur jaune qui termine faïîle.
Les ailes inférieures ont une pareille bordure , & de plus
une douzaine de grandes taches blanches qui fe touchent
prefque , & qui fe trouvant entourées d'une bordure bru-
ne , reflemblent à des miroirs. Je n'ai jamais rencontré ce
A qui m'a été donné. Il avoit été pris au bois de
oulogne.
SF V
LestÆ£ sTRrorrés.
37. PAPILIO aks divaricaiis fut 2S » dimbo nervifque
RESTES 3 PrLMATLLS macula oblonga nigra.
Petiv. gaz. tab. 34, fig. 7, 83 9.
£a bande notre.
Longueur s lignes. Largeur x pouce.
Le port d'ailes de ce papillon & de ceux de cet ordre;
eft fingulier. Lorfquil eft en repos , fes ailes inférieures
font prefque parallèles au plan de pofition , pendant que
les fupérieures font relevées , fans cependant fe toucher &
être tout-à-fait perpendiculaires. La couleur de ces aîles
eft fauve , mais elles font bordées de brun ou de noïr , &
elles ont des nervures de la même couleur. Les fupérieu-
res ont de plus une tache longue tranfverfe dans leur
milieu , qui ef pareillement de couleur noire. En-deflous,
les ailes font toutes fauves , mais d’une teinte plus pâle.
DES, :LNNSE CRE, 67
. W.B. Il ya une variété de ce papillon un peu plus gran-
de , qui a la bordure brune des ailes plus large , & la ban-
de ou tache noire des ailes fupérieures plus grande &
mieux marquée. En-deffous , on voit aufli fur les aïles
quelques bandes tranfverfes en arc plus brunes. J'ai d'abord
regardé cette variété ,; comme la femelle du papillon pré-
cédent , mais l’accouplement m'a fait voir que cette diffé-
rence ne venoit point du fexe.
On trouve fréquemment ces papillons dons les prés en
automne.
38. PAPILIO as divaricatis denticulatis nigris ;
albo puniatis.
Linn. faun. fuec. n. 794. Papilio hexapus , alis divaricatis denticulatis nigris ;
albo-punétaris.
Linn. fyft. nat, edit. 10 ,p. 485 , n. 167. Papilio plebeius malrz.
Merian. europ. 2 , 1. 38.
Reaum.üinf.x, tab. 11 ,f.6, 7.
Hoffn. inf. 4 ,t.2, f. ult.
Petiv. muf. 35 , n. 325. Papiliunculus fufcus , pun@is plurimis albicanti-
bus.
Petiv. gazop. 56 ,t: 36, f. 6. Papilio fufcus , pun&is plurimis albicantibus.
At. Upf. 1736 ; p.23 n. 34. Papilio alis ereétis obtufs dentatis nigris ?
punétis albis teflelatis. e
It. œland. 3. Papilio hexapus , alis divaricatis denticulatis nigris , albo punc«
tatis. :
Rofel. inf. vol. 1 , tab. 10, claff. 2. Papil. diurn,
Le plein-chant.
Longueur $ lignes. Largeur 14 lignes,
Cette efpéce porte fes aïles à peu près comme la précé-
dente. Son corps & fes ailes font en-deflus d’un brun noir,
& les ailes font parfemées de points blancs quarrés ; dont
plufieurs fe touchent. Ces points reflemblent par leur
forme & leur pofition à des notes de plein-chant. Les ailes
font bordées d’une frange noire & blanche , çe qui les fait
paroître dentelées. Les aïîles & le corps font en-deffous
d’un gris brun , & l’on voit fur ce deflous des ailes des ta-
ches blanches , mais moins régulieres qu’en-deffus. Ce pe-
tit papillon fe trouve dans les prés dès le printems. Sa
FRS
68 HISTOIRE ABRÉGÉE
chenille a le corps gris, la tête noire & quelques taches
jaunes autour du col. Elle a quelques poils courts. ile
vient fur le chardon à foulon. Je ne l'ai point và fur la
mauve.
39. PA PILTO aks divaricatis cinereis ; punélorum
alborum ferie duplici tranfver[a.
Linn. fyft. nat. edit. 10 , p.48$ , n. 168. Papilio alis denticulatis divaricatis
fufcis , obfolete albo punctatis. Ibid, Papilio plebeius rages.
Le papillon grifette.
Longueur $ lignes. Largeur 1 pouce,
Je foupconne cette efpéce de n'être qu'une variété dé la
précédente , à laquelle elle refflemble beaucoup pour fa
forme , fon port d’ailes , fa grandeur & même fa couleur.
Les aïles de celle-ci font d’un gris un peu brun , tant
en-deffus qu’en-deflous , avec deux bandes tranfverfes
de points blancs , dont une eft aux deux tiers de l'aile , &
l'autre la termine. Les quatre ailes ont ces points blancs,
tant en-deffus qu’en-deffous. On trouve ce petit papillon
avec le précédent.
SV
Les PApiLLonNs DU cHou;ou BRASSICAIRES.
40. PAPILIO a%s rotundaris albis , primariis bima=
culatis ; apice nigris , major.
Linn. faun. fuec. n. 799. Papilio hexapus , alis rotundatis albis; primariis bimae
culatis ; apicibus nigris; major.
Einn. fyff nat. edit. 10 , p. 467, n. 58. Papilio danaus braflicæ.
Mouff. lat. p. 189, f. 1. Eruca in braflica.
Goed. belg. 1 , p. 59, f. 11. & gall. tom, 2 , tab. xj.
Lift. goed. p. 16, f. 7.
Merian. europ. 1, p. 16 ,t. 45.
Albin. inf. p. x »t,1.
Swamm. in 4°, p. 202, t. 133 fe 6e
—— bibl. nat. t. 37; n. 6. »
Reaum. inf. 111,29 ,f.1. &t.to,f.7.
Petiv. muf. p. 8$, n. 825. Papilio albus vulgaris major.
Petiv. gaz. t. 61, f. 3. Papilio alba major, apicibus nigris
Raj. cantabrig. p. 134
DES INSrCcTeE's 69
Raj. inf. pi 113; n. 1. Papilio braficaria alba major vulgatiffima.
Raj. inf. p. 348 , n. 19. Eruca brafficaria vulgatiflima nigro ; luteo & cœruleo
coloribus varia. É
Bilioth. reg. Par. p. 4 ; n. 3. Papilio ex albido flavefcens ; cum venis
nigricantibus,
Rofel. inf. vol, 1 , tab. 4 , claf]. 2. Papil. diurn.
Le grand papillon blanc du chou.
orguEur I pouce. Largeur 2 pouces 4 lignes.
Ce papillon eft un des plus communs & des plus con«
nus ; on le voit voltiger par-tout dans les jardins. il eft de
couleur blanche , avec quelqués différences fuivant le
fexe. Le mâle en-deflus eft blanc , avec le bout des ailes
fupérieures noir, & deux taches noires fur ces mêmes
ailes , outre une troifiéme petite tache au bord intérieur de
la même aile , & une autre au bord fupérieur & correfpon-
dant de l'aile inférieure. La femelle en-deflus eft toute
blanche , fans aucuns points noirs , & a feulement Le bout
des aîles noir. En-deffous , le mâle & la femelle font tout-
a-fait femblables. Ils font blancs , avec deux taches noires
fur les ailes fupérieures, & le bout de ces ailes, ainfi que
toutes les ailes de deffous , lavées d’un peu de Jaune pâle,
ou couleur de fouffre. La chenille de ce papillon panachée
de couleur jaune , noire & bleue, fe trouve communé-
ment fur le chou.
at. PAPILIO a%s rorundans albis ; primariis Bima-
culatis , apice nigris , minor.
Linn. faun. fusc. n. 798. Papilio hexapus alis rotundatis albis, primariis bimas
culatis apice nigris, minor.
Linn. [ff nat. edit. 10, p: 468 , n. $9. Papilio danaus rapæ.-
Mouff. lat. p. 1a3 , f. ultim. Papilio diurnus medius.
Goed. belg. x , p. 97 , f. 27. & gall. tom, 2, tab. xxvij.
Lift. Gocd, p. 21, f. 8.
Merian. europ. 2 ,p. 40, t. 39. edit. gall. t. 89.
© Robert. icon. t. 6.
Albin. inf. t. sx, f. C. D. ( maf. ) & E.F. (fœmina.)
Reaum. inf. 1,t.29,f.7,8. & t.2,f.3.
Merr. pin. 198 , n. 5. Papilio corpore & antennis livefcentibus , capite alifque
pallidis.
Petiv, muf. p. 85 , n 826, Papilio vulgaris albus minor,
70 $ HISTOIRE ABRÉCGÉE
Petiv. gazop. p. 10,t. 62, f. 4. Papilio afba vulgaris ftriata, maculis duplicibus.
( fœmina }«
p.10,t.49, f. 11. Papilio albus minor apicibus nigris. ( maf.)
Ray. inf. 114, n. 2. Papilio alba media , alis exterioribus albis , duabus maculis
nigris infra mediam longitudinem , verfus interiorem marginem notatis ,
interioribus fubtus flavicantibus.
Ray. inf. 114 , n. 3. Papilio alba media alis omnibus albis cum macula ( {ex
punétum mavis dicere } ieviter nigricante in exterioribus (maf.)
Raj. inf. 349, n. 10. Eruca braflicam depafcens viridis mediocris, Linea im
utroque latere è luteo albente.
Rofel. inf. vol. 1, tab $ , claf]. r. Papil. diurn.
Jac. l'amir. inf. tab. 16.
Le petit papillon blanc du chou.
Longueur 11 lignes. Largeur 13 lignes.
Il ne paroît d'autre différence entre ce papillon & le pré-
cédent, que la grandeur. Il eft blanc, avec les deux points
noirs & le bout des ailes fupérieures noir. Le deflous
reflemble auffi tout-à-fait à celui du grand papillon blanc.
Mais la chenille qui vient aufli fur le chou & la capucine,
eft différente de celle du précédent. Elle eft d’un aflez
beau vert , avec une bande d’un blanc jaunâtre de cha-
que côté. Elle n’eft que trop commune. Sans cette diffé-
rence des chenilles ; on feroit porté à ne faire qu’une
feule efpéce de ces deux papillons.
42. PAPILIO als rotundatis albis , inferioribus fubtus
fafciis virefcentibus.
Linn. faun. füec. n. 797. Papilio hexapus , alis rotundatis albis , venis dilatos
virefcentibus.
Linn. [yft. nat. edit. 10 , p. 468 , n. 60. Papilio danaus napi.
Merian. europ. (edit. 1.) Ve 2epe 77 » te 39e
Albin. inf. t.s2,f. EG
Petiv, mu: p. 33, n. 302. Papilio albus medius , venis latis , fubtus nigricanti«
bus. ?
Petiv. gaxop. 1. 62, f. «. Idem.
Raj. inf. 114, n. 4. Papilio brafficaria media alis albis fecundum nervos lineis è
viridi nigricantibus fubtus friatis.
Le papillon blanc veiné de vert.
Longueur 7 lignes. Largeur 19 lignes,
Ce papillon eft affez femblable aux précédens. Il eft
tout blanc en-deflus , fans taches ni points , feulement les
DES INSECTES 71
bouts de fes aîles fupérieures font un peu noirâtres. En-
deffous , les ailes fupérieures font toutes blanches , fi ce
n’eft à leur bafe , où il y a un peu de teinte verte. Les
inférieures auffi de couleur blanche , ont en-deffous de
larges veines ou bandes de couleur verdâtre , dont elles
font panachées.-La chenille de ce papillon vient aufli fur
1: chou.
43: PAPILIO als rotundans albis ; venis nigris.
Linn. faun. fuec. n-796. Papilio hexapus , alis rotundatis albis venis
nigris.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p.467 ; n. $7. Papilio danaus cratægi.
Hoffn. inf. t. 10, f. 14.
Merian. europ. 2 , p. 38 ; t 35 ; f. Superiores.
gall.t. 157, edit. alt, 85.
Albin. inf. t.2,f. 2.
Petiv. muf. p. 33 ,n. 301. Papilio alba, venis nigris.
Frifch. germ. $ ,p. 16,t. <. Eruca hyemalis luteo alboque friatas
Raj.inf. ais ,n. . Papilio alba , nervis alarum nigris, braflicarie majoris figu+
ra & magnitudine
Reaum. inf. ,t:2,f:8, 9.
Biblisth. reg. Par. p. 30, f. Omnes.
De geer. mem. p. 63 ,ple 14, fig. 19» 20. Papillon à antenñes à bouton & à fix
jambes; blanc , dont les nervures des aïles [ont noires,
Rofel. inf. vol. 1 , tb. 3, claff. 2. Papil, diurn,
Le grfe.
Longueur 13 lignes. Largeur 2 + pouces.
. Cette efpéce eft blanche, tant en-deffus qu’en-deflous ;
les nervures feules font noires & s’élargiflent un peu au
bord des aîles fupérieures. Ces nervures noires fur un fond
blanc , font reffembler ce papillon à une gafe. Sa chenille
eft velue , noire , chargée de poils courts qui partent
immédiatement de fon corps. Ces poils blancs & jaunes,
forment de chaque côté du corps une efpéce de bande de
la même couleur. Elle vit en fociété fur l'aube - épine , le
prunier fauvage & le bois de fainte-lucie ( padus. )
44. PAPILIO a%s rotundatis albis , fécundariis fubrus
viridi - nebulofis « primariis dunula nigra , mafculis
macula crocea.
72 HISTOIRE ABRÉGÉE
Linn. faun. fuec. n. 8o1. Papilio hexapus , alis rotundatis integerrimis , fecun-
dariis viridi nebulofis, primoribus lunula nigra.
Linn. (yft. nat. edir. 10, p. 468 , n. 63. Papilio danaus cardamines,
Mouff. lat. p. 106, n.5,f.2,3;: 4
Hofn. inf 2 CEE 9) Jette
Jonjt. inf. t. Se
Rob ic.t. 21. +
Periv. muf. p. 33 » n. 306. Papilio albus fubtus viridi colore marmoreatus , feu
maculis croceis ornatus,
p 33-72. 305. Papilio alba fubtus viridi colore marmoreata,(fæmina.)
Ry. inf. «15 , 2. 6. Papilio minor alba - alis exterioribus «Ibis macula infigni
crocea fplendentibus, inferioribus fuperne albis , fubrus viridi colore varie-
gatis (maf.) Ge
Raj.inf. uis , n. 7. Papilio minor alba , alis exterioribus ad imum marginem
nigris aut fufcis, macula in medio nigra , ( fœmina. }
Rofel. inf vol 1 ,tab. 8 ,f. 5, 6. fæmina fig 7,8, maf. claff. 2. Papil. diurn.
N.B. Raj.inf. 116, n. 10. Variété de la femelle. Papilio mediæ magnitudinis,
alis fupina parte albis, cum maculis nigris rarioribus , prona ex alba
& viridi variis.
L'aurore.
Longu.ur 8 lignes. Largeur 19 lignes.
La femelle & le mâle de ce papillon font un peu diffé-
rens l’un de l’autre. Nous commencerons par décrire la
femelle. Elle eft toute blanche en-deflus , avec très- peu de
brun au bout des ailes fupérieures , & une tache noire
en croiflant dans leur milieu. La bafe des ailes eit aufli un
peu noire. En-deflus , les ailes fupérieures ont la tache
noire en croiflant dans leur milieu , & le bout panaché
d’un jaune verdatre , mais les aiies inférieures ont en-def=
fous des raies & des taches vertes qui panachent toute
l'aile , en fuivant cependant les nervures. Le male eft
tout-à-fait femblable à la femelle , fi ce n'eft que la moi-
tié extérieure des ailes de deflus , depuis le croiïffant noir
jufqu'’au bout , eft teint d’une belle couleur jaune aurore.
+ N.B. J'ai une variété de la femelle ;. où les nervures
vertes du deflous des ailes inférieures font plus grandes,
lus larges & plus marquées , & où les aîles fupérieures ,
outre le bout qui eft panaché de même , ont encore dans
le milieu du bord fupérieur une large bande verte qui
s avance jufqu au milieu de Paile.
Ce
DES A À N S:ELC T ENS4 73
Ce papillon vient de très-bonne heure au printems , dès
les mois d’avril & de mai.
Je l’ai trouvé en grande quantité au bois de Boulogne.
Sa chenille verte , femblable à celle du papillon du chou,
vient fur le thlafpi. Sa chryfalide pareillement verte ,
reflemble pour fa forme à un petit batteau.
as. PAPILIO as dentaris , fupra nigris ; fubtus
fufco-rubris ; utrinque maculis albis fafciatim pofiris.
Leche. nov. inf. fp. p. 27, n. $4 ,f. 15. mala. Papilio hexapus, fupra niger , alis
omnibus ordine macularum tranf{verfali albo , inferioribus dentatis.
Ra. inf. p. 126; n. 2. Papilio major nigra $, pulla , alis fupina parte maculis
albis notatis.
Rofel. inf. vol 3 , fupplem, x , tab. 33 , fig. 3, 4. Gtab.7o,f.1, 2,3; clafl 1.
Papil. diurn,
Le deuil.
Longueur 9 lignes. Largeur 23 lignes.
* Le deuil a fes ailes un peu déntelées à leur bord. En-
deflus elles font noires ; avec#une bande tranfverfe de
taches blanches allongées , qui parcoure les quatre aïles
dans leur milieu. Cette bande eft compofée de huit tachés
fur les aîles fupérieures , & de fept fur les inférieures. Au-
deflus de cette bande, il y a fur les ailes de deffus une tache
feule féparée , formée en croiffant ; & plus bas que la ban-
de , il y en a deux autres , l’une grande & l’autre petite , à
côté l’une de l’autre proche l’angle extérieur , & au- def-
fous de ces dernieres trois points de couleur fauve. Sur les
aîles inférieures , au-deffous des fept taches blanches , il y
a autant de lunules ou croiflans de couleur fauve , dont
les pointes regardent le bord de Paile , & dont [a derniere
ou feptiéme forme prefqu’une tache ronde. En- deflous ,
les ailes font fauves ou d’un brun rougeñtre , avec les
mêmes taches blanches qu'en-deflus , outre deux autres
qui fe rencontrent fur les aîles inférieures à leur bafe , ou à
l'endroit de leur attache avec le corps. De plus, les quatre
aïles font bordées en-deffous d’une rangée de points noirs.
Les yeux de l’infeéte font bruns & fes pattes blanches. Je
Tome II. K
mA HisSTOIRE ABRÉCÉE
ne connois point la chenille de ce papillon ; que je n'ai
trouvé qu’une feule fois.
46. PAPILIO a%s rorundatis albis , lineis maculifque
nigris pulchre tejjelaris. Planch. 11 , fig. 3 , 4
Petiv. muf. 3. Papilio Icucomelanos.
Raj. inf. p sac, n. 9. Papillo mediæ magnitudinis alis albo & nigro colori-
bus puichre variegatis.
Rofel. inf vol. 3, fupplem. +, tab. 37, fig. 1, 2, claf, 2. Papil. diurn.
Le demi deuil.
Longueur 10 lignes. Largeur 22 lignes.
* Les ailes de ce papillon font arrondies , de couleur
blanche un peu jaune en-deffus , avec les nervures & des
taches prefque quarrées , affez grandes & de couleur noire,
placées entre les nervures. Le deflous des ailes eft de
même d’un Elanc jaunître , avec des taches & des nervures
noires , mais moins larges & moins grandes qu’en-deffus.
Parmi ces taches du deffoys , il y en a une fur les aîles fu-
périeures , & cinq fur chacune des inférieures qui forment
de petits yeux. On trouve ce Joli papillon dans les bois.
47. PAPILIO as angulatis flavis , punélo ferrugineo.
Linn. faun. fuec. n 795. Papilio hexapus , alis angulatis flavis , pun@o
ferruginco.
Linn. (yff. nat. edit. 10, p. 470, n. 3. Papilio danaus rhamni.
Mouffer. lat. p. 103, f. 1. Papilio diurnus medius primus.
Jonfé. inf p.az2,;n1,t 5,6.
Hoffn. inf. 1,1. 1,aur12,f.8,t,2.
Rob, ic.ir. 13.
Albinsinfoti2, hf 3e
Periy. muf. p. 1 , n. 1. Papilio fulphureus, (maf.)
pe1,n, 2. Papilio fulphureus pallidus ; (fœmina. )
Raÿj. inf. 112, n. 4. Papilio præcox fulphurea feu flavo-viridis , fingulis alis
maculis ferrugineis notatis,
De geer, mem. p. 653 , pl. 15, f.8 , 9. Papillon à antennes à bouton & à fix jans-
bes , d’un jaune citron.
Rofel. inf. vol. 3, fupplem. tab. 46,f.1,2,3, claf. 2e Papil. diurn.
Le citron.
Longueur i pouce. Largeur 2 pouces 2 lignes.
Les antennes de ce papillon figurées en maffe allongée ;
DES: INSECTES. 7S
comme celles de tous ceux de cet ordre’, font de couleur
fauve. Ses ailes , tant fupérieures qu'inférieures , ont cha-
cune un angle ea marqué. Jeur couleur eft d'un jaune
citron quelquefois verdâtre des deux FoRa ec une tache
ronde de couleur de fouci fur le milieu de cl laque aile ; le
bord des fupérieures a äufli quelques points de même cou-
leur. Le corps du papillon eft noir , avec de longs poils
blancs , les pattes {ont blanches. Le male eft d’un citron
plus foncé , & la femelle eft plus pâle. Sa chenille figurée
dans les Mémoires de de Geer, pl. 1$,f. 1 —11,ef D,
de couleur verte , & a de chaque côté du corps une ligne
blanche. Elle eft garnie de petites pointes coniques, noires
& écailleufes. Ses jambes font au nombre de feize , com-
me celles de toutes les chenilles de ce genre , & elles font
arnies d'une demi-couronne de crochets. Sa ‘chryfalide
attachée tranfverfalement , comme celles des papillons de
cette feconde famille ; a une particularité ; c’eft d’avoir
fous le ventre une efpéce de fac très-renflé , qui fert de
fourreau pour loger les aîles du papillon qui en doit for-
tir. Cet infecte eft commun pendant l'été.
48. PAPILIO a4s luteis limbo nigro , primartis
macula nigra , fecundariis fulva,
Aldrov. inf. p. 242, fige 6
Le fouci.
Longueur 3 lignes. Largeur 21 lignes.
+
Ce papillon donne les variétés fuivantes.
A. Papilio alis croceis limbo nigro immaculato , pri-
marits macila rigrà )Jecundartis fulva.
B. Papilio alis croceis limbo nioro flavo maculato ;
primartis macula niora y fecundariis. fuly 4e
C. Papilio ais falbhareës » primartts limbo nigro
fafcia flava maculato, maculaque nigra , VALE
dariis fulvé.
Petiv, gazoph tab, 14 ; nm. 11, Papilio croceus apicibus nigricantibus,
Ki
76 HISTOIRE ABRÉGÉE
Rofel. inf. vol. 3, fupplem. tab. 46, f. 4, 5, claf]. 2. Papil. diurne
Toutes ces variétés font femblables en-deffous , mais le
deffus n'eft pasde même. *
La premiere A eft en deffus de couleur de fouci , avec
une large bordure noire , plus étroite cependant aux ailes
inférieures. De plus , les ailes fupérieures ont dans leut
milieu une tache noire ronde qui tranche fur la couleur
fouci, & les inf rieures ont dans le haut une tache de cou-
leur fauve aflez vive
La feconde B difffre de la premiere , en ce que la
bordure de fes ailes eft moins ncire & plus large , &
qu'elle eft panachée de taches citronées , au nombre de
trois ou quatre fur chaque aile , tant fupérieures qu'infé-
ricures. Elle paroit être fimp'e variété de la premiere.
La troiliéme C et de couleur citron pâle. Ses ailes fupé:
rieures ont une bordure noire étroite , panachée d'une
bande pareillement de couleur citron qui la coupe dans
fon milieu. Les inférieures n'ont point de bordure noire ,
mais feulement quelques points à leur bord : du refte , on
voit fur les ailes fupérieures la tache noire ; & fur les in:
férieures la tache fauve , comme dans les précédentes.
Je crois que celle-ci pourroit bien ne différer que par le
fexe.
En-deffous , tous ces papillons font d’un Jaune pâle,
fur-tout aux aîles fupérieures , avec le point noir fur ces
ailes , & le point fauve , mais blanchâtre au milieu fur les
inférieures. Is n’ont point de bordure noire de ce côté,
tout le tour de leurs ailes eft terminé par un trait fauve
rougeâtre. Les pattes font. de la même couleur fauve,
ainfi que les antennes. Ce papillon eft commun en au-
tomne.
SPHIN X. Phalæna linn,
L'ESS. PH I:NiuX:
Antennæ prifmaticæ. Antennes prifmatiques.
Chryfalis in pupp, Chryfalide dans une coque:
DES Insectes. 77
Familia x4. Antenne prifmaticæ Famille 1°. Sphinx-bourdons. *
ubique fere æquales, elingues.
- 24, Antennæ prifmaticæ
ubique fere æquales fpiritingues.
Larva laxvis cornigera.
—— 34. Antenne prifinaticæ = 30, Sphinx-beliers,
in medio craffiores ; fpirilingues.
Larva villo{a , non cornigera.
2°, Sphinx-éperviers.
Les fphinx différent des papillons par deux caracteres
bien marqués. Le premier fe tire de la forme de leurs
antennes , qui font un peu plus minces vers le bout , ou du
moins qui ne font point plus grofles à leur extrémité,
comme celles des papillons , & qui de plus font taillées à
angles & à côtés, à peu près comme un prifme. Le fecond
caractere confifte en ce que leurs chenilles pour fe méta-
morphofer , fe filent une coque ; ce que ne font point
celles des papiilons , dont la chryfalide eft nue & expofée
à l'air. |
On a donné à ces infeétes le nom de fphinx , à caufe de
la forme & de l'attitude finguliere de leurs chenilles. La
plüpart de ces chenilles , du moins celles des deux pre-
mieres familles de ce genre ont une tête applatie en-
devant , qui en- deffus fe termine en une pointe ou crête
aigue ; de plus , elles ont à l'extrémité de leur corps
une pointé longue & dure , comme une efpéce de corne.
Quant à leur attitude , ces chenilles tiennent fouvent
la partie poftérieure de’leur corps appliquée contre une
branche ; tandis qu'elles relevent la partie antérieure ,
ce qui leur donne quelque reffemblance avec les figures
des fphinx de la fable , tels qu'on les repréfente. Il y a
cependant une chenille qui différe des autres , c’eft celle
du belier , qui feul compofe la troifiéme famille de ce
genre. Celle - là eft velue’, elle n'a point de corne fur l’ex-
trémité de fon corps , & ne prend point l'attitude des pré-
cédentes. De plus, fa-coque différe aufli des leurs. Elle eft
life , foyeufe , jaune , allongée par les deux bouts comme
78 ISTOIRE ABRÉGÉE
un fufeau , & appliquée contre quelque tige de plante , au
lieu que les autres font des coques aflez groflieres , en-
foncées dans la terre ,; dont les mottes & les grains
entrelaffés dans leurs fils , compofent la plus grande
partie.
C'eft de ces coques que fort , fouvent l'année fuivante ,
l'animal parfait , aflez grand dans la plüpart des efpéces de
ce genre, Nous avons diftingué ces animaux parfaits en
trois familles différentes , d’après leurs formes & celles de
leurs chenilles. La premiere comprend les /pAirx-bour-
dons. Ces fphinx ne différent des autres , que parce qu'ils
n'ont point de trompe , ou qu'ils l'ont fi courte & fi pe-
tite , quelle n'eft point fenfible. Les /phinx-éperviers
compofent la feconde famille. Ceux-ci ont. une trompe
longue roulée en fpirale ; du refte , leurs antennes font
comme celles des précédens , prefque d’égale groffeur
dans toute leur longueur , & leurs chenilles portent une
corne à l'extrémité de leur corps. Le /phinx-6elier eft
le feul que renferme la troifiéme famille. il a une trompe
roulée en fpirale ;, comme les précédens , maïs il en différe,
ainfñi que de la premiere famille , d’abord par la forme
de fes antennes qui font renflées vers le milieu & un peu
recourbées , ce qui fait qu’elles imitent les cornes d'un
belier ; & de plus par la figure de fa chenille qui eft velue
& ne porte point de corne fur fes derniers anneaux.
Les infettes de ce genre ont prefque tous quelque chofe
de remarquable , comme on le verra dans le détail des
efpéces. Les uns ont des ailes tranfparentes ou prefque
tranfparentes , comme le fphinx-mouche & celui qui le
fuit ; d’autres font ornés des couleurs les plus brillantes ,
comme le demi-paon ;, le fphinx du tithymale , le belier
& celui de la vigne. Il y en a quelques-uns très- fingus
liers. Par exemple, le /p4zrx à tête de mort, dont on voit
la figure dans 1 Ouvrage de M. de Reaumur , mais que
je n'ai point trouvé autour de Paris, a fur fon corcelet la
figure d’une tête de mort, ce qui lui a fait donner le nom
DES JINSECTES,. 59
qu'il porte. Ce fphinx eft commun dans le Poitou. En
général tous les fphinx ont les ailes longues & étroites.
Les chenilles de quelques-uns de ces infeétes,ne font pas
moins remarquables. Celle du fphinx de la vigne a la tête
allongée & figurée comme un grouin de cochon ; aufi
pluñieurs auteurs l’ont-ils appellée porce/lus. Celle du
troëne eft d'un beau vert , ornée de taches obliques pour-
res & blanches , qui forment comme des boutonnieres
fur fa peau life & brillante. Mais la plus belle de toutes
les chenilles de ce genre , eft fans contredit celle du tithy-
male , fur laquelle on voit l'incarnat , l'or & l'argent
artiflement travaillés fur un fond d’un beau noir qui en
releve l'éciat. Nous verrons ces beautés plus en détail en
examinant les différentes efpéces.
PREMIERE FamiLies
Sphinx - bourdons.
1. SPHIN X efnouis, alis angulatis , füperioribus
fufcis , ënférioribus rubris ocello cœrulefcente.
Linn. {yff. nat, edit, 10 , p.489 , n. 1. Sphinx alis angulatis, poflicis ocellatis,
Mouffet. inf. 91.
Goed. lat. 3 , p. 25. & gall. tom. x , fig. O.
Liff. goed. 68, f. 24e
Jonjt. inf. t. 8, f. 30.
Albin. inf. t.8, f. 2. Phalæna alis inferioribus macula ophtalmoïde infignibus,
Merian. europ. 2 ,t. 37 ; Pe 39 s lle 37e
Raj. inf. p. 148 , n. 2. Phalæna major , corpore craflo , alis amplis, interiori-
bus macula ophtalmoide infignibus,
Ra. inf. ibid. Eruca maxima elegans, liguftrinæ fimilis , cauda cornuta.
Leche. nov. inf. fpec. n.58,f 11. Phalæna (ubulicornis elinguis, alis planiufculis
cinereis , maculis fufcis , inferioribus ocello nigro , iride cœfia , pupilla
nigro-cœrulea.
Rofel. inf vol. à , tab. 1, claff.-1. Papil. no@urn,
Jacob. l'amiral. inf. tab. 1. * . :
F . Le
Le démi-paon.
Longueur 17 lignes.
Ce beau fphinx a les ailes fupérieures brunes en-deflus,
& marbrées de différentes nuances. Les inférieures font
8 H1S-TOILR-EyNERÉGÉE
d’un rouge de lacque , avec un grand œil fur chacune vers
le bas du côté intérieur. Le fond de cet œil eft noir, & il
eft chargé d’un large cercle bleuâtre. En-deffous , les aîles
fupérieures font rouges vers leur bafe , & brunes dans tout
le refte , & les inférieures font toutes brunes , mais nuan-
cées. Ce fphinx a le corps fort gros. Son.ventre eft brun
en-deflus ; orné de bandes rougeñtres en-deflous. Ses
antennes & fes pattes font jaunes , & fa tête eft grife,
ainfi que le corcelet. Sa chenille eft rafe, verte , à feize
pattes , chagrinée de points élevés , avec une corne bleua-
tre fur la queue. Elle vient fur le faule. Les œufs font de
couleur verte.
2. SPHINX exnguis alis laceris , fuperioribus cinereo-
vérefcentibus ; fafcia obfcuriore tranfverfa inæquali ,
inferioribus fufco-aurantits.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 489 , n. 3. Sphinx alis angulatis, fuperioribus grifeo
fafciatis , poflicis teftaceis.
"Albin. inf. t. 10.
Frifch. germ..7 ,t.2.
Merian. europ. 2 , t. 24
Reaum. inf. 1,1.2,f.3. Latva.
De geer. mem. p. 694 , t. 8, f 5. Phalène à antennes prifmatiques & à trompe
très-courte , grife , à aïîles découpées , dont les inférieures qui débordent
les fupérieures, font en partie roufles.
De geer. mem. p. 148,1. 8, f. 1 — 5. La chenille,
Rofel. inf. vol, 1, tab. 2, claff, 1, Papil, no&urn.
Le fphinx du tilleul,
Longueur 1 pouces
Ses antennes font blanches en-deffus , fauves en-deffous.
Ses premieres pattes font fauves & les poftérieures font
bianches. Le corcelet couvert de poils, eft gris , avec trois
bandes longitudinales verdâtres , une au milieu & une fur
chaque côté. Ces bandes font plus larges du côté de la
tête & fe terminent en pointe du côté du ventre. Celui-ci
eft gris. Les aîles fupérieures font aufli grifes , avec quel-
ques nuances vertes , fur-tout vers le bout de l'aile qui eft
tout verdâtre ; & de plus, fur le milieu de l'aile, il £ ne
ande
DES .LNSECTES. 8r
bande irréguliere d’un vert brun qui traverfe l’aîle , &
qui fouvent eft coupée dans fon milieu & partagée en
deux taches. Les ailes inférieures font un peu fauves.
Toutes les quatre font découpées à leurs bords & termi-
nées par une tranche fauve. En-deflous elles font d’un gris
plus clair , mais toujours un peu vert. Le papillon mâle eft
d'une couleur plus claire que fa femelle. Celle-ci pond
des œufs ovales de couleur verte. La chenille eft rafe à
feize pieds , verte , chagrinée , avec une corne fur la
queue. Elle vient communément fur le tilleul.
NW. B. Je doutois d’abord que cette efpéce füt la même
que celle que défigne M. Linnæus , d'autant que la nôtre
n’a point de trompe , & qu’il en donne une à la fienne , il
l'appelle /périlinguis. 1] paroît cependant par la citation &
la figure de M. de Geer, que c'eft la même. Ce dernier
lui donne une #rompe très-courte. Il faut qu’elle foit réelle-
ment bien courte , car je n'ai pu l’appercevoir , quel-
qu’attention que j'aye prife. J'ai donc cru pouvoir mettre
ce fphinx parmi ceux de cette premiere famille , ne lui
ayant point trouvé de trompe au moins fenfible.
SNS EP HTNX elinguis ; alis férratis , cinereo - fufcis 3
Juperioribus fafciis obfcurioribus tranfverfis ; inferiori-
bus Baft macula fulya.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 489 , n. 2. Sphinx alis angulatis reverfis, pofticis baf
ferrugineis ; anticis punéto albo.
Linn. faun. fuec. n. 810. Phalæna prifmicornis fpirilinguis , alis planiu(ulis
erolis grifeis, antennis albis, s
Albin. inf. t.57,f. C.
Merian. europ. 3 ; t. 37. Ke
Rofel. inf. vol 3, fupplem. x , tab. 3 , claff 1. Papil, no&turn,
Jacob. l'amir. inf. tab. 10.
Le fphinx à aïles dentelees.
Longueur 1 pouce.
Ses aîles font dentelées d’une maniere affez fine à leur
bord. Elles font grandes. Les fupérieures ont environ feize
lignes de long. Elles font d'un gris un peu brun ;, avec des
bandes tranfverfes de nuances plus ou moins brunes, Les
Tome IA, L
32 HisTOIRE ABRÉGÉE
inférieutes font de la même couleur , mais elles ont vers
leur bafe une grande tache brune un peu fauve. La che-
nille de cette efpéce eft rafe , verte & chagrinée avec des
taches jaunes obliques & une corne fur la queue ; on la
trouve fur le peuplier.
4 SPHIN X efnguis, alis lanceolatis vitreis venis
RÈQTLS » Juperioribus macula limboque nigris ; fulvoque
nebulofes.
Linn. faun. fuec. n. 813. Phalæna fubulicornis elinguis , alis lanceolatis albis,
venis nigris.
Linn. (ft. nat. edit. 10 , p. 493 ; n. 28. Sphinx abdomine barbato nigro ;,
fafcia flavefcente , alis hyalinis margine nigro.
Rofel. inf. tom. 3. append. 231, t.38.
Aë. Upf. 1736,p. 16, n. 85. Papilio apiformis abdomine aureo.
Le fphinx-mouche.
Longueur 5 lignes.
Ce petit fphinx reffemble pour fa forme , fa grandeur &
fes aîles, à une mouche ou à une abeille. Ses ailes inférieu-
res font tranfparentes comme du verre , & ont feulement
leurs nervures & leurs bords noirs. Les fupérieures pref-
qu’auff tranfparentes font étroites. Elles ont au milieu une
tache noire bien marquée. Leur extrémité eft pareillement
foire , mais d’une teinte moins foncée , & elles font parfe-
mées de quelques écailles fauves qui les rendent nébu-
leufes. Le dos ou corcelet eft noir, mais ila une bande
jaunâtre de chaque côté, & le ventre pareillement noir eft
bordé de jaune. Le bout du ventre a quelques poils plus
longs de couleur fauve. Les antennes prifmatiques font
noires en-deflus , blanches en-deflous , & les pattes ont
leurs art'culations épineufes ; comme celles des teignes
& des pterophores. Je ne connoïis point la chenille de ce
fphinx qui m’a été apporté & donné.
SE COÂN D'E NÉ AMI L LE.
Sphinx -éperviers.
ç. SPHINX /perilinguis viridis ; alis vitreis pellucidis ;
venis limboque fufco-ferrugineis,
MESA À N SE C TES: 8?
Prtiv. gazoph. tab. 36 ; fig. 10:
Reaum. inf. 1 ,t, 12, f. 9 , to. Papillon-mouche.
Linn. fyft. nat. edit. 10 , p. 493 , n. 28. Sphinx abdomine barbato nigro, falcia
favefcente , alis hyalinis margine nigro.
Le fphinx vert à aïles tranfparentes.
Longueur 10 lignes.
Ses antennes prifmatiques font groffes , noires , avec les
nœuds bien marqués. Sa trompe eft grande & en fpirale,
Au - devant de la tête , fous l’attache des antennes , font
deux petites aigrettes velues , qui fe voyent aufli dans
l'efpéce précédente , & dont les poils font en-deflous d’un
gris jaunâtre. Le corcelet & le ventre font noirs , mais le
corcelet & le bout du ventre font couverts de poils verdä-
tres , tandis que le bas du ventre eft garni de touffes de
poils d’un jaune pâle ou de couleur citronée , & que l'ex-
trémité a deux paquets de poils noirs. Les ailes font fingu-
lieres. Elles font tranfparentes , comme une pgafe ou un
verre , fans écailles , fi ce n’eft fur les nervures & à leur
bord , où elles font terminées par une bande brune rou-
eâtre affez large. Les ailes fupérieures ont environ neuf
Eee de long. J'ai trouvé plufieurs fois ce papillon , quoi-
que rarement ; mais Je n'ai jamais rencontré fa chenille
qui doit avoir une pointe ou corne fur fa queue.
6 SPHINX /pirilinguis, als fuperioribus fufcis
nebulofis , infertoribus ferrugineis. Planch. 11, fig. $.
Linn. [yff nat. edit, 10, p. 493 , n, 16. Sphinx abdomine barbato lateribus
albo nigro variis, alis pofticis ferrugineis.
Ra. inf. p. 133; n. 1. Papilio velociflima, alis brevibus, corpore craflo , inter
volandum ftridorem edens.
Mouffer. lat. Papilionum mediarum prima.
Reaum. inf. 1,t.12,f. 1 — 6. L'épervier.
Biblioth. reg. Par. pag. 39, f.7, 89.
Goed. lat. feël. 2, n.14 , p.41. & gall. tom. 2, tab. xxiv,
Rofel. inf. vol. 1, tab.8, claff, 1. Papil. no&turn,
Le moro-fphinx.
Longueur 13 lignes.
Cette efpécea les antennes gtofles , brunes en-deflus ;
Li)
84 HisTOIRE ABRÉGÉE
blanchâtres en-deffous. Son corps eft gros , brun &c velu.
Ses aîles font courtes pour fa groffeur Les fupérieures ont
dix lignes de long ; elles font brunes , avec quelques ban-
des tranfverfes ondées & nébuleufes , pius brunes & plus
foncées. Les inférieures fort courtes , font d’un jaune cou-
leur de rouille. L’extrémité du corps a de longs poils
bruns. C’eft fur le caille-lait € ga//ium ) que vient la'chenille
de ce fphinx. Elle eft rafe , chagrinée , à feize pattes ;
& elle porte fur fa queue une corne ou pointe bleue ter-
minée de rouge.
7. SPHIN X /pirilinguis , alis fuperioribus fufcis ;
inferioribus abdomineque fafciis tranfverfis rubris.
Linn. faun. fuec. n, 809. Phalæna prifmicornis fpirilinguis fufca , alis inferiori-
bus abdomineque fafciis tranfverfis rubris.
Linn. fjff. nat. edit. vo , p. 490, n. 7. Sphinx liguftri.
Mouff. lat. p.91, f. 2. € p. 182, f. à. Eruca glabra viridium nobiliffima,
Jonjt. inf. t. 19 ,n. 1, 2. Eruca viridis liguftrina.
Siwvamerd. bib. nat. t.19,f.1,2,3.
Merian. europ. 3 , p. 54 ,t. 23. gallic.t. 124
Ab. inf. tr. vij. Eruca liguftrina accipitrina.
Lift. goed. p. 71 ,1.25, (Papilio.)
Reaum. inf. 2,t.10,f. 1,23, 4. Sphinx.
Ray. inf. 144, n. 1. Phalæna maxima caudata ,'alis anguflis longis acutis , abdo+
mine rofeo, {ex feptemve areolis tranfverfis nigris.*
— Ibid. 362, n. 61. Eruca glabra maxima, viridium nobiliffima mouffeto.
Biblioth. reg. Par. p. 24, f. omnes.
De Geer. mem. p.14,t.1,f.6. & p. 4r.
Bofel. inf. vol, 3, fupplems tab, $ , claff. 1. Papil. no@urn,
Le fphinx du rroène.
Longueur 22 lignes.
Ce beau fphinx a les antennes groffes , longues & bru-
nes. Son corcelet eft brun , ainfi que fes aïles fupérieures,
qui font cependant nuancées de plufieurs teintes de brun,
avec quelques raies noires longitudinales , & quelques
bandes tranfverfes vers le bout de l’aîle. Ces aîles fupé-
rieures font affez étroites , mais longues de deux pouces.
Les ailes inférieures beaucoup plus courtes , ont le fond
de leur couleur d’une teinte rouge couleur-de-rofe ; avec
une bande tranfverfe noire étroite dans le haut , & deux
DES INsEcTrs: 8$s
larges bandes femblables vers le bout de l'aile, Le ventre
de l'infette qui eft affez gros, a des bandes alternativement
noires & rouges par anneaux. C'eft fur le-troëne & le lilac
de Perfe que fe trouve la chenille de ce fphinx. Elle eft
rafe , à feize pattes , d’un beau vert, avec des bandes obli-
ques , comme des boutonnieres placées de chaque côté,
nuées du gris-de-lin au blanc. Elle porte une belle pointe,
fouvent bleue fur fa queue. Elle tient volontiers fa tête
relevée & fon corps allongé ; comme on repréfente les
fphinx de la fable. Cette figure eft ordinaire aux infeêtes de
ce genre
8 SPHINKX /pirilnguis ; als -fuperioribus fufco-
nebulofis , inferioribus abdomineque: fafciis tranfs erfis
luteis , thorace maculis caput mortuum referentibus.
Linn. fyft. nat. edit. 10 , p. 490 ,'n. 8. Sphinx alis integris , pofticis luteis fafciis
fufcis , abdomine luteo maculato cingulis luteis, Ihid. Atropos,
Reaum. inf. tom. 1 , tab. x4, fig. 2. & tom. 2 , tab. 24 , fig. omnes,
Rofel. inf. vol. 3 ,t. 1,2 ,claf]. 1. Papil. no@urn, :
#libin, infrit. 6e
Linn. amænit. acad. 3 ,p. 321. Caput mortuurme.
Le fphinx à tête de mort.
Longueur 2 pouces ÿr, Largeur 9 lignes.
. Cette grande efpéce a les antennes moins longues que
fon corcelet ; également grofles , excepté vers le com-
mencement & le bout, noires en-deflus , blanches en-def-
fous. Sa tête eft noire & fes yeux font fort gros. Ses ailes
fupérieures font d’une couleur brune noirâtre , finuées en-
haut & en-bas par des bandes irrégulieres plus claires ,
variées de brun & de gris , & fur le milieu de l'aile , il y a
un point blanc bien marqué. Les aïles de deffous ont deux
bandes noires , une fupérieure plus étroite & l'inférieure
plus large , le refte de l'aile eft d'un beau jaune. Le ventre
a pareillement cinq ou fix bandes jaunes & autant de noi-
ges tranfverfes , placées alternativement ; & fur fon mi-
lieu , une longue bande longitudinale noirâtre. Mais ce
qu'il y a de plus fingulier ; c’eft le corcelet de cet animal,
86 HISTOIRE ABRÉGÉE
Il eft noir, mais en-deflus il a une tache grife irréguliere
fur laquelle font deux points noirs , ce qui repréfente très-
bien la figure d’une tête de mort , d’où cet infette a pris
fon nom. Cet animal n'a été donné , & je ne croyois pas
qu'il fe trouvât autour de Paris ; mais M. Bernard de
Juffieu , auquel on peut bien s’en rapporter , m'a affuré l'y
avoir réncontré. Sa chenille eft du nombre de celles qui
ont une pointe fur la queue.
9 SPHINX fpsrilinguis alis omnibus fufcis , fafciis
dentatis obfcuriortbus,abdomine fafciis tran/verfis rubris.
Linn. Jyft. nat. edit. 10 , p. 490 , n. 6. Sphinx alis integris , poflicis albo fafcia=
tis, margine poftico albo dentatis, abdofnine rubro cingulis atrs
Merian. inf. 39-, tab, 75 fe 2 3 te 25e
Goëd. inf. 3; t. Se
Reaum. inf. 1,1. 13, f 8.
Rofel. inf. vol. 1, tab. 7, claff. 1. Papil. no@urfg
Le fphinx à cornes de bœuf.
Longueur 1 poucess
Ses antennes font groffes ; longues de dix ou douze
lignes , & femblables à des cornes de bœuf. Sa trompe eft
aufli monftrueufe pour la groffeur. Ses ailes fupérieures
ont plus de deux pouces de long : elles font brunes , plus
claires en quelques endroits ;, plus foncées en d’autres,
avec des bandes noïres tranfverfes formées en zig-zags
Les inférieures font brunes , avec quelques bandes tranf«
vèérfes plus foncées. Le ventre qui eft fort gros , eft rayé de
bandes tranfverfales , alternativement noires & rouges ;
‘ce qui fait aïfément reconnoitre cette efpéce.
10, S P H ï N X Jpirilinguis » alis viridi purpureoque
fafciatis ; fafciis linearibus tranfverfis.
Linn.-faun. fuec. n. 81. Phalænaprifmicornis fpirilinguis , alis viridi , fulvos
purpureoque variis.
Linn. fyft. nat. edit. 10 , p. 491, n. 15. Sphinx elpenor.
Mouff. lat. p. 183: Porcellus.
‘Lifl.goed. p.73, f. r6. Eruca elephantina.
Goed. gall..tom. 1, tab. Y.
Merian, europ, 2 ,p. 13 , gallice 1,73
DRS INSECTES. 87
Frifch. germ. #3, p.4;t.2. Eruca vitis brunnea. Hi
Ra. inf. 145 , n. 3. Phalæna major, cauda acuta ; alis anguftis aeutis, ex viridi
fulvo & purpureo rubente colore varia.
De Geer, mem. 1, p.694,t.9,f. 8, 9. Phalène à antennes prifmatiques , d’un
vert-olive, dont le deffous du corps eft couleur de rofe,
——— mir pe 154,8 95 fe 1 Grc. La chenille.
Rofel. inf, vol. 1 , tab. 4, claf. 1. Papil, noëturn,
Le fphirx de la vigne.
Lonzueur 16 lignes.
Son corcelet & fon corps font mêlés de vert & de
rouge , de façon cependant que le vert domine en-deflus.
Ses antennes font jaunûtres. Ses aïles fupérieures ont des
bandes tranfverfes alternativement rouges & vertes. Les
inférieures font noires à leur bafe & rouges vers le bout.
Ce beau fphinx vient d’une belle chenille de la vigne
appellée 2 cochonne. Elle eft rafe , noire , veloutée &
a une corne fur le onziéme anneau. Le devant de fon
corps eft gros & comme renflé , & fa tête imite le grouin
d’un cochon.
11. SPHINX /pirilinguis , alis viridi , fulvo , purpu-
reoque varie fafciatis & macularis ) Jubtus purpureis.
Frifch: germ. 2 , 1. 11.
Reaum. inf. 151. 13, fc1, 453$» 6e TER |
De Geer. mem. 1, p.694,t.8, fig. 9 11. Phalène à antennes prifmatiques , d’un
vert obfcur , dont les ailes fupérieures ont une large bande découpée
blanche.
— 1,P.162,1.8,f.6— 11.6 p. 42, La chenille.
Rofel. inf. vol. 1 , tab. 3 , claf]. 1. Papil, no@urn.
Le fphinx du tithymale.
Longueur 17 lignes.
Ce fphinx a les antennes un peu fauves. Son corcelet &
fon ventre font couverts en - deffus de poils verdâtres. Ses
ailes fupérieures font d’un gris rougeâtre , avec trois taches
verdâtres ou olives le long du bord fupérieur , & une large
bande noire oblique le long du bord inférieur. Les aîles in-
férieures font rouges , avec la bafe noire , & une bande
tranfverfe noire vers la partie inférieure ; elles ont de plus
83 HISTOLRE ABRÉGÉE
une grande tache blanche;ronde au côté intérieur. Én-def-
fous le corps & les ailes font rouges.
Ce fphinx vient de la belle chenille à queue du tithy-
male , dont la tête eft rouge , ainfi que les pattes pofté-
rieures , celles du milieu & la bafe de la corne de la queue:
le refte de fon corps a un fond noir , fur lequel font dés
anneaux de petits points jaunes & rouges. Il y a de plus
fur chaque anneau du corps une belle tache ronde rou-
geâtre , comme glacée d’argent. Cette belle chenille n’eft
pas commune. Je Pai trouvée en automne.
12 SPHINX pirilinguis , alis viridi purpureoque
fafciatis , fafciis ferratis tranfverfis.
Linn. fÿff. nat. edit. 10, p: 492 , n. 16. Sphinx alis integris flaviçançe purpu!°
que variis ,inferioribus bafi fufcis,
“Albin, inf. t. 9.
Merian. europ. 3 s te 22e
Rofel, inf. vol 1 , tab. s. la]: 1. Papil. no&urn,
Le fphinx à bandes rouges dentelees.
Longueur 1 pouce. L
Son corcelet & fon corps font d’un vert olive & bordés
de pourpre. Le milieu des ailes eft du même vert, avec
quelques bandes tranfverfes brunes , maïs leur bord fupé-
rieur eft rouge , & l’inférieur a aufli une grande bordure
rouge dentelée. Les ailes inférieures & le deffous des aîles
font rouges. Je ne connois point la chenille de ce fphinx
que Mie Merian dit fe trouver fur le tithymale. 11 paroît
par la figure de Rofel qu’elle eft brune & qu’elle reffemble
beaucoup à celle du fphinx de la vigne.
m
TOR OULSITIÉNM ie A MLE LE,
Sphinx - béliers.
13. SPHINX /perilinguis , alis fuperioribus [ubcæruleis
punilis fex rubris , inferioribus rubris.
Linn. faun. fuec. n. 814: Phalæna fubulicornis fpirilinguis , alis fuperioribus
fubcæruleis, punétis fex rubris ; inferioribus omnino rubris,
Linn,
DES INSECTES. 89
Linn, fyfE. nat. edit. 10 , p. 494, n. 32. Sphinx filipendulæ, :
Mouffer. lat. p.97, f. infm. Phalæna pratenfis 1.
Jonft. inf. t. 7, ord. 3. Phalæna minima pratenfis r.
t. 6. Papil. tab. 9. Aldro, n. 7.
Lifi. goed. p. 100. f. 37.
Merian. éurop. 2, p. 27t. 17. gallicet. 67.
Albin. inf. t. 82, f. C. D. Leopardus fylveftris.
Reaum. gall. 1 ,t.12,f.14,15,16,17
2.5 Lei 2e l2e S
Petiy. muf. p.36 , n. 330. Papilionoiïdes virefcens , maculis quinque miniatis
ornatus.
Ray. inf. 134, n. 2. Papilio pratenfis , alis pendulis minor , corpore craflo
nigro , alis exterñis ex cœruleo nigricantibus cum maculis fanguineis.
Merr. pin. 198 , n. 3. Phalæna minor, cum alis externis nigris quinque maculis,
internis rubris,
Rofel. inf. vol, 4, claffe 2 , tab, $7:
Le fphinx-bélier.
Longueur 8 Z lignes.
Ses pattes , fes antennes , fa tête & fon corps font noirs
& un peu velus. Ses antennes font figurées en fufeau , plus
grofles au milieu qu'aux bouts. Les ailes fupérieures font
d’un vert bleuâtre brillant , avec fix taches d’un beau rou-
ge fur chacune , rangées deux à deux. Dans les femelles
cependant , il ny a que cing taches rouges , les deux
taches de la bafe de l'aile fe joignant enfemble , enforte
qu’elles n’en forment qu’une feule grande. Les ailes infé-
rieures font toutes d’un beau rouge ; bordées d’un peu
de vert.
La chenille de ce fphinx eft jaune, lifle , a feize pattes
chargées de taches noires. Elle na point de corne fur la
queue ,; comme celles des précédens. Elle vient fur le
charme , la filipendule , le gramen. Sa coque liffe & bril-
lante eft d'un jaune citron , allongée & comme plifiée.
N.B. SPHINX /pirilinguis , alis rubris ; [uperioribus
Zimbo maculifque [ex nrgris.
Cette variété un peu plus petite que l’efpéce précé-
dente ; en différe ; 1°. en ce que le haut de fon corcelet eft
bordé d’un peu de rouge qui forme une efpéce de collier;
2°. par la couleur de fes ailes fupérieures qui font rouges ;
Tome IL,
90 HISTOIRE ABRÉGÉE
avec fix taches noires, toutes rangées deux à deux, excepté
celle d’en - haut & celle d’en-bas qui font feules & ifolées.
Enfin le noir & le rouge de ces aïles font féparés l'un
de l’autre par un contour gris bien marqué. Les pattes
de l'infeéte font auili grifatres.
PTEROPHOR US. Phalænæ fpec. linr.
LE PANNE RIO'-P' ET OËRGE,
Antennæ filiformes. Antennes filiformes,
Lingua fpiralis. Trompe en fpirale.
Ale ramofe , ramis pilofis. Ailes compofées de plufieurs
branches barbues.
Chryfalis nuda , horizontalis. Chryfalide nue & horizontale,
Jufqu’à préfent cé genre a été coffondu par ies Natura
liftes avec le genre fuivant , auquel il reffemble beaucoup.
Quelques-uns de fes caraéteres le rapprochent aufli du
papillon , enforte qu'il femble tenir le milieu entre les pa-
pillons & les phalênes, Ses antennes , femblables à celles
de ces dernieres , font minces comme un fil ; & vonten
diminuant infenfiblement vers le bout : mais fa chryfalide
n'eft point renfermée dans une coque ;, comme celle de la
phalène ; elle eft nue , pofée horizontalement , précifé-
ment de la même maniere que Peft celle des papillons de
la feconde famille. Auffi, en voyant cette chryfalide , eft-
on porté à croire que c'eft celle de quelque papillon , &
Pon n'eft défabufé , que lorfque le pterophore vient à
éclore , & qu’il paroît fous fa forme d’infeéte parfait. Cette
efpéce de chryfalide rapproche donc cet infecte des papil-
lons , tandis que les antennes femblent le placer parmi les
phalênes. Mais outre ces deux caraëteres , il y en a un
troifiéme qui lui eft particulier , & qui confifte dans la
forme de fes aîles. Tous les autres infeétes de cette feétion,
papillons, fphinx, phalènes , teignes , ont des ailes formées
par une membrane tranfparente , continue & d’une feule
DES [INSECTES 9!
piéce ; fur laquelle font appliquées de petites écailles
colorées. Les ailes du pterophore ont une firuéture tout-à-
fait différente : elles font rameufes ou branchues , décou-
pées.en plufieurs portions , longues & minces, & chacune
de ces branches a des deux côtés des efpéces de barbes
courtes & ferrées , à peu près comme-les barbes d’une
plume. Les barbes d'une branche touchent celles de la
branche voiline , enforte qu'au premier coup d'œil Paile
paroït continue & d'une feule piéce ; il faut la regarder de
rès pour être détrompé. Cette aîle ainfi compofée , divi-
fée & fubdivifée , n’en eft pas moins couverte de petites
écailles colorées , comme le font les ailes de tous les
infeétes de cette feétion.
C’eft à caufe de cette forme d'ailes finguliere ; que
nous avons rendu à cet infeéte le nom de prerophore , que
quelque Naturalifte lui avoit déja donné anciennement.
On ne pouvoit trouver un nom plus fpécifique , puifque
cet animal porte des'‘ailes qui reflemblent à des plumes.
Nous ne connoiflons dans ce pays-ci que trois efpéces de
ce joli genre.
nu PTEROPHORUS aus, alis fuperioribus
Bipartitis , inferioribus tripartitis. Planch. 11, fig. 6,
Linn. fÿff. nat. edit. vo , p. $42, n. 304. Phalæna alucita pendataétyla,
Petiver. gazoph. tab. 67 , fig. 6.
Reaum.inf. t,t.20.f.152+
Rofel. inf, vol. ï , tab s, claff..4. Papil. no@urn.
Jacob. l’amir. inf. tab. 23.
Le pterophore blanc.
Largeur 1 pouce.
* Ses yeux font noirs & fon corps eft d’un jaune pâle. Ses
aîles font très - bianches , & l'infeéte leg tient étendues
& écartées lorfqu'il eft en repos. Les fupérieures font divi-
fées en deux , ou plutôt paroïffent comme compofées de
deux bouts de plumes d’oifeau réunis par leur Lie Les
inférieures font de même divifées en trois fils ou foies ;,
qui ont de belles barbes fines des deux côtés. Je ne con-
Mi
9? HISTOIRE ABRÉGÉE |
nois point la chenille de cette efpéce. Sa chryfalide à été
trouvée par M. Bernard de Jufieu. Elle étoit fufpendue
comme celles des papillons à fix pieds ; favoir, par l'extré-
mité , & par un anneau de fil qui lui foutenoit le milieu du
corps. Rofel repréfente la chenille , de couleur verte , à
points noirs & chargée de quelques poils.
2. PTEROPHORUS fu/eus, alis Jupertoribus apice
bipartitis , infertoribus tripartitis.
Linn. faun. fuec. n. 868. Phalæna feticornis fpirilinguis , alis patentiflimis
linearibus ramofis, exterioribus bipartitis , inferioribus tripartitis.
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 542, n. 301. Phalæna alucita didaétyla,
Petiv. gaz. tab. 66, f. 10. -
Ray. inf. p. 205 , 7. 101. Phalæna minima , alis amplis , nervis rigidis,
membrana connectente facile dilrupta à fe invicem disjunétis.
AS Upf. 17:6, p. 26, n. 87. Papilio alis ramofis.
Reaum. inf, x, t. 20, fe12 13.5 14, 15e
Le prerophore brun.
Largeur 10 lignes,
Cette efpéce eft toute brune : fes antennes font de
la longueur du tiers du corps, & fes pattes poftérieures:
font très-longues & épineufes , comme celles des teignes.
Les aîles fupérieures roides & étroites ; fe divifent au bout
en deux & font velues fur leurs bords. Les inférieures
fe divifent prefque dès leur naïffance en trois nerfs ou fils
barbus des deux côtés.
La chenille de ce pterophore eft à feize pattes. Elle eft
velue & de couleur verte claire. Sa chryfalide eft auñli
velue & s'attache comme celle de l’efpéce précédente. On
trouve la chenille fur le lizeron : cozvo/yulus.
3. PTEROPHORUS cinereus , fufco maculatus ;
alis fuperioribus olopartitis , inferioribus quadripartités,
Linn. [yft. nat. edit. 10, p.s41, n. 305. Phalæna alucita hexadaëlyla,
Petiver. gazoph. tab. 67 , fix. 7.
Frifch. germ. 3 , p. 20,t. 7. Papilio erucæ forum caprifolii,
Reaum. inf. 1,1, 19,f. 19,20, 21.
Le pterophore en éventail.
Largeur 6 lignes.
DES INSECTES: CE
Ce pterophore le plus charmant de tous ; a les aîles fu-
périeures divifées en huit nervures barbues , & les infé-
rieures en quatre. Ces douze nervures s’attachent & fe
collent enfemble par leurs barbes , enforte qu'elles fem-
blent ne faire qu’une aîle continue , qui fe plie & fe
déploye comme font les éventails des dames , moyennant
les bâtons qui les foutiennent & qui reffemblent aux ner-
vures de l'aile de notre pterophore. L’infeéte, en étendant
ces ailes, remplit & décrit un demi-cercle. Ces ailes font
chargées de bandes brunes fur un fond gris un peu brun.
La chenille de cette efpéce mange les fleurs du chevre-
feuille. Son papillon eft peu commun dans Paris, mais les
maifons de campagne en font remplies en automne : on le
touve courant fur les vitres des fenêtres.
PHAL.Æ NA.
PAT PART AT EVENE:
Antennæ à baft ad apicem Antennes qui vont en
decrefcentes. décroiffant de la bafe à la
pointe.
Chryfalis in puppa. Chryfalide dans une coque.
Larya nuda. -_ Chenille nue.
Familia 14, Familia 24, Famille 1ere. Famille 2e
Peélinicornes: Antennis filifor- A antennesen A antennes fili--
mibus. peigne. formes.
19, Elingues. 1°. Linguate alis 1°, Sanstrompe, 1°, Avec une
planis, trompe & lesailes
étendues.
29, Linguatæalis 2°, Linguate elis 2°, Avéc une 2°, Avec une
deflexise deflexis. trompe & lesailes trompe & les aîles
) 1 rabatues, rabatues,
3°. Linguatæ alis 3°. Elingues. 3% Avec une 3°. Sans trompes
planis. trompe & les ailes
étendues,
Les phalènes forment un genre d’infeêtes très-nom-
breux , quoique nous en ayons féparé les fphinx ; les tei-
+ HISTOIRE ABRÉGÉE
gnes & les pterophores. Au refte , les trois caraéteres que
nous donnons futhfent pour faire connoitre ce genre & le
diftinguer furement de tous ceux de cette fection , avec
lefquels on l'avoit confondu jufqu ici. D'abord la forme de
fes antennes qui vont conftamment en diminuant vers la
pointe , fait diflinguer ce genre de celui des fphinx , dont
les antennes à peu près aufli grofles au bout qu'à leur
origine , font de plus à pans & à côtes. Sa chenille qui eft
nue ; empêche qu'on ne le confonde avec la teigne , dont
la chenille eft cachée dans une efpéce de fourreau de
différentes matieres ; enfin le pterophore a fa chryfalide
nue , comme celles des papillons , tandis que celle de
la phalêne eft enfermée dans une coque plus ou moins
épaifle. Il neft donc pas poffible de confondre la phalêne
avec ces différens genres , & toutes les fois qu'on verra les
trois caraéteres énoncés ci-deflus réunis enfemble , on
diftinguera aifément une phalène.
Mais comme ce genre eft très-nombreux , nous avons
cru en faciliter la connoiflance en le partageant en deux
grandes familles , & en fubdivifant enfuite chacune de ces
familles en plulieurs ordres. Les antennes nous ont fourni
un caractere diftinétif pour la premiere de ées divifions ;
celle des familles. Nous avons dit que les antennes de
toutes les phalênes alloient en diminuant de la bafe vers la
pointe, ce qui eft très-vrai. Mais la forme de ces antennes
n'eft pas la même dans toutes les phalênes : dans les unes,
ce n'eft qu'un filet , un fimple fil qui diminue infenfible-
ment vers le bout , nous appellons celles-là ; phalénes
à antennes fil formes. Les antennes des autres ne font pas
aufli fimples : l’efpéce de filet qui les forme eft branchu fur
les deux côtés ; ces antennes ont des barbes, comme celles:
d’une plume , ou, fi on l’aime mieux , des dents comme
celles d’un peigne. Nous avons appellé les phalênes qui les
portent , phalënes à antennes en peigne. Ces phalènes com-
pofent notre premiere famille , tandis que la feconde
renferme les phalènes à antennes filiformes.. On voit
DES INSECTES. os
que cette diftinétion eft très-facile à appercevoir. Nous
avouerons cependant qu’il y a quelques cas où l’on rifque
de fe tromper , fi l'on n’examine les antennes que lévé-
rement. Certaines phalênes femblent wavoir que des an-
tennes fimples & filiformes , quoique réellement elles
foient en peigne. C’eft ce qui arrive à plufieurs femelles
de phalènes , dont les mâles portent des antennes en pei-
gne bien barbues , tandis que celles de ces femelles ont
des barbes très-courtes que l’on n’appercçoit qu'avec peine.
Dans ce cas , un Naturalifte peu verfé fe trouve fort furpris
dé voir deux individus de la même efpéce , dont l’un
paroït avoir des antennes en peigne , & l’autre des anten-
nes fimples & en filets ; mais s’il examine avec un peu de
foin ces dernieres antennes , il verra qu’elles ont des bar-
bes comme celles des mâles ; mais beaucoup plus pe-
tites.
Outre cette premiere divifion des phalènes en deux
grandes familles ; nous avons encore partagé chaque fa-
mille en plufieurs ordres. La trompe & la pofition des
ailes nous ont fervi à carattérifer ces fecondes divifions.
D'après ces caratteres , nous avons établi trois ordres’ dans
chaque famille. Un de ces ordres comprend les phalênes
qui n’ont point de trompe , ou qui Pont fi courte qu'elle
i’eft pas fenfible & qu’elle leur eft inutile. Ces phalènes
font donc /ans trompe. Les deux autres ordres renferment
les phalènes qui ont une trompe roulée en fpirale , & ils
différent l’un de l’autre , en ce que dans l’un les phalènes
portent leurs aîles rabatues & couchées fur leurs corps, au
lieu que dans l’autre les aïles font étendues. Ces trois
orares de phalênes fans trompe, & de phalènes avec une
trompe & des aîles ou rabatues ou étendues , fe trouvent
également dans les deux familles de ce genre , à l'excep-
tion d’un feul de ces ordres qui ne s’eft point encore ren--
contré jufqu’ici dans les phalènes que J'ai examinées. Ce
font les phalènes à antennes filiformes fans trompe. Ce
defnier ordre manque dans la feconde famille : peut-être
96 HISTOIRE ABRÉGÉE
la fuite fera-t-elle découvrir quelques phalènes qui auront
ce caractere.
Par le moyen de ces différentes divifions & fous-divi-
fions , nous facilitons le travail , & il eft aifé de retrouver
& de rapporter à fa place une phalène que l’on veut con-
noitre. La forme de fes antennes , fa trompe & la polition
de fes ailes décident de la famille & de l’ordre où l'on peut
la trouver , & il ne refte que peu d’efpéces à examiner.
Les chenilles des phalènes varient beaucoup pour la
grandeur , la forme & le nombre des pattes. On trouve
dans ce genre des chenilles de prefque toutes les efpéces ,
à dix, douze , quatorze & feize pattes. Ces dernieres font
les plus grandes & les plus communes. Celles à dix &
douze pattes font du nombre de celles que nous avons ap-
pellées dans le difcours hiftorique qui fe trouve à la tête de
cette fettion , chenilles arpenteufes ou géometres. Les pha-
lênes que donnent la plüpart de ces chenilles ont leurs
ailes étendues , & pofées parallèlement au plan de pofi-
tion. Ce font fur-tout les arpenteufes à dix jambes , qui
toutes donnent ces phalênes , car pour les autres arpenteu-
fes à douze pattes , elles donnent des phalènes qui va-
rient , tant pour les aîles qui font étendues dans les unes
& rabatues dans les autres , que pour les antennes , qui
font tantôt barbues & tantôt à filets. Parmi ces chenilles
arpenteufes , il y en a de très-fingulieres , foit pour la
couleur , foit pour les tubercules qu’elles portent , foit
enfin pour leurs différentes attitudes. Beaucoup reffem-
blent à des petites branches , ou à des morceaux de bois
fec , & cette refflemblance peut fervir à fauver plufieurs de
ces infectes de la voracité des oifeaux , qui ne les ap-
pÉeneRe pas fi aifément. D’autres chenilles font très-ve-
ues , tandis que plufieurs font tout-à-fait liffes & rafes.
Ces dernieres ont un air plus propre , au lieu que les velues
ont quelque chofe de hideux & même peuvent être nuifi-
bles lorfqu’on les touche. Prefque tout le monde fait
par expérience que ces dernieres chenilles font élever des
ampoulles
DES. ÎNSE.C TES. 97
‘ampoules fur la peau..Mais on s’eft imaginé à:tort que ces
ampoulles étoient produites par un venin qui.fe trouvoit
dans les chenilles. Si on fe donnoit la peine d’examiner les
chofes fans prévention, on feroit détrompé. Les chenilles
ne font point vénimeufes , & les femmes les plus délicates
ne craignent fouvent point de toucher un ver-à-foie , qui
n’eft cependant qu’une chenille. Mais ce ver-à-foie ef liffe
& fans poils , aufli ne produit-il point d'ampoulles & de
démangeaifons. Il n’y a que les chenilles velues qui foient
ainfi malfaifantes,, non parce qu'elles font vénimeufes ,
mais-à caufe des poils qui Les couvrent. Ces poils fe caffent
aifément & fe détachent de l'animal. Comme ils font fort
fins , ils s’infinuent dans la peau , & de-là naiffent les
démangeaifons que produifent ces chenilles. Jamais une
chenille rafe ne produit ce mauvais effet , ce font toujours
des chenilles velues.
Toutes les chenilles des phalènes , après avoir changé
plufieurs fois de peau , fe filent une coque , dans laquelle
elles fe métamorphofent en chryfalides. Mais le tiflu de
cette coque , la fineffe du fil qui la compofe , & les diffé-
rentes mMatieres qui font jointes aux; fils » varient infini-
ment. Rien n’eft plus beau & plus admirable que la coque
d’un ver-à-foie , & tout le monde connoît l'utilité de la
foie qu'il file, D’autres chenilles font des coques qui appro-
chent beaucoup de celle-là , & dont le fil eft feulement
plus groflier. Au défaut de la foie ; on pourroit emplover
quelques-unes de ces coques. Mais il y a beaucoup de che-
nilles dont la foie n’eft qu'une efpéce de bourre , dont
les coques font groflieres & même peu chargées de fils.
Quelques chenilles ont fi peu de foie , qu'elles y joignent
des matieres étrangeres , des brins de bois , des morceaux
de feuilles féches , qui leur fervent à fortifier le tiffu de
leur coque. Enfin un grand nombre de chenilles font leurs
coques dans la terre, & leur travail ne confifte, qu'a/lier
& Joindre enfemble par le moyen de leurs fils différentes
etites mottes de terre , dont leur coque eft compofée.
Tome II. N
8 HisSTOIRE ABRÉGÉE |
Quand on éleve ces chenilles pour en avoir les pos
il faut avoir foin de leur fournir de la terre dans les boëtes
où elles font renfermées , fans quoi elles périffent faute de
pouvoir faire de coques , ou elles deviennent chryfalides
fans en avoir fait. J'en ai cependant vû quelques-unes, qui
dans ce cas, employoient au défaut de terre les différentes
matieres qu’elles trouvoient , & jufqu’à leurs excrémens,
dont elles formoient le tiflu de leur coque.
Les chryfalides des phalênes font la pläpart ovales &
allongées. Elles ne font point anguleufes comme celles
des papillons , & ne fe transforment pas auffitôt qu’elles
en infettes parfaits. Elles reftent beaucoup plus long-tems
enfermées dans leurs coques ; la plüpart n’éclofent que
l’année fuivante ; J'en ai même vü quelques-unes refter en
coque deux ou trois années de fuite. La chaleur ou le froid
contribuent beaucoup à accélérer ou à retarder leur déve-
loppement. On peut s’en affurer en leur procurant un
certain degré de chaleur douce : par ce moyen ; on
voit éclore des phalênes fur fa cheminée au milieu de
l'hiver. .
Les phalênes ou les infeétes parfaits qui fortent de ces
coques , font ordinairement plus lourds & plus pefans que
les papillons.Leurs couleurs fort aufli plus brunes,plus ter-
nes & plus obfcures , quoiqu'il y ait quelques phalênes
dont les couleurs foient fort vives & fort brillantes. Plu-
fieurs de ces phalênes ne volent que le foir : dans Île Jour
elles fe tiennent en repos , cachées fous quelques feuilles.
C'’eft ce qui leur a fait donner par quelques auteurs , le
nom de papillons de nuir. Dans l'été , lorfque les fenêtres
font ouvertes le foir , elles entrent dans les appartemens ,
attirées par la lueur des lumieres , autour defquelles on les
voit voltiger. Aufi un moyen für pour attraper beaucoup
de phalènes , c’eft d'aller pendant la nuit à leur chaffe dans
quelque bofquet ;, avec une lanterne allumée. Elles accou-
rent toutes à la lueur de la lanterne , autour de laquelle on
en peut prendre un grand nombre,
DES INSECTES,
Parmi ces phalènes , on obferye une chofe affez remer-
quable ; c’eft que les femelles de quelques-unes n'ont
oint d’ailes. À les voir, on ne les prendroit jamais pour
des phalênes. Elles reffemblent à un gros animal , court , à
fix pattes & rampant , tandis que leurs mâles font ailés
& agiles. Cependant cet animal fi lourd eft une véritable
phalêne , aifée à reconnoître par fes antennes. Elle à même
des aîles, mais fi courtes que ce ne font que des éminences
fort petites placées au bas du corcelet , & qui paroiflent
tout - à- fait inutiles. Ces phalènes dont les femelles n’ont
point d'ailes, font ordinairement du nombre de celles dont
les antennes font en peigne. Ces femelles non ailées ont
des antennes femblables , dont les barbes font feulement
plus courtes. Elles ont aufli le corps chargé de ces écailles,
qui font une note caraétériftique des infeëtes de cette
fettion.
Nous examinerons dans le détail que nous allons don-
ner ; les beautés & les fingularités des différentes efpéces
de phalènes. Ce genre , quoique moins brillant que celui
des papillons , n’en eft pas moins digne d'attention. Quel-
ques phalênes furpaffent de beaucoup en grandeur ce que
nous avons de plus fort en papillons. Le 97279 paon eft une
efpéce de géant , dont la taille reffemble plus à celle d’un
oifeau qu’à celle d’un infeête. Cette efpéce & les deux
autres paons font magnifiquement parés. Leurs ailes qui
paroiffent comme couvertes de fourrure , font ornées de
quatre grands yeux très -finguliers. Leur chenille n’eft pas
moins belle. Les phalënes-écailles font celles qui portent
les couleurs les plus vives & les plus brillantes : toutes
viennent de chenilles très-velues. D’autres phalènes ont
certaines notes caraétériftiques qui les diftinguent aifé-
ment. Tantôt c'eft un port d’ailes , tantôt une autre attitu-
de ; d’autres fois quelque figure tracée fur leurs ailes ,
comme on le voit dans le lambda , oméga , le pfy, &c.
qui ont été ainfi appellés , à caufe des caracteres de ces
lettres grecques que leurs ailes repréfentent. Enfin quel-
Ni
100 HISTOIRE ABRÉGÉE
ques-unes brillent par l'or & le bronze qui femblent éten:
dus &. parfemés fur leurs ailes.
PREMIERE FAMILLE.
PHALENES A ANTENNES EN PEIGNE,
GT:
PHALENES SÂNS TROMPE.
1. PHALZÆN A pétinicornis elinguis , als cinereo*
Jufcis , planiufeulis , fingulis ocello , major.
Jonft. inf. t. 7. Vierfüus finem.
Reaun. inf. 1 ,t.47,f. 5 : 6, fæmina.t.48,.f. 3, Mal.
Goed. gall, tom. +, tab. N.
Rofel. inf. tom.4.,tabl xv ÿ av] , xvij..
Le grand-paon de nuir,
Largeur $ Z pouces. Longueur 2 pouces,
Le grand paon, la plus grande de toutes les phalènés de
ce pays-ci, a de grandes antennés peëlinées de couleur un
peu fauve. Ses ailes font en-deffus brunes , ondées & va-
riées, avec un peu de gris dans le milieu , & une bordure
large d’une ligne , de couleur grife jaunètre. Le defous eft
lus gris , mais les bouts des aïles ont avant la bordure une’
large bande brune. Les quatre ailes, tant en-deffus qu’en
deffous ; ont chacune un grand œil. Ces yeux font noirs ;,
entourés d’un cercle fauve ; puis en haut d’un demi-
cercle blanc & d’un autre rougeñtre ; &'enfin l'œil eft ter-
miné par un cercle entier de couleur noire. Sur le milieu
de l’œil , paffe tranfverfalement une petite ligne blanchä-
tre. La femelle femblable au mâle , a les antennes moins
pettinées & moins barbues , & elle eft d’une couleur
plus grife , plus fade & plus claire. Ces phalênes font
grandes , fortes, elles ont l'air fourré , & quand elles
volent on eft tenté de les:prendre pour des oïfeaux. La
chenille qui les produit eft d’un beau vert clair , avec des
tubercules d’un beau bleu d’émail , liffes & brillans ; qui
PP RES me RE Te Re
RER
DES (INSECTES. 101
donnent naïffance à quelques poils. Ces tubereules font
rangés au nombre de fept ou huit autour de chaque anneau
du corps. On trouve cette chenille fur l'abricotier ; le pê-
cher, le prunier & quelques autres arbres fruitiers ; fa co=
que eft brune , grofle , dure , formée par de gros fils. Sou=
vent:l'infeéte fait cette coque fous les rebords des toits &
des murs.-
2: PHAL Æ N A pedhinicornis elinguis , alis cinereo-
fifcis planiufculis , fingulis ocello ; minor.
Linn. (ft. nat. edit. 10 ; p. 496, n. 6. Phalæna bombyx elinbuis , alis patulis
rotundatis grileo-nebulofis tubfafciatis , ocello niéitante fubfenefrato,
Mouffet. lat. p. so. Phalænatertia,
Reaum inf. 1 , ts 49, fe 7
Le paon moyen.
Le paon moyen eft tout-à-fait femblable au grand paon
pour la forme & les couleurs, & paroïît n’en différer que
pour la grandeur , enforte qu’en feroit tenté de le regarder
comme une fimple variété, fi la différence de fa chenille
ne faifoit voir qu'il eft une véritable efpéce. Cette chenille
eft verte; a feize pattes , avec des tubercules couleur de
rofe ; beaucoup plus chargés de longs poils , qui fe ter-
minent au bout par un petit bouton ; de plus , elle a des
anneaux fauves ou rougeatres. On la trouve fur les arbres
fruitiers.
3: PHALÆNA peédini- 3, PHALÆNA peinii
cornis elinguts als pla- CornLs elingurs als pla-
niufculis ferrugineo lutéo- niufculis cinereis in medio
que vartis , fengulis ocello, albidis , fingulis ocello ,
Jfafciaque fufca. maf. fafciaque fufca. fœmina.
Plançh 12, fig. 1, 2.. Planch. 12 , fig. 3.
E inf. v,tisa,f. 9; 10. Jonff. inf. t, 7, f. 6.
erian. europ. 1 ,t. 13e - . Reaum. inf. 1 1t.-50 ,f. 4, 5e
Albin. inf. te 25. Merian. europ, 1,1. 23.
Linn. faun. fuec. n. 835. Phalæna pedinicornis eHnguis , alis planiufculis çine-
reis , fingulis océllo , fafciaque fufca , (fæœmina, )
102 HISTOIRE ABRÉGÉE
Raj. inf. 146 , n. 1. Phalæna major pulchra , maculis ophtalmoidibus in
alis fingulis,
Raj. inf. 147. Eruca viridis rarius pilofa , tuberculis fulvis feu rubentibus in
mediis annulis , geranicola mouff. 180.
De Geer. mem. 1,p. 697 ,t. 19, f. 7, 8 Phalène à antennes à barbes fans
trompe , à tache noire en œil fur chaque aile.
De Geer. ibid. p. 270,1. 19, f. 1 — 12.
Rofel. inf. vol. 1 , tab. $ , f. 12, fœmina, e3 . maf, claff. 24 Papil, no@urne
Le petit paon.
Largeur 2 pouces s lignes.” Longueur 11 lignes,
Le mâle & la femelle de cette phalêne font fort diffe-
rens l’un de l’autre : nous allons commencer par décrire la
femelle.
Ses antennes font peu peétinées & de couleur jaunâtre.
Ses aîles font plus grandes que celles du mâle , leur fond
eft blanc , pointillé de noir en plufieurs endroits qui
paroiffent gris. Le milieu de chaque aile eft blanc, & c’eft
à cet endroit qu'eft placé l’œil , dont le fond eft noir , avec
un cercle un peu fauve. Vers la bafe de chaque aile , eft
une bande un peu rougeatre , & vers le bout des ailes fu-
périeures , il y a une tache de même couleur. Le deffous
des aîles eft femblable au deffus.
Le mâle a fes antennes beaucoup plus peltinées que
celles de la femelle. Ses ailes fupérieures font en - deffus
d’un brun rouge , avec une tache blanche dans leur mi-
lieu , fur laquelle fe trouve l'œil , comme dans la femelle ;
en- deflous ces aïles font jaunes , & ont feulement une
tache rouge vers le bout de l’aîle. Au contraire , les aîles
inférieures font jaunes en- deflus , & en-deffous d’un
rouge vineux, avec un peu de blanc autour de l'œil. Le
bord des quatre aïîles a une frange de couleur grife. La
chenille de cette’ phalène reffemble tout - à - fait à celle
du paon moyen & vient fouvent fur la ronce & le
rofier.
4 PHALZÆNA pedinicornis , elinguis , alis albo
ctnereis , ftriis tranfverfis nebulofis nigris ; abdomine
annulis albis. À ;
DES INSECTES 10%
Lian. Jjff. nat. edit. vo , p, $o4 , n. 40. Phalæna bombyx elinguis , alis deflexis
nebulofs , thorace fafcia poftica atra. <
Linn. faun. fuec. n. 812. Phalæna fubulicornis elinguis, alis depreffis nebulofs ,
abdomine annulis aibis.
Mouff. lat. p. 196 , f. 1. Sphondyla rubra. +
Merian. europ. 3, p. 58, t. 36. gallic, t. 137. É 171e :
Lifi. goed. p. 105 , f. 39.
Goed, gall. tom. 3 , tab. 33<
Albin, inf. t. xxxv. f. $6.
Reaum.inf. 6,1.17,f.1,3,4, 5:
Frifch.germ 7,p.1,t.1. Eruca terreftris magna.
Raj. inf. 150 , n. 2. Phalæna grandis, alis cinerafcentibus, lineolis creberrimis
nigricantibus variis, abdomine annulis tranfverfis nigris & albis verficolore.
Raj. ibid. p.351, n. 15. Eruca maxima fubterranea , raris pilis obfita , fupina
parte tota , excepto capite, rufa , prona flava,
De Geer. mem. 1,p. 30,1. 2,f.9 , 10.
Rofel. inf. vol, à , rab. 18, claff, 2, Papil, no&turn,
Le coffus.
Longueur 15 lignes.
Cette grande phalêne eft toute de couleur blanchâtre
cendrée ; les anneaux de fon ventre chargés de la même
couleur , forment des bandes tranfverfes. Les ailes fupé-
rieures dont le fond eft plus blanc par endroits , font
comme flriées d’une quantité de petites lignes noires
tranfverfes irrégulieres qui fe joignent fouvent & fe con-
fondent enfemble.
La chenille de cette phalêne eft de la longueur du doist,
rougeâtre , nue , femblable à un ver, avec la tête & les
machoires écailleufes. Elle a feize pattes & très-peu de
poils éloignés les uns des autres. Elle vit dans l'intérieur
des faules qu’elle perce & dont elle ronge le bois. C’eft
dans ce même endroit qu’elle file fa coque. Il femble que
da peau de cette chenille eft trop délicate pour qu’elle
refte nue & expofée à l’air. Auffi, fi on la tire de l'intérieur
du faule , elle fe file auffitôt une toile dans lagüelle elle
s'enferme , & fur laquelle elle s’appuye pour percer larbre
afin de s’y renfoncer. Elle dépofe fes œufs entre l'écorce
& le bois fec à moitié pourri. Cette chenille rend par la
bouche une liqueur grafle & huileufe , d’une odeur ex-
trémement forte & défagréable , qui paroït fournie par
PA HisTOIRE. ABRÉGÉE
un vaifleau délié qui aboutit à la tête , & dans lequel vont
fe décharger deux veflies longues & cylindriques con-
tenues dans le corps.de l'animal, L’ufage de cette liqueur
pe eft incertain. Serviroit-elle à amollir le bois
dont linfeéte doit fe nourrir ; ou le rendroit-elle plus pro-
pre à fervir d’aliment & de nourriture ? C'eft ce qu'il
s’agiroit d'examiner.
_ N.B. Cette phalêne a fes antennes bien peétinées ;
quoique M. Linnæus lait rangée parmi les fphinx , dont
les antennes font prifmatiques. Quant à la citation de
Pline que donne M. Linnæus , je doute que ce coffus foit
celui de Pline & des anciens , quoiqu'il y ait plufieurs ref-
femblances : mais le paffage de Pline eft fi obfcur , qu'on.
ne peut favoir précifément fi cette chenille eft le coffus
que les anciens fervoient fur leur table comme un aliment
très-délicat. Je penferois plutôt que ce feroit le ver pal-
mifte qui eft la larve du grand charanfon du palmier.
ss PHALZÆNA petlinicornis elinguis , alis deflexis
albidis diaphanis ; vafis obfcuris. Linn. faun. fuec.
72. 819. | è
Linn. fyff. nat. edit, 10, p.499 , n. 16 Phalæna bombyx vinula.
Mouffer. lat. p. 183, f. 10. Vinula.
Aldrov. inf. p.268,f.1,3,6,7,8.
Merian. europ. 3 , p. 59, t. 39. gallice t, 140.
Lift. goed.p. 56 , f. 20. a.b. c.
Goed. gall. tom. 3 ; fig. 37. fuperior. & tom. 1, fig. C. :
Albin. infet. 11, fige 19e
Frifch. germ. 6 , p. 18, t, 8. Eruca cauda furcata.
Reaum. gall. 2 ,t. 21: :
Raj. inf. 153 , n. s, Phalæna major pulcherrima , alis amplis , exterioribu#
cinereis maculis & lineis nigris eleganter depidis.
—— ibid, nez. Eruca bicauda elegantiffima.
De Geer, mem, 1, p. 16,t.2, f. 1 — 8. Chenille à queue fourchue.
Jbid.p. 318,123, fer — 15.
Ibid. p. 698,t.23 , fe 12. Phalène à antennes à barbes , fans trompe , cendrée à
nuances noires , à ailes velues & dont le corcelet eft à points noirs.
Rofel. inf. vol. x, tab. 19 claff. 2. Papil. noëturn.
La queue fourchue.
. : Cette
DES INSECTES, 10
Cette phalène n'a rien de bien fingulier. Elle éft d’une
couleur cendrée , avec les nervures de fes aîles noires
& fon corcelet pointillé de noir. Mais la chenille qui pro-
duit cet infecte ef très-remarquable. Elle eft grande , rafe,
de couleur verte , a quatorze pattes, elle retire fa tête fous
une efpéce d'angle que forment fes premiers anneaux ; on
voit fur fon dos deux grandes taches brunes , terminées par
des lignes qui fe croifent ; & enfin , fa queue eft terminée
par deux longues appendices ou efpéces de fouëts. Cette
chenille qu’on trouve fur le faule & le peuplier , a encore
une autre propriété. C’eft de feringuer une liqueur par
une ouverture particuliere qu'elle a en-deflous du corps
entre la tête & la premiere paire de pattes. Cette liqueur
qui fort d’une vellie ovale , eft claire , tranfparente &
d’une odeur forte , comme celle que répandent les grofes
fourmillieres des bois. M. de Geer dit que quelques gout-
tes de, cette liqueur lui étant entrées dans l'œil , elles
lui cauferent une douleur cuifante , mais de peu de durée,
Quelques bupreftes , lorfqu’on les prefle , jettent pareille-
ment une liqueur acre , qui pique vivement les yeux &
même les levres lorfqu’il en tombe quelque goutte.
6 PHALÆN A pedinicornis elinguis , alis deflexis ;
Juperioribus flavis , maculis fufcis ; infèrioribus rubris »
nigro maculatis.
Linn. [yfE. nat. edit. 10 ,p. Sos , n. 45. Phalæna bombyx fpirilinguis (non) alis
deflexis , fuperioribus flavis fufco punétatis , inferioribus rubris nigro maçus
latis. È
Albin. inf. t, 22.
Merian. UN 15 216.
Rofel. inf. vol. x , tab. 10, claff. 1. Papil, no@urn,
L'ecaille mouchetee.
Largeur 23 lignes. Longueur 10 lignes.
Cette belle phalène a le corps jaune , affez gros , tache-
té d’une rangée longitudinale de points noirs fur le milieu
du ventre. Les aîles fupérieures en-deflus font jaunes,
avec un grand nombre de petites taches brunes. J'en ai
Tome II,
à)
106 HisTOrRE ABRÉGÉE
compté jufqu'à vingt-deux de différentes grandeurs. Les
aîles inférieures font en-deffus d’un beau rouge couleur de
cerife , avec cinq ou fix grandes taches d’un noir foncé.
En-deffous, les ailes fupérieures font jaunes, bordées en-
haut d’un peu de rouge , & chargées, à la diftance d’une
ligne environ du bord , d’une large raie rouge , qui forme
comme un fecond bord. Sur cette bande les taches font
noires , & fur le refte de Païle , elles font brunes comme
en-deflus. Les aîles inférieures en - deffous font jaunes ,
lavées d’un peu de rouge , avec une bande noire vers leur
bafe ; & dans le refte , elles ont cinq taches noires un peu
allongées. La chenille de cette phalêne a feize pattes. Elle
eft velue & on la trouve fur la renoncule.
7 PHALÆNA pedinicornis elinguis , alis deflexis,
S'aperioribus atris , areis flavefcentibus ; inferioribus
luters nigro maculans , abdomine rubro.
Linn. fyff. nat. edit. 10 , p. Sort , n. 24. Phalæna bombyx elinguis alis deflexis
atris , maculis o&to albidis , inferioribus fulvis nigro maculatis.
Reaum. inf. 1,t.31,f.4, 53 6e
Albin. inf. t. xxj. f. C. D.
Petiver. gazoph. t. 33, fig. 103 12.
Frifch. germ. 10 ; p. 3 ;t. 2. Papilio maculis alarum fuperiorum albis & nigris ;
inferiorum aurantio-luteis , abdomine rubro.
Raj. inf. 156 , n. 4. Phalæna media , alis oblongis , exterioribus nigris, ma-
culis majufculis ochroleucis illitis , interioribus lutcis , maculis nigris
depidis.
Biblior. reg, Parif. p. 14, f. omnes.
L'écaille marbrée. ï
Longueur 1 pouce.
Sa tête & fes antennes font d’un noir matte & velouté.
Son corcelet eft de la même couleur , avec une tache
triangulaire d’un blanc jaunâtre de chaque côté fur les
épaules , devant l’attache des ailes. Les ailes fupérieures
en-deflus font noires , avec de grandes taches d’un blanc
Jaunâtre au nombre de huit ; favoir , une longue trian-
gulaire à la bafe , enfuite deux à côté l’une de l’autre
de forme ovale , puis deux petites , l’une longue & lautre
ronde , enfuite deux fort larges , & enfin une prefque
-PDES. INSECTES: 107
quatrée tout en bas. En- deflous , ces aïles font pareille-
ment noires , avec les mêmes taches , & de plus, un peu
de rouge couleur de feu vers le bord extérieur de Paile,
Les aîles inférieures font jaunes en- defus ; avec plufieurs
taehes noires , dont quatre font plus grandes que les autres
& de forme allongée. En - deffous elles font femblables
au deflus , à l'exception de tout le bord extérieur qui eft
couleur de feu. Le corps de l'’infeéte eft noir en- deffous ,
rouge vif en-deflus & fur les côtés , avec une bande longi-
tudinale de points noirs fur le deflus du ventre , & une au-
tre de chaque côté. La bafe des cuifles eft de même cou-
leur de feu.
On voit par ce détail que la phrafe & la defcription de
M. Linnæus ne conviennent guères à cette phalêne ,
quoiqu'il donne plufieurs des citations que nous mar-
quons. Elle n’a point , comme il le dit , des taches noires
avec des bandes blanches , mais elle eft noïre avec des
taches blanchâtres. Il fembleroit avoir voulu défigner plu-
tôt une autre efpéce que nous appellons /a phaléne chinée,
dont nous parlerons plus bas ; mais qui n’a point les
antennes peétinées.
La chenille de cette phalène eft velue. Elle a feize pat-
tes : on la trouve fur l’orme. /
. B. Cet infeête donne une variété qui en différe ; 1°,
en ce que fon ventre eft par-tout d’un très-beau rouge de
carmin fans mêlange de jaune, feulement avec une bande
noire longitudinale dans fon milieu ; & l'extrémité de ce
même ventre noire ; 2°. par les taches des aïles fupérieures
qui font en bien moindre quantité fur le fond noir. Il n’y a
que cinq grandes taches , & quatre ou cinq fort petites ;
3°. en ce que les aîles inférieures , au lieu d’être jaunes,
font d’un très - beau rouge vif & éclatant , avec trois gran-
des taches noires fur chaque aîle , au lieu de la grande
quantité de taches plus petites qu'on remarque dans l'ef-
péce ci-deffus,
Oij
103 UHiSTOIRE ABRÉGÉE
8. PHAL ÆN A peélinicornis elinguis , alis deflexis ;
J'uperioribus Jfufcis , rivulis albis ; inferioribus purpu-
reis , punis fex nigris. Linn. faun.fuec. n. 820.
Linn. [yff. nat. edit. 10 , p. $0o , n. 22. Phaïæna bombyx caia,
Aldrov. inf. p.246 , f. 11, 12.
Mouffet. lat. p. 93, n. 18, f. Suprema.
ibid. p. 186 , f. 2. Ambulo fecundus,
Hoffn. inf. t. 14, f. 11, edit. alt. 3,4, 9e
Lift. goed. p. 219 , f. 99.
Goed. gall, tom. 2, fig. xvij.
Merian. europ. 1 .p. 2,4. 5. & 160:
Albin. inf. t.20,f. C. D.
Frifh. germ. 2 , pe 38, t. 9. Eruca urfina.
Reaum. inf. 1,1, 36,f.1 — 7. \ ; ) j
Raj. inf. p.151, n. 3. Phalæna major , alis amplis oblongis , albicante & fufco
coloribus pulchre variegatis, interioribus rutilis cum maculis nigris.
Ra. ibid. p. 152 , n.7. Eruca denfius pilofa magna » pilis longiflimis incanis
fulvis & nigris varia , cum punétorum albentium lineis annularibus.
Biblioth. reg. Par. p. 13 , f. 1 — 8. Gp. 16, f. 1. Papilio purpurafcens circulis
atro-cœruleis notatus, alis favelcentibus virgatis, cum maculis fufcis.
De Geer, mem. 1 , p. 696»t. 12» f. 8, 9. Phalène à antennes à barbes fans
trompe , dont les ailes fupérieures font brunes & blanches , & les inférieures
rouges à grandes taches noires.
Rofel. inf. vol. + , tab, 1, claf]. 2. Papil. noûurn;
L'écaille martre ou heriffonne.
Longueur 1 pouce.
Son corcelet eft brun ; avec un collier rouge fur Île
devant. Ses ailes fupérieures font brunes , couvertes de
bandes finuées blanches qui forment comme des ruif-
feaux ; ces bandes font bien plus larges dans les males que
dans les femelles. Le ventre & les ailes inférieures font
d’un rouge un peu oranger. Sur le milieu du ventre en-
deffus , font quatre ou cinq taches noires aflez larges ran-
gées en bandes longitudinales , une fur chaque anneau.
Les ailes inférieures font chargées chacune de fix taches ,
tant grandes que petites, d’un noir bleuâtre. Le deflous de
l'infeéte eft femblable au deflus, fi ce n’eft que le bord ex-
térieur des ailes fupérieures eft un peu rouge.
La chenille de cette phalêne eft très- velue , chargée de
tubercules , & fes poils font fort longs , c’eft ce qui l’a fait
‘
DES: INSECTES. 109
appeller la martre ou la hériflonne. Quelques-uns la nom
ment le lievre ; parce qu’elle marche affez vite. Elle a
feize pattes. Ses poils font de couleur fauve , & fur les cô-
tés de chaque anneau de fon corps , il y a un point blanc.
Elle vient fouvent fur l'orme. Ses œufs font de couleur
verte.
9. PHAL ÆN A peélinicornis elinguis ; als deflexis ;
Jüperiortbus albis , rèvulis tranfverfts zigris , iferiori=
Bus rofeis , macula triplici nigra.
Frifch. germ. 7 ,t. 9.
L'écaille couleur de rofe.
Loygueur 10 lignes.
Ses aîles fupérieures font blanches , ivec des bandes
noires bordées d’an peu de jaune aurore. Ces bandes font
tranfverfes & au nombre de cinq : mais la quatriéme
eft divifée en deux par le milieu , & la cinquiéme borde
l'aile. Les aîles inférieures font d’une belle couleur
de rofe , bordées en-bas d’un peu de noir, avec trois
taches longues ou bandes noires , dont une eft beaucou
plus petite que les deux autres. Le corps de la phalêne eft
noir ; lavé d’un peu de rouge. Elle eft rare , je ne lai
pas rencontrée fouvent & Je n'ai jamais trouvé fa chenille,
xo. PHALÆN A pedinicornis elinguis , alis deflexis ;
Sperioribus fufcis , maculis luteis , ënferioribus rubris ;
maculis quatilor HIQTISe
L'écaille brune.
Longueur 8 lignes.
Cette jolie efpéce a les antennes d’un brun clair ; cou= -
leur de café pâle ; ainfi qué fes ailes’ fupérieures. Sur
ces ailes ,: font des taches irrégulieres d’un beau jaune
citron , au nombre de fept fur chacune ; favoir, une petite
en-haut près:le bord extérieur ; une,autre vis-à-vis le bord
intérieur ; beaucoup plus grande & allongée , une trois
110 HISTOIRE ABRÉGÉE
fiéme vers le milieu du bord extérieur prefque toute ronde
& petite, & une femblable vis-à-vis, près le bord intérieur.
Enfuite vers le bas de l'aile , il y en a deux plus grandes &
irrégulieres , dont une eft plus grande encore que l’autre ,
c'eft celle qui eft au bas de l’aïle proche le bord intérieur.
Enfin , il y en a une feptiéme petite comme un point
& prefqu'imperceptible tout au bas de l’aïle ; près le
milieu du bord inférieur. Les ailes de deflous font rouges ,
avec quatre grandes taches noires ; une vers le haut de
l'aile qui forme une bande tranfverfe ; une plus petite
qui tient au milieu du bord extérieur ; une troifiéme plus
grande qui fe Joint au bas du bord intérieur ; & une qua-
triéme qui borde la moitié extérieure du bas de l'aile.
Les poils de la tête font rougeîtres , ainfi que les pattes.
Le deffus du corcelet & du ventre eft brun , & leurs côtés
ont des poils jaunes. Je ne connois point la chenille de
cette Jolie phalène.
31 PHALÆ N A pelinicornis elinguis ; tote rufas
alarum margine [errato.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 497 , n. 8. Phalæna bombyx elinguis , alis reverfis
dentatis ferrugineis , margine poftico nigris.
Raj. inf. 141, n. 1. Phalæna maxima, tota obfcure rufa antennis plumofis ,
capite grandi , alisinterioribus, cum fedit , ultra exteriores extantibus & fur=
fum reflexis.
Albin. inf. t. xvje
Merian. europ. 1 , t. 3, 2e
Frifch. germ. 3, t. 1 , tertii ordinis » fige 4ë
Reaum. inf. 2,t.23,f.1:2,3,4,10.
Biblioth. reg. Par. p. 11 , f. omnes.
Rofel. inf. vol. x , tab, 41 , claffe 2. Papil. no@urns
La feuille morte.
ÆLongueur 15 lignes.
Sa tête eft grande, groffe & avance en pointe. Tout fon
corps & fes aïîles font d’une couleur brune rougeître.
Les bords des aîles font dentelés. Une particularité de
cette phalène peu brillante d’ailleurs , eft fon port d’ailes.
Lorfqu’elle eft en repos ; elle tient fes ailes fupérieures
DES INSECTES. 119
parallèles au plan de pofition , & les inférieures relevées &
prefque perpendiculaires. En même tems fes antennes font
couchées le long de fon corps ; enforte que cette figure
finguliere , jointe à fa couleur tannée & à la dentelure de
fes aîles , la fait tout -à- fait reflembler à un paquet de
feuilles mortes & feches : peut-être évite -t- elle par-là
d’être apperçue des oifeaux , qui cherchent à fe nourrir des
papillons & des phalênes & qui leur font la chaffe. Sa che-
nille vient fur le gazon ; (gramen. )
Cette chenille eft grande , longue ; elle a feize pattes ;
fa couleur eft d’un gris de fouris , & elle a des appendices
charnues de chaque côté au bas de chaque anneau. Elle eft
un peu velue. Les œufs de l’infeëte font fort jolis. Ils font
d’un bleu d’émail , entourés de cercles & de bandes bru-
nes comme des petits barils.
142. PHAL ÆNA pedinicornis elinguis ; pallido-rufa ,
crifla dorfali nigra.
La crête de coq.
ÆEongueur 8 lignes.
Elle eft toute de couleur fauve pâle ; imitant celle
qu’on appelle ventre de biche. Son port d’ailes ef fingulier.
Elle porte fes ailes en toit très-aigu , & prefque perpendi-
culaires au plan de pofition , & à la Jonétion de ces aîles
fur le milieu du dos, eft une crête velue de couleur noire,
qui donne naiffance à deux petites raies noires qui s’éten-
dent de chaque côté fur les ailes , mais qui fe terminent
vite. Le bout poftérieur des ailes eft aufli relevé en crête ;
comme on le voit dans beaucoup de teignes.
13 PHAL ÆNA pedinicornis elënguis rufa , alis
rotundatis fafcia pallidiore ; fuperioribus pumclo albo.
Linn. [yff. nat. edit. 10, p. 498 , n.13. Phalæna bombyx elinguis ; alis reverfis
ferrugineis , ftriga flava , punétoque albo.
Raj. inf. p= 142, n. 2. Phalæna maxima fulva , alarum exteriorum fuperiore
* medietate intenfus colorata , cum macula in medio alba , inferiore dilu-
tiore. ;
412 HISTOIRE ABRÉGÉE
Æeche. nov. inf. fpec, n. 59. Phalæna pe@inicornis elinguis , alis fulvis ; facia
fava , punétoque albo. maf.
Goed. gall. tom. 2 , tab, vij.
. Lift. goed. n. 88.
Mouffet. lat. p. 92, n.9,f. 1, 2:
“Albin. inf. t.18.
Merians EUTOpe 1 y Le 10e
Reaurm. infe 1 ; 1035 > fe T3 3o4s 75-80
Frifch. germ, to; t. 10,
Biblioth. reg. Par. p. 22, f. omnes.
Rofel. inf. vol. 1 , tab. 35, claff. 2. Papil, no@ura,
L'amir. inf. tab. 31.
Le minime à bande.
Longueur 1 pouce 9 lignes.
Le mâle a les antennes larges , très-pectinées & de cou
leur brune rougeâtre. En-deflus , fon corps eft de la
même couleur , ainfi que la moitié fupérieure de fes ailes.
Sur cette moitié dans les aîles de deflus , fe trouve un
point blanc de forme ronde. La moitié inférieure des ailes
eft d’une couleur claire jaune , mais fur les fupérieures le
bord eft encore brun, enforte que le jaune ne forme
qu'une bande. Le deffous de l'infette eft femblable au
deffus , fi ce n’eft qu’en - deflous le corps eft jaune , ainii
que les pattes.
La femelle de près d’un tiers plus grande que le mâle ;
a les antennes moins peétinées. Elle eft toute de couleur
jaune , avec le point blanc fur les aîles fupérieures, & une
bande un peu plus claire à l'endroit où fe trouve la bande
jaune dans le mâle.
La chenille de cette phalène eft velue, avec des an:
neaux d’un noir foncé. Elle a feize pattes : on la trouve fur
le charme , l’orme , le cornouillier , le grofelier & quel-
ques-autres arbres,
14. PHAL ÆN A petinicornis elinguis , alis deflexis
albis , fafcia quadruplici tranfverfa nigra ; acute undu-
data.
Linn. jf, nat. edit, 1o , p. Sox , n. 27. Phalæna bombyx elinguis , alis deflexis 3
malçulis grifeo fufcoque nebulofs ; fæmineis albidis , lituris nigris.
Frifch.
DES INSECTES: F13
Frifch. germ. 1 ,p. 141.3. :
Merian. europ, 1 ; t. 18.
Reaum. inf. 2,t.1,f.11,14, 159.6 1,t,46,f. 53
Biblioth. reg. Par. p. 27, f. omnes.
Rofel. inf, vol, 1 , tab. 3, claff. 2. Papil, no&turn,
Le zig-7ag.
Longueur x pouces
Ses antennes font noires & très-peltinées, fur-tout celles
du mâle. Son corps & fes aïles font d’un blanc gris. Sur les
aîles , font quatre bandes tranfverfes noires ondulées en
angles ou zig-zag , & de plus , quelques marques noires
tranfverfes à la bafe de l'aile , formant une cinquiéme
petite bande. Le bord inférieur de l'aile eft ponétué de
noir ; & il y a un point pareillement noir au milieu de
l'aile entre la troifiéme bande tranfverfe & la quatriéme
en remontant. Les ailes inférieures & le deflous des aîles
font tout gris. La femelle a fouvent un très-gros ventre
chargé à l'extrémité de beaucoup de duvet de couleur
châtain , qui lui fert à couvrir les œufs qu’elle pond.
Sa chenille eft velue , & a auprès de la tête des aigrettes
de poils qui lui forment comme des oreilles. Son corps eft
couvert de tubercules ronds élevés , de couleur fauve. On
la trouve fur le chêne & fur l’orme. Elle a feize pattes.
. V. B. La couleur de cette phalêne varie , du moins
pour le mâle : il eft quelquefois d’un brun cendré , avec
quatre bandes tranfverfes ondulées plus foncées. J'ai ren-
contré aflez fouvent cette variété qui eft plus petite de
moitié.
15. PHALZÆN A penicornis elinguis , alis deflexis ;
cènereo - undulatis ; fafciis tranfserfes obfcurioribus ,
capite inter pedes porreclos. Linn. faun fuec. n. 828.
Linn. [yfé. nat. edit, 10 ,p. so3 , n. 35. Phalæna bombyx pudibunda.
Merian. europ. 47.
Reaum. inf. 1,1: 33» fe 45 $: 10,11, 12.
Lift. Goed. p.191, f. 81.
Ra. inf, 185, n. 7. Phalæna media cinerea » alis oblongis , exterioribus qua-
tuor lineis nigricantibus tranfverfis diftinétis,
Tome IL, Ê
414 TISTOIRE ABRÉGÉE
Ra. ibid. 344, n. 9. Eruca major pulcherrima pilofa e viridi favicans, quatuor
in medio dorfo {copulis è flavo albicantibus , cum purpureo penicillo lon
giore fupra caudam.
De Geor. mem. 1 > pe 6973 t. 16 » f. 11, 12. Phalène à antennes barbues,
brun-jaunâtres, fans trompe : gris-blanchâtre, à quelques raies tranfverfales ,
ondées , brunes.
De Geer. ibid. p. 243 , t16,f,7, 20. La chenille,
L'amir. inf. tab. 18.
La patte érendue.
Longueur 1 pouce.
Le mâle a fes antennes très-pectinées ; celles de fa
femelle le font moins ; dans l’un & dans l’autre elles
font brunes. Les aîles du mâle font de couleur cendrée ,
avec plufeurs bandes tranfverfes larges, ondulées , peu
diftinétes & de couleur noirâtre. Celles de la femelle font
d’un gris plus clair , avec plufieurs bandes ondées & tranf-
verfes , dont trois font plus noires & plus marquées que les
autres. En-deflous, les aîles font d’un gris blanc, avec une
feule bande tranfverfe noire & un point de même couleur
dans leur milieu. Mais une fingularité de cette phalêne qui
la fait aifément reconnoitre , c’eft la maniere dont elle
porte fes pattes antérieures étendues devant fes antennes,
ayant la tête entre les cuiffes de ces pattes.
Sa chenille n’eft pas moins remarquable. C’eft une de
celles que l’on appelle chezilles à Broffes. Elle eft velue
d’un jaune verdâtre , avec quatre broffes ou aïgrettes cou-
pées tranfverfalement de couleur jaune blanchâtre , ran-
gées le long du dos. Elle a de plus un long pinceau de
poils de couleur rouge pofé fur la queue. Ses pattes font
au nombre de feize. On la trouve fur le poirier , l’abri-
cotier & quelques-autres arbres.
16. PHALÆ NA peéinicornis elinguis , als deflexis
pallidis , fafcia alarum tranfverfali faturatiore. Linn.
Jaun. fuec. n 824.
Goed. gall. tom. 2 , fig. X.
Lift. Goed. 204 , t. 89.
Rüj. inf. 213, n. 6. Eruca fepiaria gregaria major ,'pulchre colorata:
Mouff. lat. 188. Neuftria major , (larva.)
D'ESt INSECTES arf
Merian. europ. Y ; ps 12 , ft. 33e ;
Frifth, germ. 1 ,p. 10, r. 2. Eruca annularis.
Regum. inf. 23t.4,f.1=— 11, @t. 5 ,f. 7. Eruca,
De Geer. mem. p. 81 1,f.1—4.
Rofel. inf. vol. x, tab. 6, claff. 2. Papil, no@urn,
Biblioth. reg. Par. p. 28, f, omnes
La livrée.
Longueur 8 lignes,
Sa couleur eft d’un blanc jaunître terne , avec une ban-
de tranfverfe plus brune fur le milieu de fes ailes , terminée
en-haut & en-bas par deux raies brunes.
Sa chenille eft très-belle , longue , prefque rafe & elle a
feize pattes. Elle eft couverte de bandes longitudinales
bleues & jaunes , ce qui reffemble aux couleurs d’un habit
de livrée. Elle vient par troupes ; & fouvent mange & dé-
truit tout, s’accommodant de tous les arbres. Elle dépofe
fes œufs autour d’une branche d’arbre tout à l’entour &
par anneaux , & en fi grande quantité que quelquefois
tout le tour d’une branche en eft couvert dans la longueur
de près d’un pouce.
27. PHAL ÆN A pecinicornis elinguis ; als deflexis ;
féperioribus fafciis pallido - flavis nigrifque alternis
longitudinalbus , inferioribus crocets fafcia marginal
LOT ,
Merian. europ. r, tab. s.
Rofel, inf. tom. 4, tab. xxj.fa,b,c, de,
La phaléne chouette.
Longueur $ , 7 lignes.
Ses antennes font noires & bien peltinées. Son corps eft
pareillement noir avec un peu de jaune. Ses ailes fupé-
rieures font d’un gris jaunâtre , couvertes de fept ou huit
raies longitudinales noires ferrées l’une contre l'autre. Vers
le bout , une partie de ces raies fe courbe & forme une
efpéce de lunule. Les ailes inférieures font d’un beau jau-
ne ; bordées du côté extérieur & en-bas par une large
bande noire , après laquelle eft une petite bande jaune qui
Pi
Tié HisTOIRE ABRÉGÉE
termine l’aïle à peu près comme dans la phalène-hibou:
De plus fur le milieu de laile , il y a une efpéce de
croillant noir qui part de la bande du bord extérieur. L’in-
fee porte fes aîles roulées autour de fon corps. Il vient
d’une chenille à feize pattes un peu velue , dont la couleur
eft noire , avec une large bande longitudinale jaune &
quelques poils de même couleur.
a8. PHAL ÆN A pethinicornis elinguis tota alba ; als
deflexis ; bombyx dicla.
Linn. Jyfe. nat, edit, 10, p 499 , n. 18. Phalæna bombyx elinguis , alis revwerfis
pallidis , frigis tribus obfoletis.
Linn. faun. fuec. n. 832. Phalæna pe@inicornis elinguis, bombyx di&ta,
Aldrov. inf. 280 — 282,246,f. 2, 3e
Jonft inf. t. 22. Papilio bombyx.
Mouffet. lat. 181. Bombyx.
Merian. europ. 1 ,p.1,te 1e
Lift. Gocd. 84, f. 32.
Charlet. onom. 40. Papilio bombycum.
Alle inf t. 12, f. 16.
Reaum. inf. 1,t.4,f.14 &2,t.5$,f 2
Rofel. inf. vol. 3 , fupplem. tab. 7, 8 ,9 , claf, 1. Papil. no&urr,
L'anir. inf. tab, 9.
Le ver-à-foie.
Nous ne nous arrêterons point à décrire, ni la chenille ;
ni la phalêne du ver-à- foie qui font très-connues. On fait
que cet infeéte fe nourrit du mûrier , & perfonne n'ignore
la beauté du travail de fa coque qui nous fournit fi abon-
damment la foie. Quoique cette phalène vienne des pays
chauds & qu'elle ne foit point naturelle à ce pays-ci , nous
avons cru devoir en faire mention , parce que beaucoup
de perfonnes l’élevent & la nourriffent & qu'elle eft deve-
nue commune dans nos pays.
39. PHAL ÆN À pedinicornis elinguis , als deflexis
albis , pedum annulis , antennifque nigris. Linn. faun.
Juec. n. 822.
Linn. pue. nat, edit. 10 , p.501, n. 29. Phafæna bombyx faliciss
Goed, belge 5 ; ps 25 , 1. 3, Procul fpe&tabilis, © gall, tom, 2 , tab, itje
DES INSECTES
Lil. Goed, 282 5 1, 87e
Merian. europe 1 , pe 113 te 308
Frifch. germe 1 , p.22, t 4e
Redum. inf. 1,t,34,f.4,5, 6e
AG, Upf. 1736, p.124 , n. 58. Papilio alis depreffis niveis , ahtennis pennatis ;
pedibus annulis nigris.
De Geer. mem. p. 696 , t. 11 f 14, 13. Phalène à antennes noires à barbes ,
fans trompe , très-blanche , à jambes picotées de noir.
Rofel, inf. vol, 1 , tab. 9, claff. 2. Papil, no&urn,
CS
mi]
is}
L'apparent.
Longueur 11 lignes.
Ses antennes font noires & pectinées. Ses pattes font
blanches avec plufieurs anneaux noirs. Son corps eft grifà-
tre & fes ailes font toutes blanches. Sa chenille eft com-
mune fur le faule & le peuplier. Elle a feize pattes &
eft velue , avec des efpéces de boutons bruns élevés , plus
garnis de poils que le refte de fon corps. Des deux côtés
elle a des taches jaunes allongées.
20. PHALÆNA pedinicornis elinguis ; alis deflexis
albis , fæminæ ano pilofo ferrugineo.
Reaum. inf. 1 yt.16,f.1r.
Raj. inf. 156 , n. 1. Phalæna media , alis niveis , cauda obtufa lanugine
denfa fulva obfita.
Frifch. germ. 3 ,t. 1. Primi ordinis.
Biblioth. reg. Parif. p. 29 , f. omnes.
Rofel, inf. vol. 1 , tab. 21, claf. 2. Papil. no@urn.
La phaléne blanche à cul brun.
Longueur 9 lignes.
Ses antennes font un peu jaunâtres ; tout le refte de fon
corps eft velu & très-blanc. La femelle a l'extrémité de fon
ventre groffe & garnie de poils longs , bruns & fauves ;
qui lui fervent à couvrir les œufs qu’elle pond.
Sa chenille a feize pattes. C’eft la plus commune de tou-
tes. Elle eft velue , de couleur jaunâtre , & elle vient
fur prefque tous les arbres , qu’elle dépouille fouvent en-
tiérement dès le printems.
£
118 HiSTOIRE ABRÉGÉE
21. PHALÆNA peiinicornis elinguis , alis deflexis
albidis , pundis nigris ; abdomine ordinibus quinque
punélorum. Linn. faun. fuec. n. 823.
Linn. [yfé nat. edit. 10, p. sos ; m. 47. Phalæna bombyx lubricipedas
Goed. belg. 1, p. 63 ,t. 23. Lubricipeda, & gall, tom, 2 , tab. xxuÿ.
Liff. Goed, 210, 1.93.
Ærifch. germ. 3 , p. 22,1. 8. Primi ordinise
Merian. europ. 1, p. 16,1. 46.
Albin. inf. t. 21, f. 30. G.H,
Reaum. inf, 2 ,t. 1,f, 7 — 9: Eelievre.
AG. Upf. 1736; p. 124, n. 59. Papilio alis depreffis albis , punétis nigris ;
- ventre quinque punétorum ordinibus.
De Geer. mem, 1 ,p. 696,1. 11, f. 7 » 8. Phaléne à antennes à barbes, fans
trompe , à aîles ou blanches, ou d’un jaune clair à points noirs,
Rofel, inf. vol + , tab. 46, claff 2. Papil. noéturn.,
L'amir. inf. tab, 6.
La phaléne-tigre.
Longueur 9 lignes.
Ses antennes font noires , ainfi que fes yeux : fon corps
eft jaunâtre , avec cinq rangs [ongitudinaux de points
noirs placés fur le ventre & pofés réguliérement. Les aïles
font blanches , chargées de points noirs , ce qui lui a fait
donner le nom de tigre. Ces points font en moindre nom-
bre fur les aîles des femelles. Quelquefois la couleur du
mâle varie. J’en ai qui font par-tout d’un brun clair & cen-
dré , avec des points noirs bien marqués. Cette variété de
couleur brune eft repréfentée dans l'Ouvrage de M. de
Reaumur, planche citée ci-deflus , fig. $ , 6. M. de Geer
prétend avoir aufli trouvé des femelles , les unes blanches,
& les autres Jaunes.
Sa chenille eft velue , brune , à feize pattes , chargée de
dix tubercules & coure affez vite , ce qui lui a fait donner
par Goedart le nom de /ubricipeda & par d’autres celui de
lievre. Elle vient fur les arbres fruitiers & quelques-autres.
22. PHAL ÆN A pedinicornis elinguis albida nigro
punilate , alis deflexts , fuperioribus fafcia duplici fufce
dentata nigro terminata.
DES INSECTES, 119
La printanieres
Longueur 11 lignes,
Ses antennes font de la longueur de la moitié de fon
corps & fort peu peétinées , prefqu’en filets. Il eft vrai que
cette rare phalêne eft une femelle & que je nai point
vû fôn mâle , dont les antennes peuvent être plus en pei-
gne. Ces antennes , ainfi que les pattes ; font entrecou-
pées de noir & de blanc. La tête eft blanche , ainfi que le
corcelet , qui a cependant fur fon milieu une bande longi-
tudinale brune , terminée de part & d'autre par un bord
noir. Le ventre eft d’un blanc jaunûtre picoté de noir. Les
aîles font pareillement blanches, piquées aufli de noir , &
chargées de deux bandes brunes tranfverfes , l’une vers la
bafe , l’autre vers le bas de l’aîle. Ces deux bandes font
larges , un peu en zig-zag , & bordées fur-tout par le côté
où elles fe regardent par une raie noire. Nous n’avons
qu'un feul individu de cette efpéce. Il m'a été remis par
M. Mauduit mon confrere , qui l’a trouvé au commence»
ment d'avril.
23. PHALÆN A peinicornis elinguis , alis rotundatis
fiyfco-ferrugineis , fuperioribus macula alba anguli ani ;
œmin& apterd. Linn. faun. fuec. n. 827.
Linn. fyff. nat. edit. xo,p. 503 , à. 37. Phalæna bombyx antiqua,
Goed. bel. 1 , p. 113 ,t« 59. Antijk peregrinum € gall. tom. 2, tab, lix,
Lift. Goed, p. 191; f. 79 , fœmina.
Swammerd. in 4°, 183 , t. 10, maf. & fœmina.
Swammerd. bibl. nat. t. 33 f. 6, 7,8.
A, Upf. 1736, p.25, n. 74. Papilio alis depreflis cinereo-fufcis | antennis
pe&tinatis.
ZAlbin. inf. t. 89 ; fig. D. E.
Rej. inf, p. 200 , n. 24. Phalæna minor rufa, in utravis ala exteriore macula
alba rotunda prope angulum imum interiorem infignita, maf.
Raj. ibid. 173, n. 24. Phalæna cinerea ventricofà , corpore brevi , alarum
expérs. fæmina. ‘| ù
Raj. ibid. 344. Eruca fublutea pilofà , quatuor in medio-dorfo agminulis feu
pericillis pilorum Îongiorum luteorum , & longo pilorum nigrorum peni-
cillo in cauda, A LACPISEURS = 14905
Reaum. inf. 1,1. 19, f. 12,13, 17.
De Geer, mem 3, pe 697 te 17, fe 13, 14, 15. Phalène à antennes barbues 3
#20 HISTOIRE ABRÉGÉE
fans trompe , dont la femelle eft grife & fans ailes, & dont Le mäle eit jaune
brun à deux taches blanches,
De Geer. ibid, p. 253» te 17» fe 13 18 La chenille.
Rofel. inf, vol, 3 ; fupplem, tab, 13, claff, 2. Papil. no&turn,
L'étoilee.
Longueur 7 lignes.
Le mâle a fes antennes grandes , noires & peëtinées. Ses
aîles font arrondies & il les porte un peu étendues. Les
fupérieures font en-deflus d’un fauve nébuleux , taché &
ondé de brun , avec une tache blanche arrondie & appa-
rente vers l’angle de l'aile qui touche l’anus. Le deflous
des ailes , ainfi que les ailes inférieures , eft d’un jaune un
peu roux.
La femelle a fes antennes petinées & eft de cou-
leur cendrée. Élle n’a point d'ailes , mais feulement
des moignons d'ailes attachés à un corps gros & court ,
enforte qu’on ne la prendroit jamais pour une phalêne,
La chenille eft à broffe & refflemble beaucoup à celle de
la parte étendue. Elle a feize pattes , eft velue, & a le long
du dos des broffes blanches , outre deux longues aigrettes
aux deux côtés de la tête & une fur la queue de couleur
noire. Les poils de ces aigrettes font longs & fe terminent
en bouton par le bout. On trouve cette chenille fur le pr
nier & quelques-autres arbres.
24 PHALÆNA pelinicornis elinguis , antennis &£
corpore luteis , alis deflexis viridibus.
La phalëne jaune à afles vertes.
Longueur 6 lignes.
Ses antennes ne font que légérement pettinées. Elles
font , ainfi que fon corps & fes pattes, d’une belle couleur
jaune. Ses quatre ailes font d’un affez beau vert , tant en-
deffus qu’en-deflous, mais leurs bords ont un peu de jaune.
Je ne connois point la chenille de cette phalène que je
n'ai trouvée qu'une feule fois.
GEI
25 à
DES INSECTES I22
5$. PHALÆ NA peéinicornis elinguis', als deflexis
rofeës , fuperioribus punélorum arcuumque nigrorum:
ordine duplicz.
Raj. inf. p. 227, n. 86. Phalæna minor , alis velut miniaceis , pundis & lineolis
nigris in medio notatise z
La rofette.
Longueur 6 lignes.
»
Ses yeux font noirs ; fes antennes ; fes pattes & fon
cotps font jaunes, Ses aîles font d’une couleur de rofe ten-
dre. Sur les aîles fupérieures vers le milieu , il y a une ban-
de de zig-zags ou d’arcs noirs , au bas de laquelle,eft
une autre bande de points noirs, Cette petite phalêne
eft belle , elle a un air étranger. On m'en a donné deux
qui ont été trouvées ici. Je ne connois point fa chenille,
Les antennes de l'infeëte parfait font fines & peétinées.
26. PHAL ÆN A pehnicornis elinguis , alis cinereo
flavoqué rufés ; margine laceris. Linn, faun. fhec. n,
833.
Linn, [yff. nat. edit. 10 , p. $o7 , n. 54, Phalæna bombyx fpirilinguis criftata ;
alis incumbentibus dentato-erofs rufo-grifeis , pun&is duobus albis,
Goed. belg. 1 ,p: 155 + 67. Libatrix. & gall. tom, 1 , tab, lxvij.
Liff. Goed. 81 , t. 30. X
AGE. Upf. 1736, p.25 , n. 63. Papilio alis depreflis erofis croceo-rufis.
Peti. gazoph. 19 , 1. 19 , f. 4. Phalæna fafciata perelegans extremitate fpiralis;
Albin. inf. t. 32, fig. b. c.
Rofel, inf. tom. iv. tab, xx
La découpure.
Longueur 10 lignes.
Ses antennes font peu peétinées : elles font jaunâtres ;
avec un peu de blanc en devant à leur bafe. Les pattes de
même couleur ont aufli des anneaux blancs , fur-tout aux
tarfes. La tête & le corcelet font jaunes. Les ailes font fort
découpées à leur bord poftérieur : elles font jaunâtres, fau-
ves, mêlées de brun & de couleur cendrée. Vers leur bafe ,
elles ont une tache blanche ; plus bas vers le tiers de l'aile,
Tome II,
122 HISTOIRE ABRÉGÉE
fe trouve une raie tranfverfe cendrée , & une autre aux
deux tiers de laile ; cette derniere eft double. Entre ces
deux raies vers le milieu de l'aile ; eft un point blanc ,
& un peu plus bas deux petits points noirs. En-deffous , les
aîles font d’un brun nébuleux. L’infeéte les porte couchées
fur fon corps , un peu en toit. Sa chenille eft verte , avec
une raie blanche en-deflus le long du dos.
27. PHALÆN A pecinicornis elinguis , alis deflexis
fufcis ; macula duplici albido-flavefcente geminatæ
Linn. faun. fuec. n. 836.
Linn. fjff. nat. edit. 10, p.504, n. 38. Phalæna bombyx cœruleo-cephalaz
Albin. inf. t. 13. D.
Merian. europ. 1 , t. 9e
Goed. belg. 1 ,p. 116, t. 61. Cœruleo-cephalus, € gall. tom. 2 ; tab. lxje
“Lift. Goed. 121,1, 47.
Frifch. germ. 10, p. $ ,t. 3, f. 4. Eruca cœruleo-viridis, friis luteis,
Reaum infr,t.18,f1,35 45,678.
Raj. inf. p. 163, n. 17. Phalæna media habitior , alis exterioribus pullis 3
duabus tribufve maculis albis ; & duobus circellis compoftis çontiguis
notatise
Rofel. inf. vol. 1 , tab. 16, claff, 2. Papil, no&turn.
Le double-omeva.
Longueur 10 lignes.
T'out fon corps & fes aïles font de couleur brune , avec
quelques bandes plus ou moins brunes dont elles paroïf-
fent marbrées. De plus , il y a fur les ailes fupérieures une
tache d’un jaune verdâtre qui paroït compofée de deux ©
doubles ; ou de quatre petits O qui fe touchent & fe
confondent.
La chenille de cette phalêne a feize pattes. Elle eft un
eu velue ; fa couleur eft d’un bleu ardoifé , avec trois
de longitudinales jaunes , une fur le milieu du dos ;
& une autre de chaque côté plus étroite que celle du
milieu. De plus , fon corps eft chargé de petits tubercu-
les noirs , d'où partent des poils courts & aflez gros. Elle
vient fur le cerilier , l’abricotier , l’aube - épine , le poiriex
& quelques-autres arbres,
DES INSECTES, 123
28, PHALÆNA pethnicornis elingus ; alis teélifor-
mibus , fuperioribus cinereis , fafcia duplici ferrugènea ,
& extremo circularitér pallefcente ; [ubtus omnibus
flavefcentibus , fafcia urdulata fufca.
Linn. fyfé. nat. edit. 10 , p. 508 , n. 61. Phalæna no@ua fubelinguis ; alis deñexie
cinereis , apice macula fubocellari flavas ’
.Goed. gall. rom. 2 , tab. xxxi.
Merian. europ.3 , tab. 41.
Albin. inf. t. 23. C. D.
Goed. 1 , p. 34°
Ærifch. germ. 11,1. 4:
Biblioth. reg. Par. p.16, f. 1 = 86
De Geer, mem. 1 ,p. 697 ,t.13,f. 18 , 19. Phalène à antennes à barbes en bou-
quets de poils , fans trompe, d’un gris de perle obfcur , à grande tache jaune
blanchâtre vers la partie poflérieure des aîles fupérieurés, Idem, t, x, f. 13. €
t.4,f.1— 6.
Rofel. inf, vol. 1, tab 14, claff. 2. Papil. no@urn.
La lunule.
Longueur 11 lignes.
Ses antennes font de couleur fauve. Son corcelet eft
jaune , entouré d’une bande de couleur rougeatre brune
qui eft double. Ses aïîles font d’un gris de perle cendré,
avec une bande de couleur rougeître à la bafe , une autre
tran{verfe un peu plus haut que le milieu de l’aïle , & une
troifiéme plus bas , dont le bord eft courbé en arc, pour
envelopper une grande tache jaune , marbrée , ovale , en
forme de lunule qui termine le bout de Paîle. Toutes ces
bandes font doubles , ainfi qu'une derniere femblable qui
eft à l'extrémité de l'aile. Les aîles inférieures font jaunâ-
tres. Le deffous des ailes eft de la même couleur, avec une
bande brune qui travérfe le milieu des quatre:ailes.
La chenille de cette phalêne a feize pattes : elle eft pref-
que rafé , de couleur un peu jaune ; marbrée & variée de
taches noires irrégulieres. Elle eft très-commune fur le
tilleul & Porme.
29.PHALÆNA peéinicornis elinguis ; alis exteriortbus
fafcis ; venis plurimis ; fafeia circulari ; &'marginis
Qi
R24 HISTOIRE ABRÉGÉE
interioris appendice nigricantibus ; inferioribus albidis ;
limbo lineari fufco.
De Geer,mem.1,:t.6,f.10, 7.
Rofel. inf. vol. 1, tab, 20 , claff. 2. Papil. no@turn:
Le bois veiné.
Longueur 7 lignes.
Ses antennes pedinées font affez longues & de couleur
brune. Son corps eft de la même couleur , ainfi que fes
aîles fupérieures qui ont des veines plus brunes , ce qui les
fait refflembler à un bois veiné. Il y a une de ces raies qui
eft prefque circulaire vers le bord inférieur de l'aile. De
plus, ces aîles vers le haut de leur bord intérieur ; ont une
appendice très - remarquable. Les aîles inférieures font
d’une couleur d’agathe claire , avec leur bord inférieur
brun.
Sa chenille a feize pattes. Elle eft d’une couleur blan-:
chître, avec les derniers anneaux de fon corps rougeûtres,
Sur le fixiéme & feptiéme anneau , on voit en- deflus des
boffes pointues , dont la pointe regarde le derriere de lin-
fete. Ces boffes & l'attitude finguliere que prend quel-
quefois cette chenille qui releve fa partie poftérieure en-
haut, rendent cet animal très-remarquable.
30. PHALZÆN A peéinicornis elinguis , alis fuperioribus
cinereis fufco marmoratis , inferioribus cinereis.
La phaléne agathe.
Longueur 9 lignes.
Ses antennes font d’un brun clair. Ses aîles fupérieures
‘ , . » P .
ont d’un gris un peu brun couleur d’agathe , avec des traits
da plüpart tranfverfes de couleur brune plus foncée , fitués
principalement vers le bord extérieur de F'aile. Les ailes
inférieures font bianchâtres.
gr. PHALÆN A peéinicornis elinguis , alis deflexis
cinereis à Gmbo nigro punélato ; fuperioribus fafcia
DES INSECTES. Y2$
duplici nigro -lutea , maculague duplici alba punite ni-
gro énfigrita.
Le double point.
Longueur 8 lignes.
Cette jolie phalène a les antennes & les pattes noires.
Son corps eft brun. Ses ailes fupérieures ont à leur bafe une
grande tache grife , au milieu de laquelle eft un point
noir ; puis une bande jaune bordée en-haut & en-bas de
noir , après laquelle eft une large bande brune formée pat
des petits points noirs femés fur le fond gris de l'aile,
Enfuite vient une feconde tache grife , avec un point noir
au milieu , après laquelle eft aufli une feconde bande jaune
& brune femblable à la premiere , mais plus étroite. Enfin
l'aile fe termine par un large efpace gris , avec quelques
points noirs feulement d’efpace en efpace au bord infé-
rieur. Les aîles de deffous font toutes grifes , fi ce neft que
“leur bord inférieur eft aufli ponctué de noir. Je ne connois
point la chenille de cette phalêne.
32. PHAL ÆN A pedinicornis elinguis , alis maroine
Jénuatis , fulvo nigro fufco rofeoque marmoratis , fingu-
dis fubtus punéo nigro , fuperioribus extremo dilataro-
TeCUrvEs.
Rofel. inf. vol. x , tab. 10, claff. 3. Papil, no@urn:
La phalëne jafpée.
Longueur » lignes.
Ses antennes font pe&inées &c jaunâtres : fes aîles von
en s'évafant un peu circulairement vers le bas, & leur
bord inférieur eft finué. Leur couleur eft marbrée & com-
pofée d’un mêlange de nuances jaunâtres , brunes & rou+
geâtres. Ces couleurs vers le bord extérieur font plus mar-
quées que vers l’intérieur. Le deffous des ailes eft fembla-
ble , mais plus obfcur , & chaque aile a en-deflous dans
fon milieu un point noir.
La chenille de cette phalène eft une arpentenfe rafe ,
26 HiSToiIRE ABRÉGÉE
à dix pattes. Ses couleurs reffemblent un peu à celles de
l'infecte parfait , mais fa forme eft très-finguliere. Elle a
fur le dos quatre gros tubercules élevés , outre plufieurs
petits & une longue corne fur le huitiéme anneau.
33. PHAL ÆN A pedinicornis elinguis , alis viridbus ;
limbo maculaque angule ant cinereo-fufcis,
La phalëne - verdeler.
Longueur 6 lignes.
Ses antennes font très-petinées & grifâtres , ainfi que
fon corps: Ses pattes de même couleur ont quelques
taches noirâtres. Ses quatre aîles font toutes vertes en-
deflus & en-deflous , mais leur bord a une belle frange gri-
fe , terminée en-haut par une ligne brune , & de plus cha-
que aile a au bas du bord intérieur à l'angle qui touche
le ventre, une tache grife un peu brune au milieu. Chaque
aile a en-deffous dans fon milieu un petit point noir. Cette
phalène porte les ailes un peu étendues. Elle vient d’une
chenille arpenteufe qui fe trouve fur le chêne.
34 PHAL ÆN A pechinicornis elinguis , alis deflexis
luteo-rubris , fafcia duplci tranfverfa fanguinea.
Leche. nov. inf. fpec. p.32 , n. 63. Phalæna pettinicornis flava , alis fafciis duag
bus rubentibus tranfverfalibus, maf,
2 F4
L'enfanglantee.
Longueur 6 lignes.
Ses antennes & fon corps font de couleur brune. Ses
ailes font jaunâtres.Les fupérieures ont de plus en - deflus
deux bandes tranfverfes rouges , outre leur bord inférieur
qui eft de même couleur. Les inférieures n’ont que leur
bord rouge. En-deffous , les fupérieures font toutes jaunes
fans bandes , & les inférieures ont une bande tranfverfe
rouge. On trouve cette petite phalène autour des platte-
bandes d’ofeille. Sa chenille vient probablement fur cette
-plante. L’infe&te varie pour la grandeur.
DES ÎNSECTES. 127
3s. P H A L ÆN A pedlinicornis elinguis cinereæ alis
ciliaiis.
La mignonette.
Longueur 1 = ligne.
Cette petite phalène eft toute de couleur cendrée. Ses
antennes font bien peétinées , & fes ailes ont une longue
frange à leur bord qui fait plus d’un quart de leur lon-
gueur. On prendroit à la premiere vüe cet infeéte pour
une teigne.
Remarque. Les phalènes qui jufqu’ici ont compofé
le premier ordre de cette premiere famille , font toutes ou
prefque toutes du nombre de celles qui portent leurs aîles
rabatues (als deflexis). Celles que nous allons décrire
portent au contraire leurs ailes étendues (afs patentibus pe
Nous n'avons pas féparé ces phalënes en deux ordres ,
parce que quelques unes femblent tenir le milieu entre les
deux ; enforte qu’on feroit embaraflé de favoir l’ordre
où on les rangeroit , comme on l’a pu voir dans quelques-
unes de celles dont nous avons parlé ; mais nous avons
cru devoir du moins ranger de fuite les unes & les au-
tres , & tâcher de ne les pas confondre enfemble autant
qu'il nous étoit poflible.
ANAL EM. É TE -N.DiU\ELSS
36 PHALÆN A pedinicornis elinguis , alis patenribus
angulatis fufco - luseis ; fafcia duplici tranfverfa oëfcu-
7iore.
La zône.
Longueur 8 lignes,
Sa tête , fes antennes & tout fon corps font jaunes ; fes
yeux feuls font noirs. Ses aîles ont leur bord inférieur an-
guleux , & elles font auffi jaunes , avec deux bandes tranf-
verfes un peu circulaires de couleur plus foncée : ou fi l’on
a28 HisTOIRE ÂBRÉGÉE
veut , la bafe de l’aîle eft foncée , puis vient une large
bande tranfverfe plus claire, enfuite une bande foncée qui
s’éclaircit peu à peu jufqu’au bas de Païle. Les ailes infé-
rieures ont feulement dans leur milieu une bande tranf-
verfe brune fort étroite. On trouve très-fouvent cette pha-
lêne fur les chênes. Je foupçonne qu'elle vient d’une che-
nille arpenteufe qu'on rencontre fréquemment fur cet
arbre.
37. PHAL ÆN A pechinicornis elinguis , alis patentibus
angulatis cinereis , fafcia duplici tranfver/a , punéloque
obfcuriore ; atomis cinerafcentibus.
L'anguleufe.
Longueur 4 & lignes.
Sa couleur eft toute grife : fes aîles fupérieures ont leut
extrémité pointue ; & celles de deffous ont le milieu
du boïd inférieur anguleux & pointu. Toutes ces ailes font
parfemées de petits points bruns. Elles ont toutes quatre
une bande tranfverfe brune droite , & en-deffous une au-
tre plus étroite finuée , qui vers l'extérieur fe joint &
fe confond avec la premiere ; de plus dans le haut de
laîle , il y a un point marginal brun. Le mâle a les anten-
nes très-peétinées , & la femelle les a en filets. Souvent le
bord inférieur des aîles de cette phalêne eft teint en cou-
Jeur de rofe.
33 PHAL ÆN A peélinicornis elinguis , alis patentibus
flavis , lineis fuperne tribus ; inferne duabus tranfverfis
faces.
La double ceinture.
Longueur 3 + lignes.
Son corps eft jaunâtre ; fes aîles font d’un affez beau
jaune , avec des lignes tranfverfes brunes au nombre de
trois en-deflus & de deux en-deffous. Le bord inférieur de
l'aile eft auffi brun.
$«
DES INSECTES: 129
STT
PHALENES A ANTENNES EN PEIGNE, AVEC
UNE TROMPE ET LES AILES RABATUES.
32 PHALÆNA pedlinicornis [pirilinouis , ais deflexis
pallido-luteis limbo roféo ; fuperioribus macula , tnferio-
ribus fafcia duplici fufca.
Linn. faun. fuec. n. 837. Phalæna pe@inicornis fpirilinguis , alis fubdeflexis
margine rubro, fuperioribus fulvis lunula fufca , inferioribus fufcis.
Linn. Jyf nat. edit. 10 , p. 520 , n. 136. Phalæna geometra yulpinaria,
Rob. ic.t.30,f. 1.
AG. Upf. 1736,p.23, n. 4. Papilio alis planis fulvis macula rubente,
Raj. inf. 228, n. 75. Phalæna minor corpore craflo è fufco & rubro diverfico-
lore , alis exterioribus obfcure rufs feu pullis, duabus maculis nigris notatis,
inferioribus è pullo & rubro variis,
La bordure enfanglantée.
Longueur 10 lignes.
Ses antennes font peétinées plus dans les males que dans
les femelles. Leur nervure du milieu eft d’un beau rouge
& les barbes des côtés font brunes. Le corps eft Jaune , fi
ce n’eft en-deffous où il y a du rouge entre les pattes. Les
ailes font jaunes, bordées de rouge couleur de rofe. Celles
de deflus ont au milieu une tache brune , à côté de
laquelle eft une tache rouge qui lui eft Jointe. Les ailes in-
férieures ont deux bandes tranfverfes & en arc de couleur
brune. Le deffous des aîles fupérieures a de pareilles ban-
des , & les inférieures ont feulement une tache obfcure au
milieu.
N.-B. Il y en a une variété plus petite qui n’a que fix
lignes de long. Elle eft beaucoup plus jaune , de couleur
de tabac d’efpagne & reflemble tout-à-fait à l’autre , mais
fes antennes font moins barbues.
40. PHAL ÆN A peéinicornis fpirilinguis viridi -cœru-
La nitens , alis inferioribus fufcis. Linn. faun. fuec.
n. 338.
Tome II. R
130 HISTOIRE ABRÉGÉE
Linn. [yff. nat. edit. o , p. 495 , n. 38. Sphinx flatices,
Petiv. muf. 229. Papilio parva alis pendulis , corpore & alis viridibus aut
cœruleis.
Raj. inf. p. 134, n. 3. Nomen petiveri.
La turquoife.
Longueur 6 lignes.
Ses antennes , tout fon corps & le deflus de fes aîles fu-
périeures ; font d’un beau vert brillant un peu doré. Les
aîles inférieures & le deflous des fupétieures font de cou-
leur brune.
ai. PHALÆN À peclinicornis fpirilinguis , alis deflexis
nigro fufcoque undulatis ; inferioribus albs.
La phaléne brune à aïles inférieures blanches.
Longueur 7 lignes.
Sa tête , fes antennes , fon corcelet font bruns. Ses aîles
fupérieures font de même couleur , mais panachées de
noir , ce qui les rend plus foncées. Les inférieures font
blanches. En-deffous , les aîles fupérieures font d’un brun
un peu plus clair qu’en-deflus & les inférieures font moins
blanches.
42. PHAL ÆNA peélinicornis fpirilinguis triangularis,
alis deflexis nigro-roféis , fafciès tranfverfis nigricar-
abus.
La damererte.
Longueur 4 + lignes.
Ses yeux & fes antennes font noirs & fon corps eft brun.
Ses aîles font d’une couleur de rofe terne , avec quatre ou
cinq raies noirâtres & tranfverfes en-deflus & une couple
feulement en-deflous ; mais le milieu de chaque aîle eft
chargé en - deflous d’un point noir qui ne fe voit point en-
defflus. Lorfque l’infeûte eft en repos, il tient fes ailes
parallèles au plan de pofition ,; & pour lors ces ailes
forment une figure triangulaire qui fait reffembler cette
phalêne à une dame en panier.
DES INSECTES. 131
43. PHALÆN A pedinicornis fpirilinguis ; corniculis
criflatis , alis deflexis ochroleucis ; linea duplict tranf-
ver/a faturatiore.
Le toupet - tanne.
Longueur 5 lignes.
Sa couleur eft toute d’un jaune obfcur tanné , imitant
la couleur de feuille morte ; elle varie un peu , étant tan-
tôt plus claire & tantôt plus foncée. Ses ailes fupérieurés
ont en-deflus deux lignes tranfverfes plus brunes. Mais ce
qui fait fur-tout remarquer cette phalène ;, ce font deux
longs barbiilons pofés au-deffous des antennes & velus
_des deux côtés , avec une efpéce d’appendice au bout qui
eft jointe au refte par une articulation.
SAULT
PHALENES A ANTENNES EN PEIGNE sos AVEC
UNE TROMPE ET LES AILES ÉTENDUES.
44. PHAL ÆN A pedinicornis fpirilinguis ; alis paten-
zibüs rotundatis niveës , corpore flavo.
La laiteufe.
Longueur 3 lignes. Largeur 7 lignes.
Ses yeux font noirs & fon corps eft jaunitre. Ses aïles
font toutes blanches & fort délicates. Elles font arrondies :
celles de deffous ont cependant vers le milieu du bord in-
férieur un petit angle.
45. PHALÆN A pedlinicornis fpirilinguis , alis paten-
bus albido-luteis ; omnibus fulvo tranfverfim denfe
Jiriatis.
La phaléne firiée fauve.
Longueur s lignes. Largeur 1 pouce.
Sa tête , fon corps & fes antennes font de couleur fauve.
Ses ailes font jaunatres , avec des flries fines & tranfverfes
R i]
132 HISTOIRE ABRÉGÉE
de couleur fauve rougeâtre. Ces ftries font plus ferrées
près du bord extérieur des ailes de deflus ; qui en cet
endroit paroiïflent plus brunes.
46. PHAL ÆN A petlinicornis fpirilinguis , alis paten-
tibus cinereis ÿ fuperiorum margine exteriore macula
triplict nigro- fufca.
Le damas cendre.
Longueur 4 lignes. Largeur 8 lignes.
Sa tête . fes antennes & Île haut de fon corcelet font
bruns , le refte de fon corps eft de couleur cendrée , ainfi
que les ailes inférieures. Les fupérieures font pour la plus
grande partie de même couleur , chargées de quelques
petits points bruns , & de trois grandes taches brunes fon-
cées, difpofées le long du bord extérieur de l'aile ; favoir,
une à la bafe à côté de la partie du corcelet qui eft brune ;
une au milieu formant un quarré irrégulier , & une petite
atrondie pofée vers le bas. Les pattes font brunes , avec
plufieurs anneaux blancs.
47. PHAL ÆNA pelinicornis fpirilinouis ; alis paten-
zibus cinereis ; fufco- nebulofis , lineis tranfverjts inæ-
qualibus.
La bande inégale. ‘
Longueur 7 lignes. Largeur 13 lignes.
Elle eft pat-tout de la même couleur grife , feulement
fes aîles font nuancées de brun, & de plus elles ont toutes
trois ou quatre lignes brunes tranfverfes , qui s'approchent
beaucoup les unes des autres près du bord intérieur &
vont en s'écartant vers l'extérieur. En - deflous , les quatre
aîles ont chacune un point brun au milieu. La femelle n’a
point les antennes peëtinées , mais tout-à-fait en filets.
48. PHAL ÆN A pedinicornis fpirilingues , als paten-
2ibus luteis , fafcia tranfverfa rubra.
La bande rouge.
Longueur 6 lignes, Largeur 13 lignes
DES INSECTES 13%
Ses antennes ; fon corps & fes aïles font d’une couleur
jaune terne. Sur les quatre ailes , tant en-deffus qu’en-def-
fous , il y a une aflez large bande tranfverfe d’un rouge
couleur de rofe , & quelquefois vers la bafe des aîles
fupérieures en-deflus , une autre raie pareille , mais fort
étroite.
49. PHALÆNA pefinicornis fpirilinguis , alis paten-
tibus cinereo-obfcuris , linea fafciaque alarum tranfverfa
obfcuriore , punélo marginalt nigro.
La bande à point marginal,
Longueur $ lignes.
Cette phalène reffemble beaucoup à celle de la livrée ;,
dont nous avons parlé ci-deffus : fa couleur eft par-tout
d’un gris de perle un peu foncé. Il y a fur le milieu de fes
ailes fupérieures une large bande tranfverfe de couleur
plus foncée , fur le botd de laquelle , du côté extérieur , eft
un point noir. Au - deflus de cette bande dans le haut de
l'aile , eft une petite bande tranfverfe brune , & vers l’an-
gle inférieur de la même aile , ef un commencement de
bande femblable , mais qui ne va pas loin. En-deffous , les
ailes n’ont ni bandes ni points ; mais elles font toutes
gtifes.
so. PHAL ÆN A pedinicornis fpirilinguis , alis paten-
bus flavefcentibus ; fafciis plurimis tranfverfis ; non-
aullis connexis ; atomifque fufcis.
Biblioth. reg. Parif. p. 16,f.9,10,11.
La rayure jaune picotée.
Longueur $ lignes,
Son corps eft d’un brun jaunâtre en-deflous. Ses ailes
font jaunes , avec des bandes brunes tranfverfes , dont
quelques-unes fe réuniffent enfemble , & entre ces bandes
à fond jaune de l'aile eft tout parfemé de petits points
runs;
134 H1iSTOIRE ABRÉGÉE
st. PHALÆNA petlinicornis fpirilinguis ; alis paten-
tibus cinereis ; atomis maculifque nigris.
or1faclle.
FAUs ; a > 14 lignes.
Cette efpéce varie beaucoup pour la grandeur , fouvent
d’un quartou d'un tiers. Les males ont leurs antennes
pettinées & bien barbues , les femelles les ont tout-à-fait
en filets. Leurs ailes en-deffus font blanches , mais toutes
parfemées de petits points noirs qui les font paroitre
grifes , & de plus elles ont quelques bandes de taches
en forme de croifflans & de zig zags , mais fouvent peu
marquées & peu fuivies. En-deffus , les ailes font blanchà-
tres , avec un point noir près le milieu du bord extérieur
des aîles de deflus , quelques taches de même couleur vers
leur extrémité , & fouvent une bordure de points noirs,
qui cependant n eft pas conftante. Cet infeéte a été pris à la
Terre de Bandeville , à quelques lieues de Paris , & c'eft
d'après ceux que M. le Préfident de Bandeville a confervés
dans fon cabinet , que je l’ai décrit.
Ÿ$ECOGNDE FAMILLE
PHALENES A ANTENNES FILIFORMES.
AL:
PHALENES AVEC UNE TROMPE ET LES AILES
ÉTENDUES.
s2. PHAL ÆN A Jéricornis , fpirilinguis , alis paten-
tibus cinereis , fafciis plurimis tranfverfis , nonnullis
connexis ; atomifque fufcis.
Ray. inf. 180 , n. 6. Phalzna media , colore vario è fordide flavefcente feu
fulvefcente & nigro cum tribus lineis tranfverfs nigris in exterioribus alis.
La rayure blanche picotce.
Longueur $ lignes. Largeur 13 lignes.
Son corps eft brun : fes aïles font blanchâtres , avec des
DES INSECTES. 135
bandes brunes tranfverfes , dont quelques-unes fe confon-
dent & fe réuniflent enfemble , & entre ces bandes brunes
le fond de Paile eft picoté & parfemé de petits points
bruns. On voit par - là combien cette efpéce approche de
la précédente. Je les regarderois comme variété l’une de
Pautre , fi celle-ci n’avoit pas les antennes en filets & l’au-
tre les antehnes peétinées,
53 PHALÆN A /éticornis fpirilinguis , alis paten-
tibus fufcis , utrinque maculis albis quadrangules tefJel-
latis.
Linn. fyft. nat. edit. 10, p.$24, n. 163. Phalæna geometra feticornis, alisom-
nibus Bavefcenti-albidis, lineis nigris decuflaris.
Ibid. — Clathrata.
Les barreaux.
Longueur $ lignes. Largeur 11 lignes.
La couleur de fa tête , de fon corps & de fes antennes
eft noirâtre. Le fond de la couleur des aïîles eft brun , avec
des taches nombreufes ; la plüpart quarrées ; de couleur
blanche ; ou fi l’on veut les aîles font blanches , avec des
bandes brunes longitudinales & tranfverfes qui fe croifent
& forment comme des grillages ou barreaux fur les ailes.
54 PHALZÆNA /éricorms fpirilinguis , alis paten-
tibus albo fufcoque nebulofis ; ano flava. Linn. faun.
Juec. n, 846.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p.529, n. 195. Phalæna geometrathortulana.
Goed. belg, 2 ,p. 37; f: 13. € gall, tom. 3, tab. 13.
Lift. Goed. p.156, f. 61.
Albin. inf. t. xxxvi]. f. 60.
Reaum. inf. 1,1, 49,f. 17,18.
Petiv. gazop. s1, 1. 32, f. 8. Phalæn minor alba , maculis nigrefcentibus
ornata. :
Raj. inf. 222 , n. 73. Phalæna minor , alis oblongis ex albo & cœruleo
nigricante Variis , ad exortum flavis.
De Geer, mem. 1,p.701,t.28,f. 18, 19. Phalène à antennes en filets, blanche,
à taches noires nuancées & à corcelet jaune. |
De Geer, ibid. p. 418. La chenille.
Rofel, inf. vol, 1 , tab, 14, claff. 4. Papil.no@urn;
136 H1iSTOIRE ABRÉGÉE
La queue jaune.
Longueur 7 lignes.
Le haut de fon corcelet eft jaunâtre ; fon corps eft
cendré & fon ventre fe termine par une queue velue très-
jaune. Ses ailes font grifes , blanchâtres , avec des taches
d’un noir bleuûtre. Ces taches forment fur le bas des ailes
deux bandes tranfverfes , & dans le haut il y en a deux ou
trois placées irréguliérement. La bafe des ailes fupérieures
a un peu de jaune. Le deflous de l’animal eft femblable au
deffus.
La chenille de cette phalène a feize jambes garnies
d’une couronne de crochets prefque complette. Elle eft
verte , avec une raie d’un vert plus obfcur tout le long du
dos. Elle vient fur les pommiers & autres arbres fruitiers
auxquels elle fait beaucoup de tort. On la trouve auffi
aflez fouvent fur les feuilles d'ortie qu'elle plie pour fe ca-
cher dedans & s’en nourrir.
ss PHALÆNA /éricornis fpirilinguis ; alis paten-
tibus fupra fufcis , pone fubtufque flave[centibus. Linn,
faun. fuec. n. 847.
La doublure jaune.
Longueur 6 lignes.
Son corps eft noirâtre : fes aîles font en-deffus d'une
couleur brune obfcure , marbrée de taches & de raies plus
noires , principalement vers le bord extérieur, & jaunâtres
vers le bord inférieur. En-deffous , les aîles font jaunes ,
avec quelques bandes tranfverfes brünes mal terminées , &
une tache au milieu des ailes fupérieures. Cette phalène, à
la premiere vüe , reffemble à un papillon.
$& PHALÆN A /ericornis fpirilinguis , alis paten-
tibus albis ; maculis inæqualibus nigris plurimis ; faf-
ciaque tranfver[a lutea.
Linn. faun. fuec. n. 849. Phalæna feticornis fpirilinguis ; alis patentibus albis,
maçulis inæqualibus nigris plurimis,
Linnr.
.
DES INSECTES. 137
Linn. fyft. nat. edit. 10 , p. $2$ , n. 167. Phalæna geometra groffulariata.
Mouffet. lat. p.96 , n. 10.
Jonff. inf. p. 39 ;n. 10, t. 6. Phalænæ mediæ decima,
Merian. europ. 1, pe 11,1, 29.
Goed. gall. tom. 2 , tab. xxj.
Lift. Goed. p. 14, f. 9.
Frifch. germ. 3 , p. 14, t. 2. Spithometra nigro luteoque maculata.
Petiy, muf. 3, n. 4. Phalæna hortenfis alba , maculis plurimis nigris infignita.
— Îdem.4, n. 7. Eruca geometrica , pulchre variegata , groffulariis depaf-
cens.
Ray. inf. 178 ; n. 14. Phalæna media, alis amplis albis , maculis crebris nigris &
lineis tranfverfis luteis variis. /
— Idem. 179. Eruca geometra groffularia majufcula alba rubro & nigro colo,
ribus varia.
— Idem. 373 n. 1. Eruca geometra groffulariam depafcens
Biblioth. reg. Par. p. 16, f. 2. Nomen petiveri,
Albin. inf. t. 43 , fig. f. g.
Rofel. inf. vol. 1 , tab. 2, claff. 3. Papil. no@urn.
L'amir. inf. tab. 26. .
La moucheree.
Longueur 8 lignes. Largeur 1 pouce.
Cette belle phalêne a la tête noite , les antennes & les
pattes brunes. Son corcelet eft jaune ; avec quelques
taches noires en-deflus. Son ventre pareillement jaune a
cinq bandes longitudinales de taches noires ; trois en-def-
fus ; favoir , une au milieu &t une de chaque côté , & deux
en - deffous. Ses ailes font blanches , avec plufieurs taches
noires , la plüpart rondes comme des mouchetures , dont
plufeurs forment des rangées tranfverfales. Vers la bafe
de laile , entre deux de ces rangées , eft une petite bande
d’un jaune aurore , & vers le milieu , entre deux autres
rangées femblables , fe trouve une pareille bande bien
plus grande, Ces bandes aurores ne font que fur les ailes
fupérieures & feulement en-deflus. La chenille de cette
phalène eft aufli fort belle. C’eft une arpenteufe à dix
pattes , de couleur blanche , tachetée de rouge & de noir.
On la trouve fur le grofelier.
-
57. PHALÆN A /ericornis fpirilinguis , alis paten-
tibus ; finuatis , pallido-glaucis fafeia tranfverfa obfcu-
riore.
Tome IL. S
138 HISTOIRE ABRÉGÉE
Reaum. 1,1. 39, fe 13, 14. |
Raj. inf. 232, n. 77. Phalæna minor alis ex cœruleo viridibus , exterioribus
duabus lineis tran{verfs albicantibus diftin@is,
Linn. faun. fuec, n. 922, Phalæna albo-virefcens , alis planiufculis,
Le celadon.
Longueur 9 lignes. Largeur 21 lignes.
Ses yeux font noirs & fon corps eft de couleur cendrée.
Ses ailes font grandes , un peu finuées à leur bord infé-
rieur , & d’un vert d’eau pale , avec une large bande tranf-
verfe un peu plus foncée fur chacune. Cette bande eft plus
large vers le bord extérieur.
Sa chenille eft rafe , de couleur verte , avec des ban-
des tranfverfes jaunâtres. Sa tête eft groffe & fa queue eft
déliée. On la trouve fur le chêne. Elle file une coque
d’une forme finguliere femblable à un Eateau. M. de
Reaumur appelle cette chenille ; chenille à forme de poif=
Jon, tom. 1, pag. 560.
$3 PHALZÆNA féticornis fpirilinguis , alis paten-
tibus fulphureis , Linea duplici tranfverfa obfcuriore ;
inferiortbus caudatts.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 519 , n. 119. Phalæna geometra pectinicornis (male }
alis caudato-angulatis flayvefcentibus , lineis duabus, poflicis apicibus bipunc-
tatis. ,
Goed. gall. tom, 3 ; tab. 34.
Lift. Goed. f. ro.
Petiv. gazoph. 1. 51, f. 6.
Ra. inf. 177, n. 9.
Albin. inf, t. 94.
Rofel. inf. vol, 1 , tab. 6 ; claff. 3. Papil. no@urn.
La fouffree à queue.
Longuzur 10 lignes.
Elle eft par-tout d’une couleur jaune pâle , imitant la
couleur de foufre ; fes yeux feuls font noirs. Ses quatre
aîles ont en-deflus deux lignes tranfverfes un peu brunes,
entre lefquelles la couleur n’eft pas plus foncée que dans le
refte de l'aile, en quoi elle différe de la précédente, où la
couleur forme une large bande plus foncée. De plus dans
DÉS INSECTESA 139
celle-ci, près du bord extérieur entre les deux raies , il y a
un commencement d’un troifiéme femblable , mais fort
court. À l'extrémité des ailes inférieures , il y a des
efpéces d'appendices ou petites queues , avec deux taches
noires ; fouvent un peu dorées vers la bafe de ces queues.
La chenille‘eft une arpenteufe à dix pattes , de couleur
brune & qui reflemble pour la forme & la couleur à un
bâton.
59 PHALÆN A /éricornis fpirilinguis ; alis paten-
tibus luteis , duplici punélorum cinereorum ordine , fupe-
rioribus maculis duabus & rachi croceo-ferrugineis.
Linn. [yfé. nat. edit. to, p. $25 , n. 168. Phalæna geometra feticornis alis flavif-
fimis, anterioribus maculis coftalibus tribus ferrugineis , media fubargentea,
Ray. inf. 169 , n. 27. Phalæna media , alis avis, maculis aliquot rufis feu fer-
rugineis piétis,
L'amir. inf. tab, 13.
La citronelle rouillee.
Longueur 7 lignes. Largeur 15 lignes.
Ses antennes , fa trompe , fon corps & fes pattes font
d'une couleur fafranée & fes yeux font noirs. Ses ailes
fort arrondies font d’un jaune citroné , avec deux bandes
tranfverfes de points ou petites taches cendrées fur chacu-
ne , & de plus , les ailes de deflus ont leur bord extérieur
d’un jaune couleur de rouille , avec deux taches fembias
bles qui vont fe confondre avec ce bord.
60. PHALÆN A /ericornis fpirilinguis , als paten-
tibus albis , margine undiqué interrupte fufcis. Linn.
faun. fuec. n. 860.
Linn. [yff. nat. edit, 10, p. $27 , n, 182. Phalæna geometra feticornis , alis
omnibus albis , margine exteriore limbo fuico interrupto.
AG, Upf. 1736 , p. 23, n. 37. Papilio alis planis albis, maculis fufcis inæ-
qualibus marginalibus.
La bordure entrecoupee.
Longueur 6 lignes. Largeur 11 lignes.
Ses pattes ;, fes antennes & tout fon corps foût bruns , à
Sij
140 HISTOIRE ABRÉGÉE
l'exception des yeux qui font noirs. Ses aïles font blan-
ches , bordées de bandes brunes entrecoupées. Dans les
aîles de deffus , le bord inférieur a une large bande , inégale
pour la largeur : au bord extérieur , il y a d’abord une affez
longue bande qui part de la bafe ; enfuite , après un inter-
valle vuide , eit une feconde bande courte irréguliere , &
enfin , après un autre inrervalle , fe trouve l'extrémité
de la bande du bord inférieur. Les aïîles de deffous n’ont
que deux bandes ou taches au bord inférieur. Le deffous
de l’infette eft femblable au deflus , fi ce n’eft que Le brun
eft plus clair.
61. P H A L Æ NA féticornis fpirilinguis ; als paten-
abus flavis , maculis numerofis fufces.
La phaléne panthere.
Longueur s lignes. Largeur 1 pouce.
Ses ailes font d’un beau jaune vif ; avec beaucoup de
taches brunes , au nombre de quinze ou feize pour chaque
aile : plufieurs de ces taches fe touchent. Le corps de Pin-
fecte eft pareillement jaune taché de brun.
62. PHAL ÆNA /ericornis Jpirilinguis » als paten-
tibus albidis , atomis cinerafcentibus , & fafcia duplici
undulata Jérruginea.
Les atômes à deux bandes.
Longueur s 3 lignes. Largeur 1 pouce.
Tout fon corps eft jaunâtre , à l'exception des yeux qui
font noirs. Ses ailes font bilanchâtres , toutes piquées de
petits points cendrés , avec deux bandes tranfverfes, on-
dées de couleur jaunâtre & quelquefois brune.
63. PHALÆN A /ericornis fpirilinguis ; alis paten-
tibus albidis , atomis cinerafcentibus ; & fafcia undula-
ta férruginea.
Linn, fyfE. natsedit. 10, p. 528; n. 188. Phalæna geometra feticornis, alis albi-
dis concoloribus , ftriga cinerea , pun&@to margineque nigro punétatis.
DESUENSECTES 147
Les atômes à une bande.
Longueur s lignes,
Ses yeux font noirs , fon corps eft jaunâtre & fon ventre
brun. Ses aîles font blanchätres , toutes piquées de points
cendrés , avec une bande tranfverfe de couleur de rouille
du milieu. En-deffous, à l'endroit de cette bande , eft une
bande de points noirs plus gros que ceux du refte des
aîles.
64 PHALZÆN A fexicornis fpirilinguis ; alis paten-
tibus albis , fuperioribus macula nigra , & fafcia duplici
ir extremo undulata.
Frifch. germ. 4,1. 16.
Rofel, inf. vol. à , tab. 7. claff: 3. Papil. no@urn.
La phaléne blanche à tache & bande noire.
Longueur 4 lignes. Largeur s lignes.
La couleur de fon corps eft brune un peu cendrée, Son
ventre eft blanc en-haut & en-bas, & dans le milieu il eft
cendré , avec de petits points noirs fur les côtés. Ses ailes
font blanches ; les fupérieures ont une tache noirâtre aflez
grande qui touche le bord extérieur ; outre deux autres
petites taches le long de ce bord, fituées un peu plus haut,
dont la premiere , partant de la bafe de l’aïle , eft longue &
la feconde courte. Le long du bord inférieur, il y a deux
bandes noiïrâtres plus claires & ondulées. Les aïles en-
deflous ont des raies tranfverfes de points noirs. Cette
phalêne eft fort délicate. La chenille eft une petite arpen-
teufe jaunâtre , rafe & à dix pattes.
65. PHALZÆN A /enicornis fpirilinguis , alis paten-
tibus niveis , omnibus pone fafcia undulata fufca , [u-
periorum margine externo maculis nigrès.
La bande interrompue.
Longueur 4 lignes. Largeur 8 lignes.
Tout linfedte eft de couleur blanche, Ses ailes ont
142 HISTOIRE ABRÉGÉE
toutes, proche le bord inférieur , une bande tranfverfe on-
dulée aflez large ; de couleur brune , qui paroït interrom-
pue dans fon milieu. Mais fi on regarde de près , on
voit que la couleur eft feulement beaucoup plus claire
en cet endroit , ce qui forme deux taches aux deux côtés
& fait paroitre cette bande comme coupée. De plus , le
bord extérieur des ailes de deflus a deux ou trois taches
noires , & les quatre ailes ont en-deflous dans leur milieu
chacune un point noir.
66 PHALÆN A /éncornis fpirilinguis , alis paten-
tibus cinereis , fafciis linearibus fufcts ; pundoque ni-
gro. Linn. faun. fuec. 854.
Linn. [yfE nat. edit. 10, p. 529 , n. 198. Phalæna geometra ffratiotata.
La phaléné orile à lignes Brunes & poirit noir.
PB $ 8 F
Longueur 3 3 lignes. Largeur 9 lignes.
Elle eft toute grife. Ses ailes ont des raies brunes tranf-
verfes ondulées , fouvent mal terminées , avec un point
noir bien marqué au milieu de chacune. J'ai quelque dou-
te au fujet de cette efpéce , & Je craindrois que celle que
M. Linnæus a défignée ,ne différât un peu de la nôtre. La
8 ; p
fienne paroït plus grande que celle que nous avons , &
P P D q ,
probablement la trompe de la fienne doit paroiître diffci-
lement, puifqu'il n'a pas pü s'aflurer de fon exiftence ; au
lieu qu'on voit très-diftinétement la trompe de notre efpé-
ce. La chenille vit dans Peau fur le ftatriote & le potamo-
geton.
67 PHALZÆN A /eticornis fpirilinguis ; alis paten-
tibus albis , linea duplici undulata [ubfufca.
La phalêne blanche à lignes brunes fans points.
Longueur $ lignes. ‘Ecrgeur 1 pouce.
Ses yeux font noirs , fa trompe & fes antennes font
jaunes : tout le refte de fon corps eft blanc , avec deux
bandes tranfverfes ondées , d’un brun pâle & peu marqué
DES INSECTES. 14
fut les aîles fupérieures. Au bord inférieur des ailes , il y a
quelques petits points noirs prefqu'imperceptibles.
68. PHALÆN A /éricornis fpirilinguis , alis paten-
tibus luteis , lineodis fufcis & albidis undulatis , limbo
dentato.
La brocatelle d’or.
Longueur $ lignes.” Largeur 11 lignes.
Son corps & fes ailes font jaunes , avec nombre de raies
tranfverfes ondulées de couleur brune & quelques-unes
de couleur blanche. Ces raies font moins nombreufes en-
deffous , mais chaque aïîle a dans fon milieu un point
blanc. Le bord inférieur des aîles eft un peu dentelé. La
chenille de cette phalène eft une arpenteufe à dix pattes
qui vient fur le chêne & fur l’orme.
69, PHALÆNA Jéricornts Jpirilinguis , alis pater-
abus albis , neolis fafciifque plurimis undulatis fufcis,
limbo fubdentato.
La Brocatelle d'argent.
Longueur 4 lignes. Largeur 10 lignes.
Son corps eft d’un brun cendré : fes ailes font blan-
ches , avec plufieurs bandes brunes tranfverfes ondulées ,
dont quelques -unes fe trouvent à la bafe de l’aile fuivies
d'un intervalle blanc. Enfuite vers le milieu il y en a plu-
fieurs , après quoi vient une bande blanche encore plus
grande que la premiere , & enfin plufieurs terminent l'aile
& font coupées dans leur milieu par une ligne tranfverfe
blanche en zig-zag. La frange du bord inférieur eft un peu
dentelée & entrecoupée de blanc & de brun. Le deflous
des ailes eft plus blanc que le deflus , & on y remarque
quelques points noirs & peu de bandes brunes.
70. PHAL ÆN A esicornis fpirilinguis , ais paten-
tibus cènereis ; fafciis plurimis fufcis undularis tranf-
vérfis , limbo fubdentato.
144 HISTOIRE ABRÉGÉE
La brocatelle brune.
Longueur 4 lignes.
Son corps eft oris entrecoupé & mêlé de brun. Le fond
de fes aîles eft de couleur cendrée , avec plufieurs bandes
tranfverfes brunes ondées. Le bord inférieur des aîles
eft un peu dentelé , avec une grande frange de poils.
71. PHALÆN A /ericornis fpirilinguis , alis paten-
tibus albis , fingulis fafcia urdulata ferrata , & omicro
albis.
Les quatre omicrons.
Longueur 4 lignes.
Son corps & fes ailes font blancs. Chaque aile a en-def-
fus dans fon milieu un petit O noir, ce qui fait quatreO,
quand l’infeéte tient fes aîles étendues. Au-deffous de ces
quatre O, il y a une bande tranfverfe noire en zig-zag
aigu. Le deflous des ailes eft tout blanc.
72. PHALÆNA /énicornis fpirilinguis , alis paten-
tibus cinereis , margine exteriore fufco, punéloque alarum
722970. S
La nervure Brune.
Longueur 3 3 lignes.
»
Sa couleur en-deflus eft prefque toute grife , avec un
petit point noir au milieu de chaque aile & la bordure
extérieure des aîles de deffus brune. En - deflous , les aiîles
font de même couleur, mais celles de deflus ont plufieurs
lignes brunes tranfverfes.
793 PHAL ÆN A /eticornis fpirilinguis ; alis paten-
tibus viridi fufcoque variegatis , fafcia triplicé undulata
obfcuriore.
La phaléne à bandes vertes.
Longueur s lignes. Largeur 11 lignes.
.… Sa couleur eft brune , mêlée de vert. Ses ailes ont trois
bandes
DES,INSECTES. 14$
bandes plus foncées , entrecoupées par autant de bandes
tranfver{es plus claires. La premiere de ces bandes claires
eft grifâtre , & la moitié extérieure de la derniere eft pref-
que tout-à-fait blanche. Cette phalêne eft éclofe chez moi,
mais je ne me fouviens point quelle eft la chenille qui me
l'a donnée.
Su TT.
PHALENES 4 ANTENNES FILIFORMES; AVEC
UNE TROMPE ET LES AILES RABATUES.
74 PHAL ÆN A /éricornis fpirilinguis , alis deflexis ;
Juperioribus atris rivulis flavis ; inferioribus rubris ma-
ds nigres.
Linn. fyfl. nat. edit. 10 , p. sor,, n. 15. Phalæna bombyx elinguis , alis deflexis
atris, tivulis flavis, inferioribus rubris nigro maculatis.
Linn. faun. fuec. n. 821.
La phaléne chinee.
Longueur 11 lignes.
Suivant la phrafe de M. Linnœus , la fienne a les anten=
nes petlinées & point de trompe ; au lieu qu’on voit tout
le contraire dans celle-ci.
Les antennes de la nôtre font longues , fines, noirâtres
& en filets. Son col eft jaune , ainfi que fon corcelet, quia
feulement un peu de noir fur les épaules. Le ventre eft
jaune & a en-deffous trois bandes longitudinales de points
noirs. Les aîles fupérieures font noires en-deflus , avec de
longues bandes jaunes au nombre de quatre ou cinq,
obliques & tranfverfes , ce qui fait paroitre ces aîles flam-
bées ou chinées. En-deffous elles font jaunes , avec des
bandes noires bordées de rouge & quelques taches blan-
ches vers le bas. Les aïles inférieures font en-deflus d’un
beau rouge , avec trois ou quatre taches noires oblongues ;
en-deffous elles font d’un rouge plus pale & terne , avec
une feule tache noire vers l'angle intérieur. l
Tome IL. L
146 HISTOIRE ABRÉGÉE
75. PHAL ÆN A Jéticornis fpirilinguis , ais fuperio-
ribu: füfcis, Linea punéifque duobus rubris, inferiortbus
rubris. Lin. faun.fuec. n. 869.
Linn. Jyff. nat. edit. 10 , p. sr, n. 81, Phalæna no@ua jacobæz.
Mouffer. lat. p.98,n.3;,t.97./f. Intertres infimas fuprema. & p. 183. Flayefcens
fuperior.
Jonft. inf. t. 6 , ord. 3. Phalæna minima pratenfis. 2,
Charlet. onom. p. $ 3. Eruca jacobæa.
Rob. ic. t, 10.
Albin: inf.r. xxxiv, f. HG.
Merian: europ. 3 » pu 56 , f. 28
Goed. gall. tom. 2 , tab. ix.
Lift. Goed. p. 134, f. 54.
Reaum. inf. rt. 16,fn4,5$,6,7
Petiy. gaz, p.52 te 33, f. 6. Phalæna umbrica:, linea maculifque fanguineis,
Raj. inf. 168 , n. 26. Phalæna media , alis exterioribus colore nigro & {angui-
nec varirs, EXtimo duntaxat margine nigro.
Derrham. Phyfico-theol, 1. 8, c, 6,.n. 6. Papilio jacobæz.
Biblioth. reg. Parif. p. 36 , f.-omnes.
Rofel. inf. vol. x , tab. 49, claff. 2. Papil. no&urn.
L'amiral, inf. tab. 3.
La phaléne carmin du féneçon. *
Longueur 8 lignes.
* Ses antennes & tout fon corps font d’un noir matte. Ses
ailes fupérieures font d’un noir un peu brun, avec une lon-
gue bande rouge près du bord extérieur & deux taches
rondes de même couleur , l'une vers l’angle extérieur ,
l'autre proche l'angle intérieur du bas de l'aile, L’aile infé-
rieure eft rouge , avec fon bord extérieur noirâtre. Cette
phalêne a les mêmes couleurs deilus & deflous.
Sa chenille eft à feize pattes. Elle a dés anneaux alterna-
tivement noirs & jaunes un peu fafranés. Elle fe trouve
très - communément fur les Jjacobées & les fénecons, Sa
phalène voltige fouvent dans les Jardins , où fa belle cou-
Jeur rouge , imitant celle du carmin , la fait remarquer.
Elie ne s’éleve pas haut en volant, & fon vol eft lourd,
comme celui de plufieurs autres phalênes.
76. PHAL ÆN A féricornis fpirilinguis , alis incum-
Bentibus , exteriortbus cœfais nebulofis ; inferioribus
DES! TINseGTESs! 147
duteis. , fafcia atra maroinal. Linn. faun, fuec. n.
870:
Linn, [ÿff. nat. edit. 10, p. s12 ,n.87. Phalæna noûua pronuba.
Lift. Goed. p. 114, f. ar.
Goed. belg. 1,p. 71, f. 14: NoGtua. € gall, tom: 2 , tab. xiv.
Albin. inf. 72 ,f. C. D.
Merian. europ. t. 49.
Merr. pin. 198 ,,n. $. Phalæna major cum exterioribus alis fufcis, internis
aureis , nigra linea fimbriatis.
Ra. inf. 237, n. 18: Papilio major alis prælongis , exterioribus vél rufis, vel
ex cinereo nigricantibus.; interioribus fulvis', cum fafcia lata nigra prope
imum maïginem,
Frifch. germ. 10, p.173 418, f. 4.
Reaurm. inf. 1,t.14,f.6, 7,839, vo.
—— Jhid.1.t.41,f.xr.
AG, Upf. 1736, p. 124, n. 60. Papilio alis deprefMis grifeis , obf&ure maculatis ;
inferioribus flavis, margine nigro,
Biblioth. reg. Parif. p. 37; f..omnes.
De Geer, mem.x , p.ro9,t, $ ,f. 17 3 18. Chenille rafe affez groffe, brune,
avec deux pêtits traits noirs fur chaque anneau & trois raies jaunâtres.
L'anmir. inf. tab. 8. f
La phaléne-hibou.
Longueur 1 pouce.
Son corcelet , fa tête , fes antennes , fes pattés & fes
aïles extérieures font d’une couleur brune plus ou moins
claire , quelquefois foncée & prefque noire ; fouvent
bleuûtre. Les ailes extérieures font de plus un peu nuan-
cées & nébuleufes , & ont deux taches noires , l’une
au milieu , l’autre vers l’angle extérieur du bas de Paile.
Les ailes inférieures font d’un beau jaune doré , avec üne
large bande noïte proche le botd inférieur de l'aile , dont
elle fait la dire&tion. é
La chenille de cette phalêne eft life & à feize pattes.
Elle vient fur différentes plantés, mais particuliérement
fur le thlafpi & quelques-autres plantes ctuciferes. Elle fe
cache le jour & ne mange que pendant la nuit. C’eft en
terre qu'elle fe métamorphofe. On voit quelques variétés
de couleurs parmi ces chenilles : les unés'font vertes , les
autres font brunes ; celles-ci donnent les mâles & les
autres des femelles. ps ,inn 4
dn#T)
148 HisSTOIRE ABRÉGÉE
77. PHAL ÆN A féricornis fpirilinguis , alis deflexis ,
: fapertortbus nebulofo-fufcis, inferiortbus nigris, macula
margineque luteis.
La phaléne brune à tache jaune aux aïles inférieures.
Longueur 5 lignes.
Son corps en-deffus eft d’un brun noïr , mais il y a fur le
devant du corcelet une bande tranfverfe d’un vert cendré.
Le deflus des aïles fupérieures eft de même noir ;, mêlé de
brun, ce qui le rend nébuleux. Le deffus des ailes inférieu-
res ef noir , avec une grande tache ronde jaune au milieu
& une bordure de même couleur. La tête '& le deffous
du corcelet font cendrés : le ventre en-defflus eft aufli cen-
dré , mais tirant fur le jaune. Le deflous des-ailes fupé-
rieures eft noir , avec une bordure brune , & le deffous des
inférieures eft à peu près femblable au deffus , fi ce n’eft
qu'il y a plus de jaune & que le noir ne forme prefque
qu’une large bande tranfverfe. Cette phalêne approche
beaucoup de la précédente ; mais elle eft bien plus petite.
78 PHAL ÆNA féricornis fpirilinguis , alis deflexis
cinereis , fafciis tranfverfes fufcis e triplici Linea compo:
fitis.
pg { . .
a rayure. à trois lignes. e
Longueur 8 lignes.
Ses ailes & fon corps font d’un gris cendré. Les ailes fu-
périeures ont quatre bandes tranfverfes plus brunes , com-
pofées chacune de trois lignes d’un brun foncé , entre lef-
quelles la couleur brune eft plus claire. Les ailes inférieu-
res font toutes grifes.
79. PHAL ÆN A féricornis fpirilinguis , alis deflexis
nigricantibus ; collari purpureo , abdomine flavo, Linn.
faun. fuec.n. 881. Planch. 12, fig. 6.
Linn. fyfl, nat. edit, 10 , p. s11 , n 83. Phalæna noëtua rubrico/lis,
DES INSECTES. 149
La veuve.
Longueur 8 lignes,
Ses aïles font Jongues & couchées le long de fon corps.
Elles font noires, ainfi que tout l’infeéte , à l'exception
d’un petit collier jaune au - deffous de la tête & du ventre
qui eft aufli de couleur Jaune. Le port des ailes les fait
reffembler à un manteau , dont la couleur noire imite
le deuil ; c'eft ce qui a fait appeller cette phalène la veuve.
80. PHAL ÆNA /ericornis fpirilinguis ; alis deflexis
undulato-nigris , infertortbus baf albis.
Linn. fyff. nat. edit. 10 , p.518 , n. 121. Phalæna noQua fpirilinguis criftata ;
alis nigricante-nebulofis , inferioribus niveis , poflice fafcia lata nigra.
L'alchy mifle. P
Longueur 10 lignes.
Ses antennes fines & noires égalent la moitié de la lon-
sueur de fon corps. Tout le deffus de l’infee eft d’un
noir foncé. Ses ailes fupérieures ont cependant quelques
ondes plus claires , fur-tout vers leur bord inférieur. Les
ailes de deffous ont leur tiers fupérieur du côté de leur
bafe de couleur blanche , avec un point noir au milieu du
blanc , enfuite une large bande tranfverfe & noire ; puis un
peu avant leur bord , une autre petite bande blanche
étroite & interrompue par du noir en plufieurs endroits.
Le deflous de l’infette eft moins noir que le deffus. Sa
trompe eft brune , ainfi que fes pattes poftérieures, Cette
finguliere efpéce m'a été apportée.
81. PHALÆN A /éricornis fpirilinguis , alis deflexis
férrugineo-fufcis fafcia duplici tranfverfa viridt-aurea.
Le vert dore.
Longueur 8 lignes.
Ses antennes font de la longueur de la moitié de fon
corps. Sa tête eft chargée de poils un peu jaunes, & fon
corps eft d’un gris brun. Les ailes fupérieures font d'un
{so HISTOIRE ABRÉGÉE
fauve brun , avec des ondes & quelques taches plus fon-
cées ,; & en oùtre deux bandes tranfverfes d’un vert doré.
La premiere plus courte & plus large , neft pas éloignée
de la bafe de l’aîle ; la feconde beaucoup plus grande , eft
placée un peu avant l'extrémité de l'aile. Les ailes infé-
rieures. font d'une couleur plombée & les pattes font
grfes.
82. PHAL ÆN A /éricornis fpirilinguis , alis deflexis ,
Süperioribus cinereo fufcoque nebulofis ; infertoribus ru-
bris , fafcia duplici tranfverfa rigra.
Linn. fyft nat. edit, 10,p. $x2 , n. 86. Phalæna no@ua fpirilinguis crifata , alis
deflexis cinerafcentibus, inferioribus rubris fafciis duabus nigris,
Jonft. inf. t.7;f. 1,2.
Reaum. inf. L;t. 32, fig. 6, 7e
Albin. inf, 1, 80.
Merian. europ. 3 , p. 59 ,t.-38.
Büblioth. reg. Parif. p. 11,n 1,25 3e
Leche: nov. inf. fpec. p. 35 , n. 73. Phalæna feticornis fpirilinguis cinerea , alis
inferioribus faicia purpurea nigraque alterna. f. 10. A.B. |
Rofel. inf. vol. à , tab, 15, € tom. iv. tab, xix, claff, 2. Papil. no@urn,
L'air, inf. tab. 25.
La likeree rouge. .
Longueur 18 lignes.
Fout le corps de cette phalêne eft de couleur cendrée,
Ses ailes fupérieures font de la même couleur, avec des
bandes brunes ondées. Les inférieures font d’un beau rou-
ge , fur-tout proche le ventre , avec deux bandes tranf-
verfesanoires , larges & en arc. Les ailes en-deffous font
toutes les quatre blanchâtres , avec de pareilles bandes
tranfverfes noires ; il y a feulement un peu de rouge
aux aîles inférieures près du ventre.
La chenille de cette phalêne eft une arpenteufe à feize
pattes qui vient fur le chêne & qui eft de couleur grife
cendrée , comme les Zchens qui viennent fur l'écorce des
arbres , enforte que lorfqu’elle eft arrêtée fur un arbre , on
la prend d’abord pour un Zcher. C’eft ce qui l'a fait appel-
Jer par M. de Reaumur, la Zchenee ou la Zterree.
DES INSECTES. IST
83. PHAL ÆN A féricornis fpirilinguis , alis deflexis ,
Sperioribus cinereo fufcoque undulatis ; inferioribus
nigris , fafcia tranfverfa cœrulea.
Rofel. inf. vol. 4, rab. xxviij. fig. 1.
La likenee bleue.
Longusur 2 pouces.
Cette efpéce plus grande que la précédente,en approche
beaucoup. Ses ailes fupérieures font en-deflus grifes , cen-
drées , ondées de noir & fembiables en tout à cetles de la
likenée rouge. Ses ailes inférieures en différent, en ce qu’au
lieu d’une bande rouge tranfverfe , il y en a une d’un beau
bleu , & que le haut de l'aile eft tout noir , ainfi que le bas,
enforte que toute l'aile inférieure eft noire ; à l’excep-
tion d’une large bande bleue ; fi ce n’eft cependant qW#l
y a un peu de gris qui termine le bord inférieur. En-def-
fous , cet infecte eft tout fembiable au précédent ; il a
comme lui des bandes noires fur un fond gris ; toute la
différence confifte dans la couleur des ailes inférieures,
dans lefquelles tout ce qui eft rouge dans l’efpéce ci deflus
eft de couleur blanche un peu bleue. Cette belle phalène
eft très-rare, Je lai décrite d’après celle qui fe voit dans
le cabinet de M. le Préfident de Bandeville , qui Pa
trouvée par terre & morte , étant à la chafle.
84. PHALÆNA ésicornis fpirilinguis , alis deflexis
margine erofis ; cénereo-fufcis , fupertortbus triangulo
marginali fufcefcente incarnatum ‘includente ; thorace
gtôbo.
Albin. inf. t. 30. D.
Merian. europ. 1 ,t, 34:
Goed. belg. 1 ,p. 109, t. 56, Meticulofa. € gall. tom. 2 , tab. lyj.
Lift. Gord. 118 ,t. 44.
Reaum, inf. 1:1.8,f.25, 26. |
Raj. inf. p.161, n, 13. Phalæna media , alis exterioribus anguftis oblongis ;
pulverei coloris, media parte macula magna triangulari notatis,
Linn. faun. fuec. n. 815. Phalæna fubulicornis fpirilinguis , alis deflexis erofs
pallidis, triangulo fufcefcente incarnatum includente , thorace gibbo,
Linn. fyft. nat. edit. 10 , p. 513 , n. 95. Phalæna no@ua meticulofa,
Rofel inf.tom, iv. tab. ix,
152 HISTOIRE ABRÉGÉE
De Geer. mem, 1, p. 698, t. 5, f. 14. Phaléne à antennes en filets, d’un gris
blanchâtre , à double tache triangulaire d’un vert obfeur.
De Geer. ibid. p. 102 ,t. 5, f. 12. Chenille rafe aflez grande, d’un beau vert,
avec trois bandes longitudinales blanches,
L'amir. inf, tab. 12.
La meniculeufe.
Longueur 10 lignes.
La couleur de cette phalène ef grife , marbrée d’un peu
de brun. Ses aïîles fupérieures ont en-deflus à la bafe une
teinte un peu rougeûtre , & vers le milieu du bord exté-
rieur , une ptite tache triangulaire brune , enfermée dans
un triangle rougeûtre , qui lui-même eft entouré d’un au-
tre triangle brun. Après ces taches , le bas de l'aile eft plus
clair. Les bords inférieurs des quatre aïles font découpés
& comme rongés. En-deffous , les ailes font grifes. T'ou-
tes les quatre ont près du bord inférieur une bande brune
tranfverfe , & celles de deffous ont au milieu un point noir.
La chenille de cette phalène fe trouve fur la pimpre-
nelle , l'abfinche & plulieurs plantes potageres. Elle eft
life , à feize pattes : fa couleur eft verte, un peu claire,
avec des bandes longitudinales blanches fur le dos. Elle
fe cache le jour pour ne manger & ne fortir que la nuit,
ce qui l'a fait appeller par Goedart , la mericuleufe. Elle
vient de très-bonne heure même pendant l'hiver , &
quelques-unes fe mettent en coque dès le mois de février.
Leurs coques font compofées de petits grains de terre
attachés à une matiere foyeufe. Cette chenille n’a point
de corne fur la queue , & les antennes de la phalêne font
à filets & non pas coniques , ainli cet infeéle ne doit point
fe ranger parmi les fphinx avec lefquels M. Linnæus l’a
mis.
_8s. PHAL ÆN A /éticornis fpirilinguis , alis deflexis
fufcis ; fuperioribus léneis rufis , bafique macula fulva.
De Geer. inf. p. 123, 1. 6, fe 13 — 13e
L'aile brune à bafe fauve.
Longueur 7 lignes. .
Elle
DES INSECTES. 15
Elle eft en- deffous de couleur cendrée : en - deflus fes
ailes font plus brunes , de couleur d’agathe , avec des ban-
des rougeatres tranfverfes irrégulieres , qui paroiffent bor-
dées en quelques endroits de taches plus claires. La bafe
des aîles fupérieures , ainfi qu’une partie du corcelet , eft
* d’une couleur jaune pâle un peu rougeître , ce qui forme
ure grande tache , terminée en-bas par une bande femi-
circulaire rougetre & brune , femblable à celles qui font
fur le refte de l'aile , mais mieux marquée , & comme
compofée de deux lignes’, dont l’extérieure eft plus foncée
que l’autre. Les aïles ont chacune en-deflous un point
brun au milieu.
86. PHAL ÆN A /ecornis fpirilinguis , als deflexis
cinereo-fufcis . fuperioribus fafcia undo[a triplict ; punc-
coque obfcuro marmoratis. Planch. 12, fig. 4.
Le flot.
Longueur 1 pouce. +
Cette phalène eft toute d’une couleur brune claire ;
comme du caffé au lait. Ses ailes fupérieures ont trois
bandes brunes tranfverfes ondulées , qui étant d'abord fort
brunes vers le haut, vont en s’éclairciflant par nuances
plus claires, jufqu'à l’endroit où eft la bande fuivante , ce
qui imite les flots , tels qu'on les repréfente en peinture.
Entre la premiere & la feconde de ces bandes , en com-
mençant à compter de la bafe de l'aile ; fe trouve une
tache ou un point oblong brun près du bord extérieur, En-
déffous , les ailes font plus claires & toutes de la même
couleur , à Pexception du point des ailes fupérieures qui
paroit aufli en-deffous. .
87. PHAL ÆN A féicornis fpirilinguis , alis deflexis
albo-flavefcentibus , fafcia duplici tranfverfafufca.
La phalëne blanchätre à deux bandes brunes.
Longueur 7 lignes.
Sa tête , fes antennes & fon corps font un peu bruns, Ses
Tome IL.
154 HISTOIRE ABRÉGÉE
aîles font d’un jaune pâle prefque blanc ; mais d’un blane
fale. Les fupérieures ont deux bandes tranfverfes brunes
qui partagent la longueur de l'aile en trois parties pref-
qu'égales.
88. PHALÆNA /éncorms fpirilinguis , alis deflexis
albido-flavefcentibus , fafcia marginali oblonga fufca.
La rache marginale.
Longueur s lignes.
Elle reffemble aflez à la‘précédente. Son corps eft de
même un peu brun, & fes ailes font d’un blanc fale jau-
nâtre ; mais au lieu de bandes brunes tranfverfes , les fupé-
rieures ont feulement vers le milieu du bord extérieur une
tache marginale brune oblongue qui femble former le
commencement d’une raie tranfverfale.
859. PHALZÆN A /éticornis fpirilinguis , alis deflexis
flavefcentibus, fupertoribusdéngulis punétis duobus fufcis.
La phaléne jaune à quatre points.
Longueur 6 lignes.
Cette phalène eft toute d’un jaune pâle ; à l'exception
des yeux qui font noirs. Ses ailes fupérieures ont leurs
bords d’un jaune un peu plus foncé ; & chacune a deux
points bruns , un vers le milieu du bord extérieur & un au-
tre vis-à-vis , vers le tiers de l'aile proche le bord intérieur.
Lorfque l’infeéte eft tranquille & que fes aîles font baiffées
& proches l'une de l’autre, les quatre points des deux aîles
fupérieures femblent être pofés dans la direétion d’une
ligne tranfverfe.
La chenille de cette phalêne fe trouve fur l’orme. Elle
a feize pattes & eft couverte de beaucoup de poils courts
& noirs ramaflés par bouquets. Elle ne fait point fa coque
en terre.
90. PHALÆN A /éricornis fpirilinguis ; als deflexis
albido-fulyis immaculatis. .
DES INSECTES, 15$
Reaum.1,t.36,f. 8,10» 113 12e
La decoloree.
Longueur 7 lignes.
Elle eft toäte de couleur blanche , lavée d’une teinte
fauve très-légere ; comme fi elle étoit décolorée. Elle n’a
ni taches ni points. ,
91. PHAL ÆNA /éticornis fpirilinguis , alis deflexis
canis ; maculis pfiformibus nigris. Linn. faun. fuec.
71 879.
Linn fyft. nat. edit. 10 , p. $14 , n. 96. Phalæna no@ua pf.
Frijth. germ 2,p. 13,1. 2, fig. 3. Eruca dorfo faccato.
Reaum. inf. 1 ,t.42,f.5,6,11, 12.
Goed. belg. 1, p. 62,t. 22. Admirabilis. & gall. tom. x , tab. H.
Lift. Goëd. 109 , f. 92. :
Raj. inf. 350, n. 23. Eruca rarius pilofa , cornu in medio dorfo ere&o.
Biblioth. reg. Parif. p. 33 , f. omnes.
Rofel. inf. vol. 1 , tab. 8 , maf. 7, fæmina, claff. 2, Papil. no&turn.
L'amir. inf. tab, 13.
Le pfe +.
Longueur 9 lignes.
Tout le corps de l'infeûte eft gris ; fes yeux feuls font
noirs. Ses ailes fupérieures ont trois ou quatre taches noi-
res qui repréfentent chacune la figure renverfée de la lertre
grecque appellée pZ +. Celle de ces taches qui eft vers la
bafe de l'aile, prend fa naiffance d’une longue ligne noire,
qui partant de l'œil , defcend le long du corcelet. Proche
le milieu du bord extérieur de l'aile , une de ces taches a
un petit cercle noir qui lui eft attaché & qui paroiït plus
dans la femelle que dans le male , fur lequel les p£ 4 font
plus noirs & plus marqués. Les aîles inférieures ont en-
deffous dans leur milieu un point noir. La chenille de
cette phalène eit noire & à peu de poils. Elle a féize pat-
tes , & fur le milieu de fon dos, on voit une efpece de
corne ou d’élévation noire. Sur le long de fon dos , regne
une bande citron , & fur les côtés plufieurs taches rou-
geûtres, Elle vient fur les arbres fruiciers.
| Vi
156 HISTOIRE ABRÉGÉE
92. PHALÆN A /eticornis fpirilinguis , alis deflexis ;
extertoribus fufcis, lambda græco infcriptis. Linn. fau.
Juec. n. 873.
Linn. [ft nat. edit, 10, p. 513,791. Phalæna no@ua gamma.
Reaum.infe2,t,26,@mt.27;:fc4, 5.
Frifch. germ. 5 , p.37»t.15.
Peiiv. gaz. t.64, f. 6. Phalæna lambda,
Goed..belg. 2, p. 82 ,t. 21. Philopfon. & gall. tom. 2 , tab, xxxij.
Lift. Go:d. 41,f. 14.
Albin. inf. t..79 ; fig. G. H.
Merian. europ. 1 , t. 32.
Ro. inf. 163, n. 16. Phalæna è mediis minufeula , alis-exterioribus cinereo &
nigro colore variis, media parte linea alba 7 litteram aliquatenüs referente,
nOtatiSe
A. Upf. 1736 , p. 15 ,n. 68. Papilio alis depreflis, littera y aurea infcriptis.
Biblioth. reg. Parif. p.31, f.omnes.
Rofel. inf. vol. à, tab. $ » cla]. 3. Papil, noëurn,
Le lambda. À.
Longueur 3 lignes.
Cet infeëte eft tout brun en- deflus & en-deffous. Ses
aîles fupérieures font variées & marbrées de différentes
nuances de brun , plus ou moins claires ou foncées. Sur le
milieu de chacune de ces aïles , eft une grande tache,
tantôt jaune , tantôt blanche , repréfentant un lambda à
ou un gamma y grec couché de côté.
La chenille de cette phalêne eft une arpenteufe à douze
pattes , de couleur verte , qui vient fur l’aurone , l'ofeille
& quelques plantes potageres. Elle fait fa coque en terre.
La phalêne mâle a une fingularité remarquable. En pref-
fant le bout de fon ventre pour en faire fortir les parties du
fexe , il fort en même tems deux belles houppes rondes
de poils , qui difparoiffent & rentrent lorfque la preflion
ceffe. On peut voir la figure de ces houppes dans POuvra-
ge de M. de Reaumur , tom. 2 , tab. 6,f. 10,11.
93- PHALÆN A /éncornis fpirilinguis, alis deflexis ÿ
SJüperioribus cinereo füfcoque nebulofis , lineis undulatis
& omicro nigris ; inferioribus cinerers,
DIES& INSECTES AS7
Frifh. germ, 1 , p.24, s.
Reaum. inf. 1,t,15,f. 4,5.
De Geer. inf. 1 ,t.9,f. 22.
Biblioth. reg. Parif. p. 34 , f. omnes.
Rofel. inf. vol. 1 , tab. 13 , claf]. 2. Papil. no@urn.
L'omicron nébuleux.
Longueur 11 lignes.
Cette phalène varie beaucoup pour la grandeur. Elle eft
d’un brun clair & cendré en-deflous. Le deflus eft d’un
brun plus foncé. Ses pattes ont à leur extrémité des an-
neaux blanchîtres. Ses ailes fupérieures font marbrées de
lignes brunes noirâtres & de traits gris. Elles ont fur leur
milieu,près du bord extérieur,une tache en cercle formant
un petit O de couleur noire ; dont le milieu eft gris,
& plus bas une tache grife prefque quarrée. Les aîles
inférieures ont en-deflous dans leur milieu un point noir.
La femelle eft beaucoup plus grife que le mâle , & elle a
les mêmes lignes & taches fur les aîles fupérieures.
N.B. Il y a des variétés de cette phalène qui font rou-
geitres & d’autres noirâtres : mais toutes ont les deux ta-
ches ronde & quarrée fur les ailes.
… La chenille de cette phalène ef rafe , à feize pattes. Elle
eft de couleur verte , avec la partie poftérieure du corps
élevée en forme de pouppe de vaiffleau. On la trouve fur le
chêne, le bouleau , l’ofier ; où elle forme fa coque entre
les feuilles qui fe roulent en paquet ou en boule.
94 PHALÆN A /éricornis fpirilinguis ; alis deflexis ,
J'uperioribus fufcis , Lneis undulatrs & omicro albis ;
inferioribus cinereis.
Rofel. inf. vol. x , tab. 30, claff. 2. Papil, no@urn.
L'amir. inf. tab. 7.
L'omicron geographique.
Longueur 7 lignes.
Cette efpéce reffemble infiniment à la précédente ; le
deflous de l'infedte & fes ailes inférieures font précifé-
158 HISTOËRE /ABRÉGÉE
ment de même. Il n’y a de-différence que dans les aîles
fupérieures qui fonc brunes , avec des raies blanchôtres
tirées en divers fens , & deux taches blanches , une en
rond formant un O , & une oblongue prefque quarrée ,
comme dans l’omicron nébuleux : aufli ces deux efpéces fe
reffemblent-elles tant , que je ferois fort porté à les regar-
der comme variétés l’une de l’autre : les traits blancs dont
celle-ci eft couverte,la font un peu reflembler à une carte
de gécgraphie.
os. PHAL ÆN A /érticornis fpirilinouis ; als deflexis
albido-cinereis , lineis longis nigris.
Frifch. germ, 7 ;t. 12,
L'iota.
Longueur 9 lignes.
Sa couleur eft par-tout grife. Ses ailes fupérieures ont
quelques lignes fines & longues de couleur noire qui imi-
tent des i, ce qui l’a fait appeller l'iota. Sa chenille vient
fur l’abfinthe , l’aurone & la fantoline. Elle a feize pattes.
Sa couleur eft bianchâtre , avec des taches jaunes & noires.
Elle fait fa coque dans la terre.
96. PHALÆN A /éricornis fpirilinguis , alis deflexis
Jufco-cinereis ; fuperioribus fufcis longitudinaliter
fêri atis.
Linn. fÿft. nat. edit, 10 , p. $15 , n. 105$. Phalæna noë@ua fpirilinguis eriftata ,
alis deflexis obloletis , margine laterali fulcis.
Ray. inf. 169, n. 125.
Merian. europ. 3 , t. 29.
Albin. inf. t. 13.
Frifch. germ. 6, p.223t.9.
Reaum. inf. 1,:1.43,f.9,10, 11.
Biblioth. rep. Parif. p. 32, f. omnes.
Rofel. inf. vol. 1 , tab. 13 , claff. 2. Papil. no@turn.
. L2
La flriée brune de verbafcum.
Longueur 9 lignes.
Elle eft en-deffous d’un brun un peu gris. Ses ailes fupé-
rieures font d’un brun foncé , plus noir près du bord exté-
DES INSECTES. 159
rieur ; & chargé de raies longitudinales plus obfcures , ce
qui fait paroitre l’aile ftriée. Vers le bord intérieur de l’aîle,
font deux petites lunules blanches à côté l'une de l'autre.
Cette phalène eft éclofe chez moi d’une chenille qui a fait
fa coque en terre. Cette chenille a feize pattes. Elle eft de
couleur jaune , avec des points & des taches noirs. On la
trouve fur l’'amandier , le serba/cum ou bouillon blanc
& fur la fcrofulaire.
97. PHALÆNA /éicornis fpirilinguis , alis deflexis
nebulofis ,; fafcia una alterave aurea. Linn. faun. fuec.
NES -
Merian. europ. 1, p.14, t. 39.
Raj. inf. 182. Phalæna media , alis exterioribus duplici area tranfverfa viridi-
aurata ferici inftar {plendente infignibus,
Rofel. infvol. 1, rab. 31, claff, 2. Papil. no&turn,
Le volant doré.
Longueur 9 lignes.
Sa tête , fes antennes & Îe devant de fon corcelet font
d’un jaune pâle. Ses ailes fupérieures font brunes , inais
très-marbrées. Leur bord inférieur eft plus pale & plus
clair. Au-deffus fe trouve une bande ondulée un peu pale,
dorée & chargée d’une légere teinte de vert. Plus haut
elles font nébuleufés , avec une légere teinture dorée
qui forme comme une feconde bande. Leur bafe eft plus
matte pour la couleur. De plus , elles ont vers le milieu
proche le bord intérieur une tache pâle affez large. En-
deffous , ces aîles font brunes , avec le bord inférieur
de couleur plus claire. Lesailes de deffous font brunes en-
deffus , & inférieurement grifâtres , avec un point noir &
une raie tran{verfe en arc de mème couleur. On voit fou-
vent cette phalêne voler vivement autour des plantes odo-
riférantes & fuccer avec fa trompe le miel de leurs fleurs
toujours en volant & fans fe pofer. Sa chenille c{ rafe , à
feize pattes. Elle eft d’une couleur Jaune rougeître , avec
quelques rangées de points blancs.
160 HISTOIRE ABRÉGÉE
98 PHALÆNA féricornis fpirilinguis , alis deflexis
fufco nebulofrs , fuperioribus maculis irregularibus albis.
La phaléne petit-gris.
Longueur 6 lignes.
Cette efpéce eft d’un gris un peu brun en-deffous. En-
defflus elle eft panachée de gris & de noir , & fes ailes
fupérieures ont plufieurs taches & lignes blanches de di-
verfes formes. Les plus remarquables , font une grande
tache blanche triangulaire au bord extérieur qui en en-
ferme une noire plus petite ; une feconde au bord inté-
rieur , à laquelle répond celle de l’autre aile ; & enfin , une
ligne en zig-zag auili de couleur blanche qui fuit le bord
inférieur de Paile.
99. PHALÆN A éticornis fpirilinguis , alis deflexis ;
Süperioribus fufcis , lèneis tranfverfis undulatis nigris ,
infèrioribus ferrugineis. |
Rofel. inf. vol, 1 , tab. 11, claff. 2. Papil. no@urn.
La brunette à aîles inférieures rougeätres.
Longueur 11 lignes.
Le corps de la phalêne & fes ailes fupérieures font
bruns. Sur les aîles , font plulieurs bandes noires tranfver-
fes ondulées & peu terminées. Les aîles inférieures font
d’une couleur rougeâtre imitant la rouille. En-deffous , les
‘quatre aîles ont une bande tranfverfe brune , & les infé-
rieures ont chacune un point dans leur milieu. La che-
nille de cette phalêne qui vole vite ; eft verte & a fa par-
tie poftérieure relevée en poînte comme le bout d'un
bateau ; elle a feize pattes.
100. PHAL Æ N A /eticornis fpirilinguis , alis fub-
deflexis , exterioribus cæfio-purpureis , fafciis tranfer-
Jis undulatis ; tnterioribus pallidis , omnibus margine
Jférrato.
* Rofel inf. vol, 1 , tab. 3, claf]. 3. Papil, noë&turn,
La
DES INSECTES? 161
La dent de [cie.
Longueur 8 ligres
Ses ailes font larges , un peu écartées , fans être cepen-
dant étendues. La couleur du deffus du corps & des ailes
fupérieures eft d'un brun panaché de cendré , de bleuâtre
& de rouge terne , ce qui forme plufieurs bandes & lignes
tranfverfes ondulées. Une de ces bandes plus large & plus
rougeâtre traverie is milieu des aîles , dont le bas eft plus
gris. Les ailes inférieures font pâles , grifatres , avec auel-
ques ftries tranfverfes ondulées , plus brunes. Le bord des
ailes eft dentelé affez profondément & imite les dents
d’une fcie. Le deffous des ailes eft grifâtre & moins mar-
bré. La chenille de cette phalène eft une arpenteufe du
chêne , de couleur verte, qui fait fa coque en terre. Elle
n'a que dix pattes.
101. PHALÆN A /éricornis fpirilinguis , alis deflexis,
Jüperioribus ferrugineo-cinereis ; macula duplict longa
rotundaque nigra , inferioribus albidis.
La double tache.
Longueur 8 lignes.
Le corps de la phalêne eft d’un gris foncé un peu fauve,
ainfi que fes ailes fupérieures. Ces aîles ont deux taches
noirâtres , l’une plus haut & oblongue , l’autre plus bas de
forme ronde. Les aîles inférieures & le deffous des ailes
font blanchîtres.
102. PHAL ÆNA /ericornis fpirilinguis , alis deflexis
Jufco-nebulofis , limbo tefjellato , fuperioribus macula
duplici punéloque albis.
La frange bigarrée.
Longueur 7 lignes.
Cette jolie phalêne eft panachée de brun & de gris. Ses
ailes fupérieures ont deux taches & un point blanc. La
premiere tache de forme longitudinale eft Ja plus haute.
Tome IL.
162 H1STOIRE ABRÉGÉE
Vis - à - vis le bas de cette tache du côté extérieur , eft un
petit point blanc, & plus bas que ce point ; une tache
blanche tranfverfe. Outre cela , vers le côté intérieur de
l'aile dans le bas, eft un endroit plus blanc. Les ailes infé-
rieures font d'un brun plus uni. Toutes les quatre font
bordées d’une longue frange alternativement brune &
grife. Le deffous des ailes fupérieures eft d’un brun égal ,
feulement leur bord inférieur eft plus clair. De ce même
côté , les aîles de deflous font grifes ; avec deux bandes
brunes tranfverfes un peu en arc. La chenille de cette
phalêne a feize pattes. Elle eft grife avec des taches noires.
On la trouve fur la linaire.
103. PHALÆNA /énicornis fpiridinguis, alis deflexis
cinereis ; füperioribus fafcia decuflatæ fufca ; punéto
nigro , lineifque tranfverfis adbides.
Lix.
Longueur 6 lignes.
Ses yeux font noirs. La couleur de fon corps & de fes
aîles eft d’un cendré terne. Sur le milieu des ailes fupé-
rieures , eft une bande brune qui forme l’X en fe divifant,
& à l'endroit de la divifion eft un point noir. Cette bande
eft quelquefois peu marquée. Au-deffus & au-deflous ,
font deux lignes tranfverfes blanchâtres & un peu ondées,
En-bas le long du bord inférieur , eft une rangée de points
bruns.
104. PHAL ÆN A jfesicornis fpirilinguis , alis deflexis
atris , féngulis macula alba.
La phaléne noire à une tache blanche fur chaque afle.
Longueur 6 lignes.
La couleur de tout l’infeéte eft noire ; à l’exception
d'une grande tache blanche de forme ronde placée fur
chaque aîle prefqu’au milieu ; feulement un peu plus près
du bord extérieur.
DES INSECTES. 163
105. PHALÆN A /ericornis fpirilingurs , alis deflexis
nigris , fingulis duabus maculis , & lineis undulatis
adbis.
La phaléne noire à deux taches blanches fur chaque afle.
Longueur 7 lignes.
Le fond de la couleur de cette phalêne eft noir. Ses
aîles fupérieures ont une grande tache blanche irréguliere
à la bafe de l’aile , tantôt plus grande , tantôt plus petite ,
quelquefois divifée en deux , & plus bas le long du bord
extérieur de l’aîle, une autre tache quarrée aufli de couleur
blanche. Outre ces deux taches , il y a fur le refte de l'aile
plufeurs traits blancs finués & ondés. Sur les ailes infé-
rieures , les deux taches blanches fe réuniflent du côté du
ventre & femblent n’en faire qu’une à deux têtes. Le bord
inférieur des aîles eft aufi de couleur blanche. Le ventre
de l'infeéte eft gris en - deffous , avec une bande longitu-
dinale de points noirs de chaque côté. Cette phalêne va-
rie pout la couleur. On trouve des individus qui ont bien
plus de blanc les uns que les autres.
106. PHAL ÆN A /ericormis fpirilinguis , als deflexis
nigris , lineis punéhifque albis.
La phalëne noire à lignes blanches.
Longueur 6 lignes.
Elle eft toute noire en-deflus , avec des lignes blanches
ondées fur les ailes fupérieures , & des plaques ou taches
blanches fur les inférieures. En-deffous , les ailes font gri-
fes , avec des bandes noires fur le bas des aïîles & des
points noirs fur le haut. Le deflous du corps eft aufli un
peu gris. »
107. PHA LÆN A /éricornis fpirilinguis ; alis deflexis
fulèis , fuperioribus fafcia duplici obliqua alba.
La phalêne brune à deux bandes blanches.
Longueur 3 > lignes.
Xi
164 HISTOIRE ABRÉGÉE
Le deflus des aîles fupérieures eft d’un brun noirâtre,
avec deux petites bandes blanches tranfverfes à la bafe de
l'aile ; enfuite font deux bandes blanches affez larges
qui defcendent obliquement du bord extérieur vers l'in-
térieur:; enfin Le bord inférieur eft terminé par une bande
blanche plus étroite. Le deffous des ailes fupérieures eft
brun & nébuleux , & les inférieures tant en-deffus qu’en-
deffous font grifes.
108. PHALÆN A /éricornis fpirilinguis , alis rofeo
purpureoque variegatis , fuperioribus macula duplici
marginali alba.
Le nacarat.
Longueur 6 lignes
Le corps de cette phalène eft en-deffus de couleur rou-
gseâtre. Ses ailes fupérieures ont vers leur bafe une pre-
miere tache d’un rouge brun proche le bord extérieur ,
tandis que le bord intérieur eft incarnat ; puis fe trouve
vers le bord extérieur une tache blanche oblongue , d’où
part une raie blanchâtre qui parcoure l'aile tranfverfale-
ment. Enfuice fe retrouve la couleur incarnat , dont la
nuance brunit jufqu'à former une feconde tache d’un rou-
ge brun , après quoi eft une feconde tache blanche de
laquelle part une nouvelle raie blanchâtre , mais coudée &
en arc. Enfuite du côté du bord extérieur , eft une troifié-
me tache brune , tandis que le refte de l'aile eft couleur de
rofe & traverfé d’une derniere raie blanchâtre , après la-
quelle font deux points noirs près du bout extérieur de
l'aile. Le deflous des ailes , ainli que les ailes inférieures ,
eft d’un rouge terne ; & le deffous du corps de l’infeéte
eft d’un gris blanchâtre.
La chenille de cette phalène a feize pattes. Elle eft ver-
te, avec des bandes longitudinales plus pâles. On la trouve
fur l’orme. Elle fait fa coque entre des feuilles.
109. PHAL ÆN A feticornis fpirilinguis , alis deflexis
rofeis , fuperioribus fafcia duplici limboque albidis.
DES INSECTES, 16$
Rofel. inf. vol, 1, tab. 12, claff, 2. Papil. no&urn,
L'incarnat.
* Longueur 7 lignes,
Le deffus du corps de la phalène eft gris, mêlé d’un peu
de couleur de rofe. Ses ailes fupérieures ont à leur bafe une
grande tache couleur de rofe , dont la bafe eft d’une cou-
leur plus foncée , & qui fe termine par un bord ondé ,
après lequel eft une bande grife , chargée d’un peu de
couleur de rofe vers le bas ; & d’une affez grande tache
d’un rouge foncé , placée du côté du bord extérieur. En-
fuite eft une ligne tranfverfe ondée , un peu rougeître ,
terminée en-haut & en-bas par des traits couleur de rofe ,
puis une bande de couleur brune claire , & enfin une der-
niere bande blanchätre qui termine Paile. Les aîles infé-
rieures & le deflous de toutes les quatre font couleur de
rofe. Les pattes & le ventre en - deffous font blanchtres ,
avec une teinte de rofe claire. Cette phalène eft fort belle
pour les couleurs. Sa chenille a feize pattes. Elle eft rafe ,
d'une couleur jaune pâle un peu verdâtre & chargée de
points & de taches noires.
110. PH AL ÆN A /eticormis fpirilinguis , alis deflexis
aigro-füufcis , maculis plurimis albido-flavefcentibus.
Reaum. inf. 1,1, 19, f. 2.
La plaque dorée.
Cette phalène eft toute brune & noirâtre. Ses aïles ont
plufieurs taches un peu jaunes ; dont quatre ou cinq
plus petites font vers la bafe de l'aile. Enfuite vers le
milieu , eft une grande tache prefque quarrée , après
laquelle eft une bande de petites taches rangées tranfverfa-
lement. Ces taches font pofées à peu près de même
fur les ailes inférieures. Elles paroiïflent aufi en-deffous
des aïles, mais de ce côté.elles font blanches & argen=
tines , au lieu qu’en-deflus elles ont un air doré, Cette
166 HISTOIRE ABRÉGÉE
phalêne , à la premiere vüe , a quelque reilemblance avec
la queue jaune , n°. 50. Elle a, comme elle , le ventre aflez
long & orné au bout de poils longs , mais bruns.
Sa chenille eft une arpenteufe rafe , de couleur verte,
à feize pattes , qui fe nourrit fur le chou.
111. PHALÆN A féricornis [pirilinguis triangularis ,
alis deflexis flavis , lineis duabus ferrugineis obliquis.
Linn. faun. fuec. n. 880.
Linn. fyff. nat. edit. 19, p.533 , n. 230. Phalæha pyralis alis glabris pallidis,
lineis ferrugineis retrorfum obliquatis litura anterioris.
AG, Upf. 1736, p.24, n. 49. Papilio alis planis pallidis nitidis,
Reaum. inf, 1,14 16,f. 12, 133 14
La band: efquiffee.
Longueur 6 lignes.
Sa couleur eft jaunâtre en-deflus. Ses aiîles font couchées
fur fon corps, un peu en toit , & forment en -bas la figure
d'une queue d’hirondelle. Les fupérieures ont en-deflus
trois bandes tranfverfes un peu obliques , de couleur fauve
pâle , dont une ; favoir , celle du milieu fe divife en deux.
Les aîles inftrieures n’ont que deux de ces bandes. En-
deffous ces mêmes bandes , fur-tout les inférieures , patoif-
fent, mais bien plus brunes & noïfâtres , enforte qu'il
femble que celles de deflus ne foient que l’efquiffe de
celles de deffous. Le deffous du ventre & des pattes eft
aufli brun , tandis que le deffus eft jaunâtre. Les pattes ont
aux articulations de longues épines , comme dans les tei-
gnes. La chenille de cette phalène a feize pattes. Elle eft
de couleur jaune , un peu verte , avec fix rangées longitu-
dinales de petits points noirs & quelques poils clair-
femés. Elle fe nourrit des feuilles du chou , & elle a fait fa
coque chez moi , fur les parois de la boëte où je l'avois
mie.
412 PHAL Æ NA féricofnis fpirilinguis triangularts,
alis deflexis albo- virefcentibus , [ubtus lineis duabus
tranfverfis rigris.
D'ESuINSE CTES 167
La bañde à l'envers.
Longueur 7 lignes.
Cette efpéce approche infiniment de la précédente, Le
deffus de fon corps , de fes pattes & de f2s ailes eft d’un
blanc un peu verdatre. Le deffous des ailes eft de même
couleur , avec deux bandes brunes & tranfverfes fur cha-
cune, mais qui partant du bord extérieur, ne traverfent pas
toute l'aile & ne vont point jufqu’à l'intérieur. Le deflous
du ventre & des pattes eft d’un brun noirâtre. Les aïles
font couchées fur le corps un peu en toit & forment par
leurs bouts écartés la queue d’hirondelle.
113. PHAL ÆNA /éricornis fpirilinguis triangularis
alis fuperioribus fufco- purpureis , fafcia tranfverfa
albido ferruginea , abdomen fupra protendens.
Reaum. inf. 2,t.2,f. 4e
La phaléne à ventre relevé.
Longueur 4 + lignes.
Ses yeux font noirs & fa tête eft jaunâtre, Le deflus du
corcelet & le haut de fes ailes Jufqu'au tiers environ , eft
d’un rouge pourpre qui eft terminé en- bas par une petite
raie blanche oblique. Les deux tiers du refte de l'aile font
occupés par une large bande tranfverfe d'un fauve pâle ,
plus claire en-haut, plus brune en-bas & terminée par une
autre raie finuée de couleur blanche , après kiquelle le
réfte de l'aile eft d’un brun rougeütre , à l'exception de la
frange du bord qui eft blanchâtre. Les ailes inférieures
font grifes & leur bord intérieur couvre le ventre. Dans ce
feul endroit , elles ont trois petites taches brunes entre-
coupées par des traits blancs. Le deffous de l’infette & des
ailes eft d’un gris ondé. Lorfque cette phalêne eft pofée ,
elle porte finguliérement fa queue. Elle recourbe & releve
fon ventre en-haut , en lui faifant faire un demi-cercle,
Ce port lingulier la faït aifément reconnoitre.
163 HISTOIRE ABRÉGÉE
114. PHAL ÆN A enicornis fpirilingurs , alis deflexis ;
füperioribus nigris , pundhs quatuor albis ; inferioribus
Jflavis-fufco marginatis.
La phalëéne à quadrille.
Longu-ur 3 à lignes.
. Cette jette phalêne a tout le corps noirâtre , à l’excep-
tion de la partie fupérieure de fon ventre qui eft jaune.
Ses ailes de deffus font aufli noires ,;‘avec quatre points
blancs de forme ronde placés deux à deux. Les aîles infé-
rieures font jaunes & bordées de brun. Le deflous des
ailes eft femblable au deflus.
115. PHALÆNA éticornis fpirilinguis alba , oculis
nigrès , antennis pedibufque fubflavefcentibus.
L'albätre.
Longueur 2 + lignes:
Cette petite efpéce eft toute blanche , à l'exception des
yeux qui font noirs & des antennes & des pattes qui
ont une petite teinte Jaune. Ses ailes fupérieures font
un peu pliflées & leur bord eft plus terne que le refte.
116. PHALÆNA /enicornis fpirilinguis ; corniculis
magnis criflatis , alis fufco-fumofis , medtetate poflica
albidiore , punilis s'errucofis eminentibus.
Reaum. inf 1,118, f. 16.
Le toupet à porntes.
Longueur 6 lignes.
Cette phalène eft une des plus fingulieres que l'on puiffe
voir, Elle porte au-devant de fa tête deux longues & gran-
des appendices applaties & barbues , avec une petite
pointe au bout , qui reflemble à une piéce ajoutée. Sa
couleur eft par- tout brune , imitant la couleur de fuie ou
de fumée ; mais la moitié poftérieure des ailes eft d’une
couleur un peu plus claire. La partie antérieure a quelques
raies
DES INSECTES 169
raies noires , & de plus on y remarque une fingularité. Ce
font deux points faiilans élevés & compofés d’écailles qui
forment une efpéce de brofle. Le deffous des aîles eft
femblable au deffus pour la couleur , & on y remarque
feulement une bande tranfverfe noirâtre. Je ne connois
point la chenille de cette phalène.
117. PHALÆNA /éricornis fpirilinguis ; alis deflexis
nigris , fafciis tribus argenteis tranfverfis , tertia inter-
rupta.
La phalène à trois bandes argentées.
Longueur 1 ligne.
Cette très-petite phalêne a Îa tête jaunâtre. Ses ailes
font d’un brun noir , avec trois bandes tranfverfes argen-
tées , aufli larges que les intervalles noirs qui font en-
tr'elles. La derniere de ces bandes eft coupée dans fon
milieu & partagée en deux taches. La chenille de cette
phalène vient fur le cerfeuil fauvage , où elle fait une pe-
tite coque ronde d’une couleur jaune & fauve.
118. PHALZÆN A Jéticornis fpirilinguis ; humeris
latis , férrugineo-fufca , fafciis tribus tranfverfes fatura-
tioribus.
De Geer, inf, 1 ,1.26,f. 9:
La chappe brune.
Longueur 4 lignes.
Cette efpéce , ainfi que les fuivantes ; eft d’une formé
particuliere & différente des autres. Le haut de fes ailes ,
ce qui forme fes épaules, va tout d’un coup en s’élagiffant,
& enfuite les ailes fe retréciflent vers le bas, ce qui donne
à l'infeéte une certaine forme ovale , ou la figure d’un
homme qui porte une chappe. En-deflus , cette phalêne
eft d’un brun rougeître, avec trois larges bandes tranfver-
fes de couleur plus foncée , une à la bafe de l’aîle , l’autre
au milieu & la troifiéme au bas de l’aîle. En-deffous elle eft
d'une couleur plus claire & blanchatre.
Tome II. b4
170 HISTOIRE ABRÉGÉE
119. PHALÆN A fexicornis fpirilinguis ; humeris
latis , aurato-flavefcens , alarum fafcia tranfverfa ,
maculaque duplici fufca.
Goed. gall. tom. 3 ; tab. 4.
Albin. inf. t. 63, fig. C. D.
Rofel. inf. vol, 1 , tab. 2, claf]. 4. Papil. noëturn.
La chappe à bande & tache brune.
Longueur 4 lignes.
Elle refflemble tout-à-fait à la précédente , dont elle
pourroit bien n’être qu’une variété. Elle en différe en ce
que fa couleur eft d’un jaune un peu bronzé, & qu'au lieu
de trois bandes brunes , il n’y en a qu'une feule tranfverfe
au milieu des aîles , & les deux autres d’en- haut & d’en-
bas font interrompues dans leur milieu, ce qui forme feu-
lement deux taches brunes attenant le bord extérieur de
chacune des aîles de deflus , une en-haut, l’autre en-bas.
120 PHALÆN A /eñicornis fpirilinguis ; humeris
latis , alis antice pallidis fafcia obliqua fufca ; pone
fufcis fafcia maculaque cinereis.
Reaum. inf. 1 ,t.17 , fe 9.
La chappe brune au fautoir.
Longueur 4 lignes.
Sa tète eft jaunâtre avec les yeux noirs. Son corcelet &
la partie fupérieure de fes aîles font d’un brun pâle , avec
une bande plus brune oblique, qui va en montant du bord
extérieur vers l’intérieur. Dans cet endroit, les bandes des
deux ailes fe touchent & forment enfemble un fautoir. La
partie inférieure & la plus confidérable des ailes eft d’un
brun foncé , avec une bande grife oblique qui va en
defcendant du bord extérieur vers l’intérieur, & vers le bas
une tache irréguliere de même couleur. Le deflous des
ailes eft plus pâle que le deflus. On rencontre fouvent
cette pet te phalêne voltigeante fur les ifs & les charmilles
où nous ayons trouvé fa coque, Sa chenille eft petite ,
DRASUINSIECTES 177
à feize pattes. Elle eft d’une couleur gris-de-fouris ; piquée
de jaune en - deffus. Les côtés & le deflus de fon corps
font d’un jaune citron. On la trouve fur l'érable dont elle
fe nourrit.
121. PHALZÆN A féricornis fpirilinguis ÿ humeris
latis , flava , fafcia tranfverfa fufca.
La chappe jaune à Bande brune.
Longueur 2 + lignes.
Sa forme eft la même que celle des précédentes ; dont
elle différe pour la grandeur & la couleur. Elle eft d’un
jaune luftré , avec une bande tranfverfe brune fur le milieu
de chaque aîle. Ces deux bandes font enfemble à la jonc-
tion des deux aïles,un angle obtus. Le deffous de l'infeéte
eft aufli jaunâtre.
122. PHAL ÆN A fenicornis fpirilinguis ; humeris
Zatis , fufco-aurea , fafcia duplici aurata , macula pur-
purea.
La chappe bronxée.
Longueur 3 lignes.
Elle eft toute de couleur brune & parfemée de petits
poils jaunes qui la font paroïtre bronzée. Vers le bord inté-
rieur des aïles de deflus , eft une large tache d’un brun
pourpre , bordée en-haut & en- bas d’une raie dorée. Le
deffous de l’infeéte eft aufi bronzé,
123. PHALÆN A féticornis fpirilinguis » humeris
latis , antennis flavefcentibus alis dilute virefcentibus.
Rofel. inf, vol, 1, tab. 1, claff, 4. Papil, no@urn.
La chappe verte.
Longueur 4 lignes,
Ses yeux font noirs , fes antennes & fes pattes font jau-
nâtres & fes aîles font d’un beau vert clair. Sa chenille eft
N'y
172 HISTOIRE ABRÉGÉE
verte & rafe , elle a feize pattes & elle roule les feuilles de
chène.
124 PHALÆNA /éncornis fpirilinguis ; humeris
latis , alis viridibus ; linea duplici tranfverfa albida.
Rofel. inf. tom. 4 , tab. 10.
Reaum. inf. tom. 1 , planch. 39 , fig. 13<
L'amir. inf. tab, 2.
La chappe verte à bande.
Longueur » lignes,
Cette’ efpéce eft par tout d’un vert clair. Ses aïîles ont
leurs bords blanchätres , & de plus deux lignes blanches
tranfverfes qui vont un peu en defcendant du bord inté-
rieur vers l'extérieur. Ses antennes & fes pattes font jaunä-
tres, & le deffous de l’infecte eft d'un vert plus pâle que le
deflus. Elle vient comme la précédente , d’une chenille
qui roule le chêne & dont la coque a la forme d'un
bateau.
125. PHALÆN A /éricornis fpirilinouis , alis deflexis
viridibus ; fafcia duplici tranfverfa faturatiore.
La phaléne verte ondee.
Longueur 7 lignes.
Ses ailes fupérieures font vertes ; bordées d’un peu de
rouge & nuancées de trois bandes prefque tranfverfes d’un
vert plus foncé. Les aïîles inférieures font d’un vert pâle &
jaunâtre. Ses antennes font rougeîtres ainfi que fes pattes.
Toutes les quatre ailes font en-deflous d'un vert pale. Cet
infecte a été pris à la Terre de Bandeville , à quelques
lieues de Paris.
126. PHALÆNA /éncornis planilinguis, corpore
roféo , alis rotundatis planiu/fculis niveis , fingulis punéto
ciriereo.
Reaum. inf. 2,t,25 ,f. 1,9 == 15e
La phaléne culiciforme de l’éclaire.
Longueur + ligne,
DES INSECTES. 173
Cette efpéce eft la plus petite que nous connoiffions.
Elle reffemble d’abord à une petite tipule culiciforme, ou
encore mieux au mâle d'un Kermès ou-d’une cochenille.
Son corps qui n’a qu'un quart de ligne de long , eft rou-
geâtre , de couleur de chair & comme poudré d’une farine
blanche. Sa langue ou trompe ne fe tourne point en fpi-
rale , mais elle eft platte & droite. Ses antennes à peu près
de la longueur de fon corps font blanches , ainfi que fes
pattes. Ses aîles débordent fon corps de moitié , elles font
arrondies & l'infeéte les porte prefque parallèlement au
plan de pofition. J'ai fouvent trouvé cette petite phalène
fur l’éclaire , ( chelidonium majus.) Ses ailes font peu
écailleufes , enforte que J'ai d'abord douté que ce füt une
véritable phalêne. Je n’ai jamais trouvé fa chenille qui
fe trouve figurée dans l’Ouvrage de M. de Reaumur. Elle
reflemble à une petite tortue, pour fa forme ovale & ap-
platie , & elle eft fi petite qu’on ne peut diflinguer le
nombre de fes pattes. On n'apperçoit guères que fes fix
premieres pattes écailleufes.
TINZÆ A.
L A, TE GNE.
Antennæ filiformes à bafi Antennes filiformes dé-
ad apicem decrefcentes. croiffant de [a bafe à la
pointe.
Frons prominula. Toupet de la tête élevé &
avancé.
Larvya involucro teéta. Chenille cachée dans un four-
reau. .
Chryfalis in involucro larvæ. Chryfalide dans le fourreau de
la chenille.
Nous aurions pü Joindre les teignes aux phalènes ; aux-
quelles elles refflemblent beaucoup : mais comme le genre
des phalènes eft déja très-chargé , & que les teignes font
174 HISTOIRE ABRÉGÉE
auifi fort nombreufes , nous avons cru devoir profiter des
différences qui fe rencontrent entre les unes & les au-
tres , pour féparer ces deux genres. Ces différences font
même fi marquées , que les perfonnes qui n’ont aucune
teinture d’hiftoire naturelle , favent très-bien difinguer
certaines efpéces de teignes , telles que celles qui vien-
nent dans les maifons , d'avec les phalênes.
Les antennes de ces infectes n'ont rien de particulier ;
elles reffemblent à celles de plufieurs phalènes & autres
infettes de cette fettion. Malgré cette reffemblance , on
diftingue prefqu’au premier coup d'œil,une teigne par une
efpéce de toupet de poils qui s’avance & s’éleve fur le de-
vant de la tête , & par un port d'ailes particulier dont nous
parlerons plus bas. Un autre caractere bien für , confifte
dans l’examen de la larve ou chenille de la teigne. Ces
chenilles qui ont tantôt feize , tantôt quatorze pattes , &
plus fouvent huit feulement , ne font point découvertes &
à nud comme celles des papillons & des phalènes : elles
font toujours à couvert & cachées, foit dans un fourreau
qu'elles fe compofent de différentes matieres & qu’elles
tranfportent avec elles ; foit dans des feuilles qu’elles ont
fü rouler pour fe former une habitation dans laquelle elles
font à l’abri & peuvent manger à leur aife ; foit enfin dans
l'intérieur d’une feuille dont elles rongent le parenchyme,
Jaïffant la pellicule ou épiderme tant extérieure qu'inté-
rieure,qui les met à l'abri. C’eft dans ces mêmes retraites
que les teignes parviennent à l'état de chryfalides , fans
avoir befoin de fe filer de coque. Le logement de la che-
nille tient lieu de coque à la chryfalide ; tout au plus quel-
ques-unes filent quelques brins de foie qui paroiflent defi-
nés à foutenir la chryfalide & à fermer les ouvertures de
fon habitation pendant qu’elle eft dans cet état. Cette
propriété d'être toujours cachée dans un fourreau , ou une
demeure qui lui en tienne lieu , & de fe métamorphofer
dans ce même endroit , eft particuliere à la chenille de la
teigne , & la fait diftinguer de celles des papillons & des
DES INSECTES. 17
phalènes. Examinons maintenant ces chenilles plus en
détail.
En général les chenilles des teignes font affez petites ,
ainfi que l’animal parfait qu'elles donnent. Leur corps
femblable en petit à celui des grandes chenilles , eft ordi-
nairement liffe ; des poils auroient été inutiles à des infec-
tes qui fe font des vêtemens & n'auroient fervi qu’à les
embarraffer. Quant aux pattes de ces chenilles,nous avons
dit que leur nombre varioit. Beaucoup n’ont que huit
pattes , favoir les fix écailleufes antérieures & les deux
poftérieures qui font au dernier anneau. La plüpart de ces
chenilles qui font renfermées dans des fourreaux , n'a-
voient befoin que de ces huit pattes pour avancer & pour
reculer ; les pattes intermédiaires ne leur auroient été
d'aucun ufage dans leurs fourreaux , quelques-unes ce-
pendant ont feize pattes , d’autres quatorze , mais ce n’eft
pas le plus grand nombre. .
Celles de ces chenilles qui fe font des fourreaux , em-
ployent différentes matieres pour les compofer. Tout le
monde connoit les teignes domeftiques qui rongent nos
tapifleries , nos draps & nos étoffes de laine , dont elles fe
nourriflent & s’habillent en même tems. Ces fourreaux
artiflement tiflus , font compofés de brins de laine que l'in-
fete coupe & hache avec fes dents , & qu'il attache & lie
enfemble avec un peu de foie qu'il file. Cette foie fe voit
particuliérement dans l'intérieur du fourreau qui ef liffe &
poli, pour ne pas bleffer le corps délicat de l’infeéte, tandis
que l'extérieur eft garni d’un fin duvet de laine. Mais la
compofition de cet habit n’eft pas la feule chofe digne de
remarque ; l'infeéte fait de plus Pallonger & l'aggrandir
à mefure qu'il croît & qu’il groflit. C’eft ce qu'on peut ap-
percevoir aifément , en tranfportant de petites teignes
d’une étoffe fur une autre de différente couleur. Comme
les fourreaux de ces infeétes font de la même couleur
que la laine qu'ils employent , en changeant ainfi la cou-
leur de l’étofe , on appercçoit plus aifément les rallonges
176 HISTOIRE ABRÉGÉE
& les piéces de fon habit. Je fuppofe donc qu’on prenne
quelques petites teignes dont le fourreau eft encore pe-
tit de deflus un drap bleu, & qu'on mette ces teignes avec
leurs fourreaux bleus fur un drap rouge : au bout de quel-
que tems , la teigne qui groflit a befoin d'allonger fon
fourreau ; elle le fait en attachant aux deux extrémités,
aux bords des ouvertures des deux bouts, des brins de laine
rouge. Pour exécuter cette manœuvre , elle fe tire pref-
qu'entiérement de fon fourreau & y rentre de tems en
tems, L'ouvrage fait , on voit fon fourreau qui étoit tout
bleu bordé maintenant de rouge aux extrémités , plus ou
moins ; fuivant que les dernieres allonges faites par l'in-
fete ont été plus ou moins confidérables. Cet allonge-
ment du fourreau n’eft encore qu’une petite partie du tra-
vail de l’infette , il lui refte à faire un ouvrage bien plus
difficile ; il faut que non-feulement il allonge fon fourreau,
mais qu'il l’élargiffe , fans quoi il feroit trop étroit. Pour cet
effet , linfeéte fend avec fes dents fon fourreau dans fa
longueur , d’abord à un bout & puis à l'autre, & entre les
bords de cette fente , il ajufte une piéce neuve qu'il com-
pofe de même. Ainfi,outre les allonges rouges , le fourreau
a encore dans fa longueur des piéces pareillement rouges
fur un fond bleu. Au bout de quelque tems, lorfque la
chenille groffira encore , il lui faudra répéter la même ma-
nœuvre , & fi on veut que fon fourreau foit encore plus.
bigarré , on peut la mettre fur une étoffe verte : les nou-
velles piéces feront vertes , & le fourreau participera
des couleurs différentes de toutes les étoffes fur lefquelles
la teigne aura été mife. Mais une autre chofe qui n'eft pas
moins remarquable , c’eft que les excrémens de l’infeëte
font aufli de la couleur de l’étoffe. Il femble que la partie
colorante du drap ou de la laine paffe toute dans les excré-
mens de l’infe&te , tandis que la fubftance de cette laine
fert à fa nourriture.
La teigne , après avoir rongé tous les brins de laine les
moins ferrés & les plus aifés à dévorer qui fe trouvent
autour
DES: INSECTES. 177
autout d’elle, fe tranfporte enfuite plus loin avec fon four-
reau , & elle porte toujours fon habitation de place en
place jufqu’à ce qu’elle fe métamorphofe : pour lors elle
fixe fon fourreau contre l'étoffe , à l’aide de quelques fils
qu’elle attache. Elle bouche aufli avec de pareils fils les
deux ouvertures de ce même fourreau qui lui forme une
efpéce de coque. Elle n’a pas befoin de s’en filer d’autre,
Dans cet abri elle fe transforme en chryfalide , & lorf-
qu’elle eft parvenue à l'état d'infeéte parfait , elle en fort
en perçant le tiflu dont elle avoit fermé une des deux ou-
vertures.
D'aurres teignes domeftiques rongent les pelleteries , les
peaux d’oifeaux, & avec les poils ou plumes qu’elles en
enlevent , elles fe forment des fourreaux femblables à
ceux que nous venons de décrire. Les manœuvres de tou-
tes ces teignes font les mêmes , il n’y a que leur nourriture
qui foit différente.
Parmi les teignes qui fe trouvent dans la campagne,
quelques-unes fe forment aufli des fourreaux femblables à
ceux des teignes domeftiques ; & qui n'en différent que
par les matieres qui les compofent. Le chiendent ou gra-
men nous em fournit une efpéce , dont le fourreau eft pref-
ue tout compofé des petits poils qui fe trouvent fur les
jeunes feuilles de cette plante. La teigne fe nourrit des
feuilles &t fe fert de leur duvet pour compofer fon four-
reau qui femble couvert de moififlure , ce qui nous a por-
té à diftinguer cette teigne par le nom de mo1fte. D'autres
teignes qui fe trouvent fur le chêne & fur quelques-autres
arbres , favent couper adroïitement des morceaux de feuil-
les , qui Joints enfemble par des fils ; leur forment des
fourreaux durs & confiftans. Quelques-unes même font
encore mieux : elles favent mettre à protit les découpures
& les dents qui fe trouvent au bord de ces feuilles , &
les placer de façon qu'elles forment une efpéce d’orne-
ment fur leurs fourreaux ; tantot c'eft une efpéce de
crête de coq qui les garnit tout du long , d’autres fois
Tome TI.
178 HISTOIRE ABRÉGÉE
ce font des efpéces de coquilles qui en ornent lPextré-
mité.
Les brins de paille & de tiges de plantes féchées font
employés par d’autres teignes pour compofer leurs vête-
mens. Les unes plus petites fe contentent de couper ces
petits brins de paille de la longueur de leur fourreau , &
de l'en revêtir en dehors tout du long ; enforte qu'il
reflemble à une efpéce de fagot., dont un morceau n'ex-
cede guères l’autre : d’autres plus grandes placent de même
plufieurs petits brins d’herbe feche longitudinalement fur
leur fourreau , mais elles en mettent plufieurs rangs en re-
couvrement les uns fur les autres , ce qui doit les mettre à
l'abri de la pluie & de l'humidité. Enfin quelques-unes
placent au contraire ces brins d’herbe en travers fur leur
fourreau , ce qui le rend tout hériflé.
Il y a d’autres teignes à fourreaux qui employent dans [a
conftruétion de leur demeure des matieres beaucoup plus
folides que celles que nous venons de voir. Elles fe
fervent de la pierre même dont elles recouvrent leur ha-
billement. On voit fouvent de ces petites teignes le long
des murs de pierre des vieux bâtimens. Leurs fourreaux
bruns font coniques , terminés en pointe par le bout ,
ronds dans les unes, triangulaires & à pans dans les autres.
Les petites chenilles qui les habitent font brunes , elles
ont feize pattes : leur tête fort par l'ouverture large de leur
fourreau , & l’autre extrémité pointue n’a qu’une petite
ouverture par laquelle l'animal rend fes excrémens. Ces
fourreaux font tous couverts de petits grains de pierre liés
& affemblés enfemble par la foie dont l'intérieur du four-
reau eft compofé. Quelques auteurs ont nommé ces tei-
gnes , seignes à capuchon ; à caufe de la forme de leurs
fourreaux. Elles fe nourriffent d’un petit Zcher verdâtre
qui couvre fouvent en grande quantité les pierres expofées
à l'air depuis long-tems. Les arbres font aufli fouvent cou-
verts d’un petit Zchez femblable ; qui fert pareillement de
nourriture à une petite teigne à capuchon , mais dont le
DES INSECTES. 179
fourreau eft jaune ou vert , à caufe des brins de lichen
dont elle fe fert pour le former.
Toutes ces teignes à fourreaux fe métamorphofent
comme les teignes domeftiques. Lorfqu’elles veulent fe
transformer , elles fixent leurs fourreaux contre les feuil-
les , contre les écorces , ou contre les murs en filant au
bord. Elles deviennent chryfalides dans cette efpéce de
coque , & lorfqu’elles font changées en infeêtes parfaits ,
elles fortent en fe faifant jour par la petite ouverture de
l'extrémité du fourreau qui fervoit à donner iflue aux ex-
crémens de la chenille.
Les teignes que nous venons de décrire ont des four-
reaux portatifs ; des efpéces d'habitations mobiles & ifo-
lées qu’elles portent avec elles de côté & d’autre. Il y a
d'autres efpéces de teignes qui fe pratiquent des demeures
où elles font à l'abri & à couvert comme les précédentes ,
mais qu'elles ne peuvent mouvoir. L'induftrie de ces in-
feêtes n’en eft pas moins grande , & on ne fauroit aflez re-
marquer l'art qu'ils employent pour fe former les loge-
mens différens dans lefquels ils paffent leur vie. Parmi ces
différentes teignes , il y en a qui replient feulement une
feuille , en attachant fortement les deux côtés avec des fils
de foie , & fe tiennent renfermées dans ce pli qui fe trouve
entre les deux côtés de la feuille. D’autres ne fe conten-
tent pas de plier ainfi les feuilles , elles en roulent le bord
ou l'extrémité , & fe logent dans le centre de cette efpéce
de rouleau qu’elles ont ainfi formé. Là elles font à l'abri
des injures de l’air & des infultes de différens infettes vo-
races. Le rouleau où elles font renfermées , eft affujetti par
plufeurs liens de foie pofés de diftance en diflance , com-
me par paquets , & les extrémités de ce même rouleau
font fermées par les bords que l'infeéte rapproche & atta-
che enfemble par le moyen d’autres fils de foie. La teigne
ainfi renfermée , ronge la partie de la feuille roulée dans
l'intérieur de fon habitation , laiffant cependant les pel-
licules extérieure & intérieure de cette feuille dont elle ne
Zi
180 HISTOIRE ABRÉGÉE
mañge que le parenchyme. C’eft aufli dans ce même rou-
leau quelle devient chryfaiide & qu’elle fe change en
infeéte parfait. On trouve de ces rouleaux aux feuilles
de chêne & de plufieurs autres arbres , mais il y a peu d’ar-
bres qui en foient autant infectés que le lilac. Souvent tou-
tes fes feuilles font ainfi roulées. Si on les déroule , on
trouve la partie de la feuille repliée dans l'intérieur ; com-
me morte , blanche & tranfparente , il ne refle que le
fquelette de cette feuille dans lequel on trouve plufieurs
petites chenilles liffes , rougetres , toujours en compagnie
plus ou moins nombreufe de quatre , dix, douze ; ou
même quinze & feize. Ces efpéces de chenilles donnent
des petites teignes qui font ordinairement reconnoiflables ,
en ce que leurs épaules ou la bafe de leurs aïles font affez
larges.
” Ces efpéces de teignes font obligées ; ainfi que les pré-
cédentes ; de fe former une habitation conftruite avec
les mêmes feuilles qu’elles doivent ronger enfuite, D'au-
tres ne fe donnent pas la même peine : à mefure qu'elles
mangent, elles fe logent à la place de la nourriture qu’elles
ont prife. Ces teignes encore très-petites , percent la pelli-
cule extérieure de la feuille , infinuent leur tête dans cette
petite ouverture & mangent le parenchyme intérieur. À
mefure qu’elles ont ainfi cavé & creufé la feuille , elles
s’enfoncent & forment des chemins couverts , des galleries
entre les deux pellicules des feuilles , avançant toujours
à proportion de la nourriture qu'elles prennent. On voit
fouvent ces chemins des teignes tracés fur les feuilles.
Ils font très - reconnoiffables , en ce que la feuille eft tranf.
parente & a perdu fa couleur verte en ces endroits. Ces
chemins font fouvent fort irréguliers , pleins de contours
& de détours fuivant les différens côtés vers lefquels la
chenille.s’eft portée. Si on leve une des deux pellicules de
la feuille qui couvrent ces chemins, on trouve ordinai-
rement vers l'extrémité une petite chenille toute feule,
life , un peu Jaunûtre , qui a quatorze pattes. Ces petites
DES INSECTES. 18:
teignes reftent dans ces mêmes galleries pout fe transfor-
mer en chryfalides , & elles n'en fortent que fous leur
derniere forme d'infeétes parfaits. M. de Reaumur a don-
né à ces chenilles le nom de ver mineur ; parce qu'ils mi-
nent l'intérieur des feuilles. On pourroit les appeller plu-
tôt, chenclles mineufes. Au refte, les teignes ne font pas les:
feuls infeétes dont les larves minent ainfi les feuilles ;
celles de quelques - autres infeétes ont la même induitrie.
Nous avons déja vû que les larves de quelques charanfons
font pareillement mineufes ; celles de quelques mouches
en font autant. Mais un moyen fur de diftinguer toutes ces
larves mineufes les unes des autres lorfqu’on les rencon-
tre dans une feuille , c’eft d'examiner leurs pattes. Les
larves des teignes en ont quatorze , comme nous l'avons
déja dit. Celles des charanfons n'ont que fix pattes écail-
leufes , comme celles de tous les infeétes à étuis , & celles
des mouches n'ont point du tout de pattes. Ainfi on peut
favoir ce que donnera par la fuite chacune de ces diffé-
rentes larves. .
Les teignes ne minent pas feulement Les feuilles, quel-
ques efpéces cherchent une nourriture plus fucculente ,
elles minent les fruits. IL eft très - commun de trouver des
fruits verreux. Qu'on examine les prétendus vers qu'ils
renferment , s'ils ont plus de fix pattes on peut être für
qu'ils donneront des teignes, fi au contraire ils n’ont point
de pattes , ce font des larves de mouches.
Nous ne finirions pas , fi nous voulions examiner en dé-
tail tous les différens manéges qu’employent un grand
nombre de teignes pour fe loger. En général , la plupart
des produétions animales & végétales font expofées à être
attaquées par ces petits animaux. Leurs chenilles les
dévorent , & font d'autant plus difficiles à trouver qu'elles
fe tiennent ordinairement cachées. Mais fi les chenilles de
ces teignes font aufli nuïfibles ;, les infeétes parfaits qui en
proviennent n'en font pas moins dignes d’attention pour
leur beauté, Il y a peu de genre qui renferme des infeétes
182 HISTOIRE ABRÉGÉE
auffi brillans & aufli magnifiques , & fi les teignes étoient
plus grandes , on feroit furpris de la richefle de leurs cou-
leurs. Les aîles d’un grand nombre font parfemées d’or &
d'argent diftribué par bandes & par compartimens. Sur
d’autres on voit briller les couleurs les plus vives, fouvent
rehauffées d’un peu d’or , & l’on ne peut fe laffer d’admi-
rer la magnificence & les beautés que le microfcope nous
fait découvrir dans les aïîles de ces infe&tes , tandis qu'ils
aroiflent aux yeux fi vils & fi méprifables. Enfin les ai-
grettes & les franges dont quelques-unes de ces teignes
font parées , augmentent encore leur beauté. On verra
toutes ces différences dans le détail que nous allons don-
ner des efpéces de ce genre.
1. TIN Æ A corniculis duobus fubulatis recurvis ,cinerea,
alis macula fufca. |
La teigne à queue d'hirondélle.
Longueur 33 lignes. Largeur 2 lignes.
Ses yeux font noirs & tout le refte de fon corps ef gris,
au-devant de fa tête font deux petits crochets recourbés
en-deflus , compofés de plufieurs articulations , plus longs
ue la tête & qui accompagnent la trompe de chaque
côté. Ses ailes font larges & forment vers le bout la queue
d’oifeau. Au milieu de chacune eft une tache brune , ou-
tre deux petits points noirs prefqu'imperceptibles , lun
vers le milieu de l’aile plus haut que la tache, l’autre
près de la bafe proche le bord extérieur.
2. TIN Æ A corniculis duobus fubulatis recurvis, als
flavefcentibus nitidis , ftriarum albidarum ordine duplici
tranfver/o.
La teigne à bandes rayonnees.
Longueur $ lignes.
Sa tête & fon corps font bruns. Ses aîles font jaunâtres ,
luifantes , un peu bronzées , avec deux bandes tranfverfes
de petites rayes blanchâtres longitudinales , l'une vers le
4
DES INSECTES. 183
milieu de laîle , l’autre versle bas. Au-devant de fa tête,
fous les antennes , font deux crochets recourbés en-deflus
& compofés de plufieurs articulations , qui ont le double
de la longueur de la tête.
3. TIN Æ A cinerea, corniculis duobus criflatis ; fafcia
alarum longitudinale argentea.
La teigne à rayure d'argent.
Longueur 4 lignes.
Au-devant de la tête de cette teigne font deux longs
barbillons velus des deux côtés & terminés au bout par
une petite pointe relevée & fans poils. Ses yeux font noirs
& fa tête eft blanchâtre. Ses aïîles font d’un gris cendré
avec une longue bande blanche argentée fur chacune
des ailes fupérieures. Le deffous de cet infeéte eft tout
gris.
4. TIN Æ A aës fuperioribus albis punilis nigris ;
inferioribus fufcis.
Linn faun. fuec. n. 891. Phalæna feticornis fpirilinguis nafuta, alis fuperiori-
bus albis, pun@tis nigris : inferioribus fufcis.
Linn. [yff. nat. edit. 10 , p.534 , n. 238. Phalæna tinæa eyonymella,
Albin, inf. t.70,f. À. B. C.
Merian. europ. 2 , p. 2 ;t. 2. in medio ; p. 43 ; t. 44e
Reaum. inf. 1,t.12,f.1—9,@13t. 17,fs 103110
Frifch. germ. s ,t. 16.
Ra. inf. 196. Phalæna parva alis longis lividis feu plumbeis ; exterioribus
punétis nigris crebris fti@tois.
AG. Upf. 1736 ; p. 26, n. 81. Papilio alis depreffis argenteis nigro pun@atis,
Rofel. inf. vol, 1 , tab. 7 & 8 Aclaff. 4. Papil. no&urn,
La teigne blanche à points noirs.
Longueur 4 + lignes,
Tout le deffus de cette teigne eft d’un blanc argenté.
Ses ailes fupérieures ont en-deflus trois ou quatre rangées
longitudinales de petits points noirs. On apperçoit aufli de
pareils points fur la tête & fur le corcelet. Le deffous des
ailes fupérieures ; & les deux faces des inférieures font de
couleur plombée. Le ventre eft noir en-deflus & d’un blanc
un peu brillant en-deffous,
184 HISTOIRE ABRÉGÉE
La chenille de cette teigne efl d’un blanc jaunâtre , &
chargée de quelques poils. Sa tête & le premier anneau de
fon corps font noirs , & on voit une rangée de dix points
noirs de chaque côté de fon corps. Ses pattes font au nom-
bre de feize. Ces chenilles mont point, comme la plüpart
des autres teignes , de fourreau particulier, mais elles
vivent en fociété & par troupes fur les arbres fruitiers,
enveloppées toutes dans des toiles grandes & fortes qu’el-
les filent.
- GS TINÆA abs flavis, fafciis maculifque nigris.
L'arlequinette jaune.
Longueur 4 3 lignes.
Sa tête eft noire avec une tache jaune entre les yeux :
fon corcelet pareillement noir à un peu de jaune en de-
vant, & trois bandes longitudinales aufli jaunes. Ses aîles
fupérieures font jaunes avec une bande longitudinale noire
proche la future ou la Jonétion des aîles, & une autre
arallèle à cette premiere , pofée plus fur le milièéu de
l'aile , qui part de fa bafe, & fe trouve réunie en bas avec
la premiere , par le moyen d’une bande tranfverfale à
laquelle toutes deux aboutiffent. Après cette bande tranf-
verfe , il s'en trouve une autre proche le bord inférieur,
qui paroit compofée de plufieurs points qui fe touchent.
Du côté du bord extérieur de l’aile font cinq taches diftinc-
tes , les unes rondes les autres longues. Toutes ces taches
& ces lignes noires font moins marquées en-deflous. Les
aîles inférieures font brunes en-deflus , jaunes en-deffous
avec une bande tranfverfe noirâtre. Le deflous du Corps
de l’infeête eft jaune.
6 TIN Æ À plumbea nitida , punélo nigro in medio
alarum.
Linn. faun. fuec. n. 894. Phalæna feticornis fpirilinguis nafuta cana,capite fubs
grifeo , pun&to nigro in medio alarum.
Linn, fyft. nat. edit, 10, p. 536, n. 254, Phalæna tinea pelljonella,
Reaum.
DES INSECTES. 185
Reaum. inf. 3,1. 6,f.12,16.
Rofel, inf, vol, 1 ; tab. 19, claf]. 4. Papil. no@urn.
La teigne commune.
Longueur 2 lignes.
Tout le monde connoît affez cette petite teigne qui
vole fouvent dans les appartemens. Sa couleur eft srife ,
plombée & brillante , & chacune de fes ailes eft chargée
dans fon milieu d’un point noir. La chenille de cet in'eëte
ronge les meubles de laine dont elle fe nourrit & fe fait
un fourreau qui a la couleur de la laine que l'infeéte dévo-
re: quelquefois ce fourreau eft de plufieurs couleurs , fui-
vant que la teigne a pañlé d’un meuble à un autre de cou-
leur différente.
NB. J'en ai trouvé une variété qui ne differe que parce
qu’elle eft plus petite de moitié.
7. TIN ÆA atro-plumbea, alis fuperiortbus fufco-
nebulofes.
ohne pl e neébuleufe.
HS 10 SSL
Elle eft toute de couleur plombée comme la teigne com:
mune. Ses aîles de deflus ont fur leur moitié fupérieure
une bande tranfverfe brune , & toute leur moitié inférieu-
re eft nébuleufe & tachée du même brun. Ses pattes pof-
térieures font très-longues.
8. TINÆ A z01a alba oculis nigris.
La teigne blanche.
I
Longueur 2 3 lignes.
Elle approche beaucoup de la teigne commune, mais
elle eft toute blanche tant en-deflus qu'en- deffous : fes
yeux feuls font noirs.
9. TINÆA cinerea , alarum margine inferiore pundkis
RLDTIS.
Tome II. Aa
136 Hi1STOIRE ABRÉGÉE
La teigne à bordure de points.
Longueur 3 + lignes.
Ses yeux font noirs, & tout le refte de fon corps ef
de couleur cendrée un peu plombée. Le bord inférieur
des aîles de deflus eft orné de petits points noirs au nom-
bre de tix ou fept fur chaque aïle. Ses antennes font à
peu près de la longueur de fon corps.
10. TIN Æ À aurata, alis fuperioribus cruce decuffata
fufco rubra.
La teigne à croix de faint andré. «
Longueur 2 + lignes.
Elle eft allongée & étroite , & fes ailes font pofées l’une
contre l’autre vers le bout. La couleur de tout l'infeéte eft
d'un jaune doré. Sur fes aïles fupérieures eft une croix de
faint andré de couleur rougeître , formée par deux rayes
obliques fur chaque aïîle , qui vont fe joindre au bord in-
térieur , & forment le refte de la croix avec celles de l’au-
tre aîle. Au-deflous de cette croix on voit fur chaque aile
une raie oblique de même couleur, qui va en montant
du bord extérieur vers l’intérieur. Les antennes font de
la longueur du corps de l'infeëte, & font compofées de
etits anneaux de couleurs variées. Les pattes font longues
& le bas des cuiffes eft gros, ce qui a fait appeller cet in-
feëte par M. de Reaumur , seigne à pattes en raquette. Ses
yeux font noirs.
11. TIN Æ A tota fafco-nebulofa , capite albido.
Linn. [yff. nat. edit. 10,p.$37; mn 259. Phalæna tinea granella.
La teigne brune à tête blanchätre.
Longueur 3 ? lignes.
Sa couleur eft brune partout. Ses ailes fupérieures ont
beaucoup de taches noirâtres plus foncées que le refle, &
deux petites taches jaunes , l’une vers le milieu, l’autre
vers le bord intérieur, ce qui rend ces ailes nébuleufes,
DES INSECTES. 187
La tête eft d'un blanc jaunâtre en-deffus avec les yeux
noirs. Certe efpéce reflemble beaucoup à la fuivante ,
mais elle en differe en ce qu'elle eft toute de la même
couleur. On là trouve fouvent dans les maifons , où fa
chenille ronge les étoffes dont elle fe forme un fourreau.
12. TIN Æ A füufca, cruce dorfi decuffata alba.
La teigne à croix de che dlier.
Longueur 2 3 lignes,
Elle eft longue & étroite, & fa couleur eft brune un
peu bronzée. Sur chacune des ailes fupérieures , vers le
milieu , eft une tache triangulaire blanche, argentée, un
peu oblongue , dont le long côté touche le bord extérieur ,
& l’angle oppofé aboutit au bord intérieur , à Pendroit où
répond la tache femblable de l’autre aile , ce qui forme
par la réunion des deux aïles , une éfpéce de croix de che-
valier, dont deux pointes font blanches, & les deux au-
tres, la fupérieure & l’inférieure , brunes.
13. TIN Æ A rigra , capite niveo , alis pone albidis.
Linn. faun. fuec. n. 892. Phalæna fecicornis fpirilinguis nafuta nigra, capite
niveo , alis pone albidis.
Linn, fyff. nat. edit. 10, p. 536 , n. 253. Phalæna tinea raperzella.
Raj. inf. 204, n. 98. Tenia veflivora major, alis oblongis acutis ; exterioribus
ad fcapulas nigricantibus , inferiès albentibus ; interioribus fufcis five
cinereis.
Reaur. inf.3:t. 20, fer, 3e
La téigne bedeaude à tête blanche.
Longueur 4 + lignes.
Sa tête eft blanche en-deffus. Ses aîles longues enve-
loppent fon corps , mais leur extrémité poftérieure s'éleve
en toit & forme la crête. Les fupérieures font noires dans
leur moitié de devant, & blanchâtres dans leur partie pof-
térieure avec quelques taches un peu btunes , peu appa-
rentes. Les aîles inférieures font céndrées. Le corps de
Tinfeëte eft noir , feulement le bouc de fes pattes eft un
peu jaunûtre.
Aa il
188 HISTOIRE ABRÉGÉE
Sa chenille fait, comme celle de la teigne commune,
un fourreau de la laine des meubles qu’élle ronge, & des
plumes d’oifeaux qu’elle détruit dans les cabinets où on
les conferve. Scn fourreau eft de la couleur de la matiere
qu’elle ronge. Lorfqu'elle croît & groilit, elle fend fon
fourreau fur les côtés, & l’augmente de largeur , en y
mettant une piéce : & comme fouvent elle change de
place & fe nourrit de laines de, différentes couleurs, ces
diverfes piéces font différemment colorées & forment uns
bigarrure aflez finguliere.
14 TIN Æ A fufca, capite fufco, als pone albidis.
Ra. inf. p. 204, n. 99.
La tergne bedeaude à tête brune.
Longueur 4 lignes.
Celle-ci approche beaucoup de lefpéce précédente ,
elle en differe cependant par plufieurs endroits. D'abord
fa tête n’a poiînt de blanc, mais elle eft toute brune, ainf
. PJ
A \
que fon corcelet. Ses aîles font femblables à celles de
l’efpéce ci-deflus, mais au lieu que dans la précédente
P je P
plus de la moitié poftérieure des aïles eft blanche , dans
celles-ci il n’y a au plus qu’un tiers qui foit blanchâtre fans
taches noires bien marquées. A cela près ces deux teignes
different fort peu l’une de l’autre.
15. TIN ÆA nigra, als pone albidis , macula triplier
triangulari nigra.
Reaum. inf. 2, 1.40, f. 9.
La teigne bedeaude aux trois triangles.
Elle eft noire & fes pattes font jaunes. Le tiers anté-
rieur de fes ailes de deflus eft pareillement noir, & les deux
tiers poftérieurs font blancs, mais chargés de trois taches
noires triangulaires : la premiere au bord extérieur, la fe-
conde au bord inférieur de l’aile & la troifiéme au bordin-
térieur de Paile, Lorfque les ailes font fermées & fe tou-
DES INSECTES. 189
chent , cette derniere fe réunitavec celle de l'autre côté, &
toutes deux paroiflent former enfémble une tache quarrée.
La chenille de cette teigne habite dans l'intérieur des
glands de chêne.
16. TINÆ A ais nigris, fuperioribus macula quadrara
alba ex quatuor lineolts albis tranfver/es compo/ita.
La teigne à quarrure.
Longueur 2 £ lignes.
Cette petite teigne eft toute noire , à exception d’une
tache blanche de forme quarrée fur chacune de fes ailes
fupérieures. Cette tache eft compofée de quatre petites
raies blanches tranfverfes : celles des deux aïles fe tou-
chent lorfque l'infeéte eft en repos &paroiflent n’en faire
qu’une feule. Vers le bas du bord extérieur des aîles font
des petites taches blanches , qui rendent ce bord varié,
On trouve cette teigne dans les bois : elle eft rare. |
17. TIN Æ À nigra, alis antice albidis , maculs quas
tuor nigris ; pone nigris, maculis duabus albes.
La teigne à quadrille.
Longueur 2 ? lignes.
Cette efpéce eft noire en-deflus , un peu grifâtre en-
deffous. Plus de la moitié antérieure des aîles de deflus
eft blanchâtre , & le refte eft noir. Sur la partie qui eft
blanche fort quatre taches, deux fur chaque aile , une
plus haut, l’autre plus bas, toutes deux oblongues & telle-
ment placées, qu'avec celles de l’autre aîle , elles fem-
blent toutes les quatre former un quarré. Sur la partie
oftérieure de l’aîle qui eft noire , font deux taches bian-
ches, une fur chaque aile, placées vis-à-vis Pune de
l’autre.
18. TIN ÆA as atris., punéorum alborum Linea du-
plici tranfverfa.
190 HISTOIRE ABRÉGÉE
La teigne noire à deux rangs de points blancs.
Longueur 1 3 ligne.
Elle eft par-tout d’un noir matte & nullement brillant,
elle a feulement deux bandes tranfverfes blanches, for-
mées. par. des petits points de cette couleur, lune à la
moitié. de l'aile fupérieure ; l’autre aux trois quarts de la
‘même aile en defcendant.
19. TIN ÆA cinerea, alarum maculis nigro- nebulofis.
Linn faun. fuec. n. 855. Phaiæna feticornis fpirilinguis naluta grifea , nigro-
nebulofa. À
La teigne marbrée à plaques brunes.
Longueur + lignes.
Ses yeux font noirs ainfique fes antennes qui font en filets
coniques , & de moitié plus courtes que le corps. Tout le
refte du corps de l'infeëte eft de couleur grife. Ses ailes
fupérieures ont une longue frange vers le bas & font ta-
chées irréguliérement de taches brunes plus ou moins
foncées. On trouve fouvent cette efpéce dans les maifons.
20. TIN Æ A aës dilute cinereis ; fafctis tribus fufcis
tranfverfis undulatrs.
La teigne à quatre. bandes brunes ondulees.
Longueur ; + lignes.
Il y a beaucoup de reffemblance entre cette efpéce &
la précédente. Celle-ci ef cendrée avec trois bandes bru-
nes ondulées & tranfverfes fur les ailes fupérieures.
21. TINÆ A als argenteis , corport circumyolutis, faf-
cià duplici tranfver/a punélorum nigrorum.
Reaum. inf 1,1. 38,f7,8 9
Le manteau à points.
Longueur 8 lignes.
“Cette efpéce eft une des plus‘grandes teéignes que nous
ayons. Elle eft allongée & elle porte fes aîles tellement
DES. INSECTES. 191
tournées autour de fon corps , qu’elle eft prefque de forme
cylindrique. Sa tête & fon corcelet font un peu ternes ;
fes yeux font noirs & fes ailes fupérieures d’un blanc ar-
genté avec deux bandes de points noirs, l’une furle mi-
leu de l’aile & tout-à-fait tranfverfe , l’autre plus bas &
un peu en arc. Our la partie fupérieure'de l'aile 11 y a quel-
ques autres points irréguliérement placés , & fon bord in-
férieur eft aufli ponétué.
22. TIN ÆA als albis , corpori circumvolutis , capite
collarique flavis, |
Reaum. inf. 1,t.17,f. 13, 14.
Le manteau à tête jaune.
Longueur 7 lignes. Largeur 1 = ligne.
La forme de cette teigne eft allongée & cylindrique ,
comme celle de la précédente. Sa couleur eft en-deflus
& en-deflous d'un blanc gris , feulement fes yeux font
noirs. Sa tête & le bord fupérieur de fon corcelet fone
d'un beau jaune, & fes pattes font un peu Jaunâtres. Les
ailes débordent le corps de près de moitié. Les œufs que
dépofe cette teigne font bruns & petits.
23 TIN Æ A as corpori circumyolutis albido-rofeis
LE re SCORE É ?
fafciis tribus obféure virefcentibus.
Le manteau à bandes verdätres.
Longueur 6 + lignes. -
Son port d’aîle eft le même que celui des deux efpéces
précédentes ; celle-ci eft cependant un peu moins cylin-
drique. La, couleur de fes aïles eft d’un blanc un peu
‘teint en couleur de rofe ; avec trois bandes tranfverfes
larges d’un vert obfcur. La premiere de ces bandes vient
en defcendarnt du bord extérieur vers: intérieur ; la fe-
conde monte du bord extérieur à l’intérieur , elle eft vers
le milieu de l'aile ; & la troifféme placée vers le bas eft
large & forme une tache verte, Les yeux font noirs.
Ho2 HISTOIRE ABRÉGÉE
24 TINÆA ais corport cércumyodutis croceis , oculis
pedibufque nigris.
Le manteau jaune.
Longueur 7 lignes.
Cette efpéce reffemble aux précédentes pour la forme
& la grandeur. Mais le deflus de fon corps & fes ailes
font d’un jaune un peu fafrané, & fes yeux ainfi que fes
pattes font noirs.
25. TINÆA a%s corpori circumy dass NT
margine rofeo.
Le manteau couleur de rofe.
Longueur 7 lignes.
Le deffus de fon corps & fes ailes font d’un blanc gris
un peu verdäire. Les bords de ces mêmes ailes font de
couleur de rofe. Au-devant de la tête de l’infeûte font
deux barbillons relevés en-deffus. Sa forme eft femblable
à celle des efpéces précédentes.
26. TIN Æ A füufco-cinerea , alarum macula rhomboi-
dæa alBida oblonva.
Le lozange cendre.
Longueur 3 lignes.
Cette teigne eft d’un gris foncé , fes yeux feuls font
noirs. Sur le milieu de fes ailes fupérieures attenant le
bord inférieur eft un triangle blanchâtre , qui avec celui
de l’autre côté forme un lozange., lorfque les ailes font
jointes & fermées. Outre cela il y a encore une tache
triangulaire oblongue de même Eufque vers le bas de l’aile .
proche le bord intérieur.
27. TINÆ À as cinereës , fuperioribus nitentibns , ner-
vis multifidis fufcis.
La teione à nervures.
Longueur $ lignes,
Son
DES INSECTES. 193
Son corps eftun peu brun & fes ailes font de couleur
cendrée. Les fupérieures font brillantes un peu dorées ,
avec des nervures longitudinales brunes , qui en defcens
dant vers le bas de l'aile fe divifent & fe fubdivifent.
o
28. TIN ÆA zigra, als exterioribus deauratis , anter-
nis corpore duplo longioribus.
Linn. faun. fuec. n. 502. Phalæna feticornis fpirilinguis nafuta nigra , alis exte-
rioribus deauratis , antennis corpore longioribus.
Linn. fyft. nat. edit. 10 ,p. $40 , n. 285, Phalæna tinea reaumurelle,
La teigne noire bronxee.
Longueur 3 + lignes.
Cette teigne eft toute noire : fes aîles fupérieures font
bronzées & dorées avec un repli enfoncé en cercle vers le
bas de l’aîle. Ce qu’elle a de plus remarquable, ce font
des antennes en filets très-minces & fort longues , qui éga-
lent le double de la longueur du corps dans les mâles , &
qui font encore plus longues dans les femelles. J’ai trouvé
cette efpéce en troupe voltigeant autour des arbres dès
la ml-mai.
29. TINÆA riora, als fuperioribus lineis longitudt-
zalibus, fafcia lata tranfverfa , inferneque radiis plu-
rimès aureës , antennes corpore triplo longiortbus. Planch.
12 118. Se
Linn. fyft. nat. edit. 10 , p. $40 , n# 286. Phalæna tinxa de gesrella,
Leche, nov. inf. fpec, p. 38, n. 78. Phalæna nafuta feticornis fpirilinguis
aurea , antennis corpore quadruplo longioribus.
De Geer, inf. 1 ,p. $41» t. 32, f. 13. Petit papillon à añtennes extrémement
longues & à trompe , dont les ailes font noirâtres, variées d’un jaune doré,
& garnies d’une bande tranfverfale du même jaune.
De Geer. inf. pag. 701, tab. 32, fig. 13. Petite phalène à antennes en filets
extrêmement longues , à ailes dorées & traverfées d’une large bande d’un
jaune luifant.
La coquille d’or.
Longueur 4 + lignes.
Cette teigne eft noire un peu bronaée, avec une large
bande tranfverfe dorée fur le miieu des ailes fupérieures,
Tome TI.
194 H1STONREABRÉGÉE
Au-deffus de cette bande font des lignes longitudinales
dorées, & au-deffous d’autres lignes, qui allant en s’é-
cartant les unes des autres , forment une efpéce de figure
de coquille. Les antennes en filets très - fins font quatre
fois de 14 longueur du corps dans plufieurs individus, &
trois fois feulement dans d’autres. M. Leche dans la differ-
tation citée ci-deflus, dit que cette teigne fe trouve fur 1
faule.
30. TIN ÆAÀ als flavefcentibus , lineis duabus & ma-
cula intermedia fufcis in extremo fuperiorum.
L'entre-lione.
Longueur 5 lignes.
Son corpsseft un peu brun & fes yeux font noirs ; fes
aîles font jaunâtres. Au bas des ailes fupérieures font deux
lignes tranfverfes d’un brun fauve , & entre ces deux lignes
une tache de même couleur qui tient à chacune.
31. TIN Æ A füfco-rubra alarum fuperiorum margine
exteriore maculis duabus flavis.
La teigne à deux taches jaunes en bordure.
Longueur 3 à lignes.
Elle eft toute d’un brun un peu rougeñtre , avec deux ta-
ches jaunes Re triangulaires pofées le long du bord
extérieur de l'aile, Pune plus haut, l’autre plus bas. Les
aîles inférieures font de la même couleur que celles de
deflus , & ont une bande tranfverfe blanchatre.
32. TIN Æ À nigra, fafcia tranfver/a alba.
La teigne cordeliere.
Longueur 1 + lignes.
La couleur de cette teigne eft noire, à lexception
d'une bande tranfverfe blanche qui parcoure les quatre
ailes tant en-deflus qu'en-defflous & qui eft pofée dans
leur milieu, comme une ceinture. Les aîles de deflus ont
DES. INSECTES. 19$
dans leur partie fupérieure un point blanc, proche le bord
extérieur , & vers leur bafe une petite bande tranfverfe de
couleur blanche.
33. TIN ÆA fufco-rubra ; alis fuperéoribus maculis
duabus croceis tranfverfim pofitis.
La teigne à deux taches jaunes en bande.
Longueur 3 lignes.
Cette efpéce reffemble beaucoup à celle du n°. 31:
elle eft pareillement de couleur brune rougeâtre avec deux
taches jaunes approchant de la couleur du faffran , l’une au
bord extérieur des ailes de deflus, l'autre vis-à-vis, fur le
milieu de ces mêmes ailes : enforte que quand les ailes
font couchées l’une à côté de l’autre , les quatre taches
des deux aîles forment prefqu'une bande tranfverfe.
Outre ces quatre taches , il y en a encore quelques-autres
femblables , mais prefqu’imperceptibles. Quelquefois le
fond de l’infeéte eft brun & les taches font blanchâtres au
lieu d'être jaunes. Cette teigne a une forme un peu trian-
gulaire. Sa chenille fe loge dans plufieurs fruits & en-
tr'autres dans l’intérieur des épis de maïs ou bled de Tur-
quie qu'elle ronge & dévore.
?
34 TIN ÆA zaigro-fufca , rivulis flavefcentibus mar:
MOTALL,
La teigne à marërure.
Longueur $ lignes.
Son corps & fes aîles en-deflus font d’un brun noirître ;
un peu rouge , lorfqu’on les regarde dans un certain fens.
Ses ailes fupérieures font toutes entrecoupées de lignes
jaunâtres finuées & irrégulieres , ce qui forme une efpéce
de marbrure. En-deffous ces aîles font grifes tirant fur le
brun. Lés œufs de cette teigne font petits & blancs.
35. TIN Æ A cinerea, dorfo vita ge fin alba.
| "1Bby
196 HisTOIRE ABRÉGÉE
Linn. faun. fuec. n, 909. Phalæna feticornis fpirilinguis nafuta cinerea , dorfo
vitta alba.
Linn. fyft. nat. edit, 10, pe 538, n. 265. Phalæna tinea xiloficlle.
Rofel. inf. vol, 1 , tab. 10, claff, 4. Papil. noûurn,
La teigne à bandeleue blanche.
Longueur 3 lignes.
Elle eft toute de couleur cendrée. Ses aïîles font appla-
ties l’une contre l’autre vers le bout , & fe relevent à cet
endroit. Le bord intérieur de celles de deffus eft blanc ,
ce qui forme par la réunion des deux aîles, une bande lon-
gitudinale blanche qui fe reffere & s’élargit alternarive-
ment par endroits. Les antennes font entrecoupées d'an-
neaux blancs & cendrés, & l’infeête les porte droites de-
vant lui. :
36. TINÆA cinerea, alarum fafcia triplici oblique
undulata fufca.
La teigne grife à trois fautoirs bruns.
Longueur 3 + lignes.
Ses ailes font grifes avec trois bandes brunes , obliques
larges ; qui vont en defcendant , & font coupées par au-
tant d’autres bandes femblables qui vont en montant. Il
eft difficile de mieux rendre la forme de ces bandes fin-
gulieres.
37. TIN Æ A capite thoraceque flavo leneis longitudina-
libus fufcis , als albo-flavefeentibus fafciis tranfverfis
fes.
La teigne à corcelet rayé.
Longueur 4 lignes.
Sa tête eft jaune , ainfi que fon corcelet. Sur celui-ei
font trois bandes longitudinales brunes , une au milieu &
une de chaque côté. Les ailes font en-deffus d’un blanc
jaunâtre avec trois bandes tranfverfes brunes fur chaque
aîle, figurées toutes les trois un peu en fautoir dont la
L
DES INSECTES: 197
pointe regarde la tête. Le deflous des aîles eft brun, &
le ventre eft jaune.
38. TINÆA albo-flavefcens , fafciis duabus obliquis
férruginers , poleriore interrupta.
La teigne à bande interrompue.
Longueur 2 & lignes,
Sa tête & fon corcelet font noirâtres. Ses ailes fupérieu:
res font d’un jaune blanchâtre & pâle imitant la couleur
de foufre, avec deux bandes obliques fauves, qui par-
tant du bord intérieur , defcendent vers l'extérieur fansal-
ler jufques-là. Celle de ces deux bandes qui eft placée pof-
térieurement , eft intetrompue & coupée en deux vers fon
milieu. Les ailes de deéffous font brunes.
39. TIN Æ A a/ba, margine alarum exteriore maculis
tribus fufcis , trangulum referentibus.
La teigne à triangle marginal.
Longueur 3 + lignes,
Cette teigne eft en-deffus d’un blanc brillant , avectrois
taches brunes fur les ailes fupérieures , attenant leur bord
extérieur. Ces trois taches forment par leur polition une
efpéce de triangle , deux d’entr'elles touchant le bord ex:
térieur , & la troifiéme étant plus au milieu de l'aile, En
deffous les ailes font d’un blanc gris.
40.TIN Æ A alba, alis fuperioribus Lineis quinque tranf°
verfis fufcis. ”
La teigne blanche à cinq bandes brunes.
Longueur 1 ? ligne. :
Cette petite teigne eft d’un blanc brillant & argenté;
fes ailes font terminées au bout par une longue frange :
les fupérieures ont cinq bandes tranfverfes d’un brun clair,
dont la. premiere eft à la bafe de Païle & la derniere tout
à l'extrémité, les trois autres font dans l'intervalle à difan-
193 HISTOIRE ABRÉGÉE
ces égales. Quand on regarde Pinfecte de près ; ces bandes
paroilfent un peu dorées. On trouve cette teigne voltigean-
te en quantité fur les charmilles.
41. TIN Æ A fu/Ca, linea duplici tranfverfa flava , mar-
gine alarum undique flavo tnterfedlo.
La teigne à bordure herminée. .
Longueur 2 lignes.
Sa couleur eft toute brune en-deffus & en-deflous ;
mais en-deflus il y a deux lignes ou bandes Jaunâtres qui
arcourent les ailes tranfverfalement , l’une plus haut,
l’autre plus bas, & de plus les bords , tant extérieurs qu'in-
férieurs des étés. font entrecoupés de brun & de) jaune.
La chenille de cette teigne mange un petit Zchez imi-
tant une poufliere noire , qui vient fur les arbres & les
treillages , & fon fourreau noir paroit formé de cette même
poulliere.
42. TIN ÆA als füperioribus nigris , fafcia longiu-
dinali , maculifque duabus aureis, antennis medio albrs.
La teigne à bande: doree, & anneau blanc aux antennes.
Longueur 2 + lignes.
La couleur de fes antennes eft noire , mais elles font
blanches dans leur milieu. Sa tête , fon corps & fes ailes
fupérieures font d’un noir un peu bronzé. Sur les ailes
de deflus eft une bande longitudinale dorée, placée près
le bord intérieur, qui va depuis le haut jufqu’à la moitié
de l'aile , & une autre plus petite & plus courte près le
bord extérieur. Après ces bandes font deux taches dorées
pofées tranfverfalement y ou , fi l’on veut , une bande
tranfverfe : interrompue dans fon milieu. Les aîles de def-
fous font jaunâtres & bordées de brun.
43: TIN ÆA rigro-aurata , lineis argenteis Farfyer 2)
tribus ; antennis extremo LES
DES INSECTES. 199
Linn. faun. fuec. n. 900. Phalæna feticornis fpirilinguis nafuta nigra, lineis
argenteis tran{verfis tribus.
Linn. fyff. nat. edit. 10 ,p. $41, n. 292. Phalæna tinea merianella.
AG. Upf. 1736,p.16,n. 84, Papilio alis depreflis oblongis argenteïs, lineis
tribus tranfverfis aureis ; media bifurca.
Reaum. inf. 1 ,t. 17, fe12.
La teigne dorée à bandes d'argent.
Longueur 1 ligne.
Sa tête & fes antennes font noires , mais le bout de cel-
les-ei eft blanc. Ses ailes font d’un noir doré & bronzé,
avec trois bandes tranfverfes argentées , pofées à diftances
égales les unes des autres. La derniere de ces bandes fe
courbe un peu en arc vers le devant. On trouve fouvent
cette efpéce fur les feuilles au printems ; elle donne la
variété fuivante.
W.B.TIN Æ A rigro-aurata, lineis argenteis tranfverfts
quatuor ; antennis RIQTIS. ÿ
Linn. faun. fuec. n. 899. Phalæna feticornis fpirilinguis nafuta nigra , lineis
argenteis tranfverfis quatuor. .
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. $4t , n. 193. Phalæna tinea wilkella,
Reaum. inf. 3 1.4, f. 8.
ve
Longueur 1 à ligne.
Elle differe de la précédente, en ce que fes antennes
font toutes noires , que fa tête & fes yeux font dorés , &
qu’au lieu de trois bandes argentéeselle en a quatre, dont
il ny a que la feconde qui foit parfaitement droite &
tranfverfe ; les autres moins marquées que celle-là , font
courbées , favoir la premiere poftérieurement , & les deux
dernieres antérieurement. La chenille de cette teigne
vient dans l'intérieur des feuilles de l’orme femelle ; elle
eft du nombre des chenilles mineufes.
44 TIN ÆA nigra, alis exterioribus deauratis ; capitis
vertice , alarumque fafcia tranfverfa flavis.
La teigne dorée à bande & roupet jaunes, °
Longueur 1 $ lignes,
200 HISTOIRE: ABRÉGÉE
Elle eft noire à l’exception du haut & du devant de fa
tête , qui forme un toupet jaune entre les deux antennes.
Celles-ci aufli longues que le corps, font un peu velues.
Les aîles extérieures font dorées , & ont dans leur milieu
une bande tranfverfe jaune, mais nullement dorée.
45. TINÆA flavo-aurata ; punëlis quatuor argenteis ;
antennarumque apice albo : Vulgo ännæanella.
La teigne dorée à quatre points d'argent.
Longueur 2 + lignes.
Son corps eft noir & bronzé. Ses aîles fupérieures font
d’un jaune bien doré, bordées d’une frange noire un peu
bronzée. Sur chaque aîle fe trouvent fur le fond jaune,deux
taches noires rondes & couvertes d’argent , ce qui fait
quatre taches pour les deux aîles, dont les deux fupérieures
{ont près du bord extérieur de Paile & les deux inférieures
touchent prefqu’au bord intérieur. Outre ces quatre ta-
ches , on en voit plus haut une cinquiéme ;, mais peu mar-
quée , pofée fur la jonétion des deux aïîles & commune à
toutes les deux. Les antennes font à peu près de la lon-
gueur du corps, elles font noires à l'exception de leur ex-
trémité qui eft blanche. J’ai trouvé cette petite teigne
voltigeant dans un.jardin au milieu de Paris, pendant
l'été.
46. TINÆA crocea , Lineis tranfvérfis fufco-argenteis
ne ; alarum medio macula alba punitifque plum-
eis.
La teigne crayonnee.
Longueur 3 3 lignes.
Sa couleur eft grife , à l'exception du fond des ailes de
deflus , qui eft d’un brun fafrané ou jaunâtre. Sur le milieu
de ces aïles , on voit une tache blanche mal terminée, ac-
eompagnée vers le côté intérieur de taches brunes & de
petits points ronds de couleur d'argent foncé ou noirci ;
ou fi l'on veut de couleur de plomb. Plus haut que cette
tache
DES INSECTES. , 201
tache font deux bandes tranfverfes de la mêmé couleur
plombée, & plus bas il y en a trois , mais qui ne vont pas
tout-à-fait d’un côté de l'aile à l’autre, étant interrompues
irréguliérement en plufieurs endroirs.
47. TIN Æ A albida , lineis lonpitudinalibus reticulatis
fufcis , involucro villo[o-alb:fcente.
La teigne moufre.
Longueur 4 lignes.
Cette teigne eft longue, étroite, & fes ailes font un peu
applaties fur fon corps. En-deffous elle eft d’une couleur
grife cendrée ; & en-deffus blanchâtre , avec de longues
lignes longitudinales brunes , qui vers le bout de Paile
deviennent obliques & forment une efpéce de refeau à
mailles allongées. Le fourreau de cette teigne eft couvert
de petits poils courts & blancs qui reffemblent à la moi-
fiffure. On trouve fouvent ces fourreaux velus fur le
gramell.
48. TIN ÆA ais cinereis , lineis albis fafciaque longi-
tudinali fufca , involucro fufco pediformi.
Reaum. inf. tom. 3, tab. 16.
La teigne à fourreau en croffe.
Longueur 4 lignes.
Cette efpéce eft longue & de couleur cendrée. Ses
ailes ont vers le bout une longue frange de poils. De leur
bafe partent deux lignes blanches argentées , qui defcen-
dent en s’écartant & vont fe terminer vers les deux tiers
de l'aile , l’une au bord intérieur & l’autre à l'extérieur. De
l'écartement de ces deux lignes vers le tiers de l'aile part
une bande brune longitudinale qui defcend en s’élargiflant
& va gagner le bas de l’aîle.
La chenille de cette teigne habite un fourreau long ;
cylindrique, dur, de couleur brune ; ftrié un peu obli-
uement , ouvert par le haut, & recourbé en bas en for-
Tome IL, Ce
202 HISTOIRE ABRÉGÉE
me de croffe , avec deux appendices larges & minces en
forme de feuilles ,; qui terminent le bout de la croffe. Ce
fourreau eft de foie. La teigne l’allonge par la partie anté-
rieure & l'élargit en le fendant, & ajuftant une piéce
dans cette fente. Ces différentes additions font d’abord
blanches pendant que le refte du fourreau eft brun ou noir;
la chenille les brunit enfuite par le moyen d’une liqueur
brune qu’elle fait fortir de fa bouche. On trouve fouvent
cet infete fur les arbres & en particulier fur le chêne.
49. TINÆ A rigro-cinerea , involucro fufco recurso s
lamin& duplici foliof& teclo.
La teigne à fourreau à deux lames.
Longueur 3 lignes.
Les yeux de cette teigne font noirs : fa tête eft d’un gris
blanc, ainfi que le deflous de fon corps & fes pattes ; le
deffus & les ailes font d’un noir un peu cendré. Sa chenil-
le vit dans un fourreau dur, brun, recourbé , & tout cou-
vert de deux grandes lames minces , qui naïffent de fon
extrémité. Ces deux lames font de foie , ainfi que tout
le fourreau. Elles font compofées d’écailles minces fem-
blables à celles des poiflons , pofées en recouvrement les
unes fur les autres. On trouve fouvent cet infeéte fur les
feuilles de plufieurs arbres qu’il ronge.
N.B. M. de Reaumur prétend que l’efpéce précédente
& celle-ci ne font que la même efpéce de teigne , plus
jeune lorfqu’elle n’a qu'un fourreau en croffe , & qui
enfuite forme les deux lames de fon fourreau lorfqu’elle
eft plus vieille. Malgré la grande exaëtitude de cet habile
Naturalifte , je ne puis me rendre à fon fentiment , ayant
nourri des teignes de l’une & de l’autre efpéce qui fe font
transformées chez moi. Si les seignes à fourreau en croffe
n'étoient que les jeunes , elles ne-pourroïent fe transfor-
mer , & elles commenceroient d'abord par acquérir ces
deux lames qu’elles devroient avoir en vieilliffant. D'ail-
D,ESSg A IN SEC T'ES! 203
leurs les infeëtes parfaits & ailés de l’une & l'autre efpéce
font différens , comme on le voit par les defcriptions que
nous en donnons , enforte que je crois pouvoir afligner
fûrement deux efpéces différentes.
so. TIN Æ A énvolucro palearum ordine unico recto.
Reaum. inf. tom. 3, tab. rt, fig. 7» 8,9.
De Geer. inf. p. 698 , tab. 29 » f. 22. Petite phalène d’un brun noirâtre , à an-
tennes à barbes fans trompe , dont la femelle eft fans ailes , d’une chenille
teigné qui fe fait un fourreau des brins de gramen.
Ibid. pag. 506 , tab. 29 fige 19. — 22. € tab. 30 , fig. 22 , 23. Chenille teigne
qui vit des feuilles d’ofñer , qui fe fait un fourreau de brins de gramen, arran-
gés parallèlement les uns aux autres , & dont Le papillon femélle eft entiéres
ment dépourvü d’ailese
La teigne à fourreau de paille Jimple.
J'ai plufeurs fois confervé & nourri cette chenille dans
fon fourreau ;, fans qu'elle m’ait jamais donné fa teigne
ailée , non plus que les fuivantes. M. de Reaumur dit que
la femelle n’a point d'ailes. Le fourreau de cet infeéte
a environ quatre lignes de long , & eft couvert de pailles
ou de brins d’herbes féches de toute fa longueur : qui for-
ment comme un faifceau ou une petite botte d’alumettes.
On trouve fouvent ces petits fourreaux fur les feuilles des
arbres.
si. TIN ÆA snvolucro palearum longitudinalium ordine
mulriplici compofito.
La reigne à fourreau de paille compofe.
Son fourreau à un pouce de long. Il eft compofé , ou du
moins entouré de plufieurs rangs de pailles ou brins d’her-
bes pofés longitudinalement & en toit les uns fur les
autres , à peu près comme un épi.
s2. TIN Æ A involucro ex paleis tranfÿerfis compoftto.
De Geer. inf. pag. sat , tab. 29, fig. 23 —— 25. Chenille teigne à felze jambes,
rafe , noirâtre, qui vit fur l’ofer & qui fe fait un fourreau couvert de brins de
gramen , qui font placés tranfverfalement fur le fourreau.
GT'y
204 HISTOIRE ABRÉGÉE
La teigne à fourreau dé pailles tranfierfes.
Ce fourreau a fept à huit lignes de long. Les brins d’her-
be qui le compofent font pofés deffus tranfverfalement ,
ce qui le rend raboteux & comme hériffé,
s3. TIN ÆA opidum ; involucro conico recurvo.
Reaum. inf. tom. 3, tab. 15 , fig. 152, 3.
La teigne des pierres à fourreau rond en capuchon.
P IP
J'ai ramafñlé plufieurs fois la chenille de cette teigre qui
eft très-commune ; elle eft toujours morte fans me donner
l'infeëte aîlé. M. de Reaumur n’a jamais pü l'avoir non
plus. Cette chenille eft petite , brune , couverte d’un four-
reau qu'elle fe file. Ce fourreau eft conique , pointu & un
peu recourbé comme un capuchon. Le deflus eft tout
couvert de poufliere de pierres que linfeéte fait y attacher.
La chenille fe trouve fur les pierres. Elle fe nourrit d’un
petit Zchen qui recouvre les vieux murs & les rend tout
verts.
54 TIN ÆA Zapidum , involucro triangularti.
Reaum. inf. ton. 3 , tab. 15, fig. 7, 8.
La teigne des pierres à fourreau triangulaire à pans.
Elle reffemble tout-ä-fait à la précédente pour fon four-
reau , fi ce n'eft qu'il eft à pans & triangulaire , & non
point rond comme celui de la précédente. On les trouve
l'une & l’autre dans les mêmes endroits. M. de Reaumur
dit que les femelles de celles-ci ne font point aïlées, mais
feulement leurs mâles. Je n'ai pü le favoir , cet infeëte ne
s'étant jamais transformé chez moi , quoique je l’aye
ramañlé & nourri plufieurs fois ; je me contenterai donc de
rapporter ici ce qu'en dit M. de Reaumur. La phalène de
cette teigne , fuivant lui , eft fort petite & de couleur de
bronze doré. Les femelles font de couleur grife & n'ont
DES ÏÎNSECTES. 20%
point d’ailes. Elles font groffes , trapues , fort lourdes &
marchent très-peu. À l'extrémité de leur corps , eft une
frange d’écailles jaunes , du milieu de laquelle fort une
longue partie qu’elles tirent en dehors , en attendant le
male qui vient s’accoupler avec elles. C’eft par ce long
tuyau qui paroi compofé de trois parties ou anneaux,
qu’elles rendent ieurs œufs, qui font oblongs, Jaunâtres &
fouyent en très-grande quantité, ‘
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206 HiSTOIRE ABRÉGÉE
SECTION QUATRIÉME.
INSECTES TETRAPTERES A'AILES NUES;
OU
INSECTES À QUATRE'AILES NUES:
N OUS avons examiné dans les fe&tions précédentes
les infeétes dont les ailes font couvertes en tout ou en
partie par des étuis durs & écailleux ; Ë ceux qui ont qua-
tre ailes garnies des deux côtés de petites écailles qui for=
ment comme une efpéce de poufliere farineufe. La fe&tion
que nous allons traiter renferme des infeétes qui ont pa-
reillement quatre aîles ; mais dont Jes aïles font nues, fans
être recouvertes ni d’étuis écailleux , ni de poufliere. Ces
aîles font claires ; tranfparentes comme un verre ou un
talc , & ont feulement plus ou moins de nervures qui
foutiennent la fubftance délicate dont elles font compo-
fées. T'ous les infeétes qui ont quatre ailes de cette ftruc-
ture,fe trouvent renfermés dans cette fection : aufli eft-elle
nombreufe,
Par cette raifon nous l'avons divifée en trois articles ,
fuivant le nombre des piéces qui compofent le tarfe de
ces infeétes. Les deux premiers articles font très - courts :
le premier ne renferme que deux genres qui ont trois pié-
ces aux tarfes , & le fecond n’en compte qu'un feul qui en
ait quatre ; tous les autres genres de cette fe@tion ont
cinq piéces on anneaux au pied & compofent le troifiéme
& dernier article qui eft très-nombreux , & renferme lui
feul quinze genres la plüpart très confidérables.
Ces différens infeétes à quatre ailes varient beaucoup
pour la forme extérieure. Les uns ont le corps allongé
comme la demoifelle , la perle , l’ephémere, la frigane ,
&c. d’autres l'ont plus raccourci ; comme l’urocere , la
guêpe , le frelon, le diplolepe ; l'abeille & plufeurs au-
+
DESINSECTES 207
tres. On obferve une pareille variété dans les différentes
parties qui compofent le corps de ces infe&tes. Nous allons
examiner ces différences un peu plus en détail.
Tous ces infeëtes ont deux antennes , mais très - diver-
fement conformées. Elles font très-courtes dans quelques-
uns , comme dans la demoifelle & l'éphémere ; à peine
les apperçoit-on dans ces deux genres. D’autres en ont qui
ne font guères plus longues , mais qui vont en grofliffant
par le bout & qui repréfentent une efpéce de mafñlue;
celles du frelon & du fourmilion font de cette efpéce.
Plufieurs ont des antennes longues compofées d’un grand
nombre d'anneaux , & qui font fi minces qu’elles reflem-
blent à un brin de fil. Telles font celles de la perle , de la
rafidie , de la frigane , de la mouche-fcorpion , de l’uroce-
re , de la mouche-à-fcie , du diplolepe & de l'ichneumon:.
La guêpe , l'abeille & la fourmi en ont de fingulieres. Le
premier article ou anneau de ces antennes ef beaucoup
plus long que les autres, & fait à lui feul prefque la moitié
de la longueur de lantenne ; l’autre partie eft compofée
d’anneaux fort courts. Après le premier anneau long , l’an-
tenne fe courbe , forme à cet endroit une efpéce de cou-
de ou angle & paroït comme brifée ; aufli avons-nous
nommé ces antennes, aztennes brifees. Enfin une derniere
forte d'antennes encore plus finguliere ; eft celle que porte
l'eulophe. Ce petit infecte a des antennes branchues qui
forment une efpéce de panache très - jolie fur fa tête. C’eft
dommage que cet animal foit fi petit, on pourroit admirer
plus aifément la beauté de fes antennes.
Outre ces différentes fingularités de forme dans les an-
tennes , il y a encore un genre dont les antennes méritent
d’être remarquées , moins pour leur conformation que
pour leur mouvement : c’eft le genre des ichneumons. Les
antennes de ces infeëtes font longues , gréles & filiformes,
& le petit animal [ss tient prefque perpétuellement dans
un mouvement affez vif de vibration. C’eft ce qui a fait
appeller les ichneumons par plufieurs Naturaliftes , mou-
ches vibrantes ; où mouches à antennes vibratiles,
208 HaisTomrENABRÉIGÉ r
La bouche des infectes de cette feétion varie auffi : tous
ne l’ont pas figurée de même , & fi l’on vouloit on pourroit
abfolument divifer en deux cette feétion , d’après la ftruc-
ture & la forme de la bouche des infeétes qui la com-
ofent. Dans les uns cette bouche eft armée de deux fortes
machoires écailleufes , une de chaque côté , avec lefquels
ils rongent & mordent fortement ; telle eft la ftructure de
la bouche des demoifelles , du frelon , de l’urocere , de
l'ichneumon , de la guêpe , de l’abeille , de la fourmi, &c.
les autres n'ont point de femblables machoires , mais on
remarque autour de leur bouche quatre barbillons fembla-
bles à des antennules , deux de chaque côté. Souvent la
bouche que ces barbillons accompagnent , eft avancée &
prominente , comme on le voit dans le fourmilion , la fri-
gane & l’hémerobe ; cette avance eft même fi confidéra-
ble dans quelques-uns , qu’elle forme une efpéce de bec
dur aflez long , au bout duquel font les barbillons , comme
on l’obferve dans la mouche-fcorpion. Ainli il y a deux
efpéces différentes de bouche dans les infeétes de cette
fettion ; l’une eft armée de machoires & l’autre entourée
de quatre barbillons.
Enfin une derniere partie très-effentielle & remarquable
dans la tête de ces infectes , eft la partie poftérieure de
la tête où font pofés les petits yeux. Ces yeux au nombre
de trois , fe font remarquer fur la plûüpart des infeétes
de cette fettion. Il y a cependant deux genres dans lefquels
, cette partie manque ; ce font l’hémerobe & le fourmilion.
On n’obferve pas autant de différences entre les ailes de
ces infeétes. En général tous en ont quatre avec des
nervures aflez fortes. Dans les uns ces ailes font toutes les
quatre égales : la demoifelle, la perle , la mouche-fcorpion
& d’autres font de ce nombre. Beaucoup d'autres ont au
contraire les ailes inférieures plus petites que les fupérieu-
res ; c’eft ce que l’on remarque dans la guêpe , l'abeille ; le
cinips , le frelon , &c. mais il y un genre qui eft fur-tout
remarquable par la petitefle de fes ailes de deflous , c'eft
léphémere,
DES INSECTES. 209
l'éphémere. Ces aîles dans cet infeéte font fi petites pro-
portionnément à celles de deflus , qu'à peine les apperçoit-
on d'abord. On eft tenté à la premiere vûe de prendre
l’éphémere pour un infeéte à deux ailes. Mais une fingula-
tité qu'offrent quelques infeétes de cette feétion par rap-
port à leurs ailes , c'eft le défaut total de cette partie dans
quelques individus. Nous avons déja fait obferver plus
haut que les femelles de quelques efpéces de phalènes
manquoient d'ailes , tandis que leurs mâles en étoient
pourvûüs. La mêmé chofe fe remarque dans les femelles de
quelques ichneumons & de certaines guêpes ; comme
nous le verrons en examinant ces genres. Les fourmis ont
encore quelque chofe de plus fingulier , leurs mâles &
leurs femelles ont des aîles , & les fourmis ouvrieres qui
n’ont point de fexe en font dépourvües.
Si les infeétes de cette feétion varient peu entr’eux pat
rapport à la forme de leurs ailes , il n’en eft pas de même
de leur queue. Il y a peu de feétion où cette partie mérite
autant d’être confidérée ; aufli entre-t-elle pour beaucoup
dans les caraéteres de ces genres. Deux ou trois genres
n’ont rien à la vérité de remarquable à la queue ; elle eft
toute fimple dans la rafdie ; l'hémerobe & la frigane ; mais
dans la plüpart des autres genres elle eft des plus finguiie-
res. Ces longs filets que la perle porte au nombre de deux,
& qui font. au nombre de deux ou trois dans l’éphémere ,
font un ornement dont l’ufage n’eft pas encore bien connu.
Nous connoiflons mieux celui de cette efpéce de pince
qui eft à l'extrémité de la queue des demoifelles mâles ,
nous en parlerons en détaillant l’accouplement extraordi-
naire de ces infeétes ; mais de quelle utilité peut être à la
mouche-fcorpion cette queue menaçante faite en forme
de patte de crabe ou de queue de fcorpion que porte
le mâle feul ? L'infeéte femble vouloir s’en fervir pour
fe défendre ; dès qu’on le touche , il la redreffe & femble
vouloir pincer , & fouvent il fait lâcher prife à ceux-qui ne
favent point que cette queue qui paroït fi redoutable ,
Tome IL : D d
210 HISTOIRE ABRÉGÉE
ne peut cependant faire aucun mal. L’aiguillon que por:
tent la guêpe & l'abeille eft bien plus dangereux. Sans
paroïtre à l'extérieur , il pique vivement, & l'infeéte s’en
fert utilement pour fe défendre. Celui du cinips ,; du
diplolepe & de l’eulophe eft un peu différemment placé
& figuré , maïs il ne fait point de mal ; peut-être fa peti-
tefle en eft-elle caufe , ces infeétes étant tous fort petits.
Le frelon , l’urocere & la mouche-à-fcie ne font pas plus
à craindre quoique leur aiguillon foit fort ; il ne bleffe
oint , maïs il n’eft pas inutile à ces infectes : il leur fert
à dépofer & à placer leurs œufs , comme nous le verrons ;
aufli il n’y a que leurs femelles qui en foient pourvues.
Cet aiguillon mérite d’être confidéré pour fon travail &
pour fa figure , & nous nous y arrêterons en parlant de
ces infeétes. Enfin nous ne laiflerons pas échapper celui
de l’ichneumon, le plus fingulier & le plus long de tous,
qui fe trouve renfermé dans une efpéce de double gai-
ne, & qui fervant aufli à dépofer fes œufs, ne fe trouve
que dans la femelle.
Les nymphes des infeétes de cette feétion & leurs diffé-
rentes larves fe reflemblent fi peu pour la plüpart, qu'il
nous eft prefqu’impoffible de pouvoir rien dire de général
fur cet article. Nous renvoyons à l’hiftoire de chaque
genre en particulier le détail de ces différentes métamor-
phofes. Nous nous contenterons de remarquer ici que
toutes les nymphes de ces infeétes font du nombre de
celles dans lefquelles on diftingue les différentes parties
de l’infeéte parfait ; mais leurs larves & leurs différens
changemens varient infiniment , fuivant les différens gen-
res. Ï1 n’y a pas jufqu'aux infeëtes parfaits , qui dans un
genre de cette fe@ion , femblent encore fubir une efpéce
de changement. L'éphémere devenu infette aïlé , fe dé-
pouille encore une fois de fa peau contre la régle ordinai-
re des infeétes à métamorphofes. Nous ferons obferver
toutes ces fingularités dans le détail que nous allons don-
ner des genres ; après les tables générales de cette fetion.
DES INSECTES 211
SÉCTION QUATRIÉME
De la claffè des Infe&tes.
INSECTES A QUATRE AÎLES NUES.
ARTICLE PREMIER,
Trois piéces aux tarfes.
GENRES. CARACTERES.
Antennes très-courtese
Bouche armée de mâchoires.
La DEMOïsELLE. — armée de pinces dans les mâles!
Trois petits yeux liffes entre les yeux ou au- devant,
Antennes filiformes.
Ailes égales couchées & croifces fur le corps.
LA PERLE. Bouche accompagnée de quatre barbillons,
Queue terminée par deux foies.
Trois petits yeux lifles.
ARPIELE LE
Quatre pièces aux tarfese
Antennes filiformes,
Aîles couchées fur le corps. *
La RAFIDIE. 4 Bouche accompagnée de quatre barbillons,
Queue fimple & nue.
N Trois petits yeux lifles.
ARTICLE ÎIL
Cinq piéces aux tarfes.
Antennes très-courtese
3 Aîles inférieures beaucoup plus courtes que les fu-
L'ÉPHÉMERE. périeures.
Queue terminée par plufeurs foies.
Trois yeux lifles & grands devant les yeuxs
Antennes filiformes.
Ailes pofées latéralement en forme de toit, & rele-
vées à l'extrémité.
Bouche avec quatre batbillonss
Queue fimple & nue.
Trois petits yeux lifles,
La FRIGANE.
Ddi;
212 UisSTOIRE ABRÉGÉE
Antennes filiformes.
Aïles fouvent égales,
L'HÉMÉROBE. 4 Bouche prominente avec quatre barbillons.
Queue fimple & nue.
Point de petits yeux liffes.
Antennes courtes, groffes & en mafle.
Ailes égales,
LE FourMILIoN. 4 Bouche prominente avec quatre barbillons.
Queue fimple & nue.
Point de petits yeux lifles.
Antennes longues filiformes.
Aîles égales.
Trompe dure & cylindrique.
Queue formée en pince de crabe,
Trois petits yeux lifles.
LA MoucueEs-
SCORPION.
Antennes en maflue.
Aîïles inférieures plus courtes,
Bouche armée de mâchoires.
Aiguillon du derriere dentelé.
Ventre de méme groffeur par-tout, & intimément
joint au corcelet.
Trois petits yeux lifles,
LE FRELON.
Antennes filiformes.
Aïles inférieures plus courtes.
Bouche armée de mâchoires.
Aiguillon dentelé prominent & couvert d’une gou-
tiere.
* d Ventre de même groffeur par-tout, & intimément
joint au corcelet.
L'UROCERE.
Trois petits yeux lifles.
Antennes filiformes.
Aïles inférieures plus courtes,
Bouche armée de mâchoires.
Aiguillon dentelé caché dans le corps.
Ventre de même groffeur par - fout , & intimément
joint au corcelet.
Trois petits yeux lifles.
La MoucxHeE-
A=SCTE,
Antennes cylindriques brifces,
Ailes inférieures plus courtes.
Bouche armée de mâchoires.
Aiguillon conique entre deux lames du ventre,
Ventre prefqu'ovale, applati des côtés, aigu en-
deflous , attaché au corcelet par un pédicule
court.
Trois petits yeux liffes,
LE CiNrps.
DES INSECTES. 213
Antennes filiformes longues, compoftes de quatorze
anneaux.
Aïles inférieures plus courtes.
Bouche armée de mâchoires.
Aiguillon conique caché entre Les deux Îames du
ventre.
Ventre ovale, applati des côtés , aigu en- deffous ,
attaché au corcelet par un pédicuie Courte
Trois petits yeux lifles.
Antennes branchues:.
. Ailes inférieures plus courtes,
Bouche armée de mâchoires.
ur conique.
Ventre prefqu'ovale ; attaché au corcelet par un
pédicule court.
Trois petits yeux lifles,
Antennes filiformes , longues, vibratiles,
Ailes inférieures plus courtes.
Bouche armée de mâchoires.
Aiguillon divifé en trois piéces.
Ventre attaché au corcelet par un pédicule Tong &
mince.
Trois petits yeux lifles.
= brifées, dont le premier anneau ef très-
"À
LE DIPLOLEPE,<
LEULOPHE.
LIcCcHNEUMON.
long
Ailes inférieures plus courtes.
Bouche armée de mâchoires, avec une trompe mem-
braneufe couchée en-deffous.
Aïguillon f fimple & en pointe.
Ventre attaché-au corcelet par un pédicule court.
Trois petits veux lifles,
Corps rafe.
Antennes brifées, dont le premier anneau eft très-
long. ;
Aîles féreutes plus courtes.
Bouche armée de mâchoires, avec une trompe mem-
braneufe couchée en-deffous,
iguillon fimple & en pointe.
Ventre attaché au corcelet par un pédicule court,
Trois petits yeux lifles.
Corps velu.
Antennes brifées , dont le premier anneau ef très-
long.
Ailes Énreuré plus courtes, & point d’ailes dans
les mulets,»
Bouche armée de mâchoires.
Ventre attaché au corcelet par un pédicule court;
avec uné petite écaille entre deux, .
Trois petits yeux lifles.
LA GUESPE.
LABEILLE,
LA Fourmr.
214 HISTOIRE ABRÉGÉE
SECTIO QUARTA
Claffis Infeétorum.
ENSECTA TETRAPTERAYALIS'NUDIS.
ARTICULUS PRIMUS.
Tarforum articulis tribus.
CARACTERES.
Antennæ breviflimæ.
LIBELLU LA: Os maxillofum.
La Demoifelle. Cauda mafculis forcipatae
Ocelli tres ante aut inter oculos:
GENERA.
Antennæ filiformes.
PERLA. Alæ incumbentes, cruciatæ, æqualese
Os tentaculis quatuor.
La Perle, Cauda bifetae
Ocelli tres.
ARTICULUS Il".
Tarforum articulis quatuor.
Antennæ filiformes.
RAPHIDIA. Alæ incumbentes.
ï Os tentaculis quatuor,
La Rafdie. Cauda nuda.
Ocelli tres.
ARTicUuLUSs III“
Tarforum articulis quinque.
Antennx breviffimx.
EPHEMERA. j)Alx inferiores multo breviores.
L’Ephémere. Cauda fetofa.
Ocelli tres magni ante oculos.
Antennæ filiformes,
PHRYGANEA. N Ale laterales, te&tiformes, PRE aflurgentes,
; Os tentaculis quatuor.
La Frigane. Cauda nuda.
Ocelli tres.
DES INSECTES,. RES
Antennæ filiformes,
Alæ fæpe æquales.
Os prominens tentaculis quatuor.
Cauda nuda,
Ocelli nulli,
HEMEROBIUS.
L'Hémerobe.
Antennæ breves,.clavatæ, craffz.
ÂAlæ æquales.
Os prominens tentaculis quatuor,
Cauda nuda.
Ocelli nulli,
ForRMICALEO.
Le Fourmilion.
Antennæ longæ filiformese
PANORPA, Alx æquales,
La Mouche- Roftrum corneum , cylindraceum.
AE Cauda chelifera forficibus armata,
ere Ocelli tres.
CRABRO. Os maxillofum.
Le Frelon. Aculeus ani dentatus.
Abdomen ubique æquale thoraci connatam,
Ocelli tres.
Antennæ filiformes.,
Alæ inferiores breviores.
Os maxillofum.,
Aculeus ani dentatus prominens corniculo te&us,
Abdomen ubique æquale thoraci connatum,
Ocelli tres.
UROCERUS.
L'Urocere,
Antennæ filiformes.
Alæ inferiores brevioress
Os maxillofum.
Aculeus ani dentatus non prominens.
Abdomen ubique æquale thoraci connatum:
Ocelli tres.
.TENTHREDO.
La Mouche-a-Stcie.
Antennæ clavatæ. .
LÉ inferiores breviores.
Antennæ cylindraceæ fra@x.
Alæ inferiores breviores,
CvyNrrs Os maxillofum. Fe
ue Aculeus ani conicus intra valvas abdominis,
Le Cinips, Abdomen fubovatum , ad latera compreflum, fub-
tus acutum, petiolo thoraci connexum,
Ocelli tres.
Antennæ filiformes longæ articulis x 1 v.
Alæ inferiores breviores,
Os maxillofum,
Aculeus ani conicus intra valvas abdominis. ‘
1 Abdomen ovatum, ad latera compreflum , fubius
acutum., petiolo brevi thoraçi connexum,
LL Ocelli tres:
.DrPLOLEPIS.
Le Diplolepe.
216 HISTOIRE ABRÉGÉE
Antennæ ramofx.
Alæ inferiores breviores.
EULOPHUS. Os maxillofum.
? Aculeus ani conicus.
Les: : ; :
L'Eulophe Abdomen fubovatum petiolo thoraci connexum.
Ocelli tres.
Antennæ filiformes, longæ, vibratiles.
Alæ inferiores breviores.
ICHNEUMON. 405 maxillofum.
L'Ichneumon. Aculeus ani triplex. k
Abdomen petiolo tenui longo thoraci connexum,
Ocelli tres.
Antennæ fra@æ articulo primo longiore.
Alæ inferiores breviores.
. _ . A | MC LA
VESPA. Os maxillofum , linguâ membranacei inflexi,
; Aculeus ani fimplex fubulatus.
La Gutpe. Abdomen petiolo breviflimo thoraci connexum,
Ocelli tres.
Corpus glabrum.
Antennæ fra@æ articulo primo longiore.
Alæ inferiores breviores.
A Os maxillofum linguâ membranacei inflexä,
Pi Its, :
; j Aculeus ani fimplex fubulatus.
L’Abeille, Abdomen petiolo breviflimo thoraci connexume
Ocelli tres.
Corpus villofum.
Antennæ fra@æ articulo primo longiore,
Alæ inferiores breviores , neutris nullæ.
Os maxillofum,
Abdomen petiolo breyi thoraci connexum cum
fquama intermedia.
Ocelli tres.
FoRMICA.
La Fourmi,
$
LE
JS VA,
pet da bas 282 )) Le
RINS
FLEYE
Ce
%x
ARTICLE
DES INSECTES. 217
ARTICLE PREMIER.
LIBELLUL A.
LA 'DEMOISELLE:
Antenne breviffime. Antennes très-couttes:
Os maxillofum. Bouche armée de machoires.
Cauda maftulis forcipata. Queue armée de pinces dans
les mâles.
Ocelli tres ante aut inter oculos. Trois petits yeux liffes entre les
yeux ou au devant.
$. 14. Alis erefis, $. 1°. À ailes relevées.
$, 24. Alis patentibus. $. 2°, À ailes étendues.
La demoifelle a été appellée par les Naturaliftes , Z4e//z
ou Zbellula , foit parce que plufieurs efpéces de ce genre
tiennent leurs ailes étenaues & comme de niveau , foit à
caufe de la maniere dont ces infeëtes planent en fendant
l'air. Le caractere de ce genre confifte ; 1°. dans la forme
des antennes qui font très-courtes pour la grandeur de ces
infectes ; 2°, dans les machoires fortes & écailleufes dont
leur bouche eft armée des deux côtés ; 3°. dans les pinces
qui fe trouvent à l'extrémité de la queue des mâles, & qui
font accompagnées d’efpéces de lambeaux ou feuillets
affez grands. De plus , les demoifelies ont les trois petits
yeux liffes qui fe trouvent fur la tète de beaucoup d'infec-
tes à deux & à quatre aïles ; mais ces petits yeux ne font
pas placés de même dans toutes les efpéces. Les unes les
portent fur le devant de ja tête ; dans d'autresils font fur le
fommet entre les deux grands yeux. Je ne les ai trouvés
dans aucune efpéce placés fur le derriere de la tête , com-
me ils le font dans la plüpart des autres infeétes.
La larve de la demoifelle vit dans l’eau , elle eft aquati-
que ; aufli rencontre -t-on plus ordinairement les demoi-
{elles au bord des eaux, où elles vont dépofer leurs œufs.
Tome II. Ee
218 HISTOIRE ABRÉGÉE
Cette larve eft très-finguliere , c’eft ce qui nous a engagé à
donner fa figure. Elle eft plus courte & plus ramaflée que
la demoifelle ou Pinfeéte parfait , & on peut aifément dif-
tinguer les trois parties qui compofent fon corps ; favoir,
la tête , le corcelet & le ventre. Ce dernier fort long ,
quoique gros dans quelques efpéces , eft compofé de dix
anneaux. Au corcelet , font attachées fix grandes pattes ,
avec lefquelles cette larve va & vient dans l’eau. En-deflus
du corcelet , on voit quatre efpéces de boutons qui devien-
nent plus grands & plus apparens , à mefure que cette
larve groflit & change de peau, & qui enfuite s'étendent &
couvrent prefque la moitié du ventre lorfqaw’elle eft deve-
nue chryfalide. C’éft dans ces efpéces de moignons que
font renfermées les quatre grandes ailes dont fera parée la
demoifelle. Mais de toutes les parties de cette larve ,
il n’y en a point de plus finguliérement confiruite que fa
tête. On diftingue dans cette tête les yeux , de petites an-
tennes & la bouche : mais pour les voir , il faut lever
une efpéce de mafque dur & épais qui couvre tout le
devant de la tête de la larve & qui lui cache la face, fi on
peut fe fervir de ce terme pour un infeëte. Cet étrange
mafque eft creux en-dedans , irrégulier , & on y remarque
les différentes cavités qui reçoivent les éminences de la
tête de la larve, enforte qu’il s'applique aufli bien & même
mieux que les mafques que mettent fur leurs vifages les
perfonnes qui vont au bal. Ce mafque n’eft point immobi-
le ; l'infette Le remue à fa volonté ; il ne tient que par une
efpéce de pied long & coudé qui l’attache au col de l'infeéte.
Ce pied forme une charniere , par le moyen de laquelie le
mafque peut fe lever & fe baïfler. On. ne conçoit pas
d’abord par quelle raifon la nature a donné à cette Îar-
ve un tel mafque , qui femble devoir l’incommoder au
lieu de lui fervir : mais fi Pon nourrit dans l’eau quel-
ques-unes de ces larves ; on voit qu’elles tiennent leur
mafque baiflé , & qu’elles le relevent pour furprendre &
faifir les infeftes aquatiques dont elles fe nourriflent,
DES INSECTES. 219
Ce mafque arrète ces infectes qui font enfuite dévorés par
la larve.
Les nymphes ou chryfalides des.demoifelles ne diffé-
rent prefque pas de leurs larves. Seulement les boutons du
corcelet, ces appendices qui renferment les aïles font plus
grandes & couvrent une portion du ventre ; elles reffem-
blent à quatre aïîles épaifles un peu courtes ; couchées
fur le deffus de cette partie. Du refte cette nymphe court
dans leau , va & vient comme la larve , & fe nourrit
des infeétes qu'elle rencontre & dont elle eft très-friande.
Lorfque l'infeëte eft arrivé à fa groffeur, il fubit fon der-
nier changement. La nymphe s'approche du bord de l’eau,
fouvent elle en fort tout-à-fait. Sa peau commence à fe
fendre fur le deffus de fon corcelet , peu à peu l’infecte
parfait fe tire de cette enveloppe , & après quelques
inftans, lorfque fes ailes font féchées & affermies ,il s éleve
légérement en l'air ; où il doit dorénavant faire fon habita-
tion. On trouve quelquefois au bord de l’eau la dépouille
de la larve , que la demoifelle , après s’en être tirée , a laif-
fée attachée à quelque plante.
La demoifelle a le corps beaucoup plus long & plus
étroit que fa larve. Ses ailes au nombre de quatre font lon-
gues & étroites. Quelques efpéces du nombre des plus
grandes les tiennent étendues parallèlement & de niveau
avec le corps fur lequel elles font pofées. D'autres au con-
traire les tiennent dans la même direétion que leur corps,
mais plus relevées & adoffées toutes les quatre les unes
contre les autres ; ce font les plus petites efpéces. Ces der-
nieres volent moins vite , mais les grandes ont un vol très-
vif & très-rapide. La nourriture ordinaire de ces demoi-
felles leur eit fournie par la chaffe qu’elles font en volant
aux petits moucherons , à ces petites tipules qu’on trouve
en grande quantité au bord de l’eau. {
Les demoifelles mâles fe diftinguent aifément des fe-
melles par deux crochets accompagnés d’efpéces de feuil-
lets qu'elles ont à l'extrémité de la queue. Les femelles
Ee i
220 HISTOIRE ABRÉGÉE
n'ont point de femblables crochets , mais feulement on
remarque au dernier anneau de leur ventre qui eft un
peu renflé , une ouverture qui eft celle de la partie du fexe.
Pour les mâles, leur partie neft point placée au même en-
droit , envain l'y chercheroit-on. C’eft au haut du ventre
qu'elle ef fituée , au premier anneau de cette partie qui
tient au corcelet. Cette polition différente des parties du
mâle & de la femelle paroït finguliere & ne femble pas
commode pour l’accouplement. Aufli y en at-il peu qui
foit aufli extraordinaire que celui des demoifelles. Lorfque
ces infeétes veulent travailler à la propagation de leur
efpéce , c’eft le mâle qui fait les avances , c’eft lui qui en
volant pourfuit fa femelle ; qu'il faifit au col avec les pinces
de fa queue. Telle eft la maniere dont ces infettes com-
mencent à fe faire l'amour. Lorfque le mâle tient ainf
fa femelle , il la ferre & ne la laiffe plus échapper. Il n’eft
pas cependant encore fort avancé , il Jui eft impoflible
de porter fa partie près de celle de fa femelle qu'il tient
par l'extrémité de fon cotps ; tant que la femelle ne fe
prête point à fes défirs, l’accouplement ne peut fe faire.
Aufli le mâle tient-il quelquefois fort long -tems fa fe-
melle ; il l'emporte en l'air fufpendue à fa queue , jufqu’à
ce qu’enfin celle-ci ou fatiguée ou mife en aëtion fe rende
à fes importunités : pour lors la femelle replie fon ventre
en - deffous , le fait paffer entre fes jambes & pardevant fa
tête , & porte elle-même l'extrémité de fon ventre contre
la partie du mâle qui s’accouple avec elle fans lâcher la
tête de fa femelle. Pendant cet accouplement ces infec-
tes font dans une attitude bien finguliere ; ils forment une
efpéce d’anneau. La tête de la femelle eft accrochée par
la queue du mâle , tandis que l'extrémité de fon ventre qui
fait le cercle , eft accouplée avec la partie fupérieure du
ventre de cé même mâle. Ces infeétes volent dans cette
attitude forcée , & ne fe féparent qu'après quelque tems ,
lorfque l’accouplement eft tout-à-fait fini.
Les œufs que dépofe la femelle font oblongs ; c’eft dans
DES INSECTES. 221
l'eau qu'elle va les dépofer , & c’eft aufli dans l’eau qu’é-
clofent les petites nymphes qui viennent de ces mêmes
œufs.
Les demoifelles ont en général la tête large , les yeux
fort gros & le ventre grefle ; quelques-unes cependant
comme l’éÆonore ont le ventre plus large & moins long.
Plufieurs font ornées des plus belles couleurs ; dans les
unes c’eft un bleu ou un vert tendre, dans d’autres c’eft
un vert doré & comme fatiné. Les ailes de quelques-unes
font diftinguées par différentes taches ; la Zouife fur-tout a
deux grandes taches bleues , qui couvrent la plus grande
partie de fes aîles. Enfin, pour ce qui eft de la grandeur, il
y a quelques-unes de ces demoifelles qui ont jufqu’à deux
pouces & plus de long.
PREMIERE FAMILLE.
Demoifelles à aïles relevées.
1. LIBELLUL A corpore viridi-cæruleo nitido ; alis
medio cœrulefcentibus ; bai & apice albidis , margine
zmmaculato.
Linn. faun. fuec. n, 759. Libellula corpore fericeo nitido , alis inaurato-fufcis,
macula nigra.
Jonft. inf. tab. 3, fig. 6.
Ray. inf. p. so , n. 9. Libella media corpore partim viridi, partim cœruleo,
alis media parte maculis ampliffimis e cæruleo nigricantibus.
Raj. inf. p. 140 , n. 2. Libella media corpore partim viridi, partim cœruleo,
alis media parte maculis amplifimis è cœruleo nigricantibus oblitis,
Hoffnag. inf. t. ur, f. ulrim.
Reaum. inf. tom. VI. tab. 35 ,f. 7.
Rofel. inf. vol. 2, tab. 9 , fig. 7. Infe&. aquatil, claff. 2.
La lourfe.
Longueur 11 lignes.
Cette belle demoifelle a la tête groffe , les yeux reticu-
lés faillans & bruns , qui ne fe touchent point. Dans l’ef-
pace qui eft entre les Le yeux, on voit les trois petits
yeux bruns, pofés en triangle. Le col fur lequel la tête eft
appuyée eft court & étroit. Le corcelet eft plus gros de
222 H1i1STOIRE ABRÉGÉE
couleur brillante verte & bleue. De la partie inférieure
de ce corcelet partent les fix pattes longues , & chargées
d’une double rangée de petites épines ou pointes , ce qui
eft commun à ce genre, De ja partie fupérieure naiffent les
quatre ailes, toutes de même grandeur. Ces ailes font
fort reticulées & elles ont dans leur milieu une grande
tache d’un brun bleuâtre qui en occupe plus de la moitié.
La bafe & la pointe font les feules parties de l'aile qui ne
font point chargées de la même couleur ; elles font feule-
ment jaunâtres. Sur le bord extérieur de l'aile il n’y a au-
cune tache , ce qui eft rare dans ce genre. Le ventre long
cylindrique & compofé de neuf ou dix anneaux, eft d’un
bleu quelquefois un peu vert & très-brillant. On trouve
ce bel infecte dans les prés au bord des étangs.
2. LIBELLULA corpore viridi fericeo, alis fubfufcis
punilo marginali albo. Linn. faun. fuec. n. 758.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. $4s ; 7. 17. Libellula virgo.
Raj. inf.p. s1 , n. 12. Libella media, corpore viridi, alis fulvefcentibus,
maculis parvis albis prope extremum angulum.
Rofel. inf. vol. 2, tab. 9, fig. 6. Infe&t, aquatil. claff. 2.
Lulrique.
Longueur 10 lignes.
Cette efpéce reffemble beaucoup à la précédente, feu-
lement fa couleur eft plus verte & très-brillante. Ses ailes
n’ont point de taches bleues, mais elles font d’un Jaune un
peu brun ; de plus vers l'extrémité du bord extérieur de
l'aile on voit un petit point blanc allongé.
. , 'É
M. de Geer donne celle-ci pour la femelle de la précé-
dente. Je fuis fort porté à le croire n’ayant trouvé que des
femelles de cette efpece , & tous ceux de la précédente
que j'ai pû rencontrer , étant des mâles. Cependant com-
me je n'ai point trouvé ces infectes accouplés , je n'ofe
affurer ce fait. *
3. LIBELLU LA corpore cœruleo cinereoque alterno ;
als punélo marginali nigro. Linn. faun. fuec. nr. 763.
DE SH ÂANSE C TES: 223
Linn. fyft. nat. edit. vo , p. s46 , n. 18. Libellula puella,
Rofel. inf. vol, 2, tab, 10, fig. 3, 4. Infe@& aquatil. claff: 25
L'amelie.
Longueur 14 lignes.
Ses ailes font blanchîtres , finement veinées de noir
avec un point noir fur le bord extérieur vers le bout. Sa
tête eft d’un bleu cendré avec les yeux bruns. Le corcelet
qui eft bleu , eft orné de trois bandes longitudinales bru-
nes, une au milieu ; & deux plus étroites fur les côtés.
Les fegmens du ventre font bleus , avec un anneau noir
vers leur bout poftérieur. Ils font au nombre de neuf, &
les deux derniers font plus gros que les autres & tout
bruns. On trouve cet infeîte dans les prés.
4. LIBELLUL A corpore ixfra cœruleo-viridi , fupra-
Jfufco , thorace fafciis fufcis , cærulefcentibusque alter-
ris , pundo alarum marginall nigro.
Rofel, inf. vol, 2 , tab. 11, fig. 7. Infect, aquatil. claffe 1e
La dorothee.
Longueur 14 lignes.
Je ne vois d'autre différence entre celle-ci & la précé-
dente , que cette raie longue & brune , qui couvre tout
le deflus du ventre. Du refte le corcelet & les aîles font
tout-à-fait femblables. Mais ce‘qu’il faut remarquer, c’eft
que dans certe efpéce- ci tout ce qui eft bleuâtre dans
les mâles , eft d’un jaune un peu vert dans les femelles. Je
les ai trouvés fouvent accouplés dans les prés.
W.B. LIBELLUL A corpore infra fulvo , fupra 7970 ;
thorace fulyo fufcoque variegato, punélo alarum margi-
zali fufco.
Celle-ci n’eft qu'une variété de la précédente, dans la-
quelle tout ce qui étoit bleu ou vert dans l'autre fe trou-
ve de couleur fauve , tandis que la raie de deffus le corps
au lieu d’être brune eft noire. Quelquefois auffi les raies
224 HISTOIRE ABRÉGÉE
du corcelet fe trouvent manquer , & ce corcelet pour lors
eft tout brun , avec les côtés feulement fauves.
$- LIBELLULA corpore viridi pallide incarnato ,
thorace fafciis tribus longitudinalibus nigris, alis punc-
to marginqli fufco.
Ra. inf. p. 52,1 194
La fophie.
Longueur 16 lignes.
Sa couleur eft d’un vert un peu rougeñtre & pâle , elle
a feulement trois bandes noires longitudinales fur le cor-
celet. Le deffous de fon ventre eft brun, & quelquefois
en deffus il y a une raie brune longitudinale dans toute
la longueur, mais elle n’eft pas conflante. Les ailes font
réticulées & diaphanes, avec un point brun à l’extémité
du bord extérieur. On trouve cette efpéce avec les deux
précédentes auxquelles elle refflemble beaucoup.
S 2'CO ND Et FAMILLE.
Demoifelles à aïles étendues.
6 LIBELLU LA als macula duplci marginal. Linn,
faun. fuec. n. 764.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 543 n. x. Libellula quadrimaculata,
Raj. inf. p. 49 : n. 3. Libella maxima ; abdomine longo tenui lævi viridi fplen«
dente , ad initium & finem intumefcente.
La françoife.
Longueur :9 lignes.
Sa tête ef brune & le devant au-deffus des machoires
eft d’un jaune verdâtre. Le corcelet eft brun, mais cou-
vert en-deffus de poils gris. Le ventre eft large en haut,
mais il va en diminuant par le bas & il fe termine par deux
appendices cylindriques. Sa couleur eft brune , en haut il
eft un peu velu fur les côtés. Les quatre ailes font jaunes
à leur bafe & le long d’une partie du bord extérieur, & de
plus les inférieures ont au-deffous de cette couleur jaune,
une
DÉS ‘INSECTES. 22
‘ühe tache d’un brun noir. Mais ce qui fait aifément dif-
tinguer cette efpéce de toutes les autres, c’eft qu'elle a
deux taches marginales au bord extérieur de chaque aile,
une vers le bout à l'endroit où les autres efpéces en ont
une , & une feconde prefqu’au milieu du bord extérieur
qui dans cet endroit d'un étranglement. Toutes deux font
d'un brun noir. Cette efpéce ef rare ici.
7. LIBELLULA als albis,, ball luteis ; abdomine lu-
tefcente. Planch. 13, fig. 1.
Linn faun. fusc. n. 765. Libellula alis albis bafñ luteis.
Linn. fift nat. edit. 10, p.541 , n. 2. Libellula flaveola,
Ra. inf. p. 49, n. 4. LibeIlula maxima, abdomine breviore latioreque favo,
Reaum. inf. tom. vi. tab. 35 site Te
Rofel. inf. vol. 2 , tab. 6. Infe&. aquatil. claff, 2.
L'éleonore.
Longueur 16 lignes.
Les yeux de cette efpéce font fortgros,de couleur brune
& fe touchent vers le deffus de la tête. C’eft au-devant de
cette Jonction des deux yeux, que fe trouvent les trois pe-
tits yeux lifles, qui ordinairement font à la partie pofté-
rieure de la tête , le corcelet large eft d'un brun noirâtre
& velu , avec deux plaques jaunes un peu verdatres ; une
de chaque côté. Les pattes font noires &-épineufes. Le
ventre large, court , applati & compofé de neuf anneaux,
eft noir en-deffous & jaune en-deffus. Les ailes diaphanes
& claires ont à leur pointe une tache oblongue noire pla-
cée au bout du bord extérieur, & à leur bafe il y a une
affez grande tache d’un jaune brun. On trouve cette gran-
de demoifelle dans les prés, & proche les rivieres. Elle
vole très-vite.
8. LIBELLULA ais albis, bafi luteis ; abdomine [u-
pra pulvere cinèreo -cærulefcente confperfo.
Rofel. inf. vol. 2, tab, 7, fig. 2 ,-3, Infe&. aquatil, claf, 24
La philinte.
Tome IL. Ff
226 HISTOIRE ABRÉGÉE
Je crois celle-ci variété de la précédente. Elle n’en dif-
fere que parce que fon ventre eft couvert en-deflus d’une
oufliere cendrée bleuâtre. Pour tout le refte elle lui ref-
femble tout-à-fait.
9. LIBELLUL A #horace viridi nitido , léneis flavis ;
als albis, abdomine nigro cœrulefcente.
Linn. faun. fuec. n. 768. Libellula thorace viridi nitido, lineiïs flavis , alis pal-
lidis, abdomine nigro.
Raj. inf. p. 49 , n. 5. Libella maxima , abdomine breviore , latioreque
cœruleo.
idem. p. 140. Libella maxima abdomine breviore ,; & craffiore latioreque
cœruleo,
Reaum. inf. tom. ij. tab. 35, f. 2.
La [y lvie.
Longueur 2 pouces.
Ses yeux font bruns, fa tête & fon corcelet font verdä-
tres avec deux bandes jaunes ; mais un peu irrégulieres fur
les côtés du corcelet. Ses pattes font d’un brun noir. Les
ailes, du moins dans celles que j'ai, font tout-à fait dia-
phanes, avec une petite tache brune oblongue au bord ex-
térieur : M. Linnæus dit qu’elles font un peu jaunâtres.
Le ventre cylindrique & gros eft jaune en-deflous, &
en-deflus il eft noir , mais couvert d'une poufliere erife ,
cendrée & bleuâtre ; ce qui fait aifément diftinguer cette
efpéce.
10. LIBELLU L A s#rid-inaurata , als pallidis , pe-
dibus nigris. Linn./faun. fuec. n. 769.
Linn. Jyff. nat. edit, 10 , p. 544, n. 8. Libelluia ænea.
L'aminthe.
Longueur 18 lignes.
Cette belle efpéce eft par-tout d’un beau vert doré, à
lexception de fa levre inférieure qui eft jaunâtre , & des
yeux qui font d’un vert brun. Le corcelet a quelques
poils bruns. Les aïles font un peu jaunâtres ; avec les ta-
ches marginales brunes au bord extérieur , & de plus les
DES INSECTES. 527
aîles inférieures ont leur bafe lavée d'un peu de jaune
clair. Le mâle a quatre pointes à la queue , dont les deux
fupérieures font velues , & les inférieures fourchues. La
femelle a les deux appendices de fa queue femblables à
des feuillets, ce qui eft commun à plufieurs efpéces de
ce genre.
11. LIBELLULA Zateribus flava , alis albis. Linn.
faun. fuec. n. 767.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 544, n. 6. Libellula vulgatiffima.
Raj. inf. p. so, n. 7. Libella major, præcedenti congener.
Swammerd. 4°, p. 175, 1.8, f. 6.
La jufline.
Longueur 17 lignes.
Elle eft brune ; mais fon front eft jaune , ainfi que les
côtés de fa poitrine & de fon ventre. Ses aïles font très-
diaphanes , & n’ont que la petite tache du bord extérieur,
qui eft oblongue , d’une couleur brune un peu cendrée ,
avec les bords noirs , ce qui fait le caraëtere fpécifique de
cette efpéce , que l’on trouve avec les précédentes.
12. LIBELLULA fuba, alis flavefcentibus, thoracis
lateribus lineis duabus flavis , fronte flavefcente , cauda
diphy La.
Linn. faun. fuec. n. 770. Libellula grifea , alis flavefcentibus , thoracis late<
ribus lineïs flavis, cauda diphylla.
Linn. [ÿft. nat.…edir, 10,p. 544, n. 9. Libellula grandis.
Raj. inf. p. 48, n. 1. Libella maxima vulgatiffima , alis argenteis.
Idem. p. 49, n. 2. Libella maxima abdomine longo tenuiore , alis fulvefcen<
tibus,
Idem. p. 140, Libella maxima , abdomine longiffimo tenuiore, alis fulvefcen-
tibus.
Mouffet. inf. p. 67. Libella major. 1, 3.
Reaum. inf. tom. vj. tab. 35, f. 3.
Rofel. inf. vol, 2, tab. 2. Infe&, aquatil. claff: 2.
La julie.
Longueur 28 lignes.
Cette efpéce eft la plus grande de toutes celles de ce
pays-ci. Sa tête eft jaune fur-tout en-devant , & fes yeux
Ff i
228 H LS TOMREN A BRÉGÉE
font brufs. Ces yeux qui font fort gros fe joignent au-def-
fus de la tête , &:font fouvent parfemés de points élevés
& luifans, ce qui feroit un caraétere bien diftinétif s’il
étoit conftant , mais quelquefois ces points manquent, ou
il n’y en a tout au plus qu'un ou deux. Le corcelet-eft de
couleur fauve avec deux bandes obliques citronnées de
chaque côté. Le ventre qui.eft fort long, eft aufli de cou-
leur fauve foncée , fouvent tacheté de blanc au haut & au
bas de chaque anneau. Les petits feuillets qui terminent
le ventre font fort longs dans cette efpéce. Les aïles font
plus ou moins jaunâtres avec une tache brune au bord
extérieur. À la naiflance de chaque aile il y a une petite
éminence brune , noirâtre.
13, LIBELLU LA s#horace luteo-virefcente , lineis ni-
gris ; abdomine nigricante caraüleribus flavis. Linn.
Jjaun. fuëc. n 771.
Linn. fyft. nat. edit, 10 ,p. 545$, n. 11. Libellula forcipata,
Petiv. muf. 84, n.819. Libella major, corpore compreffo flavefcente.
Merr. pin. 197, n. 4. Libella maxima lutea , cüm 4. vel $ fpinis in extremitate
caudæ: | à
Reaum. inf. tom.iv, tab. 10,f. 4, &tom.vj. tab. 35 fig. s.
Rofel, inf. vol. 1 , tab. $. Infe&, aquatil. claf]. 2.
La caroline.
Longueur 23 lignes.
” Sa tête eft jaune & a de gros yeux bruns. Son corcelet
eft aufli d'un jaune tirant un peu fur le vert, avec trois
lignes noires de chaque côté qui defcendent obliquement
de l'extérieur vers l'intérieur. Le ventre qui eft fort long
& brun eft compofé de neuf anneaux. Sur le dos du ventre’
dans le milieu eft une bande Jaune , mais qui fe termine:
au fixiéme anneau, fans aller fur les trois derniers. De plus
tous les anneaux ont ‘fur les côtés deux taches jaunes,
une au haut de l'anneau plus petite & tranfverfe , l'autre.
plus bas, longitudinale , un peu courbe , & dont les poin-
tes regardent le. deflous du corps. Les aïîles font tranfpa-
rentes, fans couleur; & elles ont là tache oblongue & :
DES INSECTES. 229
noire du bord extérieur. On trouve cette efpêce avec les
autres dans les prés & les endroits aquatiques.
14. LIBELLU L A #horace virefcente , abdomine fufco,
charaileribus flavis.
La cecile,
Celle-ci plus grande que la précédente ; pourroit bien
n’en être qu’une variété. Elle a comme elle la tête jaune
& de gros yeux bruns, le ventre brun avec des taches
jaunâtres fur les côtés, ainfi que vers Le bas & le haut de
chaque anneau. La feule différence confifte dans le corce-
let & le premier anneau du ventre qui font d’un vert jau-
nâtre fans mélange d'aucune autre couleur. Les pattess
font brunes & les ailes quelquefois un peu colorées de
jaune , avec la tache oblongue du bord un peu cendrée.
PER" LA:
BRAS PE RILTES
Antennæ filiformes. Antennes filiformes.
Ale incumbentes , cruciatæ ; Ailes égales, couchées & croi-
æquales. fées fur le corps.
Os tentaculis quatuor. Bouche accompagnée de qua-
tre barbillons.
Cauda bifeta. Queue terminée par deux foies.
Ocelli tres. Trois petits yeux lifles.
Plufeurs Naturalifes ont confondu enfemble la perle
& la frigane , qui réellement approchent beaucoup l’une
de l’autre ; toutes deux ont leurs antennes longues & min-
ces comme un fil; toutes deux ont quatre barbillons à la
bouche & trois petits yeux liffes fur la tête ; enfin la friga=
ne & la perle viennent de larves aquatiques qui fe reflem-
blent beaucoup. Mais il y a deux caraéteres qui diftinguent
ces infectes. D'abord la perle porte à fa queue deux lon-
gues appendices fort minces , comme des efpéces degoie ,
& qui ne fe trouvent point dans la frigane ; de plusleSailes
230 H1iSTOIRE ABRÉGÉE
de la perle font croifées & couchées le long de fon corps,
au lieu que la frigane porte les fiennes latéralement , en
toit aigu, & relevées par le bout à peu près comme cel-
les des teignes. Ces deux caraéteres , mais fur-tout la
différence de la queue, nous ont engagé à diflinguer ces
deux genres, dont le port ef très-différent.
Nous ne nous étendrons pas beaucoup fur les larves
de ces infeétes , qui reffemblent tout-à-fait à celles de la
frigane dont nous donnerons plus bas une defcription dé-
taillée. Il nous fuffit de dire ici que ces larves font allon«
gées & que leur corps eft compofé de plufieurs anneaux
avec fix pattes & une tête écailleufe. Ces larves qui vi-
vent dans l’eau, habitent une efpéce de tuyau , dont l'in-
térieur eft de foie filée par l’infeéte , & dont l'extérieur
eft recouvert de différentes matieres , tantôt de fable,
tantôt de coquilles ou de plantes que linfeéte a forte-
ment attachés avec des fils à fon fourreau. Nous ne pou-
vons pas cependant nous difpenfer de parler en particulier
du joli fourreau que fe conftruit la larve de la perle Jau-
ne , qui eft une des plus communes & des plus petites ef-
péces de ce genre. Cette larve recouvre fon fourreau avec
les feuilles de la lentille d’eau, qu'on voit en grande quan-
tité fur la furface des eaux dormantes. Mais elle n’employe
pas cette feuille telle qu’elle eft. Elle la taille & la coupe
en petits morceaux quarrés très-réguliers ; elle ajufte bout
a bout fur fon fourreau ces petits quarrés verts, qui for-
ment une efpéce de fpirale femblable à un ruban vert
qu’on auroit roulé fur un cylindre. Rien n’eft plus joli
que ce fourreau vert ainfi travaillé, & on ne le prendroit
pas d’abord pour la demeure d’un infeëte.
C’eft dans ces fourreaux que les larves des perles fe mé-
tamorphofent. Lorfqu'elles veulent fe changer en nym-
phes , elles bouchent Pouverture de leur fourreau avec
des fils qui forment un tiffu lâche , par lequel l'eau péné-
tre toujours dans leur demeure , mais qui en défend lap-
proche aux infeétes voraces qui pourroient leur nuire. Cet
DES TINSEECTES: 231
ouvrage fait ; la larve change de peau, & devient une
chryfalide longue dans laquelle on diftingue aifément les
différentes parties de l’infeéte parfait. Au bout de quelque
tems on voit cet infedte fortir de ce fourreau qui eft
près de la furface de l'eau, & s'élever enfuite dans l'air
qui eft l'élément qu'il doit habiter fous fa derniere forme.
La perle eft allongée. Ses ailes font grandes & chargées
de nervures qui forment un refeau. Lorfqu'elle veut dé-
pofer fes œufs, elle va chercher l’eau qui doit les recevoir;
aufli rencontre-t-on fouvent ces infeétes au bord de l’eau.
1. PERL A fafca, capite thoraceque linea longitudinal
flava , alis fufco reticulatis. Planch. 13, fig. 2.
Linn. faun. fuec. n. 744. Phryganea alis venofo-reticulatis, cauda bifeta,
Linn. [yff. nat. edit. 10 , p. 548 , n.8. Phryganea bicauda.
A&. Unf. 1736 » pe 27, n 1. Hemerobius cauda bipili, alis cinereis venofo-
reticulatis.
Wagn. helv. p. 217 , 228, 219. Mufca aquatilis æftiva major.
Reaum. inf. tom. iv , tab, 11, f.9, 10.
La perle brune à rates jaunes.
Longueur 8 lignes.
Sa couleur eft toute d’un brun obfcur & foncé, il n’y a
qu'une feule bande jaune longitudinale qui parcourt le
milieu de fa tête & de fon corcelet. Ses antennes font lon-
gues, filiformes & brunes ainfi que fes pattes. Son ventre
fe termine par deux filets bruns prefqu'aufli longs que les
antennes. Ses ailes plus longues d’un tiers que fon corps
fant veinées de nervures brunes. Ces aïles font étroites
par le haut, larges par le bas, appliquées & collées fur
le corps qu’elles enveloppent , & croilées les unes fur les
autres. On trouve cet infecte au bord des rivieres & des
eaux.
2. PER LA fufca, abdominis lateribus pedibufque pal-
lido-flavis , alis fufco-venofis.
Reaum. inf. tom. 11 , tab. 13, f. 11e
La perle brune à pattes jaunes,
232 HISTOIRE ABRÉGÉE
Cette efpéce un peu plus petite que la précédente,varie
beaucoup pour la grandeur. Les plus grandes ont fept
lignes environ de long. Leur couleur eft brune avec un
peu de Jaune fur la tête. Les côtés du ventre & les pattes
font auili jaunâtres. Les antennes qui font longues , font
de couleur noire, à l’exception de leur bafe qui eft jaune.
Sur la tête , outre les trois petits yeux lifles, on voit en-
core quelques tubercules. Le col forme une efpéce de
bouclier large & bordé. Les ailes pofées comme dans l'ef-
péce précédente ,.furpaffent d’un grand tiers la longueur
du corps, & les deux filets de la queue femblables aux
antennes pour la forme débordent les ailes. On trouve cet
infeéte avec le précédent.
3. PERLA zigro-fufca, alis fubcinereis pallidis | cau«
dæ fetis truneatis.
Linn. faun. fuec. n. 748. Phryganea nigra , alis incumbentibus fubcinereo - nes
bulofis , caudæ feris truncatis.
Linn. [yff. nat. edit. 10, p.549, n. 15. Phryganea nebulofa.
La perle brune à aïles pâles.
Longueur $ + lignes
Cette efpéce reffemble aux précédentes pour la forme.
Elle eft toute brune & noirâtre. Ses aîles font pales un
peu cendrées & veinées fur-tout vers le bord intérieur.
Je n'ai point vû fur ces ailes les bandes blanches qu'y a
remarquées M. Linnæus. Les filets de la queue font très-
courts & les antennes plus courtes que le corps.
4 PERL A Java, alis albis , oculs niorts.
La perle jaune.
Longueur 2 lignes,
Quant à la forme, cette efpéce reffemble beaucoup aux
précédentes. Sa couleur eft d’un jaune pâle ; fes yeux , les
petits yeux liffes , & l'extrémité des antennes font noires;
les ailes font blanches fans couleur ; ces aïles débordent
le corps de moitié. Les antennes font prefque de la lon-
gueut
DES INSECTES 233
gueur du corps. On trouve par-tout cette petite efpéce ,
qui fouvent pendant l'été entre le foir dans les maiïfons.
Sa larve vit dans l’eau: nous avons parlé de fon Joli four-
reau dans le difcours qui eft à la tête de ce genre,
NRTICL.E! SE CO N°'D.
RAT PAT D ISA
L'AIR AP HRDIVE.
Antennæ filiformes, Antennes filiformes.
Alæ incumbentes. Aîles couchées fur le corps:
Os tentaculis quatuor. Bouche accompagnée de qua:
tre barbillons.
Cauda nuda. Queue fimple & nue.
Ocelli tres. Trois petits yeux liffes.
Nous ne nous étendrons pas fur ce genre dont nous ne
connoiflons qu’une feule efpéce , que nous n'avons même
trouvée que rarement. Sa larve , fa nymphe & fa demeure
nous font abfolument inconnues. Quant à fon caraëétere il
eft formé par la réunion des cinq notes caraétériftiques que
nous avons données ci-deflus. De plus la raphidie a une
autre marque effentielle qui la diftingue aifément ; c’eft
qu'elle ef la feule des infeétes de cette feétion qui ait qua-
tre anneaux aux tarfes ; aufli forme-t-elle elle feule un ar-
ticle à part. Du refte je n'ai point obfervé dans cet infette
cette efpece d’aiguillon ou de pointe à la queue, que M.
Linoæus donne pour un caraétere de cet animal.
1. RAPHIDIA. Planch. 13, fig. 3.
Linn. faun. fuec. n. 730. Raphidia.
A&. Upf. 1736, p. 28, n. 1. Raphidia aculeo recurvo.
Linn, fyft. nat. edit. 10, p. $$2, n. 1. Raphidia ophiopfis.
Rofel. inf. vol. 3 , fupplément tab. 21,f. 6,7.
La raphidie.
Longueur 6 lignes.
Cet animal eft un des plus finguliers que l’on puifle voir
Tome II. G£g
o
234 HISTOIRE ABRÉGÉE
pour fa forme. Il à la tête allongée formée en cœur dont
la pointe tiendroit au corcelet & dont l'endroit le plus
large feroit en devant. Cette tête eft lifle , noire ; appla-
tis, avec des antennes courtes ; des machoires jaunûtres
& quatre antennules. Sur le milieu de la tête en-deffus
entre les yeux, font les trois petits yeux liffles rangés en
triangle. Le corcelet auquel tient cette tête eft étroit ,
long & cylindrique. Le ventre plus large eft noir com-
me le refte du corps avec les anneaux bordés de jaune.
Les pattes font jaunâtres. Les aîles qui font pofées en toit
font blanches , diaphanes, veinées & comme couvertes
du refeau noir fort fin. Cet infeëte reflemble pour la fi-
gure de fa tête au #ecmare à tête écorchée, n°. 11. Il eft
rare, Je ne l'ai jamais trouvé que deux fois & toujours
dans les bois.
ARTICLE TROISIÉME,
EPHEMER A.
L'ÉPHÉMERE.
Antennæ breviffime. Antennes très-courtes.
Al inferiores multo breviores. Aîles inférieures beaucoup plus
courtes que les fupérieures.
Cauda fetofa. Queue terminée par plufieurs
foies.
Ocelli tres magni ante oculos. Trois yeux lifles & grands de-
vant les yeux.
On a donné à ces infeétes le nom d’éphémere à caufe
de la briéveté de leur vie , lorfqu’une fois ils font parve-
nus à leur dernier état d’infeéte parfait. Plufieurs d’en-
tr'eux ne vivent réellement qu’un feuljour fous cette for-
me , quelques-uns même n'ont pas plus de quatre ou cinq
heures de vie. ;
C’eft dans l’eau qu’on trouve la larve finguliere de l’é-
phémere. Cette larve eft oblongue , fa tête eft affez groffe:
fon corcelet eft compofé de trois anneaux, & on en comp-
te dix au ventre. Mais ce qui rend cette larve remar-
DES : INSECTES. L'UPARE
; | : CS
quable, ce font des efpéces de nageoires, des appendices
très-joliment conftruites au nombre de douze, fix de cha-
que côté du ventre , que l'infeéte agite perpétuellement
avec beaucoup de vivacité. Ces nageoires font attachées
aux fecond , troifiéme , quatriéme , cinquiéme , fixiéme
& feptiéme anneaux du ventre. Le premier anneau n’en a
point, non plus que les trois derniers , mais le dernier a
quelques autres particularités. On y remarque trois longs
poils, barbus comme les côtés d’une plume , qui fant ac-
compagnés de deux appendices plus courtes dans les fe-
melles que dans les mâles , où il y en a encore deux au-
tres plus petites. On peut par le moyen de ces appendices
diftinguer les larves des males d'avec celles des femelles,
On les reconnoit encore par la grandeur des yeux, qui
font plus gros dans les mâles.
Ces larves varient pour la couleur: fouvent elles font
jaunes, quelquefois d’un bleu qui tire fur le vert. Rien
n'’eft plus charmant que cette larve, lorfqu’on l’examine
dans l’eau, Lors même qu'elle eft en repos , les belles
panaches de fa queue font étendues , & fes nageoires
jouent continuellement des deux côtés du ventre , ce qui
forme le plus agréable fpeétacle.
Ces larves d’éphémeres ne croiffent que fentement,
Elles reftent trois ans entiers fous cette forme avant que
de fe métamorphofer. Pendant tout ce tems elles vivent
dans l’eau , où elles fe font pratiqué des habitations en
creufant des trous ronds & profonds dans la terre qui
forme les bords de la riviere. Ces infeëtes font ces trous
à fleur d'eau plus haut ou plus bas à mefure que leau
monte ou defcend. C'eft-là qu'ils fe retirent pour fe mettre
à l'abri des poiflons & des infeétes aquatiques voraces qui
les recherchent. Pour euxla terre & l'argile paroiffent faire
leur feule & unique nourriture.
Lorfque la larve de l’éphémere veut fe métamorphofer,
elle s'éleve à la fuperficie de l’eau , & elle fort dans l'inf-
tant de fa dépouille de larve. Aufli-tôt elle s’éleve en l'air
GB i)
236. HISTOIRE ABRÉGÉE
en voltigeant , s'attache au premier endroit qu’elle ren-
contre, & y quitte une feconde dépouille ; mince, blan-
che &tranfparente, que l’on trouve fouvent attachée pen-
dant l'été aux vitres des fenêtres. C’eft alors que l’éphé-
mere eft devenue infeëte parfait. En fortant de fa dépouille
délarve ; elle voloit & paroïfloit très-parfaite. Ce n’étoit
cependant qu'une chryfalide , mais chryfalide très fingu-
liere , puifqu'elle eft pourvue d’ailes dont elle fe fert très-
bien. Nous n’avons obfervé que ce feul infeéte qui ait une
pareille chryfalide. L’éphémere au refte n’eft qu'uninflant
fous cette forme ; elle s’en dépouille tout de fuite & de-
vient infeéte parfait. Il falloit que ces différens change-
mens s’exécutaflent promptement dans un infeéte qui
fouvent ne vit que quelques heures dans fon dernier état.
Mais ce qui paroit fingulier , c'eft que cet infeéte qui ne
doit être ailé & parfait que pendant un efpace de tems
fi coutt , refte trois ans entiers dans fon état de larve.
L'’éphémere, en fortant de l’eau pour fa premiere tranf-
formation, avoit acquis beaucoup plus de longueur & de
grandeur que fa larve. Lorfqu'elle quitte fa dépouille de
chryfalide , elle acquiert encore plus de grandeur. Ses
pattes fur-tout & les filets de fa queue paroiffent beaucoup
augmentés, Mais la différence qu'il y a entre ces deux
changemens , c’eft que dans le fecond l’éphémere ne chan-
ge pas de figure comme dans le premier ; la chryfalide
& l'infeéte parfait font fi femblables à la grandeur près;
qu'il n’eft pas poflible de les diftinguer.
L'éphémere devenue infééte parfait eft allongée. Sa
tête eft groffle & fes antennes font fi courtes, qu'a peine
les apperçoit-on. Les yeux liffes qui font très-petits dans
la plüpart des infeëtes , font très-grands dans plufieurs ef-
péces de ce genre. Comme ils font placés devant les yeux
a refeau , & que fouvent ils font aufli grands & même plus
grands qu'eux , il femble que ces infeétes ayent quatre ou
cinq yeux qui femblent couvrir toute leur tête. Leurs ailes
fupérieures font grandes pour le volume de l’animal ;
DES INSECTES. 537
mais les inférieures font fi petites & fi courtes, qu’à peine
les apperçoit-on. Enfin la queue eft terminée par deux ou
trois {oies longues ou efpéces de filets , outre quatre peti-
tes appendices qui ne fe trouvent que dans les mâles. La
réunion de ces différens caraéteres fait aifément reconnoi-
tre ces infeétes. On peut aufli diftinguer les males d'avec
les femelles par les appendices de la queue. Ces males ne
s’accouplent point avec leurs femeiles ,; comme font les
infectes & la plüpart des autres animaux. La propagation
des éphémeres fe fait d’une maniere toute différente , il
n'y a pas d'accouplement. La femelle après fa derniere
métamorphofe retourne vers l'eau d’où elle ef fortie , là
elle fe foutient avec les filets de fa queue fur la furface de
l'eau en battant des aïîles, & dans cette fituation prefque
droite , elle Jette fes œufs fur la furface de la riviere. Le
mâle aufli tôt va.les féconder en répandant deffus la li-
queur fpermatique , à peu près defla même maniere que
les poiffons fécondent les œufs de leurs femelles. Ceux
de l'éphémere font prefque ronds & tiennent enfemble
par des petits filets qui les raflemblent en paquets.
C'eft dans le courant de l'été & principalement dans les
mois de juin & de Juillet que les éphémeres fe métamor-
phofent en infettes parfaits. Souvent il en vient une fi
grande quantité à la fois , que tous les environs de la ri-
viere en font couverts & que l'air en eft obfcurci. Mais
ces effains d'éphémeres ne durent pas long-tems. Comme
ces infeétes ne vivent fouvent que quelques heures ;, après
deux ou troisjours on en eft délivré, & on voit tout à
coup difparoître cette multitude d'infeëtes,dont beaucoup
tombent dans l’eau & fervent de pâture aux poiflons. Aufli
dans certains endroits les pécheurs appellent-ils ces infec-
tes la manne des poilons. J'ai vû quelquefois des vents
d'orage amener de ces effains d’éphémeres dans le centre
de Paris, & inquiéter beaucoup les habitans du quartier
dans lequel ils étoient portés.
Ces petits animaux ne prennent point de nourriture fous
238 HISTOIRE ABRÉGÉE
leur derniere forme, lorfqu'ils font devenus infeêtes par-
faits. Aufli-tôt après leur métamorphofe,ils font leurs œufs
& périflent au bout de quelques heures fans avoir befoin
de fe nourrir. Il femble qu’ils ne parviennent à Pétat d’in-
fecte parfait que pour multiplier leur efpéce ; cet ouvrage
accompli, Pinfeëte périt , & l'état brillant auquel il étoit
parvenu , après avoir rampé fous Peau pendant trois ans
entiers, commence & finit prefque dans Île même inf-
tant.
1. EPHEMER A a%s nebulofo-maculatis , cauda tri-
Jeta. Linn. faun. [uec. n. 750.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 546, mn, 1. Ephemera vulgata.
L'éphémere à trois filets & aïles tachetees.
Longueur 8 , 9 lignes.
Cette efpéce d’éphémere eft la plus grande que nous
ayons dans ce pays-ciffElle eft brune par-tout. Ses ailes
font ornées de veines brunes qui forment un refeau , &
de plus elles ont cinq ou fix taches de la même couleur.
Elle porte à fa queue trois filets bruns , à peu près de la
longueur de fon corps.
J'en ai une variété un peu moins grande, & dont les
ailes font moins tachées, du refte elle eft tout-à-fait fem-
blable à l’autre.
2. EPHEMERA Zuréa, alis albis reticulatis , cauda
tr1feta.
L'éphémere à trois filets & aïles réticulees.
Longueur $s lignes.
Sa couleur eft jaune, mais fes yeux font noirs; il y a
aufli quelques points bruns fur les côtés des anneaux du
ventre , & les trois filets de la queue prefqu'auffi longs que
le corps font joliment entrecoupés de jaune & de noir.
Ses ailes blanches , diaphanes , & quelquefois un peu
jaunâtres,font couvertes d’un refeau fin de vaifleaux bruns
fort petits.
DES INSECTES. 239
3. EPHEMERA Zeo-fufca, alis fülco-viridibus s
cauda trifeta.
Rofel. inf.vol. 2, tab. 12, fig. » , 6. Infe&, aquatil. claff. 2e
L’éphémere à trors filets & aïles brunes.
Il eft aifé de diftinguer cette efpéce de la précédente à
laquelle elle refflemble aflez pour la couleur & la gran-
deur , 1°. parce qu’elle eft plus brune ; 2°. parce que fes
aîles verdâtres font membraneufes fans être réticulées ;
3°. parce que les trois filets de fa queue ne font point
entrecoupés de jaune & de noir , mais d’une feule couleur
jaunâtre. De plus ces filets vüs à fa loupe paroiffent velus,
au lieu que ceux de l’efpéce précédente font lifles,
4. EPHEMERA igra, cauda trifeta.
Linn. [yff. nat, edit. 10, p.547, n. 6. Ephemera vefpertina,
Léphémere noire à srois filets.
Longueur 1 ligne., Largeur à ligne.
Cette efpéce eft la plus petite que je connoiffe de tou-
tes celles de ce genre. Sa tête fon corcelet , fon ventre ,
fes pattes , en un mot tout fon corps eft de couleur noire.
Jl n’y a que fes ailes qui foient claires & tranfparentes , à
l’exception de leur bord extérieur qui eft noirâtre. Les an-
tennes & les filets de la queue font très-longs & égalent
trois fois la longueur du corps. Je nai trouvé ce petit in-
fete qu’une feule fois dans Paris, voltigeant au bord de la
feine.
$s EPHEMER A sea , alis albis reticulatis , cauda
bifeta. Planch. 13 , fig. 4
L’éphémere jaune à deux filers & aëles réticulees.
Longueur 4 lignes.
Je doute beaucoup que ce foit cette efpéce que M.
Linnœus ait voulu défigner n°. 751, de fa fauna fuecica.
La notre eft Jaunâtre ; fon ventre eft un peu brun, & cha-
240 HiSTOIRE ABRÉGÉE
que anneau eft chargé de trois points noirs, ce qui fait
trois bandes longitudinales de points fur le ventre. Ses
ailes font réticulées & diaphanes, fi ce n’eft à leur bord
extérieur qui efl un peu Jaune. Les deux filets de fa queue
plus longs que fon corps, font un peu entrecoupés de jau-
ne & de brun, & fes yeux font noirs.
Celle de M. Linnæus a deux tubercules plus gros
que les véritables yeux , ce qui n’eft pas dans la nôtre. Son
corcelet eft plat & nébuleux , celle que nous avons a le
corcelet rond & jaune. Pour le refte elles font toutes les
deux affez femblables.
6. EPHEMER A fufca, cauda bifeta , alis albis. Linn.
Jfaun. fuec. n. 753.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. $47 , n. 3. Ephemera culiciformis.
L'éphémere à deux filets & aïles blanches. ;
Longueur 2 liznes, °
Cette petite éphémere eft toute brune ; quelquefois ce-
pendant fon ventre eft plus clair & fes pattes font blanchä-
tres. Ses aïles n'ont aucune couleur, & font très-tranfpa-
rentes. Les filets de fa queue font blanchätres & plus longs
que fon corps. Elle a fur fa tête deux gros tubercules pla-
cés au-deffus des yeux qu'ils couvrent en partie.
7. EPHEMER A #horace fufco , abdomine albo , cauda
bifèta , alis fufcis ftriatis.
L'éphémere à deux filets & aïles brunes.
Elle eft un peu plus grande que la précédente. Sa cou-
leur eft brune , mais fon ventre eft blanchâtre. Ses aïîles
font un peu brunes , & chargées de veines qui ne forment
point de refeau. Sa queue a deux filets de la longueur de
fon corps, de couleur pâle, & fa tête a deux tubercules
aflez marqués pofés fur les yeux.
8. EPHEMER A a%s albis, margine craffiore, nigri-
canribus , cauda bifera. Linn. faun. fuec. n 754
Linnr
DES INSECTES. 241
Linn. fyff. nat. edit, 10, p. $47 , n. 4. Ephemera horarias
AG, Upf. 1736, p.27, n. 3. Ephemera alis albis minima,
Swammerd, in-4°. p. 87. Ephemera minima,
L'éphemere à deux filets & aïles marginées.
Longueur 3 lignes,
Sa couleur eft brune , fes pattes font blanchîtres , les
anneaux de fon ventre font aufli bordés de blanc, & les
deux filets de fa queue font blancs, ponétués de noir. Ses
ailes font diaphanes & blanches , mais leur bord extérieur
eft plus épais & noirâtre. Ses pattes de devant font très-
longues; fur fa tête il y a deux gros tubercules pofés fur
les yeux qui fe trouvent cachés enforte qu'on ne les voit
que fur les côtés. En- devant font les petits yeux lifles.
Par cette conformation il femble que l’infeéte ait fept
yeux, trois de chaque côté & un au milieu ; favoir les
deux gros tubercules , les deux yeux reticulés , & les trois
yeux liffes dont un eft au milieu & impair. Cette efpéce
fe trouve fouvent fur les fenêtres où elle laïffe fa dépouil-
le. Elle fort le foir de l’eau en grande quantité, fubit fa
métamorphofe , dépofe fes œufs, & périt fouvent avant
vingt-quatre heures.
PHRYGANEA.
LA FRIGANE.
Antennæ filiformes. Antennes filiformes.
Al laterales , teétiformes, pone Aïles pofées latéralement en
afurgentes. forme de toit, & relevées à l’ex-
trémité.
Os tentaculis quatuor. Bouche accompagnée de qua-
tre barbillons.
Cauda nuda. Queue fimple &nue.
Ocelli tres. Trois petits yeux lifles.
La frigane fe difingue aifément des autres genres de
cette feétion , & en particulier de ceux qui font renfermés
dans ce troifiéme article ; par la réunion des différens ca-
Tome LI.
242 HISTOIRE ABRÉGÉE
racteres que nous donnons de cet infecte. Parmi ces carac-
teres , il y en a un plus particulier à ce genre que les
autres : il confifte dans la forme de fes ailes qui font
pofées latéralement , qui fe réuniffent en haut en forme de
toit aigu , & qui ont l'extrémité poitérieure plus relevée , à
peu près comme on l'obferve dans les teignes & quelques
phalênes. C’eft cette forme d’ailes , Jointe aux couleurs
dont elles font fouvent ornées , qui a fait nommer ces
infeêtes pat quelques Naturaliftes , mouches papidionacees.
D'autres ont joint enfemble ce genre & celui des perdes ,
quoiqu'ils foient trés-aifés à diftinguer l’un de l'autre par
les filets de la queue qui fe voyent dans les perles & qui
manquent dans les friganes ; & par les piéces ou anneaux
des tarfes , dont le nombre ef différent dans ces deux gen-
res. Il eft vrai qu'ils fe refflemblent par le lieu qu'ils habi-
tent , par la forme & la couverture de leurs larves &
par quelques-autres caraéteres , tels que la ftrutture des
antennes & de la bouche : mais les autres marques carac-
tériftiques doivent les faire féparer.
Les larves des friganes refflemblent à celles des perles,
dont nous avons déja parlé. En général elles font longues,
compofées de plufieurs anneaux , avec une tête écailleufe
& fix pattes. Cette tête des larves des friganes eft munie
de deux fortes ferres , larges par le bout où elles fe tou-
chent , & très-propres à pouvoir couper. Cette bouche
ainfi armée de ferres, eft placée dans la cavité d’une efpé-
ce de cafque écailieux , dont la partie fupérieure forme la
levre de deffus , tandis que la levre inférieure eft com-
pofée de trois parties en forme de pyramides ou cônes
renverfés , à peu près comme celle des chenilles. Auñfi cet
infeéte a-t-il une filiere dont il fe fert comme elles pour
tramer l'intérieur du fourreau dans lequel il habite.
Après la tête de l’infeéte , on compte douze anneaux
qui compofent fon corps. C’eft aux trois premiers anneaux
que tiennent les fix pattes de linfeéte , deux à chaque an-
neau , une de chaque côté. Ces pattes ne font pas toutes
DES INSECTES. 243
fix de la même grandeur. Les deux premieres font plus
petices & les deux dernieres beaucoup plus grandes. Les
deux premiers anneaux , ceux auxquels font attachées les
deux premieres paires de pattes, font écailleux. Le troifié-
me anneau , duquel les dernieres pattes les plus longues de
toutes tirent leur origine , n’eft point écailleux comme les
deux premiers , il eft Jjaunâtre & piqué de points bruns.
Celui qui le fuit , eft encore remarquable par trois tuber-
cules ou mammelons qu'on y obferve ; favoir, un en-def-
fus fur le milieu & deux fur les côtés. Il eft difficile de dé-
terminer l’ufage de ces tubercules. Les huit autres anneaux
font tous figurés à peu près de même. Ils ont chacun fur
les côtés des touffes de filets blancs qui forment des
aigrettes fort Jolies , & qui femblent avoir quelqu’analogie
avec les ouies des poifluns. Outre ces filets , l’infeéte a
quelques poils , principalement à la tête & à la queue. En-
fin le dernier anneau eft remarquable par deux crochets
écailleux & très - forts qui fervent à l’infeéte à fe crampo-
ner & à s'attacher à.fon fourreau.
Ce fourreau dans lequel la larve de la frigane habite, eft
une efpéce de coque ou tuyau de foie , couvert de toutes
fortes de matieres , telles que du bois , du fable , des
plantes , des coquilles. Ces matieres , dont la plüpart font
plus légeres que l’eau , rendent le tuyau moins pefant,
enforte que l’infeéte le porte-& le traine avec plus de faci-
lité. 1] marche avec fes fix pattes , dont les dernieres plus
longues que les autres paroiffent cependant au- dehors &
peuvent agir , quoique Pinfeéte ne fafle fortir de fon étui
que fa tête & les deux premiers anneaux de fon corps.
Rien n’eft plus fingulier que de voir la frigane fe promener
ainfi dans l'eau , avec ce fourreau que les matieres dont il
eft couvert rendent très barroque pour fa figure. 11 femble
que ce foit une efpéce de trophée de plantes & de coquil-
les , parmi lefquelles il y en a plufeurs où l’habitant de la
coquille vit encore , mais fe trouve arrêté & entrainé par
la frigane.
Hhi]
244 H1STOIRE ABRÉGÉE
Ce n’eft que par le moyen des deux crochets qui font au
dernier anneau de fon corps , que la larve de la frigane
tient à fon fourreau ; mais elle y tient fi fortement qu’il eft
difficile de l'en tirer fans la bleffer. Si cependant on y par-
vient & qu’enfuite on pofe ce fourreau vuide à côté d'elle,
elle y rentre la tête la premiere par le bout antérieur qui
eft ouvert , & enfuite elle fe retourne dans le fourreau
bout à bout , faifant reparoitre fa tête à l'ouverture par la-
quelle elle eft entrée. Mais après avoir été tirée de fon
fourreau , fi elle ne le retrouve pas , elle s’en confiruit
& s’en file un autre ; dans la compoñition duquel elle
a foin de faire entrer des plantes & des coquilles dont eile
le recouvre.
Ces fourreaux étoient très-néceffaires pour mettre à l’a-
bri cet infete , dont le corps eft tendre & mol , à l'excep-
tion de fa tête & de fes deux premiers anneaux qui font
écailleux ; & qu’il laifle ordinairement paroitre #euls à
l'extérieur. Sans fon fourreau , il feroit devenu la proie
d’un nombre infini d'infectes aquatiques & voracese Pour
lui , il tire fa nourriture la plus ordinaire des plantes
d’eau.
Lorfque cette larve veut fe transformer , elle commen-
ce d’abord par fixer & attacher fon fourreau , à l’aide de
plufieurs fils contre quelque corps folide & immobile. En-
fuite elle ferme la partie antérieure de ce fourreau , qui eft
la feule qui foit ouverte , avec de gros fils de foie écartés
l’un de Pautre ; ce qui forme une efpéce de grille par
laquelle Peau peut entrer & fortir librement , mais qui
fufit pour fermer l'entrée du fourreau aux infeétes qui
pourroient nuire à la larve. C’eft dans ce fourreau ainfi
fermé , que la larve fe transforme en nymphe en chan-
geanc de peau. Cette nymphe eft grande & allongée, ainfi
que la larve ; fa couleur eft d’un blanc un peu citron ; on y
diftingue aifément toutes les parties que doit avoir l'infec-
te parfait qui en fortira ; elle a de plus , comme la larve ,
des aigrettes de poils fur le ventre. Mais outre ces parties
DES INSECTES. 24$
communes à la larve ou à l’infeéte parfait , la nymphe en a
quelques-unes qui lui font propres & qu’on ne remarque
que fur elle. Ce:font deux petites cornes charnues à fa par-
tie poftérieure , qui peut-être lui fervent , comme les flig-
mates , à pomper l'air, & deux petits crochets à fa partie
antérieure. Ces crochets placés à la tête fe croifent en.
devant & forment une efpéce de bec qui fait reffembler
la tête de la nymphe à celle d’un oifeau. C’eft avec ces
crochets que la nymphe déchire la grille de fon fourreau
pour faire paffage à l'infeëte parfait auquel la nature n’a
donné aucun infrument propre à faire cet ouvrage.
J'ai eu des friganes qui font reftées dans cet état de
nymphe pendant dix-fept ou dix-huit jours , les unes plus,
les autres moins. La différence de la chaleur doit probable-
ment accélérer ou retarder le tems de leur transformation.
Au bout de ce tems, l’infecte parfait fort de fon fourreau
que la nymphe a ouvert & déchiré , comme nous l'avons
dit.
Ces infeêtes font remarquables par la forme de leurs ai-
les qui font fingulieres au moins dans la plüpart. Elles
font , ainfi que nous l'avons déja dit , pofées perpendi-
culairement fur le côté , & le bord fupérieur qui formeroit
un toit aigu s’il étoit prolongé , fe replie, fe couche fur le
corps , & forme avec le refte de l'aile un angle droit. Leur
bouche eft formée par une petite trompe entourée de qua-
tre barbillons ; favoir , deux fupérieurs plus longs, & deux
inférieurs plus courts. Les antennes dans prefque toutes
les efpéces font très- longues, quelques - unes les ont trois
fois plus longues que le refte de leur corps ; fouvent ces
mêmes antennes font Joliment entrecoupées d'anneaux
alternativement blancs & bruns. Dans prefque tous ces in-
fectes , les couleurs font obfcures & très-peu brillantes ,
quoique les ailes de quelques-uns foient un peu panachées.
Les deux dernieres efpéces de ce genre font un peu plus
courtes & plus larges que les autres & reffemblent à des
petites mouches.
246 HISTOIRE ABRÉGÉE
On trouve ordinairement ces infettes auprès des rivieres
& des eaux dans lefquelles habitent leurs larves. Iis font
très-communs dans l'été. On les voit le foir voltiger fou-
vent par troupes au bord de la Seine ; où ils vont dépofer
leurs œufs.
1 PHRYGANEA afs teflaceis ; nervofo - ffriatis.
Planch. 13, fig. 5.
Linn. faun. fuec. n. 738. Phryganea alis teflaceis, nervofo-friatis , antennis
antrorfum porreétis.
Linn. [yft. nat. edit. 10 , p. $47 , n. 2. Phryganea firiata.
Aë. Upf. 1736, p.27, n. 2. Hemerobius alis teftaceis venofo-ftriatis , antennis
. longitudine alarum. .
Raj. inf. p.274, n. 2. Mufca quadripennis, alis longis anguftis papilionum ia
modum vaiepatis.
Aldrov. inf. p. 763. Perlarum forte fpecies.
Frifch. germ. 13 , tab. 3. Larva.
Reaum. inf. tom. 3,tab. 13, f8,9, 11e
La frigane de couleur fauve.
Longueur 11 lignes.
Cette grande efpéce eft par-tout de couleur fauve , à
l'exception de fes yeux qui font noirs. Elle reffemble à une
phalène par fon port d’ailes. Ses antennes font de la lon-
gueur de fon corps ; elle les porte droites en devant ;,
comme la plüpart des infe@tes de ce genre. Ses ailes font
plus grandes d’un bon tiers que le refte de fon corps , elles
ont des veines , dont la couleur eft un peu plus foncée que
le refte. Ses pattes font grandes , longues & un peu épi-
neufes.
2 PHRYGANEA as deflexo-compreffis flave/centi-
Bus , macula rhombea laterali alba. Linn. faun. fuec. ne
741.
Linn. [yff. nat. edit. 10, p. 548, n. $. Phryganea rhombica.
Reaum. inf. tom. 3 , tab. 14, f. 4.
Rofel. inf. vol. 2, tab. 16. Infect, aguatil. claff. 2.
La frigane panachee.
Longueur 7 lignes.
On eft d’abord tenté de prendre cette frigane pour un
DES INSECTES. 247
papillon de teigne. Elle porte fes aîles de même que
les teignes. Sa couleur eft d'un jaune un peu brun. Sur l'aile
fupérieure , il y a une large tache blanchg qui va oblique-
ment en defcendant du côté du bord extérieur. Derriere
cette tache, il y en a une feconde de même couleur , mais
moins marquée , & entre ces deux taches il y a un peu de
brun.
La larve qui produit cette frigane eft une teigne aquati-
que qui vit dans un fourreau qu'elle fe file , & qui eft re-
couvert de petites pierres & de débris de coquilles. On y
voit mème quelquefois des coquilles entieres & dont l’a-
nimal eft encore vivant , quoiqu’attaché à ce fourreau. La
larve porte par-tout avec elle ce fourreau auquel elle
tient par des crochets qui font à la partie poftérieure de
fon corps. Elle fe nourrit de petits infe&tes. Lorfqu’elle
veut fubir fa métamorphofe,, elle s'enfonce dans ce four-
reau , dont elle bouche l'ouverture avec les foies qu’elle y
file , & elle fe change en nymphe. Au bout de quelques
jours , la nymphe devient une belle frigane , & quittant fa
dépouike & fon fourreau , elle abandonne le féjour de
l'eau où elle a pañlé une partie de fa vie. On la trouve
cependant aux environs de l'eau , où elle va dépofer fes
œufs.
3 PHRYGANEA zigro-fufca ; als pedibufque
teflacers.
La frigane Brune à afïles fauves.
Longueur 5 lignes.
Ses antennes , fa tête , fon corcelet & fon ventre font
noirs. Ses pattes & fes ailes font de couleur fauve & uni-
forme. Ses antennes font de la longueur de fon corps ; &
elle les porte droites en devant. Cette efpéce approche
beaucoup de la précédente. Sa larve eft commune dans
l'eau.
4 PHRYGANEA ra , als plumbeis, pedibus fubvis.
248 HISTOIRE ABRÉGÉE
La frigane plombée à aëles fauves.
Longueur & à lignes,
Ses antennes #ont à peu près de la longueur de fon
corps : elles font noires , ainfi que la tête, le corcelet & le
ventre en-deflus. Les pattes & les anneaux du ventre en-
deffous font d'un jaune fauve. Les ailes font d’une couleur
grife foncée & plombée ; elles font lifles & luifantes.
s PHRYGANEA cirereo-fufca , futura alarum
macula alba, antennis albo fufcoque tnterfelis ; corpore
duplo longioribus.
La frigane à antennes panachées.
Longueur 4 + lignes.
Sa couleur eft grife , cendrée , obfcure & nullement
luifante , fes pattes font un peu plus blanchâtres. Mais ce
qui fait reconnoîitre cette efpéce , c’eft une tache blanche
qui fe trouve fur la future des aîles , un peu avant l'endroit
où elles fe relevent & qui eft commune aux deux ailes , &
de plus la forme des antennes , plus longues du double
que le corps , fines & joliment entrecoupées d’anneaux
bruns & blancs. Elle porte ces antennes droites en avant
& l’une contre l’autre. On trouve fort fouvent cet infeëte
pendant l'été au bord de la riviere fur-tout le foir.
GPHRYGANEA als fuperioribus nebulofis , antennis
longitudine corports.
Reaum. inf. tom. 3 , tab. 13 , fig. 13.
La frigane à aïles tachetées & courtes antennes.
Longueur 4 lignes.
Ses yeux font noirs , fa tête , fon corcelet & fon ventre
font bruns & fes pattes jaunâtres. Ses antennes qui font
brunes , n’égalent que la longueur de fon corps. Ses ailes
de couleur grife &t foncée, font par endroits d’une couleur
plus.obfcure ou plus claire , ce qui les rend D Lx
lle
DES INSECTES. 249
Elles ne font point liffes ni brillantes , mais vües à la loupe
elles paroïffent un peu velues.
7 PHRYGANEÉA als fuperioribus nebulofis 71L9TO*
punilatis , antennis corpore triplo longioribus.
Linn. faun. fuec. n. 746. Phryganea alis fuperioribus nebulofs, antennis corpo-
re triplo longioribus.
Linn.[yft. nat. edit. 10, p. 548 , n. 10. Phryganea longicornis,
La frigane à aïlés tachetées & longues antennes.
=
Longueur 3, 3 à lignes.
La couleur de cette efpéce eft cendrée & un peu bru-
ne. Ses yeux font noirs , & l’on voit fur fes ailes fupérieu-
res des petites taches noires plus ou moins marquées. Ses
pattes font blanchâtres. Mais ce qui la diftingue de toutes
les autres efpéces , c'eft la longueur de fes antennes qui
font très - fines & trois fois plus longues que le corps. Elle
fe trouve dans les endroits aquatiques.
8. PHRYGANEA azra, pedibus atbis ; alis pallidis
venofis.
La frigane noire à afles päles vernées.
Longueur 5 lignes,
Elle eft toute noire , à l'exception de fes pattes qui font
blanchâtres & de fes aîles qui font d'un gris pâle , avec des
veines un peu brunes.
9. PHRYGANE A viridis , ocudis nigris , alis niveës.
La frigane verte.
Longueur 3 3 lignes. Largeur ligne.
Sa tête eft d’un beau vert clair , à l'exception de fes
yeux qui font noirs. Ses antennes plus longues que fon
corps font très-fines & entrecoupées de brun & de gris
blanc. Son corcelet eft vert , avec un peu de jaune en-def-
fus & fur les côtés. Son ventre ef tout vert. Ses pattes
font d’un blanc argenté , & fes ailes font toutes blanches.
Jai plufieurs fois attrapé cet infeéte au vol fur le foir.
Tome TL. Ti
250 HiISTOIRE ABRÉGÉE
10. PHRYGANEA fu/Ca , alis albis fufco maculaiis.
Linn. faun. fuec. n. 735. Hemerobius alis albis, maculis fufcis , pone punétis fex
diftin@is ; antennis fufcis.
Linn. fjfl nat. edit. 10, p. $50 , n. 9. Hemerobius fex punétatus,
La frigane à aïles ponéluees.
Longueur 1 + ligne. Largeur 1 ligne.
Son corps eft d’un brun verdâtre un peu panaché ; fes
antennes fines & déliées font brunes & un peu plus cour-
tes que le corps. $es aîles plus grandes du double que fon
corps & pofées en toit , font diaphanes , avec des nervures
& des taches noires , & elles ont particuliérement fix
points noirs vers le bas de l'aile ; placés chacun dans le
milieu d’une maille de nervures.
11 PHRYGANEA xota atra, corpore rofundiore ;
antennis corpore breviortbus.
La frigane-mouche en deuil.
Longueur 2 lignes. Largeur 1 3 ligne.
La forme de cette efpéce & de la fuivante eft différente
de celle des autres. Elle eft moins allongée ; plus large &
lus courte , & elle reffembie à une mouche ou à une pe-
tite phalène. Elle eft par-tout d’un noir foncé & obfcur. Ses
aîles font auffi de la même couleur. Ses antennes font plus
courtes que fes aîles , & celles-ci plus longues que le ven-
tre d’un bon tiers , ont leurs bords frangés ; mais fans mé-
lange d'autre couleur que de noir. On trouve cet infete
dans les prés. Sa larve habite un fourreau tiflu de foie
& de grains de fable très-fins. Les dernieres pattes de
cette larve font d’une grandeur prodigieufe.
12.PHRYGANEA fufca, corpore rotundiore, antennis
corpore brevioribus , alis pallidis venofis.
Reaum. inf. tom. 3 , tab. 14 , fig. 7:
La frigane-mouche de couleur päle.
Elle différe très-peu de la précédente , & lui reffemble
DES INSECTES. 2$r
entiérement pour la forme. Ses antennes font courtes &
"noires , & tout fon corps eft d’un brun noirâtre. Ses aîles
font blanches , veinées longitudinalement de brun & fans
frange au bord. Ses pattes font pales & un peu jaunâtres.
HEMEROBIUS.
L'HÉMEROBE.
Antennæ filiformes. Antennes filiformes.
Ale fœpe æquales. Aîles fouvent égales.
Os prominens tentaculis qua- Bouche prominente avec qua-
tuor. tre barbillons.
Cauda nuda. Queue fimple & nue.
Ocelli nulli. Point de petits yeux lifles,
L'’hémerobe a été ainfi appellé, à caûfe de la briéveté de
la vie de cet infecte , qui cependant s'étend à quelques
jours de durée , au lieu que fon nom fembleroit faire
croire qu'il ne vit qu'un feul jour , comme quelques efpé-
ces d'éphémeres. R
Les larves de ces infeétes font ovales & un peu allon-
gées. Leur tête eft petite & a en devant deux efpéces
de cornes ou pinces en forme de croiffant qui fe joignent
& fe croifent par leurs pointes : ces pinces fervent de bou-
che à la larve. Quelques minçes & petites qu’elles paroif-
fent , elles font creufes en-dedans & elles ont une ouver-
ture à leur bout. L’infeéte qui fe nourrit de pucerons , les
faifit avec ces pinces & en même tems pompe les humeurs
de ces petits animaux par le canal intérieur de ces cornes
qui font ouvertes à leur extrémité. Ces pinces font doncen
même tems l'office de bouche ; l’hémerobe s'en fert pour
arrêter fa proie & la dévorer , elles lui tiennent lieu de
trompe. Le corcelet qui fuit la tête eft court , &:le ventre
de cette larve eft gros en-devant & fe retrécit vers la
queue. Des fix pattes qu’on obferve fur le corps de cette
larve , les deux premieres font attachées au corcelet , & les
quatre autres tirent leur origine des deux ae an-
i i
252 HISTOIRE ABRÉGÉE
neaux du ventre ; favoir , deux pattes de chacun de ces an-
neaux. La couleur de ces larves varie ; les unes font gri-
fes , d’autres de couleur citron , quelques-unes canelles ,
& plufieurs font variées de nuances de ces différentes cou-
leurs rangées par bandes longitudinales. On remarque fur
chacun des anneaux de leur ventre deux mammelons , un
de chaque côté , d’où partent des aigrettes de poils.
En général ces infeêtes font très-grands mangeurs de
pucerons , aufli un Naturalifte moderne les a-t-il qualifiés
du nom de Zons des pucerons. Si on met quelques-uns de
ces infeëtes fur un arbre ou fur une plante toute couverte
de pucerons, en deux jours ils favent tellement la nétoyer
qu'on n’apperçoit plus que quelques peaux vuides de ces
infectes que les larves d’hémerobes ont fuccés. Les puce-
rons femblent ne pas connoitre ces ennemis ; ils reftent
tranquilles auprès d’eux fans fe mouvoir , fans s'enfuir ;
tandis que les hémerobes les dévorent les uns après les
autres. Mais ce n’eft pas aux pucerons feuls que ces infec-
tes font formidables, Souvent lorfqu’ils fe rencontrent ils
ne s'épargnent pas & ils fe dévorent les uns les autres.
Un infeéte qui mange autant & qui fe trouve placé au-
près de fa proie & au milieu de la nourriture qui lui con-
vient , doit parvenir promptement à fa grandeur. Aufli la
larve de l’hémeroble croit-elle très-vite Souvent en quinze
ou feize jours elle a atteint toute fa groffeur , & pour lors
elle fe difpofe à fe métamorphofer. Pour exécuter cette
métamorphofe , elle commence par fe filer une coque de
foie blanche ; ronde , groffe comme un pois &t d’un tiffu
ferré. La maniere dont elle file n’approche pas de celle
qu'employent les chenilles & plufieurs autres infe@tes. Sa
filiere n’eft point à fa bouche , c’eft à fa queue qu'elle eft
placée , c’eft avec elle qu’elle forme cette coque ronde
dans laquelle elle fe renferme , pour fe changer enfuite en
chryfalide ou nymphe. Cette nymphe refte renfermée dans
cette coque plus ou moins de tems fuivant la faifon.
Si c'eft le terms de l'été , au bout de trois femaines environ
DESMÉNSE CES. 2$3
on en voit fortir l'infeête parfait. Au contraire , lorfque la
larve fe met en coque pendant l’automne , elle y refte tout
l'hiver jufqu’au printems.
L'infecte parfait eft allongé ; il a quatre ailes fort gran-
des pour fon corps & chargées de nervures qui forment un
refeau à mailles ferrées. Les yeux de plufieurs efpéces
font dorés & brillans , c’eft ce qui les a fait appeller par
quelques auteurs ; mufca chryfopis. Mais cette beauté eft
bien contrebalancée dans certaines par la puanteur qu’elles
répandent.Le vol de ces infettes eft en général affez lourd.
Les œufs que dépofent les hémerobes font très fingu-
liers & méritent bien l'attention des Naturaliftes. Ces
œufs qui font ovales , fort petits & de couleur blanche,
font foutenus par un fil fort long & fort mince de pareille
couleur. On en trouve fouvent plufieurs ainfi ramaffés les
uns auprès des autres en bouquet , ce qui forme le plus
joli effet. Ce fil vient d’une efpéce de gomme qui enduit
l'œuf lorfque l’infeéte le dépofe. Cette gomme fe file,
comme fait la cire d’efpagne fondue , & l’infecte en rele-
vant la partie poftérieure de fon ventre , lallonge & en-
traine l’œuf qui refte attaché au haut de ce même fil.
Nous ne connoiflons point la larve de la derniere efpé-
ce de ce genre. Comme on trouve toujours cet infeéte au
bord de l'eau , peut-être faudroit-il y chercher fa larve qui
doit reffembler à celle des autres efpéces , & fe nourrir de
petits infeétes aquatiques , ou des pucerons qui fe trouvent
fur les plantes d’eau.
1 HEMEROBIUS /reo-viridis , alis aqueis vafis
viridibus, Linn. faun. fuec. n. 731. Planch. 13, fig. 6.
Linn. [yff. nat. edit. 10, p, $49 , n. 1. Hemerobius perla
Mouffet. theat. p. 61. f. ult. Mufca chryfopes.
Goed. belg. 1 , p.40 ,t. 14. Audax , intrepidus. & gall, tom. 3 , tab #4 , fe 17 33
Lift. Goed. p. 229, f, 104. Tolmerus. de
Merian. europ. 3 , p. 49 ,t. 8, f. In fruu,
Merian..gallice t. 175, 109.
Albin. inf. t. 64.
Periv, muf. p. 4, n, 6, Perla minima merdam olens;
2$4 HISTOIRE ABRÉGÉE
Grew. muf. pe 156. ,
Raj. inf. p. 24. MufCa quadripennis , corpore luteo-viridi , alis peramplis
è favo pariter virentibus. :
Reaum inf. tom. 3 ,tab.3;,f.2,5, 6. Leo aphidis.
Rofel. inf. vol. 3 , fupplem, tab. 21 , fig. 4, s. Formicaleo,
Le lion des pucerons.
Longueur 6 lignes.
Ce bel infeéte eft d’un vert jaunâtre , avec des yeux do-
rés & fort brillans. Ses antennes font en filets & de la lon-
gueur de fon corps. Sur fon ventre ont voit quelques
points noirs. Ses ailes font grandes , pofées le long de fon
corps , qu'elles furpaffent de moitié pour la longueur. Elles
font diaphanes , avec des nervures vertes, enforte qu'el-
les reffemblent à un refeau ou à une gaze verte.
Les œufs que dépofe cet hémerobe font blancs , fort
petits & portés fur un long pedicule plus fin qu’un cheveu.
On trouve fouvent fur les feuilles d'arbres , principalement
fur celles des rofiers beaucoup de ces œufs ramaflés les
uns auprès des autres qui forment une efpéce de bouquet.
L'infeëte ou la larve qui en fort eft ovale , un peu allongée
& fe tefmine en pointe par derriere. Elle a fix pieds & fa
tète eft munie de deux pinces avec lefquelles elle faifit
les pucerons qu’elle dévore & dont elle fait un grand dé-
gât. On trouve ordinairement cette larve fur les branches
garnies de pucerons. Lorfqu'elle eft à fa groffeur , elle
forme une petite coque blanche de la moitié de la grof-
feur d’un pois ; dans laquelle elle fe métamorphofe. Au
bout de quelque tems , fa coque s’ouvre en-deffus , & on
en voit fortir l’infeête parfait.& ailé que nous venons de
décrire. Cet infeëte vole par-tout dans les jardins , & fon
vol eft aflez lourd ; enforte qu'il eft facile à faifir. Mais
malgré fa beauté il ne faut pas le tenir long-tems entre
Jles doigts ,.car il répand une odeur très-fétide , tout-à-fait
femblable à celle des excrémens.
2. HEMEROBIUS Zeus ÿ alis aqueis , vafes fufeo
punélatis.
DES INSECTES: 2$$
Linn. faun. fuec. n. 732. Hemerobius viridi nigroque varius , alis aqueo-reti-
culatis. ;
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. $49, n. 2. Hemerobius chryfops.
Reaum. inf. tom. 3, tab. 33 ,f.1o,1r,12,13, 143 15.
Frifch. germ. 4 , p. 40, t. 23. Mufca fœtida auro oculata.
Rofel. inf. vol. 3 , fupplem. x , tab. 21, fig. 3e
L'hémerobe à aïles ponituees.
Longueur 3 lignes. |
Cette efpéce reffemble beaucoup à la précédente pour
fa figure , mais elle eft plus petite. Ses yeux font de même
dorés & brillans. Ses antennes font de la longueur de fon
corps , mais non pas de fes ailes. Tout l'animal eft jaune.
Ses aîles plus longues prefque du double que le corps font
diaphanes , avec des nervures ponétuées de brun, en quoi
cet infecte ef très-aifé à diftinguer du précédent.
Sa larve eft plus courte & plus fphérique que celle de
l'efpéce précédente. Elle porte fur fon corps une couvertu-
re informe, faite des débris des pucerons qu’elle a mangés
& auxquels elle fait une chafle perpétuelle. Pour fe tranf
former , elle fe file une coque ronde femblable à celle
de la premiere efpéce. On trouve cet infette dans les
jardins , mais plus rarement que le précédent.
3. HEMEROBIUS ater, alis fufcis nigro-reticularis ,
margine exteriore dilatato.
Linn. faun. fuec. n. 743. Phryganea alis reticulatis , cauda inermi , thoracis:
marginibus flavis.
Linn. [yft. nat. edit. 10 ,p. 548 ,n. 7. Phryganea flavilatera..
Rofel. inf. vol. 2, tab. 13. Infe&. aquatil. claff. 2.
L'hemerobe aquatique.
Longueur 7 lignes.
Ses antennes font plus courtes que fon corps au moins
de moitié. Elles font noires , ainfi que tout l’infeëte ; il y a
cependant fur le devant du corcelet un peu de brun,
mais obfcur & peu apparent. Les ailes grandes , brunes
& comme pliffées , font ornées d’un refeau brun de vaif-
feaux très-marqué. Mais ce qui rend cet infeëte plus remar-
256 HISTOIRE ABRÉGÉE
quable ; c’eft que le bord extérieur.de fes aîles de deflus.
eft dilaté & comme élargi vers le haut. On trouve cet
infecte au bord de l’eau.
FORMICALE O.
LE. F' OU R M-IL TION:
Antennæ breves , clava- Antennes groffes , cour-
1e , craf]æ. tes & en maffe.
Alæ æquales. Âîles égales.
Os prominens tentaculis qua- Bouche prominente avec qua
tuor. tre barbillons.
Cauda nuda. Queue fimple & nue.
Ocelli nulli. Point de petits yeux liffes.
La forme des antennes du fourmilion nous a engagé
à féparer ce genre de celui des hémerobes , avec lequel
il étoit confondu par quelques Naturaliftes. Dans le fourmi-
lion , les antennes font courtes , plus grofles vers l’extrémi-
té , & elles forment une efpéce de maflue , tandis que
dans l’hémerobe elles font minces comme un fil qui va en
diminuant infenfiblement vers le bout.
On a donné à cet infeéte le nom de formicaleo, en
françois fourmilion , par la mème raifon qui a fait appeller
quelques efpéces du genre précédent lions des pucerons.
La larve du fourmilion eft fort friande des fourmis , elle
leur fait la chafle , enforte qu’on n’a cru pouvoir mieux
défigner cet infecte qu'en l’appellant lion des fourmis ,
ou fourmilron.
Il eft peu d'infeêtes dont les flratagemes & les petites
manœuvres foient auffi jolies & aufli curieu‘es à examiner,
& c’eft par cette raïifon que plufieurs Naturaliftes fe font
appliqué à les décrire fort en détail. Nous nous conten-
terons d'en donner ici un abrégé fuccint.
La larve de cet infeéte vient des œufs que l’infeéte par-
fait à dépofés dans le fable fin & très-fec,en quelqu'en-
droit à l'abri de la pluie , foit dans quelque crevafle de
maux
DES. INSECTES. 2$7
mur ou de terre , foit au pied de quelque mutaille ordi-
nairement expofée au foleil du midi. C’eft -là qu'éclofent
les larves des fourmilions & qu'elles font leur habitation
ordinaire, Leur couleur eft grife , & leur corps qui eft
couvert de petits tubercules eft de forme ovale. Son extré-
mité poftérieure fe termine en pointe & fert à ces infectes
à s’enfoncer dans le fable ; car ils ne marchent qu’à recu-
lons quoiqu'ils ayent fix pattes. Au-devant de la tête, font
des pinces dentelées , aigues & creufes en- dedans , avec
lefauelles cette larve attrape & fucce les mouches & diffé-
rens autres infectes , mais fur-tout les fourmis dont elle eft
très-friande. Ces pinces lui fervent de bouche ou de trom-
pe » ainfi que d'armes offenfives , de la même maniere
que celles de l'hémerobe dont nous avons parlé. Sa mar-
che à reculons ne lui permettant pas de courir après les in-
fectes dont elle doit fe nourrir , elle ufe de flratagème :
elle s'enfonce dans le fable , & tournant circulairement
elle creufe des fillons concentriques de plus en plus pro-
fonds , jettant au loin avec fes cornes le fable qu’elle ôte
de cet endroit. A Ja fin elle parvient à creufer un trou en
forme d'entonnoir , au fond duquel elle fe place , cachée
dans le fable & n'ayant que fes pinces étendues & ouvertes
qui en fortent. Malheur à tout infe&te qui vient à tomber
dans ce trou : le fourmilion qui s’en appercçoit par les grains
de fable qui roulent au fond ; l’accable d'une grêle de
poufliere quil Jette avec fes cornes & qui entraine cet in-
fete au fond du trou où il le prend avec fes pinces &
le fucce. Il n’épargne pas même d’autres fourmilions , qui
en allant & venant viennent à y tomber. Lorfque la larve
eft parvenue à fa groffeur , elle ne creufe plus de trou ;
elle va & vient en traçant des fillons irréguliers dans le
fable , & enfin elle fe file une coque ronde , imitant une
boule , dont l'extérieur eft formé du fable dans lequel elle
a vêcu , & l’intérieur tapiffé de foie blanche & fine. C'eft
dans cette coque qu’elle fe change en nymphe. Ceïte
nymphe eft un peu courbée en demi-cercle , & on y diftin-
Tome II. Kk
258 HISTOIRE ABRÉGÉE
sue toutes les parties de l'infeéte parfait qui en doit fortir.
Elle eft plus allongée que la larve ; mais beaucoup plus
courte que l'infeéte parfait. Au bout de quelque tems,
cette nymphe quitte fa dépouille , devient un infeéte ailé,
& perce fa coqué pour prendre fon eflor.
L'infeûe parfait eft très -allongé. Il a quatre grandes
ailes chargées de nervures & de taches , & il refflemble
affez à la demoifelle. Il ne dépofe que très-peu d'œufs
dans le fable , mais ils font gros , oblongs & d’une couleur
blanchätre lavée de rouge. Je n'ai point vü ces infeûtes
accouplés, mais une chofe très-finguliere , c’eft que dès
que l'infeéte parfait fort de fa boule ou de fa coque , il
dépofe un ou deux œufs. Ces œufs ne doivent point être
féconds puifqu’il n’y a point eu d’accouplement. J'en ai
gardé quelques-uns dans le fable , & ils ne m'ont réelle-
ment rien donné : peut-être l’infete dans la campagne
s’accouple-t-il dès l'inftant qu’il fort de fa coque , d'autant
qu’on trouve ordinairement plufieurs larves de ces infeétes
dans le même endroit, & qu’ils vivent prefqu'en fociété ,
quoique féparés les uns des autres : peut-être auffi le mâle
va-t-il féconder les œufs que la femelle a rendus , com-
me nous avons déja dit que faifoit le mâle de l’éphémere.
C’eft ce qui demande à être examiné. On peut voir tout le
détail des manéges différens de ce fingulier infette dans
l'Ouvrage de M. de Reaumur qui en a parlé fort au
long.
Je ne connois ici qu'une feule efpéce de fourmilion. Les
autres pays en fourniflent quelques-autres efpéces ; dont
M. de Reaumur fait mention.
1. FORMICALEO. Planch. 14, fig. 1,
Linn. faun. fuec. n. 733. Hemerobius formicaleonis.
Linn. [yff. nat, edit. 10, p. $so , n. 4. Hemerobius hirtus , alis nebulofis , vafs
pi'olis, antennis clavatis.
Tter. æl. 119, 206. Formicaleo.
Reaum. inf. tom. 4, tab. 14, f. 18, 19. Formicaleo.
————— tab. 11, f.8.
tome 6 y tab, 32, 33 34» fe 7, Formicaleo.
DES INSECTES. 259
Rofel. inf. vol, 3. fupplem. tab. 17,18, 19, 20.
Le fourmilion. .
Longueur 11 lignes.
L'infete parfait du fourmilion eft allongé. Sa tête ‘eft
large , brune , tachetée de jaune en-deflus , avec de gros
yeux fur les côtés ; & en-deffus deux antennes qui vont en
groffiffant par le bout ; & dont la longueur n’égale pas
celle du corcelet. Après la tête , vient le col de l'animal ,
qui eft affez long, cylindrique, plus étroit que la tête, & de
même couleur qu’elle.Le corcelet femble compofé de deux
parties , une antérieure d’où partent les ailes fupérieures ,
& une poftérieure qui donne naïffance aux ailes de deflous.
Ce corcelet eft pareillement brun & taché de jaune en-
deffus. Le ventre allongé & compofé de huit anneaux
eft tout brun , à l'exception du bord des anneaux qui eft
un peu jaune. Les pattes font brunes. Les ailes grandes,
plus longues que le corps & fouvent mal développées ;
font diaphanes , ornées d’un refeau de nervures noires
& chargées de plufieurs taches brunes noirâtres , affez
grandes , particuliérement du côté de leur bord extérieur.
P. A NO RPuA:
LA MOUCHE-SCORPION.
Antenne longæ filiformes. Antennes longues filifor-
mes.
Ale æquales. _ Aîles égales.
Roffrum corneum cylindraceum. Trompe dure & cylindrique.
Cauda chelifera forficibus ar- Queue formée en pince de
mata. crabe.
Ocelli tres. Trois petits yeux liffes.
Parmi les carateres que nous donnons de ce genre , il y
en a deux qui lui font propres & qui le font fürement
diftinguer de tous ceux de cette feétion. Le premier con-
fifte dans la forme’ de la trompe de cet infette , qui eft du-
re » immobile , de figure allongée & cylindrique ; l’autre
KK i
260 HISTOIRE ABRÉGÉE
caratere encore plus fingulier , dépend de la confiruëtion
de fa queue, qui dans les mâles reffemble à la queue d'un
fcorpion. C’eft aufli ce qui a fait appeller cet infeëte ;,
mouche-fcorpion.
Je ne connois point fa larve ni fa nymphe ; mais comme
on trouve cet infecte dans les prairies au bord des eaux , Je
penfe que l’un & l’autre pourroient bien étre aquatiques &c
ne fe trouver que dans l'eau. Quant à l'infeété parfait , il
eft très- commun l'été dans les prés. Lorfqu'on le prend ,
il redreffe fa queue & femble vouloir fe défendre avec les
pinces qui font à fon extrémité : mais cette queue me-
naçante ne fait aucun mal, comme je l'ai fouvent éprouvé.
Je ne connois qu’une feule efpéce de mouche-fcor-
pion.
1. PANORPA. Linn. faun, fuec.n.729. Planch. 14,
fig. 2. ;
Linn, fyff. nat. edit. vo, p. $$t, n. 1. Panorpa alis #qualibus nigro-maculatis..
Aldrov. ‘inf. t. 386, f. 89. & 387, f. 5,6.
Mouffer. theat. p. 62 , f. 3: 4. Multa fcorpiuros, 1, & 4,
Hoffn. inf. t. 2, f. 14.
Merret, pin. p. 200. Mufca fcorpiura.
Frifch. germ. 9 , p.291. 14, f. 1. Scorpio-mufcae
Jonfton, inf t. 9. Mufca fcorpiuros,
Reaum. inf. tom. 4, tab. 8, f. 9.
La mouche-/corpion.
ÆEongueur 7 à 8 lignes.
Les antennes de ce fingulier infeûte font en filets me-
nus , environ de la longueur de fon corps , noires & come
pofées de petits anneaux au nombre d'environ trente- fix.
Sa tête eft noire , avec les trois petits yeux liffes en-deflus,
& en-devant elle a une longue trompe dure cylindrique
de couleur brune, au bout de laquelle font quatre anten-
nules , deux plus longues & deux plus courtes. Le corps
de l’infe&e eft brun , noirâtre , jaune fur les côtés , aves
quelques taches de même couleur en-deffus. Sa queue
formée par les trois derniers anneaux du ventre eft de cou-
leur maron. De ces trois anneaux, le dernier eft plus gros,
DES ÉNSECTES. 26:
prefque rond , & il fe termine par deux crochets, ce
qui forme une queue femblable à celle du fcorpion. Ii n’y
a cependant que les mâles doft la queue foit ainfi figu:
rée. Les femelles n'ont pas cette pointe & ce dernier an-
neau avec des crochets. Les ailes aufli longues que le
cotps , font diaphanes , réticulées , avec des nervures &
des bandes de taches de couleur brune.
On trouve cet infette voltigeant dans les prairies.
W. B. Quelquefois on rencontre différentes variétés de
cet infeéte , qui différent par rapport à la couleur des
ailes. Il y en a qui au lieu de plufieurs bandes de taches
fur les ailes , n’ont qu'une feule bande noire , tranfverfe &
irréguliere pofée fur le milieu de l’aile , dont l'extrémité
eft aufli noire. D’autres ont les ailes abfolument toutes
blanches , à l'exception de cette extrémité qui eft noire.
Les uns & les autres étoient des mâles. ”
CRABR OO.
TAMERTECREERLR ON:
Antennæ clavatæ. Antennes en maflue,
Ale inferiores breviores. Aîles inférieures plus courtes:
Os maxillofum. * Bouche armée de machoires.
Aculeus ani dentatus. Aiguillon du derriere dentelé.
Abdomen ubique æquale thoraci Ventre de même groffeur par-
connatum. tout & intimement joint au COt-
celet.
Ocelli tres, * Trois petits yeux liffes.
Ce genre & les deux fuivans avoient jufquici éré con-
fondus enfemble fous le nom général de mouches-à-fcie.
Il eft vrai que ces infectes fe reffemblent par beaucoup de
caracteres , & particuliérement par la forme de l’aiguillon
qu'ils portent au derriere & qui eft crenelé & dentelé
comme une fcie ; mais les antennes du frelon font fi dif-
férentes que nous avons cru devoir féparer ce genre des
autres, Ces antennes font terminées par un gros article
262 HISTOIRE ABRÉGÉE
qui forme une efpéce de bouton ou de maflue, au lieu que
celles des mouches-à-fcie font fimples , d’égale groffeur
ar-tout , & minces comme un fil.
Les larves de ces infeétes font des efpéces de vers, tout-
à-fait femblables à celles des mouches-à-fcie , dont nous
arlerons bientôt en détail. Leurs nymphes refflemblent
aufli à celles de ces infeétes. Ainfi, pour éviter les répéti-
tions , nous ne nous arrêterons point davantage fur cet
article.
1 CRABRO riger, fubhirfutus ; fronte , thorace [u-
perne, abdomineque flavis , fegmento 1°. 2°. & 4°
ex parte NIQTLS.
Le frelon a épaulertes.
Longueur 10 lignes. Largeur 3dignes.
Ses antennes font jaunes , compofées de deux premiers
articles courts , velus & noirâtres , enfuite de trois longs,
jaunes & liffes , puis d’un fixiéme & dernier jaune & plus
gros qui forme le bout de la maflue. Ce dernier vû de
près paroït compofé de quatre parties peu diftinétes, en-
forte que toute l'antenne auroit neuf parties ou articles,
comme celles des mouches-à-fcie. Le devant de la tête
eft jaune , les yeux font bruns & Île refte eft noir. Le cor-
celet noirâtre & velu a en-devant fur chaque épaule une
efpéce de plaque jaune, ce qui forme à l’infeéte des ef-
péces d'épaulettes. Le ventre eft compofé d'anneaux dont
le premier eft noir avec une tache citron tranfverfe dans
fon milieu ; le fecond & le quatriéme font aufli noirs avec
un peu de jaune fur les côtés, le troifiéme , cinquiéme ,
fixiéme , feptiéme & huitiéme font jaunes , avec une tache
noire triangulaire dans leur milieu. Les pattes font brunes;
leur forme ef finguliere , principalement celle des pattes
poftérieures. Elles ont à la naïffance de la cuifle une lon-
gue piéce qui les fait defcendre fort bas , enforte qu’elles
fembleroient prendre naiffance du bas du ventre. Les ai-
les font un peu veinées & de couleur fauve.
DES ÎNSECTES. 263
2. CRABRO riger; abdomine flavo , fégméntis tribis
Jüperioribus nigris , maculis flavis.
Le frelon à échancrure & ventre jaune.
Longueur to lignes. Largeur 3 lignes.
Ses antennes de même forme que celles de l’efpéce
précédente font de couleur fauve brune , ainfi que fatête ,
{es jambes & fes tarfes. Ses yeux , fon corcelet & fes cuif-
fes font noirs , feulement le corcelet a des efpéces d'épau-
lettes brunes. Le ventre en-deffous eft pareïllement noit
avec deux bandes longitudinales de taches jaunes , mais
fon extrémité inférieure où eft l’aiguillon eft brune. En-
deflus le ventre eft jaune à l’exception des trois premiers
anneaux qui font d’un noir bleuâtre & luifant. Sur le troi-
fiéme de ces anneaux on voit deux taches Jaunes une de
chaque côté, & le premier anneau eft un peu échancré au
milieu de fon bord inférieur & laïffe voir à fon défaut des
poils jaunes, qui forment une tache un peu velue. Les
aîles font jaunâtres avec des veines brunes. Cet infeête a
été trouvé fur le Mont-Valérien.
3 CR À BRO sous niger , abdominis fegmento primo
ovatim maroine tncifo lunula flava. Planch. 14, fig. 4:
Albin. inf. t. 69.
Le frelon noir à échancrure.
Longueur 1 pouce. . Largeur 3 + lignes.
Ses antennes font jaunes figurées comme celles des ef-
péces précédentes , la forme de fon corps efl auili la mé-
me. Tout Pinfeéte eft noir & un peu velu, il ny a que
fes tarfes qui font d’un jaune fauve. Le premier anneau
de fon ventre eft fingulier. Son bord inférieur eft profon-
dément échancré en demi-cercle , enforte que dans le
milieu cet anneau manque: prefque tout-a-fait , mais
à fa place on:voit une membrane jaune demi- circu-
laire qui forme une tache à cet endroit. Les ailes font
264 HISTOIRE ABRÉGÉE
diaphañes ; veinées avec leur bord extérieur brun & fort
épais.
URSOùG:E:R US:
L'EURYO:C -E R'E,
Antennæ filiformes. Antennes filiformes.
Ale inferiores breviores. Ailes inférieures plus courtes.
Os maxillofum. Bouche armée de machoires.
Aculeus ani dentatus prominens. Aiguillon dentelé prominent
corniculo teétus. & couvert d’une goutiere.
Abdomen ubique æquale thoraci Ventre de même groffeur par-
connatum. tout & intimement Joint au cor-
celet.
Ocelli tres. Trois petits yeux liffes.
L’utocere a été ainfi nommé à caufe d’une efpéce de
corne ou de pointe qu'il porte à fa queue. Ce genre diffe-
re du précédent par fes antennes longues & minces com-
me un fil, & on le diftingue du genre fuivant ou des mou-
ches-à-fcie par cette corne de la queue qui le rend fingu-
lier. Cette corne forme une efpéce de goutiére fous la con-
cavité de laquelle l’aiguillon de l’infette fe trouve caché.
Cet aiguillon eft un peu dentelé en forme de fcie , com-
me celui du genre fuivant, mais il eft de plus renfermé
entre deux lames ou fourreaux comme dans les ichneu-
mons que nous examinerons bientot.
La larve & la nymphe de cet infe&e doivent reffem-
bler à celles de mouches-à-fcie, maïs je ne connois ni
Pune ni l'autre, n'ayant même jamais trouvé l'infe@te par-
fait autour de Paris. Ceux que J'ai reçus m'ont été envoyés
de Dieppe par M. Ferret Apoticaite de cette Ville, qui
joint aux connoiffances de [a matiere médicale,beaucoup
de goût pour lhiftoire naturelle qu'il cultive avec foin.
M. de Reaumur parle dans fon ouvrage de ce même in-
fe: fous le nom d'ichreumon de Laponie , & M. Lin-
næus e1 fait mention dans fon traité des animaux de Sue-
de ; enforte que cet infeëte paroit particulier aux RES
froids.
DESS INSECTES. 26$
froids. J'en ai cependant fait mention, parce qu'on m'a
afluré l'avoir rencontré aufli autour de Paris. D'ailleurs
nous n’avons point d’autres efpéces de ce genre au moins
jufqu’ici , & celle que je décris eft la feule que je con-
noifle.
1. UROCERUS. Planch. 14, fig. 3.
Linn. faun. fuec. n. 925. Tenthredo nigra , artubus ferrugineis , ani cotnicu-
lo cylindrico.
Linn. [yft. nat. edit, 10 ,p. $60 , n. 1. Ichneumon abdomine mucronato ferru-
ineo , fegmentis 3,4,5$, 6, nigris, thorace villofo.
AG. Upf. 1736, p.28, n. 1. Ichneumon flavus, abdomine medio nigro , cau-
da acuta , aculeo umbilicali triplici exferto.
Aët. Stockolm, 1739, t. 3, fe 7.
Reaum. inf. tom. 6 , tab. 31,n. 1,2. Ichneumon de laponie.
De Geer. inf. pag, 564 ; tab. 36, fig. 1, 2. Grand ichneumon dont le ventre qui
fe termine en une queue pointue , ne tient pas au corcelet par un filet; dont
le corcelet eft noir, le ventre demi-noir & demi-jaune , & les antennes &
les jambes jaunes. .
Ibid. pag. 702. Grand ichneumon dont le ventre demi-noir & demi-jaune, qui
eft à queue pointue , ne tient pas au corcelet par un filet,
Rofel, inf. vol, à , tab, 8 & 9. Bombyl. & vefp.
L'urocere.
Longueur 13 lignes. Largeur 3 lignes.
Les antennes de cet infeéte ont la moitié de la longueur
de fon corps. Elles font jaunes & compofées de vingt-trois
articles. Sa tête eft noire avec une grande tache jaune der-
riere chaque œil , qui femble former un fecond œil. Son
corcelet eft noir-& velu. Son ventre eft cylindrique & naît
du corcelet par une bafe large & continue : il eft compo-
fé de neufanneaux. Le premier eft noir & bordé de jaune,
le fecond eft tout jaune , les quatre fuivans font noirs. Des
trois derniers deux font tout jaunes & le dernier de tous eft
jaune avec un peu de noir dans fa partie fupérieure. Ce
dernier anneau fe prolonge en une pointe droite cylindri-
que & aigue par le bout. Sous le ventre il y a une fente
qui part prefque du milieu & de laquelle fort comme dans
les ichneumons , un long aiguillon qui déborde le ventre
& la pointe. Cet aiguillon eft compofé de trois lames ,
Tome II, LI
266 HISTOIRE ABRÉGÉE
deux aux côtés qui fervent de fourreaux , & une au milieu
un peu en fcie, qui eft le véritable aiguillon & qui au
bout fe bifurque. Les ailes font grandes Jaunâtres & vei-
nées ; les cuiffes font courtes & noires , & les jambes ainfi
que les pieds font jaunes. Le mâle eft plus petit d’un tiers
que fa femelle , & il n’a ni pointe ni aiguillon à l’extrémi-
té de fon ventre.
TENTHREDO.
LA MOUCHE-:-A-SCIE.
Antenne filiformes. Antennes filiformes.
Ale inferiores breviores. Aïles inférieures plus cour-
tes.
Os maxillofum. Bouche armée de machoi-
o res.
Aiouillon dentelé caché
dans le corps.
Ventre de même groffeur
par-tout & intimement joint
au corcelet.
Aculeus ant dentatus non
prominens.
Abdomen ubique æquale
thoraci connatum.
Ocell tres.
Familia 1. Antennis novem
nodiis.
2% Antennis undecim
nodiis.
———— 3% Antennis oëlode-
cim nodiis.
Trois petits yeux liffes.
Famille 1°. À antennes com-
pofées de neuf articles.
2°. À antennes com
pofées de onze articles.
- 3°. À antennes com-
pofées de feize articles.
Ce genre d’infe&tes eft nombreux: on lui a donné le
nom de senthredo & en françois celui de mouches-à-fcie à
caufe de la forme de l’aiguillon qu'il porte à fa queue.
Cet aiguillon qui ne fe trouve cependant que dans les fe-
melles, eft dentelé à peu près comme une fcie. Pour le
voir il faut prefler le ventre & regarder en-deflous ; on
voit fortir l’aiguillon d’une petite fente qui eft à l’extrémi-
té inférieure du ventre. Cette forme d’aiguillon , la con-
DES INSECTES 267
formation du ventre de ces infeétes, joints aux autres
caraéteres que nous donnons, font fufhifamment diftinguer
les mouches-à-fcie. J'ai vü cependant plufieurs perfonnes
qui avoient de la peine à diftinguer ces infeëtes d'avec les
ichneumons mâles , qui n’ont point de queue à l'extrémi-
té de leur ventrescomme leurs femelles. Deux carateres
peuvent aifément faire reconnoître ces infeétes. D'abord
le ventre des mouches-à-fcie eft toujours intimement
joint au corcelet, ils femble que ces deux parties fe tien-
nent & foient toutes d’une venue , parce que la bafe du
ventre eft aufli large que la partie du corcelet à laquelle
elle tient, de façon que l’un & l’autre femblent continus,
au lieu que dans tous les ichneumons le haut du ventre
eft étranglé mince , & ne tient au corcelet que par une ef-
péce de pédicule fort long dans quelques-uns , mais tou-
jours aifé à appercevoir. La feconde marque à laquelle
on peut encore diftinguer ces deux genres, confifte‘dans
la forme des antennes , & cette marque eft aifée à apper-
cevoir pour quelqu'un qui eft accoutumé à obferver. Les
antennes de ces deux genres font filiformes , mais celles
des ichneumons font compofées d’un nombre infini d’ar-
ticles fi courts qu’à peine les diftingue-t-on ; c'eft comme
un crain ou une foie de cochon toute unie: au con-
traire les antennes des mouches-à-fcie paroïflent un peu
noueufes , parce que les anneaux qui les compofent
font plus longs , moins unis, & aifés à diftinguer , quoique
du refte le nombre de ces anneaux ne foit pas confiant
dans toutes les efpéces de ce genre , comme nous le
verrons.
Les larves des mouches-à-fcie refflemblent infiniment
aux chenilles des papillons & des phalênes tant pour la
forme que pour les couleurs. C’eft ce qui leur a fait don-
ner par quelques Naturaliftes le nom de fauffes chenilles.
Il y a cependant un moyen für de diftinguer les unes d’a-
vec les autres, c’eft de compter le nombre de leurs pattes.
Les chenilles qui ont le plus de pattes en ont Fe :au-
LI ïÿ
263 H1ISTOIRE*ABRÉGÉE
cune véritable chenille n’en a davantage , & plufieurs en
ont beaucoup moins. Au contraire les fauffes chenilles ou
les larves des mouches-à-fcie ont toutes plus de feize
pattes ; celles qui en ont le moins en ont dix-huit & on
en compte fur d’autres jufqu'à vingt & vingt-deux. À ce
caraétere qui diftingue les cheniiles des larves des mou-
ches-à:fcie , on en peut ajouter encore un autre qui fetire
* de la conformation de la tête de ces infectes. Nous avons
dit en parlant des chenilles, que leur tête étoit compofée
de deux efpéces de calottes hémifphériques écailleufes.
La tête des fauffes chenilles eft toute d’une piéce , elle
n’eft formée que par une feule calotte pareillement dure
& écailleufe. Cette tête des faufles chenilles eft arrondie :
on y découvre leurs yeux qui ne font pas aufli grands que
ceux des chenilles. Leurs pattes varient pour le nombre
depuis dix-huit jufqu’à vingt-deux. Les fix premieres de ces
pattes font écailleufes & fe terminent en pointes , comme
les fix premieres pattes des vraies chenilles. Leurs autres
jambes font molles, membraneufes & ne font point ar-
mées de crochets à leur extrémité. Leur corps compofé
d’anneaux, comme celui des chenilles , eft liffe dans pref-
que tous ces infeêtes ; dans quelques-uns cependant il eft
chargé de quelques piquants fur-tout lorfque ces larves
font Jeunes & petites ; car J'en ai vu plufieurs quien grof-
fiffant & en changeant de peau perdoient ces pointes. II
en eft de même des couleurs qui varient fuivant l’äge de
ces larves. La plüpart, lorfqu’elles font fort petites, font
brunes ou noirâtres, mais à mefure qu’elles croiflent ,
leurs couleurs s’éclairciflent & quelquefois deviennent
vives & belles fuivant les efpéces.
La plus grande partie de ces fauffles chenilles fe roule
lorfqu’on les touche ; elles retirent alors leur tête au centre
du cercle qu’elles décrivent avec leur corps. On les voit
auffi affez fouvent dans cette même attitude fur les feuil-
les des arbres & des arbuftes qu'elles mangent, & qui
font leur nourriture ordinaire. Les rofiers, les faules &
ï DES INSECTES. 269
quelques autres plantes font les plus expofées à être ron-
gées par ces larves.
Lorfqu’elles ont acquis toute leur groffeur , & qu’elles
veulent fe transformer , elles quittent l'arbre ou la plante
fur laquelle elles habitoient ; elles en defcendent & vont
s’enfoncer dans la terre ; c'eft-là qu’elles font leur coque,
Souvent on voit un rolier tout couvert de ces infeëtes, &
deux jours après of n’en apperçoit plus ; on ne trouve
point non plus de coque fur l'arbre ; fi on ne favoit que
ces infectes fe font cachés en terre , onne pourroit s’ima-
giner comment ils ont difparu tout à coup.
La coque que ces larves fe font dans la terre , eft com-
pofée de fils de foie aflez gros , qui laiffent entr'eux quel-
ques intervalles vuides comme des mailles. Le deflus de
la coque eft affermi par la terre qui l'environne. Ces co-
ques font petites, de la figure d’un œuf, & compofées de
deux tiffus, l’un extérieur, & plus groflier auquel la terre
fe trouve attachée , l’autre intérieur & plus fin. Pour faire
ces coques la fauffe chenille a, de même que les chenil-
les , une filiere à fa lévre inférieure qui eft divifée en trois
parties. Il femble que ces infeétes laiffent à deflein des
intervalles vuides, des efpéces de mailles dans le tiflu de
leurs coques, pour qu'il puiffe pénétrer jufqu'à la nymphe
un peu de l'humidité de la terre dont elle a befoin. Si la
terre eft trop féche , les nymphes périflent ; il en eft de
même de la trop grande humidité qui les fait aufli périr.
C’eft par cette raifon qu'il eft très-dificile d'élever chez
foi des mouches-à-fcie. On éléve aifément les chenilles
qui donnent les papillons ou les phalênes ; celles même
qui font leurs coques dans la terre réufliflent dans des
boëtes, elles s’y mettent en coque & donnent des phalé-
nes. Mais fi on nourrit des faufles chenilles , les coques
qu'elles font ainfi dans la terre renfermée réufliflent très-
rarement ; ou cette terre eft trop féche , ou ff on a la
précaution de l’arrofer de tems en tems , on l'humedte
trop ; & l’on trouve les nymphes ou féchées ou moilies.
270 H1iSTOIRE ABRÉGÉE
Sur plus de trois cent faufles chenilles que J'ai élevées ;
à peine quatre ou cinq font-elles venues à bien, quelque
foin que Je prifle d’arrofer la terre où elles étoient.
La nymphe des mouches-à-fcie eft différente de celles
des chenilles, en ce qu’on y diftingue très-bien toutes les
parties de l’infeéte parfait qui font molles & blanchätres
& feulement couvertes d’une pellicule mince. Cette nym-
he refte ordinairement tout l'hiver fous cette forme, &
ne devient infeéte parfait que l’année d’après. Alors elle
déchire fa coque ;, perce la terre qui la recouvre , & de-
venue infecte parfait elle prend fon eflor. Sous cette der-
niere forme la mouche-à-fcie a quelque reflemblance avec
une guêpe, mais elle eft lourde & pefante, & elle fe laiffe
prendre aifément. Ses antennes font plus ou moins lon-
gues, & compofées de plufieurs articles dont le nombre
varie ; dans les unes on en compte feulement neuf, dans
d’autres onze , dans quelques-unes dix-huit. C’eft d’après
ce nombre différent de piéces qui compofent les antennes
des mouches-à-fcie, que nous avons cru pouvoir divifer ce
genre en trois familles. Une chofe que Je n'ai pû fuivre &
qui demanderoit à être examinée , ce feroit d'obferver fi
le nombre des articles des antennes des mouches-à-fcie ,
ne répondroit pas au nombre des pattes de leurs larves :
par exemple, fi toutes les larves à dix-huit pattes ne don-
neroient pas des infeétes parfaits dont les antennes au-
roient toutes neuf piéces; fi celles à vingt-deux pattes ne
feroient pas celles des mouches-à-fcie à antennes de dix-
huit piéces. Je fuis fort porté à croire que cela doit être.
Les aîles des mouches-à-fcie font au nombre de qua-
tre , deux fupérieures plus longues & deux inférieures plus
courtes. Leur ventre eft de la même groffeur par-tout ,
tant à la bafe qu’en bas, & paroït ne faire qu’une même
fuite avec le corcelet. C’eft à l'extrémité du ventre que
fe trouve l’aiguillon , fait en forme de fcie , comme nous
l'avons déja dit, mais il faut preffer un peu le ventre
pour le faire paroïtre , encore ne fe trouve-t-il que dans
DES INSECTES: 271
les femelles. Cet inftrument qu’elles ont feules paroït leur
avoir été donné pour fervir à dépofer leurs œufs. Elles
fontavec cet aiguillon des entailles, foit dans les feuilles,
foit dans les tiges des arbres & des plantes, & c’eft dans
ces entailles qu’elles togent & dépofent leurs œufs.
Beaucoup de mouches-à-fcie ont une couleur terne,
brune , ou noirâtre ; quelques-unes en ont de plus vives
& de plus marquées , & il y en a que leur couleur jaune
feroit d’abord prendre pour des guêpes, fi on n’y regardoit
de près. Mais ces infectes ne font ni fi vifs, ni fi malfai-
fans que les guêpes ; ils fe laiffent prendre aifément , ne
font aucun mal avec leur aiguillon & ne paroiffent pas
même vouloir s’en fervir pour fe défendre.
PREMIERE FAMILLE.
1. TENTHREDO siridis , capite thoraceque Japra
caratleribus ni gris.
La lettre hébraïque verte.
Longueur $ lignes. Largeur 1 + ligne.
Cette mouche-à-fcie eft toute verte en-deffous. Ses an-
tennes & fes yeux font noirs. Sur fa tête’ entre fes yeux, il
y a deux cercles noirs adoffés & qui fe touchent , fur lef-
quels font placés les trois petits yeux liffes de pareille
couleur. Le corcelet a dans fon milieu en-deflus une li-
gne noire longitudinale irréguliere , & deux raies obliques
de même couleur de chaque côté. Le deflus du ventre a
une bande noire longitudinale qui regne tout du long
dans fon milieu. Les pattes ont quelques filets noirs &
les bords des anneaux des tarfes font teints de cette même
couleur. Les ailes qui font tranfparentes ont des veines
noires , & leur bord extérieur plus épais que le refte de
l'aile eft vert. Cette belle mouche-à-fcie n’eft pas des plus
communes , elle fe trouve fur les fleurs.
N.B,. Il yen a une variété dont le ventre eft tout noir
272 HISTOIRE ABRÉGÉE
en-deflus ; & dans laquelle les taches noires de la tête &
du corcelet font plus grandes. Ses pattes font aufli pref-
que toutes noires & très-peu panachées de vert. Elle eft
un peu plus petite.
2. TENTHREDO crocea, antennis oculifque nigris.
La mouche-à-fcie fafrannée.
Longueur 3 ; lignes. Largeur 1 à ligne.
Ses antennes & fes yeux font noirs , le refte de fon corps
eft fafranné ; il y a feulément au bout du corcelet une raie
noire tranfverfe ; fur laquelle font deux points jaunes
oblongs placés l’un à côté de l’autre. Les ailes font brunes
avec un point marginal jaune , & l’aiguillon eft noir.
3: TENTHREDO crocea, capite, pedibus ; thoracif-
que apice RI9TIs.
La mouche-à-fcie fafrannée à tête noire.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne.
Ses antennes, fa tête & fes pattes font noires. L’extré-
mité de fon corcelet a aufli une tache affez confidérable
de même couleur, tout le refte eft de couleur de fafran.
Les ailes font noirâtres avec leur bord extérieur épais &
noir.
4. TENTHREDO crocea, capite thorace füpra , ala-
rumque margine exteriore PLLOTLS.
Reaum. inf. tom. $ , tab. 14, f.1o,11, 12.
Linn. faun. fuec. n. 919. Tenthredo antennis feptinodiis, corpore flavo, macula
alarum longitudinali fernique nigra.
Linn. [yff, nat. edit. 10 , p. 557 , n. 11. Tenthredo rofæ.
A. Upf. 736 ; p. 29, n. 14. Ichmeunon alis planis luteis, margine exterio=
“re nigris, Collari nigro.
Rofel. inf. vol. 2, tab. 2. Bombyl. & vefp.
La mouche à [cie du rofier.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 + ligne.
Sa tête eft noire aïnfi que fes antennes : fon corcelet eft
de même couleur à l'exception d’une tache jaune de cha-
que
DES INSECTES 273
que côté au deflus de l’attache des aïîles. Son ventre &
fes pattes font d’un jaune couleur de fafran , mais les an-
neaux des tarfes font bordés de noir ; fes ailes font aufli
jaunâtres avec le bord extérieur noir. On en trouve dont
le deffus du corcelet n’eft pas noir entiérement , mais qui
ont au haut & au bas des taches fafrannées faites en lofan-
ge & qui fe touchent par leurs pointes dans le milieu du
corcelet ; celles-là font les femelles dans lefquelles on voit
diftinétement la petite fcie de l’aiguillon. Elles ont encore
une autre différence , c’eft que dans ces femelles les an-
neaux des antennes font très-diftinéts , au lieu que dans les
autres il n’y a que les deux premiers anneaux les plus pro-
ches de la tête qu’on puiffe diftinguer , & tout le refte de
l'antenne femble n'être compofé que d’un feul anneau
très-long.
C'eft fur le rofier que vient la larve de cette mouche-
a-fcie qui dépofe fes œufs fous l'écorce de cet arbriffeau.
La larve en ronge les feuilles , & lorfqu'elle veutfe méta-
morphofer elle s'enfonce en terre & y file une coque bru-
ne , d’où fort enfuite l’infe&te parfait.
N.B. On en trouve une variété toute femblable , mais
plus petite de moitié.
$.- TENTHREDO igro-cœrulefcens ; pedibus tibiis
alifque exterioribus croceis , macula marginali fufca.
Lc mouche-à-fcie noire à aïles jaunes.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 À ligne.
Sa tête , fon corcelet & fon ventre font d’un noir bleuâ-
tre & luifant. Ses ailes fupérieures font d’un jaune fafran-
né, fur - tout au bord extérieur ; & au milieu près du mé-
me bord elles ont une grande tache brune. Quant aux pat-
tes leurs cuiffes font de la même couleur que le corps ,
mais les jambes font jaunes & les pieds noirs.
6. TENTHREDO xigra, thorace maculis flavis ;
abdomine lureo bafi & apice nigro , pedibus vartegans.
Tome II, Ë Mm
274 HISTOIRE ABRÉGÉE
La mouche-à-fcie noire,à ventre jaune noir en haut & en bas.
Longueur s lignes. Largeur 1 3 ligne.
Sa tête & fes antennes font noires , il n’y a que les lévres
& les machoires qui foient jaunes. Le corcelet eft noir
avec une raie Jaune devant l’attache de chaque aile , & un
triangle vers la pointe formé de trois points jaunes, dont
le fupérieur eft le plus grand. Le ventre eft jaune mais
couvert d'un peu de noir à la bafe & à la pointe, favoir
en haut le premier anneau & une partie du fecond, & en
bas les deux derniers anneaux. Quant aux pattes , leurs
cuiffes font noires , & les jambes & Îles pieds font jaunes
variés d’un peu de noir. Les aïles ont leur bord extérieur
& le point marginal noir.
7. TENTHREDO rigra, thoracis apice flavo', feg-
mentis abdominalibus quarto & quinto luters.
La mouche à-fcie à une bande jaune.
15
Longueur $ 3 lignes. Largeur 1 + ligne.
* Ses antennes font noires. Sa têté eft de la même cou-
leur, mais la lévre fupérieure & les machoires font jau-
nes. Le corcelet pareillement noir a deux petites raies
jaunes, une de chaque côté devant l’attache des ailes, &
une tache de même couleur à fa pointe. Le quatriéme &
le cinquiéme anneau du ventre font jaunes , les autres font
noirs , ce qui forme une bande jaune affez large fur le ven-
tre ; les pattes font aufli jaunes à l'exception des cuiffes
qui font noires. Les ailes font un peu brunes avec le point
marginal oblong & noir.
8. TENTHREDO zigro-cœrulea , alis pedibufque
Jlavis , fegmentis abdominalibus primo & ultimo macu-
da lutea.
La mouche-à:fcie noire , marquée de jaune fur le premier
& dernier anneau du ventre.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne.
DES: INSECTES. 27$
Ses antennes font noires , tout le corps eft d’un noir
bleuûtre ; il n’y a que le premier & le dernier anneau du
ventre qui ont chacun une tache jaune dans leur milieu
en-defflus. Les pattes & les ailes fupérieures font d’un jau-
ne un peu fauve. Celle que je décris eft un mâle, je n’ai
point trouvé fa femelle.
9. TENTHREDO rigra, fégmemis abdominalibus
primo & quinto luters,
La mouche-à-fcie à deux bandes jaunes.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne.
Sa tête eft noire avec la lévre fupérieure & la bafe des
antennes jaunes. Sur fon corcelet il y a une petite raie
jaune de chaque côté devant l’attache des aîles. Le ven-
tre eft noir, mais le cinquiéme anneau, & le bord du
premier font jaunes , ce qui forme deux bandes jaunes fur
le ventre. Ses pattes font toutes jaunes, à l'exception des
genoux & des pieds de celles de derriere qui font noirs.
Enfin le deffous du ventre eft jaune , & le bord extérieur
des ailes de deflus eft noir. On trouve en grande quantité
cette mouche-à-fcie fur les plantes ombelliferes.
10. TENTHREDO zigra, pedibus abdominifque [eg-
mentis primo ; quinto, fexto & ultimo margine flaves.
La mouche-à-fcre à trois bandes jaunes.
&ongueur 4 à lignes. Largeur 1 ligne,
Celle-ci approche beaucoup de la précédente. Elle eft
noire & n’a de jaune que les parties fuivantes , favoir la
lévre fupérieure , une raie de chaque côté du corcelet
devant l’attache des ailes , les bords du premier, du cin-
quiéme , du fixiéme & du dernier anneau du ventre , &
les pattes ; encore les genoux & les tarfes des pattes pof-
térieures font-ils noirs. Les aîles font brunes avec la tache
marginale du bord extérieur bien marquée.
-
Mm i]
276 HISTOIRE ÂBRÉGÉE
11 TENTHREDO 75. Jegmentorum abdomina-
lum marginibus , excepto fecurdo , tertio & Jexto Ta-
vis j pedibus ferrugineis. Planch. 14, fig. ç.
Linn. fjft. nat. edit, 10 , p.556, n. 11. Tenthredo antennis fubclavatis , abdo-
mine nigro , cingulis quatuor flavis,
La mouche-à-fcie à quatre bandes jaunes.
Longueur $ 3 lignes. Largeur x 4 ligne.
Ses antennes font noires , avec un peu de couleur fauve
à leur bafe ; la tête & tout le refte du corps eft noir , feu-
lement la leyre fupérieure eft jaune : il y a deux petites
raies de même couleur fur le corcelet, une de chaque côté
devant l’attache de l’aîle , outre une tache jaune encore
plus grande fur le côté & en-deflous ; la pointe du corce-
let a aufli un peu de jaune. Le bord du premier anneau du
ventre , celui du quatriéme , du cinquiéme & des derniers
en commençant par le feptiéme font de la même couleur;
les autres , favoir le fecond, le troifiéme & le fixiéme font
tout noirs. Les aîles font brunes fur-tout vers le bord exté-
rieur. Les pattes font de couleur fauve brune , avec un peu
de noir fur les cuifles. C’eft fur le faule que vient cette ef-
péce de mouche-à-fcie.
12. TENTHREDO rigra , pedibus fegmentorumque
abdominalium marginibus ; excepto fécundo , tertio, &
quinto , flavis. - 4
La mouche à-fcie à deux bandes noires fur lé ventre.
Longueur $ lignes. Largeur 3 Z ligne.
Ses antennes font noires , feulement les deux anneaux
de la bafe font jaunes/ Sa tête eft noire & fa levre fupé-
tieure jaune. Son corcelet eft noir, avec une tache jaune
aflez grande de chaque côté devant l’attache des ailes,
faite en forme d’épaulette. Il y a aufli à la pointe du cor-
celet une tache jaune ; mais qui n’eft pas abfolument
conftante. Le ventre eft noir , avec les bords des anneaux
jaunes , à l’exception cependant du fecond , du troifiéme
DESYENSE CTIES 277
& du cinquiême anneau qui font tout noïrs ; ce qui forme
deux bandes noires fur le ventre , dont la fupérieure eft
plus large. Les pattes font jaunes, avec les tarfes noirs, &
la partie inférieure des cuiffes de la même couleur. Les
ailes font un peu brunes , & leur bord extérieur eft plus
épais & de couleur fauve. Cette efpéce a beaucoup de
reflemblance avec la mouche-à-fcie à deux bandes jaunes.
3. TENTHREDO zigra , fegmentorum abdomina-
um marginibus , excepto fecundo & tertio flavis. Linn,
faun fuec. n. 935.
Linr. [yft. nat. edit. 10, p. $56, n. 12. Tenthredo antennis feptemnodiis luteis ;
abdomine cingulis quinque flavis, primo remotiore,
Reaum. inf, 5 ,t. 13, fig. 12 23e
Blachwell, herb. t. 87, f. ro.
La mouche-à-fcie de La ferofutaire.
Longueur $ lignes. Largeur 1 ligne. *
M. Linnæus a fait une defcription très-exaéte de cette
efpéce , que Je ne ferai prefque que copier. Le noir eft la
couleur qui domine dans cette mouche-à-fcie , mais fur la
tête la levre fupérieure eft jaune , & il y a une petite raie
de même couleur fous les yeux. Les antennes font de cou-
leur fauve. Le corcelet a vers fa bafe deux raies pareille-
ment jaunes qui vont fe terminer aux ailes. De plus, ilya
à la même bafe une tache jaune de chaque côté , & une
autre plus bas fous l’infertion de l’aîle : enfin en-deflous ,
il y en a une troifiéme de même couleur , à l’endroit d’où
les pattes poftérieures prennent naïffance. Le corcelet fe
termine par deux petites taches jaunes l’une au-deflus de
l’autre. Le bord de tous les anneaux du ventre eft jaune, à
l'exception du fecond & du troifiéme anneau , enforte
qu'il y a une grande diftance noire entre la premiere ban-
de jaune & les autres. Quelquefois cependant ces deux
anneaux ont un peu de jaune à leur bord , au moins fur les
côtés. Les jambes & les pieds font fauves. Les aïîles font
prefque de la même couleur , fur- tout au bord extérieur,
273 H1iSTOIRE ABRÉGÉE
dont le point marginal eft de couleur de rouille, Cet infec-
te reflembie beaucoup à une guëpe & on s'y trompe pref-
que toujours au premier coup d’œil.
La larve qui le produit eft une fauffe chenille à vingt-
deux pattes; favoir , fix écailleufes & feize membraneufes.
Elle eft groffe , fa tête eft noire , & le refte de fon corps eft
blanc , mais parfemé de points noirs. Elle vient abondam-
ment fur la fcrofulaire qu’elle ronge & dépouille de fes
feuilles. Lorfqu’elle eft parvenue à fa groffeur , elle s’en-
fonce en terre au pied de la plante & elle refte ainfi en co-
que fous terre pendant tout l'hiver , Jufques vers le mois
de juin de l’année fuivante.
14. TENTHREDO xigra, fegmentorum abdomina-
lium marginibus omnibus flavis.
La mouche-a-fcie à ventre rayé. ®
Longueur 4 lignes. Largeur à ligne.
Le noir domine dans cette efpèce comme dans la pré-
cédente : elle en différe en ce que fa tête ef toute noire,
ainfi que fes antennes , qui ont feulement un peu de jaune
aux deux premiers anneaux de leur bafe. Cette tête , vûe à
la loupe, paroït un peu chagrinée. Le corcelet pareillement
noir , a feulement un peu de jaune à l'attache des ailes, &
deux points jaunes très-petits l’un à côté de l’autre vers fa
pointe. Tous les anneaux du ventre , excepté le premier
feulement;,font bordés d’un jaune un peu fauve. Les pattes
font de la même couleur, feulement la bafe des cuiffes eft
un peu noire. Les ailes font diaphanes , avec des nervures
& un point marginal bien marqué de couleur noirâtre.
15. TENTHREDO igra , thoracis apice maculis
albis ; pedibus anticis abdomini/qué poflica parte fèr-
TUQINELS.
La mouche-à-ftie porte-cœur.
Longueur $ + lignes. Largeur 1 ligne.
Ses antennes aufli longues que fon corcelet ;, font noi-
DES INSECTES. 279
res, aiuf que la tête , dont fa levre fupérieure eft jaune.
Le corcelet eft pareillement noir , avec quelques taches
blanches vers fa pointe ; favoir ; une fupérieure plus gran-
de , & quatre autres plus petites rangées en croix &
placées plus bas. Les trois premiers anneaux du ventre
font noirs , le refte eft de couleur fauve. Les quatre pattes
antérieures font pareillement fauves mélées d’un peu de
noir , & les deux poftérieures font toutes noires. Les aîles
diaphanes ont leur bord extérieur épais & brun , avec
un point bien marqué dans le milieu de ce bord.
NW. B. Cette efpéce varie beaucoup ; il y en a qui ont
tout le ventre , les fix pattes & les antennes de couleur
fauve ; d’autres ont leurs fix pattes fauves & les antennes
noires ; d’autres enfin ont le ventre noir en-haut & les fix
pattes fauves. |
16 TENTHREDO zigra , thoracis apice maculis
albis , pedibus anticis , abdominifque medio ferruginers.
La mouche à [cie à deux taches blanches au corceler.
Longueur 4 lignes. Largeur à ligne.
Ses antennes & fa tête font toutes noires ; fon corcelet
eft de la même couleur , avec un point fauve de chaque
côté à Pattache des ailes, & deux taches blanches pofées
à côté l’une de l’autre à la pointe-de ce même corcelet. Le
premier anneau du ventre eft noir , les quatre fuivans font
de couleur fauve & les derniers font tout noirs. Les deux
pattes de devant font fauves & les autres noires. Les ailes
tranfparentes ont des nervures bien marquées, avec le
point marginal & le bord extérieur noirs.
17. TENTHREDO rigra , thoracis apice macula
ava , fesmentis abdominalibus utrimque maculis luteis.
q
La mouche-à-fcie noire à ventre bordé de taches jaunes.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne.
Sa tête & fes antennes font noires, Son corcelet eft de
280 HISTOIRE ABRÉGÉE
même couleur, avec une tache jaune à fa pointe , & deux
autres taches fur les côtés , une devant l’attache de cha-
que aîle. Le ventre eft aufli noir ; mais fur les côtés il y a
deux rangs de taches jaunes , une aux côtés de chaque an-
neau. Les deux derniers anneaux ont de plus un peu de
jaune à leurs bords. Les pattes font rayées de noir & de
jaune & les cuiffes poftérieures font rougeâtres.
a8. TENTHREDO gra, thoracis maculis tribus
abdominifque apice flavis , pedibus flavo nigroque variis,
La mouche-à-fcie noire à pattes & corcelet variés de jaune.
Longueur 4 3 lignes. Largeur 1 ligne,
Ses antennes & fa tête font noires , avec la evre fupé-
rieure jaune. Le corcelet eft pareillement noir & a en-def-
fus trois grandes taches jaunes ; favoir ; une de chaque
côté devant lattache des aîles & une troifiéme à la pointe.
Le ventre eft tout noir , avec un peu de jaune aux derniers
anneaux , fur-tout en-deffous. Les pattes font noires & ont
un peu de jaune à leur bafe & la plus grande partie de la
jambe jaune.
19 TENTHREDO rigra , thoracis abdominifqué
apice maculis flavis ; abdominis medio fulvo ; pedibus
rubris.
La mouche-à-fcie noire à pattes rouges & bande du ventre
fauve.
Longueur 4 + lignes. Largeur 1 ligne. É
Cette efpéce refflemble beaucoup à la précédente. Sa
tête , fes antennes & fon corcelet font femblables , feule-
ment au corcelet , au lieu de taches devant les attaches
des aîles , il n’y a que deux petites raies jaunes. Le ventre
eft noir , avec quelques taches jaunes fur les trois derniers
anneaux. Mais cette efpéce différe principalement de la
précédente ; 1°. parce que le troifiéme & le quatriéme
anneau du ventre font de couleur fauve ; ce qui forme une
bande
DES INSECTES. 281
bande large; 2°. en ce que les pattes font rouges , avec du
jaune à leur bafe , quelque peu de noir au haut des jam-
bes poftérieures & les tarfes poftérieurs noirs. Celle que
je viens de décrire eft une femelle. Elle pourroit bien être
la femelle de la précédente qui eft un mâle.
20. TENTHREDO fava , capite thoraceque [upra
r11gr0.
Linn. faun. fuec. n, 933. Tenthredo falicina , larvæ cœruleo-viridis , pe&ore
caudaque fulva.
Frifch. germ. 6, p. 9 , t. 4. Ichneumon flavus , larvæ viridis nigro pun@atæ,
Goed. belg, 1,p. 65 , t. 18. € gall, tom. 2, tab. xix,
Liff. Goed. 125 , t. 49.
Albin. inf. rt. s,f. g.h.
Reaum. inf, tom. 1,1, 1,f. 18, Larya, &tom, $ ,t. 11, f. 104
La bedeaude du faule.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 + ligne.
Tout le deffous de fon corps eft jaune , ainfi que fes
pattes. Le deflus du ventre & le devant de la tête font de
la même couleur, mais le deffus de la tête eft noir. Le
corcelet eft aufli noir en-deflus, à l’exception du devant où
il y a fur les côtés du jaune qui forme des efpéces d’épau-
lettes. Les aïles ont leur bord extérieur épais & noir ;
quoique M. de Reaumur dife le contraire.
La larve ou fauffe chenille qui produit cet infe&te ,
habite fur le faule. Elle eft très - belle & la bigarrure de fes
couleurs lui a fait donner le nom de Bedeaude. Sa tète eft
noire & life. Le devant de fon corps , c’eft-à-dire ;, les
trois premiers anneaux font de couleur fauve, ainfi que les
trois anneaux poftérieurs. Tout le milieu eft d’un bleu fort
beau tirant fur le vert. Le corps , tant fur la portion bleue
que fur les endroits fauves , a neuf rangs longitudinaux de
points noirs. Cet animal a vingt pattes , fix écailleufes en-
devant & quatorze membraneufes.
21, TENTHREDO capite thoraceque nigro caradteri=
Bus flavis , pedibus abdomineque ferruginess.
Tome TI, Nn
282 H1ISTOIREABRÉGÉE
La mouche-à-fcie à ventre & pattes fauves & corcelez
panachés
Longueur 5 + lignès. * Largeur 1 © ligne.
Cette efpéce varie finguliérement fuivant le fexe. Dans
les mâles les antennes font fauves , dans les femelles elles
font-noires : dans celles - ci la tête efl naire ,;-aves la levre
fupérieure jaune , dans les mâles , outre la levre tout le
tour des yeux eft jaune. Dans les deux fexes le corcelet
ef noir , avéc quelques points Jaunes vers l'extrémité ,
mais dans les mâles il y a de plus quelques taches jaunes
différemment figurées fur le devant. Le ventre dans les
uns & les autres eft fauve , mais les premiers anneaux
font noirs dans les femelles. Les pattes dans tous font de
la même couleur que le ventre. Le deffous du corcelet.eft
jaune dans les males & noir dans les femelles. Les ailes
font affez tranfparentes , ayec des nervures & un point
marginal noir.
22. TENTHREDO zigra , antennarum apice albo ;
abdomints bafi macula utrinque alba , apice fubro.
La mouché-à-fcie à antennes blanches au bout.
Longueur 6 lignes. Largeur 1 ligne.
Ses antennes font noires ; mais leurs trois derniers an-
neaux du bout font blancs. Sa tête eft noire , à l'exception
de la levre fupérieure & des machoires qui font blanches,
Le corcelet eft tout noir : le ventre eft de la même cou-
leur, mais à fa bafe il y à de chaque côté une affez grande
tache blanche. Les quatre ou cinq derniers anneaux du
ventre font fauves & les pattes font brunes.
23. TENTHREDO rigra, pedibus albo variegatis.
La mouche-à-fcie noire à pattes argentées.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne,
Ses antennes & fa tête font noires , avec la levre fupé-
rieure blanche. Sur fon corcelet il y a deux petites raies
DHESSA AN SEiC TE 5: 283
blanches , obliques devant l’attache des ailes. Le premier
anneau du ventre eft aufli bordé d’un peu de blanc , & les
attes font entrecoupées de blanc & de noir, Quelquefois
e deffous du ventre a deux bandes longitudinales de ta-
ches blanches , mais qui ne font pas conftantes.
24. TENTHREDO gra , femoribus maculis albis ,
abdominis medio ferrugineo.
La mouche-à-fcie à pattes argentées & milieu du ventre
auve.
Longueur $ lignes. Largeur 1 3 ligne.
Sa tête , fes antennes & fon corcelet font tout noirs , le
ventre eft de la même couleur , mais fon milieu eft d’un
fauve rougeâtre , plus néanmoins dans les femelles que
que dans les mâles ; dans ceux-ci il n’y a que le troifiéme
anneau qui foit de cette couleur , avec une partie du fe-
cond & du quatriéme , encore le troifiéme a-t-il une petite
tache noire. Dans les femelles au contraire , le fecond , le
troifiéme , le quatriéme & une grande partie du cinquiéme
anneau font de cette couleur fauve. Les pattes font noires,
avec un peu de blanc, mais différemment placé fuivant le
fexe. Dans les mâles & les femelles , les pattes poftérieu-
res font toutes noires & ont feulement une grande tache
blanche vers l’origine de la cuifle. Les pattes antérieures
ont pareillement des Hgnes blanches en-deffus , mais dans
les mâles les tarfes des quatre pattes antérieures font
blancs , & noirs au contraire dans les femelles. Dans
celles-ci les pattes du milieu font toutes noires , dans les
mâles elles ont en-deflus des lignes blanches comme
les pattes antérieures. Les aïles dans les deux fexes font
brunes , avec le bord extérieur & le point marginal noirs.
N.B. On en trouve une variété qui eft plus grande &
dans laquelle les taches blanches des cuiffes poftérieures
manquent totalement. p
25. TENTHREDO rigra , pedibus férrugineis.
Nni
284 HISTOIRE ABRÉGÉE
Linn. fyfl. nat. edit. 10 , p. 557, n. 19, Tenthredo antennisfeptemnodiis , cor=
pore atro, pedibus rubris.
La mouche-a-ftie noire à pattes fauves.
Longueur $s lignes. ! Largeur x ligne.
Elle eft toute noire , à l'exception de fa levre fupérieure
quieft jaune, des attaches des ailes qui font ün peu fauves
& des pattes qui font aufli de la même couleur ; fi ce n’eft
que leurs tarfes poftérieurs font noirs. Le point marginal
des ailes eft noir & allongé.
26. FEN THREDO xigra, pedibus flavis , abdominis
medio ferrugineo.
La mouche-à-fcie noire à pattes jaunes & milieu du ventre
fauve.
Longueur 4 + lignes. Latgeur 1 ligne.
Ses antennes font noires ;, avec les deux premiers an-
neaux de leur bafe jaunes. Sa tête eft noire & la levre fu-
périeure jaune. Les pattes font auñli jaunes , feulement les
tarfes ont un peu de noir au bout. Le corcelet qui eft noir
a une petite raie jaune de chaque côté devant Pattache des
aîles. Le ventre eft noir, avec un peu de jaune au premier
anneau & quelques taches de même couleur aux deux der-
niers. Le troifiéme , le quatriéme &t le cinquiéme anneau
font de couleur fauve , tout le refte eft noir. Le point mar-
ginal des ailes fupérieures eft d'un jaune un peu brun.
L4
27. TENTHREDO xigra ; pédibus abdomini/que me-
dio ferrugineis.
La mouche-à-fcie noire a pattes & milieu du ventre fauves.
Longueur 3 lignes. Largeur + ligne. ù
Cette efpéce plus petite que les précédentes eft noire ,
& fes pattes font fauves , fi cependant on en excepte
les tarfes qui font noirâtres. Le milieu du ventre ; favoir,
le troïfiéme , le quatriéme & le cinquiéme anneau eft
aufli fauve , du moins dans les femelles ; telles que font
DES EN SEC TES 28ç
celles que j'ai. Les aïles font un peu brunes ; avec leur
bord extérieur & le point marginal noir.
28. TENTHREDO rigra , pedibus quatuor anticis
flavis , femoribus poflicis abdominifque medio ferrugi-
rzeLSs.
La mouche-à-fcie noire, à pattes de devant jaunes & mi-
lieu du ventre fauve.
Longueur 4 lignes. Largeur + ligne.
Elle eft toute noire , à l'exception de fa levre fupérieure
& des quatre pattes antérieures qui font d’un jaune citron.
Ses cuiffes poftérieures , ainfi que le milieu de fon ventre ;
: pt : CE RRE
favoir , le troifiéme , le quatriéme & le cinquiéme anneau
font aufli d’une couleur fauve rougeâtre ; tout le refte
eft noir.
29. TENTHREDO zigra , abdominis medio ferru-
g21200.
La mouche-à-fcie noire , avec le milieu du ventre fauve.
Longueur $ lignes. Largeur 1 : ligne.
Cette efpéce eft toute noire ; il n’y à que le fecond,
le troifiéme , le quatriéme & le cinquiéme anneau de fon
ventre qui foient fauves.
30. TENTHREDO 1014 nigro-cœrulea , alis nigrican-
tibus ;, margine extertore nigro.
La mouche à-fcie noire bleuätre.
Longueur 3 lignes. Largeur x ligne.
Elle eft par -tout d’un noir bleuûtre fans mélange d’au-
cune autre couleur. Ses aîles font noirâtres , avec leur
bord extérieur épais & noir de même que le point margi-
nal qui eft allongé.
31. TENTHREDO rigra, geniculis ferrugineis.
La mouche-à [cie noire à genoux fauves.
Longueur 4 lignes, Largeur x + ligne,
286 HISTOIRE ABRÉGÉE
Cette mouche - à -fcie eft toute noire , il n’y a que l’arti-
culation des cuifles avec les jambes qui foit d’un jaune
fauve dans toutes les pattes.
32. TENTHREDO zigra , pedibus flavis.
Linn. fyff. nat. edit. 10 , p. $57 , n. 14. Tenthredo antennis feptemnodiis, cor=
pore nigro , pedibus luteis.
Reaum, inf. $ , te 11, fe 1 — 5e
La mouche-a-fcie noire à pattes jaunes.
Longueur 2 £ lignes. Largeur + ligne.
Cette efpéce eft toute noire , fes pattes feules font jau-
nes , quelquefois même les quatre poférieures font noires.
Les aîles font brunes , avec le bord extérieur & le point
marginal noir. 4
Cet infe&te vient d’une fauffe chenille que l’on trouve fur
l’orme.
N.B. J'en ai une variété toute femblable, mais plus
petite d’un bon tiers. Celle-ci m’eft venue d’une coque
que J'ai trouvée dans du bois de faule pourri.
33. TENTHREDO xigra , antennis uno verju petlina-
tès , tibiis tarfifque flavis.
La mouche-à-fcie noire à antennes peclinéés.
Longueur 2 + lignes. Largeur à ligne.
Ses antennes font fingulieres. Les deux premiers articles
proche la tête font plus gros & plus courts , comme dans
les autres efpéces de ce genre ; le troifiéme à une petite
pointe en-dedans & une longue blanche en dehors ; les
trois fuivans ont de pareilles appendices en-dehors, mais
qui diminuent de longueur à mefure que ces anneaux font
plus éloignés de la tête ; enfin dans les trois derniers an-
neaux l’appendice n’eft pas fenfible, Ces antennes font ve-
lues ,; mais pour s'en appercevoir il faut les regarder à
la loupe. Tout l'infe@e eft noir, il ny a que fes jambes
ne tarfes qui foient jaunes. Celui que je décris eft un
mâle.
DES ‘INSECTES. 287
SEC ON D É FAMILLE
34 TENTHREDO rigra , thorace rubro.
La mouche-à-fcie noire à corcelet rouge.
Longueur 2 & lignes. Largeur à ligne.
Tout fon corps & même fes ailes font noires ; fon cor-
celet feul eft d'un beau rouge & les genoux des pattes
font un peu pâles. On trouve cette efpéce dès le printems.
3$*TENTHREDO nigra ; pedibus , lateribus thoracis
abdominifque viridefcentibus.
La mouche-à-ftie noire à ventre bordé de vert.
Longueur 3 lignes. Largeur 1 4 ligne.
Ses antennes font jaunâtres. Sa tête eft noire , avec la
levre fupérieure & le tour des yeux verdâtre. Les pattes
font aufli d’un jaune vert. Le corcelet & le ventre font
“noirs , mais bordés fur les côtés de la même couleur verte.
Ses ailes font brunes , veinées fans point marginal , & fans
que le bord extérieur foit plus épais que le refte, ce qui eft
rare dans ce genre.
TROISIÉME FAMILLE.
36. TENTHREDO rigra , pedibus ferrugineis ; tibiis
poflicis albo nigroque annulatis.
Linn. faun. fuec. n. 37. Tenthredo antennis o&odecim-nodiis , pedibus ferru-
gineis , pofticis albo nigroque annulatis, .
Linn. fyff. nat. edit. 10 , p.558 , n. 30. Tenthredo cynofbati.
La mouche-à [cie & jambes variées.
Longueur 1 + lignes. Largeur à ligne.
Ses antennes font noires & de la longueur des deux tiers
du corps. Sa tête eft aufli noire de même que le corcelet ,
mais fur celui-ci il y à deux petits points jaunes aux atta-
ches des ailes , un de chaque côté & une tache jaune à la
pointe du corcelet. Le ventre eft noir & étroit pour une
. pe A
efpéce de ce genre , ce qui la fait un peu reflembler à
283 HISTOIRE ABRÉGÉE
un ichneumon , quoique le ventre ne foit point attaché
au corcelet par un filet comme dans les ichneumons. Les’
pattes font toutes fauves , il n’y a que les jambes de celles
de derriere qui font blanches dans leur milieu & noires au
haut & au bas.
37. TENTHREDO igra , punélo thoracis luteo , pe-
dibus abdominifque medio ferrugineës.
La mouche-à-fcie à point jaune-au corcelet, & milieu du
ventre fauve.
Longueur 2 + lignes. Largeur + ligne.
Ses antennes font brunes & prefqu’aufli longues que fon
corps. Sa tête eft noire. Sur le corcelet qui eft pareille-
ment noir , on voit deux lignes jaunes obliques , une de
chaque côté devant l'attache des ailes, & de plus un point
jaune qui termine le corcelet. Le premier anneau du ven-
tre eft noir, les quatre fuivans font fauves, & les derniers:
font noirs. Les pattes font de couleur fauve.
Je fuis fort porté à regarder cette efpéce comme fim-
ple variété de la précédente , en ayant eu quelques indi-
vidus , qui avoient les jambes poftérieures panachées de
blanc & de noir.
38. TENTHREDO xigra, fegmentis abdominalibus
margine flavis , antennis duas tertias corporis partes
æquantibus.
La mouche-à [cie à longues antennes.
Longueur 4 lignes. Largeur < ligne.
Ses antennes font noires & fort longues , elles égalent
au moins les deux tiers de la longueur du corps. Sa tête
eft noire avec les machoires jaunes. Le corcelet pareille-
ment noir , a une tache jaune triangulaire à la pointe. Les
anneaux du ventre font fort longs , noirs & bordés d’un
peu de jaune citron. La couleur des pattes varie. T'antôt
elles font toutes citron : dans d’autres les cuifles font noi-
res
” BIENS
INSECTES,
289
res & le refte eft fauve : dans quelques-unes elles font
toutes brunes. Cet infeëte eit de forme allongée.
CIN P:S.
LE SOUMIN UP PRE
Antenne cy lindraceæ frac-
1@.
Ale inferiores breviores.
Os maxillofum.
Aculeus ani conicus intra
yvalyas abdominis.
Abdomen fubovatum ad la-
era compreffum , fubtus acu-
zum , petiolo thoraci conne-
xum.
Ocelli tres.
Familia. 14. Antennarum arti-
sulis undecim.
24. Antennarum arti-
culis feptem.
——— 34 Antennarum arti-
culis tredecim-
Antennes cylindriques bri-
fées.
Aïles inférieures plus cour-
tes.
Bouche armée de machoi-
res. :
Aïguillon conique entre
deux lames du ventre.
Ventre prefqu'ovale , ap-
plati des côtés , aigu en def-
fous , attaché au corcelet par
un pédicule court.
Trois petits yeux liffes.
Famille 1°. À antennes com-
pofées de onze anneaux.
2°, À antennes com-
pofées de fept anneaux.
—— j°. À antennes com-
pofées de treize anneaux.
On voit par le caratere du cinips , qu’il différe de la
Mouche-à-{cie par beaucoup d’endroits. Outre la gran-
deur différente de cet infeëte , qui en général eft beaucoup
plus petit que la mouche-à-fcie , il y a trois caraëteres
effentiels qui le font diftinguer. Le premier confifte dans
la forme finguliere des antennes du cinips, qui font ron-
des , cylindriques , d’égale groffeur tout du long , mais
brifées ou coudées dans leur milieu , où elles forment un
angle plus ou moins aigu. De tous les genres de cette fec-
tion,celui-ci eft le feul qui porte des antennes précifément
de cette forme. Celles de la guêpe , de l'abeille , de la
Tome II. Oo
290 HISTOIRE ABRÉGÉE
fourmi font à la vérité brifées ou coudées , mais leur ftruc-
ture eft diflérente , comme nous le verrons en parlant de
ces $enres. Le fecond caraétere effentiel du cinips dépend
de la ftruéture de fon aiguillon. Cet aiguillon paroït fe ter-
miner en pointe aigue, mais fi on Île regarde à la loupe , on
voit qu'il n’eft pas aufli fimple qu'il le paroit d’abord : il eft
creufé comme une tariere , & de plus il eft garni de poin-
tes fur les côtés , comme feroit un fer de flêche. Cette
ftrudture de l’aiguillon qui reflemble à une tariere , a fait
donner par quelques Naturaliftes le nom de mouches-a-ta-
riere aux infeëtes de ce genre. Nous n'avons pas cependant
cru devoir conferver ce nom pour éviter la confufion qui
pourroit naître de la refflemblance des noms de ce genre &
des mouches-aà-fcie qui compofent le genre précédent.
L’aiguillon des cinips eft encore remarquable par fa pofi-
tion, il n’eft pas précifément placé à l'extrémité du ventre,
comme dans plulieurs autres infeétes , mais en-deflous
entre deux lames que forme le ventre de cet infe&te ,
comme nous allons le voir , en parlant du troifiéme ca-
raétere effentiel de ce genre. Ce caraëtere dépend de la
forme du ventre des cinips. Leur ventre eft applati par les
côtés ; & vû dans cetre fituation ; il paroït ovale. En - def-
fous il eft aigu, & c eft dans cette efpéce de tranchant que
laiguillon fe trouve caché entre les deux lames , dont la
réunion forme la crête aigue du deffous du ventre, Par
la réunion des trois principaux caracteres que nous venons
de détailler , ileft très -aifé de diflinguer le cinips de tous
les autres genres de cette feétion.
Les larves de ces infeëtes reflemblent à des vers blancs
qui ont la tête brune & écailleufe. Ces larves varient pour
le nombre des pattes. Toutes en ont fix écailleufes fur
le devant de leur corps , mais leurs autres pattes qui font
membraneufes , font tantôt au nombre de douze & tantôt
au nombre de quatorze ; du moins J'ai obfervé ces diffé-
rens nombres fur différentes efpéces : peut-être y en a-t-il
qui ont jufqu’à feize pattes membraneufes outre les fix
DES INSECTES. 291
écailleufes ; c’eft ce que je n’ai pas rencontré jufqu'ici. La
plûpart de ces larves ne font pas aifées à découvrir , elles
font cachées dans ces galles ou excroiffances qui viennent
fur les feuilles & les tiges des arbres. La noix de galle fort
connue & fi employée pour la compolition de l'encre à
écrire , eft une de ces excroiffances formée par un infeéte
du genre des cinips. Lorfque ces infeétes veulent dépofer
leurs œufs , ils fe fervent de leur tariere ou aiguillon pour
faire unetntaille à quelque nervure de feuilles , ou même
aux jeunes tiges , & ils pondent dans cette entaille un
œuf, qui coulant le long de la rainure de la tariere , refte
dans la place qui lui eft deftinée par le moyen d’une efpéce
de glu qui l’enduit. Les fucs de la plante ou de la feuille
s’épanchant par les vaifleaux qui fe trouvent ouverts en cet
endroit , y forment une excroiffance ou tubérofité dans la-
quelle l'œuf fe trouve renfermé , & qui petit à petit ac-
quiert du volume & de la confiftance. Au bout de quelque
tems , lorfque la galle eft déja grofle, la larve du cinips
venant à éclore, trouve de la nourriture à fa portée, eile
mange l’intérieur de la galle qui la renferme , & aggrandit
ainfi fon logement à mefure qu’elle grollit. Si on ouvre les
galles dont le chène , le faule & plufieurs arbres ou plantes
{ont couverts en été ; avant que les cinips fe foient tranf-
formés & en foient fortis , on trouve dans leur cavité inté-
rieure la larve du cinips qui refflemble à un petit ver blanc.
Comme cette cavité eft ronde , la larve eft ordinairement
courbée en-dedans & comme roulée en boule , enforte
que fa tête eft près de fa queue, Cette larve , dans une
fituation auffi gênante , paroit ne devoir fe remuer qu'avec
peine ; mais la nature a donné à plulieurs de ces larves
d’autres parties qui les aident à faire les mouvemens né-
ceffaires. Ce font des efpéces de mammelons ou tubercu-
les mols qu'elles ont fur le dos & qu’elles font fortir ou
rentrer à leur volonté. Par l’aétion & le jeu de ces mam-
melons , la larve peut fe pouffer , fe tourner & fe retourner
dans la cavité de la galle. La larve du cinips peut donc fe
Ooji
292 HISTOIRE ABRÉGÉE
mouvoif ; fe nourrir & groflir dans la galle ; ce qu’il y a de
fingulier , c’eft que quoiqu’elle mange , elle ne paroït pas
rendre d’excrémens. Je n’en ai jamais trouvé dans l'in-
térieur de la galle ;, l’'infeête ef toujours feul & fort propre,
foit que fes excrémens foient aflez liquides pour s’imbiber
dans la fubflance de la galle , foit qu’ils fortént de fa cavi-
té par quelqu'ouverture qu’il n'eft pas poflible de décou-
vrire
: Les galles que les cinips produifent fur les arbtes & les
plantes varient infiniment pour la forme. Les unes font
rondes comme des petites pommes , tantôt ifolées , tantôt
réunies plufieurs enfemble ; d’autres font de figure irrégu-
liere , ailongées ; molles , ou dures , quelques-unes font
hériflées de filets , ou de petites feuilles commie des efpé-
ces de fleurs. Il y en a d’autres appiaties , unies ou frifées.
Nous verrons ces différences dans le détail des efpéces.
Lorfque la larve du cinips eft parvenue à fa groffeur
dans l’intérieur de la galle , elle emploie ; fuivant les diffé-
rentes efpéces , des manœuvres différentes pour fe méta-
morphofer. Les unes , comme le cinips du faule , percent
la galle , en fortent , fe faiffent tomber à terre & s y enfon-
cent pour y filer une coque dans laquelle elies fe changent
“en nymphes , comme nous avons vü que le font les mou-
ches à-fcie ; d’autres , comme Je lai obfervé dans les cinips
du chêne , ne quittent point leurs galles ; mais elles y
dépofent leur peau & s’y changent en nymphes ; ce n’eft
que lorfqu'elles font devenues infeétes parlaits,qu’elles per-
cent la galle & qu'elles en fortent fous la forme d’infeétes
aîlés. Dans ce dernier état , tous ces cinips cherchent à
s’accoupler & enfuite dépofent de nouveau leurs œufs
dans des entailles qui produifent de nouvelles galles fur
les arbres.
* Telles font les manœuvres qu'emploie le grand nombre
des cinips. Mais toutes les efpéces de ce genre ne viennent
point dans des galles , il y en a qui ont une habitation diffé-"
rente. Au lieu des galles quine peuvent nuire qu'aux
DIE SA ÉN SECTE 5 293
arbres ; elles dépofent leurs œufs dans le cotps d’autres in-
fectes , qui leur fervent aux mêmes ufages que les galles
ont fervi aux infectes dont nous venons de parler, On voit
quelquefois ces petits cinips voltiger fur les chenilles ,
faire une légere entaille à leur peau & y dépofer leurs
œufs. D’autres font la même chofe fur les pucerons, fur les
chryfalides & fur les œufs des infectes. Il y a même quel-
que chofe de plus. Nous verrons par la fuite que plufeurs
petites efpéces d’ichneumons dépofent de même leurs
œufs dans le corps des pucerons ; ou dans les œufs des
infectes , & que leurs petites larves fe nourriflent des fucs
des uns & des autres. Quelques cinips favent choilir ces
pucerons & ces œufs déja piqués par des ichneumons & y
dépofent aufli un œuf. La petite larve de l'ichneumon
éclôt la premiere & fe nourrit de la fubfiance du puceron
ou de l'œuf, La larve du cinips qui fort peu après de fon
œuf tue à fon tour celle de l’ichneumon & s’en nourrit.
Beaucoup de cinips fortent ainfi de coques d'ichneumons
qu'ils ont fait périr , & qui eux-mêmes avoient tué d’au-
tres infeétes ou des chenilles. Les autres cinips qui ne
fe trouvent pas ainli renfermés avec une larve dichneu-
mon dévorent feulement l'infecte dans le corps duquel ils
ont été dépofés. C'eft pour eux une efpéce de galle dans
laquelle ils croiifent , fe métamorphofent en chryfalide ,
& dont ils ne fortent que lorfqu’ils font devenus infeétes
parfaits. D’autres au contraire ne s’y métamorphofent
point, mais lorfqu'ils ont acquis toute leur grandeur, ils
quittent les chenilles qu’ils ont tuées , ils en fortent & vont
fe ranger fous quelques feuilles , où ils fe changent en
chryfalides tout-à-fait femblables à celles dont nous allons
parler.
Enfin quelques cinips n’habitent ni galles ni infees ;
leurs larves fe tiennent feulement cachées fous les feuilles.
C'eft auffi dans ce même endroit qu'elles fe changent en
chryfalides. Ces chryfalides font moins molles que celles
des cinips précédens, Comme elles font à nud & expo-
204 HISTOIRE ABRÉGÉE
fées à l'air , leur peau extérieure fe durcit ; prend de la
confiftance & une couleur brune, de façon cependant
uen l’examinant de près, on y diftingue les différentes
arties de l'infeéte parfait qui en doit fortir. On trouve
affez fouvent ces petites chryfalides attachées en-deffous
des feuilles par leur partie poñiérieure. Il y en a fréquem-
ment plufieurs rangées les unes auprès des autres.
On voit par ce détail, que tous les cinips n’habitent
point dans des galles , comme Pont cru quelques Natura-
liftes, & que ce prétendu caraétere qu'ils ont voulu don-
ner de ce genre n’eft pas à beaucoup près conftant. Le
grand nombre à la vérité fe trouve dans des galles ; mais
plufieurs autres vivent dans le corps d’autres infeëtes , &
quelques-uns font à nud.
Au refte quelques différences qu’il y ait entre les habi-
tions des larves de ces infeétes, les cinips ou infeétes par-
faits qui en viennent, fe reffemblent tous & font du même
genre. Ces cinips en général font très-petits. Nous avons
parlé au commencement de cet article de la forme de leurs
antennes qui eft conftamment la même dans tous. Mais le
nombre des articles ou des piéces qui compofent ces an-
tennes , varie. Dans le plus grand nombre elles font com-
pofées de onze anneaux, plufieurs n’en ont que fept, &
quelques-uns en ont jufqu'à treize. Leurs machoires font
dures , pofées latéralement des deux côtés de la bouche, &
fe joignent en-devant. On apperçoit fur le derriere de
leur tête les trois petits yeux lifles. Le corcelet de ces in-
fectes eft ovale & donne naiffance en-deflus à leurs ailes
qui font au nombre de quatre & en-deffous à leurs fix
pattes. Quant au ventre, nous avons parié plus haut de fa
figure ,ainfi que de celle de l'aiguillon. Il ne nous refte ici
que deux chofes à remarquer fur ce dernier article. Dans
la plüpart des cinips Paiguillon eft caché entiérement ou
prefqu'entiérement entre le deux lames qui font au-deffous
du ventre. Il y en a cependant deux ou trois efpéces où
l'aiguillon paroit au dehors & déborde plus ou moins le
DES INSECTES. 29$
corps. Dans ces infeétes cet aiguillon a deux efpéces de
fourreaux ou demi-fourreaux aufli longs que lui, qui l’en-
veloppent l’un à droite l’autre à gauche. Lorfque ces four-
reaux font féparés l’un de l’autre ainfi que de l'aiguillon,
il femble que l’infeéte ait trois aiguillons , mais il n’y a que
celui du milieu qui foit le véritable aiguillon , les autres
font des fourreaux mois & nullement aigus par le bout.
Cette conformation refflemble beaucoup à celle des ich-
neumons , auxquels on pourroit rapporter ces efpéces de
cinips , fi les autres caraéteres ne les éloignoient de ce gen-
re. Les autres cinips dont l’aiguillon ne paroît pas au de-
hors , doivent en certaines occafions le faire fortir pour le
mettre en ufage. Aufli dans ces infeêtes l'aiguillon eft-il
réellement beaucoup plus long que le corps, mais il y en
a une partie qui fe replie & qui fe roule dans l'intérieur
du ventre comme une efpéce de reflort. Lorfque ce ref-
fort agit , l'extrémité de Paiguillon eft alternativement
pouflée & retirée aflez vivement , & peut agir contre les
corps qu'il faut percer.
La plûüparc des efpéces que renferme ce genre font bril-
lantes pour leurs couleurs , quelques-unes même ont ur
éclat très-vif, & femblent le difputer pour la beauté avec
or & les émeraudes. Tels font les czzips dorés , le porte-
or & plufieurs autres. D'autres efpéces dont les couleurs
font plus obfcures , fe font remarquer par la propriété qu'el-
les ont de fauter prefqu’aufli vivement que les puces, ce
qu'elles exécutent par le moyen de leurs cuifles poftérieu-
res qui font plus fortes & plus grofles que les autres. Enfin
nous avons vü qu il y avoit quelques cinips qui portoient
une queue à trois pointes ;, ou un aiguillon accompagné
de deux appendices à l'extrémité du ventre. Nous allons
examiner à préfent toutes ces différences plus en détail,
296 HISTOIRE ABRÉGÉE
PREMIERE FAMILLE.
1. CYNIPS #horace viridi-æneo, abdomine aureo , fers
ani corpore longioribus.
Linn, faun. fuec. n. 939. Tenthredo thorace vlridi æneo , abdomine aureo.
Linn, [yft. nat. edit, 10, p. 567 , n. 57. Ichneumon auratus , thorace viridi,
abdomine aureo.
AG, nat. curiof. ann. 12 , obf. 10.
Le cinips doré à queue , du bedeouar Life.
Longueur 15 ligne.
Ses antennes font noires, grofles , cylindriques , plus
longues de moitié que fa tête. Ses yeux font bruns. La
tête, le corcelet , le ventre & les cuifles poftérieures font
d’un vert doré, plus brillant fur le ventre que par-tout
ailleurs. Les pattes , à l'exception des cuifles poftérieures ,
font blanchâtres & pâles. L’aiguillon du ventre plus long
que le corps d’un bon tiers , eft compofé de trois filets ,
dont deux aux côtés font noirs & fervent de gaine , &
celui du milieu qui eft le véritable aiguillon , eft de la
couleur des pattes. Les ailes diaphanes ont un petit point
à leur bord extérieur.
Ce bel infeéte habite le bedeguar , ou une excroiffance
fongueufe du rolier , qui intérieurement eft remplie de
loges dans lefquelles fe trouvent les larves de ces cinips.
Il vient aufli dans une excroiflance à peu près femblable
du chêne.
2. CYNIPS #orace viridi-æneo, abdomine aureo, fetis
ani non exfertis.
Le cinips doré fans queue.
Cette efpéce reffemble tout-à-fait à la précédente , feu-
lement elle ef un peu plus petite. Ses cuiffes poftérieures
ne font point dorées ; mais elles font jaunes ainfi que le
refte des pattes. L’aiguillon ne paroïit pas à extérieur , il
déborde à peine le ventre, & le point marginal des ailes
cft
DES INSECTES: 297
eft peu apparent. Je foupçonnerois prefque ce cinips de
n'être qu'une fimple variété du précédent , ou de ne diffé-
rer que par le fexe. C'’eft ce que l’obfervation pourra dé-
terminer. Il vient aufli du bedeguar du rofier.
3. CYNIPS punéatus [ériceo-auratus , fetis ani corpore
brevzoribus.
Le cinips porte-or.
Longueur 2 + lignes.
Celui-ci eft le plus brillant de tous ceux de ce genre:
Tout fon corps eft d’une belle couleur dorée & changean-
te , à l'exception des antennes qui font noires & des bouts
des pattes ou des tarfes qui font d’un jaune pâle. Son cor-
celet & fa tête font finement pointillés ; ce qui rend fa
couleur encore plus riche & plus belle. Les filets du ven-
tre au nombre de trois, fontplus courts que le corps & à
peu près de la longueur du ventre; les deux latéraux font
noirs & celui du milieu ou le véritable aiguillon , eft rou-
geûtre. Je n'ai trouvé qu'une feule fois ce bel infeéte vol-
tigeant dans un petit bois, & je ne connois point la galle
dont il fort & qu’il produit.
4 CYNIPS zgro-viridis ; biis flavis , galle fungo[æ
quercus.
Le cinips de la galle fongueufe du chêne.
Longueur + ligne.
Cette efpéce beaucoup plus petite que les précédentes,
eft d’un vert foncé brillant. Ses antennes font brunes &
fes pattes jaunes , à l'exception des cuiffes qui font de la
couleur du corps. Elle vient des mêmes galles fongueu-
fes du chêne où l’on trouve la premiere efpéce ; mais le
bedeguar ne me l’a jamais donnée.
Les mêmes excroiflances donnent un autre cinips pa-
reillement très-petit,, qui pourroit bien n’être qu’une va-
riété ou une différence de fexe de celui-ci. Ce cinips eft
Tome II. Pp
298 HISTOIRE ABRÉGÉE
noir , & fes antennes ont leurs articles longs & alternati-
vement étranglés comme des anneaux.
s- CYNIPS zigro-cupreus, pedibus fufcis ; gallæ rotun-
de , glabræ, duræ , foliorum quercis. Planch. 15, fig. 1.
Le cinips de la galle liffe & ronde du chêne.
Longueur 1 3 ligne.
Il eft d’un brun bronzé & brillant. Ses antennes font
noires , fes jambes & fes pieds d’un brun maron, & fes
ailes blanches fans point marginal.
C’eft dans les petites galles liffes , rondes & dures , qui
fe trouvent fous les feuilles de chêne attachées ordinaire-
ment aux nervures , que vient cet infecte , feul dans cha-
que galle. Ces galles font ligneufes , d’une fubftance dure
& ferrée , formées comme les autres par l’extravafation
du fuc de la feuille, que produit la piqüre du cinips, lorf-
qu'il y dépofe fes œufs. Quelquefois au lieu du cinips on
voit fortir de cette galle un infeête brun, plus grand, qui
eft un ichneumon, dont nous parlerons en fon lieu. Cet
ichneumon n’eft pas le véritable habitant de la galle, ni
celui qui l’a formée. C’eft un parafite dont la mere a dé-
pofé l'œuf dans la jeune galle, qui venant à éclore , pro-
duit une larve , qui dévore celle du cinips, & fort enfuite
lorfqu’elle a fubi fa métamorphofe & acquis des ailes.
N.B. J'ai un autre cinips qui m’eft venu d’une galle
toute femblable , & qui eft plus petit & bleu. Il a un petit
point marginal aux ailes. Ce pourroit bien n'être qu'une
fimple variété.
6 CYNIPS zxigro- cupreus ; pedibus fufcis, alarum
punélo fufco.
Le cinips noirätre à point marginal,
Celui-ci ne differe du précédent que par le point brun
marginal de fes ailes: du refte il eft tout-à-fait femblable
pour la grandeur, la forme & la couleur. Je n'ai point vû
DES INSECTES. 299
la galle dont il fort. S'il vient de la même que le précé-
dent , cela prouveroit qu’il pourroit bien n'être qu'une va-
riété de cette efpéce.
7. CY NIPS sirid-fericeus , abdomine aurato , pedibus
albis , gallæ intra foliorum quercis fublantiam deli-
tefcentis.
Reaum. inf. tom, 3 ,tab. 39, fig. $ 9,10: 11,12:
Rofel. inf. vol, 2 , tab. ro, fig. 1 4. Bombyl. & vefp.
Le cinips de la galle du chêne , qui vient dans la fubflancé
même de la feuille.
Longueur 1 ligne.
Cette belle efpéce eft d’un beau vert clair, & doré. Ses
antennes & fes pattes font d’un jaune pâle. Ses aîles font
blanches & tranfparentes fans point marginal.
La galle dans laquelle habite fa larve & dort fort l’in=
feéte parfait , eft dans la fubftance même de la feuille du
chêne , paroïffant également des deux côtés & formant
fur chaque furface de cette feuille une élévation hémif-
phérique. Les parois de cette galle font minces & un peu
ligneufes. La defcription que donne M. de Reaumur de
l'infette, différe de celui qui m'’eft éclos dela galle même.
Le fien eft brun & a un point marginal fur les grandes
aîles. Peut-être les mêmes galles font -elles formées par
des infeétes différens.
8 CYNIPS zigro-cupreus ; pedibus fufcis, galle
imbricatæ quercis.
Linn. faun. fuec. n. 948. Tenthredo gallæ imbricatæ.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 554, n. 8. Cynips gemmæ quercüse
Reaum. inf. tom, 3 ,tab, 45, fig. 5e
Frifch. germ. 12 , tab. =, fig. 2.
Le cinips de la galle en rofe du chêne.
Longueur x ligne.
Ce cinipseft d’un noir verdâtre un peu doré. Ses anten-
nes & fes pattes font d’une couleur fauve un peu foncée,
Ppi
300 HISTOIRE ABRÉGÉE
Il dépofe fes œufs dans les bourgeons du chêne , ce qui
produit une des plus belles efpéces de galles , feuillée
comme un bouton de rofe qui commence à s'épanouir.
Quand la galle eft petite, cette grande quantité de feuilles
eft ferrée, & elles font rangées l’une fur Pautre comme
les tuiles d’un toit. Au centre de la galle , eft une efpéce
de noyau ligneux, au milieu duquel eft une cavité dans
laquelle fe trouve la petite larve , qui s’y nourrit, ygroflit,
fubit fa métamorphofe , & perce les parois de cette ef-
péce de coque pour en fortir. Toute la galle a fouvent
près d’un pouce de diametre, quelquefois davantage lorf-
qu’elle eft féche & épanouie , & elle tient à la branche par
un pedicule.
9 CYNIPS ziger, pedibus fulvo flavis, gallarum
fungiformium quercis,
Linn. fyfl. nat. edit. 10, p. 553, n. 4. Cynips nigra , bafi antennarum pedibuf=
que ne tenribass
Leche. nov. inf. fpec, fig. 14. Cynips nigra, pedibus fulvo-flavis , gallarum
fungiformium.
Reaum. inf. tom. 3 , p.192, tab. 42, fig. 8.
Le cinips de la galle en chapeau du chêne.
L'on trouve fur le chêne, principalement fur le revers
de fes feuilles, des petites galles plattes & rondes qui ont
deux ou trois lignes de diamétre, & qui tenant à la feuille
par un pédicule court qui part de leur centre , reffemblent
à un petit champignon applati. J'ai fouvent ramaflé ces
galles , mais jamais elles ne n’ont donné le cinips qu’elles
doivent produire. M. Leche dit dans fa diflertation que
nous citons , qu'il eft noir, & que fes pattes font d’une
couleur fauve claire.
10. CYNIPS rigro-aureus , pedibus fufco -variegatisæ
gallæ planæ rubræ fimbriatæ quercüs.
Le cinips de la galle plaite & frifée du chêne,
Longueur x ligne,
s6 Sincanit LP SE CS
DES INSECTES. 3or
Il eft d’un noir doré & brillant. Ses antennes font noires,
‘& fes pattes entrecoupées de jaune pâle & de brun. Il
m'eft venu d’une petite galle platte , ronde & rouge, qui à
l'entour a un double rang de feftons frifés, & qui fe trouve
fouvent fur les nervures du revers des feuilles de chêne.
am CYNIPS fufcus nitens , capite nigro ÿ abdominis
apice villofo , gallæ racemofæ quercüs.
Reaum. inf. tom. 3 tab. 35 ,f. 3, &tab.40,f.1,2,6.
Le cinips de la galle en grappe du chêne.
Sa tête eft noire , fon corps eft d’un brun brillant , & le
bout de fon ventre eft un peu velu. Ce cinips vient de
petites galles rondes, dures & difpofées en grappes fur
l'extrémité des pédicules des feuilles de chêne.
12. CY NIPS yiridis nitens, pedibus pallidis , gallæ
globofæ vix fénfibilis foliorum quercüs.
Le cinips de la galle tête d’épingle du chêne.
Longueur = ligne.
Cette petite efpéce eft d’un beau vert brillant, & fes
pattes font pâles "bu Elle vient d’une très-pe-
tite galle groffe coïffme la tête d’une épingle, que l'on
trouve fous les feuilles de chêne attachée aux principales
nervures. Cette galle qui n’a qu’une demi-ligne de diamé-
tre, a des parois minces , feches & affez dures.
On voit que le chêne donne naïffance à beaucoup
de cinips. Outre ces efpéces, il ya encore plufieurs autres
galles qui fe trouvent fur le même arbre, & dont je n'ai
point vû l'infeéte. M. de Reaumur n'a de même point
connu l'infeëte de plufieurs , peut-être parce qu’il périt
quand la galle eft détachée de Parbre , & ne reçoit plus le
fuc qui lui portoit la nourriture. Nous allons donner en
deux mots le catalogue de ces efpéces de galles du chêne,
13. CYNIPS palle [cabre foliorum quercise
302 HISTOIRE /ABRÉGÉE
Reaum, inf. tom. 3, tab. 35, fig. se
Le cinips de la galle raboteufe des feuilles du chêne.
14 CY NIPS gallæ tuberculatæ quercüs.
Reaurm. inf. tom. 3 , tab. 40, fig. 8,9, 10.
Le cinips de la galle à tubercules du chêne.
M. de Reaumur a vû la larve de cette galle, mais n’a
point eu l'animal aïlé & parfait qu’elle produit.
25. CYNIPS gallæe numi/malis quercüs.
Reaum. inf. tom. 3, tab. 40, fig. 14.
Le cinips de la galle en écuffon du chêne.
16. CYNIPS gallæ pomiformis extremitatis ramorunt
quercus.
Linn. fyffnar.edit. 10,p. $$4, n. 7. Cynips grifea, alis cruce lineari.
Reaum. inf. tom. 3, tab. 40 , fig. 1 — 6.
Le cinips de la galle en pome des extrémités des branches
du chêne.
17. CYNIPS galle ligneæ radicagse
Reaum, inf. tom. 3 ,tab, 44,f.6,7,8.
Le cinips de la galle lLgneufe des racines:
18. CYNIPS zgro-viridis nitens , pedibus pallides ;
gallæ foliorum falicis.
Linn faun. fuec. n. 945. Tenthredo gallæ foliorum faliciss
Frifch. germ. 4, p. 22, tab. 3. Ichneumon foliorum falicise
Reaum. inf. tom. 3, tab, 37, fig. 1— 5.
Le cinips de la galle des feuilles de faule.
Longueur + ligne.
Il eft d’un vert noirâtre brillant. Ses antennes & fes
pattes font d'un jaune pâle. Ses aïles font diaphanes avec
une petite raie marginale, Cet infeête vient dans ces galles
irréguliéres que l’on voit dans la fubftance même des feuil-
“. ’
REA LL De + US
DES INSECTES. 303
les du faule. Ces galles font médiocrement dures & un
peu charnues. Souvent les faules en font couverts.
19. CYNIPS gallæ graminis flamento[æ.
Le cinips de la galle à filets du chiendent.
On voit fouvent fur le gramen ou chiendent , des touffes
de filets blancs aflez gros , placées principalement aux en-
droits de la tige d’où partent les feuilles. Ces touffes font
au moins de la groffeur d’un pois, il femble que ce foient
de petites racines. J'ai long-tems ramaflé plufieurs de ces
touffes fans favoir ce que c'étoit & fans qu’elles m’ayent
donné aucun animal. Enfin en ayant ouvert quelques-unes,
j'ai trouvé dans le centre une petite loge , où étoit une
larve , ou une chryfalide. A yant ainfi découvert que cette
excroiffance du gramen étoit une larve, j’en ai confervé
plufieurs , mais la larve ou la chryfalide ont toujours péri
avant que de fubir leur derniere métamorphofe. Il faudroit
les fuivre à la campagne en confervant le chiendent en
terre & le couvrant d'une cloche de verre , pour que les
petits cinips ne s’échappañent point lorfqu'ils feroient
éclos. Leur chryfalide eft d'un blanc jaunâtre tranfparent ,
avec deux petites marques noires à la tête.
20. CYNIPS sorus fufcus, thorace fubvillofo , galle
hederæ terreftris.
Linn faun. fuec. n. 949. Tenthredo gallæz glechomæ,
Blank. belg. 186. Hedera terreftris.
Reaum. inf. tom. 3, tab. 42, f. 1—5e
Le cinips de la galle du Lierre terrefre.
Sa couleur eft brune & noirâtre ; fon corcelet eft un peu
velu. Il vient de galles dures & rondes , qne l’on trouve
quelquefois dans la fubftance même de la feuille du lierre
terreftre.
21. CYNIPS aurantit, ferrugineus, alarum baft alba
punélo nigro , antennis nigris , pedibus faltatoriis.
304 HISTOIRE ABRÉGÉE
Le cinips fauve & fauteur de l'oranger.
Longueur 1 3 ligne.
Cette efpéce eft belle. Sa couleur eft jaune foncée ;
imitant la couleur de rouille. Ses antennes font noires ,
fes yeux bruns & fes pattes un peu plus pâles que le refte
de fon corps. Ses ailes font brunes noiïrâtres , mais leur
bafe eft blanche avec un point noir tranfverfal fur le blanc,
ce qui fait paroitre les aïles joliment panachées. Cetinfeëte
faute très-bien, aufli fes cuiffes poftérieures font-elles beau-
coup plus groffes que les autres. Je l'ai trouvé plufieurs
fois en grande quantité fur les orangers, mais Je ne fais
s'il vient d’une galle , & fi cette galle fe trouve fur l’o+
ranger.
22. CYNIPS rigernitens , pedibus faltatoriis:
Le cinips fauteur notr.
Longueur + ligne.
Il eft noir & life, fes pieds font bruns & il faute très-
bien. Je ne connois ni fa galle ni fa larve.
23. CYNIPS ater , pedibus faltatoriis fulvis,
Le cinips [auteur noir à pieds fauves.
Longueur 1 à ligne.
Il différe du précédent par fa grandeur , fa couleur
noire matte, & la couleur de fes pattes qui font d’un
fauve pâle. Je ne connois point la galle qui le pro-
duit.
x Les trois efpéces précédentes de fauteurs ont le vrai
caractere des cinips , mais elles en ont un de plus quileur
eft particulier. C’eft qu’elles portent leurs ailes rout-à-fait
croifées les unes fur les autres , comme fi elles n’avoient
qu'une feule aîle. Nous aurons lieu de remarquer le même
port d'ailes dans quelques mouches & autres infeétes à
deux ailes,
24e
DES INSECTES, 30$
24. CY NIPS seridi-fericeus , abdomine aureo ; pedibus
pallidis , chryfalidum papilionum.
Reaum inf. tom. 6, tab. 30, fig. 13,14, 15. Ichneumon.
Le cinips des chryfatides de papillons.
Longueur 1 à ligne.
Les chryfalides du papillon blanc du chou m'ont donné
en très grande quantité cette belle efpéce , foit qu'elle ait
été dépofée primitivement dans la chryfalide , ou la che-
nille qu’elle aura fait périr, foit que quelqu'ichneumon ait
d’abord fait périr la chryfalide , & ait enfuite été tué lui-
même par ces cinips. Une feule chryfalide m'en a donné
plus de quatre-vingt. Ils font d’un vert clair doré, & leur
ventre eft bronzé. Dans les mâles les antennes & les pattes
font d’une couleur fauve très-pale. Dans les femelles les
antennes font brunes , les cuifles d’un vert doré , & les
jambes feules font pales.
25. CY NIPS riger, pedibus pallidis , ovorum infeélorum.
Le cinips des œufs des infeies.
Longueur + ligne.
Cette petite efpéce qui eft noire & dont les pattes font
âles & blanchâtres, ne fait point de galles , mais elle dé-
pole fes œufs dans ceux des autres infeétes , des papillons,
des punaifes, &c. La petite larve éclot dans cet œuf, y
prend fa croiffance , fe nourriffant de la fubftance de l'œuf,
Enfin elle s’y transforme en nymphe, perce la coque &
fort avec des ailes fous la forme de cinips.
26. CYNIPS riger nitens , pedibus pallidis , ichneu-
monum aphidurm.
Le cinips de l'ichneumon des pucerons.
Longueur + ligne.
Il eft noir un peu verdâtre & luifant. Ses pieds font fau-
ves plus pâles dans les femelles que dans les mâles. Ceux-
Tome IL Qq
306 HISTOIRE ABRÉGÉE
ci ont auffi les antennes plus longues & comme un peu
ectinées du côté intérieur. L'origine de ce petit infete
eft affez finguliere. Nous verrons en parlant des ichneu-
mons,qu'il y en a une très - petite efpéce , qui dépofe fes
œufs dans le corps des pucerons & les fait périr. L'oœuf
ou la larve de l'ichneumon ne font pas eux-mêmes en
füreté. Notre petit cinips plus petit que le puceron & que
lichneumon, va dépoler fes œufs dans ces mêmes corps
de pucerons que l’ichneumon a fait périr. Lorfque fa larve
eft éclofe , elle attaque celle de l'ichneumon & elle s'en
nourrit. C’eft dans ie corps de ce puceron fort petit, que
fe palle cette aëtion dans laquelle périt l'ichneumon. Le
cinips fe métamorphofe enfuite dans ce même endroit ,
& le perce pour en fortir lorfqu'il ef aiîlé.
Pour avoir ces cinips il faut prendre ces pucerons de
couleur jaune bronzée , que l’on trouve morts fur les feuil-
les. Ce font ceux qui ont été tués par les ichneumons. Dans
le nombre il y en a plufieurs où les cinips font venus fe
loger , & l’on peut par ce moyen avoir l'ichneumon & le
cinips. |
SE CON DE AT A M IILILIE.
27 CYNIPS folorum fine galla, totus nigro-viridis
nitens.
Le cinips des feuilles fans galle.
Longueur + ligne.
En examinant les feuilles des arbres , on y trouve aflez
fouvent , particuliérement en-deflous , des petites larves ,
& plus fouvent encore des petites chryfalides attachées à
la feuille par la pointe de derriere , les unes auprès des au-
tres & rangées en grouppes. T'outés ces petites chryfalides
donnent des cinips dont plufieurs différent entr'eux. Quel-
ques-unes donnent aufli un autre genre d'infettes très-ap-
prochant du cinips & dont nous allons parler inceflam-
ment. Ceci prouve que tous les cinips ne viennent point
dans des galles.
Li
DES INSECTES, 307
Celui dont il s’agit ici eft un vrai cinips ; fes antennes
& la forme de fon ventre le démontrent. Il eft par-tout
d’un brun verdâtre & brillant, même fur les pattes.
28. CYNIPS rofz, fine galla , totus niger.
Le cinips du rofier ; fans galle.
Longueur + ligne.
Il eft tout noir , un peu brillant. J’ai trouvé fes petites
chryfalides brunes , tachées de noir, attachées les unes
auprès des autres fous les feuilles du rofier.
29. CYNIPS quercis , fine galla , totus viridi-aureus ,
pedibus flavis.
Le cinips du chêne, fans galle.
Longueur 1 + ligne.
Ses chryfalides fe trouvent comme celle des précédens
grouppées fous les feuilles de chêne , & quelquefois ran-
gées en cercle. Elles font fauves. L'animal qui en fort eft
d'un vert doré très-brillant , fes pattes font d’un jaune
pâle , & fes antennes font brunes.
> Outre les cinips que nous avons décrits, ily ena
plufieurs dont nous ne connoiffons point les galles , & dont
nous ne donnerons qu'une très-courte defcription. Peut-
être y en a-t-il quelques-uns qui peuvent venir de certai-
nes galles dont nous avons parlé, & dont nous n'avons
point connu l'animal. Dans ce cas, ceux qui pourront fui-
vre ces métamorphofes,auront foin de les rapprocher.
DE LA PREMIERE FAMILLE.
30. CY NIPS zgro-viridis nitens ; alis punélis tribus
ZLOTLS.
Le cinips à aëles porntillées.
Longueur 1 + ligne.
Ses antennes & fes pattes font brunes. Son corps eft
d'un vert noir bronzé, & fes ailes font chargées Le long
Qai
308 HisTOIRE ABRÉGÉE
de leur bord extérieur de trois taches brunes ; qui font
aifément reconnoitre cetre efpéce.
DE LA SECONDE FAMILLE.
31. CYNIPS seridis nitens , pedibus albido-flavis.
Le cinips vert bronze à pattes blanches.
Longueur à ligne.
Le mâle a les pattes toutes jaunes blanchâtres. La fe-
melle a les cuiffes: vertes comme le refte du corps &
laiguiilon de la queue fort apparent.
32. CY NIPS riger nitens, pedibus pallidis.
Le cinips noir à pattes blanchätres.
Longueur 1 ligne.
DE LA TROISIÉME FAMILLE,
33. CINIPS fufcus, femoribus clavatis.
Le cinips brun à groffes cuiffes.
Longueur 1 4 ligne.
Cette efpéce plus grande que les autres , a tout le port
d’un ichneumon. Ses antennes ont les deux tiers de la
longueur de fon corps, & ne font pas tout-à-fait cylin-
driques comme dans les autres efpéces. Néanmoins elles
font coudées , & ont à la bafe un long article, ce qui dé-
termine le genre de cet infeëte & l'éloigne des ichneu-
mons. L'animal eft étroit & plus allongé que ne le font
les autres cinips. Celui que j'ai eft un mâle, fans quoi la
forme de fon aiguillon auroit encore fourni un cara@tere
& démontré que cet infeéte eft un véritable cinips.
DEPEOLEPIS:
BE DE P'L O0 LE PE,
Antenne filiformes lonsæ Antennes filiformes lon-
articulis quatuordecim. gues compofées de quatorze
anneaux.
DES CIN SECTE". 309
Alæ inferiores breviores. Aîles inférieures plus courtes.
Os maxillof[um. Bouche armée de machoires.
Aculeus ani conicus intra yalvas. Aiïguillon conique entre deux
abdominis. lames du véntre.
Abdomen ovatum , ad larera Ventre prefqu'ovale , applati
compreffum , fubtus acutum, petiolo des côtés , aigu en-deffous , atga-
brevi thoraci connexum. ché au corcelet par un pédicu-
le court.
Ocelli tres. Trois petits yeux liffes.
Le diplolepe eft ainfi appellé à caufe des deux lames
de fon ventre dans lefquelles fon aiguillon fe trouve caché,
de même que dans le genre précédent des cinips. Il ref-
femble encore aux cinips par un grand nombre d’autres
endroits. On peut voir par les caraëteres que nous don-
nons de ces deux genres , qu'ils ne différent l'un de Pautre
que par leurs antennes , qui dans le cinips font coudées ,
ou brifées & cylindriques , au lieu que dans le diplolepe
elles font longues , filiformes , toutes unies comme celles
de l’ichneumon & nullement coudées dans leur milieu.
Cette forme d'antennes rapprocheroit le diplolepe de
l'ichneumon , tandis qu’il refflemble au cinips par tous les
autres caractetes. C'eft ce qui nous a porté à diftinguer
cet infeéte & à en former un genre féparé.
Du refte , à cette différence près, le diplolepe ne pa-
roit gueres s'éloigner du cinips. Sa larve eft précifément
femblable à la fienne, & habite de même dans les galles
des arbres & arbuftes, dans lefquels elle croit & fe mé-
tamorphofe , & dont elle fort fous la forme d'infeéte
parfait.
Ce genre n’eft pas à beaucoup près aufli nombreux
que celui des cinips. Nous n’en connoïffons que les ef-
péces fuivantes. L
u DIPLOLEPIS fu/cus, gallæ globofæ glabre &
duræ foliorum quercäs. Planch. 15 ; fig. 2.
Rofel. inf. vol, 3, fupplem, tab. 35 , 36, &'tah 53 » f. 10, 11, Vefpa galfaruma
- quernärumMe
310 HISTOIRE ABRÉGÉE
Le diplolepe de la galle ronde & dure du chêne.
Longucur 1 + ligne. Largeur ? ligne.
Cet infeéte eft tout brun & affez luifant. Ses antennes
font de la longueur de fon corps. L'animal eft gros , court
&gamaflé comme ceux de ce genre. Ses ailes font tran{pa-
rentes , plus longues du double que fon corps , & elles ont
à leur bord extérieur un point marginal brun. L’infeête les
porte ordinairement à plat & croifées fur fon corps.
C’eft dans ces galles rondes, dures & liffes qui viennent
fur le revers des feuilles du chène;que nait cet infeûte. Ces
mêmes galles produifent un cinips , comme nous l'avons
déja và. IL s’agiroit de favoir fi c’eft Le cinips ou le diplole-
pe qui eft le véritable habitant de la galle; c'eft ce qu'il n’eft
pas aifé de déterminer : peut-être le cinips, en dépofant fes
œufs, donne lieu à la galle de fe former, & que le diplole-
pe dépofe enfuite fon œuf dans la galle commençante,
ce qui fait périr la larve du cinips: peut-être aufli ces deux
infectes étant armés de femblables aiguillons , peuvent-ils
Fun & l’autre dépofer leurs œufs fur les feuilles du chêne
& occafionner des galles femblables.
2. DIPLOLEPIS Sedeguaris niger , abdomine ferru-=
gineo apice nigro , pedibus rufis
Linn. faun. fuec. n. 938. Tenthredo antennis duodecim-nodiis nigris, abdomine
fubtus ferrugineo , pedibus flavis , alis immaculatis.
Linn. fÿfE. nat. edit. 10 ,p. 553, n. 1. Cyÿhips nigra, abdomine ferrugineo pof=
tice nigro , pedibus ferrugineis,
Reaurm. inf. tom. 3, tab. 46, f. $ — 8. & tab. 47 ,f. 134.
AGE Uÿf. 1736, p.219 , n. 3. Ichneumon bedeguaris.
Blank. belg. 187, 1. 16,f.v,x,y; ze
Le diplolepe du bedeguar.
Longueur : + ligne. Largeur + ligne.
Le bedeguar , ou cette excroiffance chevelue que l’on
trouve fur le rofier & dont nous avons déja parlé , fournit
plufieurs de ces diplolepes qui font noirs , avec le ventre
brun , luifant, noir vers le bout & les pattes brunes. Si on
ouvre les loges ligneufes du bedeguar lorfque les petits
DES:INSECTES. 311
animaux qui font dedans font prêts à en fortir , on trouve
dans les unes des cinips ; dans d’autres des ichneumons &
dans plufieurs ces infeëtes-ci.
3 DIPÉOËEEPTS aies levis fungoft , fufcus
oculis nigris.
Le diplolepe de la galle fongueufe & Life du rofier.
Longueur 1 ligne. Largeur = ligne.
La couleur de cette efpéce eft fauve ; fes yeux feuls font
noirs, & fon ventre eft un peu plus brun que le refte
de fon corps. Ses antennes font de la longueur de l'animal,
& fes ailes font un peu plus grandes que lui. Il fort du be-
deguar life, ou de cette galle fongueufe du rofier dans Le
quelle vient le beau cinips doré à queue.
4 DIPLOLEPIS ziger ; abdomine fufco lucido ,
pedibus rufis , antennis nipris.
Le diplolepe noir à ventre brun & antennes noires.
Longueur 1 ligne, Largeur : ligne.
Ses antennes font noires & prefque de la longueur de
fon corps. Sa tête & fon EN font de même couleur.
Le ventre eft d’une couleur brune très-luifante. Son ai-
guillon ef affez apparent. Ses pattes font fauves , & fes ai-
les diaphanes excédent le ventre.
s- DIPLOLEPIS fu/cus , abdomine lucido, pedibus
rufes , antennis fufcis.
Le diplolepe brun à ventre luifant & antennes brunes.
Longueur 2 lignes. Largeur 3 ligne.
Il reffemble tout-à-fait au précédent , fi ce n’eft qu'il eft
brun & que fon ventre eft encore plus luifant.
6. DIPLOLEPIS rotus niger , pedibus flavis.
Le diplolepe noir à pattes jaunes.
Zongueur 1 ligne, Largeur à ligne.
Ses antennes font de la longneur de fon corps. Tout f'a-
312 HISTOIRE ABRÉGÉE
nimal eft noir , mais fa tête & fon corcelet font d’un noi
matte ; au lieu que fon ventre eft luifant & poli. Ses pattes
font Jaunâtres & fes ailés un peu noires. Ces ailes font
aufli grandes que tout l'animal.
E'Ù PO, PAT US:
EE UT COPIE.
Antennæ ramofce. Antennes branchues,
Ale inferiores breviores. Aïîles inférieures plus courtes;
Os maxillofum. Bouche armée de machoires.
Aculeus ani conicus. Aiguillon conique.
Abdomen fubovatum,petiolo tho- Ventre prefqu’ovale, attaché au
raci connexum. corcelet par un pédicule court.
Ocelli tres. Trois petits yeux lifles.
Le caractere fingulier de ce genre fe tire de la forme de
fes antennes qui font branchues , & forment une efpéce de
jolie pauache , ce qui lui a fait donner le nom qu’il porte,
Les branches des antennes naïffent du filet principal ;
elles font au nombre de trois qui partent du fecond , du
troifiéme & du quatriéme anneau de l’antenne. Ce genre
eft le feul de tous ceux de cette feétion dont les antennes
foient ainfi figurées. À cé caraëtere près’, l'eulophe reflem-
ble tout-à-fait aux diplolepes & aux cinips , & ces trois
genres ne fe diftinguent guères que par la forme de leurs
antennes.
Je n'ai point trouvé la larve de cet infete qui doit
approcher de celles des cinips qui n’habitent point dans
des galles. Sa chryfalide au moins reffemble tout à-fait
aux leurs, & lorfque je lai ramañlée , je m'attendois à
avoir des cinips. Elle me donna ces infeétes qui font do-
rés , verdatres & brillans. Cette chryfalide fe trouve atta-
chée fous les feuilles ; il y en a plufieurs ramaflées enfem-
ble. L'infeête parfait eft petit , & jufqu’ici je nai rencon-
tré qu une feule efpéce de ce genre. L'efpéce d'ichneumon
que décrit M. de Geer ; pag. 89 , tab. 35, f 1 nr
e
DIS (LNSECTE SE 313
de fon ouvrage ; paroït être une autre efpéce de ce même
genre.
4 EULOP HUS. Planch. 15 , fig. 3e
L'eulophe.
Longueur 2 + lignes.
Ses antennes font compofées de fept piéces affez lon.
gues, dont trois ; favoir , la feconde , la troifiéme & la
quatriéme jettent de longues appendices ou branches auffi
longues que l'antenne , ce qui forme comme deux bou-
quets fur la tête de l’infeête. Tout l'animal eft d’un beau
vert doré & brillant , il n’y a que les antennes qui font
jaunûtres & les pattes qui font blanches.
Ce font des petites chryfalides femblables à celles des
cinips fans galles,qui n’ont donné ce bel infeéte. Ces pe-
tites chryfalides étoient attachées par leur pointe de der-
riere à des feuilles de tilleul , & elles font éclofes chez
moi. :
ICHNEUMON.
LICHNEUMON.
Antennæ filiformes ; lon- Antennes filiformes lon-
gæ ; vibratiles. gues vibratiles.
Alæ inferiores breviores. + Ailes inférieures plus courtes.
Os maxillofum. Bouche armée de machoires.
Aculeus ani triplex. Aiguillon divifé en trois piéces:
Abdomen petiolo tenui longo tho= Ventre attaché au corcelet par
raci connexum, un pédicule long & mince.
Ocelli tres. Trois petits yeux lifles.
Les Naturaliftes ont donné aux infeëtes de ce gegre le
nom d’ichneumons ; mouches-ichneumons , ou guépes-
ichneumons , parce que ces petits animaux qui approchent
de la guêpe , font à plufieurs autres infeétes une guerre
femblable à celle que l’ichneumon des anciens faifoit fui-
vant eux au crocodile. Cet ichneumon qu’ils décrivent
Tome II, Re
314 HISTOIRE ABRÉGÉE
fous la forme d'un petit quadrupede , à peu près de la
groffeur d’un rat , fautoit dans la gueule du crocodile
qu'il tient ouverte lorfqu’il dort au foleil. Pénétrant ainfi
dans le corps de cet animal , il rongeoit & déchiroit fes
entrailles & le faifoit périr. Telle eft la fable qu'ont rap-
portée les anciens. L'infeéte que nous traitons eft un
ichneumon bien plus formidable pour les autres infeëtes ,
que l’autre ne l’eft pour le crocodile. Il fait dépofer fes
œufs dans le corps de ces petits animaux, par une entaille
qu'il fait à leur peau , & fa larve venant à éclore dans l'in-
térieur , ronge les entrailles de Pinfeéte qui la renferme ,
s’en nourrit & le fait périr. Comme lichneumon des an-
ciens eft un animal qui n’a Jamais exifté , nous avons cru
devoir conferver ce nom à cet infe@te , fans craindre la
confufion des noms entre deux animaux dont l’un n’eft
que fabuleux.
Parmi les différens caraéteres de ce genre , il ÿy en a trois
qui lui font propres , & qui feuls le feroient aifément dif-
tinguer de tous ceux de cette feétion. Le premier confifte
dans la forme & le mouvement des antennes de l’ichneu-
mon. Ces antennes font fines , aufli déliées qu'un fil, affez
longues dans la plüpart des efpéces de ce genre, & de plus
elles ont un mouvement de vibration prefque perpétuel.
L'infeête les fait toujours agir, & c’eft par cette raifon
que quelques auteurs ont appellé les ichneumons , #1/cæ
vibratiles , où mufCcæ antennis vibrantibus. Le fecond ca-
faétere propre aux ichneumons dépend de la conformation
de leur ventre & principalement de fa partie fupérieure.
Dans ce genre d'infeétes , le ventre tient au corcelet par
un pédicule mince & étranglé , fouvent aflez long , comme
on léremarque dans licrenmon à long pedicule & dans
quelques-autres efpéces. Cet étranglement du ventre vers
fon. origine fert à faire reconnoitre les ichneumons & à
empêcher de les confondre avec d’autres infeétes qui en
approchent ; fur-tout avec les mouches-à-fcie dont quel-
ques-unes leur reflemblent beaucoup. Enfin le dernier
DES INSECTES: 31$
caractere particulier de ce genre fe tire de la figure de l'ai.
guillon des femelles. Cet aiguillon déborde le ventre,
dans quelques efpéces même il furpañle de beaucoup la
longueur du corps : mais ce quieft le plus fingulier , c’eft
quil femble que l'ichneumon ait trois aiguillons d’égale
longueur. C'eft ce qui a fait nommer cet infeûte par
Aldrovande & Mouffet , mufca tripilis. Cependant fi on
examine un peu attentivement ces trois aiguillons , on
voit qu'il n y en a qu’un véritable, qui eft celui du milieu,
les deux des côtés ne font que des efpéces de fourreaux ou
demi-fourreaux , des lames creufes , qui fe joignant en-
femble recouvrent le véritable aiguillon & lui fervent
d’enveloppe. C'eft ce que l’on apperçoit clairement , lorf
que l'infeête tient ces fourreaux rapprochés contre l'ai-
guillon : pour lors il paroît n avoir qu'un feul aiguilion plus
ros ; mais s’il les fépare de lui même ou qu'on les écarte,
il femble qu'il en ait trois ; fi au contraire on n’écarte
u’un des demi-fourreaux , l'ichneumon paroît avoir deux
aiguillons. Ces différences ont trompé quelques Natura-
liftes anciens , qui ont donné à quelques efpéces de ce
genre le nom de mouches à deux aiguillons ; mufca
bipilis.
La ftrudture des demi-fourreaux & celle du véritable af
guillon font différentes. Ceux-là font creufés d'un côté
pour couvrir l’aiguillon ; convexes en-dehors , affez mols
& moufles vers le bout. Leur couleur eft ordinairement
noire , & vüs à la loupe ils paroïffent velus. Le véritable
aiguillon qui eft au milieu eft cylindrique , ferme , pointu
& un peu plus gros vers le bout , creux en-dedans & percé
vers fon extrémité ; fa couleur brune tire fur le maron &
fa fuperficie eft life. De plus , l’origine des fourreaux
& celle de l’aiguillon font différentes. Celui-ci part de
l'extrémité du ventre, ceux-là naïffent du deffous du ven-
tre , un peu moins bas que fon extrémité , & ils fe recour-
bent pour aller gagner l’aiguillon qu'ils enveloppent. Cet
aiguillon accompagné de fes fourreaux eft propre aux fe-
KRr i]
>
316 HiISTOIRE ABRÉGÉE
melies , & toutes les fois qu'on trouve des ichneumons
qui n’en ont point , on peut affurer qu'ils font males. 1l faut
cependant y regarder de près , car dans quelques femelles
l’aiguillon eft très-court*, ce qui peut induire en erreur
fi on n’y fait pas aflez d’attention.
T'els font les caraëteres à l’aide defquels on peut aifé-
ment reconnoître Les ichneumons. Les larves de ces infec-
tes reflemblent à des vers blancs, mollaffes, fans pattes, &
dont la tête feule eft brune & écailleufe. On les rencontre
difficilement , parce qu'elles font ordinairement cachées
dans le corps d’autres infeétes vivans. Les chenilles dont la
peau eft tendre & délicate , font de tous les infettes ceux
qui font les plus fujets à être attaqués par les ichneumons.
Les pucerons & quelques -autres font aufli la proie de
quelques petites efpéces de ce genre. Lorfque l’ichneumon
femelle veut faire fa ponte , elle fe pofe fur une chenille ,
ou un autre infecte femblable , elle perce fa peau avec fon
aiguillon , & dépofe dans le corps de l'animal un ou plu-
fieurs œufs qui coulent le long de la cavité intérieure de
Paiguillon. Si l'ichneumon eft d’une grofie ou moyenne
efpéce , il ne dépofe guères qu’un ou deux œufs dans le
gorps d'une chenille ; mais les petits ichneumons en dé-
pofent un nombre confidérable. La chenille ainfi bleffée ,
va & mange à fon ordinaire dans les commencemens ,
elle ne paroît ni malade, ni languiffante ; elle porte cepen-
dant dans fon corps des larves d’ichneumon , quelquefois
jufqu’à trente & quarante qui vivent à fes dépens & fe
nourrifflent de fa fubftance. Il femble que dans cet état
elle devroit périr en peu de tems. Mais ces larves vora-
ces n'attaquent point les vifceres principaux de la che-
nille , ce qui la tueroit fort vite & elles auili faute de nour-
riture. Elles ne détruifent qu'une efpéce de fubftance graif-
feufe qui eft en grande quantité dans la chenille, & qui
femble ne lui être utile que dans le tems de fa transforma-
tion. Cette fubfiance.que Malpighi a décrite dans fa dif-
fertation fur le ver-à-foie, & qu'il a nommée corps praif°
DES INSECTES. 317
Jeux ; peut nourrir fuflifamment la larve ou Îes larves
d’ichneumons fans que la chenille périfie. Elle vit pendant
long-tems , elle mange à fon ordinaire , & ce n’eft qu’a-
près un certain tems qu'elle commence à languir : pour
lors les larves d'ichneumons qui font parvenues à leur
groffeur , après avoir rongé le corps graifleux de la che-
nille , percent fa peau avec leurs dents, & en fortent pour
fe filer une coque dans laquelle elles puiflent fe méta-
morphofer. On voit la chenille criblée de tous côtés par
les larves qui en fortent , fe mouvoir languifflamment
& périr peu de tems après. D'autres chenilles , quoique
remplies de larves d’ichneumons , parviennent à fe tranf-
former & à fe changer en chryfalides , probablement parce
que ces larves qui ne font pas encere parvenues à leur
groffeur , ne les ont pas autant épuifées & ne percent
point leur peau pour en fortir ; mais après quelques jours,
on voit fortir de ces chryfalides les larves qui les percent
de tous côtés pour fe filer enfuite des coques , ce qui fait
également périr la chryfalide. D'autres larves ne fortent
point de cette façon des chryfalides des chenilles ; elles
reftent enfermées après les avoir fait périr , elles fe tranf-
forment dans leur intérieur, & on voit fortir d’une chryfa-
lide de chenille un ichneumon parfait & ailé, au lieu du
papillon ou de la phalêne qu’on s’attendoit d’avoir.
Lorfque les larves d’ichneumons, après être parvenues à
leur groffeur , font forties du corps de la chenille qui les
renfermoit , elles fe filent comme les chenilles une petite
coque de foie. Cette coque eft de la figure d’un œuf
un peu allongé. Les petites efpéces qui habitent en grand
nombre dans le corps d’une feule chenille , & qui en for-
tent en même tems , filent ces coques les unes à côté des
autres , ce qui forme une maffe cotonneufe , telle qu’eft
celle que donnent les /chrewmons à coton : ou bien ces pe-
tites coques rangées fymétriquément les unes à coté des
autres, imitent un rayon de ruches d’abeilles, comme on le
voit dans la troifiéme efpéce de ce genre. Les grandes
318 HISTOIRE ABRÉGÉE
efpéces au contraire qui n’habitent jamais que feules , où
tour au plus deux à la fois dans le corps d’un infecte , fe
filent des coques féparées. Ces coques plus grofles que les
précédentes, font toutes blanches lorfqu elles viennent d’E-
tre filées : peu de tems après elles font joliment bariolées
de bandes tranfverfes brunes & blanches. L’infeéte pour
produire cette variété de couleurs , fortifie d’abord fa co-
que de bandes de foie plus fortes par endroits. Enfuite
lorfque la coque eft achevée, il répand une liqueur brune,
qui pénétrant dans les endroits les plus minces de la
coque ; leur donne cette couleur , tandis que les bandes
plus épaifles & plus fortes en foie reftent blanches: On
rencontre fouvent des coques d’ichneumons ainfi bario-
lées , dont les bandes font plus ou moins ferrées. L'’autres
grandes efpéces d’ichneumons ne fe filent point de coques,
mais fe transforment en chryfalides dans l’intérieur des
chenilles, ou de leurs nymphes qui leur fervent de coques.
Les nymphes d’ichneumons font molles , blanchatres ,
& on y diflingue aifément toutes les parties de l'infecte
parfait qui en doit fortir. Queilques-unes de celles qui font
renfermées dans des coques, ont une propriété finguliere,
c'eft de faire fauter la coque qui les contient. Sï on met
ces coques fur fa main ou fur une table , on eft furpris de
les voir fauter & fouvent s'élancer de plufieurs lignes
en l'air. Le méchanifme par lequel l’infeëte fait ainli fauter
fa coque, paroït fort difficile à appercevoir. Ce qu'il y a de
plus probable , c’eft que l’infecte s'allongeant , & pouifant
par cette action les deux extrémités de fa coque , force
quelques endroits du milieu de cette même coque à ren-
trer en-dedans , enfuite lorfque l’infe&e fe replie fubi-
tement , les bouts de fa coque qui étoiert allongés fe rap-
p'ochent l'un de l’autre , & le milieu fe rérablifflant par un
mouvement élafñique & fe trouvant pouflé en - dehors,
frappe le plan fur lequel la coque eft pofée , & l'en éloi-
gne par le mème effort , ce qui la rejette & la fait fauret en
air.
D4S INSECTES. 319
Les ichneumons ou les infectes parfaits qui fortent des
chryfalides, font ordinairement ailongés & éfiiés. Leur tête
eft petite , & les antennes de la plüpart font longues. pro-
portionément à leur grandeur. Els ont tous quetre ailes
veinées , attachées à leur corcelet, dont les deux fupérieu-
res font plus longues que les autres. Leurs pattes font
au nombre de fix & affez grandes ; les dernieres fur tout
font plus longues que les autres. Le ventre eft allongé
& ne tient au corcelet que par un filet mince, quelquefois
affez long : enfin dans les femelles le ventre ef terminé par
un aiguillon plus ou moins long , accompagné des deux
côtés de demi-fourreaux qui reflemblent au véritable ai
guillon , enforte que linfeëte paroît en avoir trois.
Les efpéces que renferme ce genre , font en très-grand
nombre; & plulieurs d'entrelles offrent des fingularités
remarquables. Nous ne nous arrêterons ici qu’à quelques-
unes des plus frappantes. Quelques ichneumons méritent
d’être confidérés pour leur petiteffe finguliere. De ce nom-
bre font les quatre premieres efpéces de ce genre , dont
les unes habitent fouvent par centaine à la fois dans le
corps d’une feule chenille , & fe filent enfuite des coques
ramaflées en peloton ; les autres n'habitent. qu’une à une
dans le corps des pucerons , que leur peritefle empêche
d’en contenir davantage. D’autres fchneumons attirent les
resards ar la longueur de leur aiguillon. La cinquiéme
efpéce , que nous avons appellée l'ichzeumon à longue
queue , furpañle toutes les autres par cet endroit : fon ai-
guillon eft deux fois plus long que fon corps. Dans quel-
ques efpéces , les cuiffes poftérieures font déméfurément
groffes , dans d’autres ce font les jambes , ce qui leur donne
un port tout-à-fait extraordinaire. Dans la plüpart de ces
infeétes , le ventre eft ou cylindrique ou applati en-deflous ;
quelques -uns au contraïre Font applati fur les côtés ;
enforte que de ventre eft aigu en -deffous & en: deflus ;
& que vû de côté ;'il-paroît large & repréfente une efpéce
de coutelas ou de faucille, Beaucoup d’efpéces ont leurs
320 HISTOIRE ABRÉGÉE
antennes miparties de blanc & de noir, d’autres ont les
pattes ou le corps bariolés ; quelques -unes ont des ban:
des noires fur les ailes.
Enfin une derniere remarque à faire ; c’eft que dans
quelques efpéces de ce genre les mâles font aîlés , tandis
que leurs femelles n’ont point d'ailes. On feroit fort em-
baraflé de reconnoitre ces ichneumons fans aîles , fi les
trois aiguillons qu'ils portent & le mouvement perpétuel
de leurs antennes ne les décéloit pas. Ces deux caracteres
les font aufli-tôt diftinguer, car du refte ces ichneumons
non ailés ont à la premiere vüe beaucoup de refflemblan-
ce avec les fourmis. Nous avons trouvé dans ce pays-ci
trois efpéces de ces ichneumons fans ailes, dont une eft
très-petite , & peut-être y en a-t-il davantage. Les pays
étrangers en ont aufli, & je me fouviens d'en avoir vü
une efpéce affez grande dans le cabinet de M. de Reau-
mur qui l'avoit rangée parmi les fourmis.
1. ICHNEUMON érico conglobato albo. Linn. fauni
fuec. nm 9$1.
Linn, fyft. nat. edit. 10, p. $68 , n. 67. Ichneumon niger pedibus ferrugineis,
Journal des favans, 1913 , p. 474. Mouche à coton.
Derrh. phyfico-theol. 1.8, 6.6, n.21.
Raj. inf. 255» n. 13. Vefpa ichneumon parva ; crucigena nullis in cauda
fetis, toto corpore;, antennis & pedibus nigris.
Frifch. germ. 6 , p. 24st. 10. +
Reaum. inf. 2, tab. 35, fig. 6.
AG. Upf. 1736 , p. 29 ; n. 10. Ichneumon tophos fericeos exftruens,
L'ichneumon à coton blanc.
Longueur 1 ligne.
On trouve fouvent dans les prés des efpéces de boules
foyeufes, blanches , d’un pouce environ de long , & de la
forme d’un œuf, attachées aux tiges des herbes. Elles
reffemblent à la premiere vüe à une coque de quelque
chenille. Mais fi on ouvre une de ces boules, on voit que
c'eft un amas de petites coques recouvertes d’une cou-
che de foie. Toutes ces coques font filées par des petites
larves
DIEISUINSE CTES 32t
latves d’ichneumons qui s’y métamorphofent, & en lés
gardant on en voit fortir les petites mouches-ichneumons
en très-grande quantité. Elles font noires , leurs antennes
font au moins de la longueur de leurs corps, leurs aîles
font diaphanes avec un petit point marginal brun, & leurs
pattes font entrecoupées de couleur fauve & de noir. A
l'extrémité du ventre des femelles ; on voit trois petits ai-
guillons courts qui partent de deffous le ventre , & qui
paroiflent davantage en le preflant.
2.1ICHNEUMON /érico conglobato flavo. Linn. faun.
Juec. mn. 9$2.
Linn. fyff nat. edit. 10, p. #68, n. 68. Ichneumon niger pedibus flavis,
Goed. lat.1,p. 59, n. 11, & gall. tom, 2 , tab, xj.
Lift. Goed. 17, n. 7.
Ray. cantabr. p. 35.
Ra) inf. 254, n. 12. & p. 260. Mufca braflicariæ erucæ,
Derrh. phyfico theol. 1.8, c. 6, n. 21.
Reaum. inf: tom. 2 , tab. 33, f.1,7:85 123 13e
Merian europ. 1 ,r. 45. l
A&. Upf. 1736, p. 29, n. 11. Ichneumon parafiticus erucarum minimus.
De Geer. inf. p. 575 & 704 , tab. 16, f, 1 —6. Petit ichneumon noir à
corps allongé & ovale , & à jambes d'un jaune foncé , qui vit en fociété dans
les chenilles.
Rofel. inf. vol. 2 , tab. 4. Bombyl. & vefp,
L'ichneumon à coton Jaune.
Longueur 1 3 ligne.
Ceux-ci vivent en compagnie comme les précédens.
Ordinairement ils dépofent leurs œufs dans le corps de
quelque chenille , & principalement de celle du papillon
blanc du chou. Les petites larves qui en viennent, vivent
dans le corps de la chenille & fe nourriffent de fa fubftan-
ce , ce qui la fait périr. Quelquefois cependant elle par-
vient à {e changer en chryfalide, mais bientôt après elle
périt fans fe transformer en papillon. Les petites larves
parvenues à leur groffeur , fortent du corps de la chenille
ou de la chryfalide qu’elles percent de tous côtés & fe
mettent à filer des petites coques jaunes les unes à côté
des autres ; mais ces coques ne forment point de boules
Tome {1. S£
22 / HISTOIRE ABRÉGÉE
régul'ercs & ne font pas recouvertes d'une couche de foie,
comme dans l’efpéce précédente , enforte que l’on diftin-
gue très-bien chaque coque en particulier. Au bout de
quelques jours on en voit fcrtir de petits ichneumons fem-
biables aux précécens , fi ce n'eft qu'ils font un peu plus
grands , que leurs pattes font jaunes & que leurs antennes
n'égalent pas tout-à-fait la longueur de leur corps.
3. ICHNEUMON érico alyeari-formi.
Reaum. inf. tom. 1 ,tab. 35 , f. 7. La coque.
L'ichneumon à coques en forme de rayons de ruche.
Longueur 1 ligne. |
Les coques de cette efpéce font toutes pofées les unes
à côté des autres dans leur longueur , & forment des ef-
péces de tablettes plattes des deux côtés. Sur chaque face
on voit les extrémités de ces petites coques cylindriques ;
qui font ouvertes lorfque lPinfeéte en eft forti & qui re-
préfentent très-bien les cellules d'un rayon de mouches à
miel. Pendant long-tems J'ai rencontré de ces coques
tantôt grifes , tantôt brunes, mais prefque toujours les
petites mouches en étoient forties, & celles qui ne l'é-
toient pas périfloient avant que de fe transformer. Enfin
je fuis parvenu à avoir quelques-uns de ces ichneumons
qui font femblables aux précédens , mais plus éfilés. Leur
couleur eft noire , leurs pattes font brunes, & leurs anten-
nes ont les deux tiers de la longueur de leur corps.
, 2 ICHNEUMON aphidum. Linn. faun. fuec.
7Le 953: +
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 568 , n. 65, Ichneumon niger , pedibus rufis, an«
tennis filiformibus longis.
L'ichneumon des pucerons.
Longueur 1 ligne.
Parmi les pucerons qui couvrent les plantes ê&c les ar-
bres, on en voit qui font morts, & dont le corps brun ,
DES INSECTES. 323
gros & luifant refte collé à la feuille. Ces pucerons ont
été piqués par des petits ichneumons , qui ont dépofé
leurs œufs dans leur corps. Ces œufs venant à éclore, la
petite larve vit dans le corps du puceron qu'elle fait pé-
rir. Elle fait enfuite fa coque dans ce cadavre qui paroït
dur & gros, & elle en fort fous la forme d'infette parfait
& ailé par une ouverture qu'elle fait à la peau. Ce petit
ichneumon femblable aux précédens, eft noir avec les pat-
tes jaunes , & les antennes prefqu’aufli longues que fon
corps. On le voit quelquefois voltiger fur les pucerons ,
s’y arrêter & approcher fon aiguillon & fon ventre de l'a-
nus du puceron pour y dépofer fon œuf,
Nous avons vû en parlant des cinips, que la petite larve
de cet ichneumon n'étoit pas en füreté dans le corps du
puceron. Il furvient fouvent un petit cinips dont nous
avons parlé , qui vient aufli dépofer fon œuf dans le mê-«
me endroit, & dont la larve tue celle de l’ichneumon ,
enforte que l'on voit alors fortir de ces pucerons morts,
des cinips & non pas des ichneumons.
ss ICHNEUMON ter, pedibus rufis ; fetis ani
corpore duplo longioribus.
Linn. faun. fuec. n. 959. Ichneumon ater , pedibus rufis.
Linn. fylE. nat. edit. 10, p. $63 , n. 30. Ichneumon manifeflator.
Raj. inf. 256. Vefpa ichneumon tota nigra, præter pedes qui crocei funt,
(maf.) :
Raj. ibid. 261. Mufca tripilis corpore tenui admodum & prælongo, fetis a
cauda, omnium , quas unquam vidi, longiffimis, exeunribus , (fæmina.)
AG. Upf. 1736 » p. 29, n. 3. Ichneumon cauda tripili, abdomine tereti atro ;
pedibus filiformibus rubris.
Reaum. inf. tom. 6 , tab. 19, f. 16.
De Geer. inf. pag. 703, tab. 16 , fe. 9. Ichneumon noir à corps allongé &
cylindrique , & à jambes rouffes, de la grande efpéce,
Lichneumon à longue queue.
Longueur 10 lignes. Largeur 1 + ligne.
Ce grand & fingulier ichneumon ef tout noir, à l’ex-
ception de fes pattes qui font d’un roux fauve. Ses anten-
nes ont [es trois quarts de la longueur de fon corps , &les
Sf i]
324 HISTOIRE ABRÉGÉE
{oies de fa queue en ont au moins le double. Cette efpèce
eft celle de ce genre qui a la plus longue queue. Des
trois foies qui la compofent, deux font noires, groffes &
velues , ce font celles des côtés qui fervent de gaines.
Celle du milieu qu’elles enveloppent & qui eft le vérita-
ble aiguillon,eft brune, liffe , plus mince & plus roide,elle
part du deflous du ventre ; au lieu que les autres naiflent
de fa pointe. Les ailes qui font grandes, ont un point mar-
ginal brun. Tout l'infeëte eft allongé , mais fon ventre
fur-tout eft fort long & plus gros par le bout. On ren-
contre fouvent cet ichneumon voltigeant dans les bois.
N.B. J'en ai trouvé une autre efpéce toute femblable,
mais plus petite de près de moitié. Je penfe qu'elle n’eft
qu'une variété de la précédente, n’y trouvant aucune au-
tre différence que celle de la grandeur.
6 ICHNEUMON rer, pedibus rufis ; fetis ani
longitudine corports , abdomine læve.
L'ichneumon noir à queue de la longueur du corps & ven-
tre liffe.
Longueur 7 lignes. Largeur x + ligne.
Cette efpéce eft noire avec les pattes fauves. Elle fe
diftingue des autres qui en approchent , parce que les
poils de fa queue font de la longueur de fon corps , &
l'animal ef aflez gros & large. Son ventre eft lifle & c’eft
en quoi cet ichneumon différe du fuivant.
7. ICHNEUMON rer, pedibus rufis , fetis anë lon
gitudine corporis , abdomine tuberculis lateralibus.
L'ichneumon noir à queue de la lonoueur du corps, &
ventre à tubercules.
Longueur 6 lignes. Largeur = ligne.
+ La feule différence qui foit entre cette efpéce & la pré-
cédente , dépend ; 1°. de la largeur ; celle-ci eft plus grefle
& plus mince : 2°, des tubercules qui font des deux côtés
DES INSECTES. 32$
du ventre , favoir deux fur chaque anneau. Css tubercu-
les font lifles & élevés. On trouve cette efpéce & la pré-
cédente fur les arbres.
8. ICHNEUMON arer, pedibus rufes , fetis ani corpore
triplo brevioribus , abdomine fère feffrli.
Reaum. inf. tom. 2 , tab. 35 , f. 23.
L'ichneumon à pattes fauves & courte queue.
Longueur 6 lignes. Largeur 1 + ligne.
Cette efpéce plus groffe & moins éfilée que la précé-
dente;lui reffemble pour les couleurs. Elle eft noire & fes
pattes font d’une couleur fauve rougeâtre. Elle différe de
lefpéce ci-deflus ; 1°. par la longueur diflérente de fa
queue qui n'égale gueres que le tiers ou même le quart
de la longueur de fon corps , & dont les filets font roides.
2°. Parle haut des cuifles qui eft noir dans cette efpé-
ce, au lieu que dans l’autre il eft de la même couleur
que le refte des pattes. Cet ichneumon vient dans les
coques & les chryfalides des papillons. Il n’y en a ordinai-
rement qu'un dans chaque coque. Les antennes de cet in-
fecte font noires, aufli longues que fon corps & compo
fées d'environ trente-fix articles,
9, ICHNEUMON arr, pedibus rufis , fetis ant
corpore triplo brevioribus , abdominis bafi 1tenut longa
petiolata.
L'ichneumon à pattes fauves & ventre en filet.
Longueur 3 + lignes. Largeur + ligne.
Celui-ci eft long, éfilé & reflemble beaucoup à Pavant
derniere efpéce. Il eft pareillement noir & fes pattes font
fauves. Ses antennes font de la longueur de la moitié de
fon corps , mais les filets de fa queue qui font minces,
n'égalent pas le tiers du corps. La bafe des cuiffes eft noi-
re comme dans lefpéce précédente dont celle-ci différe
en ce que fon ventre eft mince comme un fil, fur-tout en
326 HISTOIRE ABRÉGÉE
haut ; h'allañt en grofliffant que vers le bas, au lieu que
le ventre de lichneumon précédent eft gros- par-tout ;
quoique le bas foit un peu plus gros que le refte,
10 ICHNEUMON xiger, pedibus rufrs ; fronté
flava.
L'ichneumon noir à pattes fauves & devant de la tété
Jaune.
Longueur 3 lignes. Largeur + ligne.
Ses antennes font noires, un peu pâles en-deffous , & de
la longueur de la moitié de fon corps. Tout l'animal ef
noir , à l'exception du devant de fa tête qui eft jaune. Ses
pattes font de couleur fauve, mais fes pieds de derriere
font noirs, Les aïîles ont un point marginal bien marqué,
11. ICHNEUMON riger, pedibus ferruginers ;
femoribus poflicis craffrs globofis.
L'ichneumon noir à pattes Brunes & groffes cuiffes.
Longueur 2 + lignes. Largeur + ligne.
Ce petit ichneumon eft tout noir , il n'y a que fes pat-
tes qui foient d’une couleur fauve brune. Ses antennes
font de la longueur des deux tiers de fon corps. Mais ce
qui fait le caraëtere fpécifique de cet infeéte , ce font fes
cuifles poftérieures qui font grofles & prefque fphériques.
On le trouve fouvent dans les maifons fur les fenêtres.
12. ICHNEUMO N riger, pedibus ferruginers ;
femoribus poflicis craffis denticulo armatis.
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 565 , n. 47. _Ichneumon niger ; abdomine fubcy=
lindrico , pedibus ferrugineis , femoribus clavatis, polticis dentatis.
L'ichneumon noir à pattes brunes & groffes cuifles den-
telees.
Longueur 3 3 lignes. Largeur ? ligne,
Il eft tout noir , fes pattes feules font d’un brun fauve.
Ses antennes font de la longueur des trois quarts de fon
DES INSECTES. 32
corps. Ses cuifles poftérieures font fingulieres. Elles font
grofles , prefque rondes & armées intérieurement. d’une
pointe ou petite dent aigue , ce qui fait le caraétere parti-
culier de cette efpéce.
13 ICHNEUMON rriger , pedibus rufis ; genubus
annulo albo.
L'ichneumon noir à pattes fauves & genoux blancs.
Longueur $ lignes. Largeur + ligne.
Ses antennes font de la longueur des deux tiers de fon
corps. Elles font noires , ainfi que la tête, le corcelet &
le ventre. Les pattes font d’une couleur fauve un peu
rougeâtre , mais à l’origine de chaque jambe il y a un an-
neau blanc. On apperçoit aufii à Porigine des cuifles , fur
cette efpéce de tête ronde qui les Joint au corps, un petit
point blanc. 152
Cet infeête varie. Dans les uns la groffe tête qui joint
les pattes au corps eft fauve comme les cuifles, dans les
autres elle eft noire. Dans les derniers l'anneau blanc des
pattes eft plus apparent. Dans tous, les filets du ventre
font noirs, & égalent environ la longueur de la moitié du
ventre.
14. ICHNEUMON iger, pedibus rufis ; fémorum
Bafi punélo albo.
L'ichneumon noir à pattes fauves, & point blanc à la bafe
dés cuifles.
Æongueur $ lignes. Largeur à ligne.
Ses antennes font de la longueur de fon corps. Tout
Vinfeëte eft noir & allongé. Ses pattes font fauves à l’ex-
ception des tarfes poftérieurs. Sur la petite piéce de la
bafe des cuiffes qui eft noire , il y a un petit point blanc,
N.B. Im apice thoracis pundlo albo. :
Cette variété , qui eft un peu plus grande , mais du refte
toute femblable à l'efpéce ci-deflus , n’en différe que par
328 HISTOIRE ABRÉGÉE
un petit point blanc, qui fe trouve à la pointe du cor«
celet.
15. ICHNEUMON riger, pedibus albidis , alarum
punilo nigro.
De Geerinf. pag. 585 & 704 , tab, 27, fig. 26. Ichneumon noir à corps allongé
& ovale, à jambes d’une feuille - morte jaunâtre,
L'ichneumon noir à pattes blanchätres.
Longueur 1 +ligne. Largeur j ligne.
Ce petit ichneumon eft tout noir & liffe. Ses antennes
font de la longueur de fon corps. Ses pattes font blanchä-
tres. Ses ailes qui font diaphanes ont un point noir au bord
extérieur. Il eft forti de têtes de cir/ium où habitoient des
larves de charanfon dont il avoit fait périr quelques-unes.
16. ICHNEUMON rorus niger ,tibiis pofticis clavatis,
abdomine longo , tenut , falcato.
Linn faun. fuec. n. 985. Ichneumon tibiis pofticis clavatis.
Mouff.t. lat, 64, f. 1, 2. Mufca triplis 1.
Reaum inf. tom. 4 ,tab.1o,f. 14.
AG. Upf. 1736, p. 28 , n. 2. Ichneumon cauda triplici, abdomine fuperne fla-
vefcente , pedibus clavatis.
Ibid. p. 29, n. 17. Ichneumon cauda inermi , abdomine falcato , pedibus clava=
tis. maf.
L'ichneumon tout noir à pattes poflerieures très-longues &
groÿes.
Longueur 6 lignes. Largeur = ligne,
Cet ichneumon ef noir, mince & long ; on voit cepen-
dant-un petit anneau blanc à l’origine de fes jambes & des
tarfes près de larticulation. Les pattes poftérieures font
plus loigues que les autres & ont fur-tout des jambes fort
grofles. Le ventre qui eft mince , applati , plus gros vers
le bout & recourbé , eft terminé par trois aiguillons très=
déliés & plus longs que le corps de l'animal ; les deux laté-
raux font noirs & un peu blanchätres vers le bout, & celui
du milieu eft un peu fauve. Les ailes font blanches & dia=
phanes,
17e
DES INSECTES. 329
17 ICHNEUMON ager, tibiis poflicis clayatis 3
abdomine tenui falcato circa medium fulvo.
L'ichneumon noir à pattes poflerieures groffes & milieu du
veritre fauve.
Longueur s lignes. Largeur 3 ligne.
On prendroit volontiers cette efpéce pour une variété
de la précédente. Elle lui reflemble infiniment & elle n’en
différe que par les marques fuivantes. 1°. Elle n’a point
d’anneaux blancs à l’origine des jambes & des tarfes , mais
elle eft toute noire , à l'exception du milieu du ventre ;
favoir , le quatriéme & le troifiéme anneau & le bas du
fecond qui font de couleur fauve. 2°. Ses aiguillons font
plus courts que fon corps & n'égalent guères que la moitié
de la longueur du ventre ; ils font tout noirs. 3°.Les anten-
nes plus courtes que dans l'efpéce ci-deffus ne font que de
la longueür de la tête & du corcelet pris enfemble , ce
qui fait environ le tiers de la longueur de l'animal.
18. ICHNEUMON rger, femoribus poflicis crafft-
Vimis fulvis punélo albido.
L'ichneumon noir à pattes poflérieures fauves ; très = groffes
& tachetees.
Longueur 3 3 lignes. Largeur + ligne.
Je nai pù examiner cet animal que fur un feul individu
en mauvais état & mutilé , mais fa figure eft fi finguliere
que je n'ai point voulu le pañfer fous filence. Il eft d'une
couleur noire matte. Ses antennes font à peu près de la
longueur de la moitié de fon corps. Les piéces qui font à
la bafe des cuifles poftérieures , font aufli longues que les”
cuifles auxquelles elles refflemblent,& leur couleur eft noi-
re. Les véritables cuifles font très’grofles , ovales , de
couleur fauve ; avec un point blanchâtre un peu citron
vers leur extrémité du côté intérieur. Les jambes font
minces & en arc pour fe pouvoir courber & appliquer fur
la cuiffe ; elles font noires. Les ailes font aufñli noiratres.
Tome IL AT
330 Hi1STOIRE ABRÉGÉE
19. ICHNEUMON riger , nibiis rufes , femoribus
poflicis clavatis , abdomine longo falcato.
L'ichneumon noir à pattes fauves , à cuiffes poftérieures
groffes & ventre en faucille.
Longueur 4 lignes. Largeur : ligne.
Ses antennes qui font longues, font toutes noires , ainfi
que fa tête , fon corcelet & fon ventre ; ce dernier eft très-
long & fait à lui feul les deux tiers de la longueur de l’'ani-
mal. Il eft très-mince , éfilé & recourbé en faucille. Les
cuiffes font noires & les jambes fauves. Les pattes de der-
riere plus longues que les autres, ont leurs cuifles très-
grofles. Cette forme des pattes & la figure du ventre, font
aifément reconnoiître cette efpéce.
20. ICHNEUMON Zureus , capite thoraceque fufco
apice flavo.
L'ichneumon jaune à tése & corcelet noir avec la pointe
Jaune.
Longueur 10 lignes. Largeur 1 3 ligne.
Ses antennes font de la longueur des deux tiers de fon
corps. Leur couleur eft brune tirant fur le fauve. Sa tête eft
brune , avec les yeux noirs & la levre fupérieure d’un jau-
ne citroné. La couleur de fon corcelet eft d’un brun noir,
mais fa pointe eft jaune. Le ventre un peu applati,eft jaune,
ainf que les pattes. Les aîles font aufli teintes de jaune.
21. ICHNEUMON /ureus totus. Linn. faun. fuec. n.
967-
Linn. fyff. nat. edit, 10 , p.566, n. 51, Ichneumon luteus, thorace ftriato , ab=
domine falcato.
Lift Goed. 59, f. 20. C.
Goed. belg. : , p.135 ,f. 37. & gall. tom. 3 , tab. 37 , fig. Infima.
Raj. inf. 253, n. 6. Vefpa ichneumon major tota fulva , alis amplis, anteriori-
bus nota fulva circa medium marginem anteriorem infñgnibus.
AG. Upf. 1736, p. 29, n. 15. Ichneumon flavus , abdomine falcato, alis ere&tis,
Reaum. inf. tom, 6 ; tab, 30 ; fige 9
DES INSECTES 331
L'ichneumon jaune à ventre en faucille.
Longueur 10 lignes. Largeur 1 + ligne.
Cette grande & belle efpéce a les yeux noirâtres & tout
le refte du corps d’un jaune roux. Ses antennes font un peu
moins longues que fon corps. Son ventre eft fait en arc &
plat des côtés , enforte qu'il reffemble à un coutelas
courbe ou à une faucille. Il tient au corcelet par un pédi-
cule long, très-mince & femblable à un filet qui eft com-
ofé de fes premiers anneaux. Les aiguillons font très-
courts & débordent à peine le ventre. Les ailes membra-
neufes ont un point marginal jaunâtre.
N.B. J'en ai une variété plus petite d’un tiers.
22. ICHNEUMON capite thoraceque nigris , antennis
pedibus abdomineque falcato, lureis.
Reaum. inf. tom. 2 , tab. 34, fig. 6.
L'ichneumon à tête & corcelet noirs ; & ventre jaune en
faucille.
Longueur 9 lignes: Largeur ? ligne.
C’eft précifément la même forme de corps que dans
l'efpéce précédente. Son ventre eft aufli applati par les
côtés & recourbé en forme de faucille ; fes antennes font
auffi de la longueur de fon corps & les aiguillons de fa
queue fort courts. La différence de cette efpéce confifte
en ce que fa tête & fon corcelet font noirs, & tout le refte
de fon corps jaune , tant les antennes & les pattes que le
ventre.
23. ICHNEUMON Zuteus ; oculis ; thorace infra,
abdomini/que falcati apice nigris.
Linn. faun, fuec. n. 969. Ichneumon totus luteus , abdominis apice nigro,
Linn. f}ff. nat. edit. 10 , p. 566, n. 51. Ichneumon luteus , abdomine falcato ,
apice nigros \
Ray. inf. 253 , n. 7. Vefpa ichneumon precedenti congener , fed minor , tum
corpore, tum alis, verum imo abdomine feu cauda nigra.
Albin, inf. tab. 7, f. e. fé
03
332 HISTOIRE ABRÉGÉE
L'ichneumon jaune à corcelet noir en-deffous & extrémité
du ventre notre.
Longueur 8 lignes. Largeur 1 à ligne.
Ses antennes aufli longues que fon corps ; font d’un
jaune fauve. Le refte de fon corps eft de la même couleur,
à l'exception des yeux, du deflous du corcelet & de l’ex-
trémité du ventre qui font noirs. Les ailes font aufli jaunes.
Cet infecte reflemble tout-à-fait pour la forme aux deux
précédens, fon ventre eft fait de même en coutelas & ap-
plati des côtés. Les filets de fa queue font très-courts &
peu apparens.
24. ICHNEUMON riger , abdomine falcato , pedibus
abdominifque medio flavis.
Linn. faun. fuec, n. 975. Ichneumon niger ; abdomine antice luteo , pedibuf-
que luteis.
Linn. fyfi. nat. edit, 10, p. $65 , n. 46. Ichneumon niger , abdomine falcato ,
fegmentis 2°. 30, 4°. que rufñis, pedibus tenuibus ferrugineis.
Ra. inf.2ss , n. 17. Vefpa ichneumon major & longior , abdomine multo te-
nuiore ligamento pectori adnexo.
AG. Upf. 1736, p. 19 , n. 16. Ichneumon niger , abdomine falcato fuperne
juteo , alis erectis.
De Geer inf. p. 305. & 574 ; tab. 6 , fig. 11, 12. Ichneumon noir à corps en
forme de faux , dont le milieu eft jaune-rougeâtre & à jambes antérieures
jaunes.
L'ichneumon noir à pattes & milieu du ventre citron.
Longueur 6 lignes. Largeur 1 ligne,
La forme du corps de celui-ci eft encore la même que
celle des trois précédens. Ses antennes font de la longueur
de fon corps. Tout l'infecte eft noir , à Pexception du
milieu de fon ventre ; favoir, le fecond , le troifiéme & le
quatriéme anneau , & des pattes qui font de couleur
citron , encore les cuiffes poftérieures font -elles fouvent
noires. Les ailes font brunes.
25. ICHNEUMON Zuteus , thoracis fafciis tribus
lonatudinalibus fufcis.
L ichneumon jeune à corceler rayé.
Longueur s lignes. Largeur à ligne.
DES! TN SECTE S. 333
Cet infeête eft par- tout d'un jaune un peu fauve ; feule-
ment fes yeux font noirs,& il y a fur fon corcelet trois ban-
des brunes longitudinales , une au milieu & une de chaque
côté ; ce qui fäit paroitre le corcelet rayé de fauve &
de brun. La levre fupérieure eft plus jaune que le refte du
corps , les antennes égalent les trois quarts de la longueur
de celui-ci, & le ventre eft un peu applati. C’eft autour
des chênes que l'on trouve fréquemment cette efpéce.
26. ICHNEUMON fufcus , capite abdominifque apice
TILQTLS
L'ichneumon brun à tête & bout du ventre noirs.
Longueur 2 lignes. Largeur + ligne.
Ses antennes de la longueur de fon corps , font de cou-"
leur brune. Sa tête eft noire ; fon corcelet eft brun , avec
un peu de noir à la pointe, Son ventre eft fauve , mais fon
premier anneau & les derniers de la pointe font noirs. Les
pattes font brunes , & les ailes font très-tranfparentes avec
un point marginal brun.
La coque de ce petit ichneumon eft blanchôtre , fa-
tinée , avec deux anneaux bruns , un en- haut , l’autre en-
bas , ce qui la fait reffembler à un petit baril,
27.ICHNEUMON favo - ferrugineus , apice thoracis
2970.
L'ichneumon jaune à pointe du corcelet noire.
Longueur 2 + lignes. Largeur à ligne.
Il eft par - tout d'un jaune un peu fauve , fi ce n’eft à la
partie poftérieure de fon corcelet qui eft noire. Ses anten-
nes font de la longueur de fon corps , & les filets de
fa queue très-courts & peu apparens.
28.ICHN EUMON Paso , rufo , nigroque 'ariegatus 3
choracis apice flavo.
L'ichneumon fauve à taches noires & pointe du corceletjaur.
Longueur s + lignes. Largeur x ligne. .
334 HiSTOIRE ABRÉGÉE
Ses antennes qui font fauves , égalent les deux tiers
de la longueur de fon corps. Sa tête eft de la même cou
leur , avec les yeux noirs & une tache pareillement noire
fur fa partie poftérieure. Son corcelet eft rayé de bandes
longitudinales noires & brunes ; avec du jaune fur les
côtés & fa pointe de même jaune. Le ventre fauve & lui-
fant a une tache noire fur le milieu de chaque anneau en-
deflus. Les pattes font fauves , mais la partie intérieure
des cuifles eft noire & les articulations font jaunes. Les ai-
les font un peu brunes , avec un point marginal fauve. Cet
ichneumon eft forti de la coque de la chenille commune
qu’il avoit tuée.
29.ICHNEUMON fu/cus ÿ nigro maculatus , als
zigris.
L'ichneumon brun à taches noires & aïles noirätres.
Longueur : lignes. Largeur > ligne.
Ses antennes font noires & prefqu'auñfi longues que fon
corps. Sa tête & tout l'animal font d’un fauve brun. Sur la
tête il y a une tache noire , & de plus les yeux font noirs.
Le corcelet a en-devant trois taches noires , une au milieu
& deux fur les côtés , & de plus une quatriéme tache à la
pointe. Le ventre plus jaune que le refle du corps , a
en-deffus au milieu une raie longitudinale de taches
noires , dont il y en a une fur le milieu de chaque anneau.
Les pattes font brunes , avec les articulations plus claires.
Les filets du ventre font noirs, mais celui du milieu ou
Paiguillon eft fauve. Les ailes font noirûtres.
Cet infete varie : on en trouve dont la tête & le corce-
let font prefque tout noirs , & dont les pattes font très-
brunes. Dans tous , le ventre a un pédicule très-mince &
affez allongé.
30.ICHNEUMON Znearis rufus nigro maculatus y
als albis cruciatis.
L’ichneumon fauve à taches noires & aïles croifées.
Longueur 1 5 ligne. Largeur à ligne.
DES INSECTES. 33%
Il approche infiniment du précédent. Il n’en différe
que parce que ; 1°. fes antennes ne font pas noires ,
mais brunes & moins longues que fon corps ; 2°. fon ven-
tre eft prefque tout noir en-deflus ; 3°. fes pattes font d’un
fauve clair fans mêlange d’autres couleurs ; 4°. enfin fes
aîles font diaphanes , appliquées & croifées fur le corps de
l'infecte. Les filets de la queue dans la femelle font noiri-
tres & prefque de la longueur du corps. Pour les ailes,
elles débordent le ventre d’un bon tiers. Le ventre aflez
long & égal , a un pédicule court ;, en quoi cet infeéte
différe encore du précédent.
31. ICHNEUMON iger, fronte punéifque humerorum
Jlaves.
L'ichneumon noir à petites taches jaunes.
Longueur 7 lignes. Largeur 1 ligne.
Il eft tout noir , à exception des taches jaunes fuivan-
tes, Premiérement,les yeux font entourés d’une ligne jau-
ne plus large fur le devant , ce qui rend la partie antérieure
de la tête jaune pour la plus grande partie. Secondement,
au-deffus de l’attache des ailes fupérieures , il y a une raie
jaune oblique , & plus bas fur le côté un point de même
couleur. Le deffus du corcelet a un femblable point de
chaque côté près l’attache des ailes inférieures. A l’origine
de chaque cuifle en-deflous il y a aufli un point jaune.
Toutes ces taches font fort petites. Les antennes font de
la grandeur des deux tiers du corps. L'individu que j'ai eft
un mâle , enforte que Je ne fais comment font les filets de
la queue dans la femelle. ‘
32. FCHNEUMON #rro- cœrulefcens , abdominalibus
Jegmentis utrinque macula flava.
L'ichneumon noir à ventre tacheté de citron fur Les côtés.
Longueur 6 lignes. Largeur x = ligne:
Ses antennes font de la longueur de fon corps. Elles
336 HISTOIRE ABRÉGÉE
font;ainfi que tout l'animal, d’une couleur noire matte. Sur
le ventre cette couleur tire un peu fur le pourpre & paroïit
comme veloutée. Tous les anneaux du ventre ont de cha-
que côté une tache. d’un jaune citron excepté le dernier
anneau. Les ailes font noiratres. Le premier anneau du
ventre eft moins en filet qu'il ne l’eft ordinairement dans
les infectes de ce genre.
33. ICHNEUMON rer, punilatus , pedibus ruffs ÿ
abdominis baft utrinque macula flaya.
L'ichneumon noir chagriné à paites fauves & deux taches
jaunes fur le ventre.
Longueur 2 + lignes. Largeur ? ligne.
Il eft tout noir , chagriné , matte & nullement luifant. Sa
forme reflemble aflez à celle de l’ichneumon , (n°. 36)
à plaque de poils bruns [ur Le entre. Ses antennes ont le
tiers de la longueur de fon corps. Ses pattes font rougeà-
tres, & Île fecond anneau de fon ventre a de chaque côté
une grande tache Jaune. Les ailes ont leur bord & un
point marginal bruns.
34 ICHNEUMON iger , femoribus poflhicis rufrs ;
abdominis medio utrinque macula alba.
L'ichneumon noir à cuifles poftérieures fauves & deux ta-
ches blanches fur Le ventre.
Longueur 4 lignes. Largeur + ligne.
Ses antennes n’ont guères que la longueur de la moitié
de fon corps. Tout l'animal eft noir & liffe , à l'exception
de fes cuifles poftérieures qui font d’un fauve roux , & de
deux petites taches blanches allongées ; une de chaque
côté au milieu du ventre fur le troifiéme anneau.
35. ICHNEUMON xiger ; pedibus rufis ; thoracis
Bafi Linea, apice punélo, albis ; abdominis fegmento ; 1°.
punis duobus ; 2°, margine , albis.
L'ichreumon
D'ES£ EN SEC Drisa 1 | 327
L'ichneumon noir à pattes rougeätres , à corcelet & venrre
* sachetés de blanc.
Longueur 3 lignes. Largeur = ligne,
Ce joli ichneumon eft noir. Ses antennes égalent {a
moitié de la longueur de fon corps. Son corcelet a fur
fa bafe une raie blanche tranfverfe un peu en arc , & à fa
pointe une tache de même couleur. Le premier anneau du
ventre a de chaque côté un point blanc , & le fecond
eft tout bordé de blanc. Les pattes font d'une couleur
fauve rougeitre.
36 ICHNEUMON ater, alis extremo fufcis »
abdominis apice villofo ferrugineo. |
De Geer. inf. p. 577. 6 7o$ ,tab. 36, fig. 12. Ichneumon noir, dont le corps fe
termine en boule allongée , qui eft gris-verdäte , luifant & comme fatinée
L'ichneumon noir à plaque de poils bruns fur le ventre.
Longueur 4 lignes. Largeur à ligne.
Ses antennes font de la longueur des deux tiers de fon
corps. Tout Fanimal eft noir , chagriné & un peu velu.
Son ventre ne paroit compofé que de quatre anneaux »
mais le dernier qui eft fort gros , eft réellement compofé
de quatre autres qui femblent confondus & paroïflent n’en
former qu’un. C’eft fur ce gros anneau que fe trouve
une toufle de poils qui forme une plaque noire ou brune
fuivant le fens où on la regarde. Les ailes font brunes
& prefque noires vers leur bout, du moins les fupérieures.
Cet ichneumon eft forti de la coque de différentes pha-
lênes dans les chenilles defquelles fes œufs dvoient été
dépofés.
37. ICHNEUMON iger , alis fafcia duplct
tranfverfa nigra.
L'ichneumon noir à deux bandes [ur les aïles.
Longueur 3% lignes. Largeur à ligne.
Sa couleur eft toute noire & fon corps eft lifle. Ses anten-
Tome II. Vy
338 HISTOIRE ABRÉGÉE
nes égalent les deux tiers de fa longueur. Ses aïles ont deux
bandes larges, tranfverfes , de couleur noire. Celle du bout
eft plus large que l’autre. Cet infe&te a le port d’une abeille.
38. ICHNEUMON sors niger.
L'ichneumon tout noir.
Longueur 1 ligne.
Tout l’infeête eft noir & liffe , quelquefois cependant il
y a une petite tache de couleur citron à l'extrémité du ven-
tre. Ses antennes font de la longueur des deux tiers de fon
corps. & les filets de fa queue font prefqu’aufli longs que
l'animal. Ses aïîles font noires.
39. ICHN EUMON rotus ater , antennis medio albis.
Linn. [yft. nat. edit, 10, p. Se #. 23. Ichneumon ater totus, antennis fafcia
alba,
Reaum. inf. tom.\6, tab.20,fe 1: 2:334
De Geer. inf. p. 581. & 704, tab. 24 , fig. ro. Ichneumon tout noir à corps
allongé & ovale , dont les antennes ont au milieu une petite rache blanche,
L'ichneumon noir à anneaux blancs aux antennes.
Longueur 6 lignes, Largeur 1 ligne.
Ses antennes font prefque de la longueur de fon corps.
Elles ont dans leur milieu trois ou quatre articles blancs
V’un à côté de l’autre , ce qui fait que le milieu de l’anten-
ne eft blanc & forme une efpéce d’anneau. Tout le refte de
l'infedte eft d’un noir matte ; fes aîles mêmes font noi-
râtres ; on voit feulement à l'origine des cuiffes poftérieu-
res une petite tache blanche. Le premier anneau du ven-
tre qui tient au corcelet eft long & mince. On trouve
fouvent cet ichneumon dans les nids de guêpes-maçones
où 1] fait du ravage , dévorant les larves de ces guèpes. :
40. ICHNEUMON riger, thoracis apice antennarum=
que medio albis.
L'ichneumori noir”, avéc la pointe du corceler & le milien
des antennes blancs.
Longueur 5 lignes. Largeur à ligne,
DES INSECTES: 339
11 ne différe du précédent qu’en ce que la pointe de fon
corcelet eft blanche , & que fa couleur noire eft luifante &
non pas matte. Du refte , il a des anneaux blancs au milieu
des antennes , & une petite tache blanche à l’origine de
chaque cuille : peut-être n’eft-ce qu’une variété.
4. ICHNEUMON #rer » femoribus teflaceis ; antennis
medio albis. Linn. faun. fuec: n.9$5$.
L'ichnreumon noir à cuifes rougeätres & anneau blanc aux
a/2Le/L/1ES .
Longueur 43 lignes. Largeur à ligne.
Ses antennes égalent les trois quarts de la longueur de
fon corps ; elles font noires ; avec quelques anneaux
blancs dans leur milieu. Tout l'animal eft noir , excepté fes
pattes qui font rougeîtres , encore dans les pattes pofté-
rieures ny a-t-il que les cuiffes qui foient de cette couleur,
& le refte eft noiratre. Les ailes font brunes : le ventre
eft long & fes filets égalent les deux tiers de fa longueur.
J'ai trouvé cet ichneumon dans les taillis.
42. ICHNEUMON aer ; pedibus rufés , tibis pofticis
apice nigris , antenmis medio albis. Linn. faun. fuec.
22. 962.
AS. Upf. 1736, p so, n. 21. Ichneumon antennis fpiralibus , corpore atro,
ventre fubfalcato , pedibus luteis.
L'ichneumon noir à pattes rougeätres 8 anneau blanc aux
antennes.
Longueur = lignes. Largeur ligne.
Ses antennes qui égalent environ la longueur de fon
corps , font noires , avec le milieu blanc. Sa tête , fon cor-
celet & fon ventre font noirs. Ses pattes font d'une couleur
fauve rougeître , il n’y a que les bouts des jambes pofté-
rieures qui foient noirs , ainfi que les tarfes. Les ailes font
brunes & les filets de la queue font à peu près de la lon-
gueur du ventre.
On voit que cet infedte différe peu du précédent. Ce-
Vvi
340 HISTOIRE ABRÉGÉE
endant ; à les voir l’un auprès de lautte , îls ont un
port différent , qui prouve que celui-ci n’eft point une fim-
ple variété.
43. ICHNEUMON niger , pedibus rufis , tibiis anten-
nifque medio albis.
L'ichneumon noir à pattes rougeätres, à taches blanches fur
Les jambes & anneau blanc aux antennes.
Longueur s lignes. Largeur ? ligne.
L'infede eft noir. Ses antennes qui ont le tiers de a
longueur de fon corps, font blanches au milieu. Ses pattes
font de couleur fauve , mais la piéce de la bafe ef noire
avec un point blanc, & les cuifles ont une tache blanche
en-deflus dans leur milieu.
44 ICHNEUMON viger, pedibus rufes , tarfes
pollicis antennifque medio albës.
L'ichneumon noir à pattes rougeätres , avec le milieu des
tarfes & des antennes blanc.
Longueur 4 lignes.
Sa couleur eft noire, avec un peu de blanc à fa bafe
du ventre, & le milieu des antennes auffi de couleur blan-
che. Ses pattes font rougeâtres à l'exception des tarfes &
des extrémités des jambes qui font noirs, fi ce n’eft que
le milieu des tarfes poftérieurs a deux anneaux, favoir le
fecond & le troifiéme qui font blancs. Les filets de la
queue font un peu plus longs que le corps , les deux Îa-
téraux font noirs & celui du milieu ou l’aiguillon eft brun.
45. ICHNEUMON yrger , pedibus rufes ; geniculs
antennarumque medio albis.
L'ichneumon noir à pattes rouzeätres ; avec les genoux 7
le milieu des antennes blancs.
Longueur 4 lignes. Largeur à ligne.
Cette efpéce eft noire. Ses antennes qui ont la moitié
DES INSECTES. 341
de la longueur du corps ; font blanches au milieu. Son
corcelet a latéralement & un peu en-deflus quatre ou cinq
petites taches blanches de chaque côté. Les bords des
anneaux du ventre ont aufli un peu de blanc fur les côtés.
Les filets de la queue font un peu moins longs que le ven-
tre. Les pattes font de couleur fauve , avec quelques ta-
ches blanches à leur origine , & l'articulation du genou
ef blanchâtre. Le point marginal des ailes eft aflez mar-
qué.
46. ICHNEUMON ver , abdomine toto ferrugineo
antenris annulo albo.
L’ichrneumon noir, à ventre & Jambes fauves, & anneau
blanc aux antennes.
Longueur 3 à lignes, Largeur = ligne.
Sa tête & fon corcelet font tout noirs. Ses antennes pa-
feillement noires & blanches dans leur milieu, font pref-
que de la longueur de la moitié du corps. Le ventre eft
tout entier de couleur fauve, Les pattes font de la même
couleur, à Pexception des cuiffes qui font grofles & noires.
Les aiguillons font de la longueur du tiers du ventre. Les
ailes font un peu brunes.
47.1CHNEUMON riper, abdomine pone ferrugineo,
antennis medio albis.
L'ichneumon noir à ventre fauve vers le bas, & anneau
blanc aux antennes.
Longueur 6 3 lignes.
Les deux tiers poftérieurs de fon ventre font de couleur
fauve , & le milieu de fes antennes eft blanc. Tout le
refte de l'infeéte eft noir.
48. ICHNEUMON gr, abdomine ferrugineo
apice nigro , antennis annulo albo. Linn. faun./fuec.
2. 970. Planch. 16, fig. 1.
34% HISTOIRE ABRÉGÉE
A&. Upf. 1736,p.19,n. 7. Ichneumon aculeo triplici, pedibus abdomine-
que teflaceis, apice nigro.
L'ichneumon noir à ventre & pattes fauves & anneau
blanc aux antennes.
Longueur 3 lignes. Largeur Z ligne.
Sa tête & fon corcelet font noirs, fes antennes font
brunes avec quelques anneaux blancs dans leur milieu.
Les pattes & le ventre font fauves , mais l'extrémité du
ventre eft noire. Le ventre eft aflez gros, à l’exception des
premiers anneaux qui partent du corcelet & qui font min-
ces. Les filets de la queue font courts & noirâtres.
N.B. Il yena une variété, qui a de plus le premier
anneau des tarfes poftérieurs blanc.
49 ICHNEUMON riger,abdomine antice ferrugineo,
police nigro punélis tribus albis ; thoracis apice annu-
doque antennarum albo.
Linn. faun. fuec. n. 978. Ichneumon abdomine antice ferrugineo , poftice
nigro, punétis quatuor albis, antennis albo annulo.
AG, Upf. 1736, p.30, n, 22. Ichneumon abdomine teftaceo , apice nigro ;
punétis quatuor albis.
L'ichneumon noir à bande fauve fur le ventre, avec là
pointe du corcelet $C anneau des antennes blancs.
Longueur $ lignes. Largeur ? ligne.
es antennes font noires avec quelques anneaux blancs
dans leur milieu. Sa tête eft toute noire. Son corcelet qui
eft de même couleur, a une tache blanche à fa pointe. Le
premier anneau du ventre plus mince & plus étroit que
les autres , eft noir , le fecond & le troifiéme font de
couleur fauve , les quatre derniers font noirs, &ont , à
l'exception du premier de ces quatre , chacun un point
blanc fur leur milieu en-deffus , ce qui fait une raie de
trois points blancs , à l’extrémité du ventre. Les pattes
font d’un fauve un peu clair , à exception des cuiffes pof-
térieures qui font noires. Les ailes font brunes. On trou-
DES INSECTES: 343
ve cet infeéte dans les bois. Les filets de fa queue font
très-courts.
N.B. À. Idem femoribus omnibus nipris. |
B. Idem femoribus nigris , tibiifque omnibus Bafi
albis , apice nigris.
. Ce font deux variétés de l’efpéce ci-deflus ; dont l’une
a toutes les cuifles noires, au lieu que la nôtre n’avoit que
les cuiffes poftérieures de cette couleur. L'autre,outre les
cuifles noires , a la moitié fupérieure de toutes les jambes
blanche , & la moitié inférieure noire. Peut - être que la
quarante-troifiéme efpéce n’eft aufli qu'une variété de
celle-ci.
so. ICHNEUMON ziger ; abdomine ferrugineo ;,
apice n19r0 , tibiis antenntfque annulo albo.
L'ichneumon noir à ventre fauve en devant, & à anneaux
blancs aux pattes & aux antennes,
Longueur 2 + lignes. Largeur + ligne.
Sa tête & fon corcelet font tout noirs. Ses antennes
font de la même couleur avec leur milieu blanc; elles
font de la longueur des trois quarts du corps. Le ventre
qui part du corcelet par un filet mince , a les quatre pre-
miers anneaux fauves, & les derniers noirs. Les pattes
font aufli fauves , mais la bafe des jambes du milieu & de
derriere a un anneau blanc bien marqué. Les tarfes & les
jambes poftérieures font noirs. Les aiguillons de la queue
font pareillement noirs & de la longueur du tiers du
ventre.
51. ICHNEUMON zger, abdomine ferrugineo ;
pone nigro , apice albo ; antennis medio albis.
Linn. fyff. nat. edit, 10, p. 563 , n. 23. Ichneumon niger, pedibus fubclava-
tis abdomineque ferrugineis, fes mentis duobus ultimis nigris, ano albido,
L'ichneumon noir , à ventre fauve en-devant, noir polie
344 HISTOIRE ABRÉGEE
rieurement & termine de blanc ; & à anneau blanc aux
(TILÉEILILES »
Longueur 3 à lignes. Largeur? ligne.
Ses antennes qui égalént au moins les deux tiers de Ia
longueur de fon corps, font noires , avec leur milieu
blanc. Sa tête & le corcelet font tout noirs. Les quatre
premiers anneaux du ventre font fauves, les autres font
noirs à l'exception du dernier qui eft blanc. Les pattes
font aufli fauves avec les articulations des pattes pofté-
rieures noires. Les ailes font un peu brunes & les filets
de la queue de la longueur de la moitié du ventre en
viron.
$2. ICHNEUMON riger ; thoracts apice , abdominis
medio ; pedibufque flavo Varievatis ; antennis medio
albis.
L'ichneumon panaché de noir & citron à anneau blanc
AUX ŒILLEILILES.
Longueur 7 lignes. Largeur 1 à ligne.
Cet ichneumon reffemble beaucoup à une guêpe. Ses
antennes qui font affez groffes | compofées d’une quaran-
taine d'articles courts, & courbées en cornes de bélier s
n'égalent pas la moitié de la longueur de fon corps. Elles
font de couleur noire,& blanches dans leur milieu. La tête
eft toute noire , ainfi que le corcelet , qui a une tache
citronée triangulaire à fa pointe. Le ventre eft noir, à l’ex=
ception du fecond & du troifiéme anneau qui font de cou:
leur citron. Il y a auffi quelquefois fur fes derniers anneaux
une tache jaune , mais qui n’eft pas conftante. Les cuifles
font noires , Les jambes jaunes en-haut, noires vers le bas,
& les tarfes d’un jaune un peu fauve. Cet ichneumon eff
très-carnaflier. Il atraque les autres infeétes & les dévore.
53: ICHNEUMON iger, fronte , thoracifque apice
albis ; tibiis palmifque albo variegatis.
L'ichneumor
DES INSECTES. 34$
L'ichreumon à pointe du corcelet blanche & pâttes pana-
chées de blanc.
Longueur 7 lignes. Largeur 1 ligne.
Ses antennes font prefque de la longueur de fon corps ;
elles font noires. Tout l'animal eft de la même couleur,
mais fa levre fupérieure & la pointe de fon corcelet font
d’un blanc un peu citron. Les cuifles des pattes antérieures
font noires , & leurs jambes & leurs pieds font blancs. Les
pattes poftérieures ont pareïllement leurs cuiffes noires ,
mais leurs jambes & leurs pieds font moitié blancs moitié
noirs. Les ailes font un peu brunes , avec le point marginal
a
noirâtre.
$4+ ICHNEUMO N ziger, pedibus ferrugineis ;
thoracis apice , maculifque abdominis quatuor albis ,
antennarum medio albo.
Lichneumon noir à pointe du corcelet & taches du ventre
blanches.
Longueur 6 ligness Largeur 1 + ligne.
Cette efpéce eft une des plus belles. Ses antennes font
de la longueur des deux tiers de fon corps. Elles font noi-
res , avec leur milieu blanc. Sa tête eft noire , avec une
petite raie jaune au-deflus des yeux. Le corcelet pareille-
ment noir a un peu de blanc à fa pointe. Le ventre eft
noir , avec quatre taches blanches , deux fur le fecond an-
neau & deux fur le troifiéme , une de chaque côté. Les
pattes font rougeîtres , mais l’origine des cuifles eft noire,
avec un petit point blanc , & de plus les tarfes des pattes
poftérieures font noirs. Les ailes ont un point marginal
brun.
ss ICHNEUMON riger, pedibus ferrugineis ; apice
thoracis albo.
L'ichneumon noir à pieds rongeätres 8 pointe du corceler
blanche.
Longueur 6 lignes. Largeur x ligne,
Tome II, X x
346 HISTOIRE ABRÉGÉE
Cette efpéce eft toute noire , elle a feulement les pattes
fauves , & une tache blanche à la pointe de fon corcelet.
Le point marginal de fes aîles eft jaunatre. Cet ichneu-
mon ef forti d’une coque de phaléne.
se ICHNEUMON riger, pedibus ferrupginers ;
thoracis abdominifque apice albo.
L'ichneumon noir à pointe du corceler & bout du ventre
blancs.
Longueur à lignes. Largeur = ligne.
Il reffemble au précédent pour les couleurs. Il eft noir ,
fes pattes font rougeîtres , ainfi que l’attache des cuifles,
qui dans Pefpéce précédente et noire. Ses antennes font
de la longueur de la moitié de fon corps, noires en-haut &c
un peu fauves à leur bafe. La pointe du corcelet a une ta-
che blanche , & le dernier anneau du ventre ef blanc. Les
filets de la queue font de la longueur de la moitié du ven-
tre & noirs , à l'exception de l'aiguilion du milieu qui eft
rougeâtre. Ses ailes font noirâtres.
J'ai trouvé affez fréquemment cet ichneumon à la fin de
l'été fur les tiges de /czrpus,au bord des étangs & des ma-
res : peut-être dépole-t-il fes œufs dans le corps de quel-
qu'infeëte aquatique.
57 ICHNEUMON ziger, fronte thoracifque apice
flavis , pedibus abdominifque medio ferruginers.
L'ichneumon noir à pointe du corceler jaune , avec les paë-
tes &C le milieu du ventre fauves.
Longueur $ lignes. Largeur à ligne.
Ses antennes noires font de la longueur des deux tiers
de fon corps. Sa tête eff noire , avec la levre fupérieure &
l'origine des antennes jaunes. Le corcelet aufli noir a une
tache jaune à fa pointe , & deux petites raies de même
couleur devant l'attache des aîles , une de chaque côté. Le
ventre eft noir , mais fon milieu; favoir , le fecond , le
DES INSECTES, 347
troifiéme & le quatriéme anneau font d’un fauve rougei-
tre. Les pattes font aufli de couleur fauve. Les aîles font
noirâtres & plus courtes que le ventre.
NV. B. J'en ai une variété dont les cuifles poftérieures
font noires.
$3- ICHNEUMON riper, fronte flava ; antennis
pedibus abdominifque medio ferrugineis.
L'ichneumon noir , à antennes , pattes & milieu du ventre
fauves.
Longueur 5 lignes. Largeur ? ligne.
Cette efpéce approche beaucoup de la précédente ; la
principale différence confifte en ce que fes antennes font
de couleur fauve , & que fon corcelet eft tout noir fans
points ni raies Jaunes. Du refte fa tête eft noire , avec
la levre fupérieure jaune ; fes pattes font fauves ; le fe-
cond , le troiliéme & le quatriéme anneau du ventre font
de la même couleur & les autres font noirs. Les filets de
fa queue font très-courts & ne paroiffent prefque point.
Ceux que J'ai de cette efpéce font des femelles, & ceux
de la précédente font des males : peut - être les unes font-
elles les femelles des autres , & pout lors ces deux ichneu-
mons ne différeroient que par le fexe. C’eft ce que le
hafard feul peut faire connaitre ; il faudroit les trouver ac-
couplés.
59. ICHNEUMON rger ; fronte, thoracis apice,
tibiis ex parte , abdomini/que medio flavis.
Linn. faun. fuec. n. 983. Ichneumon niger , tibiis fegmentoque fecundo tertio-
que abdominis flavis.
L'ichneumon noir, à pointe du corcelet , partie des pattes &
milieu du ventre fauves.
Longueur 4 + lignes. Largeur = ligne:
Sa tête , fes antennes & fon corcelet font noirs. Sur
fa tête , on voit la levre fupérieure & la bafe É antennes
31]
343 HISTOIRE ABRÉGÉE
qui font d'un jaune citron. La pointe du corcelet a une ta-
che de même couleur, Le premier anneau du ventre plus
mince que les autres eft noir ; le fecond & le troifiéme
font jaunes & les derniers font noirs , mais le quatriéme a
deux taches fauves , une de chaque côté. Les pattes font
jaunes, à l'exception des cuiffes poftérieures & de la partie
inférieure des jambes. Les antennes font de la longueur
des deux tiers du corps. Le ventre de cet infeëte eft ap-
plati.
60. ICHNEUMON riger, thoracis apice flavo,
humeris pedibufque férruginers : fegmentis abdorminalibus
margine albidis.
L'ichneumon noir à pointe du corcelet jaune , & partie
antérieure du corceler fauve.
Longueur 3 lignes. Largeur £ ligne.
Sa tête & fes antennes font noires ; celles-ci font pref-
que de la longueur de fon corps. Le corcelet eft fauve en-
devant , noir poftérieurement, avec une tache jaune fur la
pointe , fuivie d’un petit point jaune. Les pattes font d’un
fauve clair , mais les tarfes de la derniere paire font noir4-
tres. Le ventre eft noir ; avec un petit trait blanchâtre
au bord de chaque anneau. Les ailes font tranfparentes
& ont un point marginal brun. C'eft dans les bois qu’on
trouve cette petite efpéce.
61. ICHNEUMON riger, fronte, thoracis apices
pedibus ; abdomineque fupra flavis ; thorace flavo ma-
culato. .
L'ichneumon arlequin.
Longueur 6 lignes. Largeur 1 ligne.
Ses antennes égalent prefque la longueur de fon corps ;
elles font noires en-deflus , pales en-deflous. Ses yeux forit
noirs , ainfi que fa tête, dont la levre fupérieure eft jaune &
le deffous des yeux. Le corcelet pareillement noir ; a en-
DES INsecTes. 349
devant près de la tête une tache jaune en forme de V. Sa
pointe eft aufli jaune , & en-deflous il a de chaque côté
-quatre taches jaunes ; une petite à l'attache de l’aîle-, une
pareille un peu plus bas , une femblable auprès de la
econde paire depattes , & une grande allongée à l’attache
-de la premiere paire. Les pattes font toutes de couleur
jaune citron. Le ventre dont le pédicule eft mince ; eft de
couleur noire, mais en-deflus , il a une grande tache jaune
qui s'étend depuis la moitié du premier anneau , jufqu'au
quatriéme & même un peu fur le cinquiéme. Les ailes
font un peu brunes. Cette efpéce m'a été apportée.
62. ICHNEUMON »iger, abdomine antice fudvo ,
petiolo Breve.
“L'ichneumon noir à ventre fauve en-devant & court pe-
dicule.
Longueur $ + lignes. Largeur x ligne.
Il eft tout noir, feulement Îes trois premiers anneaux
de fon ventre font fauves. Le premier ne forme qu'un pé-
dicule fort court , en quoi cette efpéce eft très -aifée à dif-
tinguer de la fuivante. Les antennes font de la longueur
du tiers du corps , & compofées d'environ quatorze ou
quinze anneaux. Les ailes font noirâtres. Cet infeéte varie
pour la grandeur. J'en ai qui font moitié plus petits que
les autres.
63. ICHNEUMON iger » abdomine fulvo , poflice
zgro , petiolo longiffrmo.
Ærifch. germ. 2 , pag. 6,t.1,f. 6,7.
+
L'ichneumon noir à ventre fauve en- devant & à long pé=
dicule.
Longueur 10 lignes. Largeur 1 & ligne,
La figure de Frifch eft très-bonne & repréfente parfaite-
ment bien ce bel infeéte. Il eft noir. Ses antennes font
courtes , elles n'égalent pas la cinquiéme partie de la lon
350 HISTOIRE ABRÉGÉE
gueur de fon corps , & elles ne font compofées que de
douze anneaux , au lieu que celles des autres efpéces de ce
genre font longues & compofées d’une quantité prodi-
gieufe d'articles très-courts & qu’on ne peut prefque dif-
tinguer. Le ventre eft fauve , excepté fes quatre derniers
anneaux qui font d’un noir bleuâtre. Mais ce qui rend cet
infedte remarquable , c’eft que le premier &x:le fecond
anneau du ventre font très-longs & comme un fil , au-
quel font attachés les autres qui font ramaflés & plus
courts , repréfentant la figure d'un œuf. Les aïles font bru«
nes , courtes , croifées les unes fur les autres , & le ventre
les déborde de près de moitié. Les pattes font longues.
Cet infeête eft carnaflier , il attaque fouvent les autres
& dévore de groffes araignées. C’eft un fpeëtacle amu-
fant , lorfque dans un bois on rencontre aux prifes ces deux
animaux , & que l'on voit l'ichneumon piquer avec fon
aiguillon qui eft très-court & déchirer avec fes machoires
l'araignée qui fuccombe à la fin dans ce combat.
64% ICHNEUMON niger , abdomine antice rufo ;
poflice nigro , palmis anticis albis.
L'ichneumon noir à ventre fauve en-devant & tarfes anté-
rieurs blancs.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligné.
Ses antennes font dé la longueur de fon corps. Tout
l'infeéte eft noir ,à l'exception du fecond & du troifiéme
anneau du ventre qui font fauves , & des tarfes des deux
pattes antérieures qui font blanchâtres, Le premier anneau
du ventre eft fort mince.
65. ICHNEUMON riger, abdominis medio, pedibuf-
que anterioribus rufes , palmis poflicis albis. Linn. faur.
Juec. n. 982.
L'ichneumon noir à ventre fauve au milieu & pieds de der-
riere blancs.
Longueur 3 ? lignes, Largeur ? lignes
DES INSECTES. 3$1
Sa tête , fes antennes & fon corcelet font noirs, il y a
feulement un peu de blanc à fa levre fupérieure & à l’o-
rigine des antennes. Le ventre eft fauve, mais fa bafe &
fa pointe font noires. Les quatre pattes antérieures font
- toutes fauves. Les deux poftérieures font noires avec les
tarfes blancs. Les antennes ont les trois quarts de la lon-
gueur du corps: J'ai trouvé cet infeéte dans les-taillis.
66. ICHNEUMON riger ; abdominis medio, pedibuf-
que rufes , palmis poflicis nigris.
L'ichneumon noir à pattes &C milieu du ventre fauves , &
pieds de derriere noirs.
Longueur s 3 lignes. Largeur x ligne.
: Ses antennes font noires & de la longueur des deux
tiers de fon corps. Sa tête & fon corcelet font de la même
couleur fans aucune tache. Le fecond & le troifiéme an-
neau du ventre font fauves , les autres font noirs. Les
quatre pattes de devant font toutes fauves, ainfi que les
cuiffes poftérieures , mais les jambes & les tarfes des pat-
tes de derriere font noirs. La tête des cuiffes eft aufli noi-
re , & l’on voit deffus un petit-point citron.
67. ICHNEUMON riger , pedibus ferrugineis , bits
pofêicis albo nigroque variegaiis. Linn. faun. fuec. r.
963.
L'ichneumon noir , à pattes poflérieures panachées.
Longueur 3 + lignes. Largeur = ligne.
Ses antennes font noirâtres & à peu- près de la longueur
de fon corps. Le devant de fa tête a un peu de jaune ,
& le refte eft noir. Son corcelet & fon ventre font tout
noirs. Les quatre pattes de devant font rougeatres ; les
cuiffes des pattes poftérieures font de la même couleur ,
mais leurs jambes font panachées de quatre anneaux al-
ternativement blancs & noirs. Les aîles font un peu bru-
nes. On trouve communément cet ichneumon autour des
fleurs dans les pays de bois.
352 HISTOIRE ABRÉGÉE
W.B. J'en ai une variété un peu plus petite & qui
différe de l'efpéce ci-deflus par deux petites raies
blanches qui font fur fon corcelet devant l’attache des
ailes, & de plus parce que l'origine de fes cuifles eft
blanche.
68. ICHNEUMON iger , pedibus fegmentorumque
abdominis margine ferruginers, #birs poflicis albo ni-
gro fulvoque variegatis.
L'ichneumon noir à anneaux du ventre rougeätres , &
pattes poflérieures panachees.
Longueur 1 + lignes. Largeur = ligne.
Ses antennes font brunes & prefque de la longueur de
fon corps : fa tête & fon corcelet font tout noirs. Son ven-
tre eft aufli noir , mais fes anneaux font bordés de brun.
Les pattes de devant & les cuifles des pattes poftérieures
font de couleur fauve. Les jambes de ces mêmes pattes
ont d’abord un anneau noir, puis un blanc, enfuite un de
couleur fauve, & leurs tarfes font entrecoupés de blanc
& de brun. Les filets du ventre font noirs & du tiers de
fa longueur.
69. ICHNEUMON ziger ; abdomine coccineo.
L'ichneumon noir à ventre couleur de cerife.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne. :
Ses antennes, fa tête, fon corcelet , fes ailes , fes pat-
tes & les aiguillons de fa queue font noirs. Le ventre eft
d’un rouge vif, imitant la couleur de cerife. Ses antenhes
font prefque de la longueur de fon corps , & les filets de
fa queue font moins longs de moitié que fon ventre. Jai
trouvé ce bel ichneumon au mois de juin dans le bois de
Boulogne.
70 ICHNEUMON iger, rhorace domine
rubris, Ë
… L'ichneumon
DES INSECTES. 353
L'ichneumon noir à corcelet & ventre rouges.
Longueur 2 3 lignes. Largeur ; ligne.
Ses antennes font de la longueur des deux tiers de fon
corps. Elles font noires ; ainfi que fa tête , fes pattes & fes
aîles. Le corcelet eft d’un rouge affez vif, & le ventre d’un
rouge jaunûtre ; il y a aufli quelque peu de noir fur le mi-
lieu des anneaux fupérieurs du ventre. Cet infete porte
fes aîles croifées fur fon corps , & à la premiere vûe on
eft tenté de le prendre pour l’efpéce de tipule que nous
nommons mouche de faint-Marc.
71. ICHNEUMON iger punélatus , capite thorace-
que antice rubro maculitis , pedibus fufcis.
L'ichneumon à corcelet racheté de rouge en-devanr.
Longueur 4 lignes. Largeur + ligne.
Ses antennes font de couleur noire, & égalent la lon-
gueur du tiers de fon corps. Sa tête eft prefque toute d’un
rouge brun avec un peu de noir. Son corcelet ef noir ,
mais il a fur le devant plufieurs plaques d’un rouge foncé.
Le ventre eft noir &éfilé , & fon pédicule eft mince &
long. Ses pattes font brunes. Les filets de la queue ont
prefque la moitié de la longueur du ventre.
72. ICHNEUMON iger levis, thorace antice
pedibufque fufcis.
F HA Es
L'ichneumon noir, a pattes & corcelet en-devant de cou
leur brune.
Longueur 2 lignes. Largeur = ligne.
Sa tête & fes antennes font noires : celles-ci font de la
longueur de la moitié du corps. Son corcelet eft brun en-
devant, noir vers le bout. Le ventre eft ovale, affez court,
de couleur noire, avec un peu de brun à la bafe du fe-
cond anneau. Les pattes font brunes: les filets de la queue
ont le tiers de la longueur du ventre. Ce petit ichneumon
eft forti d'un nid d’araignée dont il avoit dévoré les œufs.
Tome IL. Yy
354 HISTOIRE ABRÉGÉE
11 reffemble à une fourmi , ‘ou aux ichneumons dont les
femelles n’ont point d’ailes & dont nous allons bientôt
parler.
73.1CHNEUMON ater , abdomine fabfeffli, fegmen.
ris duobus anticis rufes , alis nigricantibus.
L'ichneumon noir avec les deux anneaux antérieurs du
ventre rougeätres & les aëles noires.
Longueur 3 lignes. Largeur = ligne,
Cet ichneumon eft tout noir , à l'exception des deux an-
neaux antérieurs de fon ventre qui font gros & rougeä-
tres. Tout le ventre eft aflez ramaflé & tient au corcelet
ar un filet fi court, qu’il femble prefqu’attaché comme
celui des abeilles. Les ailes font noirâtres & les pattes
longues.
74 ICHNEUMON ater; abdominefubfeffili fegmenris
tribus anticis rufrs , alis nigricantibus.
Linn. faun. fuec. n. 977. Ichneumon ater ; abdominis feffilis fegmentis anticis
rufis , alis fufcis.
Linn. fyft. nat. edit. 10, p.579, n. 10. Sphex nigra, alis fufcis, abdomine
antice ferrugineo, cingulis nigris.
Frifch germ. 2 ,p. 11,113 fig. 13.
Ray. inf. 254, n. 9. Vefpa ichneumon major , capite thorace & pedibus ni-
gris, abdominis anteriore parte rubra, polteriore nigra.
AE, Upf. 1736,p. 50, n.25. Ichneumon ater , alis nigricantibus, abdomine
medio fuperiore teftaceo.
Pr
L'ichneumon noir, avec les trois anneaux antérieurs du
ventre rougeñtres , & les aëles noires.
Longueur s lignes, Largeur : ligne.
Ses antennes font grofles , noires, courtes , n’égalant
que la moitié de la longueur du corps & compofées de
onze articles. Sa tête & fon corcelet font noirs. Le ventre
eft de la même couleur à l'exception des trois premiers
articles qui font rougeîtres ; & fouvent bordés d'un peu
de noir. Les pattes font noires & les ailes noirâtres. Ces
pattes font afiez longues & le ventre tient au corcelet par
DES INSECTES. 3$$
un filet court. On voit que cette efpéce approche beau-
coup de la précédente , dont elle différe par fa grandeur
& la forme de fes antennes. Sa larve fait des trous en
terre , dans lefquels elle enfouit les corps des chenilles
qu’elle a tué pour y dépofer fes œufs , après quoi elle res
bouche ces trous.
75 ICHNEUMON ziger, abdomine capireque
flavis , als nigricantibus.
L'ichreumon noir à ventre & tête jaunes.
Longueur 2 4 lignes. Largeur à ligne.
Ses antennes font noires & prefqu’aufli longues que fon
corps. Sa tête eft d’un jaune rougetre avec les yeux noirs.
Le corcelet & les pattes font aufli noirs. Le ventre eft
d’un beau jaune clair ; à fon extrémité font les trois filets
aufli longs que le corps ; & dont les deux latéraux font
noirs , tandis que celui du milieu,ou l’aiguillon,eft rougei-
tre. Les ailes font noiratres. Ce petit ichneumon eft une
des jolies efpéces de ce genre. Je l'ai attrappé en voltigeant.
76 ICHNEUMON iper, pedibus abdomini/que
poflica parte férrugineës.
L'ichneumon noir à pattes & partie fupérieure du ventre
rougeätres.
Longueur 2 ? lignes. Largeur ? ligne,
Ses antennes font de la longueur de la moitié de fon
corps , elles font noires, ainfi que fa tête & fon corcelet.
Ses pattes font de couleur rougetre. Le ventre eft de la
même couleur à l’exception de fes anneaux antérieurs, du
moins en - deffus. Ces premiers anneaux font noirs & très-
minces. Les filets de la queue font de la longueur de la
moitié du. ventre.
77 ICHNEUMO N #igér, pedibus abdominifque
antica parte ferrugtneis.
Yyi
356 HISTOIRE ABRÉGÉE
L'ichneumon noir à pattes & partie antérieure du ventre
rougedtrese
Longueur + ligne.
Cette efpéce eft des plus petites & reffemble à un mou-
cheron. Ses antennes font noires & de la longueur de fon
corps. Sa tête & fon corcelet font noirs. Son ventre eft
fauve en-devant , noir poftérieurement. Les pattes font
de couleur rougeûtre. Les filets de fa queue font prefque
de la longueur de fon corps, & le ventre tient au corcelet
par un pédicule très-délié.
78.ICHNEUMON xiger fronte flava ; pedibus ferru-
gineis ; abdomine rufo apice nigro.
L'ichneumon noir à ventre & pattes fauves & levre jaune.
Longueur s lignes. Largeur à ligne.
Ses antennes font brunes & de [a longueur de fon
corps. Sa tête eft noire , avec la levre fupérieure d’un jau-
ne citron. Son corcelet eft tout noir. Le ventre eft fauve,
à l'exception de fon dernier anneau qui eff noir. Les pattes
font aufli de couleur fauve. Les ailes tranfparentes ont un
point marginal noir. Les filets du ventre font fi courts
qu’on ne les voit qu’en le preffant.
79. ICHNEUMON riger fronte flava , pedibus ferru-
gineis ; abdomine rufo ; police nigro , petiolo tenui
d07190.
L'ichneumon noir a long filer, à pattes & partie antérieure
du ventre fauves.
ÆZongueur 5 lignes. Largeur 3 ligne.
Ses antennes font noires ; minces & prefque de Ia lon-
gueur du corps. Sa tête eft noire , avec fa levre fupérieure
d’un jaune citron. Son corcelet eft tout noir. Son ventre
tient au corcelet par un pédicule mince comme un fil qui
fait les deux tiers de fa longueur. Il eft rougeñtre & noir
vers le bout , avec les filets affez courts. Les pattes font
fauves, mais l’origine des quatre antérieures eft de couleur
ME DES INSECTES 357
citron & celle des poftérieures eft noire. Les aïles plus
courtes que le corps font un peu brunes & prefque fans
point marginal.
80.ICHNEUMON riger, pedibus abdomineque ferru=
girers.
Linn faun. fuec. n. 972. Ichneumon niger ; abdomine toto ferrugineo,
AG. Upf. 1736 ; p.19 , n. 6. Ichneumon aculeo triplici ere&o , collari nigro ;
abdomine pedibufque teflaceis.
L'ichneumon noir à pattes & ventre fauves.
Longueur 1 à ligne.
Cette petite efpéce a la tête , les antennes & le corce:
let noirs , fon ventre & fes pattes font de couleur fauve. Le
pédicule qui tient fon ventre eft fort mince & long ;
ce ventre eft gros vers le bout , un peu applati fur les
côtés comme un coutelas , & les filets de Paiguillon font
très-courts. Sur les aïîles, il y a un point marginal fort gros
pour leur grandeur.
L'efpéce que décrit M. Linnæus à lendroit cité , paroït
la même que la nôtre , fi ce n'eft que la fienne eft plus
grande : peut-être n’eft-ce qu'une variété.
81. ICHNEUMON xiger , antennis pedibus abdomi-
neque ferrugineo - fufcis , fetis ani corpore paulo longio-
ribus. x
L'ichneumon noir à antennes , pattes & ventre fauvess
ÆEongueur 3 lignes. Largeur + ligne.
Ses antennes dont la longueur égale celle des deux
tiers du corps,font d’un fauve brun, ainfi que les pattes &
le ventre. La tête & le corcelet font noirs. Les filets de fa
queue font un peu plus longs que fon corps, & tous trois de
la même couleur que le ventre.Les aîles font un peu brunes.
82.ICHNEUMON riger, pedibus abdomini/que medio:
Jferrusgë PLELS «
L'ichreumon noir à pattes & milieu du ventre fauves:
Longueur 3 lignes, |
58 | H1STOIRE ABRÉGÉE
- Ses antennes font de la longueur des deux tiers de fon
corps ; elles font noires , ainfi que la tête & le corceler.
Les pattes font de couleur fauve , les cuifles poñtérieures
font cependant noirâtres. Le ventre eft fauve dans fon mi-
lieu & noir à la pointe & à la bafe. Les ailes ont un point
marginal noir.
Cet infeéte varie pour la couleur de fes antennes qui
font quelquefois rougeätres. Les cuiffes poftérieures font
aufli noires dans les uns , fauves dans Îles autres. Il vient
fur l'oignon , le porreau , l'ail & les autres plantes de cette
claffe. On trouve quelquefois les feuilles de ces plantes.
couvertes de petites coques ; dont le tifflu compofé de
mailles reflemble à un refeau. J'en ai ramaflé plufeurs
qni m'ont donné cet ichneumon & fes variétés.
83. ICHNEUMON arer, pedibus anticis pallidis ;
femoribus poflicis abdominifque medio ferrugineis.
L'ichreumon noir , à pattes antérieures pâles , poflérieures
fauves & milieu du ventre rougeätre.
Longueur 2 lignes, Largeur 3 ligne.
Ses antennes , fa tête & fon corcelet font d’un noir mat=
te. Son ventre eft de la même couleur , à l'exception d’un
“peu de rouge brun fur le fecond & fur le troifiéme an-
neau. Les quatre pattes de devant font d'une couleur jau-
nâtre pâle. Quant à celles de derriere , elles font noires ;
mais leurs cuifles font fauves. Les antennes font à peu près
de la longueur du corps , & les aîles font diaphanes , avec
un point marginal noir. Cet ichneumon vient dans les
coques de papillons.
84. ICHNEUMON iger , pedibus quatuor anticis
luteis ; abdomine fubtus fulvo.
L'ichneumon noir à pattes antérieures citronées & ventre
fauve en-defjous.
Longueur 3 lignes. Largeur à ligne,
DES INSECTES. 359
Ses antennes aulli longues que fon corps, font brunes, fa
tête & fon corcelet font noirs. Le ventre en-deflus eft
noir, avec un peu de blanc au bord des anneaux , en-def-
fous il eft fauve , excepté vers le haut qui eft jaune. Les
quatre pattes antérieures font d’un jaune citron , les pofté..
rieures font noires, avec un peu de jaune en-deflous. Les
ailes ont un point marginal noir.
85. ICHNEUMON riger ; alis albis , fafcia duplici
zigra , poflertore majore. Linn. faun. fuec. r. 954.
Linn. fÿft nat. edit. 10, p 566, n. 55. Ichneumon ater , antennis pedibufque
ferrugineis, alis albis fafciis éuabus nigris.
L'ichaeumon à deux bandes Jur les aïles.
Longueur 1 + ligne. Largeur + ligne.
Ses antennes font de la longueur des deux tiers de fon
corps. Elles font brunes , un peu claires, ainfi que les pat-
tes & les aiguillons de fa queue. Le refte de l'animal eft
noir. Les ailes diaphanes ont deux bandes tranfverfes bru-
nes , une fupérieure p'us étroite , l’autre inférieure & pof-
térieure plus large. Lnfeéte porte fouvent fes aïles croi-
fées fur le dos. On le trouve communément dans les mai-
fons fur Îles fenêtres.
86. ICHNEUMON Znearis , antennis longitudine
corporis , tentaculs fetaceis , femoribus clavans. Linn.
Jaun./fuec. n. 936.
ZLinn. [yff. nat. edit. 10, p. $64, n. 34. Ichneumon corpore nigro immaculato,
abdomine cylindrico pedibus rufñis, tentaçulis fetaceis.
L'ichneumon brun en files.
Longueur à lignes. Largeur à ligne.
Ce petit ichneumon eft très-allongé , prefque comme
un filet. Sa couleur eft brune un peu claire. Ses antennes
font de la longueur de fon corps. A fa tête auprès des ma-
choires , font deux appendices ou filets blancs de la lon-
gueur du corcelet. Le ventre qui nait d’un pédicule fort
mince , eft gros par le bout & forme la mañle. Les cuifles
360 HISTOIRE ABRÉGÉE
font prefque de la même forme. Les filets de l’aiguillon
font de la longueur du corps. Les ailes que l'infete porte
croifées , ont une tache confidérable près le bord exté-
rieur. On trouve fouvent cet infe&te dans les maifons fur
les fenêtres.
87. ICHNEUMON Znearis albus , fufeo maculatus ,
abdominis petiolo tenu longo.
L'ichneumon blanc.
Longueur 2 lignes. Largeur = ligne.
_ Ses antennes font blanches , & un peu brunes vers le
bout. Sa tête eft blanche , avec les yeux réticulés &
les trois petits yeux liffes noirs. Sur le corcelet , il y a une
tache brune en-devant , deux autres devant les attaches
des ailes , & fa partie poftérieure eft de la même couleur,
le refte eft blanc. Le ventre tient au corcelet par un long
pédicule mince & blanc , duquel part le refte de cette
partie qui eft ovale , avec une large bande tranfverfe bru-
ne. Les pattes & les filets de la queue font blancs. Les ai-
les font de la même couleur , avec un point marginal
brun. Cet infeéte eft rare. Je ne l'ai trouvé qu’une feule
fois volrigeant fur un chêne. S'il étoit plus grand , ce feroit
une des Jolies efpéces de ce genre.
88.ICHNEUMON Znearis fufcus , capite abdominif=
que apice nigris , anteruus corpore longioribus.
L'ichneumon aiguillerte.
Longueur 13 ligne. Largeur = ligne.
Ce petit ichneumon eft mince , délié & longuet. Ses
antennes font noires , fines & plus longues que fon corps.
Sa tête eft noire & Île refte du corps eft d’un brun clair, à
l'exception de l'extrémité du ventre qui eft noire. Ce ven-
tre eft formé en fufeau , & tient au corcelet par un pédicu-
le fort mince. Les ailes font de la longueur du corps , &
l'animal les porte croifées fur lui.
89e
DES INSECTES. 361
89. ICHNEUMON zi- ICHNEUMON aprerus,
ger » pedibus abdominifque fulvus ; capite antennarum
annulo duplici ferrugineis. apice , abdominifque fafciæ
Maf. duplici tranfverfa , nigris.
Fœmina.
L'ichneumon à anneaux fur le ventre & femelle fans aïles.
Longueur 2 + lignes. Largeur + ligne.
Le mâle eft noir : fes antennes font de la longueur
de fon corps. Ses pattes font de couleur fauve, & il y a fur
fon ventre qui eft mince & éfilé deux bandes tranfverfes
ou anneaux de-même couleur que les pattes. Ses aïles font
grandes , avecun point noir marginal bien marqué.
La femelle plus groffe que fon male , & femblable à la
premiere vûe à une fourmi , a les antennes de couleur
brune , noires vers le haut & de la longueur de la moitié
de fon corps. Sa tête eft noire ; fon corcelet & fes pattes
font fauves. Le ventre eft de même couleur, avec deux
bandes tranfverfes noires. Le ventre eft aflez gros , mais
fon premier anneau eft délié.
Cet ichneumon eft forti de nids d'araignées dont il
avoit dévoré les œufs. Il paroït que cette efpéce dépofe
fes œufs principalement dans ces nids.
90. ICHNEUMON ziger, pedibus rufis ; geniculis
Jufcis ; fæminé aptera.
L'ichneumon à pattes variées de fauve,& femelle fans aëles.
Longueur 1 ligne.
L'infeëte eft noir , fes pattes font fauves , mais leurs arti-
culations font brunes , ce qui les rend panachées. Ses an-
tennes font de la longueur de fon corps & de couleur bru-
ne. La femelle n’a point d'ailes , & porte à l'extrémité
de fon ventre les trois aiguillons qui font de la longueur
de cette partie. J'ai trouvé le male & fa femelle accouplés
fur une charmille du Jardin Royal.
Tome IT. Zz
362 HISTOIRE ABRÉGÉE
91. ICHNEUMON riger, pedibus antennarumaque
bafi ferrugineis , femina aptera.
L'ichneumon noir à pattes &C bafe des antennes fauves,
& femelle fans ailes.
Longueur 2 3 lignes. Largeur à ligne.
Ses antennes font de la longueur de fon corps. Sa tête,
fon corcelet , fes antennes & fon ventre font noirs. Ce
dernier eft allongé & tient au corcelet par un pédicule fort
mince. Les pattes & la bafe des antennes font de couleur
fauve. Les filets de la queue font très-courts. Je n’ai que la
femelle qui n’a point d'ailes. Le mâle doit en avoir, mais
je ne le connois pas.
92. ICHNEU MON Sedeouaris niger, pedibus abdomi-
nifque medio ferruginers.
L'ichneumon du bedeouar.
Longueur 1 =ligne. ,
Le bedeguar du rofier qui donne naïffance à deux efpé-
ces de cinips & à un diplolepe , produit encore cet
ichneumon , & quelquefois en eft tout rempli. Il faudroit
favoir fi ces infettes ne fe détruifent pas l’un Pautre. Ce
qu'il y a de certain , c’eft que celui-ci eft un véritable
ichneumon. Ses antennes font de la longueur de la moitié
de fon corps. Elles font noires , ainfi que fa tête & fon
corcelet : fes pattes font fauves. Le ventre allongé, qui
tient au corcelet par un pédicule mince , eft fauve au mi-
lieu , noir à la bafe & à la pointe. La femelle porte à
la queue trois aïiguillons bruns prefque de la longueur
de fon ventre. Les ailes ont un point marginal noir aflez
gros.
VUE SP A.
LA GULPE
Antennæ frailæ , articulo Antennes brifées, dont le
primo dongrore. premier anneau eff très-long.
DES, INSECTES. 363
Ale inferiores breviores. AÂîles inférieures plus courtes.
Os maxillofum , lingua membra- Bouche armée de machoires,
nacea inflexa. avec une trompe membraneufe
couchée en-deflous.
Aculeus ani fimplex fubulatus. Aiguillon fimple & en pointe,
Abdomen petiolo breviffimo tho- Ventre attaché au corcelet par
raci connexum. un pédicule court.
Ocelli tres. © Trois petits yeux lifes.
Corpus glabrum. Corps rafe.
Ce genre & le fuivant différent de tous ceux de cette
feétion par deux caraéteres. Le premier confifte dans la
forme de leurs antennnes , qui font brifées ou coudées
dans leur milieu , de façon que la premiere portion de
cette partie, celle qui eft entre la tête & l'angle que forme
l'antenne , n’eft compofée que d’un feul article , ou d’une
feule piéce longue , tandis que le refte de l’antenne a plu-
fieurs anneaux courts , ordinairement jufqu’au nombre de
dix. L'autre caraétere dépend de la configuration de l’ai-
guillon ; qui dans ces infectes n’eft qu’une fimple pointe
comme une alêne , ou du moins paroït tel à la vüe , car au
microfcope on voit qu'il eft un peu hériffé. Ces deux
caracteres fe rencontrent également dans ce genre & dans
le fuivant qui renferme les abeilles. L’un & l’autre ont auffi
toutes les autres marques cara@tériftiques que nous avons
détaillées , & fur-tout cette efpéce de trompe membra-
1eufe , qui fort de la bouche entre les machoires , qui fe
replie en-deffous , & qui, en l’examinant de près, paroït
compofée de plufieurs parties appliquées les unes à côté
des autres. Nous aurions donc pü réunir enfemble les guê-
pes & les abeilles , puifque les unes &t les autres fe refflem-
blent par tant d’endroits. Quelques Naturaliftes l'ont fait
& ont mis tous ces infeétes dans un feul genre. Mais
comme ce genre feroit très-chargé , & que d'ailleurs les
guêpes font ordinairement diftinguées des abeilles, même
par les perfonnes qui favent le moins l’hiftoire naturelle ,
nous ayons cru devoir féparer ces infe@tes. Les guèpes ont
Z 2 i]
364 HISTOIRE ABRÉGÉE
le corps rafe & life ; les abeilles au contraire l'ont plus ou
moins velu. Cette diftin@tion nous a fervi pour établir la
différence de ces deux genres. Ceux qui ne la jugeront pas
fuMfante , pourront , ils le veulent , les réunir enfemble.
Le travail des guêpes n’eft pas aufli fini , ni aufli parfait
que celui des abeilles ; néanmoins il en approche beaucoup
& mérite l'attention d’un Naturalifte. Avant que de faire
leur ponte , ces infectes doivent préparer un logement
pour recevoir leurs œufs. Pour cet effet , les guëpes conf-
truifent une efpéce de gâteau compofé de plulieurs cellu-
les hexagones les unes à côté des autres , qui forment une
étendue plus ou moins grande. Ce gâteau femblable à
un rayon des ruches de mouches à miel, n’eft pas compo-
fé de cire. Il reffemble à un papier brouillard brun & très-
fort. La guêpe le forme avec des brins de bois , des fibres
de bois pourri extrêmement fines , qu’elle imbibe d’une
liqueur gommeufe qu'elle fait fortir de fa bouche , & qui
donne à ce mêlange beaucoup de confiftance. Pour lors ,
elle l’étend avec fes machoires & fes pattes , & elle en
conftruit les paroïs minces des cellules de fon gâteau. On
voit fouvent des guêpes le long des vieux chaflis & des
bois pourris des bâtimens , qui enlevent de petites portions
de bois pour conftruire leur ouvrage. Ces gâteaux font
plus ou moins grands fuivant les différentes efpéces de
guêpes. La guépe-frelon en confiruit de très-grands dans
Vintérieur des vieux bois , fouvent dans les greniers des
maifons ; ceux-là n’ont qu’une vingtaine de cellules , mais
toutes fort grandes proportionément à la grandeur de cet
infete. D’autres guêpes plus petites font des gâteaux, où il
y a un bien plus grand nombre de cellules. On trouve aufli
fort fouvent dans les champs de pareils gâteaux, mais plus
petits, compofés feulement d’une douzaine de cellules, &
attachés à quelque tige d’arbriffeau par une efpéce de pé-
dicule. Ce font les nids de la guêpe commune. Nous
décrirons encore dans un moment des nids de guêpes
d’une confiruction différente.
D ES MTNISE C TES; 36$
Les guèpes ne conftruifent pas leur gâteau tout-à-la-
fois , elles commencent par former une certaine étendue
de la bafe, fur laquelle elles élevent les cellules du mi-
lieu ; enfuite peu à peu elles pratiquent à l’entour de nou
velles cellules, qui augmentent la circonférence du gâ-
teau. On trouve quelquefois des gâteaux dans cet état.
Les cellules du milieu font finies , fouvent déja occupées
par une larve ou une nymphe de guêpe , tandis que cel-
les de la circonférence font vuides & feulement à moitié
conftruites.
Lorfque les cellules, ou quelques-unes d'entr'elles font
finies , les guêpes y dépofent leurs œufs, Ces œufs font
allongés & ils font collés par un de leurs bouts à un des
arois de la cellule. Il n’y en a jamais qu’un dans chaque
cellule. Quelques jours après qu'il a été dépofé , la larve
en fort. Elle eft alors fort petite, & elle refflemble à un
ver blanchâtre, fans pattes, & dont le corps eft compo-
fé d’une douzaine d’anneaux. La guêpe a foin de nourrir
ces petites larves. Elle leur apporte une efpéce de miel
brun , doux au goût, mais moins pur & moins agréable
que le miel des abeilles. À mefure que la larve croit, elle
change plufieurs fois de peau, & lorfqu’elle eft parvenue
à toute fa groffeur , elle fe change en nymphe. Mais avant
ce dernier changement elle eft quelque tems fans prendre
de nourriture , & pour lors les guêpes meres ferment la
céllule où eft la larve , avec une efpéce de calotte qu’elles
conftruifent de la même matiere que le refte du gâteau,
C’eft dans cette cellule ainfi fermée, que la larve fe chan-
ge en chryfalide. Ainfi toutes les fois qu’on trouve un gâ-
teau de guêpe dont plufieurs cellules font fermées, on et
für , en les ouvrant , de trouver des chryfalides plus ou
moins avancées , ou des larves prêtes à le devenir. Ces
chryfalides des guêpes , ainfi que celles des abeilles, font
peut-être celles de tous les infe@tes, dans lefquelles on re-
connoît le mieux toutes les parties de l’infecte parfait qui
en doit fortig, Les antennes, les pattes, les moignons des
366 HISTOIRE ABRÉGÉE
ailes , tout en un mot fe diftingue ,; & on peut avec Ja
ointe d’une épingle féparer toutes ces parties qui font
molafles & repliées contre le corps de la nymphe. Plus
la nymphe eft avancée , plus ces parties prennent de con-
fifance , & enfin un ou deux jours avant que la nymphe
fe change en infecte parfait , on n’apperçoit guéres de dif-
férence entr'elle & la guêpe. Pour lors la nymphe quitte
lPenvelopoe fine & légere qui la couvre, & avec fes ma-
choires fortes elle rompt cette efpéce de dôme qui cou-
vre fa cellule , & en fort fous la forme d'’infeéte aîlé &
parfait. Au bout de quelques inftans,lorfque toutes fes par-
ties font refluyées , féchées & bien affermies, la nouvelle
guêpe prend fon effort, fe met à l'ouvrage , & travaille
avec celles qui lui ont donné le jour, à la conftruétion de
nouvelles ceilules , ou à nourrir les petites larves.
Telles font les manœuvres des guêpes qui vivent en
fociété au nombre de douze, de vingt, & fouvent davan-
tage. Car en général les fociétés des guëêpes ne font pas à
beaucoup près aufli nombreufes que celles des abeilles.
Mais outre ces guêpes, ii y en a d’autres dont les manœu-
vres font fort différentes.
Les unes vivent feules , on pourroïit les appeller guêpes
folitaires. Ces guêpes,du nombre defquelles eft celle dont
le premier anneau du ventre eft figuré en poire & le fe-
cond en cloche, fe conftruifent des nids fort finguliers.
Ce font des efpéces de boules compofées d’une terre fine,
que la guêpe pétrit avec de l’eau & probablement avec
quelque liqueur un peu gluante qui lui donne plus de
confiftance. Ces boules creufes en-dedans font ouvertes
par en-haut. Lorfqu’elles font achevées, la guêpe y dé-
ofe un œuf, elle nourrit la larve qui en éclot, & enfui-
te elle ferme pareillement avec fon mortier de terre l’ou-
verture du nid dans lequel la larve fe change en chryfali-
de , & dont elle fort fous la forme d'infeëte parfait, en
perçant les côtés de cette efpéce de prifon. Chaque nid
ne contient qu'un infeûte : lorfqu'il eft fermé, & que le
DES DONS EUTES 367
petit infeêe n'a plus befoin de fa mere, elle va ailleurs
conftruire un autre nid, où elle dépofe pareillement un
œuf, Le travail de chaque nid doit être long , & linfelte
ne doit pas pondre un nombre d'œufs bien confidérable.
Auf ces guêpes font-elles bien moins communes.
Enfin il y a d’autres guêpes que l’on pourroit appeller
guêpes maçonnes & qui travaillent dans les murs. Ce font
de petites efpéces de guêpes dorées & parées des couleurs
les plus brillantes. On voit ces petites guêpes roder au-
tour des murs à la campagne , entrer dans les petits trous
qui y font & en fortir fouvent. C’eft dans ces trous que
ces guêpes font leurs nids, qu’elles enduifent de mortier
de terre qu’elles délayent , & où elles forment, pour dé
pofer leurs œufs, des’efpéces de cellules irrégulieres. Ces
œufs y éclofent, & leurs larves s’y changent en chryfali-
des & en infectes parfaits de la même maniere que celles
des autres guêpes. It
Le nombre des efpéces de guêpes ne laifle pas que
d'être confidérable. On pourroit les divifer en guêpes
communes & guêpes dorées , comme nous le ferons en
traitant les efpéces. Les unes & les autres donnent fou-
vent des variétés , ainfi que nous l’obferverons, & peut-
être diminueroit-on le nombre des efpéces, fi on fuivoit
ces. infeêtes de près. Les mâles & les femelles peuvent
avoir des différences qui les faffent prendre pour des efpé-
ces tout-à-fait diftinétes. C’eft ce qu’on ne peut certifier
que d’après une obfervation bien fuivie. Ce que nous
difons , pourroït avoir lieu principalement dañs les petites
guêpes dorées , dont je foupconne qu’une grande partie
n'eft que variété , ou ne différe que par le fexe. Ceux
qui auront le tems ou l’occafion de fuivre ces particularités
plus en détail , pourront par la fuite nous donner des
obfervations plus füres , & rettifier ce que nous donnons
fur cet article. :
Îlne nous refte , avant que de détailler les efpéces , qu’à
dire un mot fur ce que quelques-unes d’entr’elles nous
363 HISTOIRE ABRÉGÉE
offrent de particulier. La ouépe-frelon , la premiere des
efpéces que nous donnons,eft remarquable par fa grofleur.
Cet infeéte a un pouce de long & fa piqüre eft des plus
vives & des plus mauvaifes. De plus , il mord avec force,
& l’on ne peut employer affez de précautions pour s'en
faifir. La guêpe commune & celle à anneaux bordés de
noir ,; nous offrent un grand nombre de variétés. J’en dé-
cris quatre de chacune de ces efpéces. Les trois efpéces
de guèpes à premier anneau du ventre en poire font re-
marquables par la forme de cet anneau.Les deux premieres
pourroient bien n'être que variétés l’une de l’autre. La
troifiéme a une autre fingularité ; c’eft que le fecond an-
neau de fon ventre eft très-grand, & forme comme une
cloche fous laquelle les autres font retirés , c’eft une
des guêpes folitaires qui forment un nid de terre figuré
en boule.La guépe déginguendee,& celle qui la précéde,ont
toutes les deux les cuiffes poftérieures monftrueufes , ce
qui leur donne un port extraordinaire ; la premiere a de
plus un pédicule long & mince , par lequel fon ventre
tient au corcelet , ce qui eft particulier à cette efpéce.
Les guêpes dorées mériteroient d’être confidérées pref-
que toutes l’une après l’autre pour la beauté , la richelfe &
la vivacité de leurs couleurs. La feconde de ces efpéces a
de plus une fingularité digne d’attention ; ce font des
pointes qui terminent le bord inférieur des derniers an-
neaux de fon ventre , & qui vûes à la loupe paroiffent très-
joliment arrangées & travaillées. Nous allons examiner
plus en détail toutes ces fingularités dans les defcriptions
que nous donnerons des différentes efpéces de guêpes.
1, VESP A #orace nigro, antice rufo immaculato ; abdo-
minis incifuris punrilo nigro duplici conti ouo. NX
Linn. faun. fuec. n. 988. Apis thorace nigro , antice rufo &c. idem.
Linn. [yff. nat. edit. 10, p. $72, n, 1. Vefpa crabro,
Mouffet. inf. lat. so. Crabro.
Merr. pin. 196. Crabro.
Ra. inf. 250, Crabro vulgaris,
Frifch.
DES INSECTES 369
Frifch. germ. D, p.21, tab. xx , f, 1, Crabro.
Swammerd. bibl, tab..16 , f. 9.
Reaum. inf. tom. 6, tab. 18,f.1,
La guêpe frelon.
Longueur 1 pouce. Largeur 4 lignes.
Ses antennes & fa tête font d’une couleur fauve un peu
brune. Sa levre fupérieure eft jaune & fes yeux font noirä-
tres. Le corcelet eft noir au milieu , & brun fur le devant,
fur les côtés & par derriere. Les pattes fonc de la même
couleur brune tirant fur le maron. Le premier anneau du
ventre eft noir , mêlé de brun, & bordé d’un peu de jaune
citron; les autres font noirs à leur partie fupérieure , dont
une portion eft recouverte par l'anneau de deflus , & jau-
nes à leur partie inférieure. Sur cette couleur jaune , fe
trouvent deux taChes noires fur chaque anneau , une de
chaque côté qui tient à la couleur noire d’en-haut.
» , A . .
Cette groffe efpéce de guêpe fait fon nid dans les
troncs d’arbres creux & dans les charpentes des greniers.
Ses gâteaux ou rayons font faits d'une matiere femblable à
un gros papier ou parchemin roux. Elle eft très - vorace &
dévore les autres infeétes , même les abeilles,
2. VESP À shorace lincolis trium parium differentium
Jlavefcentium *.
* Punélis incifurarum nullis. Maf, * Punélis nigris incifurarum libe-
ris. Fœmina.
Reaum. inf. tom, 6;tab.x4 ,f.3, 4 Reaum. inf. tom. 6 , tab. 14, f.53 6, 7:
Linn. faun. fuec. n. 989. Apis thorace lincolis trium parium differentium flave(-
centium , punétis nigris incifurarum liberis. Es
Linn. fÿfl. nat. edir. 10 , p. 572 , n. 2. Vefpa vulgaris,
Mouffet. lat. 52. Vefpa.
Merret. pin. 196. Vefpa flava major.
Ray. inf. 250. Vefpa vulgaris.
Frifch. germ. 9,p.23,t.12, fe
Swammerd. bibl. t.16 , f. 8. À
Rofel. inf. vol. 2., tab. 7. Bombyl. & vefp: A
La guëpe commune.
Longueur 8 lignes. Largeur 2 Zligness
Tome IL, à Aaa
370 Hi1STOIRE ABRÉGÉE
Ses antennes font noires ; beaucoup plus longues dans
le mâle que dans la femeile. Dans les mâles , la tête eft
jaune ; dans la femelle, il n’y a que la levre fupérieure qui
foit jaune , le refte eft d'un brun fauve. Le corcelet dans
tous les deux eft noir , avec fix taches jaunes , trois de
chaque côté ; favoir , une raie oblique devant l’attache
des ailes , une tache affez grande à la partie poftérieure du
corcelet , & une poftérieure à celle-là & plus allongée
tranfverfalement. De plus ; à la naïffance des ailes , il y a
encore un peu de jaune. Les pattes font jaunes ; avec
quelque peu de noir aux cuifles. Quant au ventre , il
différe beaucoup dans les deux fexes. Le ventre du mâle
ef compofé de fept anneaux , qui font noïrs dans leur par-
tie fupérieure qui eft cachée , & jaunes à leur partie infé-
rieure. Sur cette partie Jaune , on ne voit aucuns points
noirs en-deflus , fi ce n’eft au premier anneau qui en a de
très-petits ; mais dans le milieu du deffus de Panneau, il y
a feulement une avance triangulaire que forme la couleur
noire. En-deffous, il y a trois rangs longitudinaux de points
noirs qui tiennent à la bande de même couleur.
La femelle n’a que fix anneaux au ventre ; dont les cou-
leurs font femblables à celles de celui du mâle ; excepté
que chaque anneau a en-deffüs deux gros points noirs laté-
raux , un de chaque côté , ifolé & qui ne tient point à la
bande noire , fi ce n’eft fur le premier anneau. La femelle
eft auffi plus groffe & plus large que le mâle.
On voit fouvent cette guépe Pété danses maifons : elle
eft-carnafiere & mange fur-tout les mouches.
&F Nous avons quelques guêpes que l’on trouve dans
les maifons & les jardins , & qui ne me paroifflent que des
variétés de la guèpe commune à laquelle elles reffemblent
beaucoup. Je vais les indiquer en peu de mots.
A. J’efpa thorace lineols trium parium differentium
Slavefcentium , punélis nigris incifurarum connexis.
Elle ne différe que parce que les points latéraux de
DES INSECTES, 371
fon ventre ne font point ifolés , mais tiennent à la bande
noire.
B. J’efpa thorace lineolis quatuor partum differentium
flavefcentium , punélis nioris incifurarum connexis.
Outre que les points noirs du ventre ne font pas ifolés ,
celle-ci a de plus à la partie poftérieure de fon corcelet
trois paires de taches jaunes , au lieu de deux qui fe trou-
vent dans la guêpe commune, La précédente & celle-ci
font des individus mâles."
C. V’efpa thorace lineolis quinque parium differentium
flavefcentium ; punélis nigris incifurarum connexis.
Elle différe de la précédente , en ce que auprès des
lignes obliques, jaunes qui font devant l'attache des ailes,
il y en a de chaque côté une autre en fens contraire. De
plus , la partie antérieure du corcelet eft bordée de jaune,
& les antennes font brunes. Celles-ci font des femelles.
D..We/pa thorace lineolis duorum parium differentium
Jflavefcentium ; punilis nigris inciftrarum connexts.
Elle n’a que deux taches à la partie poftérieure du corce-
let , & les deux lignes obliques devant les ailes , ce qui fait
quatre en tout ou deux paires.
3. VESP A rigra, abdomine flavo ; fegmentis margine
ZILQTLS +
La guêpe à anneaux bordés de noir.
Longueur s 3 lignes. Largeur 1 ligne.
Ses antennes qui font aufli Îongues que fon corcelet,
font de couleur fauve ; quélquefois cependant elles va-
tient pour la couleur & font noirâtres. Les pattes font
aufli noires mêlées d’un peu de jaune. La levre fupérieure
eft jaune & le refte de la tête eft noir. Le corcelet eft
pareillement noir , mais fur fa partie antérieure ; il y a une
bande jaune tranfverfe , divifée quelquefois en deux dans
Aaai
272 HISTOIRE ABRÉGÉE
fon milieu. De plus ; on voit un'point Jaune élevé de cha-
que côté à l’attache des ailes , & un autre un peu devant
cette attache : enfin il y.a deux autres points à côté l’un de
l’autre à la partie poftérieure du corcelet , & en outre deux
taches latérales oblongues , une de chaque côté un peu
en-deflous. Les anneaux du ventre font jaunes ; avec un
peu de noir en-haut & une bordure noire en-bas , enforte
qu'il ny a qu'uné bande jaune dans le milieu ; qui dans
les anneaux fupérieurs eft quelquefois partagée en deux ;
mais comme Île noir du haut de l’anneau eft caché par
Panneau fupérieur , tous les anneaux paroïffent jaunes &
bordés de noir. Les ailes font brunes fur-tout vers leut
bord du bout.
&F Cette efpéce donne les variétés fuivantes.
À. Vefpa nigra ; thorace punilis .oëlo luteis , fingulrs
fegmentis abdominalibus fafciis tranfverfis lureis ,
primis tnterruptis.
B. J’efpa nigra , thorace punélis decem luteis , fingulis
Jégmentis abdominalibus fafciis tranfverfis luteis.
C’eft celle que nous venons de décrire ci-deffus.
C. Vefpa nigra ; thoracis baft lineolis duabus flavis;
apice linea flava , fingulo fegmento abdominali fafcia
tranfverfa lutea , fecunda & tertia interrupta.
Linn. faun. fuec. n. 592. Apis nigra , thorace bafi apice que flavefcente , abdo-
mine fafciis quatuor flavis , tertia interrupta.
Linn. [yft. nat. edit. 10 , p. 573, n. 10, Vefpa arvenfs.
Celle- ci a les pattes jaunes, mais fes cuiffes font noires.
Ses antennes font toutes nojres , à l'exception d’un petit
point jaune au bout du premier anneau , le plus long
de tous.
4
D. V’efpa nigra , thoracis bBafi lineolis duabus flavis ;
apice linea flava , fingulo féomento abdominali fafcia
éranfverfa lutea , quatuor primis interruptis,
DES INSECTES. 373
Elle différe de la précédente , parce que toute la pre-
miere piéce de fes antennes eft jaune. Elle a aufli une
tache jaune fur les côtés du corcelet , outre les deux lignes
“de la bafe & celle de la pointe. Enfin les quatre premieres
bändes jaunes du ventre font interrompues dans leur mi-
lieu.
E. f’efpa nigra , thoracis baft lineolis duabus flavis ;
apice linea flava , fingulo fegmento abdominaë , ex-
cepto 1°, & 3°. fafcia tranfverfa lutea.
Elle reffemble en tout à la précédente , excepté qu’il
n'y a point de bande jaune fur le premier & le troifiéme
anneau de fon ventre qui font tout noirs, ce qui fait que
la premiere bande jaune ef fort éloignée des autres.
4 VESPA zigra , fégmentis abdominalibus margine
Jflavis. :
La guëpe à anneaux Bordes de jaune.
Longueur s lignes. Largeur1= gere.
Ses antennes font noires & ne vont pas jufqu’à la moitié
de fon corcelet. Sa tête eft noire , avec la levre fupérieure
Jaune ; & une raie de même couleur fous les yeux. Son
corcelet eft noir , avec une raie jaune tranfverfe à fa bafe,
& une femblable à fa pointe. Les pattes font Jaunes. T'ous
les anneaux du ventre font noirs en-haut & bordés de jau-
ne en-bas. Le noir du haut empiette fur le jaune au milieu
du deflus de l’anneau & forme en cet endroit une avance
triangulaire.
Il eft aifé de diftinguer cette efpéce de la précédente à
laquelle elle refflemble ; 1°. par les taches du corceler
qui font fort différentes ; 2°. par les anneaux du ventre
dont le bord eft noir dans la précédente & jaune dans
celle-ci, quoique dans l’une & dans l’autre le ventre foit
rayé de bandes jaunes & noires alternativement. On
trouve fouvent ces deux efpéces fur les fleurs dans les
jardins,
NT
374 HiSToOIRE ABRÉGÉE
s.VES P A zigre , 1horace maculis quindecim flavis ,
Jégmentis abdominalibus margine luteis, fecundo macula
utrimque flava.
La guëpe à anreaux Bordes de jaune & deux taches jauñes.
ts
Longueur 5 à lignes. Largeur 1 + ligne.
Ses antennes de la longueur du tiers de fon corps , font
noires en- deflus , brunes en - deffous , à Pexception de la
premiere piéce qui eft jaune en-deffous. La levre fupé-
rieure eft Jaune , avec un point noir, quelquefois divifé
en deux dans fon milieu. Les machoires ont aufli un
peu de jaune. Sur la tête derriere les antennes , il y a une
taie jaune tranfverfe ; le refte de la tête eft noir. Le corce-
let a en-devant une bande jaune à fa bafe , enfuite de
chaque côté , une ligne oblique devant l’attache de Paile,
pus ün point à cette même attache , & une autre tache à
côté & plus en-devant ; vers fa pointe , eft une premiere
paire de taches triangulaires , en defcendant une feconde
de taches tranfverfes , puis uneæroifiéme de lignes longi-
tudinales , enfin plus bas , deux taches irrégulieres près la
naiffance des cuilles poftérieures. Toutes ces différentes
taches & raies forment le nombre de quinze. Les anneaux
du ventre font noirs bordés de jaune. Le fecond qui eft
plus large , a outre cela dans fon milieu deux taches jau-
es , une de chaque côté. Les pattes font un peu fauves ,
avec les cuifles noires. Cette guêpe vient dans ces petits
gâteaux ou guépiers gris que l’on trouve dans la cam-
pee. , attachés fouvent par un pédicule aux tiges des at-
uftes.
6. VESPA #orace nigro maculis flavis , abdomine
Jlavo , fafciis quatuor 129715 , anternis longrs.
La guëpe à longues antennes , & quatre bandes noëres fur le
ventre.
Longueur s lignes. Largeur 1 ligne.
Ses antennes font au moins de la longueur des deux
DES INSECTES. 375
tiers de fon corps. Elles font tantôt fauves ; tantôt noires,
& reflemblent pour leur longueur & leur forme à celles
des ichneumons. Sa tête ef noiratre ; jaune en-deflus.
Son corcelet eft noir, avec deux taches jaunes en croiffant,
l'une à côté de tte vers fa bafe , une autre petite à
raehe des ailes , & une impaire à la pointe du corcelet.
De plus de chaque côté du corceletun peu en-deflous , il
y en a quatre autres. Le ventre ef jaune , mais le premier ,
le fecond, le troifiéme & le quatriéme anneau ont à leur
bafe ‘une bande noire ; ce qui fait quatre bandes de cette
couleur fur le ventre. Les paties font mêlées de fauve &
de jaune.
7: VESP À nigra, abdomine faftiis tribus flavis , tertia
remotiffima , prèmo articulo infrdibuliforme.
Linn. faur. fuec. n. 996. Apis glabra nigra, abdomine fafciis tribus flavis, tertia
&c. idem.
La guépe à premier anneau du ventre en poire & trois Ban-
des Jaures.
Longueur s lignes. Largeur 1 ligne.
Cet infedte varie pour la grandeur & Les couleurs. Ses
antennes font noires , jaunes à leur bafe & un peu plus
longues que la tête. Celle-ci ef noire , avec fa levre fupé-
rieure jaune. Le corcelet eft aufhi noir ; avec deux points
jaunes à fa bafe , deux autres à l'origine des ailes , &
une petite ligne tranfverfe de même couleur à fa partie
poftérieure. Les pattes font jaunes , mais les cuifles font
noires en partie. Le premier anneau du ventre eft fait
en poire & eft tout noir. Le fecond a fur fa partie pofté-
rieure une tache jaune prefque divifée en deux. Le troifié-
me dans les mâles eft tout jaune , dans les femelles ilaun
peu de noir au milieu de fa partie fupérieure. Le quatrié-
me eft tout noir. Le cinquiéme eft bordé de jaune. Le
fixiéme & dernier dans les femelles eft tout noir , dans les
mâles il eft bordé de jaune, & dans ces derniers il yenaun
feptiéme tout noir, Les mâles font d’un tiers plus petits
346 HISTOIRE ABRÉGÉE
que les femelles. Dans tous les ailes font brunes. Cette
guêpe n'eft pas commune. Son corps , vû à la loupe ;
paroit ponétué & chagriné.
N.-B. Cette efpéce varie pour la couleur du corcelet ,
qui dans quelques-unes eft abfolument noir fans taches
jaunes.
8. VESPA riora Sabdomine fafciis quinque flavis s
premo articulo cnfundibuliforme.
La guépe a premier anneau du ventre en poire & cinq ban
des Jaures.
Longueur 4 lignes. Largeur + ligne.
Ses antennes font noires , fi ce n’eft à leur bafe qui
eft jaune. La levre fupérieure eft jaune & le refte de la
tête noir. Le corcelet eft de la même couleur , avec une
petite raie jaune tranfverfe à fa bafe , qui fouvent ef divi-
fée en deux par fon milieu , & une autre femblable à la
pointe. Outre cela , les mâles ont un peu de jaune à l’atta-
che des ailes, ce qui n’eft point dans les femelles. Le
premier anneau du ventre eft fait en poire & tout noir. Les
cinq fuivans font noirs & bordés de jaune, ce qui fait cinq
bandes tranfverfes fur le ventre. Le dernier anneau de la
pointe eft tout noir. Dans les mâles , les trois premiéres
bandes jaunes font quelquefois interrompues dans leur
milieu. Les pattes dans les deux fexes font jaunes , avec
un peu de noir aux cuifles.
9. VESP A zigra , abdomine fafciis quinque flavis »
prima remoriffrma. .
Linn. faun. fuec. n. 990. Apis nigra, abdomine fafciis quinque &c. idem,
Linn. fyft. nat. edit. 10 , p.572, n. 4. Velpa parietum.
Frifch.germ.9,t.12,f.1.
«
La gnëpe à cing bandes jaunes fur de ventre , la premiere
eloignee des autres. .
Longueur 4 lignes. Largeur x ligne.
Ses antennes font noires , mais leur premier anneau qui
eft
\
DES ÎNSECTES. 377
eft le plus long,eft jaune en-deffous. Dans les unes ; toute
la levre fupérieure eft jauhe ; dans d’autres il ny a que
deux taches en croiflant , une dé chaque côté qui fe regar-
dent , & deux petites taches à la bafe des machoires. Ces
dernieres font les femelles. Toutes ont fur la tête entre les
deux antennes un petit point Jaune , le refte de la tête
eft noir. Le corcelet l’eft aufli , avec deux taches jaunes
à fa bafe , qui fouvent fe touchent, de plus deux points
jaunes à l’origine de chaque aile , & deux autres au bout du
corcelet , fuivis d’une petite raie tranfverfe de même cou-
leur. Tous les anneaux du ventre font bordés de jaune,
excepté le dernier ; mais Le fecond anneau étant plus grand
que les autres , la premiere bande fe trouve fort diftante
des fuivantes. Cette premiere eft plus large , fur-tout fur
les côtés. Le fecond anneau eff fi grand,que l'infecte retire
fouvent tous les autres & Les cache fous celui-là.
N.B. I] y a une variété de cette guèpe , dans laquelle le
corcelet eft tout noir , à l’exception des deux points jaunes
de fa bafe qui fe touchent, & où de plus la premiere bande
jaune du ventre , celle qui eft féparée des autres par un
grand intervalle , n’eft pas plus large qu’elles , & n’efi point
à moitié divifée en deux dans fon milieu.
10. VESPA z10ra , abdominis articulo primo infundibu-
Ziformi , fecundo campanulato maximo. Planch. 16 ,
fig. 2
Linn. faun. fuec, n, 1002. Apis nigra abdominis primo articulo infundibulifor-
mi &c. idem. 2 ‘
Linn. fÿff. nat. edit. 10, p. 573 , n..9. Vefpa coarétata.
Frifch.germ.9 , p.175 t.9.
La guépe à premier anneau du ventre en poire & le fecond
en cloche.
Longueur $ lignes. Largeur 1 ligne,
Ses antennes font noires , avec un peu de jaune fur leut
premier anneau. da tête eft pareillement noire , avec un
petit point Jaune entre l'origine des antennes , & une ta-
Tome II Bbb
378 HISTOIRE ABRÉGÉE
che de même couleur à la bafe de la levre fupérieure,
Le corcelet qui eft noir a une tache jaune à fa bafe , une
autre à fa pointe ; aux côtés de laquelle font fouvent deux
petits points jaunes de chaque côté, un point jaune à Pori-
sine des ailes , & une tache à côté en - deffous. Tous les
anneaux du ventre font bordés de jaune. Le premier, plus
long que les autres , eft fait en poire allongée, & a de cha-
que côté un petit point Jaune; le fecord , le plus grand
dé tous , eft fait en cloche , & a de chaque côté une bande
jaune oblique qui defcend vers l’extérieur. Cet anneau
eft fi grand , que l’infeéte peut cacher & retirer tous les
autres fous celui-là. Les pattes font jaunes , avec un peu
de noir aux cuifles , & les ailes font noirûtres.
Cet infecte conftruit fur les tiges des plantes & fur-tout
des bruyeres, des petits nids fphériques qu'il fait avec une
terre fine, Lorfque le nid eft fait , il y laifle une ouverture
en-haut , par laquelle il le remplit de miel & y dépofe un
œuf. Pour lors il ferme cette ouverture. La petite larve
étant fortie de l’œuf, fe nourrit du miel, après quoi elle fe
métamorphofe & fort enfin fous la forme de guêpe par une
ouverture qu'elle fait au côté de cette boule. Chaque nid
ne contient qu'un feul infeéte.
11. VESP A zigra , abdomine punélorum flayorum ordine
guadruplici longitudinal.
La guépe noire à raies de points jaunes fur le ventre.
Longueur 3 4 lignes. Largeur 1 ligne,
Cette efpéce eft une des plus rares & des plus jolies. Sa
tête & fes antennes font noires ; il y a feulement une très-
petite raie jaune prefqu'imperceptible de chaque côté fur
le deffus de la tête proche les yeux , & une autre de cou-
leur fauve poftérieurement derriere chaque œil. Le corce-
let eft noir & chagriné,avec deux petites taches jaunes à fa
bafe , une de chaque côté. Chaque anneau du ventre a qua-
tre points jaunes, ce qui fait quatre bandes longitudinales
de points jaunes fur le ventre. Les pattes font de couleur
DES INSECTES, 379
fauve , & il y a un point de même couleur à l’attache des
ailes. Ces ailes font un peu brunes.
12, VESPA zigra , abdominis fegmento primo margine
Jlavo, fecundo & tertio punélo duplici lureo.
La guépe noire à premier anneau du ventre borde de jaune ;
avec deux points fur le fecond & le troifième.
Longueur 4 lignes. Largeur ? ligne. ;
Sa tête ; fon corcelet & fes antennes font tout noirs. Le
ventre l’eft auf , à l'exception d’une bande jaune qui bor-
de fon premier anneau , & de quatre points de même cou-
leur, deux fur le fecond , & deux fur le troifiéme anneau,
un de chaque côté. Les points du troifiéme anneau font
les plus gros. Les pattes font variées de jaune & de noir.
La forme de cette efpéce ef allongée.
13. VE SP A rigra ; abdominis fegmentis primo &
ecurido utrimaue puntlo albo , pedibus ferrugineis.
que P xÿ
La guépe noire à quatre points blancs fur le ventre.
Longueur 2 = lignes. Largeur + ligne.
Cette guêpe eft noire , avec quelques poils blancs fur le
haut de fa tête. Sur le premier & le fecond anneau de fon
ventre , il y a de chaque côté une tache blanche , ce
qui fait quatre taches en tout. Ses antennes font un peu
fauves vers le bout. Il en eft de même des pattes, dont les,
cuiffes & les jambes font en partie noires & le refte fauve,
avec les articulations blanchâtres.
14. VES P A ora, fronte, thoracifque bafi flavis.
A . A JA Q .
La guépe noire , à levre fupérieure & bafe du corcelet jau-
nes.
Longueur 3 lignes. Largeur % ligne.
Cette guêpe eft toute noire , à l'exception de fa levre fu-
périeure , qui dans les unes eft toute jaune , & dans d’autres
ait feulement jaune des deux côtés & noire au milieu, Son
Bbbi
330 HISTOIRE ABRÉGÉE
corcelet a aufli une raie jaune tranfverfe fort fine à fa
bafe , & un petit point Jaune à l’origine des aîles. Enfin
dans quelques-unes , il y a un peu de jaune à la bafe des
jambes & des tarfes poftérieurs , ce qui n’eft pas conftant.
Ces différences , comme aufi la grandeur qui varie beau-
coup ;, pourroient bien venir de la diverfité du fexe. On
trouve pendant lété cette guêpe en grande quantité fur les
fleurs avec la fuivante.
N.B. VESPA ziora , fronte flava.
Cette vatiété plus petite d’un tiers , a le corcelet tout
noir , fans aucun mêlange de jaune. Son ventre eft très-
liffe.
15. VESPA zipra, femoribus pofticis globofis ferratis ;
tibiis arcuatis , alarum bafi, genubufque flavis.
La guépe noire à cuiffes pofterteures fort groffes.
Longueur 2 3 lignes. Largeur à ligne.
Elle eft toute noire : fon ventre eft beaucoup plus lui-
fant que le refle de fon corps. Il y a un petit point jaune
à l’attache de fes ailes, & une petite tache femblable aux
articulations des pattes. Mais ce qui fait le caraétere de
cette efpéce, ce font fes cuiffes poftérieures qui font très-
grofles , formées en globe un peu allongé , & garnies de
dents d’un côté. La jambe faite en arc pour fe confor-
mer à la figure de la cuifle, eft reçue dans une rainüre de
cette même cuifle du côté dentelé,
16. VESP A fémoribus poflicis craffis , globofis , ferratis ,
denticulo donatis ; abdominis globoft petiolo tenu longo.
La guépe dévinguendee.
Longueur 3 3 lignes.
Cette efpéce a la forme la plus finguliére ; quoiqu’elle
approche un peu de la précédente. Ses antennes font noi-
res & brifées , comme celles des infeétes de ce genre, Sa
DE SEL NSIEICITIES: 381
tête eft noire avec deux taches rondes en-deflus entre les
yeux. Son corcelet eft pareillement noir avec deux petites
taches jaunes , une de chaque côté à l’attache des ailes.
Les quatre pattes antérieures font de même noires , mais
l'articulation de la cuiffe & de la jambe font jaunes du
moins dans les femelles , car les mâles ont toute la jambe
jaune & feulement le haut de la cuiffe noir. Quant aux
pattes de derriere elles partent d’une piéce aflez longue
de couleur noire , à laquelle tient la cuiffe qui eft courte,
groffe, ronde, globuleufe ; un peu applatie vers l'inté-
rieur, dentelée à cet endroit, avec une plus longue dent
vers le haut. Cette cuifle eft jaune avec une tache noire
en-deflus. La jambe eft noire & figurée en arc ou en faulx
pour fe conformer à la cuifle contre laquelle elle s’appli-
que. Le ventre eft court, noir, liffe & globuleux, & il
part du corcelet par un pédicule jaune prefqu'aufli long
que lui, en quoi cette guêpe reffemble un peu à un
ichneumon. On trouve cette belle efpece dans les endroits
aquatiques.
17: VESPA #ota nigro cærulefcens.
La guépe noire.
Longueur 3 zlignes. Largeur = ligne.
Cette guêpe eft toute d’un noir un peu bleuâtre, fans
mélange d’autre couleur. Elie reffemble beaucoup , à la
couleur près , à celle du n°. 14. Vüe de près, elle paroït
pointillée, en quoi elle varie ; car il y en a qui font plus
-pointillées les unes que les autres.
18. VESPA rubra , thorace lineolis longitudinalibus
nigris , abdomine maculis flavis.
La guépe rouge à bandes noires fur le corcelet ; & points
jaunes fur de ventre.
Longueur 3 + lignes. Largeur 1 ligne.
Le fond de la couleur de cette belle efpéce ; eft d’un
382 HISTOIRE ABRÉGÉE
rouge un peu brun, plus clair & plus vif en quelques en-
droits. Sur le haut de fa tête , derriere les antennes, il va
une aflez grande tache noire. Le corcelet a trois larges ban-
des longitudinales noires , une au milieu & une de chaque
côté. Outre cela la partie poftérieure du corcelet qui tou-
che au ventre, eft noirâtre. Le ventre n'a point de mar-
ques noires , mais le fecond anneau a de chaque côté une
grande tache jaune ; le troifiéme en a de femblables , mais
bien plus petites. Le quatriéme anneau a une bande tranf-
verfe jaune , interrompue dans fon milieu. Les aïles font
bordées de brun. Les antennes & les pattes font entié-
rement de couleur rouge.
GUESPES DORÉES.
19. VE SP A szridi-cærulea , abdomine , thoracifque
* antica parte ruberrèmis.
La guépe dorée à corcelet mi-parti de rouge & de vért.
Longueur 2 + lignes. Largeur ? ligne.
Ses antennes font noires. Sa tête eft d’un beau vert
doré ; avec un peu de rouge poftérieurement à l’endroit
des petits yeux liffes. Les gros yeux réticulés font bruns.
Un peu plus de la moitié antérieure du corcelet eft d’un
beau rouge cuivreux & matte ; la partie poftérieure eft
d’un vert doré entremêlé de bleu. Le ventre eft d’un rou-
ge très-éclatant ; il eft life & ie refte du corps eft chagri-
né, ce qui rend fa couleur très-riche. Les pattes font d’un
vert cuivreux & les aîles brunes.
Cette guèpe a un caraétere qui fe trouve dans les fui-
vantes qui font aufli dorées ; c’eft que le bas du corcelet
a de chaque côté une épine latérale bien marquée. Cette
marque caraëlériflique me feroit penfer que toutes ces
guêpes pourroient bien n’être que des variétés ou des dif-
férences de fèxe. C’eft ce qu'il faudroit examiner.
20, VESP A shorace viridi-cæruleo , abdomine inaurato,
pone cupreo dentato.
DES INSECTES: 383
Linn. faun. fuec. n. 1004. Apis nitida, thorace viridi-cæruleo ; abdomine
inaurato.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 571; n. 23. Sphex glabra nitida, thorace viridi,
abdomine aureo, apice quadridentato. :
Aë. Upf. 1736,p.28 , n. 5. Apis parietina nitida , collari cæruleo , abdomine
aureo.
Frifch. germ. 9 , p. 19, 1,10, f. 1. Vefpa argillacea variegata feu fuperbe
colorata.
Raj. inf. 275. Penultima & antepenultima.
La guépe dorée à corcelet vert , & derniers anneaux du
v'enitre épineux.
Longueur à lignes. Largeur 1 ligne,
Cette guêpe eft enrichie des plus belles couleurs. Le
devant de fa tête eft d’un vert doré, & la partie poftérieu-
re d’un bel azur. Le corcelet eft de même azuré avec
quelque mêlange de vert. Le bout de ce corcelet fe ter-
mine de chaque côté par des pointes épineufes comme
dans l’efpéce précédente. Le ventre à fa partie antérieure
eft d'un beau vert doré, & fa partie poftérieure eft-d’un
rouge cuivreux , imitant Ja couleur de cuivre de rofette
bien poli. L’avantdernier anneau du ventre eft couronné
de petites pointes fines & ferrées ; & le quatrième ou der-
nier anneau fe termine par quatre épines plus groffles &
bien marquées. Le deffous du ventre eft plat, renfonçé
& de couleur verte. Tout l’infeéte ef pointillé par deffus ,
ce qui rend fa couleur très-brillante, Ses antennes font
noires & fes pattes vertes & dorées.
Cette guêpe fe loge dans les trous des murs, entre les
pierres & dans le mortier qui les joint. On la voit fouvent
fortir de ces trous où elle fait fon nid & fon ouvrage.
21. VESP A horace viridi - cæruleo, abdomine aurato:
cupreo , pone ir1erme.
La guépe dorée à corcelet vert & derniers anneaux du
ventre liffes. {
Longueur 2 ? lignes. Largeur À ligne.
Elle reflemble beaucoup à la précédente pour fa for-
384 HISTOIRE ABRÉGÉE
me & fes couleurs. Sa tête & fon corcelet font colorés de
vert & de bleu azuré. Son ventre prefqu'hémifphérique ,
eft par-tout d'un beau rouge cuivreux. Il n’eft compofé
que de trois anneaux qui font liffes & unis, fans pointes
ni épines. Cette efpéce fe trouve avec la précédente dont
elle pourroit bien ne différer que par le défaut de fexe.
Elle fe replie aifément en boule, appliquant fa tête & fon
corcelet contre fon ventre qui eft plat en-deflous.
22. VESPA cærulea nitens.
Linn. fyft nat.edit. 10, p. $72, n. 25, Sphex cyanea.
La guépe dorée bleue.
Longueur 2 + lignes. Largeur ? ligne.
23. VESPA saridis nitens.
La guéëpe dorée verte.
Longueur 1 + ligne. Largeur + ligne.
Je joins enfemble ces deux guêpes qui ne font que va«
riérés ou diverlités de fexe. La premiere eft d’un bleu
pourpre & doré avec un peu de vert à la partie antérieu-
re de fon corcelet, & à la partie poftérieure du ventre.
Ce ventre eft liffe , mais la rête & le corcelet font poin-
tillés & chagrinés.
La feconde eft toute verte avec lé ventre pareillement
life & le refte du corps pointillé. Toutes deux ont les an-
tennes noires , & deux épines latérales au bas du corcelet.
24 VESPA capite thoraceque rubro cupreo , abdomine
rufo pone nigro.
A / . LI à F4 A .
La guépe dorée cuivreufe à ventre fauve & noir.
LS
Longueur 2 lignes. Largeur + ligne.
Sa tête & fon corcelet font d'un rouge cuivreux doré
& très-éclatant. En-deffous le corcelet eft vert doré ; en-
deffus il a quelques fillons longitudinaux & tranfverfes, &
ne fe termine pas par deux épines comme dans les précé-
dentes , mais il va en diminuant. Les pattes font de mê-
me
DES. INSECTES. 38s
me couleur que la tête & le corcelet. Le ventte n’eft point
doré ; mais fa partie antérieure eft de couleur fauve, &
fa partie poftérieure eft noire. Cette guëpe a un aïiguillon
très-sros pour fa grandeur.
PAS LIT ONCE
L’ABEILLE.
Antennæ frailæ , articulo
primo longiore.
Alæ infertores breviores.
Os maxillofum ; linguä
membranaceä inflex.
Antennes brifées , dont le
premier anneau eft très-long.
Aïles inférieures plus cout-
tes.
Bouche armée de machoi-
res > AVEC une trompe meEnm-
braneufe couchée en - def-
fous.
Aculeus ani fimplex fubu- Aïguillon fimple & en
latus. pointe.
Ventre attaché au corcelet
par un pédicule court.
Trois petits yeux liffes.
Corps velu.
Abdomen petiolo bres'iffimo
zhoract cônnexum.
Ocell tres
Corpus villofum.
Fomilia x, Corpore villo{o.
Apis proprie diéta.
22, Corpore hirfutiffi-
mo.
Apis-bombylius.
1°. Famille. Abeilles propre-
ment dites.
2€, = Abeilles bour-
dons.
Le caractere de ce genre eft le mênte que celui du gen-
te précédent : il n’y a,entr'eux qu’une feule différence ; les
guêpes ont le corps rafe & lifle, au lieu que les abeilles
l'ont velu. Parmi ces dernieres , les unes ne font que mé-
diocrement velues, ce font celles que l’on connoït en gé-
néral fous le nom d’abeilles ; les autres font très-velues
& beaucoup de perfonnes leur donnent Le nom de bour-
dons. Mais comme on donne ce même nom aux mâles
Tome II, Ces
386 HISTOIRE ABRÉGÉE
des vétitables abeïlles, nous avons cru devoir réunir tous
ces infectes dans un feul & même genre , en confervant
cependant la diftinétion des abeilles en abezlles proprement
dites où médiocrement velues , & en abeilles très-velues,
ou abeilles - bourdons ; d'après quoi nous avons divifé ce
genre en deux familles.
Les travaux des abeilles, ou du moïns de plufieurs
d’entrelles, font beaucoup plus parfaits & plus confidéra-
bles, que ceux des guépes dont nous avons déja parlé.
Nous allons commencer leur détail par l'examen du tra-
,vail de l'abeille domeftique ou des ruches, & enfuite nous
parlerons des abeilles fauvages, qui offrent des particula-
rités différentes.
Les abeilles domeftiques vivent enfemble en fociété,
comme perfonne ne l'ignore. La ruche où elles habitent
eft ordinairement compofée de trois différentes fortes d’a-
beilles. Il y a une , deux ou trois femelles, fuivant que la
ruche eft plus ou moins confidérable ; un certain nombre
de mâles , tantôt foixante, cent, deux cent , plus ou moins;
& beaucoup de mulets , ou d’abeilles qui n'ont point de
fexe, & qui compofent tout le refte des habitans de la
ruche. Ces dernieres font par milliers. Les femelles ont
été décorées par quelques Naturaliftes anciens du nom de
rois. Ils s’imaginoient qu’il n’y avoit jamais qu'un feul
roi dans un effain, qu'il en étoit le chef, & que lorfque
ce roi venoit à périr , le défordre & l'anarchie s’empa-
roient de toute la fociété qui bientôt périfloit aufli. Nous
ne nous arréterons pas à toutes ces fables & à quantité
d’autres contes femblables , que plufieurs auteurs ont dé-
bités très-férieufement. Le travail des abeïlles & toutes
leurs opérations font aflez admirables par elles-mêmes ,
fans y ajouter un merveilleux qui mexifte pas.
On reconnoît les femelles des abeïlles à leur grandeur.
Elles furpañlent ordinairement par leur taille les mulets &
les mâles. Leurs antennes font compofées de quinze pié-
ces & leur ventre de fept anneaux. C’eft fur-tout cette
DES INSECTES. 387
derniere partie qui eft allongée & fort groffe dans les fe-
melles , & qui furpaffe la longueur de leurs ailes. Malgré
cette grofleur du ventre, on ne conçoit pas comment il
peut encore contenir la quantité prodigieufe d'œufs que
dépofent ces infetes. Il eft vrai que la plus grande partie
de l’intérieur du ventre eft occupée par les ovaires, qui
forment deux paquets de houppes toutes remplies d'œufs
lus ou moins avancés. L’extrémité du ventre de ces fe-
melles eft armée d’un aiguillon plus long que celui des
autres abeilles , & un peu recourbé vers le ventre. Ces
infectes s’en fervent peu , ne fortant pas ordinairement de
la ruche.
Les males font moins longs que les femelles, mais
plus gros que les mulets. Leurs antennes n'ont que onze
piéces , leurs yeux font plus gros de beaucoup que ceux
des mulets , leur corcelet eft plus velu & leur ventre
plus liffe. Ces infeëtes n’ont point d’aiguillon à l'extré-
mité de leur ventre, mais fi on prefle cette extrémité ,
on en fait aifément fortir une efpéce de corps charnu
accompagné de deux crochets. Ce font les parties de
la génération , & le corps charnu du milieu eft [a
vraie partie du mâle ; auquel les crochets ne fervent
qu'à arrêter & à fixer la femelle pendant laccouple-
ment.
Enfin les mulets plus petits que les femelles & que
les mâles ,compofent la plus grande partie de la ruche ou
de l'effain. Leurs antennes font compofées de quinze
anneaux comme celles des femelles , & leurs yeux font
plus petits. Outre leur taille, ils font encore reconnoifla-
bles par les efpéces de broffes ; qui font à la partie iné-
rieure de leurs cuiffes poftérieures. Ces brofles plus gran-
es & plus remarquables dans les mulets que dans les
males, & qui manquent abfolument dans les femelles ,
étoient néceflairesaux premiers pour ramaffer la cire qu'ils
rapportent à la ruche ; comme nous le dirons dans un
inftant, Les mulets ont un aiguillon qui ne fe trouve pas
Ceci
388 HiSTOIRE ABRÉGÉE
dans les mâles & les anneaux de leur ventre font au nom-
bre de fept.
Toutes ces abeïlles ont à la tête deux machoires for-
tes, une à gauche , l’autre à droite, & entre les deux ma-
choires une efpéce de trompe ou de langue, accompa-
gnée de deux lames dures écailleufes qui la recouvrent,
Cette trompe , avec fes étuis, eft plus longue dans les
abeilles ouvrieres que dans les mâles.
Parmi cestrois diférentes fortes d’abeilles qui compofent
l'effain, il n’y a qu'une forte fur qui roule le travail, ce font
les mulets. Les femelles & les males ne fervent unique-
ment qu'à la propagation de l’efpéce ; les mulets nourrif-
fent les petits, ramaflent le miel , & confiruifent les
rayons de la ruche.
Ces rayons ou gâteaux font des efpéces de plans de
cire , fur lefquels des deux côtés font confiruites des cel-
lules hexagones , formées pareïllement de cire : mais avant
que de conftruire ces rayons , lorfque les abeilles entrent
dans une ruche neuve, elles ont un autre travail à faire.
Elles commencent par enduire tout l'intérieur de leur ru-
che d’une matiere réfineufe ;, odorante , plus ferme & plus
dure que la cire, que Pon connoïît fous le nom de propodis.
Cet enduit leur eft néceffaire pour boucher les petites ou-
vertures qui peuvent fe trouver à la ruche, & la garantir
du froid & des infeûes qui pourroient y pénétrer. Les
abeilles tirent la matiere de la propodis de cette efpéce de
réfine que fourniffent les jeunes bourgeons du peuplier ,
du faule & de plufeurs autres arbres, avant que ces
bourgeons foient épanouis. Lorfque l'intérieur de la ruche
eft ainfi enduit , les abeilles commencent à confiruire les
rayons ou gâteaux de cire, dont nous avons parlé. Ces
gâteaux font ordinairement pofés perpendiculairement ou
prefque perpendiculairement ; attachés au haut de la ru-
che d’où ils paroiffent pendre & foutenus d'efpace en ef-
pace par des traverles aufli de cire ; qui les attachent aux
cotés. C’eft pour épargner aux mouches ce dernier travail,
DES INSECTES. 389
que ceux qui en ont foin ont attention de mettre dans
Tintérieur de la ruche plufieurs bâtons pofés tranfverfale-
ment , qui foutiennent les rayons & les empêchent de fe
détacher. Ces gâteaux font pofés les uns à coté des autres,
de façon qu'il ne refte entre deux qu'un paflage étroit , ca-
pable de laiffer pafler feulement deux mouches de front.
Beaucoup de Naturalifes ont admiré avec raifon la répu-
larité des cellules qui font élevées fur le plan des gâteaux
des deux côtés. Néanmoins ce Joli ouvrage paroït un peu
moins furprenant , fi on fait attention que des cellules qui
feroient travaillées pour être rondes, & qui en même
tems feroient appliquées & preffées les unes auprès des
autres , ne peuvent manquer de prendre par leur com-
preffion mutuelle une figure hexagone, fi d'ailleurs [a ma-
tiere dont elles font compofées eft affez molle pour céder
à la preflion. C'eft précifément le cas où fe trouvent les
cellules des abeilles. Leurs parois ne font compofés cha-
cun que d’une lame de cire mince , & elles font preflées
les unes contre les autres ; l’infeête fe trouve donc forcé
de leur donner la figure d’un hexagone, qui ne laïfe au-
cun vuide entre les cellules , & il ne pourroit leur donner
une figure plus convenable.
La cire dont eft compofé le gâteau eft blanche, lorfque
le rayon eft récemment conftruit; par la fuite elle jaunit
& même lorfque les ruches font un peu anciennes, les
vapeurs de la ruche donnent à cette cire une couleur bru-
ne prefque noire. Les abeilles commencent par conftruire
une partie du gâteau; enfuite elles en érendent peu à
peu les bords en ajoutant de nouvelles cellules dans cette
circonférence. Quelquefois lorfqu’elles font preflées , elles
rempliflent les cellules avant que de finir le gâteau , &t
l’on en voit où elles ont déja dépofé du miel ; ou bien qui
contiennent des œufs fans être encore achevées. Au refte
l'ouvrage va très-vite ; comme les ouvrieres font en très-
grand nombre ,-un gâteau d’une grandeur confidérable eft
quelquefois fini en quelques heures de tems, J'ai va un
390 HISTOIRE ABRÉGÉE
effain qui en une feule nuit en avoit fait quatre ou cinq;
chacun de la grandeur de la main. La cire dont les abeil-
les fe fervent pour conftruire leurs gateaux & que nous fa-
vons leur fouftraire pour notre ufage , leur eft fournie par
les fommets des étamines des fleurs. Si on examine les
étamines de quelque fleur bien ouverte, on voit que leurs
fommets donnent une poulliere plus ou moins jaune fui-
vant les différentes plantes. C’eit cette poulliere que les
abeilles ramaffent , & lorfque les fommets ne font pas
affez ouverts, elles favent les pincer avec leurs machoi-
res, pour en faire fortir la poufliere. Les abeilles en char-
gent tout leur corps qui eft velu , elles le couvrent de
oudre jaune en s’enfonçant dans le fond de la fleur, &
enfuite elles fe nétoyent le corps avec leurs pattes, &
ranaffent cette poudre qui eft ordinairement jaune, &
tantôt de couleur verte ou blanche ou rougeître , fuivant
les plantes qui la fourniflent , elles la pétriffent & elles
en forment deux efpéces de boules fouvent grofles com-
me un grain de poivre , que l’on voit attachées à leurs
pattes de derriere ; les palettes velues qui font au dedans
de leurs pattes poftérieures , leur fervent à cet ufage : ces
boules de cire s’y attachent, & les abeilles chargées de
ce butin regagnent leur ruche. C’eft - là qu’elles dépofent
ces deux boules de cire, que d’autres reçoivent pour les
mettre en ufage , tandis que les premieres retournent faire
une nouvelle récolte fur les fleurs. Souvent les abeilles
n'employent pas cette cire fur le champ , elles la dépofent
dans des cellules & font des magafins de cette cire brute
pour s’en fervir par la fuite. Mais cette matiere que les
abeilles ont rasportée , n’eft pas encore de la véritable
cire , elle n'en a ni la molefle ni la dudtilité , & elle ne
peut être mife en ufage dans cet érat. Il faut que l’abeille
l’avale , qu’elle lui fafle fubir une efpéce de digeftion dans
fon corps, après quoi elle la rend par fa trompe fous une
forme liquide propre à être employée à fes travaux. Il
paroït qu'il s'y mêle dans l’eftomach de l’abeille quelque
DES INSECTES. 307
liqueur qui la perfeétionne & la rend plus maniable. Peut-
être aufli que la partie la plus grofliere en eft féparée , tant
pour fervir d’aliment à l'abeille, que pour être rendue avec
fes excrémens.
Les cellules dont les gâteaux de cire font compofés,ont
deux ufages. Elles fervent indifféremment aux abeilles,
foit à y dépofer leur miel , foit à y mettre leurs œufs & à
y élever leurs larves. Nous allons commencer par le
premier de ces ufages , après quoi nous examinerons Île
fecond , qui nous conduira à obferver les différentes mé-
tamorphofes de ces infeétes.
Outre la cire que les abeilles retirent des étamines des
fleurs & qui leur fert à conftruire leurs gâteaux , elles re-
cueillent encore fur les mêmes fleurs une liqueur épaïñfle,
vifqueufe , douce & fucrée , dont elles compofent leur
miel. Cette liqueur leur eft fournie par des glandes ou
des points glanduleux qui fe trouvent dans la plüpart des
fleurs , & qui ont reçu des Botaniftes modernes le nom de
glandes neétariferes à caufe de la douceur du liquide
qu'elles féparent. Les abeilles fuccent cette liqueur avec
leur trompe & ia reçoivent dans leur eflomach. Une par-
tie de ce miel brut fert à leur nourriture, elles rejettent
par leur trompe le refte qui a fubi quelque préparation
dans leur corps, & fe trouve converti en véritable miel.
Si on tue une abeïlle qui vient de fe gorger ainfi de miel,
on trouve à la partie fupérieure de fon ventre une efpéce
de véficule tranfparente , jaune & remplie du miel le plus
doux. C’eft ce que les enfans favent très-bien, & fouvent
la campagne ils vont chercher ces véficules dans Le corps
des abeilles , & fur-tout des grofles velues , connues
fous le nom de ourdons. Ces véficules ne font autre
chofe que l’eftomach de l’abeille rempli de miel. Lorf-
qu'elle a ainfi fait fa récolte elle revient à fa ruche. C'eft-
là qu'elle rend & dégorge , pour ainfi dire , le miel. Une
artie lui fert à donner à manger aux autres abeilles qui
travaillent dans l'intérieur de la ruche. Celle qui revient
392 HISTOIRE ABRÉGÉE
de la campagne leur offre du miel dont elles prennent 5:
ce qui empêche que l'ouvrage ne foit interrompu. Une
autre partie du miel eft employée pour donner à manger
aux petites larves qui font dans différentes cellules. Enfin
le furplus qui n'eft pas confommé fur le champ, eft mis
en réferve dans des cellules des gâteaux. Les abeilles
femblent prévoir qu'il viendra une faifon où le froid faifant
difparoitre les fleurs , les privera de la nourriture qui leur
eft “éceffaire : elles font donc provifion pour l hiver ; elles
rempliffent de miel un nombre de cellules, & lorfqu'elles
font pleines, elles les couvrent d’une efpéce de dôme de
cire qui leur fert de couvercle. C’eft dans ces cellules que
le miel fe trouve renfermé.
D'autres cellules font deftinées à un autre ufage , elles
fervent à élever les petits. La femelle ou les femelles qui
font prodigieufement fécondes , paroiffent devoir s'accou-
ler de bonne heure. Dès les premieres chaleurs du prin-
tems, elles font fécondées & commencent à pondre, Pour
cet effet la femelle va de cellule en cellule , elle enfonce
ans chacune l'extrémité de fon ventre & y dépofe un feul
œuf qui s'attache au fond ou aux parois. Elle en dépofe
ainfi plufieurs centaines dans un feul jour. Ces œufs font
oblorgs , un peu recourbés, clairs & limpides , plus gros
par un bout & plus minces par l’autre , qui eft celui par
lequel ils font attachés dans la cellule. :
Au bout de quatre ou cinq jours les petites larves éclo=
fent & fortent de l'œuf. Ces larves reffemblent à des petits
vers blancs, compofés d'une tête un peu plus dure & plus
brune que le refte du corps , & de treize anneaux qui for-
ment le refte de l'animal, Elles n’ont point de pattes &
de chaque côté elles font munies de dix ftigmates par lef-
quels elles refpirent. Ces larves font ordinairement recour-
bées & ramaflées en rond dans le fond de la cellule. On
ne fauroit concevoir la tendrefle & les foins qu'ont les
abeilles ouvrieres ou mulets pour ces petites larves nou-
vellement éclofes. Quoiqu'’eiles ne foient point leurs me-
Jes
DESLINSECTES 303
res , elles les élevent avec la plus grande attention, &
c’eft une nouvelle preuve que toutes les aétions des abeil-
les , comme celles des autres infectes, n’ont pour but
que la propagation de leur efpéce. Ces abeilles vont fré-
quemment porter à manger à ces larves’, elles leur dégor-
gent du miel qui eft avidemment reçu, & elles en laiflent
une quantité fufiifante dans la cellule. On voit fouvent
les abeilles fe promener ainfi de cellule en cellule, &
porter à manger aux larves qui y font. Ces larves fi bien
nourries , grofliflent promptement. Dans cet intervalle
elles changent plufieurs fois de peau , précifément de la
même façon que les chenilles:, & enfin lorfqu’elles font
parvenues à leur groffeur , elles fe préparent à fe méta-
morphofer. C’eft alors que la larve , qui jufques-Îà n’a
fait aucun ouvrage, commence à travailler. Elle file par
le moyend’une filiere qui eft placée à fa levre inférieure ,
comme dans les chenilles , elle tapiffe tout l’intérieur de
fa cellule de fils de foie fins, & feulement un peu plus
forts dans la partie fupérieure. En même tems les abeilles
ouvrieres ferment cette cellule à l'extérieur, par le moyen
d’un couvercle de cire , qu’elles conftruifent , & la larve
fe trouve ainfi tout-à-fait renfermée. Pour lors après s’être
vuidée de fes excrémens , elle quitte fa peau qui fe fend
le long de la partie fupérieure de fon dos, & elle fe trou-
ve changée en une véritable nymphe. Cette nymphe eft
molle , blanchâtre , & on y diftingue très-bien toutes les
parties de l'abeille parfaite qu’elle doit produire. Au bout
de quelques jours , lorfque toutes ces parties ont acquis
aflez de force & de confiftence, la jeune abeille quitte
lenveloppe légere de nymphe, elle déchire le couvercle
de cire qui ferme fa cellule ; avec fes machoires qui font
dures & fortes, & elle en fort fous la forme d’infecte par-
fait. Dans ce premier moment elle paroît toute humide.
Les autres abeilles la léchent avec leurs trompes , elle-
même s’efluie , & au bout de quelques minutes elle prend
fon eflort , va travailler à la campagne & fouvent rapporte
Tome JL, Ddd
4
394 HISTOIRE ABRÉGÉE
de la cire dès fa premiere fortie , fans fe tromper de che:
min & fachant retrouver la ruche qu’elle fembleroit ne
devoir pas encore connoître. Dès que les jeunes abeilles
ont quitté l’état de nymphe & font forties de leurs cellu-
les, d'autres abeilles ouvrieres vont nétoyer la cellule où
chacune d'elles étoit renfermée. Elles la découvrent , elles
emportent la dépouille de fa nymphe & la foie qui la fer-
moit , mais il refte une partie des fils de foie qui tapif-
foient les parois, fous lefqueis font les différentes dépouil-
les de la larve , ce qui retrécit la cellule ; enforte que ces
cellules deviennent plus étroites , lorfque plufieurs œufs
y ont été dépofés les uns après les autres. Souvent après
avoir été nétoyées , ces cellules fervent aux abeilles à y
dépofer du miel. ,
elles font les métamorphofes des abeilles & les atten-
tions qu’elles ont pour leurs petits. Mais ces mêmes foins
font encore redoublés pour les larves des mâles & encore
plus pour celles des femelles qui font en très- petit nombre.
Les cellules où doivent être dépofés des œufs qui donne-
ront des males, font plus grandes que les autres, elles font
ordinairement placées au bord des gâteaux, leur grandeur
les rend reconnoiffables. Celles qui font deftinées aux fe-
melles font encore plus grandes & de figure ronde, en
quoi elles différent des autres cellules ; elles font aufli plus
fortes ;, rien n'y eft épargné. Îl femble que les abeilles
fachent le nombre des males & des femelles qui doivent
éclore dans la ruche ; elles ne font que la quantité de cellu-
les néceffaires pour les uns & pour les autres. Lorfque
leurs larves font éclofes , elles redoublent leurs foins & pa-
roiflent leur prodiguer la nourriture.
Du refte ces mêmes males , dont les abeilles ouvrieres
ont un fi grand foin tant qu'ils leur font néceffaires pour
féconder la femelle , éprouvent bientôt leur barbarie ,
lorfqu’elles n'en ont plus befoin. Dès le mois de juin , ou
au plûtard au commencement de Juillet , les abeïlles tuent
à coups d’aiguillons tous les mâles de la ruche , qui dé-
DES INSECTES. 39$
outvus d’une pareille arme , ne’ peuvent fe défendre,
Elies font plus ; elles arra:hent des cellules ceux qui font
encore fous la forme de larve & les déchirent avec leurs
machoires , après en avoir eu jufqu'alors le plus grand
foin. Elles népargnent pas davantage ceux qui font déja
en nymphes , on ne voit par toute la ruche que carnage.
La femelle a été fuMifamment fécondée , elle pondra juf-
qu'à l'hiver , & parmi les œufs il fe trouvera de nouveaux
mâles & de jeunes femelles pour l’année fuivante. Les
abeilles ne veulent donc point conferver leurs mâles qui
font devenus inutiles , & qui ne fortant pas de la ruche ,
confommeroient fans travailler le miel dont elles ont be-
foin. Lorfque cette expédition cruelle ef faite , les abeilles
fe remettent à l'ouvrage & amañlent le miel pour l'hiver.
L'ufage où font les abeilles de tuer ainfi tous les mâles
dans un certain tems de l’année , nous inftruit fur la durée
de la vie des abeilles de ce fexe. Quelques mois la termi-
nent; ils ne font faits que pour féconder les femelles ; leur
deftination remplie , on les fait périr. Mais la durée de
la vie des autres abeilles, n'eft pas fi aifée à déterminer.
Quelques Naturaliftes les font vivre pendant un grand
nombre d'années. Ce qu'il y a de für, c’eft que tous les ans
il en périt une grande quantité , enforte qu'en moins de
deux ans une ruche doit fe renouveller prefqu’entiére-
ment.
La ponte d’une feule femelle eft très-confidérable , tel-
lement que tous les habitans de la ruche ne peuvent plus y
refter au bout d’un certain tems. C’eft ce qui en obiige
une partie d'aller ailleurs chercher un autre domicile. On
appelle ces colonies qui fortent de la ruche , des effains.
Chaque ruche en fournit plufieurs pendant un été plus ou
moins ;, fuivant que la ruche eft plus ou moins nombreufe.
Les premiers eflains, ceux qui fortent au commencement
de l'été, font ordinairement les plus forts, & en donnent
eux-mêmes quelquefois un autre avant la fin de l'été. On
peut juger par-là de la prodigieufe fécondité d’une feule
Dddi)
396 HISTOIRE ABRÉGÉE
femelle , puifqu'une rüche où il n’y en a qu'une, eft quel-
quefois compofée de quarante mille habitans.
Lorfque les effains font prêts à partir, on apperçoit du
trouble & de la confufion dans la rüche : les abeïlles ne
fortent pas comme à l’ordinäire. Vers le chaud du jour,
entre dix heures du matin & trois heures après-midi , l’ef-
fain part , voltige d'abord par pelotons ; enfuite fous la
forme d’un gros nuage & sant en l'air, va s'attacher à
quelqu’arbre ou à quelqu'autre endroit. Il y a toujours une
femelle dans l’effain , point de mâles , & le refte eft com-
pofé de mulets tant jeunes que vieux. Mais au défaut
de males , la femelle eft fécondée & donnera des œufs qui
en produiront. La femelle eft toujours avec le gros de
l'eflain ; & lorfqu’elle s’eft arrêtée avec lui dans quel-
qu'endroit , le refte des mouches vient bientôt rejoindre
la troupe. Souvent les effains s’élevent fort haut & font
portés au loin. C’eft pour lors autant de perdu pour le pro-
priétaire. Ceux qui cultivent & élevent les abeïlles , ont
grand foin de ne pas les laifler échapper. Lorfque Peffain
part » le bruit que l’on fait avec des chaudrons & du fable
fin jetté en l'air, obligent à fe fixer bientôt : peut-être
les abeilles prennent -elles ce fable pour des gouttes de
pluie , & le fon des poëlons pour le bruit du tonnere. Quoi
qu'il en foit , dès qu'elles font arrêtées , on leur offre
une nouvelle ruche toute préparée , enduite de terre en-
dedans , & frottée de plantes aromatiques & de miel.
L’effain s’en accommode & bientôt il y travaille.
Tant qu'il y a une femelle dans un effain ou dans une
ruche , les abeilles travaillent avec la plus grande ardeur.
Si la femelle périt, ces infeétes perdant l'efpérance de la
multiplication, ceflent leurs travaux, la ruche ou l’effain
dépérit promptement. Qu'on leur donne une autre fe-
melle , on les voit reprendre leurs travaux avec la plus
grande activité. Il fufit quelquefois de leur donner un
œuf ou une larve qui doive produire une femelle : l'efpé-
rance d'avoir bientôt un chef eft fufifante pour les encou-
DES INSECTES. 397
rager à foutenir leurs ouvrages. Souvent il y a deux ou
trois femelles dans une ruche : fi elle n’eft pas trop nom-
breufe elles vivent enfemble tranquillement , mais fi la
ruche eft nombreufe , & que les abeilles craignent une
trop grande multiplication fur-tout à l'entrée de l'hiver , où
la difette eft à craindre , elles tuent toutes les femelles,
comme elles ont tué les mâles , à l’exception d'une feule.
C'eft fur cette feule femelle que roule toute l’efpérance
de la ruche, c’eft elle qui doit donner naiffance à toutes les
abeilles qui y naïîtront & aux effains qu’elle produira , dont
chacun fera compofé de plufieurs milliers de mouches.
Cette femelle a été fuffifamment fécondée par plufieurs
centaines de mâles , pour pondre par la fuite tant de mil-
liers d'œufs.
Il ne paroït guères poffible d’appercevoir l’accouple-
ment de cette femelle qui ne fort point de la ruche. Les
ruches de verre que les obfervateurs ont inventées & par
le moyen defquelles on découvre une partie de ce qui
fe pañle dans la ruche , n'inftruifent pas davantage fur cet
article. La femelle eft toujours entourée de tant d’autres
abeilles qui la cachent à nos yeux, qu'il eft affez difficile de
la découvrir & abfolument impoflible de {a fuivre un
peu de tems. Cette difficulté à fait donner à la mere
abeille par quelques Naturaliftes de grandes louanges fur
fa retenue & fa pudeur. Ils auroient pû s’en épargner les
frais , s'ils avoient fait attention qu’il n’eft pas étonnant
qu'on n’apperçoive pas deux infeétes accouplés parmi
trente ou quarante mille autres qui vont & viennent perpé-
tuellement.
Les abeilles domeftiques que nous élevons avec foin, à
caufe de la cire & du miel qu’elles produifent , ont été
d’abord fauvages , ainfi que les autres efpéces de ce genre.
On en trouve encore quelquefois qui font domiciliées
dans des troncs d’arbres au milieu des bois , ou dans des
creux de rochers. L’utilité qu'on en retire les a fait placer
dans des ruches , où l’on peut recueillir leur miel & leur
393 HISTOIRE ABRÉGÉE
cire. On fait cette récolte de deux façons différentes. Les
uns font périr toutes les mouches par le feu ou l’eau bouil-
lante , & retirent enfuite tout le miel & toute la cire.
Cette cruelle maniere de profiter du travail de ces infe&tes,
n’eft pas avantageufe au propriétaire qui perd ainfi une ru-
che entiere & les eflains qu’elle auroit pù donner. D'auires
fe contentent d’enfumer la ruche , ce qui chaffe & éloigne
les abeilles , & pour lors on prend les rayons de cire char-
gés de miel , ayant foin cependant d’en laiffer une partie
out la nourriture des abeilles. De cette maniere on ne
perd que les œufs , les larves & les nymphes qui fe trou-
vent dans les gâteaux qu'on enleve , le refte de la ruche
fublifte , & les abeilles travaillent fur nouveaux frais pour
réparer ce qu'on leur a dérobé , & faire une nouvelle pro-
vifion pour l'hiver.
Dès que cette derniere faifon approche , que le froid fe
fait fentir & que la campagne eft dépeuplée de fleurs , les
abeilles reftent engourdies dans leurs ruches. Elles fortent
au plus pendant quelques inftans dans les jours d'hiver un
peu doux , lorfqu'il fait un beau foleil. Mais fi le froid
eft vif , elles reftent immobiles. Pour lors elles ont à crain-
dre deux extrémités également dangereufes pour elles. Le
trop grand froid en fait fouvent périr beaucoup , quel-
qu'attention que l’on ait de tenir les ruches au midi & bien
couvertes ; & un hiver trop doux ne leur eft pas moins
redoutable. N’étant point engourdies par le froid , elles
ont befoin de prendre de la nourriture , & fouvent leur
provifion de miel eft finie avant la fin de l'hiver , ce qui les
fait périr de faim. Il faut alors avoir attention de leur don-
ner du miel autour de leurs ruches , fi on veut les con-
ferver.
Outre le froid & la faim qui font périr les ruches , elles
ont encore d’autres ennemis à craindre. Les mulots les
dévorent pendant l'hiver , lorfque ces infeëtes font en-
gourdis , & que ces animaux peuvent pénétrer dans la ru=
che. Les moineaux , les guépes-frelons , & d’autres infec=
DESAINSECGTES 399
tes leur font la chaffe. La larve d'un infeéte coleoptere
dont nous avons parlé & auquel nous avons donné le nom
de clerus , s'infinue , comme nous l'avons dit,dans les ru
ches , à l’aide des tuyaux ou chemins couverts qu’elle fe
forme, & qui la mettent à Pabri des aiguillons des abeilles,
dont elle dévore les larves & les nymphes. Une efpéce de
teigne fait à peu près la même manœuvre , & tous ces in-
feétes font un tort confidérable aux ruches. Les abeilles
elles-mêmes fe caufent fouvent la mort , en voulant fe
fervir de leur aiguillon pour bleffer d'autres animaux qui les
incommodent ou qui leur nuifent. Quoique cet aiguillon
paroifle très-uni & ttès-liffe à la vûüe , il eft cependant
armé de petits crochets imperceptibles femblables aux
barbes d’une fleche. Lorfque l'abeille a enfoncé fon aiguil-
lon & qu’elle veut le retirer trop vite, il refte dans la plaie
& avec lui l'abeille perd la veficule du venin qui eft à
la racine de l’aiguillon & les ligamens qui l’attachent. L’a-
beille ainfi bleflée ne peut pas vivre long-tems , elle ne
tarde pas à périr. La piqüre que caufe l'aiguillon de cet
. infecte eft accompagnée de douleurs , chaleurs , cuiffons ,
gonflement & rougeur. Ces fymptômes ne font pas dûs
a la piqûre feule , mais à la liqueur vénimeufe qui s’intro-
duit dans l’ouverture que fait Paiguillon. Cette liqueur
vient de la veficule dont nous venons de parler qui fe
trouve à la bafe de l’aiguillon de l’abeille ; elle coule dans
l'inftant de la piqûre & s’infinue dans la plaie. Les accidens
qu’elle excite , reffemblent en petit à ceux du venin de la
vipere ; on peut les amortir & les arrêter par les mêmes
remédes qui réufliffent dans la morfure de ce ferpeñt.
Ils’agit de frotter l'endroit piqué avec quelqu’alkali forc &
pénétrant , la douleur eft paflée en peu de tems.
Nous ne nous étendrons pas fur les propriétés du miel &
de la cire que perfonne n’ignore , fur le profit qu’ils produi-
fent & la maniere de les recueillir. Ces détails étrangers à
notre objet , ne feroient qu'allonger l'hiftoire des abeilles
domeftiques , fur laquelle nous ne nous fommes déja que
400 HISTOIRE ABRÉGÉE
trop étendus. Nous allons donc paffer à l'examen des au:
tres abeilles.
Parmi ces abeilles , les unes font remarquables pàr leur
figure & d’autres par leurs travaux. Nous pouvons mettre
au rang des premieres l'abeille à crochets. Ces crochets au
nombre de cinq qu’elle porte aux deux derniers anneaux
de fon ventre, font affez remarquer cette efpéce ; qui d’ail-
leurs eft une des plus belles, Nous l'examinerons plus en
détail , lorfque nous en parlerons en particulier. L'aber/le à
longues antennes n’eft pas moins remarquable par la lon-
gueur de fes antennes qui égale celle du corps, & par la
forme de ces antennes qui font reflerrées à l'origine de
. chaque anneau. Quelques efpéces font fingulieres par leur
couleur dorée ou cuivreufe,foit fur tout le corps, foit fur le
ventre feul. Enfin quelques - unes ont des ailes noiratres &
comme nébuleufes , tandis que les autres en ont de claires
& diaphanes.
D’autres abeilles méritent encore plus d’être confidérées
par la fingularité de leurs travaux , quoiqu’elles m'appro-
chent pas cependant pour cet article de l'abeille dometi-
que. Les abeilles maçonnes ont été ainfi appellées , parce
qu’elles travaillent réellement avec le mortier & le ciment,
& qu’au lieu de conftruire des rayons de cire , elles fe font
des nids de maçonnerie. Ces abeilles ramaffent de la terre
avec leurs machoires, elles la détrempent avec une liqueur
vifqueufe & gluante qu’elles rendent par leur trompe &
elles en forment leur habitation. C’eft ordinairement le
long des murs expofés au plein midi, qu’on trouve à la
campagne ces nids d’abeilles maçonnes. Chacun reffemble
à un petit paquet de terre informe de fix ou fept pouces de
diametre qu'on auroit Jetté contre le mur. Ceux qui ne
connoiflent pas ces nids, n’imagineroient jamais que cet
amas de terre füt l’ouvrage d'un infeëte. C’eft cependant
une abeille qui l’a formé , & on peut juger combien un
pareil travail lui a coûté , fi Pon penfe que l'abeille ne
peut apporter chaque fois que quelques grains de fable
&
DES INSECTES. 401
& de terre. Elle parvient cependant par des voyages réité-
#rés à former un groupe de maçonnerie lourd ; péfant
& fort confidérable. L'extérieur de ce nid informe & ter-
reux, empêche que les oifeaux ne le puilfent découvrir, &
r’aillent dévorer les larves de ces abeilles dont ils font fort
friands. Ce même extérieur empêche les hommes même
d’y faire attention. En revanche , l’intérieur de ce nid eft
fait avec beaucoup de foin. Si on ouvre, on voit qu’il eft
compofé en-dedans d'une douzaine ou d'une quinzaine
de loges féparées les unes des autres par des murs épais, &
dans chacune defquelles on trouve uné larve ou une nym-
phe d’abeiïile. La mere ne conftrüit pas toutes ces loges à
la fois. À mefure que chaque loge eft finie , elle y dépofe
un œuf, la remplit de la quantité de miel fufhifante pour la
nourriture de la larve qui en doit naître , & enfuite ferme
cette loge & en conftruit une autre à côté d'elle, La larve
qui nait de chaque œuftrouve donc une nourriture conve-
nabie que fa mere lui a préparée. Lorfqu’elle l’a confom-
mée & qu’elle eft parvenue à fa groffeur, elle fe met à filer
pour tapifler d’un enduit mince de foie la loge qui la ren-
ferme , & enfuite elle s’y transforme en nymphe. Enfin
lorfqu’elle quitte l’état de nymphe & qu’elle parvient à
celui d'infeëte parfait , elle perce avec fes machoires qui
font fortes ; les parois de fa prifon , elle en fort & bientôt
après elle prend fon vol. Quand toutes les abeilles font
forties de ce nid , on voit à fa furface autant d'ouvertures
qu'il y a de loges dans l’intérieur. Je n’ai point diftingué de
mulets parmi ces abeilles , & ayant examiné toutes celles
d'un nid qui étoient prêtes à éclore & déja transformées ,
je n'y ai trouvé que des femelles & une couple de mâles.
Le bois fournit à d’autres abeilles une matiere propre à
faire leurs nids. Elles parviennent , à l’aide de leurs ma-
choires, à percer les vieux bois pourris , elles en détachent
peu à peu des brins & y creufent des ouvertures profondes
dans lefquelles elles dépofent leurs œufs. On a nommé ces
abeilles charpentieres | à caufe de leur travail. On voit
Tome II. Éee
402 HISTOIRE ABRÉGÉE
quelquefois ces infeëtes détacher un à un les fils du bois
avec aflez de promptitude, Le trou qu’elles creufent efta
fufifamment large pour qu’elles puiffent y être contenues.
Quand il eft aflez profond , l’abeiile s’y enfonce , mais
dans un autre féns ; elle y entre le derriere le premier , &
va par ce moyen dépofer un œuf qui s'attache au fond
du trou , à caufe de la liqueur gluante qui l’enduit. Cela
fait ;, l’abeille mere amafle dans cette loge la quantité
de miel fufifante pour la nourriture du petit qui éclora ,
enfuite elle ferme la loge avec un mélange de brins de
bois & d’une efpéce de glu qu’elle rend par fa trompe. La
larve éclôt dans cet endroit , s’y nourrit , y groflit &
s'y change en nymphe, & enfuite en infeéte parfait. Pour
lors, elle perce l’enduit qui ferme l'ouverture de fa loge &
elle fe met à voler.
Les abeilles mezeufes travaillent un peu différemment
des précédentes. On leur a donné ce nom parce qu'elles
creufent la terre comme les mineurs , & qu’elles y font
des mines & des fentiers fouterrains. Ces abeïlles font
très-communes dans ce pays-ci , où nous en comptons
plufieurs efpéces , comme on le verra dans le détail. C’eft
ordinairement dans les terres des foflés ou des chemins,
coupées perpendiculairement ou prefqu'à plomb , qu'on
trouve ces abeïlles. Le long de ces terrains qui forment
des efpéces de murs , on voit nombre de trous ronds , di-
rigés horizontalement , dans lefquels entrent de petites
abeilles & d’où elles fortent. Si on fuit ces trous, on
apperçoit que la plüpart font affez profonds , ou lorfqu’ils
ne le font pas , on voit fouvent une abeille qui en fort,
emportant un peu de terre avec fes machoires. Cette
abeille mine peu à peu la terre & forme fon trou. Ces trous
ne menent quelquefois qu’à un feul fentier , d’autres fois
ils font divifés au bout en plufieurs culs - de - fac fuivant les
différentes efpéces de mineufes. A l'extrémité ou aux ex-
trémités de ce trou, l'abeille dépofe un , ou plufieurs œufs,
avec lefquels elle renferme des provifions de miel , & de
DES INSECTES, 403
ées œufs fortent les petites larves qui grofiffent & fe méta-
morphofent en nymphes & en infeétes parfaits. Il eft à
remarquer que ces abeilles ont foin de creufer leurs trous
affez bas , pour que l'humidité qui eft vers la fuperficie de
la terre ne puifle pas pénétrer jufqu’à l'habitation de leurs
petits.
Nous ne finirions pas, fi nous voulions examiner en
détail toutes les induftries des différentes abeilles , dont les
unes font leurs nids dans les premiers trous qu’elles ren-
contrent , & dans les crevaffles des murs ; les autres les ta-
piflent de feuilles artiftement coupées ; d’autres parmi les
mineufes enduifent l'intérieur de leurs nids de lames qu'el-
les coupent dans les pétales des fleurs. Ces détails nous
meneroient trop loin , & ce que nous avons dit fuflit pour
mettre un obfervateur intelligent en état de fuivre les tra-
vaux différens de ces infectes & de découvrir leurs manœu-
vres fingulieres. Nous finirons ce qui nous refte à dire
fur les abeilles, par un détail fuccint de ce qui regarde
les abeilles très-velues , connues fous le nom de 4ourdons ,
qui compofent la feconde famille de ce genre.
La premiere de ces efpéces a été nommée avec raifon
ar M. de Reaumur , abeille perce-bois , parce qu’elle tra-
vaïlle dans les bois qu'elle perce & déchire pour y former
les loges dans lefquelles elle dépofe fes œufs. Cette abeille
choifit volontiers les bois de charpente ; quelquefois une
porte épaifle ou un chafis. Elle perce ce bois avec fes ma-
choires ; & pratique fuivant la longueur du bois un long
tuyau ouvert par les deux bouts. Elle y conftruit enfuite
plulieurs$ cellules à la fuite les unes des autres, & divifées
ar des planchers qu’elle forme avec des brins de bois bien
callés enfemble , par le moyen d’uné liqueur gluante qui
fort de fa trompe , ce qui forme du tout un compofé ferme
& dur. Avant que l'abeille ferme chaque loge , elle y
dépofe un œuf ; avec une fufhfante quantité de miel pour
la nourriture du petit qui en fortira. Cela fait ; elle ferme
la loge en conftruifant le plancher dont nous avons parlé, &
Eee]
404 HISTOIRE ABRÉGÉE
elle fait la même chofe pour la loge fuivante ; allant ainf
de loge en loge tout le long du tuyau jufqu’à l'ouverture.
Les petites larves , après être éclofes, métamorphofées en
nymphes & changées en infeétes parfaits , fortent de leurs
loges en perçant les planchers qui les ferment. Mais com-
me les œufs les premiers dépofés font du côté par où
l'abeille a commencé, & les derniers du côté de l’ouvertu-
re par où elle a fini , les premieres abeilles qui éclofent ne
fortent pas par cette derniere ouverture ; ce qu’elles ne
pourroient faire fans traverfer & percer toutes les autres
loges dont les infetes ne font pas encore fortis : elles
ont l'attention d'ouvrir la leur du côté oppofé ; & elles
éclofent toutes ainfi fucceflivement , & fortent par les
loges qui font déja vuides. Cette efpéce d'abeille eft re-
marquable par fa grofleur , par la couleur noire de fon
corps , & le violet foncé de fes aïles. Le poil dont elle
eft toute couverte nous a porté à la ranger dans la fecon-
de famille , quoique fes manœuvres foient différentes de
celles des autres efpéces connues fous le nom de éour=
dons.
Ces prétendus Zourdons ou faux-Bourdons ; comme les
appelle M. de Reaumur, ont été ainfi nommés, à caufe du
bourdonnement qu’ils font en volant. Ils font tous très-ve-
lus , & plus gros de beaucoup que les autres abeïlles. Par-
mi les différentes efpéces de ces infeétes dont nous don-
nons le détail, je craindrois qu’il ny eût quelques variétés,
& encore plus de fimples différences de fexe , ce qu'il fau-
droit examiner. Ce qu’il y a de certain , c’eft que tous Îles
mâles que j'ai pù trouver , ne piquent point, non plus que
ceux des abeilles domeftiques. Mais il faudroit rechercher
fi ces mâles , leurs femelles & leurs mulets ne différent
point les uns des autres quant aux couleurs. Quoi qu’il en
foit , les ouvrages de ces différens bourdons font tous les
mêmes. C'eft fous terre qu’ils travaillent & fur-tout fous
les gazons , dont les racines liant la terre , forment une
voûte plus folide au fouterrain que pratiquent ces infeétes,
DESSIN SEC T'E'S: 40$
On en voit un nombre confidérable voltiger fur uñ gazon,
_on na qu'à les fuivre , on appercevra un endroit où ils dif-
paroïffent , & en regardant de près ; on découvrira l’ou-
verture de leur habitation. S'ils ne font que la commen-
cer , tous les infectes feront occupés à fouir la terre , & à
tranfporter dehors les molécules qu'ils en détachent. Les
trous qu’ils pratiquent font vaftes & fpacieux , aufli beau-
coup d'’infectes fe mettent-ils à Pouvrage. Car ces abeilles
vivent en fociété comme les abeïlles domeftiques , mais
leurs compagnies font moins nombreufes , puifque les
plus fortes troupes ne vont guères à une centaine. C'eft
dans ces fouterrains que ces abeilles velues font des gâ-
teaux femblables à ceux des abeilles ordinaires’, en ce
qu'ils font pareillement compofés de cellules hexagones ,
mais ils en différent par beaucoup d’autres endroits. Pre-
miérement , les cellules de ces gâteaux font beaucoup
plus grandes , de même que ces infeétes font plus gros que
l'abeille domeftique , & de plus je n'ai Jamais obfervé
de cellules que d’un feuk côté , au lieu que les gateaux de
cire des ruches ont leurs deux furfaces chargées de cellu-
les. Secondement , la matiere dont ces gâteaux font com-
ofés eft fort différente de la cire des abeilles ; c’eft une
efpéce de parchemin brun & fort que ces infeétes compo-
fent avec des brins de bois pourri qu'ils réduifent en pâte,
par le moyen d’une liqueur gommeufe dont la nature les a
ourvus. Ces abeilles velues forment avec cette pâte leurs
gâteaux, de la même maniere que les abeilles domeftiques
conftruifent les leurs , c’eft-à dire , à l’aide de leurs ma-
choires & de leurs partes. Enfin ces gâteaux à cellules font
entourés d’une frange épaifle de lames minces , contour-
nées , femblables à des feuilles féches , & dont le tiffu eft
le même que celui du gateau. Comme ces gâteaux font
dans des fourerrains où l'humidité pourroit pénétrer , ces
lames ou feuilles qui les entourent , fervent probablement
à garantir de cette humidité les cellules qui contiennent
les œufs & les petits de ces infeûes. Ce que j'avance
406 HISTOIRE ABRÉGÉE
paroît confirmé par la manœuvre qu'empioye la derniere
efpéce de ces infeétes. Au lieu d’entourer fon gateau de
ces lames qui font longues à conftruire , elle le munit
de foin , ou de paille en-dehors & de crin en-dedans. Son
nid reffemble à celui d’un oifeau , & au milieu de ce
nid elle conftruit les cellules du gâteau-que le foin &
le crin mettent à l'abri de toute humidité. C’eft dans les
cellules de ces gâteaux , que ces infectes dépofent leurs
‘œufs , avec une quantité de miel néceflaire pour la nourri-
ture des petits qui écloront. Ce miel eft doux , agréable,
& on en trouve fouvent l’eftomach de ces infeétes rempli;
mais il n'eft pas polfible d'en ramaffer une certaine quanti-
té , ces abeilles-bourdons ne faifant point de provifion
pour l'hiver comme les abeilles domeftiques , & fe con-
tentant-de ramaffer ce qui eft néceffaire pour chaque petit.
Ayant examiné des gâteaux aflez confidérables , je n'ai Ja-
mais trouvé de celluiés remplies de miel , toutes étoient
occupées par des larves ou des nymphes. Probablement
ces efpéces d’abeilles n’ont pas befoin de provifions pour
leur hiver. Celles qui paffent cette faifon reftent engour-
dies pendant tout ce tems , comme beaucoup d’autres in
fettes , qui pendant cette efpéce de létargie ne diflipent
point & ñe prennent point de nourriture. Elles doivent
même être beaucoup plus engourdies par le froid que les
abeilles domeftiques qui vivent en grandes troupes,& par-
là fe réchauffent mutuellement. L’accroiflement & la
‘nourriture de leurs petits , leurs métamorphofes , leurs
nymphes font tout - à - fait femblables à celles des abeilles
des ruches , à la grandeur près ; ainfi nous ne répéterons
pas ce que nous avons dit fur cet article. Les cellules
où les petits font aïnfi renfermés , & où ils fe métamor-
phofent , font couvertes par les meres d’un petit dôme
brun de même fubftance que les parois de la cellule.
Les infeûtes parfaits qui en fortent, font brillans pour
leurs couleurs. Tout leur corps eft couvert de poils ferrés »
noirs , jaunes ; ou blancs par taches & par bandes , & ces
DES INSECTES. 407
petits animaux reffemblent à un velours de plufieurs cou-
leurs. On les trouve fréquemment l'été fur les fleurs à
la campagne & dans les jardins. Nous allons examiner
aétuellement en détail toutes ces différentes efpéces d’a-
beilles.
PREMIERE FAMILLE.
Abeilles proprement dites.
1. APIS gregaria. Linn. faun. fuec. n. 1003.
Linn. fyfl. nat. edit. 10 , p. 576 , n. 17. Apis pubefcens, thorace fubgriféo , ab-
domine fufco , pedibus pofticis glabris utrinque margine ciliatis.
Moufht. lat. 2. Apis.
Merian. europ. :, Pel9ytete
Aldroy. inf. 20.
Jonft. inf. x , 1.2.
Charlet. exerc. 36.
Merret. pin. 196. Apis domeftica feu vulgaris alvearium.
Raj. inf. 240. Apis.
Swammerd. bibl. nat. t. 17 ,f. 1,3, 4.
Reaum. inf. $ ,t.21,23,6. 22 3 fe [295 4e
Dale pharmac. 386, n. 154 Apis.
Miles ou bourdons.
Mouff. lat. 37. Fucus.
Merret. pin, 196. Fucus.
L'abeille domeflique ou des ruches.
Longueur 6 lignes. Largeur 1 E lignes. né
Nous ne nous arrêterons pas à décrire ici l’abeille ordi-
naire ; tout le monde connoïît fa forme & fa couleur,
& quant à fon travail nous l’avons décrit affez au long dans
l'hiftoire de ce genre , enforte que nous ne ferions que ré-
péter ici ce que nous avons détaillé plus haut. On peut
donc confulter fur cet article , ainfi que fur les différentes
métamorphofes de cet infeéte,ce que nous avons rapporté
dans le difcours qui eft à la tête de ce genre.
2. APIS fubhirfuta fufca » abdomine nitido , pedibus
véllofis. ’
Labeille brune à ventre life & pattes velues.
Longueur 4 lignes, Largeur à ligne.
408 HISTOIRE ABRÉGÉE
_ Cette efpéce reffemble très-fort à l'abeille commune
des ruches. Sa couleur eft ia même ; & à la premiere
vüe on les prendroit lune pour l’autre. Mais outre que
celle - ci eft plus petite , elle à encore d’autres différences.
D'abord elle eft moins velue , & fes pattes au contraire
font bien plus velues & plus chargées de poils que dans
l’efpéce commune. De plus fon ventre , du moins à fa par-
tie fupérieure , eft très-lifle & luifant , & fon premier
anneau eft arrondi par le haut, & nullement applati du
côté qu'il regarde le corcelet , en quoi cette efpéce différe
de la précédente. Cette derniere ‘différence eft la plus
effentielle. Tout l'infeéte eft aflez allongé.
Cette efpéce varie beaucoup pour la grandeur.
3. APIS abdomine fafciis flavis interruptis , apice fpina
quintuplici recurvä armato. ;
Linn. [yft. nat. edit. 10, p. $77;n. 21. Apis nigra , pedibus anticis hirfutiflimis ;
ano multidentato , abdomine maculis flavis.
Swammerd. bibl, nat. tab. 16, fig. iv.
L'abeille à cing crochets.
Longueur 7 lignes. Largeur 2 = lignes.
Cette efpéce a un caractere diftin@if particulier ; ce font
cinq petites pointes recourbées en crochets qui font à l'ex-
trémité de fon ventre ; favoir, trois fur le dernier anneau,
deux fur les côtés & une au milieu , & deux fur l'avant
dernier anneau , une de chaque côté. Maïs ces crochets ne
fe trouvent que dans les mâles & les femelles, ils man-
quent dans les mulets. Ces derniers beaucoup plus petits
que les autres , ont la tête noire un peu velue ; avec la le-
vre fupérieure & les côtés des machoires jaunes , & deux
petites raies de même couleur derriere les yeux. Leur cor-
celet qui eft noir, a de chaque côté une petite raie Jaune
proche lattache des aïles , & un point de même couleur
poftérieurement. Les anneaux du ventre au nombre de
fix , ont chacun une bande jaune afflez large interrompue
dans fon milieu ;, mais dont interruption eft plus fee
ans
DES 1 2I NS ECTS 409
dans les anneaux fupérieurs que fur les inférieurs. Le ven-
tre en-deflous a un duvet épais de couleur fauve. Les
attes font brunes , avec du Jaune fur le deffus des jam-
Le & des tarfes , & un duvet fauve femblable à celui
du ventre. :
Les mâles plus gros que les mulets , en différent , pre-
miérement, parce que leur corcelet qui eft noir, à de cha-
que côté une raie longitudinale jaune, au lieu de la petite
ligne & du point de même couleur qui fe voyent fur celui
des mulets. De plus ; leur ventre a fept anneaux , dontle
dernier qui a trois crochets eft tout noir, les fix autres ont
chacun une bande jaune interrompue dans fon milieu. Ou-
tre cela fur les trois premiers anneaux , on voit de chaque
côté un point noir, pofé fur la bande jaune, mais qui
n’eft point ifolé. :
Enfin les femelles les plus groffes de toutes font aufi
beaucoup plus velues. Elles n'ont point de jaune fur le
corcelet, mais un duvet brun & ferré. Leur ventre a fept
anneaux comme celui des mâles. Les deux premiers n'ont
qu'une tache Jaune triangulaire de chaque coté. Les deux
fuivans ont une bande jaune interrompue dans fon milieu ,
avec un point noir de chaque coté. Le cinquiéme & le
fixiéme ont la même bande légérement interrompue &
fans’ aucun point. Enfin le feptiéme ou dernier anneau
eft tour noir. Le ventre eft plus velu que celui des mâles &
des mulets, & ila de chaque côté beaucoup de poils bruns
qui cachent en partie les taches jaunes. Les pattes ont des
poils blanchatres. j
On voit ces abeilles fouvent en grand: quantité pen-
dant l’été fur les fleurs , principalement fur les fleurs raz
diées & à fleurons. Elles reflemblent d'abord à des guë-
pes ; à l'exception qu’elles font velues.
4.A PIS rigra,thorace abdomini/que bafi fuperne lana rufa.
L'aberille maçonne à poils roux.
Longueur 7 lignes. Largeur 2 ? lignes.
Tome IT. 10 8 4
410 HISTOIRE ABRÉGÉE
Celle-ci eft aflez velue. Sa levre fupérieure & le haut de
fa tête font chargés de poils jaunâtres. Le deflus de fon
corcelet eft tout couvert de poils roux, ainfi que la partie
fupérieure de fon ventre , du moins en-deflus. Les pattes
ont aufli des poils de même couleur, le refte du corps eft
noir.
Ces abeilles font du nombre de celles que M. de Reau-
mur a appellées abeilles maçonres , à caufe de leur travail.
Pour conftruire leur nid , elles choififfent un mur expofé au
midi,& ordinairement quelque angle de ce mur formé par
des pierres ou des corniches qui débordent. Là elles conf
truifent plufieurs loges avec de la terre délayée, à laquelle
elles ajoutent une liqueur un peu gluante , & dans chacune
des loges elles dépofent un œuf, après l'avoir remplie de
miel. Enfuite elles ferment chaque loge. Le groupe de ce
nid peut contenir dix , douze ou quinze de ces loges
femblables les unes aux autres, & tout cet amas reffemble
à un peu de terre que l’on auroit jettée contre le mur dans
le tems qu’elle étoit délayée. Lorfque la larve eft fortie
de l’œuf, elle fe nourrit du miel contenu dans fa loge »
après quoi elle la tapiffe de fes fils, elle pafle par l'état de
nymphe & devient abeille parfaite. Pour lors, elle faitavec
fes machoires une ouverture à fon premier logement, &
elle en fort , laiffant le nid vuide & percé de difiérens
côtés fuivant le nombre d’infecles qui en eft forti. On
trouve fouvent ces nids fur les murs des maifons de cam-
pagne.
s. APIS zigra , abdomine füpra lineis albis , fuëtus lana
. Julva.
Linn. faun. fuec. n. 1o1c. Apis nigra , abdomine füpra lineis quatuor albis ;
fubtus lana fulva,
Linn. [yff. nar. edit. 10; p. 575, n. 4. Apis centuncularis.
Ra. inf. 242, n. 6. Apis {ylvelris corpore longo anguflo , parva nigra, dorfo
fanugine rara fulva obfito , abdomine fupino nigro glabro fplendente, prono
lanugine rufa denfa veftito. .
L'abeille charpentiere à ventre velu & roux en-defjous.
Longueur 6 lignes, Largeur 2 3 lignes,
DES INSECTES, ail
Cette efpéce eft noire. Les poils de fon corcelet , de fes
pattes & du devant de fa tête font un peu gris. Le ventre
eft life , noir en-deflus , & le bord de fes anneaux eft cou-
ronné de poils blanchîtres ; en- deffous lé ventre ef très-
velu , & fes poils font roux. Les mulets font plus petits
d'un tiers que les mâles, mais du refte n’en différent point.
Cette abeille fait fon nid dans de vieux bois, dans des
troncs d'arbres pourris qu'elle perce , & c’eft pour cela
qu’on l’a nommée la charpentiere.
6. APIS rigra , hirfutie flava , abdomine fupra glabro
ziterite Clpreo.
Raj. inf. 242, n. 4. Apis fylveftris, corpore produ&tiore , vulgari mellifica
paulo minor, thorace fulvo ; abdomine nigro.
L'abeille fauve à ventre cuivreux.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne:
Sa tête , fon corcelet ; fes pattes & le deflous de fon
ventre font couverts de poils roux affez ferrés. Son ventre
en-deffus eft très-liffe , un peu brillant & cuivreux. Ses an-
tennes font noires , un peu plus longues que la tête & aflez
fines.
7. APIS rigra ; thorace hirfuto fulso ; abdomine glabro
incifuris albis.
Roj. inf. pag. 244. Apis fylvefris in terra foramen fibi fodiens,
L'abeille mineufe à corcelet roux & velu.
Longueur 3 à lignes. Largeur 1 ligne.
Sa tête, fon corcelet & fes pattes font couverts de poils
fauves. Ses antennes font lifles & noires. Son ventre eft
noir & liffe , mais chaque anneau eft bordé de poils blan-
châtres , ce qui forme fur le ventre qui eft noir des bandes
tranfverfes de couleur blanche.
Cette petite abeille fait en terre des trous dans lefquels
elle dépofe fes œufs , d’où fortent les petits après leur mé-
tamorphofe. Elle varie pour la grandeur.
F£f ij
412 HISTOIRE ABRÉGÉE
8. APIS rigra, hirfutie cinerea.
L'abeille grife.
Longueur $ à hgnes. Largeur 2 lignes.
Cette efpéce eft noire , mais fa tête , fon corcelet , le
deffus de fes pattes , & le haut de fon ventre font couverts
de poils gris. Ses antennes & le bas de fon ventre fur-tout
en-deflus font noirs & liffes. Ses antennes qui s'étendent
prefque jufqu'au bout du corcelet , font compofées de
treize anneaux; le premier eft le plus long ; le fecond qui fe
trouve à l'endroit où l'antenne eft ployée, eft très-court &
fphérique , les onze autres fe diftinguent difficilement
& femblent ne former qu'une feule piéce. Les ailes ont
beaucoup de nervures qui repréfentent une efpéce de re-
feau vers leur milieu ; ces nervures ne paroïiflent point fur
le bout de l'aile qui eft un peu brun.
Cette abeille fe met dans des trous horizontaux qu’elle
pratique dans les terrains coupés perpendiculairement.
9. APIS riora, hirfurie cinerea , fronte flava , incifuris
abdominalibus albis.
L'abeille grife à levre jaune 4 à houppe aux pattes du
milieu.
Longueur 6 lignes, Largeur 2 lignes.
Cette efpéce refflemble beaucoup à la précédente , elle
eft de même toute couverte de poils gris, mais fa le-
vre fupérieure , le devant de fa tête , & la bafe de fes
antennes font d’un jaune citron. Elle a encore un autre ca-
raëtere fpécifique , c’eft que fes pattes du milieu font fort
velues, & ont fur-tout à l'extrémité de la jambe & du pied,
deux houppes de poils affez longs. Ces houppes cependant
ne fe rencontrent pas dans toutes ces abeilles , les mâles
n’en ont point & font moins velus que les autres, Les poils
du bord des anneaux du ventre font blancs, ce qui forme
des bandes tranfyerfes blanches fur cette partie,
DES INSECTES. 413
so. APIS zirfutie flavefcens , fronte flava ;. antennis
articulatim compreffis corpus æquantibus.
Linn. fyff. nat. edit. vo , p. 574, n. 1. Apis antennis filiformibus longitudine
corporis hirfuti fuivique,
Real 243. Apis fylveltris domeficæ fimilis , antennis nigris longifMimis retro
reflexis,
L'abeille à longues antennes.
Longueur 6 lignes. Largeur 2 3 lignes.
Cette efpéce eft couverte de poils jaunâtres ; roux,
quelquefois un peu gris qui font répandus fur tout fon
corps. Les mulets ont le bas du ventre un peu'plus life,
les mâles & les femelles lont velu comme par anneaux.
Dans tous, la levre fupérieure & le devant de la tête font
d’un jaune citron , & de plus dans les femelles la bafe
des antennes & les côtés des machoires font de la même
couleur. Mais ce qui caratérife fur - tout cet infeête , c’eft
la longueur de fes antennes qui égale celle de tout le
corps. Elles font noires & compofées de treize anneaux,
dont les onze derniers ne font diftingués que par un refler-
rement ou étrangiement , ce qui les fait paroitre comme
un fil tord. L'animal les porte renverfées fur le dos.
11. APIS ubhirfuta cinerea , abdomine nigro, Jegmentis
albidis ; fronte flavefcente. Linn. faun. fuec. n. 1007.
L'abeille à levre jaune & anneaux du ventre blanchätres,
Longueur à lignes. Largeur 1 + ligne.
Cette abeille a beaucoup de rapport avec la précédente:
Elle eft velue , & fes poils font gris , tirant un peu fur lé
fauve. Le ventre eft plus life & noir , feulement fes ane
neaux font bordés de poils gris & blanchâtres. La levre fu:
périeure & le devant de la tête de l'infeéte font d’un jau-
ne citron. Enfin fes antennes font noires femblables à cel-
les de lefpéce précédente , mais elles n’égalent que la
moitié de la longueur du corps.
Cette efpéce forme dans la terre des trous horizontaux
414 HISTOIRE ABRÉGÉE
qui font fort longs & divifés au bout en plufieurs cellules.
On voit ces trous dans les terreins coupés perpendiculai-
rement en forme de murs.
12. A PIS Æirfurie cinerea , pedibus labioque fuperiore
flavefc-ntibus ; abdomine glabro nigro ; ëncifuris rufes.
L'abeille à levre & pattes jaunes & anneaux du ventre
fauves.
Longueur 3 + liznes. Largeur À ligne.
Elle eft noire. Sa tête & fon corcelet font couverts
de poils un peu gris. Sa levre fupérieure & fes pattes,
à l’exception cependant des cuifles,font d’un jaune un peu
citron ; les cuiïfles font noires. Le ventre eft life , d’un
brun foncé & noirâtre , & le bord de chaque anneau eft
d'un brun clair tirant fur le fauve. Ses antennes font noires
& s'étendent prefque jufqu’au bas du corcelet.
13. APTS Æirfuta , pedibus crocers ; abdomine nioro,
zncifuris albis. ;
L'abeille à pattes jaunes & anneaux du ventre blancs.
Longueur 7 lignes. Largeur 1 à ligne.
Ses antennes font un peu plus longues que le tiers de fon
corps. Leur couleur varie , quelquefois elles font noires ,
& d'autres fois jaunes , avec un peu de noir feulement
à l'extrémité. Les pattes font d’un Jaune fouci. Tout le
refte du corps de l’infeéte a des poils d’une couleur fauve
un peu pale , à l'exception du ventre qui eft noir , mais,
dont les anneaux font un peu blancs vers le bord & un peu
velus. Cet infette eft étroit & allongé : on le trouve com-
munément dans les Jardins fur les fleurs.
14. APIS z0ra , pedibus croceis , abdomine leviter cupreo.
L'abeille à pattes jaunes & ventre un peu cuivreux.
Longueur 3 lignes. Largeur à ligne. ,
Cette petite efpéce eft noire , peu velue , & de couleur
DESYXINSECTES. 41s
un peu cuivreufe fur-tout fur le ventre. Ses pattes font
d’un jaune fouci,, ainfi que fes antennes qui font à peu près
de la longueur de la moitié du corps. Elle a affez de ref-
femblance avec la précédente.
15. APIS #ota viridi-cuprea.
L'abeille verdätre & cuivreufe.
Longueur 3 £ lignes, Largeur 1 ligne.
Sa couleur eft par-tout verdâtre & un peu cuivreufe;
Elle eft médiocrement velue. Les poils du bord des an-
neaux du ventre font blancs, & ceux des pattes plus longs
que les autres font un peu jaunes.
16. A PIS nigro cœrulefcens , alis nebulofis , fronte femo-
ribufque poftecis hirfutie flasis.
Ray. inf. p. 243. Apis fylvefris muraria nigra.
L'abeille bleuätre à.ailes nebuleufes.
Longueur 6 lignes. Largeur 2 lignes.
Elle eft d’un noir bleuâtre & affez liffe ; elle n’a de poils
que fur le devant de la tête , au bout du corcelet & aux
pattes poftérieures en-deflus. Ces poils font d’un jaune
pâle ; les aîles font noires principalement vers leurs bords;
mais leur milieu eft plus clair, ce qui rend l'aile nébuleufe.
Cette abeille fait fon nid dans les trous des murailles à
demi-ruinées.
17. APIS ziora, abdomine rufo nitido, apice nigro.
L'abeille noire à ventre brun & liffe.
Longueur 42 lignes. Largeur 1 + ligne.
Tout l'infeëte eft noir, prefque life , fon ventre feul eft
de couleur brune ;, avec les deux derniers anneaux un peu
noirs. Ce ventre eft très- life & luifant. Les antennes qui
vont Jufqu’à la moitié du corcelet,font compofées de trei-
ze articles , dont le premier eft plus long , le fecond fort
court & globuleux, & les onze autres peu diitinats, Les ai:
les font brunes.
416 HISTOIRE ABRÉGÉE.
N.B. Il y en a une toute femblable qui poutroit bien
n'être qu’une variété de celle-ci. Elle eft beaucoup plus
petite, n'ayant que deux lignes de long fur une demi-ligne
de large. Du refte fa forme & fa couleur font les mêmes ;
elle femble feulement avoir un peu plus de noir à Pextré-
mité du ventre.
18. APIS zigra, abdomine rufo nitido, éncifuris nigrs.
L'abeille noire , à ventre brun & anneaux noirs.
Longueur 4 lignes, Largeur \ ligne.
Sa tête & fon corcelet font noirs & couverts de poils
roux peu ferrés. Les pattes font pareillement noires avec
quelques poils femblables. Le ventre ef liffe, brun, lui-
fant, & fes anneaux font tous bordés de noir, qui forme
des bandes tranfverfes fur le ventre.
SECONDE FAMILLE.
Abeilles - bourdons.
19. APIS #irfuta atra, alis violaceis.
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 578, n. 29. Apis hirfuta atra , alis cœrulefcentibus,
Petiv. gazoph. 1. 12, f. 5. Bombylius lufñtanicus e nigro cœærulefcens.
Reaum. inf. om. 6 , tab. $ fe 13 2e
L'abeille perce-bors.
Longueur io lignes. Largeur 3 x lignes.
Cette abeille eft toute noire & velue. Ses aïles font auffi
d’un noir violet. On la voit fouvent voltiger fur les fleurs
en bourdonnant. Elle fait fon nid dans de vieux bois,
comme nous l'avons expliqué dans le difcours prélimi-
naire de ce genre.
20 APIS Æirfuta atra, ano fufco. Linn. faun. [uec. n,
1014.
Linn. [fe nat. edit. 10, p. 579, ñ. 35. Apis fubterranea.
AG. Up]: 1736,p.28 ,n. 14. Apis hirfuta nigra, abéominis apice fufco.
Raj. nf. 246, n. 1. Bombylius maximus , totus niger, exceptis duobus extre-
mis abdominis annulis rubris.
L'abeille
DES INSECTES. 417
L'abeille noire à ventre brun vers l'extreémire.
Elle eft à peu près de la groffeur & de la figure de l’a-
beil!le perce-boïs. Ses aîles font noires, ainfi que tout fon
corps ; l'extrémité de fon ventre feulement eft brune , &
il y a quelques poils jaunes, mais peu apparens autour
du col.
21. APIS Æirfuta atra, ano fulvo. Linn. faun. [uec. n.
1015.
Linn. fÿff. nat. edit. 10,p. 579, n. 31. Apislapidaria.
AG, Upf. 1736, p.28 ,n. 13. Apis hirfuta nigra , abdominis apice rubro.
Raj. inf. p. 146 , n. 2. Bombylius minor , præcedenti concolor , abdomine
imo pallidius rubente feu fulvo.
Reaum. inf. tom. 6 , tab, 1, fig. 1,2,3,4.
Frifch. germ. 9 ,p.25,n.2.
L'abeille noire avec les derniers anneaux du ventre fauves.
Sa gtmdeur varie beaucoup ; j'en ai qui ont neuf lignes
de long , & prefque cinq de large ; d’autres n’ont que fix
lignes & demie de longueur , & deux & demie de largeur.
Les unes & les autres font toutes noires avec les trois
derniers anneaux du ventre couverts de poils fauves rou-
geâtres. Elles n’ont aucun poil jaune fur le col.
22. APIS zigra , fronte bafique thoracis flavis , ana
fulvo.
Raj. inf. p. 247, n. 10. Bombylius medius niger, ano fulvo feu rufo,cum dupli-
ci tran{verfa area lutea , altera fuper fcapulas , altera per medium abdomen,
L’abeille noire à couronne du corcelet citron , & extrémité
du ventre fauve.
Longueur 6 lignes. Largeur 2 3 lignes.
Elle eft noire : les poils du devant de fa tête , aïnfi que.
ceux du col ou de la bafe du corcelet font de couleur ci-
tron. Les derniers anneaux du ventre font couverts de
poils fauves.
23. APIS ziora , thoracis abdominifque bafi flavis ,
ano fulvo.
Tome IL Ggeg
418 H1ISTOIRE ABRÉGÉE
Raj. inf. p.247. n. 7:
L'abeille noire à couronne du corcelet & haut du ventre
citron , & l'extrémité du ventre fauve.
Longueur. 6 lignes. Largeur 2 3 lignes.
Sa tête eft toute noire. Les poils du col ou de la bafe
du corcelet font de couleur citron, ainfi que ceux du haut
du ventre. Le milieu du ventre eft noir & fes derniers
anneaux font couverts de poils fauves.
NW. B. APIS flava, abdominis medio nigro , ano fulvo.
Celle-ci paroït n'être qu'une variété de Ia précédente
dans laquelle le jaune citron de la bafe du corcelet couvre
toute cette partie , enforte qu'elle eft par-tout de cette
couleur , à l'exception d’une petite bande noire vers fon
extrémité. Le ventre eft comme dans l’efpéce ci-deffus ,
mais le devant de la tête eft couvert de poils cites.
24 A PIS xigra , thoracis abdominifque baft flavis ;
ano albo.
L'abeille à couronne du corcelet & haut du ventre citron,
& l'extremite du ventre blanche.
Longueur 7 lignes. Largeur 4 lignes.
Sa tête eft toute noire. Les poils de la bafe de fon cor-
celet , ainfi que ceux du haut de fon ventre font d’un beau
citron & forment deux bandes brillantes. Le milieu du
ventre eft noir & fes derniers anneaux font couverts de
poils blancs.
Parmi ceux que je décris, il y a des mâles & des femel-
les ; celles-ci font plus grandes d’un tiers que les autres.
25. APIS rigra ; thoracis bai & apice, abdominifque
bafi flavis , ano albo.
Linn. faun. fuec. n. 1018. Apis hirfuta fulva , abdominis medio nigro, ano
albo.
Linn. [yft. nat. edit. 19, p. 579 , n. 33. Apis hypnorum.
AG. Upf. 1736, p. 28, n. 17. Apis hirfuta, collari fulvo , abdominis bafñ falva,
medio nigro ; ano albo,
DES INSECTES. 419
L'abeille à couronne & extrémité du corcelet, & haut du
ventre citron , & l'extrémité du ventre blanche.
Longueur 7 lignes. Largeur 3 lignes.
Sa tête eft noire : les poils de la bafe & de l'extrémité
du corcelet font de couleur citron, & le milieu eft noir.
Le haut du ventre a de même des poils citrons , fon mi-
lieu eft noir, & les derniers anneaux font couverts de
poils blancs Ceux que je décris font tous mâles.
26. APIS zigra, thoracis bafi flava , ano fupra flavo
apic: albo.
L’'abeille à couronne du corcelet citron , & extrémité du
ventre mi-partie de citron & de blanc.
Longueur 10 lignes. Larzeur 4 lignes.
Cette grande efpéce ef noire. Le haut ou la bafe de fon
corceler a une bande de poils jaunes citrons. Les deux
tiers fupérieurs du ventre font noirs , enfuite il y a quel-
ques poils Jaunes, & fon extrémité eft blanche. Les ailes
font brunes.
27. APIS zigra, abdomine fulvo.
L'abeille noire à ventre fauve.
Longueur $ + lignes. Largeur 3 lignes.
Sa tête & fon corcelet font entiérement noirs ; fon ven-
tre eft tout couvert de poils fauves.
28. APIS shorace fulvo , abdomine flavo ano fulvo.
Linn. [yft. nat. edit. 10 ,p. 579 , n. 31. Apis mufcorum.
Linn. faun. fusc. n. 1017. Apis hirfuta fulva , abdomine flavo.
A, Upf. 1736, p. 28, n. 18. Apis hirfuta , collari fulvo , abdomine flavo:
Frifch. germ. o, pag. 16, n. 8.
Reaum inf. tom. 6, tab. 2 sfG- 1,25 3
L'abeille fauve, à ventre jaune & extrémité fauve.
Longueur $ lignes. Largeur 2 Z lignes.
Cette abeille a la tête noire. Son corcelet eft tout cou-
vert de poils roux, & Les poils de fon ventre font Jaunes,
Gegi
420 HISTOIRE ABRÉGÉE
fi ce n’eft vers l'extrémité où ils font aufli roux. Ses pattes
& f:s antennes font noires. Elle fait un nid fphérique en-
touré de paille ou de foin en-dehors , muni de crin en-
dedans , & rempli de petites cellules en godets.
FORMICA.
LA FOURMR
Antenne frailæ , articulo Antennes brifées dont le
primo longiore. premier anneau efttrès long.
Alæ inferiores breviores, neutris Aîles inférieures plus courtes,
nulle. & point d’ailes dans les mulets.
Os maxillofum. Bouche armée de machoires.
Abdomen petiolo brevi thoraci Ventre attaché au corcelet par
connexum cum fquama interme- un pédicule court , avec une pe-
dia. tite écaille entre deux.
Ocelli tres, Trois petits yeux lifles.
La fourmi a beaucoup de caraéteres communs avec les
infcétes dont nous avons traité en dernier lieu & fur-tout
avec les guêpes & les abeilles : mais parmi les caraëteres
différens que nous donnons de ce genre, il y en a deux
qui lui font propres & eflentiels. Le premier & le principal
conlifte dans cette petite écaille relevée qui fe trouve pla-
cée dans la fourmi précifément entre le corcelet & le ven-
tre , à l’endroit où ces deux parties fe tiennent par un pé-
dicule mince & court. Cette écaille fe trouve dans toutes
les efpéces de fourmis, dans tous les individus foit mâles
foit femelles ; foit dépourvus de fexe ou mulets. L'autre
caraétere n’eft pas fi diftin@if, il ne fe voit qu’en compa-
rant ces dernieres fourmis aux autres. Les males & les fe-
melles de ce genre font ailés, mais il y a des fourmis ou-
vrieres, des fourmis dépourvues de fexe, comme dans
les abeilles , qui n'acquiérent jamais d'ailes. Ce caraétere
eft propre à la fourmi , mais pour le voir il faut fuivre ces
infeétes avec attention, au lieu que le caraétere précédent
fe trouve dans toutes les fourmis, dans tous les âges ,
DES INSECTES. 421
dans tous les fexes , & ne fe trouve que dans la fourmi
feule.
D'après ce que nous venons de dire , on voit déja que
dans les fociétés de fourmis qui font toutes nombreufes ,
il y en a de trois différentes fortes , de même que dans les
ruches des abeilles , favoir des mâles , des femelles, &
des ouvrieres qui n’ont point de fexe. Les deux premieres
ont des aîles , les dernieres n’en ont point , & n'en acquié-
rent jamais , quoique différens Naturaliftes ayent avancé le
contraire. Les mâles font de toutes les fourmis les plus
petites : je les ai toujourstrouvés moins gros que les four-
mis ouvrieres , malgré ce que quelques auteurs ont pré-
tendu. Ces mâles , outre leur petiteile, font reconnoiffa-
bles par la groffeur de leurs yeux, qui eft confidérable par
rapport à leur corps, & de plus ils font ailés. Les femelles
pareillement aîlées font très-grandes & très-grofles , &
furpaffent de beaucoup toutes les autres fourmis , mais
leurs yeux font plus petits à proportion que ceux des mä-
les. Enfin les ouvrieres tiennent le milieu pour la groffeur
entre les mâles & les femelles, elles ont les machoires
plus grandes que les uns & les autres, & elles font dé-
pourvues d’aîles. On ne rencontre guéres dans les four-
milieres que les ouvrieres & les femelles. Ces dernieres
s’y rendent pour dépofer leurs œufs. Les mäles volent
aux environs , & vont s’accoupler avec les femelles qui
voltigent aufli , mais ils ne s’approchent guéres de l’habita-
tion générale. C’eft peut-être ce qui aura trompé différens
Naturalifies , qui voyant dans les fourmilieres des fourmis
ailées beaucoup plus groffes que les autres, auront indif-
tinement regardé ces fourmis comme des males & des
femelles. De-là ils ont avancé que les males étoient plus
gros que les ouvrieres. Mais ces fourmis ailées n’étoient
toutes que des femelles. On ne voit guéres les males à la
fourmiliere , mais on les trouve plus aifément le foir en.
été , voltigeans tout accouplés avec leurs femelles Ces
derniereS en yolant les emportent en l’air avec elles, &
422 HISTOIRE ABRÉGÉE
on eft tout furpris en les attrappant au vol, de voir qu’au
lieu d’un feul infeéte on en a fuifi deux, dont ityena
un infiniment petit par rapport à l’autre qui eft cinq ou
fix fois plus gros que lui.
Quoique la fourmi foit un infeête des plus communs,
que l’on eft à portée de voir & d'examiner tous les jours,
il en eft cependant peu fur lefquels on ait débité autant de
contes & de faits controuvés. Prefque tous les auteurs ont
attribué à la fourmi une prévoyance & une intelligence
fupérieure , qui lui faifoient amafier des provifions confi-
dérables pour pañler l'hiver. Ils ont été plus loin , ïis ont
décrit dans le plus grand détail les prétendus greniers fou-
terrains qu? conftruifoient ces infeëtes , les galeries difé-
rentes qui y conduifoient, & la police & l'ordre qui ré-
gnoient dans ces vilies fouterraines. Il eft ficheux que
tous ces détails fi beaux & fi élégamment décrits, n'ayent
jamais exifté que dans l’imagination & les ouvrages des
auteurs qui en ont parlé. D’autres Naturalifies modernes
qui paroiflent avoir obfervé davantage les fourmis, &
avoir apperçu le peu de fondement de toutes ces fables ,
ont néanmoins donné dans d’autres erreurs ; les uns en
attribuant au bout d’un certain tems des ailes à tous les
babitans de la fourmiliere , même aux fourmis ouvrieres
ou fans fexe ; les autres en faifant les males beaucoup plus
gros qu'ils ne font; d’autres enfin en s’imaginant qu après
un certain tems les fourmis ailées perdoient leurs ailes.
Nous allons nous borner à décrire fuccin£tement l'hifloire
de ces infeétes , en re@tifiant les faits qui ont été avancés
fans fondement, & en débaraffant notre récit du faux mer-
veilleux dont on a décoré les fourmis.
Ces petits infeêtes habitent ordinairement des trous
fouterrains , qu’ils creufent volontiers au pied d’un arbre
ou d'un mur, dans un terrein ferme & fec : c'eft ce que
l'on nomme la fourmiliere. L'entrée de cette habitation
eft un peu ceintrée en voute, foutenue par des racines
d'arbres ou de plantes,qui empêchent en même tems l'eau
DES INSECTES. 423
de pénétrer dans cette ouverture. Quelquefois il y a deux
ou trois entrées pour une feule demeure. Elles conduifent
_ À une cavité fouterraine enfoncée fouvent d'un pied &
plus en terre , aflez large , irréguliére en-dedans, mais
fans aucune féparation ni galerie. C’eft dans cette ouver-
ture que fe retirent les fourmis & qu'elles fe mettent à
Pabri. On fent qu’une pareille cavité doit avoir coûté
beaucoup de peines & de travaux à des infeëtes aufli pe-
tits. Ils ne peuvent détacher à la fois qu'une très-petite
molécule de terre , & l'emporter enfuite dehors à laide
de leurs machoires. Mais le nombre des ouvrieres fupplée
à leur force & à leur grandeur. Ce nombre prodigieux de
fourmis travaille à la fois fans s’incommoder & s’embaraf-
fer. Elles ont foin de fe partager en deux bandes dont l’u-
ne eft compofée des fourmis qui emportent la terre de-
hors, l’autre de celles qui rentrent pour travailler, par ce
moyen louvrage va continuellement & fans interruption.
Ce font les fourmis ouvrieres ou fans fexe qui feules font
chargées de ce pénible travail, les mâles & les femelles
ne font rien. Ce font aufli ces mêmes ouvrieres qui feront
pareillement feules occupées de l'éducation & de la nour-
riture des petits. Lorfque la fourmiliere eft creufée , les
fourmis s’y retirent les foirs , & ce n’eft qu'après ce tra-
vail fait qu’elles penfent à manger ; jufques-là on les voit
uniquement occupées de leurs travaux, pas une ne porte
de la nourriture à l'habitation. Mais leur ouvrage fini,
elles vont à la picorée. Tout leur eft bon , fruits, graines,
infetes morts, charognes , pain, fucre , elles mangent de
tout. Dès qu’elles ont trouvé quelque butin , elles s’en
chargent pour le porter à la fourmiliere , & en faire part
à leurs compagnes. On voit ces infeêtes porter ou tirer
des fardeaux beaucoup plus péfans qu'eux. Si le morceau
eft trop lourd , les fourmis fe mettent quelquefois trois ou
quatre après , ou bien elles le déchirent avec leurs ma-
choires & l’emportent piéce à piéce. Il fembie que celles
qui ont fait quelque bonne découverte en faffent part à
424 HISTOIRE ABRÉGÉE
Icurs compagnes. Eneffet , dès qu’elles font retournées au
domicile commun , on voit toute la fourmiliere fe mettre
en marche & former une efpéce de proceflion. Toutes
vont l’une après l’autre prendre une part du butin, & elles
le rapportent dans le même ordre à la fourmiliere , en
formant une autre bande qui n'interrompt point la file de
celles qui viennent, Si dans la marche quelqu’une vient à
périr par accidens ou autrement, quelques-unes empor-
tent aufli-tôt fon corps affez loin.
La nourriture que les fourmis rapportent ainfi à leur
habitation n’eft point mife en réferve ; elle eft confonimée
entr'elles fur le champ, & fur-tout elle eft partagée à leurs
petits. On trouve tout au plus dans le fouterrain quelques
reftes qui n'ont pû être mangés tout de fuite , encore les
fourmis les emportent - elles promptement dehors dès
qu’ils commencent à fermenter ou à fe goûter.
Mais le principal foin des fourmis regarde leurs petits.
Ces infeëtes reflemblent en cela aux abeilles & à beau-
coup d’autres. Ils ne travaillent avec tant d’ardeur & d’ac-
tivité que pour la propagation de leur efpéce. Ce font les
femelles ailées qui dépofent leurs œufs. C'eft pour cette
raifon qu'on trouve ces femelles dans les fourmilieres
mêlées avec les ouvrieres , mais en beaucoup plus petit
nombre. On les voit fur-tout dans le fort de l'été, dans le
tems de la ponte. Dans les tems froids il n'y en a aucune,
toute [a fourmiliere n’eft compofée que des ouvrieres qui
n'ont point d'ailes. Le feul travail des femelles eft de dé-
pofer leurs œufs ; les ouvrieres ont foin du refte. Ces œufs
font blancs, petits & prefqu'imperceptibles. Au bout de
quelques jours il en fort une petite larve blanche, & fem-
blable en tout à un vermifleau. Cette larve groflit beau-
coup, elle devient même plus groffe que les fourmis , &
ce font ces efpéces de vermiffeaux ou larves blanches, que
lon nomme improprement œufs de fourmis. Les ouvrie-
res ont les plus grands foins de ces petites larves. Com-
me elles font tendres & délicates, elles ont attention FT
e
DES INSECTES. 425$
le-milieu du jour pendant la chaleur de les apporter à
l'entrée de leurs fouterrains pour leur faire fentir l'influen-
ce de l’air doux. A lapproche de la nuit , ellesles repor-
tent au fond de la fourmiliere , pour les garantir du froid.
On voit les fourmis porter avec leurs machoires ces lar-
ves fouvent beaucoup plus grofles qu'elles, fans cepen-
dant les blefler. Elles les nourriffent avec le même foin;
dès qu'elles ont été à la picorée , elles commencent par
donner à manger à ces petits ; pour elles , elles ne man-
gent qu'après qu'ils en ont eu fufhfamment. Si les vivres
font rares , elles donnent tout à leurs petits , toutes les
autres font diette. Auffi ces larves fi bien nourries croif-
fent-elles fort vite. Lorfqu'elles font fort groffes , comme
elles n’ont point de pattes , elles reffemblent à une efpéce
d'œuf allongé. Quelques Naturalifles même ont cru que
ces prétendus œufs de fourmis étoient des efpéces de co-
ques qui renfermoient leurs larves , & croifloient avec
elles. Quoi qu'ilen foit, lorfque la larve eft parvenue à fa
groffeur , elle fe change en nymphe. Swammerdam affure
pofitivement qu'avant cette métamorplhofe , la larve fe
file une coque dans laquelle la nymphe eft renfermée.
Pour moi je n'ai pû découvrir aucune de ces coques dans
les fourmilieres : mais comme les nymphes fonc dans les
commencemens fort molles & prefque fluides, elles font
enveloppées d'une peau blanche tendre & tranfparente,
qui à plus l’air d'une pellicule que d’une coque filée. A
mefure que la nymphe fe fortifie & prend de la confiften-
ce , cette peau qui paroifloit remplie de fluide, fe colle
& s'applique fur les différentes parties de la nymphe, qui
deviennent très-reconnoiffables. Dans cet état on difiüin-
gue fur la nymphe toutes les parties de la fourmi, de mé-
me que dans les nymphes des abeilles , des guêpes & de
plulieurs autres infeétes.
Les fourmis ont pour ces nymphes les mêmes foins
qu’elles ont eu pour leurs larves, fi ce n’eft qu’elles n’ont
as befoin de leur donner de nourriture. Enfin lorfque la
Tome II. Hhh
426 HISTOIRE ABRÉGÉE
nymphe eft parvenue à fa perfeétion, elle auitte fon en-
veloppe & devient un infeëie parfait, une véritable four-
mi , aîlée fi elle eft male ou femelle, & fans ailes Iorf-
qu'elle eft du nombre des ouvrieres. Swammerdam pa-
roit penfer que les males font les feuls parmi les fourmis
ui ayent des ailes , mais j'ai fouvent trouvé des femelles
ailées , & même des mâles & des femelles accouplés en-
femble & tous les deux ailés. Cet accouplement ne fe fait
point dans la fourmiliere , c’eft ordinairement en l'air qu’il
fe pañle , & ces infeétes volent attachés enfemble , com-
me nous l'avons déja dit. La femelle fécondée va enfuite
retrouver la fourmiliere pour y dépofer fes œufs. Cela
fait , tous les mâles périflent , ainfi qu'une grande partie
des femelles, & on ne trouve guéres que des ouvrieres
dans le commencement de l'hiver. Dans cette mauvaife
faifon elles reftent dans leur fouterrain , où elles font en-
gourdies fans aucun mouvement , comme beaucoup d’au-
tres infeétes , & entaflées les unes fur les autres. On voit
par-là combien il feroit inutile à ces infeétes de faire les
provifions qu’on leur à attribué , & combien leur préten-
due prévoyance feroit mal entendue , puifque pendant le
froid ils font fans mouvement & ne peuvent prendre de
nourriture. Aufli réellement ne font-ils aucun amas. Mais
dès que les premieres chaleurs du printems fe font fentir,
les fourmis commencent à fe réveiller de leur état léthar-
gique , & elles fortent de leur demeure pour aller jouir
de l'air & chercher des alimens.
Il eft facile de juger par le détail que nous venons de
donner , à quoi fe réduit tout ce que l’on a avancé d’ex-
traordinaire & de merveilleux fur les fourmis. Ce que l’on
doit le plus admirer dans ces infettes, c’eft leur tendrefle
pour leurs petits.
Les fourmis ont beaucoup d’ennemis. Les oifeaux de
différentes efpéces, & beaucoup d'infeétes leur font la
guerre. Nous avons parlé de la Jolie chafle que leur fait
le fourmilion.
DES INSECTES. 427
On a cru pendant long-tems que ces animaux portoient
une grande amitié aux pucerons qu’ils recherchent , autour
defquels ils s'amaflent , & qu'ils femblent lécher & caref-
fer. Mais en parlant des pucerons nous avons fait voir que
cette prétendue amitié n'étoit fondée que fur ce que les
fourmis font fort friandes d'une efpéce de liqueur fucrée
& mielleufe que rendent les pucerons & dont fouvent ils
font enduits.
Quand aux efpéces de fourmis dont nous allons donner
le dérail, elles ne font pas nombreufes ; nous n’en con-
noiffons que fix, peut-être y en a-t-il encore quelques
autres que nous n'avons pas obfervées.
1. FORMICA zigra, alarum dimidio fufco.
Caen A \ 2 rs
La grande fourmi à aïles à moitié brunes.
Longueur 7 lignes. Largeur 1 ligne.
Cette fourmi la plus grande de ceiles que je connoifle
dans ce pays-ci , eft toute noire, life , mais peu luifante.
Ses ailes qui font plus longues que fon ventre, & qui dé-
bordent le corps d'un tiers, ont leur moitié fupérieure bru-
ne avec des nervures plus foncées , & leur moitié infé-
rieure blanche.
2. FORMICA rigra , antennis pedibufque flavis.
La fourmi noire à antennes & pattes jaunes.
Longueur 3 3 lignes. Largeur + ligne,
Sa couleur eft noire à l'exception de fes pattes & de
fes antennes qui font Jaunes. Ces dernieres font environ
de la longueur de la moitié du corps. Le ventre eft plus
luifant que le refte de l’infeéte. Les yeux font affez petits,
comme dans toutes les efpéces de ce genre. Les ailes qui
ne font guéres plus longues que le corps font blanches ,
avec des vaiffaux bruns dans leur partie fupérieure , & un
point marginal brun. Cette fourmi eft aflez rare.
3. FOR MICA fu/ca , pedibus rufis , thorace macula
Jflava. Planch, 16, fig. 4.
Hhh i
428 HISTOIRE ABRÉGÉE
La fourmi brune à pattes fauves.
Longueur 4 lignes. Largeur : ligne.
Je foupçonne cette efpéce d’être la même que M. Lin-
næus a défignée fous le nom de formica magna faun. fuec.
n. 1019, & que Raj appelle £ipromyrmex, page 69 de
fon hiftoire des infeétes. Quoi qu'il en foit , la nôtre eft
toute d’une couleur brune noirâtre à l'exception de fes
attes qui font rougeñtres , & d’une tache de même cou-
ÉE prefque quarrée , divifée en deux vers le haut qui fe
trouve fur le corcelet. Le devant de ce corcelet eft aufli
un peu rougeûtre. Les aîles plus longues que le ventre,
font veinées de brun dans leur partie fupérieure. Les mâ-
les de cette efpéce n'égalent pas la cinquiéme partie de
la groffeur de leurs femelles.
4 FORMICA fufca , thorace fulvo.
Linn. faun. fuec. n. 1010. Formica rufa.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 580, n. 2. Formica thorace compreffo ferrugi-
neo , capite abdomineque nigris.
Ruj. inf. p. 69. Formica media rubra.
Aë, Stockholm. 1741, p. 39. Pifl-myror.
La fourmi brune , à corcelet fauve.
Longueur 3 lignes. Largeur à ligne.
« La partie poftérieure de fa tête, fon ventre & fes pat-
tes font de couleur brune. Le devant de fa tête & fon
corcelet font d’un fauve jaunatre. Cette efpéce eft une
des plus communes dans les jardins.
s FORMICA fufca. Linngaun. Tec. n. 1021.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. $80, n. 3. Formica cinereo-fufca, tibiis pallidis,
Rüaj. inf. p. 69. Formica media, nigro cotore fplendens,
A6. Stockhol. 1741, p. 40, Swart-myror.
La fourmi toute brune.
Longueur 2 3 lignes. Largeur : ligne.
Sa couleur eft toute brune. Elle eft fort liffe & luifante.
Ses aîles débordent fon corps de près de moitié: elles font
blanches & leurs nervures ne font prefque point marquées.
DES INSECTES. 429
6 FORMICA arra. Linn. faun./fuec. n. 1023.
Linn. fyft. nat, edit, 10, p. 580, n. 4. Formica tota nigra nitida, tibiis cine-
rafcentibus.
Raj. inf. p. 59. Formica minor e fufco nigricans,
Aë, Stockhol. 1741 , p. 41. Sma-myror.
La fourmi toute noire.
Longueur 1 5 ligne. Largeur 3 ligne,
Elle eft toute noire & peu luifanre. Ses aîles débordent
le ventre de plus de moitié, & font un peu brunes dans
leur partie fupérieure.
£gF Il faut remarquer que les dimenfions que nous
avons données des différentes efpéces de fourmis , font
toutes prifes fur celles qui font aïlées, & particuliérement
fur les femelles qui font les plus grandes, Les mâles &
les mulets font beaucoup plus petits.
430 HISTOIRE ABRÉGÉE
ER NS ER Ré
SECTION CINQUIÉME.
LNSE CF 'E'S LD T'P'T'EMRYESS:
OU
ENSECTES..A-D EUX A ILES,
Tous les infeêtes que nous avons examinés dans les
fe&tions précédentes , ont quatre ailes , foit que toutes les
quatre foient minces & tranfparentes , foit que les deux ai-
les fupérieures foient épaifles , dures , opaques & forment
des efpéces d'étuis comme dans les coleopteres. Les petits
animaux que renferme cette cinquiéme feétion , différent
des autres en ce qu'ils n’ont que deux ailes. Ce caractere
facile à appercevoir , les diftingue aifément , & leur a fait
donner le nom de dpteres , infeéla diptera , qui veut dire
infeétes à deux ailes.
Ces infeétes font compofés , comme la plüpart des au-
tres , de trois parties principales ; favoir , la tête , le corce-
let & le ventre.
Dans la tête , on remarque d’abord les deux gros yeux à
refeau plus ou moins grands , fuivant les différens genres ,
mais qui d’ailleurs n’ont rien de particulier dans les infec-
tes de cette fettion , fi cependant on en excepte le genre
des taons , dont les yeux font remarquables par leurs cou-
leurs. Ces nuances différentes des yeux des taons , fe per-
dent & difparoiffent lerfque l'infeête eft mort , enforte
qu'on ne peut les appercevoir fur le fec. Mais lorfque
l'animal eft vivant , on voit différentes rayures rouges,
jaunes & verdâtres qui panachent l'œil en formant des
efpéces de canelures.
Outre ces deux grands yeux à refeau , la plüpart de ces
infectes ont les petits yeux liffes dont nous avons déja par-
lé. Il y a cependant deux genres fur lefquels il n'en paroit
DES INSECTES. 43r
aucun, celui des coufins & l’hippobofque. M. de Reaumur
prétend auffi dans un endroit de fon Ouvrage ; que les
tipules en font dépourvues. Néanmoins je les ai apperçus
fur ces infeétes. Ainfi , à l’exception du coufin & de l'hip:
pobofque , tous les autres genres de cette feétion ont
des petits yeux liffes. Ces yeux font placés fur la partie
poñtérieure de la tête,& je les ai toujours obfervés au nom-
bre de trois fur les infeétes à deux aîles , ni plus ni moins,
quoique de grands Naturaliftes en ayent attribué jufqu’à
quatre à certaines mouches & deux feulement à d’autres.
Les antennes varient beaucoup dans cette fe&tion , auffi
font-elles une partie confidérable du caraëtere de ces in-
fe&tes. La mouche, le ftomoxe & la volucelle nous en
offrent qui font d’une forme particuliere , & qui ne ref-
femblent en aucune façon à celles des infe@tes que nous
avons vûs jufqu'ici. Dans ces différens genres, l'antenne
eft compolé de quelques articulations dont les premieres
font petites & courtes , & la derniere qui eft grande , lar=
ge & applatie forme une efpéce de palette. Outre cette
finguliere configuration , on voit partir latéralement de
Pavant dernier anreau de cette antenne une efpéce de
poil , qui dans les unes ef life & velu dans les autres. Le
genre du bibion a encore des antennes dont la forme mé-
rite d'être examinée. Elles font compofées d’anneaux ap-
latis & lenticulaires enfilés par leur milieu, ce qui les fait _
reffembler à ces anciens ifs découpés qu’on voit encore
. dans quelques Jardins. Toutes ces antennes différ:ntes
font placées fur le devant de la tête. Il y a cependant un
genre , c'eft celui de la nemotele , où les antennes ne pa-
roiflent pas pofées fur la tête même , mais fur une efpéce
de bec ou gaine pointue qui couvre la trompe & lui fert
d'étui.
La bouche eft de toutes les parties de la tête celle qui
varie le plus parmi les genres de cette fe&tion. Nous en
avons aufli tiré un des principaux caraëteres. Quélques in-
” feûtes, comme lœfre , paroïffent n’en point avoir du tout ;
432 HISTOIRE ABRÉGÉE
on apperçoit feulement au devant de la tête trois petits
points noirs qui paroiflent tenir lieu de la bouche, mais qui
ne peuvent fervir à ces infeëtes pour prendre de la nourri-
ture. Aufli n'en prennent -ils point lorfqu'ils font devenus
infectes parfaits. Dans ce dernier état , ils ne vivent que
fort peu de tems , aïlez feulement pour s’accoupler & dé-
pofer leurs œufs , après quoi ils périffent fans avoir pris
aucune nourriture ,; & fans avoir en befoin d'en prendre.
D’autres infeétes , comme l’afile , le ftomoxe , le coufin,
ont à la bouche une trompe fimple plus ou moins aigue,
creufe en-dedans , avec laquelle ils favent piquer les ant-
maux & pomper le fang qui leur fert de nourriture. La
trompe de quelques-autres eft plus finguliere. C’eft un
Corps flexible , membraneux , creux en-dedans , ouvert
par le bout , qui peut fe gonfler, fe dilater , & s’appliquer
plus ou moins fortement aux différens corps qu'il rencon-
tre. Cette trompe paroïît reflembler en petit à celle de
l'éléphant. L'infecte fait l’étendre, la raccourcir, la ployer
en différens fens , à caufe de fa grande flexibilité. Beau-
coup d’infeétes de cette feétion font pourvus d’une pareille
trompe. Elle eft nue & fimple dans la mouche , dans Ja
mouche-armée , dans le fcatopfe , & ces infeétes la reti-
rent feulement dans une fente qui eft au-devant de leur
tête. Dans la volucelle & la nemotele, il y a une efpéce de
bec dur, ou une gaine avancée fous laquelle cette trompe
fe loge. Erfin dans le taon qui eft pourvu d'une pareille
trompe, on obferve des corps durs blanchètres & pointus,
des efpéces de groffes dents qui l’accompagnert à droite
& à gauche , & dont l'infeéte fe fert pour mordre forte-
ment , & pouvoir enfuite fuccer le fang des animaux qu'il
a mordus. Enfin la derniere efpéce de bouche, eft celle
des tipuies & des bibions qui eft accompagnée de ces bar-
billons que nous avons déja remarqués à la bouche de-
quelques - autres infeétes. Dans ceux-ci ils font longs,
compofés de plufieurs piéces articulées enfemble & au
nombre de quatre, deux de chaque coté.
Parmi
DES INSECTES, 433
Parmi des infectes qui fe reffemblent affez & quiappro-
chent les uns dés autres , on eft étonné de rencontrer au-
tant de variété par rapport à la conformation de la bouche,
qui eft une partie fi eflentielle à l'animal. On n’en fera pas
cependant furpris, quand on fera attention à ja différence
de la nourriture propre à ces différens infeétes. La nature
les a tous pourvus d’une bouche la plus convenable pour
prendre l'aliment qui leur eft deftiné. L’œftre n’en prend
point , il n'a point de bouche , à peine apperçoit-on quel-
ques traces qui défignent l'endroit où elle devroit fe trou-
ver. Le taon , le coufin, l’afile, l'hippobofque & le fto-
moxe fe nourriflent du fang des animaux qu’ils piquent &
qu'ils incommodent fouvent beaucoup : il leur falloit un
infttument fort & long qui pût percer la peau fouvent
très-dure des grands animaux , & pénétrer à travers fon
épaifleur, jufqu'aux vaifleaux fanguins qui rampent deflous.
La mouche, la volucelle , le fcatopfe & quelques-autres
font moins carnafliers : ils fe nourriflent de matieres plus
tendres , prefque fluides & qui font à leur portée. Une
fimple trompe leur fuflit pour fuccer des nourritures pref-
que liquides. On voit par ce court détail que nous pour-
rions facilement étendre , que ces petits animaux ont tous
reçu la conformation la plus propre à leur maniere de
vivre , & plus on étudiera l’hiftoire des infecies , plus on
fera convaincu de cette vérité.
Le corcelet eft la feconde partie du corps des infe&tes de
cette fection. Il fuit la tête , à laquelle il eft attaché par un
petit étranglement tellement conftruit , que la tête tourne
fur le corcelet comme fur un pivot. C’eft une efpéce de
col court & délié comme un fil. La forme du corcelet va-
rie peu dans ces différens infeétes , il eft feulement plus ou
moins arrondi. Celui du coufin & de la tipule l'eft telle-
ment , que ces infectes font comme boffus. Mais ce même
corcelet mérite d’être confidéré par beaucoup d’autres en-
droits, D'abord on voit à fa partie inférieure les origines
des fix pattes dont ces animaux font pourvus , qui toutes
Tome II, Er1
434 HISTOIRE ABRÉGÉE
partent du corcelet. Sur fes côtés , on apperçoit quatre
ftigmates , deux de chaque côté , un plus haut, l'autre plus
bas, & enfin fur le dos vers la pointe du corcelet font atta-
chées les deux aîles. Examinons maintenant ces différentes
parties en détail.
Les pattes dans tous ces infeétes font au nombre de fix
ê& rangées par paires. Elles font compofées de trois parties,
comme dans les autres infeétes que nous avons examinés
jufqu’à préfent ; favoir, la cuiffe , la jambe & le pied. Les
deux premieres de ces parties n’ont rien de remarquable ;
mais la troifiéme , ou le pied que nous appellons aufli le
tarfe,eft compofée de cinq piéces ou articles dans tous les
infeétes de cette feétion. Ce nombre dans tous eft unifor-
me , au lieu que dans les fections précédentes il varie , &
cette variété nous a même fervi à divifer ces fettions en
ordres différens. Le dernier article du tarfe dans tous ces
infeétes , eft garni d’efpéces de griffes ou onglets crochus;
au nombre de deux dans la plüpart, & de quatre ou de fix
dans les hippobofques. De plus , ce dernier anneau a
encore une particularité , du moins dans un très-grand
nombre d'animaux de cette fettion : c’eft qu’en-deflous il
eft garni d’efpéces de pelottes ou éponges qui fervent à
l'infeéte à appliquer intimément fa patte fur les corps les
plus liffes , & à le foutenir dans une pofition perpendicu-
laire , dans laquelle il fembleroit devoir tomber. Quelque
liffe , quelque poli que nous paroiffe un corps , une glace
par exemple ; il a une infnité de petites cavités & inégali-
tés que le microfcope fait appercevoir. Ces pelottes molles
des pattes qui peuvent fe gonfler & fe retirer , fe moulent
aux inégalités de la furface des corps , & cette application
intime produit une forte adhéfion , à peu près comme
deux hemifpheres dont les furfaces font très-unies , étant
appliqués l’un contre l’autre , fe tiennent fortement par le
contact intime,& ne peuvent être féparés qu'avec beaucoup
de peine. C’eft à l'aide de ces pelottes que les mouches ;
par exemple, marchent fermement le long des glaces, & fe
DES INSECTES. 435$
tiennent même pofées contre le haut d’un plancher fans fe
laifler tomber.
Ces pattes font extrêmement longues & fines dans quel-
ques-uns de ces infectes. Les coulins & certaines tipules
les ont démefurément grandes , aufli longues que celles
des faucheurs. Elles le font même tellement dans certaines
tipules ,; qu'à peine paroiflent-elles pouvoir porter leur
corps, qui balance perpétuellement lorfque ces infeétes
font en repos & pofés fur leurs pattes.
Nous avons déja vû que les fligmates qui fervent à la
refpiration des infees , font au nombre de quatre fur le
corcelet de la plüpart. Ils font très-marqués & très-diflinéts
fur les infeétes de cette feétion. Comme le corcelet dans
le plus grand nombre de ces petits animaux eft affez lifle , il
laifle appercevoir ces ftigmates , qui reflemblent à des
efpéces de boutonnieres pofées un peu en biais , & qui
font au nombre de deux de chaque côté du corcelet. On les
voit très-bien dans la mouche commune , du moins le ftig-
mate fupérieur , car pour celui d'en - bas l'aile en dérobe la
vue en partie:
Enfin la partie la plus remarquable du corcelet, c’eit l'o-
rigine des ailes. Ces ailes au nombre de deux feulement
naiffent de Pextrémité de la partie fupérieure du corceler.
Elles font minces , claires & tranfparentes comme du tale,
ornées feulement de quelques nervures. Il n’y a que les ai-
les des coulins fur lefquelles on appercçoit, fur-touc à l’aide
de la loupe, quelques petites écailles femblables à celles
. dont les ailes des papillons & des phalênes font couvertes,
mais beaucoup plus petites & pofées feulement le long
des nervures. Sous l’origine des ailes , ces petits animaux
ont une partie qui eft particuliere aux infeéctes de cette fec-
tion , & qui fe trouve conftamment dans tous les genres
qui la compofent. On a donné à cette partie le nom de ba-
lancier , & réellement elle refflemble tout-à-fait à un
balancier. C’eft un petit ftilet mince plus ou moins long ,
dont l'extrémité eft terminée par une tête ou efpéce dg
liii
436 HISTOIRE ABRÉGÉE
boule. Ce balancier a un mouvement aflez vif, & l’infete
le met fouvent en ation. Quelques Naturaliftes l'ont fait
entrer avec raifon dans les caraëteres des infectes à deux
ailes , d'autant plus qu'il eft particulier à ces infeétes. Mais
comme les deux ailes de ces infeëtes fufifent pour les faire
reconnoître , & que ce caractere eft aifé à appercevoir ;,
nous n'avons pas cru devoir parler du balancier & multi-
plier les fignes carattériftiques. Quant à l’ufage de cette
paitie fi efientielle aux infectes à deux ailes , c’eft ce qu'il
ne nous eft pas aifé de déterminer. Ce balancier tient-il
lieu dans ces infeëtes des deux aîles qui femblent leur man-
quer & qui fe trouvent dans les fections précédentes ? Ou
bien leur fert-il de contrepoids pour garder l'équilibre lorf-
qu ils volent , à peu près comme ces bâtons armés de poids
par les bouts dont fe fervent Îes danfeurs de corde pour fe
foutenir. C'eft ce qu'ont penfé plufieurs Naturaliftes , à
caufe de la figure de ces balanciers , quoique leur periteffe
femble démentir cet ufage : peut-être ont-ils été donnés à
l'infeéte pour exciter le bourdonnement qu'il produit en
volant.
Quoi qu'il en foit, ces balanciers s’apperçoivent au pre-
mier coup d'œil dans les tipules & les coufins , où ils font
grands & à découvert. Dans la plüpart des autres infeétes,
il faut les chercher pour les voir. Ils font fouvent recou-
verts par une efpéce de petit aileron qui fe trouve fous l’o-
rigine de Paile. Cet aïleron reffemble au commencement
d’une aile qui,ayroit été tronquée près du corcelet. C’eft
une membrane dure, blanchâtre qui eft tournée & recour-
bée , & qui forme fouvent une cavité femblable à un euil-
leron. Dans les infeéles qui font pourvus de cette partie,
c'eft ordinairement fous le cuilleron qu’eft placé le balan-
cier. Nous ne connoiffons pas plus cerrainement l'ufage
de cette parie que celui du balancier. Quelques Natura-
liftes l'ont comparée à une efpéce de tambour fur lequel le
balancier frappe continuellement , ce qui produit , à ce
qu'ils prétendent, le bourdonnement que l’infecte fait en
DES INSECTES. 437
volant. Mais fi Paileron doit avoir un pareil ufage ; com-
ment expliquer le méchanifme du bourdonnement que
produifent les coufins qui n’ont qu’un balancier fans aîle-
rons.
Outre les parties que nous avons remarquées dans le
corcelet , & qui font communes à tous les infeétes de
cette fection , il y en a encore d’autres qui ne fe rencon-
trent que dans le feul genre de la mouche-armée , & qui
ont fervi à la dénommer & à la carattérifer. Ce font des
pointes , des efpéces d’épines aflez fortes & pointues qui
fe trouvent au bas de la partie fupérieure du corcelet , &
qui varient pour le nombre fuivant les différentes efpéces de
ce genre. Dans la plüpart de ces efpéces il n’y en a que
deux ; quelques-unes au contraire en ont jufqu’à fix. Nous
parlerons plus au long de cette partie , en examinant le
genre des mouches-armées en particulier.
Le ventre eft la troifiéme & derniere partie du corps
des infeétes. Dans ceux que nous examinons, il n’offre rien
de particulier. Il eft compofé de plulieurs anneaux qui ont
chacun deux ftigmates , un de chaque côté , un peu en-
deffous , à la jon@tion de la partie fupérieure de l'anneau
avec l'inférieure. Car les anneaux du ventre ne font pas
circulaires & d’une feule piéce ; mais ils font formés de
deux piéces ou demi-anneaux , un en-deflus du ventre,
l’autre en-deffous qui fe joignent fur les côtés. Cette con-
formation donne au ventre de l'infeéte la liberté de groflir
& de s'étendre lorfqu'il eft rempli d'œufs ; ce qu'il ne
pourroit pas faire aifément, fi les anneaux fermes qui
le compofent étoient d’une feule piéce. La groffeur & la
longueur du ventre varie fuivant les diflérens genres de
cette fection , & même dans les efpéces différentes du
même genre. Cependant en général il n’eft pas fort allon-
gé ;, fice neft dans deux genres feuls , celui des tipules &
celui des coufins qui ont le ventre long & cylindrique. On
verra par la fuire que ces deux genres ont beaucoup de
rapport enfemble.
438 HISTOIRE ABRÉGÉE
Les larves qui produifent les différens infectes de cette
fection ne laiffent pas que de varier entr’elles pour leur
forme. La plus grande partie de ces larves reffemble à des
efpèces de vers mols , fans pattes , & dont la tète n’eft
point écaiileufe , mais aufli molle que le refte du corps, &
n'a pas de figure conftante , enforte qu’elle groffit & s’al-
longe en différens fens , fuivant que linfeéte la dirige. On
n’appercoit fouvent point d’yeux à cette tête , mais elle eft
pourvue d’une bouche , tantôt en forme de fimple fucçoir,
tantôt armée de crochets ou d’une efpéce de dard. Comme
ces larves font la plüpart dépourvues de pattes , elles ne
font que ramper : elles gonflent leurs anneaux poftérieurs
& les raccourciffent , ce qui fait avancer leur train de der-
riere , & enfuite après l'avoir fixé , elles allongent les
anneaux de devant & les fixent pour attirer de nouveau
leur partie poftérieure. Quelques-unes font aidées dans
cette efpéce de marche aflez lente, par quelques mamme-
lons qu on remarque en- deflous de leur corps & qui fem-
bient tenir lieu de pattes. Toutes ces larves ont plufieurs
ftigmates qui leur fervent à pomper lair. Ordinairement
on en remarque deux à la partie antérieure de leur corps ,
un de chaque côté , & deux autres plus grands à la partie
ooftérieure. Ces derniers ont fouvent une configuration
finguliere. Nous détaillerons ces différences dans l'examen
de chaque genre , & on appercevera en même tems la
caufe de cette différente confiruction qui dépend ordinai-
rement du genre de vie de Pinfeëte. La plüpart de ces lar-
ves , tant qu’elles font dans ce premier, état ne changent
point de peau , comme font celles des autres infettes que
nous avons examinés jufqu'ici ; mais lorfqu’elles font par-
venues à leur groffeur , le plus grand nombre s'enfonce en
terre pour s'y métamorphofer. La maniere dont ces larves
s'y changent en nymphes , différe un peu de tout ce que
nous avons vû jufqu’à préfent. D'abord la larve fe retire,
prend une figure ronde allongée qui approche beaucoup
de celle d'un œuf. Pour lors fa peau devient brune , fe
DES INSECTES. 439
durcit , & acquiert une confiftance affez forte pour former
une efpéce de coque folide & moins grofle que la larve.
L’infeëte fe trouve ainfirenfermé dans une véritable coque
formée de fa propre peau ; c'eft-là qu'il prend une autre fi-
gure. D'abord il eft mollafle & reflemble à une efpéce
d'œuf mol & blanc. Quelques Naturaliftes ont donné à
l'infeéte dans cet état le nom de boule allongée. Dans ce
tems on ne diftingue aucune des parties de linfeëte , tout
eft confus , & fi l’on ouvre la coque , ce qu'elle contient ne
reffemble nullement à une nymphe. Mais après quelques
jours , cette efpéce de boule fe raffermit , on commence à
y diftinguer quelques parties de l'infeéte parfait qui en
doit venir, & enfin ces parties fe développant fuccefli-
vement , on parvient à FRA dans la nymphe tous
les membres différens de Î'infeéte parfait auquel il ne man-
que qu’une certaine confiftance. Lorfqu'il l'a acquife, l'in-
fette ouvre cette coque dans laquelle il eft renfermé ; en
faifant fauter fa partie fupérieure , comme une efpéce de
calotte , qui fouvent en fe détachant fe fépare en deux
demi-calottes. Telle eft en général la manœuvre qu'em-
ployent la plüpart des infectes de cette feétion pour fe mé-
tamorphofer , & fur laquelle nous allons faire quelques
réflextons.
Nous avons dit que les larves de ces infeëtes avoient
ordinairement deux ftigmates antérieurs , & deux autres
plus grands à leur partie poftérieure. Ces derniers varient
prodigieufement dans les différens genres , & même dans
les différentes efpéces de cette feétion. Fantôt ces fligma-
tes font nuds &t fimples ; tantôt ils font larges, & l'ouver-
ture de chacun paroït renfermer en-dedans trois petits
trous ou trois petits ftigmates contenus dans une même
cavité médiocrement profonde. D'autres fois , on remar-
que que le bord de cette ouverture des ftigmates pofté-
rieurs eft relevée en bourrelet , pour les défendre du con-
taët des matieres vifqueufes & à demi-fluides , au milieu
defquelles vivent plufieurs de ces infeêtes ; dans d’autres
440 HiSTOIRE ABRÉGÉE
les fligmates font élevés ; prominens & forment des efpé-
ces de petites cornes ; dont l'extrémité eft ouverte & don-
ne pañlage à l'air que refpire l'animal. Enfin dans les larves
de plufieurs tipules , ces ftigmates poftérieurs font accom-
pagnés d’appendices charnues quelquetois fort longues.
Lorfque la larve fe métamorphofe & que fa peau de-
vient une coque dure & folide dans laquelle l'infecte eft
renfermé , il fe fait beaucoup de changemens dans la forme
de l'infecte. La coque a des fligmates comme la larve, il y
en a deux ou quatre à la partie antérieure & deux autres à
la poftérieure. Mais fouvent les larves qui avoient des
efpéces de cornes à leurs ftigmates les perdent en fe chan-
geant en coques , & celles qui n’en avoient point en
acquiérent. On voit ces petites coques dont les unes ont
deux ou quatre cornes antérieurement , & d’autres quel-
ques-unes poftérieurement. Ce changement paroiït d’abord
difficile à fe faire ; aufli l’eft-il réellement , & on ne con-
çoit pas comment l'infeéte peut l’exécuter. Pour le com-
prendre , il faut regarder la peau de la larve qui devient
une coque , comme une efpéce d’habillement large que
porteroit une perfonne & dont elle retireroit fa tête & fes
bras pour s’envelopper dedans comme dans un fac. La
larve ici fait la même chofe. Elle retire de dedans les
avances & les éminences que forme fa peau , les cornes
de fes fligmates. La peau pout lors n'étant plus foutenue ;
s'affaifle , & ces éminences difparoiffent à mefure qu’elle
durcit, enforte qu’on ne les apperçoït plus fur la coque. La
larve fait plus ; elle détache de même de fa peau tout fon
corps , qui fe reflerrant enfuite fous la forme de nymphe;
n’en remplit plus toute la cavité , de forte qu'il y a fouvent
un intervalle vuide entre la nymphe & la peau de la
coque. C'eft ce qu’on appercçoit bien fenfiblement dans la
larve de la mouche-armée ; qui refflemble à un ver long
dont la nymphe ne remplit qu’une partie , tellement que
fes derniers anneaux font vuides & tranfparens. D'un autre
côté , lorfque Panimal s’eit ainfi débarraflé de fa peau,
avant
DES INSECTES. 44
avant qu’elle fe durcifle , il déploye fouvent d’autres cor-
nes , qui auparavant écoient couchées fur lui en-deffous de
fa peau extérieure. Comme celle-ci eft encore molle, elle
cede à la fortie de ces cornes ; qui paroiflent fur lacoque
& durciflent avec elle. C’eft, pour me fervir de la compa-
raifon que nous avons déja apportée , c'eft , dis-je, comme
fi une perfonne qui fe feroit enveloppée dans un fac,
pouffoit & étendoit fon bras qu'elle tenoit auparavant ap-
pliqué contre fon corps ; & le faifoit paroïître à travers
le fac qui le couvre.
Sous cette efpéce de coque dure , les infe@es ne pren-
nent pas tout de fuite la forme de nymphe ; ils paffent d’a-
bord ; comme nous l'avons dit , par une efpéce d’état
moyen & reffemblent à une boule un peu allongée. Si on
ouvre la coque dans ce tems , on trouve cette boule qui ne
refflemble point à l’infecte. Mais après quelques jours d’in-
tervalle , on y trouve une nymphe dont toutes les parties
font très-reconnoiffables. Cet état de Zoule allongée, com-
me l'ont appellé des auteurs modernes , a été regardé
comme très différent de la nymphe. Cependant c'eft la
même nymphe , ce font les mêmes enveloppes , les mé-
mes parties intérieures ; il n’y à de différence que dans le
plus ou le moins de confiftence & de fluidité. Tant que les
parties de la nymphe font molles & prefque fluides , elles
pouffent prefqu'également en tout fens , comme font tous
les liquides , la membrane qui les renferme. Il faut donc
u'elle prenne une forme approchante de celle d’une bou-
le , à caufe de la preflion prefqu’égale en tous fens qu'elle
éprouve. Mais à mefure que les différentes parties de la
nymphe s’affermiflent & prennent plus de confiftence , la
rellion devient plus inégale. Certaines parties pouflent
au-dehors la membrane qui les enferme , & on voit la
figure de l'infecte fe former & fe tracer fur cette enve-
loppe.
Enfin lorfque l’infeëte parfait fort de fa coque, il fait
fauter la’ partie fupérieure de cette coque ,; comme une
Tome IL. Kkk
42 HiSTOIRE ABRÉGÉE
efpéce de calotte hémifphérique , qui fouvent dans cette
action fe divife en deux demi-calottes. Deux chofes fur-
prennent également dans cette opération : la premiere ,
commænt un infeéte encore mol & tendre , dépourvu
d'inftrumens propres à cet effet, peut rompre une coque
aufli dure que la fienne ; la feconde , pourquoi cette coque
dans tous fe fend au même endroit & avec les mêmes cir-
conftances !
Pour expliquer ce mécanifme , il faut examiner un de
ces infecles fortir de fa coque. Si on obferve , par exemple,
une mouche dans cet inftant, on voit que la partie fupé-
rieure de fa coque eft foulevée par une efpéce de caroncule
molle , ou une tubérofité qui eft fur le devant de la tête de
linfete , & qui fe dilatant & fe contraétant alternative-
ment , parvient à faire fauter & détacher cette calotte fu-
périeure de la coque. On wapperçoit point cette tubérofité
fur la tête de la mouche , elle difparoit totalement dans
Pinfe&e parfait ; probablement parce que fa tête prenant
plus de confiftence , ainfi que toutes les parties , la peau
devenue dure ñne peut plus ceder & fe dilater en cet
endroit. On voit déja le mécanifme qu’employe l’infeëte
pour ouvrir fa coque. Mais il refte encore une autre diffi-
culié , c’eft de favoir comment une pareille impulfion qui
ne paroït pas bien forte , eft cependant capable d'ouvrir
une coque affez dure , & pourquoi elle s’ouvre toujours
au même endroit ? Pour réfoudre ces deux queftions, il ne
s'agit que d'examiner une coque avec un peu d'attention.
En la regardant de près , on apperçoit à fa partie fupé-
rieure une trace circulaire , & une autre verticale qui cou-
pe la premiere par le milieu , & fe joint avec elle par fes
extrémités. Ces traces font précifément à l'endroit où la
coque doit s'ouvrir: fi on y infinue la pointe d'une épin-
gle fine, la coque s'ouvre , les deux demi-calottes fe fé-
parent. Il paroït donc qu’elles ne tiennent que foiblement.
Lorfque la peau de la larve fe durcit pour former la coque
Feridroit de la jonétion de ces deux demi-calottes tant
DES INSECTES. 443
entr'elles qu'avec le refte de la coque , ne fe durcit point,
il refte un fillon mol & tendre , afin que l'infeéte puife fa-
cilement enlever ces deux parties & fortir de fa prifon.
La transformation des infeêtes à deux aïles, telle que
nous venons de la décrire , eft fouvent achevée en quinze
jours ou trois femaines , quelquefois cependant elle du-
re davantage , ce qui dépend des efpéces différentes , &
de la faifon plus ou moins chaude. Il y a aufli quelques
différences dans les manœuvres qu'employent ces petits
animaux. La plüpart , comme nous lavons dit, s’enfon-
cent en terre pour s’y transformer, Îl y en a cependant
quelques-uns qui, quoique du même genre , ne cherchent
point à fe retirer en terre. Parmi les mouches , par exem-
ple, plufieurs reftent à l'air, & s'y changent en coque.
Les coques de la plüpart approchent de la figure d'un
œuf , mais nous avons des efpéces de mouches qui fe
nourtiflent de pucerons , dont la coque eft allongée &
gonflée par une de fes extrémités , enforte qu’elle repré-
fente la figure d'une larme. La coque de la mouche-ar-
mée ne différe point pour la forme extérieure de fa larve
qui reffemble tout-à-fait à un ver. Nous verrons dans le
détail des genres , toutes ces différences dont plufieurs
offrent des fingularités affez curieufes. Mais avant que de
finir ce qui regarde ces infeétes , nous ne pouvons nous
empêcher de remarquer deux genres qui fe reffembient
beaucoup & qui différent confidérablement de tous les
autres de cette fection, ce font les genres des tipules &
des coufins. Leurs larves ont des machoires, une bouche,
-des yeux, & ne reffemblent point à toutes celles que nous
avons décrites. Leurs nymphes font encore plus fingulié-
res & s’écartent davantage de celles des autres infcètes ,
quoiqu’elles ayent comme elles des petites cornes pour
refpirer l'air. Enfin leur metamorphofe eft fi différente ,
qu'elle mérite d'être confidérée en particulier. Nous la
détaillerons par la fuite en examinant ces deux genres.
- Lorfque les différens changemens des infe@tes à deux
Kkki
44 HISTOIRE ABRÉGÉE
aîles font finis, & que l’infecte parfait vient de fottir de fa
coque , il eft ordinairement plus mol, &il paroït plus gros
& plus pâle qu'il ne le fera par la fuite, de plus tout fon
corps eft humide ; au bout de quelques minutes il fe fé-
che , toutes fes différentes parties acquiérent plus de con-
fiflence & diminuent de volume, fa couleur devient plus
foncée & plus brune , & l'infecte eft en état de voler & de
rendre fon effort.
En général le mâle eft plus petit que fa femelle , com-
me cela eft ordinaire dans les infeétes, Dans les coufins
& quelques efpéces de tipules , ce mâle fe diftingue de
la femelle par fes antennes qui forment de belles pana-
ches , tandis que celles de la femelle font de fimples
filets.
Après que ces infeétes font fortis de leur coque , ils ne
tardent pas à s'accoupler. Cet accouplement fe fait d’une
maniere aflez finguliére, du moins dans une grande par-
tie de ces infectes. Le mâle a au derriere deux efpéces
de pinces , ou deux crochets avec lefquels il faifit la par-
tie poftérieure de fa femelle , enforte qu'elle ne peut lui
échapper. Mais c’eft tout ce qu’il peut faire, prefque tout
le refte de l’accouplement dépend de la femelle. Celle-
ci allonge pour lors une efpéce de cône charnu, en-def-
fous duquel fe trouve ia partie du fexe. Il faut qu’elle in-
troduife cette avance dans le corps du mâle, pour aller
recevoir la partie mafculine qui ne fort point au dehors.
Ainfi dans ces infectes, c’eft le mâle qui a une ouverture
propre à recevoir la partie de la femelle.
Cette derniere ainfi fécondée dépofe fouvent des cen-
taines d'œufs ; il y a cependant quelques efpéces qui n’en
font que très-peu. On trouve des mouches qui n’en dépa-
feut que deux ou trois à la fois, mais ce n'eft pas le plus
grand nombre. Ces œufs, fuivant les différentes efpéces
de ces infeétes, varient infiniment pour leur couleur , leur
forme & leur figure. Les uns font liffes , d’autres diverfe-
ment canelés ; plulieurs font ovales , d’autres ronds, &
DES INSECTES, 44$
quelques-uns de forme très-irréguliere. Nous verrons ces
différences en traitant les différens genres de cette fetion
& leurs efpéces. Quelques femelles au contraire ne font
point d'œufs , mais des petits tout vivans, elles font vivi-
pares. Nous parlerons de quelques mouches qui font dans
ce cas. Il paroiît étonnant que parmi les infeëtes d’un mê-
me genre , il y ait des efpéces vivipares, tandis que tou-
tes les autres font ovipares. Cela néanmoins paroïtra moins
fingulier , fi on fait attention à la différence légere qui
conftitue lesuns & les autres. Dans les ovipares, l'œuf fort
du corps avant que le petit foit éclos ; dans les autres ce
même petit fort de l'œuf encore contenu dans le ventre
de fa mere , & paroït au Jour fous fa forme naturelle. Les
femelles vivipares ont comme les ovipares des œufs,
mais qu'elles couvent dans leur intérieur & qui ne paroif-
fent point. Si on ouvre ces femelles fécondées , avant que
leurs petits foient fortis , tantôt on trouve le petit tout
vivant dans le ventre.de fa mere & tantôt on y trouve un
petit œuf, lorfqu'’il n'y a pas long-tems que cet infeëte
s'eft accouplé.
Tous les infe&tes de cette fe&tion voltigent dans Pair,
lorfqu’ils font devenus infeétes aîlés & parfaits. Mais au-
paravant tandis qu'ils ne font que fous la forme de lar-
yes, leur habitation varie beaucoup fuivant les différentes
efpéces. Les larves des coufins, celles de beaucoup de
tipules , celles des mouches-armées , & celles de quelques
e‘péces de mouches vivent dans l’eau , elles font aquati-
ques. La larve de l'oeftre & celle du taon vont fe loger
dans le corps des grands animaux , aux dépens defquels
elles fe nourriflent. Le fondement des chevaux, les cavi-
tés du nez des moutons & des bœufs , le gofier du cerf &
d’autres animaux fervent à loger les premieres, qui fe
nourriflent des fucs fales qu’elles trouvent dans ces en-
droits. Le taon va dépofer fes œufs fur le bœuf & d’au-
tres quadrupedes , fous la peau defquels fe loge fa larve,
qui vit d’une efpéce de fanie qui fuinte continuellement
446 HISTOIRE ABRÉGÉE
de la playe qu’elle produit. Plufieurs larves de mouches
détruifent les pucerons qui leur fervent de pâture , d’au-
tres vivent au milieu des chairs puantes & pourries , &
quelquefois dans des matieres encore plus fales ; enforte
que ces infectes ailés qui ont un air fi propre , ont pris
naiflance au milieu de l'ordure & de la fange. Après avoir
quitté ces éndroits dégoûtans , les infeétes parfaits vont
les retrouver pour y dépofer leurs œufs : ils favent ce qui
conviendra à pe petits , & ils les mettent à même de
trouver une nourriture convenable dès qu’ils feront éclos.
Quelque défagréable que paroifle l’hiftoire de pareils ani-
maux;leur prévoyance eft admirable,leurs manœuvres ont
quelque chofe dintéreffant, & nous efpérons que ce dé-
tail curieux dédommagera amplement le leéteur du dégoût
qu'ils pourroient lui caufer. Nous allons d’abord donner
une table , dans laquelle nous réunirons les cara@eres des
différens genres de cette feëtion , après quoi nous exami-
nerons chaque genre en particulier.
DES INSECTES. 447
SE C'DIO NLIC NO I É M'E
De la claffe des Infeétes.
INSECTES À DEUX VAFLES.
GENRES. CARACTERES.
Antennes fetacées qui naiflent d’un bouton.
Trois points au lieu de bouche.
L'OESTRE. is poin
Trois petits yeux liffes,
ties,
Bouche compolée d’une trompe & de dents qui fe
joignent.
Trois petits yeux liffes,
LE Tao.
Antennes fetacées coniques, divilées en quatre par-
ties.
Bouche formée par une trompe fimple & aigue.
Trois petits yeux liffes.
| Antennes fetacées coniques, divifées en quatre par-
L'ASILE.
Ç Antennes fetacées & brilées,
LA MoucxeE- \Bouche avec une trompe fans dents,
ARMÉE. Extrémité du corcelet armée de pointes.
Trois petits yeux lifles.
Antennes formées par une palette platte & folide,
avec une foie ou poil latéral.
Bouche avec une trompe fans dents,
Trois petits yeux lifles.
La MoucxeE.
téral velu. 5
Bouche formée par une trompe fimple & aigue,
Trois petits yeux lifles,
LE STomoxeE.
Antennes formées par une palette avec un poil la-
téral velu , & placées fur la rête.
Bouche formée par une trompe renfermée dans une
gaine où un bec aigu,
Trois petits yeux lifles.
a formées par une palette avec un poil 1a-
La sors
448 HISTOIRE ABRÉGÉE
Antennes grenues terminées par une pointe & pla=
cées fur la gaine de la trompe.
Bouche formée par une trompe renfermée dans une
gaine ou un bec aigu.
Trois petits yeux lifles.
La NEMOTELE.
LE ScATOPSsE. Bouche avec une trompe fans dents,
Trois petits yeux liffes.
Antennes fetactes très-courtes, compofées d'un feul
poil.
L'HIPPOBOSQUE. < Bouche formée par une éfpece de bec cylindrique &
obtus.
Point de petits yeux lifles.
Antennes filiformes, un peu pedtinées, ( fouvent en
panache dans les mâles) beaucoup plus longues que
la tête.
LA TIPULE. Bouche accompagnée de barbillons recourbés & ar-
ticulés,
s Antennes filiformes.
Trois petits yeux liffes.
la tête.
Bouche accompagnée de barbillons recourbés & ar-
ticulés,
Trois petits yeux lifles,
Antennes en if , perfoliées , prefqu'aufli courtes que
LE BiB1oN.
Antennes peétinées ( en panache dans les mâles. )
Bouche formée par un tuyau mince & filiforme,
Le Cousin. 1
Point de petits yeux lifles,
SECTIO
DES ENS E Cc'PrSs: 449
SECPHO. OPULIN T' À
Claffis Infeétorum.
PINS EC AN ND FPT ER A
GENERA. CARACTERES,
Antennæ fetaceæ è globulo prodeuntes,
OESTRUSs.
Os nullum, punéta tantum tria,
L'Oftre. Ocelli tres.
TABANUS. Antennæ fetaceo-conicæ è quatuor partibus,
: Os probofcide dentibufque conniventibus,
Le Tuon. Ocelli tres.
ASILUS. Antennæ fetaceo-conicæ quadri-partitæ.
x Os roftro fubulato acuto.
L Afile. Ocelli tres,
Antennæ fetaceæ fraûz.
Os probofcide abfque dentibus,
Thoracis apex aculeatus.
Ocelli tres.
STRATIOMYS.
La Mouche-armee.
Musca.
La Mouche.
pilo.
Os probofcide abfque dentibus.
Ocelli tres.
Antennæ patellatæ, feta laterali pilofa,
Os rofiro fubulato , fimplici , acuto.
Ocelli tres.
STOMOXxYS.
Le Stomoxe.
Antennæ patellatæ , feta laterali pilofa, capiti inf-
dentes.
Os probofcide, vagina acuta feu rofro recondi-
tum,
Ocelli tres,
Tome II. ER
VOLUCELLA.
La V'olucelle.
ren è patella plana, folida , feta laterali feu
450
NEMOTELUS.
La Nemotele.
SCATOPSE.
Le Scatopfe.
HirroBOsCA.
L'Hippobofque.
T1PULA.
La Tipule.
Bigro.
Le Bibion.
CU LEX.
Le Coufin.
STOIRE ABRÉGÉE
Antennæ moniliformes, ftylo terminatæ, roftro in-
fidentes.
Os probofcide, vagina acuta, feu rofiro recondi-
tum.
Ocelli tres.
Antennæ filiformes.
Os probofcide abique dentibus,
Ocelli tres.
Os roftro cylindrico obtufo.
Ocelli nulli.
Antennæ filiformes fubpe&tinatæ ( maribus fæpe plu-
mofæ) capite multo longiores.
Os tentaculis incurvis articulatis.
Ocelli tres.
Antennæ taxiformes, perfoliatæ, capitæ vix lon
giores.
0 tentaculis incurvis articulatis,
Ocelli tres.
Antennæ peétinatæ ( maribus plumofæ, }
Os fiphone filiformi.
Ocelli nulli.
{ Os rex fetaceæ breviflimæ ex unico piloe
ue
-
AUS
Li
DES INSECTES. 4a$T
OS TR US.
L'O.E S T.R E.
Antennæ fetaceæ e globu- Antennes fétacées qui
d prodenntes. naiflent d’un bouton.
Os nullum , punéta tantum tria. Trois points au lieu de bouche.
Ocellitres. Trois petits yeux lifles,
Deux caraêteres diftinguent furement l’oeftre de tous les
autres infeétes à deux aïîles ; le premier confifte dans la
forme de fes antennes qui font fort courtes & fort petites :
ce n'eft qu'un fimple filet mince , mais qui fort d’une grof-
fe bafe , qui repréfente un bouton rond. L'autre caraëtere
confifte dans la bouche , ou pour mieux dire , dans le dé-
faut de bouche de cet infeéte. Car l’oeftre n’en à point ,
on apperçoit feulement trois petits points enfoncés à l’en-
droit où la bouche devroit fe trouver , foit que ces petits
enfoncemens fervent à l’infecte de fucçoirs pour tirer
quelque peu de nourriture liquide , foit que l'oeftre ne
prenne point abfolument de nourriture lorfqu'il eft de-
venu infete parfait, ce qui eft plus probable ; & qui
lui feroit commun avec plufieurs autres infeétes.
C’eft ordinairement dans le corps des grands animaux
qu'on peut trouver les larves des oeftres , tantôt dans le
fondement des chevaux,tantôt dans les cavités du nez des
bœufs & des moutons, quelquefois fous la peau des
bœufs , fuivant les différentes efpéces de ce genre, car
chacune a fon habitation particuliere. Ces larves reffem-
blent à des efpéces de vers couts ; mols, & qui n’ont point
de pattes. Ils ont tous à leur partie poftérieure deux grands
ftigmates , dont chacun contient fouvent plufieurs ouver-
tures. On remarque dans ces larves quelques variétés
fuivant les endroits où elles vivenr.
Celle de l'offre des bœufs vit fous la peau des bœufs &
des vaches. On voit fur le dos de ces animaux des éléva-
tions ;, des efpéces de tumeurs ou de boffes. Ces boffes
Lili)
452 H1STOIRE ABRÉGÉE
font formées par une larve d’oeftre , qui vit fous la peau
de l’animal. Si on les examine de près , on voit dans quel-
qu'endroit de la tumeur une ouverture à la peau , par la-
quelle on appercçoit la partie poftérieure de la larve , qui
eft toujours appliquée à cette ouverture , & qui refpire
l'air par le moyen des fligmates qu’elle a à cet endroit.
Cette larve n’a pour toute bouche qu'une fimple cavité
enveloppée & accompagnée poflérieurement de quatre
mamelons charnus. C’eft avec cette bouche qu’elle fucce
perpétuellement la fanie & les liqueurs qui fuintent de l’ul-
cere qu’elle entretient fous la peau de l'animal, & qui
lui fervent de nourriture. Les deux figmates Ge fa parte
poñérieure font grands & formés en croiflant, & outre
ces ftigmates, l’infeéte à encore au derriere huit petits
trous pofés fur une même ligne , qui peuvent lui fervir à
rejetter l’air pompé par les fligmates. On voit aifément
cette conformation de la partie poftérieure de la larve, en
examinant l'ouverture de quelque bofle qui fe trouve fur
le dos d’un bœuf attaqué par ces infetes. Comme la larve
tient fon derriere appliqué à l’ouverture de cette tumeur,
on voit au dehors les fligmates fans dilater la cavité. On
croiroit que ces larves ainfi renfermées fous la peau d’un
bœuf, & qui y fuccent continuellement , devroient in-
commoder cet animal & lui caufer de la douleur. II ne
paroit pas cependant qu’il s'en inquiéte , & l’on voit des
‘bœufs dont le dos eft chargé de plulieurs de cestumeurs,
qui font aufli tranquilles & aufli-bien nourris que ceux
qui n'en ont pas. É
Lorfque la larve a pris toute fa croiffance fous la peau
du bœuf, elle cherche à en fortir pour fe métamorpho-
fer ; un endroit aufli humide ne feroit pas propre à cette
opération. Elle commence d’abord pendant quelques jours
à élargir peu à peu avec fon derriere l’ouverture de la
tumeur , & lorfqu'elle eft fufifamment ouverte pour lui
donner paflage , elle en fort à reculons. Dès qu’elle en eft
fortie entiérement , elle tombe à terre, mais fans fe blef-
DES INSECTES. 453
fer , à caufe de la moleffe de fon corps, qui céde aifé-
ment. Pour lors elle s’enfonce fous quelque pierre pour
fe métamorphofer.
Les larves des autres efpéces d'oeftres, celles qui vi-
vent dans le fondement des chevaux, on dans le nez des
moutons, font voir dans leur conformation quelques dif-
férences, qui leur étoient néceflaires à caufe des endroits
où elles vivent. Ces larves font verdâtres ou Jaunûtres ,
quand elles font jeunes, & elles deviennent brunes, lorf-
qu'elles font parvenues à leur groffeur. Leur bouche eft
femblable à celle de la larve de l’oeftre des bœufs, mais
elle eft de plus accompagnée de deux crochets qui leur
fervent à fe cramponner dans l'inteflin, ou dans la cavi-
té des narines , & à empêcher qu’elles ne foient pouffées
en-dehors par ies matieres qui paflent dans ces endroits,
& par le mouvement périftaltique des inteftins. C’eft par
la même raifon que les. onze anneaux dont leur corps eft
compofé , font tous bordés de pointes triangulaires , dont
l'angle aigu eft tourné vers le derriere de linfeûte. La
maniere dont ces pointes font arrangées, permet bien à
l'infecte de s’avancer & de monter dans la cavité où il
vit, & empêche qu'il ne puiffe rebrouffer chemin & re-
culer malgré lui. Enfin les fligmates poftérieurs de ces in-
feétes font renfermés dans une efpéce de bourfe, qui
lorfqu’elle eft ouverte, laiffe voir fix fillons , qui font les
véritables ouvertures des fligmates. Cette bourfe met à
couvert les fligmates, & empêche. que les liqueurs vif-
queufes au milieu defquelles vivent ces infeêtes, n’en
puiflent boucher l'entrée. Ces larves parvenues à leur
groffeur ;, fortent de la cavité où elles font renfermées ,
foit du fondement, foit du nez des animaux fur lefquels
elles vivent, elles tombent à terre comme les larves de
l'oeftre des bœufs , & la métamorphofe des unes & des
autres eft tout-à fait femblable.
Ceft ordinairement par terre , fous quelque pierre , que
fe fait cette métamorphofe. Lorfque les larves des oeftres
4s4 HISTOIRE ABRÉGÉE
fe font arrêtées dans quelque retraite femblable , au bout
de que'que tems elles prennent une figure ovale , appro-
chante de celle d’un œuf; leur peau fe durcit, acquiert
une couleur brune très-foncée, & forme une efpéce de
coque. C'eft dans cette coque formée par fa propre peau,
que la larve prend d’abord la figure d’une efpéce de bou-
le allongée & enfuite celle de chryfalide ou nymphe.
Cette nymphe fe fortifie, prend de la confiftence , & en-
fin fort de fa coque en faifant fauter la partie fupérieure
de cette même coque qui fe partage en deux.
L'infede parfait qui en fort eft gros, court, plus ou
moins velu, femblable à une groffe mouche. Il vit peu
de tems fous cette derniere forme. Aufli ne tarde-t-il pas
à s'accoupler & à dépofer fes œufs. Il cherche pour cet
effet l'endroit qui fera le plus convenable pour fes petits.
Ceux dont les larves doivent vivre dans le fondement des
chevaux ou dans le nez des moutons, vont s’infinuer dans
les ouvertures de ces cavités , & collent fortement leurs
œufs dans leur intérieur ; c’eft-là que leurs petits doivent
éclors. La chaleur & l'humidité de ces endroits facilite
leur fortie de œuf. On voit fouvent les grands animaux
fort agités & dans une efpéce de fureur par l'inquiétude
que leur caufent ces infectes, qui veulent s’introduire
dans leur nez ou leur fondement, & c’eft à caufe de
cette agitation furieufe qu’excitent ces infeétes, qu’on
leur a donné le nom d’oe/frus.
. L’oeftre des bœufs , celui dont la larve vit dans les tu-
meurs qu'elle produit fur le dos des bœufs & des vaches, a
plus de peine pour dépofer fes œufs. IT faut qu'il perce le
cuir dur & épais de ces quadrupedes. Aufli la nature lui
a-t-elle donné une efpéce de tariere à cinq pointes qui
forme un trou rond , à l’aide duquel il dépofe profon-
dément fon œuf fous le cuir de l'animal qu'il a piqué.
Nous ne décrirons que trois efpéces de ce genre; il y en
a cependant quelques-autres dont différens auteurs moder-
nes ont parlé ; mais que nous n’avons pas eu occafion
DES INSECTES. 4s$
de rencontrer. À mefure que les Naturaliftes les trou-
veront , ils pourront les décrire & les ajouter aux efpéces
que nous allons donner.
1. OESTRUS vilofus ; pallido-flavefcens , abdominis
medio cingulo nigro , apice fulvo.
Linn. faun. fuec. n. 1028. Oeftrus ani equorum. à Ë
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 584, n. 3. Oeltrus alis immaculatis, thorace nigro;
feutello pallido ; abdomine nigro , bal albo apiceque fulvo,
Reaum. inf. tom. 4, tab. 35, f.1— 5. L
Is. gotl. 277. Vermes hzmorrhoidum cæcarum facie.
Loeftre du fondement des chevaux.
Longueur lignes. Largeur 2 lignes.
Cet oeftre eft fort velu , fur-tout le mâle. Son corps
eft noir , mais fes poils font jaunâtres. Le milieu du corce-
let eft moins chargé de poils , enforte qu’on voit le noir du
fond en cet endroit. Le haut du ventre eft très-velu , fon
- milieu ef liffe & noir, & le bout eft velu , mais les poils de
cette extrémité font d’une autre couleur que ceux du refte
du corps , ils font de couleur fouci. La femelle eft plus
allongée & moins velue que le male. Les ailes de Pun &
de l’autre font comme enfumées de brun, mais fur-tout
celles de la femelle. Leurs antennes font très-courtes : ce
n'eft qu’un filet qui fort d’une ne brune & globuleufe ;
leurs pattes font jaunâtres.
La larve de cet infeéte fe loge , comme nous l'avons dit,
dans le fondement des chevaux , auquel elle tient forte-
ment par les crochets dont elleeft armée. On l'apperçoit
même à l'extérieur , c’eft-là qu’elle fe nourrit & qu'elle
groflit. Lorfqu’elle eft prête à faire fa métamorphofe , elle
fe laiffe tomber , & s'enfonce dans la terre , où fans chan-
ger de peau, fon corps fe dureit, comme il arrive aux lar-
ves des autres infectes de cette fettion. De cette chryfalide
qu coque , fort l’oeftre que l’on voit voltiger autour des
chevaux & les tourmenter, lorfqu'il cherche à dépoferfes
œufs dans leur fondement.
456 HISTOIRE ABRÉGÉE
2. O ESTRUS cinereus , nigro maculatus & punélatus.
Planch. 17, fig. 1.
Linn. faun. fuec. n. 1017. Oeftrus finus frontis ruminantium.
Linn. fyft. nat. edit. 10 , p. $8$ , n. s. Ocftrus alis immaculatis , thorace
abdomineque ferrugineo nigro maculato.
Reaum. inf. tom. 4, tab. 35,f.21— 24.
Loefîre des moutons.
Longueur s lignes. Largeur 1 ? ligne.
Le fond de fa couleur eft gris. Il eft parfemé de taches
noires & de petites tubercules de même couleur qui le
rendent comme chagriné. Son corps eft aflez rafe ; le
devant de fa tête eft d'un jaune pâle & fes pattes font un
peu brunes. Ses ailes font veinées de noir , mais non
pas Jufqu’en bas. Ces veines longitudinales font terminées
ar une autre tranfverfe Joliment gaudronnée.
Sa larve habite dans les finus frontaux du nez des mou-
tons. Lorfau’elle eft prête de fe métamorphofer , elle
en fort , elle tombe & s’enfonce dans la terre pour s’y
changer en coque.
3. OESTRUS #orace flavo, cingulo nigro ; alis nigra
fafcia, pedibus pallidis. Linn. faur. fuec.n. 1024.
Linn. [yff. nat. edir. 10, p. 584, n. 1e Oeflrus alis maculatis , thorace flavo faf=
cia fulca, abdomine flavo apice nigro. :
Raj. inf. pe 271. Mulca bipenmis oeftrum di@a,alis membranaceis punétis crebris
nigriorious velut afperfis.
Derrham. phyfico-theol. 1. 8, c. 6, n. rt.
Frifch. germ. $ , p.21, t. 7. Vermisin ftercore vaccino.
Reaum. inf. tom. 4 , tab, 36, 37: 38.
L'oeflre des Eœufs.
Cet oeftre reffemble pour la groffeur à une groffe mou-
che ou à un petit bourdon. Ses yeux font noirs , & le bou-
ton de fes antennes duquel fort le poil latéral, eft applati &
en palette. Son corcelet eft jaune , avec une bande tranf-
verfe noire entre les ailes qui va de l’une à l’autre. Le bout
ou la pointe de ce corcelet, a auffi quelques poils noirs mé-
lés avec des poils fauves. Le ventre eft de la même couleur
fauve ,
DES INSECTES. 457
fauve , avec des bandes tranfverfes noires formées par les
bords fupérieurs & inférieurs de chaque anneau qui font
de cette couleur. Le dernier article du ventre eft noir. Les
balanciers des ailes font blancs & les pattes font de cou-
leur pâle. Le bout du ventre fe termine par une queue re-
courbée en-deflous ; mais qui ne pique point. Les aïles
couchées fur le ventre font joliment panachées ; le fond
de leur couleur eft blanc , mais dans leur milieu elles ont
une-large bande brune tranfverfale , & outre cela trois
oints bruns, l’un vers la pointe de Paile ; le fecond un peu
plus bas vers le bord intérieur , & le troifiéme entre la
bande tranfverfe & le corps de l’infeéte proche le bord
intérieur.
Cet infecte dépofe fes œufs fous le cuir des bœufs, & il
en fort des larves de couleur ardoifée , dont la peau eft
comme chagrinée. Ces larves font convexes du côté du
ventre ; & plattes du côté du dos. Elles n’ont point de
crochets à leurs bouches comme la plüpart des larves des
infeétes à deux aîles , mais feulement deux boutons écail-
leux. La larve groffiffant fous la peau du bœuf, produit
un ulcere , d’où il fuinte un pus & des humeurs dont elle
fe nourrit. Quand elle eft parvenue à fa groffeur , elle fort
du corps de l'animal , fe laiffe tomber à terre , s’y enfonce
& s’y métamorphofe en coque & enfuite en oeftre.
DA BEANQU'S:
L'EUTA ON.
Antennæ fetaceo conicæ Antennes fétacées coni-
quatuor partibus. ques, divifées en quatre par-
ties.
Os probofcide dentibufque coni- Bouche compofée d’une trom-
ventibus. pe & de dents qui fe joignent.
Ocelli tres. Trois petits yeux liffes.
Le taon a deux caracteres bien diftin@ifs , dont l’un
Tome II, Mmm
458 HISTOIRE ABRÉGÉE
confifte dans la figure de fes antennes , & l’autre dans
la forme de fa bouche. Le premier diftingue ce genre de
tous ceux de cette fettion , à l'exception du genre de l’afile
qui fuit & qui a des antennes à peu près femblables. Le fe-
cond lui eft abfolument propre & ne fe rencontre dans au-
cun autre genre.
Les antennes qui confituent le premier de ces carac-
teres , forment une efpéce de fil court qui fe termine
en pointe par le bout. Elles font compofées de plufieurs
anneaux , ordinairement au nombre de fept, dont les trois
premiers font très-diftinéts & plus gros que les autres, &
forment trois parties différentes dans l'antenne. Les quatre
autres font courts , paroiffent confondus enfemble , & ne
forment qu'une piéce qui femble continue , & qui eft
la quatriéme & derniere piéce de l'antenne. Souvent le
troifiéme anneau eft plus gros que les deux premiers , &
dans plufeurs efpéces , il a une pointe ou appendice laté-
rale plus ou moins longue , ce qui donne à l'antenne une
forme affez finguliere , & même l'a fait quelquefois paroi-
tre comme fourchue.
La bouche du taon qui forme l’autre caraëtere propre de
ce genre.eft aflez finguliere. Elle a une efpéce de trompe ,
mais cette trompe n'eft pas feule & ifolée , comme nous
verrons qu’elle fe trouve dans plufieurs genres de cette
fe&ion ; elle eft accompagnée à droite & à gauche d'efpé-
ces de groffes dents blanchâtres & pointues , outre les
étuis qui enveloppent la trompe. Ces dents fe joignent
enfemble par leurs extrémités,lorfque l’infeëte les rappro-
che, mais elles peuvent s'écarter & fe mouvoir à droite &
à gauche. Comme le taon fe nourrit du fang des chevaux,
des bœufs & d’autres quadrupedes dont la peau eft dure
& épaifle , il paroît que ces efpéces de crocs aigus lui ont
été donnés pour percer ce cuir épais & pouvoir enfuite
fuccer avec fa trompe le fang qu'il en a fait fortir. C'eft par
cette raifon que ces infeétes incommodent extrêmement
les chevaux & Les bœufs pendant l'été, Ils les piquent de
DES INSECTES. 4s9
tous côtés, fuccent leur fang & les agiterit tellement qu'ils
les rendent comme furieux.
C’eft ordinairement dans les prés bas & les bois humi-
des , qu’on trouve les taons en abondance. Je ne connois ni
leurs larves ni leurs nymphes. L’analogie porte à croire
qu’elles reffemblent à celles de l’oeftre, & Je penferois que
la larve pourroit bien vivre dans l’eau , l'infeéte parfait fe
trouvant volontiers dans les endroits aquatiques.
Le taon ; pour le port extérieur , reffemble affez à une
mouche extraordinairement groffe. Ses yeux font gros , &
lorfque l'animal eft vivant , ils font panachés , du moins
dans plufieurs efpéces , de raies d’un jaune vert & de ban-
des brunes rougeîtres. Son ventre eft gros & large : fes ai-
les font aflez fortes & ornées de nervures confidérables.
Dans quelques efpéces , ces aîles font joliment panachées
de taches blanches & de bandes noires. Les couleurs
de ces infeétes font en général aflez obfcures.
1. TABANUS sorace cinereo ; abdomine flavefcente ,
J'egmentis fingulis triangulo albo.
Linn faun. fuec. n. 1045. Tabanus grifeus, abdominis fegmentis fingulis trian<
gulo albo.
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 6ot , n. 1. Tabanus oculis virefcentibus , abdominis
dor{o maculis albis trigonis longitudinalibus.
AG. Upf. 1736,p. 31, n. 17. Tabanus vulgaris grifeus , incifuris dorfi macula
trigona albicante notatis.
Jonft. inf. tab. 8 ,0rd. 2 ,f. 21,22.
Reaum. inf. tom. 4, tab. 17, fig. 8.
Le taon à ventre jaunâtre 8 taches triangulaires Blanches.
Longueur 11 lignes. Largeur 4 lignes.
Sa tête eft grife , mais fes yeux bruns & prefque noirs, en
occupent la plus grande partie , laiffant entr’eux fort peu
d'intervalle. Dans cette efpéce & dans les autres de ce
genre, la tête eft large, courte, applatie de haut en bas. Le
corcelet eft de couleur grife. Le ventre eft jaunâtre . prin-
cipalement en-haut fous les aîles. Le milieu & le bas font
bruns , avec une tache blanche triangulaire au milieu
de chaque anneau , ce qui fait une bande longitudinale de
Mmmi
460 HISTOIRE ABRÉGÉE À
taches ; dont la pointe regarde le corcelet. Les cuifes
font noirâtres & les jambes jaunes. Les ailes font un peu
obfcures , avec des veines brunes plus foncées.
Ce taon pendant l'été incommode beaucoup les bœufs
& les chevaux.
2.TABANUS cinereus ,thorace fafciis longitudinalibus
albis , abdomints Jegmento Jéngulo triangulo maculifque
albis. Planch. 17, fig. 2.
Le taon gris à taches blanches triangulaires fur le ventre.
Longueur 7 lignes. Largeur 1 + lignes. |
Sa tête eft de couleur grife , à Pexception des yeux qui
font noirâtres & fort grands. Le corcelet qui eft gris en-
deffous & fur les côtés , eft brun par deffus , avec cinq ban-
des grifes longitudinales & un peu de poil fur chaque côté.
Le ventre en - deffous eft tout gris , en-deffus il eft brun,
avec une tache grife triangulaire placée au milieu de cha-
que anneau , dont la pointe regarde le corcelet. Aux côtés
de cette tache , en font deux autres irrégulieres prefque
rondes & de même couleur. Les bords du ventre font ai-
gus & blanchâtres. Les pattes font un peu jaunatres ,
à l'exception des cuifles qui font grifes. Les aïles font
tranfparentes & veinées de brun. Cet infeëte varie pour la
grandeur. On le voit voler l'été dans les prés & les pâtura-
ges.
3. TABANUS fufcus , tibiis albido-pallidis.
Le taon brun à jambes blanchätres.
Longueur 7 lignes. Largeur 3 lignes.
Ce grand taon eft brun & luifant : fon corcelet eft aflez
velu , & fes poils font d’un brun châtain. Le ventre a quel-
ques poils femblables fur fes bords , mais le deflus ef life
& d’un brun foncé. Les aïles font aufli un peu brunes, mais
inégalement ; elles font plus foncées en quelques endroits
qui forment de grandes taches longues au milieu de Paile
& plus claires dans le refte. Les pattes de même couleur
DES INSECTES. 461
que le corps, ont leurs jambes d’un blanc pâle, avec cette
différence que dans les pattes de devant , il n’y a que
le haut de la jambe & le bas de la cuiffe de cette couleur,
au lieu que dans la feconde & la troifiéme paire , cette
mème couleur regne fur le bout de la cuifle & fur toute la
jambe , excepté à fa derniere extrémité.
4. TABANUS sous niger, antennis dichotomis.
Le raon noir à antennes fourchues.
Longueur 7 lignes. Largeur 3 lignes.
La couleur de tout linfette eft noire , fes aîles même fe
font. Tout l'animal eft life , à l'exception de quelques poils
noirs & courts fur les côtés du corcelet. Mais un caractere
fpécifique de ce taon, qui le peut faire aifément reconnoi-
tre, confifte dans la forme de fes antennes, dont la fecon-
de piéce a une appendice ou dent latérale femblable à une
feconde antenne un peu plus courte que la premiere ,
ce qui fait paroître les antennes comme fourchues.
s- TABANUS füufcus ; alis cinereis punélis minutiffimis
albis.
Linn. faun. fuec. n. 1050. Tabanus fufeus ; alis cinereis punis minutiflimis
albis ; oculis viridibus, Jineolis quatuor undulatis fufcis.
Linn. fyff. nat. edit. 10 , p. 602, n. 11. Tabanus oculis fafciis quaternis undatis,
alis fufco punétatis.
AG. Upf. 1736, p. 31, n. 20. Tabanus fufcus, alis cinereis punéatis,
Le taon à aëles brunes piquées de Blanc.
Longueur 4 lignes, Largeur \ ligne.
Tout l'infeéte eft d’un brun cendré. Quand il eft en vie
fes yeux font verts , avec des raies brunes finuées. Entre les
yeux, eft un grand efpace gris , fur lequel font deux taches
noires mattes bien vifbles , & une poftérieure beaucoup
plus petite. Je n’ai pu découvrir, ni fur cette efpéce, ni fur
les deux précédentes, les petits yeux liffes. Le corcelet
eft brun , avec des raies longitudinales, grifes, ferrées , au
nombre de fept environ, Le ventre qui eft un peu cendré,
462 HISTOIRE ABRÉGÉE
a le bord de chaque anneau plusblanc, Les aîles brunes &
cendrées , font toutes piquées de petits points blancs, avec
une tache marginale noire. Les pattes font de la même
couleur que le corps, à exception des jambes qui font en«
trecoupées d'anneaux alternativement bruns & blancs.
Cette efpéce eft une des plus communes dans les prés. Ses
yeux font très-beaux.
6 TABANUS cer, thorace lineis duabus longirudi-
nalibus cinereis , abdominis fegmentis limbo cinereo.
Le taon noir à anneaux du ventre bordes de blanc.
Longueur s lignes. Largeur 1 ligne.
Ses yeux font bruns & le refte de fa tête eft gris, avec
deux taches noires luifantes placées entre les deux yeux
& qui fe touchent l’une l’autre. Sur le derriere de la tête
on voit très-diftinétement les trois petits yeux lifles. Le
corcelet eft noirâtre avec deux bandes longitudinales gri-
fes bien marquées qui fe voyent en-deflus. Le ventre de
même couleur que le corcelet , a chaque anneau bordé
de gris. Ce ventre eft plus éfilé & plus allongé, & fa poin-
te eft plus menue que dans les efpéces précédentes. Le
deffous de l'infeéte eft tout noir ainfi que les cuiffes , mais
le refte des pattes eft un peu jaunâtre. Les aîles ont un
peu de jaune ; leurs veines fur-tout & leur point margi-
nal font d'un Jaune fauve. Cet infeéte eft affez liffe.
N.B. J'en ai une variété plus velue , encore plus noire
& fur laquelle on voit fort peu de gris. Son corcelet fur-
tout eft prefque tout noir. L’une & l’autre fe trouvent
dans les prés voifins des bois.
7. FABANUS cirereus, nbiis fulyis,
Le taon gris à jambes fauves.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne.
Sa couleur eft toute grife, mais plus claire encore en:
deflous qu'en-deflus. Ses jambes & fes pieds font d’une
DES INSECTES. 463
couleur fauve un peu pâle. Ses aïles font un peu jaunâ-
tres vers le haut & le bord extérieur, & diaphanes dans
tout le refte. Je n'ai qu'un individu de cette efpéce, qui
n’eft pas des plus communes. N'ayant point examiné les
yeux fur l’animal vivant, Je ne puis aflurer fi celui-ci eft
le même que M. Linnæus a défigné n°. 1048, de la
fauna fuecica. I] paroit lui refembler beaucoup.
8. TABANUS ju/Cus, abdominis lateribus pedibufque
flavis , alis maculis fufcis.
Linn. faun. fuec. n. 1049. Tabanus fufeus , alis maculis fufcis albifque variis,
oculis fulvo-viridibus , punis nigris.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 602 , n. 12. Tabanus oculis nigro-pun@atis , alis
maculatis.
AG. Upf. 1736,p.31,n.21. Tabanus fufcus, alis cinereis, maculis albis ni«
grifque.
Tid. n. 22. Tabanus fufcus , alis fufcis , maculis nigris,
Raj. inf. p. 272. Muica bipennis pulchra ; alis maculis albis amplis pi&is.
Le taon brun, à côtés du ventre jaunes , & aïles tacherées
de noir.
Longueur 4 + lignes. Largeur à ligne.
Sa tête eft brune : dans lanimal vivant les yeux font
mêlés de vert & de couleur fauve, avec quelques points
noirs. Les trois premiers anneaux des antennes font gros
& pâles, les autres forment un filet mince & noir. Le
corcelet eft brun avec quelques bandes longitudinales
grifes. Les cotés & le haut du ventre font jaunes, & cha-
que anneau de cette partie, a une tache triangulaire bru-
ne, le bas du ventre eft brun, Les pattes font Jaunes à
l'exception des tarfes qui font noirâtres. Les aïles font
blanches ; mais chargées de plufieurs taches brunes &
noires.
9. TABANUS fufcus , abdominis lateribus pedibufque
Jlavis ; als immaculatis albis.
Le taon brun , à côtés du ventre jaunes & aïles blanches.
Je penfe que celui-ci pourroit bien n’être qu'une varié-
464 HiSTO'RE ABRÉGÉE
té du précédent. Il lui reffemble en tout pour la grandeur ;
les couleurs & la forme, & en particulier pour la figure
de fon ventre qui eft allongé. Il n'y a de différence que
dans les aîles qui dans celui-ci n’ont aucunes taches.
10. TABANUS fu/cus, abdomine antice luteo , alarum
margine exteriore , factifque duabus tranfverfis nigris.
Le taon à deux bandes noires [ur les aïles.
Longueur $ lignes. Largeur 1 + ligne.
Parmi les infeétes de ce genre, cette efpéce eft une des
plus belles & des plus aifées à reconnoître. Elle eft brune ,
il y a cependant deux outrois bandes longitudinales plus pà-
les fur fon corcelet. La partie fupérieure du ventre, favoir
les deux premiers anneaux qui font environle tiers de tout
le ventre, font de couleur Jaune, le refte eft brun. Les aîles
ont leur bord extérieur noir, ainfi que deux larges bandes
tranfverfes qui tiennent à ce bord, le refte de l'aile eft
blanc. On voit diftinétement dans cette efpéce les dents
de la bouche qui font noires , au lieu que dans prefque
toutes les autres elles font blanches. La trompe fembla-
ble à celle des mouches,en différe , en ce qu’elle ef creu-
fe & forme une gaine qui renferme un aiguillon fembla-
ble à celui des aliles , mais compofé de cinq piéces. On
trouve ce taon dans les bois humides.
W.B. Il yen a une variété qui a fur la bande noire
tranfverfe de laïle , une tache blanche comme le fond
des ailes,
11. T'ABANUS crereus, abdomine flavo maculs
triangularibus nigris , alarum margine exteriore , faf-
ciaque tran/verfa marmorata fufca.
Le taon à une feule bande noire panachée.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne.
Ce taon approche un peu du précédent. mais il en dif-
fére par plulieurs endroits. Outre qu'il eft plus petit, fon
ventre
DES INSECTES. 46$
ventre eft par-tout d’un jaune fale , avec deux taches noi-
res triangulaires fur chaque anneau. Le corcelet eft gris &
chargé de trois bandes longitudinales noires. Les yeux
font noirs & le refte de la tête eft gris. Les antennes fort
grandes & prefqu’aufli longues que le corcelet, font grifes
à leur bafe , noires dans le refte. Enfin les ailes qui font
joliment travaillées , ont leur bord extérieur irréguliére«
ment chargé d’un noir brun, & de plus elles ont une bane
de tranfverfe de même couleur dans leur milieu, mais
cette bande eft interrompue par deux ou trois taches
blanches de la couleur du fond. Outre les trois petits
yeux lifles qui font noirs & pofés à l'erdinaire au der-
riere de la tête entre les yeux , & proche les uns des au-
tres comme en un bouquet, cet infeéte femble en avoir
trois autres plus grands ; un entre les yeux derriere Pat-
tache des antennes & devant les petits yeux, & les deux
autres devant l’attache des antennes au-deffus de la bou-
che , un à droite , l’autre à gauche. Tous les-trois font
noirs, lifles , affez grands & paroiflent très-bien à caufe
de la couleur grife de la tête de ce petit animal. Cet in-
fete a été trouvé dans les prairies.
ASILUS.
Li dis DLE;
Antennæ fetaceo-conicæ Antennes fétacées , coni-
quadripartitæ. ques,divifées en quatre pat-
à ties.
Os roffro fubulato acuto. Bouche formée par une trom-
pe fimple & aigue.
Ocelli tres. Trois petits yeux lifles.
L'afile,que d’autres appellent la mouche-afile,différe des
autres genres de cette feétion par la forme de fes antennes,
qui lui eft commune avec le genre précédent , & on la dif-
tingue de ce dernier genre par la ftruéture de fa bouche ;
qui a une trompe fimple ;, aigue & piquante.
Tome LI, | de Nan
466 HISTOIRE ABRÉGÉE
Ses antennes font femblables à un gros fil qui fe termi-
neroit en pointe. Elles font compofées de plufieurs arti-
cles dont les trois premiers font diftinêts & les autres ne
paroiffent former qu’une feule piéce & font confondus ,
enforte que toute l’antenne ne paroït compofée que de
quatre piéces, quoiqu'il y en ait réellement davantage.
Dans quelques efpéces la derniere piéce, celle qui termi-
ne l’antenne , ef plus groffe & forme une efpéce de maf-
fue , qui cependant finit toujours en pointe vers le bout.
Ces efpéces paroiïflent différer un peu des autres par cet
endroit, ainfi que par la longueur de leur trompe qui ef
plus confidérable que dans la plüpart des autres afiles.
En général ces infeétes ont le corps allongé , leur ven-
tre fur-tout eft long & affez mince. Leurs pattes font
grandes , & les anneaux du tarfe ou du pied qui font au
nombre de cinq, font courts & un peu figurés en cœur.
Ces infettes demandent à être pris avec précaution ; ils
piquent aflez fortement avec leur trompe aigue. Ils s’en
fervent pour piquer différens animaux , & en tirer le fang
qu’ils pompent & fuccent par cette même trompe qui eft
creufe en-dedans. Ces afiles incommodent beaucoup les
troupeaux dans les bas prés, où ils font fréquens. Je ne
connois ni leurs larves ni leurs nymphes qui probablement
fe plaifent dans les endroits humides , & peut-être même
vivent dans l’eau.
Les efpéces de ce genre font affez nombreufes.
1. ASILUS Zanigerus , alarum baft fufca.
Linn. faun. fuec. n. 1119. Culex lanigerus , alis femifufcis.
Linn. ff. nat. edit. 10, p. 606 , n. 1. Bombylius alis femi-nigris,
Aldrov. inf. p. 350,"f. 10. Mufca X.
Mouffet. lat. 6s , f. s. À gauche.
Hoffnag. inf. t.8,f.5.
Periv. gazop. 56 , tab. 36, n°2 $. Mufca apiformis probofcide porre&a , alis
maculatis.
Ibid. p. 67, tab. 42, n.9. Mufca apiformis probofcide porre@a, alisnon ma
culatis.
AG, Upf. 1736 » pe 315 n, 14. Idem nomen.
DES INSECTES. 467
Raj. inf. pag. 273. Mufca bombyliformis denfe pilofa nigta, abdomine obtufo
ad latera rufo.
Reaum. inf. tom. 4 tab, 8,f.11,12313e
Le bichon.
Longueur 4, $ lignes. Largeur 2 lignes.
Nous avons rangé dans ce genre cet infeële qui en a
tous les caraéteres par fa trompe & la forme de fes anten-
nes. Cette trompe eft mince , noire, longue , égalant les
deux tiers ou les trois quarts de la longueur de l’infe&te ,
& fouvent divifée en deux à fon extrémité. L'animal la
porte toujours avancée devant lui, & fouvent il en fait for-
tir une autre plus fine qui y eft renfermée comme dans un
étui. Les antennes de la longueur de la tête , font un peu
coudées dans leur milieu. Pour les pattes elles font fines ,
déliées & longues pour la grandeur de l'infeéte. Elles font
noires ainfi que les antennes. Tout l’infeéte eft court &
ramañlé , & pareillement de couleur noire, mais couvert
d'un duvet touffu , cotonneux & blanchâtre. Ses aïles fort
longues pour fon corps , ont leur partie fupérieure noire
proche la bafe , principalement du côté du bord extérieur ;
le refte eft d’un clair obfcur. Cet infette vole dans les Jar-
dins autour des fleurs , qui fucce avec fa trompe fans
s'arrêter & en volant continuellement. Il ne pique point &
on peut le prendre impunément. Il varie pour la grandeur.
2. À SILU S hirfutus ferrugineus ; alis fulvis , femoribus
TILQTES
L'afile velu de couleur fauve.
Longueur 9 lignes. Largeur 3 lignes.
Ses yeux , fa trompe & fes antennes font noirs. Sa tête
eft couverte de poils fauves. Le fond de la couleur du
corcelet & du ventre eft noir, mais ils font aufli couyerts
de poils fauves , enforte que cette derniere couleur fem-
ble être celle de linfe&te. Les aîles font jaunes ainfi que
les pattes, à l’exception feulement des cuifles qui font
noires. Cet infeéte fe trouve dans les prés.
Nnni
468 HISTOIRE ABRÉGÉE
3. ASILUS feérrugineus , abdominis articulis tribus ;
priortbus atris , poflerioribus quatuor flavis. Linn. faun.
Juec. n. 1031. Planch. 17, fig. 3.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 605 , n. 3. Afilus abdomine tomentofo antice nigro,
pofuce flavo inflexo.
Mouffer. lat. p. 46. Vefpæ fpecies. fig. exter.
Jonft. inft. t.9,f. 2. Mufca boaria aldrov. tab, 1,
Hoffn. inf. 1,16 ,f. 10.
Raj. inf. p. 167. Mufca maxima crabroniformis.
ErifCh. germ. 3 , p. 38, 1. 8. Tertii ordinis. Mufca rapax magna, abdomine lutee
maculato.
Reaum. inf. tom. 4, tab, 8, fig. 3.
AË. Upf. 1736, p.29, n. 8. Ichneumon collari gibbo, abdomine ovato acutoe
L'afile Brun , à ventre à deux couleurs.
Longueur 1 pouce. Largeur 2 + lignes.
Cette efpéce eft la plus grande de toutes celles de ce
genre que nous avons dans ce pays-ci. Sa trompe plus
courte que fa tête, eft de couleur noire ainfi que fes yeux.
Son corcelet grand & convexe en-deflus eft de couleur
de rouille. Les pattes font de la même couleur , ainfi que
les ailes, qui ont pourtant quelques taches noirâtres pref-
que triangulaires à leur bord intérieur: Les trois premiers
anneaux du ventre font noirs , mais les quatre fuivans font
jaunes & un peu velus. Le bout ou l'extrémité eft brune
& fe termine en pointe.
On trouve ce gros infeéte dans les prés humides où il
vole fort vite ; il faut prendre garde à fes doigts en le pre-
nant , car il pique fortement.
4 ASILUS riger, abdominis féomentis tribus a tergo
rufes. Linn. faun. fuec. n. 1036.
L'afile noir à sache fauve fur Le ventre.
Longueur 10 lignes. Largeur 2 à ligues.
Cet afile eft noir, prefque fans poils, fi ce neft en
quelques endroits & particuliérement fur le devant de la
tête. Son ventre eft compofé de fept anneaux dont le qua-
triéme & le cinquiéme font d’un brun fauve , rougetre »
DES INSECTES. 469
outre deux taches de même couleur aux côtés du troifié-
me. De plus les anneaux vüûs à un certain jour , ont fur cha-
que côté une tache blanche formée par des poils très-
courts , ce que l’on apperçoit plus diftinétement fur le qua-
triéme anneau que fur les autres. Les ailes font nébuleu-
fes & les pattes brunes,
$s. ASILUS sorus niger fubhirfurus , alis atris.
L’'afile tout noir.
Longueur 8 lignes. Largeur 1 3 ligne.
Il eft couvert de poils longs ; mais peu ferrés. Tout
fon corps eft d’un noir foncé fans mêlange d'aucune au-
tre couleur. Ses aîles font aufli très-noires. Je l’ai trouvé
plufieurs fois fur les bords de la feine.
6. ASILUS ziger hirfutus ; tibiis halteribu[que fèrru-
gineis , als nioro undulatis.
L'afile noir selu , à pattes & balanciers fauves, & aïles
noires ondees.
Longueur 7 lignes, Largeur 1 3 ligne.
Il eft noir & velu. Les poils de fon corcelet vûs à un
certain jour paroiflent un peu dorés, & forment quatre
raies longitudinales de cette couleur. Les balanciers font
jaunes. Les cuifles font noires & le refte des pattes eft de
couleur fauve avec un peu de noir aux tarfes. Les aîles
ont des ondes de brun, qui fuivent la direétion des vei-
nes qui font noires. Cette efpéce n'eft pas rare dans les
prés.
7. ASILUS xiger glaber ; antennis’, femoribus ,
halteribus, tibiifque fecundi & poflici paris rufis, alis
® fufco undulatis. à
L'afile noir Liffe, à antennes , cuiffes & balanciers fauves
& aëles ondees. de brun.
ÆLongueur 7 ? lignes. . Largeur 1 X ligne.
Sa couleur eft noire pag-tout , à l’exception des fix cuif-
470 HISTOIRE ABRÉGÉE
fes , des jambes de la feconde & de la troifiéme paire ;
des antennes & des balanciers qui font de couleur fauve.
Le corcelet a de chaque côté une raie longitudinale &
une tache, qui à un certain jour paroït d’un jaune doré
& foyeux. Cette raie & cette tache font formées par dé
très-petits poils. Le troifiéme , quatriéme & cinquiéme
anneau du ventre ont aufii de chaque côté une petite ta-
che blanche pareillement formée par des petits poils. Les
antennes font compofées de quatre articles dont le troi-
fiéme eft le plus long , & le quatriéme ou dernier très-
court & pointu. Les ailes ont des ondes de brun, qui fui-
vent la direttion des nervures , & l'intervalle qui eft entre
elles eft blanc. Cet afile a été trouvé à Fontainebleau.
8, ASIL Ü S riger glabér, femoribus halteribufque
ferruginers ; als nigres. |
Linn. faun. fiec. n. 1037. Afilus corpore atro glabro, alis nigris , femoribus
hafreribufque ferrugineis. :
Lin. ff. nat. edit, 10 ,p. 606, n. 11, Afilus œlandicus.
Reaum. inf. tom. 4 , tab. 22, f.7, 8.
L'afile noir Liffe ; à pattes. & balanciers fauves, & aïles
toufesS 1101TES.
Longueur € £ hgnes.. Largeur 1 ligne.
Il eft tout noir , life & luifant. Ses pattes , tant les cuif-
fes , que les jambes , font de couleur fauve , mais les tar-
fes , & le bas des jambes poftérieures font noirs. Les bas
lanciers font de la même couleur que les pattes. Les aîles
font étroites & très-noires. Cette efpéce a le haut du ven-
tre plus étroit que le bas. On la trouve dans les bois
humides.
9. ASILUS ziger glaber, fémoribus halteribufque
ferrugtineis ; alis albis venis nigris.
L'afile noir life, à pattes & balanciers fauves , & aïles,
blanches veinées.
Longueur $ lignes. Largeur 1 Lignes +
: DES ÎNSECTES. 471
: Il reffemble beaucoup au précédent pour fa forme. Son
corps eft noir & lifle. Ses pattes font de couleur fauve
avec un trait noir fur le deflus des cuifles. Les jambes &
les tarfes poftérieurs font noirâtres. Les balanciers tirent
fur le jaune pour la couleur , &c les ailes font blanches &
finement veinées. Cette efpéce eft la plus commune de
toutes. On la trouve par-tout dans les campagnes & les
jardins. Elle varie pour la grandeur.
10. ASILUS zriger glaber, femoribus tibiifque rues ,
alarum punclo marginale ZLLgTO.
L'afile noir liffe, à pattes fauves & tarfes noirs.
Longueur 2 lignes. Largeur + ligne. ‘
Le corps de cet infeûte eft noir & life. Ses pattes
feules font de couleur fauve à l'exception des pieds ou
tarfes qui font noirs. Ses aîles font blanches & ont un
point marginal noir & long. Le cara@tere de cette efpéce
éft d’avoir la premiere piéce des tarfes poftérieurs auf
longue que les quatre autres & beaucoup plus groffe
qu'elles.
11. ASILUS ziger glaber, Ps alre , als
Jfubrotundis obfcuris margine nigro.
L'afile noir Life, à balanciers blancs & aïles bordees de
noir.
Longueur 3 lignes. Largeur ? ligne.
Cette petite efpéce eft toute noire ; life & peu allon-
gée. Les balanciers de fes aîles font blancs, & les aîles
font d'une teinte un peu obfcure , bordées d'un point
marginal long & noir. Ces ailes font larges & ovales.
a2 ASILUS azrennis capite longioribus clavatis
acuminatis ; nigro rufoque varius glaber , Jegmentis
abdominalibus fecundo &C tertio margine flavis , alis
Jufco GE
Linn. faun. fuec. n.1030. Afilus antennis capite longioribus clavatis 4cumi-
matis, fegmentis abdominalibus glabris, margine flavis , fronte glabra,
472 H1STOIRE ABRÉGÉE
Linn. [yJt. nat. edit. 10, p. 604, n. 4. Conops antennis clavatis mucronatis
luteis , abdomine fubcylindrico glabro , fegmentis quatuor margine fiave{-
centibus.
Reaum. inf. tom. 4, tab. 33 ,f. 12,13.
L'afile à antennes en maffue & aïles brunes.
Longueur $ 3 lignes, Largeur 1 À ligne.
À la premiere vûe on prendroit cette efpéce pour une
guêpe. Elle eft life : fes antennes ont leur derniere piéce
groffe en fufeau allongé & pointu , & elles font grandes
& plus longues que la tête. Le devant de la tête eft d’un
jaune citron ainfi que les balanciers, les pattes font fau-
ves. Le corcelet eft varié de noir & de fauve rougeitre.
Il en eft de même des anneaux du ventre dont quelques-
uns font bordés de jaune citron, principalement le fe-
cond & une partie du troifiéme fur les côtés. Les ailes
font brunes , ondées & nébuleufes, On trouve ce bel
alile dans les prés.
.
13 ASILUS antennis capite longioribus clavatis acu<
minatis , nigro rufoque varius , glaber , fégmentis abdo-
minalibus omnibus margine flavis ; als fufcis margine
albo.
L'afile à antennes en maffue , & ‘ailes brunes bordees de
blanc.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne.
Cette efpéce refflemble beaucoup à la précédente, & a
Pair & le port d'un ichneumon. Ses antennes font noires ,
allongées , groffes par le bout , un peu moins cependant
que dans l’autre. Sa trompe pareillement noire , eft longue
& fine. Le devant de fa tête eft de couleur citron. Le cor-
celet eft noir , bordé de couleur fauve , fur-tout aux angles
extérieurs du haut fur les épaules. Le ventre fauve mêlé
de noir , a tous fes anneaux bordés de jaune citron ; il eft
plus étroit que dans l’efpéce ci-deflus , fur-tout vers le
haut, & il reffemble à celui d’un ichnetmon. Les balan-
ciers font de couleur citron , & les pattes fauves, saepté
es
DES INSECTES. 473
les tarfes qui font noirs. Les ailes plus courtes que le ven-
tre ; font brunes au milieu & blanches aux bords , ce qui
les rend fort belles. On trouve cet infeéte avec le précé-
dent , dont il pourroit bien n’être qu’une variété.
14 ASILUS acztennis capite brevioribus clavaris
Jesofrs ; nigro rufoque varius , glaber , alis nigris , oris
aculeo ir2 medio incurvato.
L'afile panache de fauve & de noir à afles noires.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 + ligne.
Il y a encore peu de différence entre cette efpéce & les
deux précédentes. Ses antennes beaucoup plus courtes
que fa tête, ont leur derniere partie groffe , avec quelques
{oies latérales. Elles font fauves & le devant de la tête eft
de couleur citron. Le corps eft panaché comme dans
les afiles précédens de brun & de noir , de façon cependant
que le noir domine fur le corcelet & le brun fur le ventre,
ainfi que fur les pattes. Les ailes plus courtes que le ven-
tre , font noirâtres. Un autre caraétere de cette efpéce,
c'eft que fa trompe fine & aufli longue que la moitié
de fon corps , a dans fon milieu une articulation où elle fe
replie & fe coude , quelquefois à angle aigu.
15. ASILUS riger glaber , fronte pédibufque rufés ; oris
aculeo ir medio tncuryato.
L'afile noir Lf]e à pattes & dévant de la tête fauve.
Longueur 3 lignes. Largeur 1 ligne.
Il eft noir & life , mais le devant de fa tête & fes pattes
font fauves. Ses antennes font pareillement fauves , & ont
la derniere piéce plus grofle , avec quelques poils latéraux
comme dans l’efpéce précédente. Sa trompe eft aufli fem-
blable à celle de l’efpéce ci -deflus : elle eft longue , fine ,
noire & pliée dans fon milieu.
16. ASILUS cinereus hirfutus.
Linn. [yft. nat. edit. 10 , p. 606 , n. 9. Afilus hirtus cinereus.
Tome IL. Ooo
474 HISTOIRE ABRÉGÉE
Frifch.inf. 3, p. 35 , tab. 7. æ
L'afile cendre.
Longueur 6 lignes. Largeur 1 ligne.
Il eft velu & d’une couleur grife cendrée. En regardant
fon corcelet à un certain jour ; il paroït chargé de bandes
longitudinales de poils dorés. Le bord des anneaux du
ventre paroit un peu brun , fur-tout dans le milieu , où il ÿ
a une tache allongée comme triangulaire de cette couleur.
Les parties du fexe font longues , noires & débordent de
beaucoup le ventre. Les pattes font grifes & les aîles dia-
phanes, avec dés veines noires. Tout l’infette eft allongé,
fon ventre fur-tout eft long & fe termine en pointe. On
trouve affez communément cet aile dans les jardins & Îes
campagnes.
17. ASILUS Zvidus , thoracis Lineis dorfalibus tribus
nigris. Linn. faun. fuec. n. 1033.
Linn, [yff. nat, edir. 10, p. 606 ,n. 1. Afilus tipuloides,
L'afile à pattes fauves allongées.
Longueur 4 lignes. Largeur > ligne.
Cette efpéce a les yeux de couleur grife , un peu brune;
fes antennes font noires & fa trompe eft de couleur pâle,
longue , réfléchie en-deflous le long du corcelet. Celui-ci
eft d’une couleur cendrée obfcure , avec trois lignes noires
longitudinales en-deflus. Le ventre dans les femelles eft de
la même couleur que le corcelet ; dans les mâles, il eft &
plus allongé , & de couleur jaune pâle , ainfi que le font
les pattes dans l'un & dans l’autre fexe. Les ailes des mâles
font d’un jaune brun, celles des femelles font blanches &
tranfparentes. Dans tous, les pattes font fort longues pour
la grandeur du corps.
18. ASILUS pallido-fulvus , thorace lineis dorfalibus
tribus nigris ; alis incumbentibus reticudatis,
L’afile fauve à aïles reticulees.
Longueur 3 + lignes. Largeur ? ligne,
DES INSECTES. 475
La couleur de cette efpéce eft d’un jaune pâle , à l’ex-
* ception des yeux qui font bruns , & de trois raies noires
longitudinales que l’on voit fur le corcelet. Le ventre
a aufi en-deffus fur le milieu de chaque anneau une tache
triangulaire brune. Les ailes font couchées fur le corps :
elles font tranfparentes , très-veinées & comme réticulées.
La trompe de la tête eft prefqu’aufli longue que le corce-
let. En regardant de près l’infe&te , on voit qu’elle forme
un tuyau qui renferme trois aiguillons dans une rainure
placée en-deflous.
19. À SILUS siridis nitens , pedibus albidis.
L'afile vert dore.
Longueur 2 3 lignes. Largeur 3 ligne.
Tout le corps de cette efpéce eft d’un vert doré :
les pattes feules font pales , blanchâtres , tirant un peu fur
le jaune. Les ailes font un peu brunes. On trouve cet afile
fur les fleurs.
20. ASILUS ziger , pedibus anticis articulo tarfc primo
craffo clavato.
L'afile noir à pieds de devant en mallue.
Longueur 3 ligne. Largeur = ligne.
Cette très-petite efpéce eft noire , fes pattes font de
couleur livide , & fes aîles veinées de noir. Mais ce qui la
fait fûrement recennoître , c’eft que la premiere articula-
tion des tarfes ou pieds de devant eft groffe & en maflue.
On trouve cet infeéte quelquefois fur les fleurs.
STRATIOMYS.
LA MOUCHE-ARMÉE.
Antenne fétaceæ fraile. Antennes fétacées & bri-
fées.
Os probofcide abfque den- Bouche avec une trompe
tibus. fans dents.
Oooiïij
476 HISTOIRE ABRÉGÉE
Thoracis apex aculeatus. Extrémité du corcelet ar-
mée de pointes.
Ocellitres. Trois petits yeux liffes.
Familia 14 Thoracis aculeis Famille 1°, Corcelet armé de
duobus. deux pointes.
24, Thoracis aculeis 2°. Corcelet armé de
fée fix pointes,
Ce genre a été peu connu jufqu'ici, quoique Swammer-
dam en ait parlé fous le nom d’afle , & ait donné fon
hiftoire que M. de Reaumur a rapportée de nouveau dans
fes Mémoires pour fervir à l’hifloire des infeétes. Goedart
aroit avoir connu la larve de ces animaux ; qu’il a nom-
mée le chamæleon ; probablement parce qu'elle change de
couleur , & Aldrovande a appellé cette même larve zz4e/-
zinum terræ parce qu'elle reflemble à un ver. Mais ni
Pun ni l’autre ne paroiffent avoir connu l'infeéte parfait.
M. de Reaumur, qui d’après Swammerdam en a donné la
figure ; l’a appellée mouche - armée ; nom que nous avons
confervé en françois , & que nous avons traduit par le mot
latin /ératiomys.
Le caraétere de ce genre confifte dans la réunion de tous
ceux que nous avons donnés , & fur-tout dans ces efpéces
de pointes que portent ces infeétes à l'extrémité de leur
corcelet ; ce qui forme un caractere particulier à ce genre.
Quant aux autres , ils lui font communs chacun en parti-
culier avec quelques-autres infeétes de cette fe&tion.
© La larve de la mouche-armée vit dans l’eau. Auffi M.
Linnæus qui n’a connu que cette larve , fans avoir vü l'in-
fe&te parfait , l'a-t-il appellée , ‘oeffre aquatique , oeftrus
aque. S'il eut vü l'infette aîlé , il auroit aifément apperçu
qu’il différe de loeftre. Cette larve reflemble à un long ver
fans pattes & un peu applati, de couleur brune verdëtre ou
jaunâtre. Elle eft un peu plus groffe du côté de la tête &
lus mince du côté de la queue. Sa tête eft petite , oblon-
gue , écailleufe. Les premiers anneaux font plus courts que
DES INSECTES. 477
les autres ; les derniers font plus longs ; plus menus &
cylindriques. Le dernier de tous eft aufli le plus allongé ; il
égale quelquefois pour la longueur les cinq ou fix premiers
pris enfemble. La peau de cette larve eft forte & dure ;,
mais cependant flexible. Son peu de fouplefle rend fa
démarche finguliere. Elle ne peut ployer chaque anneau ,
il faut qu'elle les coude en leur faifant faire différens
angles à leur jonétions ;, ce qui donne à l'infefte un air
tortu. Cette larve vit de petits infeétes aquatiques , auf
remarque-t-on à fa bouche quelques crochets durs &
écailleux accompagnés de barbillons dont elle fe fert pour
attraper & failir fa proie. Entre ces armes offenfives fe
trouve l'ouverture de fa bouche ; qui eft munie d’un
fucçoir dont Pinfeëte fe fert pour pomper fa nourriture.
L'autre extrémité de la larve, ou fa queue, eft encore plus
remarquable. Au bout de cette partie, on voit une ouver-
ture qui fert à l’infeéte de fligmate ; & à l’aide de laquélle
il pompe l'air. Cette ouverture eft entourée d’une frange
comme rayonnante de poils barbus qui empêchent l'eau
d’y pénétrer. L'infeéte applique ordinairement l'ouverture
& la frange bien étalée à la furface de l’eau pour refpirer
l'air , & il refte fouvent long-tems dans cette fituation
la tête en bas. Quand il veut s’enfoncer dans l’eau , il
reploye les barbes de la frange & en forme une efpéce de
boule , fous laquelle l'ouverture du ftigmate fe trouve ca-
chée , enforte que Peau ne peut y pénétrer.
Quand la larve de la mouche armée parvenue à fa grof-
feur, veut fe métamorphofer , elle ne change point de fi-
gure ; feulement fa peau fe durcit ; cette larve refte fans
mouvement, & même elle n’en peut faire aucun , elle de-
vient inflexible. Ainfi la peau de cette larve lui fert de
coque ; comme dans les genres précédens , avec cette
différence cependant ; que cette peau ne change aucune-
ment de figure pour former la coque. C’eft dans cette
efpéce de coque , fous cette peau endurcie , que la larve
prend la forme de nymphe. Mais cette nymphe eft beau-
473 HISTOIRE ABRÉGÉE
coup plus courte que la larve , elle ne remplit pas à beau-
coup près toute fa longueur , & les quatre derniers an-
neaux de la coque reftent vuides. L’infeéte demeure fous
cette forme pendant onze ou douze Jours. On diflingue
dans la nymphe toutes les différentes parties de l’infedte
parfait , & lorfqu’elles ont acquis affez de confiftence & de
fermeté, l’infecte ailé fort de fa coque ;, en faifant fauter les
deux premiers anneaux qui fe féparent comme une ca-
lotte.
La mouche - armée , après avoir vécu dans l’eau fous la
forme de larve & fous celle de nymphe , devient dans fon
dernier état habitante de l'air, & elle ne retourne vers
l'eau que pour y dépofer fes œufs qu'elle fait y devoir
éclore. Cet infeëte à bien des égards refflemble aux mou-
ches : fa forme, fes ailes & la trompe de fa bouche paroif-
fent Le rapprocher de ce genre. Mais deux autres caracteres
Pen diftinguent ; favoir , fes antennes & fon corcelet. Les
antennes qui reffemblent à un fil , font coudées dans leur
milieu & forment un angle prefque droit. Toute la partie
qui eft depuis la tête jufqu à la courbure,n” eft formée que
par une feule piéce longue ; à l angle même de la courbu-
re ; fe trouve une feconde piéce très - courte. Enfuite , le
refte de | ‘antenne,depuis l'angle qu’elle forme jufqu’à fon
extrémité, femble compofé d'une feule & unique piéce ;
quoiqu'il y ait réellement plufieurs anneaux , mais telle-
ment ferrés & réunis, qu'on ne peut guères les diftinguer
les uns des autres. Le corcelet porte un autre caractere
que nous avons dit être particulier à ce genre; ce font des
pointes aigues que l'on remarque à fon extrémité, & qui
ont fait donner à cet infeéte le nom de mouche-armée. Ces
efpéces d’épines dont le corcelet eft armé , font au nombre
de deux dans la plüpart des efpéces. Mais nous en avons
trouvé une mieux armée que les autres à cet endroit. Elle
a fix pointes au bout du corcelet, trois de chaque côté. II
n'eft pas aifé de déterminer l° ufage de ces pointes , dont il
ne paroit pas que l'infeéte fe ferve pour fe défendre. Il y 4
DES INSECTES. 479
une efpéce , c’eft celle à corceler rouge farine fqui outre ces
pointes de l'extrémité du corcelet , en a encore deux autres
htérales , une de chaque côté. Leur ufage n’eft pas plus
aifé à découvrir que celuides autres pointes.
En général ; ces infe&es ont le ventre large & plat.
is font affez lifles : leurs couleurs fans être éclatantes;font
belles ; & ce genre n’eft pas un des moins intéreffans
de cette fe&tion.
PREMIERE FAMILLE:
1 STRATIOMYS fufca , thorace fubhirfuto ferru-
gineo , abdomine glabro ovato plano', lunulis [ex luteis.
Planch. 17, fig. 4.
Linn. [yff. nat. edit, 10, p. 589, n. 3. Mufca antennis filatis clavatis, fcutello
bidentato luteo , abdomine nigro , fafciis lateralibus luteis. de
Linn. faun: fuec. n. 1083.
Linn, faun. fuec. n. 1029. Oeftrusaquæe.
Goëd. belg. 1 ,p. 118 ,r. 70. Chamæleo. € gall. tom. 2, tab. lxx.
Lift. Goed. 355, ft: 144.
Frifch. germ. $ , p. 28 ,t. 10. Tabanus aquaticus. Infe@um & larva.
Swammerdam.in-4°. 138 ; t. 4, Tabanus.
Swamm. bibl. nat. t. 42, fe 2.
Rofel. inf. vol. 2, t.s. Mufc.
Reaum. inf. tom. 4, tab. 15; fig. 7e
La mouche armée à ventre plat charge de fix lunules.
Longueur 6 lignes. Largeur 2 lignes.
Sa tête refflemble beaucoup à celle des oeftres : les yeux
en occupent la plus grande partie, ils font bruns , ainfi que
le deffus de lanimal. Le corcelet eft un peu velu & fes
poils font de couleur fauve. Le bout du corcelet eft jaune,
ainfi que les deux pointes qui en naïflent. Le ventre large,
plat & prefque circulaire a fix taches triangulaires , un peu
formées en croiffant , de couleur jaune tirant fur le fouci,
trois de chaque côté. vers le bord , outre une feptiéme
tache impaire de même couleur placée à l'extrémité du
ventre. En-deflous, le ventre eft jaune, avec quelques ta-
ches noires. Les pattes font aufli jaunes ; à l'exception des
480 HISTOIRE ABRÉGÉE
cuifles qui font brunes. Les ailes ont leur bord extérieur
brun.
Ces infectes font éclos chez moi. Ils font venus des lar-
ves que J'avois élevées dans l’eau, & qui font figurées dans.
Swammerdam & louvrage de M. de Reaumur. Ces lar-
ves compofées de onze ou douze anneaux., ont à leur
extrémité un pinceau de poils qu'elles appliquent à la fur-
face de l’eau en l’évafant en entonnoir & qui entoure leur
ftigmate. Leur métamorphofe fe fait de la maniere que
nous l'avons dit dans le difcours qui eft à la tête de ce
gente.
2 STRA TIO MY S fufca ÿ thorace hirfuto ferrugineo ;
abdomine glabro ovato plano immaculato.
La mouche-armee à ventre plat & brun.
Je croirois celle-ci fimple variété de la précédente. Elle
lui reffemble pour la grandeuf, la forme & même pour les
couleurs. Seulement fon corcelet eft un peu plus velu fans
tache jaune , & le ventre eft tout brun fans aucune tache.
Le deffous du ventre & les pattes font aufli de couleur
brune. Ses antennes font plus courtes de moitié que celles
de l'efpéce ci-deflus. Elle eft éclofe chéz moi de larves
toutes fembiables à celles de la premiere efpéce.
3. STRATIOMYS rigra, thorace fériceo rubro utrin-
que fpénofo.
Schæffer. differtat. die fattelfiege. in-40. 1753 ; fig.
La mouche-armée à corcelét rouge fatiné.
Longueur $ lignes. Largeur 2 lignes.
Cette efpéce eft toute noire , fes ailes même font de
cette couleur. Il n’y a que fon corcelet qui foit en-deffus
d’un rouge brillant &.comme fatiné. Si on le regarde à la
loupe , où voit que ce font de très-petits poils de cette
couleur qui le font ainfi paroitre fatiné. De plus , ce corce-
Îct a une autre particularité. Outre les deux pointes de
l'extrémité
#
« DES INSECTES. 481
l'extrémité du corcelet qui font communes à toutes les
Mouches-armées de cette famille , & qui font longues
dans cette efpéce , le corcelet a encore deux épines latéra-
les fort aigues , une de chaque côté , ce qui eft particulier
à cette efpéce & qui la fait aifément reconnoitre.
4 STRATIOMYS fu/ca ; abdomine viridi , fafcia
longitudinal nigra.
Linn. fyff. nat. edit. to, p.589 , n. $. Mulca antennis filatis clayatis , fcutello
bidentato nigro , abdomine viridi , medio nigro arfgulato,
La mouche-armée à ventre vert.
Longueur 3 à lignes. Largeur à ligne.
Ses antennes font de couleur noire & plus courtes que fa
tète. Ses yeux qui font verts , font ornés d’une bande vio-
lette qui les traverfe prefque dans le milieu , & de plufieurs
points de même couleur , du moins dans l'infeëte vivant,
& ils occupent prefque toute la tête. Le corcelet eft brun
tant en-deflus qu'en-deffous & quelquefois vert à fa poin-
te. Le ventre eft par-tout d’une belle couleur verte claire ,
mais en-deflus il a für fon milieu une bande noire longi-
tudinale plus large vers le bas qu’en haut & qui regne
tout le long du ventre. Les pattes font jaunâtres & les
aîles très-tranfparentes, Cet infeëte m'a été donné.
$ STRATIOMYS zigra, nbiis albidis, alarum
margine exteriore rEgro.
La mouche-armée noire à pattes blanches.
Longueur 3 lignes. Largeur 1 + ligne.
Elle eft toute noire , à l'exception des jambes & des tar-
fes qui font blanchätres. Le bord extérieur de fes aîles eft
aufli noir. Le bout du corcelet eft un peu velu, enforte
que les pointes de cette partie font difficiles à appercevoir
parmi les poils. :
6 STRATIOMYS atra, rhorace abdomineque
maculs flavis. à
Tome IL, Ppp
LL]
/
482 HISTOIRE ABRÉGÉEN
La mouche-armée noire à taches jaunes. mn
Longueur 3 lignes. Largeur x ligne.
La couleur de cette belle efpéce la fait refflembler à
une guêpe. Elle eft d’un noir matte , mais le bout de fon
corcelet & les pointes qui en naïflent font d'un Jaune
citron. Chaque côté du corcelet eft aufli chargé de deux
taches de même couleur, l’une plus haut, l'autre plus bas
proche l'attache de l'aile. Le ventre pareillement noir , eft
aufli couvert en-deflus de cinq taches Jaunes ; favoir, deux
de chaque côté oblongues , & defcendant obliquement
pour gagner les bords du ventre , & une unique à fon
extrémité. Les cuiffes font noires , mais les jambes &
le haut des tarfes font jaunâtres. Ce que cette efpéce a de
particulier ; c’eft que fes antennes font plus courtes que
dans les autres , & terminées par une foie,prefque comme
celles de la nemotele, dont nous parlerons bientôt. Cette
belle efpéce a été trouvée proche Fontainebleau.
7. STRATIOMYS Zuteo-virefcens , thorace lineïs
tribus longitudinalibus | abdomiñe tribus tranfverfis
arCuails HE grLs.
Reaum inf. tom. 4 , tab. 22 , fig. 17.
La mouche-armée jaune à bandes noires.
Longueur : + lignes. Largeur = ligne.
Ses yeux font bruns & occupent prefque toute fa tête; il
y a feulement entre les yeux,à la partie poférieure,un petit
point jaune. Le fond de la couleur du cercelet & du ven-
tre, eft d’un jaune verdâtre. Sur le corcelet, il y a trois
bandes noires longitudinales qui s’uniffent vers le bas , un
peu avant la pointe du corcelet qui eft jaune, ainfi que les
épines qui en naïiflent. Aux deux côtés du corcelet , font
deux points noirs allongés comme les commencemens
d’autres bandes. Le ventre a en-deflus trois bandes tranf-
verfes noires qui ne vont pas jufqu’aux bords. Ces bandes
forment des arcs dont les extrémités regardent la tête, &
DES INSECTES.. 483
le milieu le bout de l’animal. La partie du milieu des deux
premieres bandes forme un angle un peu pointu , la troifié-
me ou derniere eft arrondie. En-deflous , le corcelet eft
noiratre & le ventre Jaune. Les pattes font aufli jaunes &
les ailes très-tranfparentes , avec leur bord extérieur un peu
brun. On trouve cette mouche- armée dans les prés.
NE :Cio. ND Et ME DNLLE:
8. STRATIOMYS zigra , als nigris , femoribus
abdomineque luteis.
La mouche-armée noire à ventre & cuiffes jaunes.
Longueur 1? lignes. Largeur 3 ligne.
Cette efpéce eft allongée. Sa tête , fon corcelet & fes
ailes font noires ; le ventre & les cuifles font jaunes , & le
refte des pattes noir. Elle porte fes ailes applaties & croi-
ées fur fon ventre. Les fix pointes qui terminent fon
corcelet , font rangées en demi-cercle comme des rayons,
8
au nombre de trois de chaque côté.
M US C A.
LA: MOUCHE,
Antennæ e patella plana Antennes formées par une
Solida , feta laterali feu pilo. palette platte & folide avec
une foie ou poil latéral.
Os probofcide abfque den Bouche avec une trompe
abus. fans dents.
Ocelli tres. Trois petits yeux liffes.
Familia 14, Alis variegatis. Famille 1°, Mouche à aîles
panachées.
——— 24, Ore larvato. 3 ——— 2", Mouches à maf-
que.
——— 3%. Variegate. ——— 3. Mouches pana-
chées.
——— 4%, Aurate, ——— 4°. Mouches dorées,
Pppi
484 HISTOIRE ABRÉGÉE
——— 4. Vulgares. ——— 5. Mouches commu-
nes.
La mouche eft un infette des plus communs & des plus
connus. Son caraëtere n’eft pas non plus difhcile à connoi-
tre. fi dépend de deux parties, favoir des antennes & de’
la bouche : c'eft la configuration de ces deux parties, qui
conftitué le caractere de la mouche.
Les antennes de cet infeéte font formées par quelques
piéces très-petites & très-courtes, & terminées par une
palette plus grofle , applatie, plus ou moins allongée,
compofée de plufieurs piéces , tellement unies, qu’il n’eft
pas aifé de les diftinguer. Du milieu ou du bas de cette
palette, part latéralement un poil ; une efpéce de foie, qui
fe trouve ainli placée fur le côté de l'antenne d’où elle
fort. Quant à la bouche de la mouche, elle n’a ni dents ni
machoires : c’eft une fimple trompe nue, molle , flexible,
ouverte par le bout, avec laquelle ce petit animal fucce
& pompe les liqueurs dont il fe nourrit.
De ces deux caraëteres , le premier eft commun à la
mouche , au ftomoxe , à la volucelle & à la némotele,
qui ont tous des antennes femblables, & il les diftingue
de tous les autres genres : le fecond caractere, celui de la
bouche , eft propre à la mouche, & au fcatopfe feul , qui
différe de la mouche par fes antennes. Cette derniere eft
la feule dans laquelle ces deux marques caraétériftiques
foient réunies , enforte qu’on ne peut ia confondre avec
aucun autre infeéte.
Ce que nous avons dit à la tête de cette feétion fur les
métamorphofes des infeétes qu'elle renferme , peut sap-
pliquer en particulier à la mouche ; ainfi pour éviter des
répétitions inutiles, nous nous étendrons peu fur les chan-
gemens de ce genre.
En général les larves des mouches reffemblent à des
efpéces de Vers mols, blanchâtres , fans pattes , dont {a
tête eft molle & de figure variable. Le corps de ces lar-
ves eft compofé de plufieurs anneaux , & leur bouche n’eft
DES INSECTES. 48$
autre chofe qu’une efpéce de fueçoir ; qui fouvent eft ac-
compagné d'un dard dur & pointu, & de deux crochets
écailleux placés latéralement , avec lefquels cet infeéte fe
tient accroché & en même tems pioche & déchire les
différentes matieres qui lui fervent de nourriture. Ces
larves refpirent l'air par quatre ftigmates , dont deux font
pofés antérieurement , un de chaque côté , aflez ordinai-
rement à la jonction du fecond & du troifiéme anneau, &
les deux autres font à l’extrémité du corps. Ces deux der-
niers font plus grands que les précédens & varient pour
la forme : quelquefois ils font cachés & comme enfoncés
fous une efpéce de bourrelet, d’autres fois ils font élevés
& reflemblent à deux cornes. Ordinairement dans l’ou-
verture de chacun de ces deux grands fligmates, on ap-
perçoit trois autres ouvertures plus petites , femblables à
trois petits ftigmates renfermés dans le grand. :
La demeure ordinaire de ces larves varie fuivant les
efpéces différentes de mouches auxquelles elles appar-
tiennent. Ces larves ont aufli quelques différences fingu-
liéres entr’elles qui méritent d'être obfervées.
Il y en a qui vivent fur les arbres & les plantes, & qui
fe nourriflent des pucerons qu’on y rencontre fouvent
par bandes très -nombreufes : celles- là font très -voraces.
Leur corps eft un peu allongé; elles Pallongent encore
davantage, elles étendent leur tête , & au défaut des yeux
qui paroiflent leur manquer , elles femblent s'en fervir
pour tâter & failir les pucerons. Lorfqu'elles les ont trou-
vés , elles les percent avec le dard de leur bouche, qu'el-
les retirent enfuite fous le fecond anneau de leur corps,
& fuccent à leur aife leur proie par le moyen de leur trom-
pe. Comme ces larves fe nourriffent de pucerons , quel-
ques Naturalifies ont appellé les mouches qu’elles pro-
duifent , mouches aphidivores ; comme qui diroit, man-
geules de pucerogs.
: D'autres larves de mouches vivent dans les chairs des
animaux morts & dans d’autres matieres pourries. Les
486 HISTOIRE ABRÉGÉE
mouches bleues de la viande font de ce nombre, On fait
combien on a de peine pendant l'été, à préferver la vian-
de de l'approche de ces mouches: elles y dépofent leurs
œufs , & ceft de ces œufs qu'éclofent ces vers blancs
qu'on voit dans la viande qui fe pourrit, & qui ne font
autre chofe que les larves de ces mouches. Ces larves,
outre leur dard , ont à la bouche les crochets écailleux
dont nous parlions tout-à-lheure. Elles s’en fervent , ainfi
que de leur dard, pour piocher & déchiqueter la viande,
qu'elles fuccent enfuite. Souvent, pour la rendre plus ten-
dre & plus facile à déchirer , elles l'arrofent d’une liqueur
vifqueufe & gluante, qui la rend plus aifée à fe gâter &
en accélere la putréfattion: Aufli en peu de jours voit-on
cette viande prefque réduite en une matiere pourrie »
affez fluide , dans laquelle nagent en grande quantité ces
larves blanches qui la trouvent fort à leur goût. D’autres
larves femblables , mais plus petites , ne s’attachent pas à
la viande , mais à une autre matiere pareillement très-
fujette à la pourriture. Le fromage fait leurs délices,
elles s’en nourrifflent, elles y vivent. Ces petites larves
n'attirent point l'attention pour leur forme qui n'a rien
de fingulier , mais fi on les fuit de près , elles préfentent
un phénomene particulier. La larve de ces mouches à
laquelle Syammerdam a donné fans fondement le nom
d’acarus , faute fouvent à la hauteur de fix pouces , ce
qui eft étonnant , vùû fa petiteffe. On ne conçoit pas d’a-
bord comment ce petit infecte peut exécuter un pareil
faut , on n’appercçoit à l’extérieur aucun organe qui paroiffe
pouvoir l'aider à fauter. Pour découvrir fa manœuvre, il
faut l’examiner & le fuivre attentivement. Alors on voit
cette petite larve fe dreffer fur fa partie poftérieure , & fe
tenir dans cette poftion gênante par le moyen de quel-
ues tubercuüles qui font au dernier anneau de fon corps.
Alors elle fe courbe, elle forme une efpéce de cercle,
& amenant fa tête vers fa queue ; elle enfonce les deux
crochets de fa bouche dans deux finuofités qui font à la
DES INSECTES. 487
eau du dernier anneau, & les tient ainfi fortement ac-
crochés. Toute cette opération eft faite en un inftant.
Pour lors l'infeéte fe contracte & fe redreffe vivemene &
preftement , tellement que les crochets font un peu de
bruit en fortant des enfoncemens dans lefquels ils étoient
retenus. Ce mouvement vif faifant frapper fortement le
corps à terre , fait rebondir l'infeéte : il faute & faute fou-
vent très-haut par ce mouvement élaftique. On voit fou-
vent ces larves en grande quantité dans le vieux fromage
à moitié pourri, mais perfonne avant SWammerdam n'a-
voit obfervé la jolie manœuvre dË cet infeëte. D’autres
Rarves femblables vivent dans la fiente & les excrémens
de l'homme & des animaux. Comme elles n’offrent rien
de particulier , nous ne nous arrêterons pas à confidérer
des infectes fi fales & fi mal-propres.
- L’eau fert aufli d'habitation à quelques larves de mou-
ches, mais ce ne font point les eaux claires, pures &
tran/parentes ; c’eft dans les eaux bourbeufes , puantes ,
dans les cloaques & les latrines que fe plaifent ces infeêtes.
Quelque dégoütantes cependant que paroiflent ces lar-
ves, elles méritent l'examen & l’attention d’un Natura-
lifte. Semblables à des efpéces de vers , elles ont en-def-
fous fept paires de mammelons courts & membraneux
qui reflemblent à des jambes , & qui en font réellement
l'office : mais ce qu'il y a de plus fingulier ,c'eft que ces
efpéces de larves, au lieu de ftigmates, ont à l'extrémité
du corps une longue queue qu s'éléve à la furface de
Peau pour pomper l'air. Cette queue a fait nommer ces
infeëtes par M. de Reaumur, les vers à queue de rar:
Quoique le corps de la larve wait pas plus de fept à
huit lignes de long , cette queue peut s’allonger beau-
coup , fuivant que la furface de l’eau eft plus élevée : elle
fe prolonge quelquefois jufqu'à cinq pouces s’il eft nécef.
faire. Le tuyau qui compofe cette queue n’eft pas fim-
ple ; il eft compofé de deux , dont l’un entre dans l'autte,
comme ceux des lunettes d'approche, Tous deux font ca-
488 HISTOIRE ABRÉGÉE
pables d’allongement , & le dernier fe termine au bout
par un mammelon qui donne entrée à l'air. C'eft par-là
que cet infeéte refpire ; & c’eft par cette raifon qu’il étend
fa queue jufqu'à la furface de l’eau , pour recevoir l'air
par ce ftigmate allongé. Aufli ces larves ne vivent-elies
pas dans des eaux profondes , où leur queue ne pourroit
parvenir à la furface du liquide.
Les nymphes de toutes ces larves font renfermées dans
des coques formées par la peau même de l'infeéte , qui
fe durcit. Ces coques ont , de même que les larves, des
figmates à leur partie*antérieure & à leur partie pofté-
rieure. C’eft fous cette coque ferme & folide , que la lar-
ve fe change d’abord en boule allongée & enfuite en nym-
phe ; dans “laquelle on reconnoit toutes les parties de l’in-
fecte parfait ou de la mouche qui en doit fortir.
Ces coques de mouches ont quelques différences en-
trelles fuivant les larves qui les ont produites, & les
mouches différentes qui en doivent fortir. Nous avons
déja dit dans le difcours général qui eft à la tête de cet-
te fettion, que les mouches aphidivores , qui vivent fur les
plantes &. fe nourriffent de pucerons , avoient des coques
qui n'étoient pas rondes, comme les autres, mais plus
groffes par un bout & pointues par l’autre ; enforte qu’elies
imitoient la figure d’une larme. Lorfque la larve de ces
mouches veut fe métamorphofer aini , elle commence
par jetter & faire fortir de fa bouche une liqueur gluante,
ayec laquelle elle fe fixe fur une feuille ; ou fur une tige
de plante. Quelques heures après elle change de figure &
prend. la forine linguliere que nous venons de décrire.
Cette coque eft platte en-deffous., du côté où elle eft col-
lée à la feuille, & arrondie en- url Mais ce qu’elle a
de plus fingulier , C’eft que Îa partie la plus groffe qui ré-
si au derriere de la larve. , renferme la tête de la nym-
phe &. de la mouche, tandis que, Pautre qui ef éfilée,
& qui dans la,larve formoit la tête, renferme la partie
poftérieure de la chryfalide. I femble que linfecte , avant
. que
DIS INSEE THERS 489
que de fe changer en nymphe fe foit retourné bout à bout
dans cette coque. Elle eft tranfparente dans les commen-
cemens : elle devient opaque fur la fin, lorfque l’infette
eft formé & prêt à en fortir.
La coque des mouches bleues de la viande & de beau-
coup d’autres mouches , n'a rien de fingulier. Elle eft
ovoide , & les anneaux qu'on y diftingue très-bien, la
font reflembler à un petit baril arrondi par les deux
bouts. Ces coques font ordinairement d’un brun plus ou
moins foncé. Mais une coque moins fimple & bien plus
finguliere , c’eft celle de ces larves aquatiques à queue de
rat dont nous avons parlé plus haut. La coque de ces
infeétes n’eft pas moins remarquable que leurs larves. Ces
larves fortent de l’eau pour fe métamorphofer, & vont
s’enfoncer en terre , comme beaucoup d’autres. Leur co-
que fetrouve formée parleur peau, qui devient brune & fe
durcit. Mais la forme de la coque différe beaucoup de
celle de la larve. D'abord la longue queue qu'elle avoit
fe raccourcit , & devient beaucoup plus petite. De plus
on voit naître à la tête de la coque quatre petites cornes,
qui font un peu courbées & pofées en quarré. Ces cor-
nes fervent à la nymphe pour refpirer, & répondent aux
quatre fligmates du corcelet de la mouche qui en doit
fortir. Enfin la mouche parfaite fort de cette coque au
bout de huit ou dix Jours , en faifant fauter, la partie fupé-
rieure de fa coque , dont la calotte fe divife en deux
iéces.
Plufeurs autres coques de mouches ont de femblables
cornes au nombre de deux ou de quatre, Leur ufage eft
le même dans toutes : elles fervent à la nymphe pour
refpirer. J'en ai fur-tout remarqué fur plufieurs coques des
mouches mafquées , dont nous parlerons bientôt ;, & dont
les larves fe trouvent aflez fréquemment dans l’eau.
L'infecte parfait fort de fa coque , en faifant féparer la
partie fupérieure de cette coque , par le moyen de cette
efpéce de corps charnu , qui fe voit fur la partie antérieure
Tome II. Q qq
490 HISTOIRE ABRÉGÉE
de ja tête , & qui difparoit enfuite , lorfque l’infeûe eft
refluyé & féché. Nous avons dit que c’étoient les mouve-
mens alternatifs de contradion & de dilatation de ce tu-
bercule , qui forcçoient la coque à s'ouvrir, & nous avons
expliqué le méchanifme par lequel l'ouverture fe faifoit
toujours à la même place & au même endroit.
Lorfque la mouche parfaite & aïlée vient de fortir de
cette coque , elle paroît d’abord fort petite. En peu de
tems elle fe développe & groflit finguliérement , elle pa-
roit plus grofle qu'elle ne doit être , mais en fe féchant
elle diminue un peu, & reprend je véritable volume
qu'elle doit avoir.
Ces mouches , après leur métamorphofe, ne tardent pas
beaucoup à s'accoupler. C’eft fur-tout dans ce genre que
laccouplement fe fait de la maniere finguliére que nous
avons rapportée. La partie du mâle eft ouverte, & c'eft
elle qui reçoit celle de la femelle , qui entre dans le corps
du male pour être fécondée. En voyant cette manœuvre
tout-à-fait contraire à ce qui fe pafle dans les autres ani-
maux & même dans les infeétes, on eft tenté de croire
qu’on fe trompe & qu’on a d’abord pris le mâle pour la
femelle ; mais il n°y a pas à fe méprendre fur cet article :
outre que les femelles font plus groffes & ont le ventre
plus rebondi que les mâles , il fufüit d'ouvrir le ventre
d’une d’entrelles, on y trouvera les œufs qu’elle doit
dépofer.
Nous avons dit que ces œufs varioient pour la couleur
& pour la forme. Par exemple, ceux des mouches bleues
de la viande, font de couleur de nacre, ils font oblongs ;
un peu courbés ,avec une languette fuivant leur longueur,
quis’entr'ouve pour laïffer fortir la petite larve qui en doit
éclore. Ceux de la mouche, dont la larve eft à queue de
rat , font blancs, oblongs , & vüs à la loupe ils paroiflent
chagrinés. La mouche ne les dépofe pas dans l’eau où
doit habiter la petite larve qui en proviendra , mais pro-
che de l’eau dans un endroit humide ; d’où les larves
DES INSECTES. ai
naiflantes puillent aller gagner l’eau. D'autres œufs bien
plus finguliers , font ceux de la mouche r1erdivore , dont
la larve vit dans la fiente. Ces œufs qui font blancs &
oblongs, ont à un de leurs bouts deux efpéces d’ailerons,
qui s’écartent l’un de lPautre comme deux cornes. Une
areille conformation étoit néceffaire à caufe de Pendroit
où cet iniecte dépofe fes œufs. II les place, & ies pique
dans les excrémens des cochons, des vaches & autres
femblables. Ces ailerons empêchent que l'œuf ainfi piqué,
ne puille enfoncer trop avant ; une partie de l’œuf,depuis
Porigine des cornes, refte dehors, & le petit naïflant ne
rifque pas de périr enfeveli fous la matiere qui doit faire
fon aliment. T'ous les œufs des mouches ne font pas auffi
finguliers ; néanmoins en les regardant à la loupe, on en
voit beaucoup qui font diverfement cannelés & travaillés,
tandis que d'autres font lifles, fimples & unis.
D’autres mouches ne font point d'œufs, elles font vi-
vipares : leurs petites larves fortent toutes vivantes du
corps des meres. Ces infeétes ne peuvent pas faire à la
fois autant de petits que les mouches ovipares fonr d’œufs.
Les œufs tiennent peu de place, au lieu que les petits
étant plus gros , ne peuvent guères être plus de deux en-
femble dans le ventre d'une mouche. Aïnfi ces mouches
ne font que deux petits à la fois , tandis que les ovipares
font des centaines d'œufs. Les efpéces qui font dans ce
cas ne font pas nombreufes , nous n’en connoiffons que
deux, quoique peut-être il y en ait davantage. Ces deux
efpéces de mouches vivipares fe trouvent l'une & l’autre
fur le lierre.
Quant aux efpéces de ce genre , elles font fort nom-
breufes , & quoique nous donnions Le détail d'environ
quatre-vingt efpéces , je fuis perfuadé qu’il y en a encore
plufieurs que nous avons omis. Comme ces efpéces offrent
toutes certaines différences , nous avons cru devoir en
profiter pour les diftribuer en cinq familles différentes , ce
qui facilite la recherche que l’on peut faire de quelque efpé-
Qqqïi
492 HISTOIRE ABRÉGÉE
ce. Nous avons rangé dans la premiere famille les mou-
ches dont les ailes ont des couleurs différentes qui les
panachent & les bigarrent. Tantôt , c’eft une partie de
Paile qui eft d’une couleur , tandis que le refte eft autre-
ment coloré ; tantôt , ce font des bandes , des zig-zags , ou
des points qui diverfifient les ailes , tantôt enfin , il wy a
que la bafe de l'aile qui foit colorée. La feconde famille
renferme des mouches qui ont un caraélere fingulier. Tou-
tes ont fur le devant de la tête une pellicule ordinairement
de couleur claire tirant fur le blanc ou fur lé jaune qui
paroît comme renflée , & qui forme à l'infeëte une efpéce
de mafque , ce qui a fait donner à ces mouches le nom de
mouches mafquees. Ces infeëtes ont le corcelet allongé, les
palettes des antennes plus longues que dans les autres
efpéces , & quelquefois les ailes arrondies par le bout.
Toutes ces particularités leur donnent un port aifé à re-
connoître. Les larves qui donnent naiffance à ces mouches
mafquées , viennent dans l’eau & y font leurs métamor-
phofes. On trouve fouvent ces larves dans les eaux dor-
mantes parmi la /ezrille d'eau. Leurs coques qui ne font
formées que par la peau de la larve endurcie , font remar-
quables par deux petites cornes aigues qu’elles portent
à l'endroit de la tête. Lorfque la mouche fort de fa
coque ,; ces deux petites cornes reftent à la calotte qui
fe détache. Nous avons placé ces mouches immédiate-
ment après la premiere famille , parce que plufieurs d’en-
trelles ont les ailes panachées ou pointillées , ce qui
les rapproche des premieres. Nous avons renfermé dans la
troifiéme famille les mouches , dont le corps lui-même eft
panaché de plufieurs couleurs. Parmi ces efpéces , il y en
a de très-Jolies. C’eft à cette famille que fe réuniffent les
mouches aphidivores , celles dont les larves fe nourriffent
de pucerons ; la plüpart de ces mouches ayant le corps pa-
naché de plufieurs couleurs. Mais nous n'avons pas cru
devoir féparer ces aphidivores & en former une famille à
part , d'autant que ce n'eft que dans la larve qu'on peut
DIESN ÆNSECTES: 493
obferver cette diftinétion , & non pas dans l'infeête parfait
qui ne mange point de pucerons. D'ailleurs ces mouches
étant variées & bariolées , fe trouvent naturellement ran-
gées dans cette famille. La fuivante nous préfente les plus
brillantes efpéces de mouches , les mouches dorées. Ces
efpéces ne font pas fi nombreufes , mais plus éclatantes
our la couleur, foit dorée , foit cuivreufe qui brille , tan-
tôt fur leur ventre , tantôt fur leur corcelet & fouvent
fur tous les deux. Enfin nous terminons ce genre par une
derniere famille qui comprend les mouches ordinaïres ,
celles qui font les plus communes & qui n'ont rien de
remarquable.
Nous ne dirons rien de plus fur les efpéces que nous
allons détailler chacune en particulier.
PRE MI ERE A MILL LE.
Mouches à aïles panachées.
3. MUSCA rigra ; als nigris apice macula rotunda
alba.
Linn. faun. fuec. n. 1051. Mufca alis nigris, apice albis.
Linn. [yft. nat. edit. 10, p. $99, n. 84. Mufca antennis fetariis alis nigris apice
albis.
AGE, Upf. 1736 ,p. 33, n. 50. Mufca nigra alis fufcis , apicibus albis,
La mouche à afles noires & tache blanche à l'extrémité.
Longueur 2 lignes. Largeur + ligne.
Cette petite mouche eft life & toute noire : fes aïles
font pareillement noires , mais l'extrémité de l’aile fe ter-
mine par une tache ronde de couleur blanche. J'ai trouvé
cette mouche dans le Jardin Royal fur les fleurs.
2. MUSCA atra hirfuta , margine alarum tenuiore
Jinuato-albicante.
Linn. faun. fuec. n. 1067. Mufca atra , margine alarum tenuiore finuato-
albicante. ke
Linn. [yff. nat. edir, 10, p.550, n. 7. Mufca antennis filatis fubulatis , corpore
hirto aro , alis dimidiato nigris, . r
494 H1:STONREMABRÉAGÉE
AG. Upf. 1736, p. 32, n. 35. Mufca atra, alarum margine inferiore albefcente
lacerato.
Aldrov. inf. 348 ,t.2 fig. 13.
Jonff. inf. t. 8. Mufcarum aldrovandi. ord. 2 , f. 13.
Reaum. inf. tom. 6 , tab. 27, f. 13.
La mouche à aïles noires bordées de blanc onde.
Longueur 6 lignes. Largeur 2 à lignes.
Cette mouche varie beaucoup pour la grandeur : J'ai
donné les dimenfions de la plus grande que J'aye , mais il
y en a de beaucoup plus petites. Elle eft toute noire & ve-
lue , feulement les bords des anneaux de fon ventre ont
chacun deux ou quatre taches blanches. Les aîles font auffi
noires , à l'exception de leur bord intérieur qui eft blanc.
Ce blanc forme différentes finuofités , enforte que l'aile
aroit com'ne déchiquetée. Ces ailes font longues &
Feet plus grandes que le corps. On trouve fouvent
cette mouche dans les jardins.
3. MUSCA cinerea , alis albis apice macula rotunda
radiata.
La mouche à l'etoile.
Longueur 1 : ligne. Largeur à ligne. ‘
Cette petite mouche eft de couleur cendrée, il n’y a
que l’extrémité de fon corcelet & celle de fon ventre , qui
foient noires. Ses pattes font de couleur fauve. Ses ailes
font très - blanches , à l'exception d’une tache ronde affez
grande & de couleur noirâtre pofée fur l'extrémité , des
bords de laquelle fortent des nervures qui forment comme
des rayons , enforte que cette tache reffemble à un afe-
rifque.
4 MUSCA ads albis , apice nigris. Linn. faun. fuec.
1 1052.
Linn. [yff. nat. edit. 10, p. $99 , n. 86. Mufca vibrans.
AG, Upf. 1736,p. 33 , n. 49. Mulca nigra vibrans, alis albis apicibus nigris,
|
La mouche à aëles vibrantes poniluées.
Longueur 22 lignes. Largeur + ligne.
DES INSECTES. 495
Cette mouche eft de forme prefque cylindrique : fa
couleur eft noire, fon ventre cependant eft fouvent un peu
doré. Sa tête eft rouge , & les pattes font jaunes dans
les femelles , noires dans les mâles. Le ventre ne fe termi-
ne pas en pointe , mais il eft affez obtus par le bout. Les
ailes font blanches , avec un point ou petite tache ronde &
noire vers le bout. La grandeur de cette mouche varie, On
la voit fouvent fur les arbres, & elle eft très-aifée à recon-
noitre par le mouvement de fes aïles qu’elle éleve & baifle
continuellement.
$. MUSCA arra , bat alarum ferruginea. Linn. faun.
Juec. n. 1077.
Linn. fyf. nat. edit. 10, p.596, n. $6. Mufca groffa,
Reaum. inf. tom. 4, tab, 16, fig. 10.
La mouche noire à bafe des aïles jaune.
Longueur 3 3 lignes. Largeur 1 + ligne.
Cette efpéce eft toute noïre , à l'exception de fes yeux
qui font bruns , d’une tache dorée au-devant de chaque
œil , des écailles de deffous les aîles qui font blanchâtres ,
& de la bafe de fes ailes qui eft de couleur fauve. Son
corps eft parfemé de quelques poils noirs & longs , fem-
blables à des petits crins. Elle reffemble beaucoup à la
trente - quatriéme efpéce ; elle a, comme elle , un ventre
gros hémifphérique , dans lequel elle ne porte jamais que
deux gros œufs à la fois. Elle les dépofe dans les bouzes de
vaches. On trouve cette mouche dans les prés.
6 MUSC A zigra , abdominis baft maculis fulvis ;
alarum fafcia tranfverfa nigra ; baft fulya.
La mouche noire à bafe des aïles & du ventre fauve.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 & ligne.
Elle eft d’une couleur noire un peu luifante. La bafe de
fa tête fous les yeux , eft un peu blanchâtre. Au haut de
fon ventre , font deux taches fauves, une de chaque côté,
qui en-deffous du ventre fé réuniflent , enforte que toute
496 HrSTONRE ABRÉGÉE
la bafe du ventre eft fauve en - deffous. Les ailes affez
allongées, ont dans leur milieu une bande tranfverfe noire
& large , & au-deflus de cette bande la bafe de l’aîle eft de
couleur fauve. Tout le corps de l’infecte eft un peu allon-
gé. Je l'ai trouvé au printems.
7: MUSC A #horace atro , abdomine fufco ; baft alarum
Jferruginea.
Reaum. inf. tom. 4, tab. 29 , fig, 9.
La mouche noire à ventre brun & bafè des aïles fauve.
Sa grandeur eft un peu moindre que celle de l’efpéce
précédente. Sa tête eft noire fans tache dorée devant
les yeux : le corcelet eft de même d’un noir matte ; le
ventre eft brun & les ailes ont leur bafe un peu fauve.
Cette efpéce fe trouve l'automne fur le lierre dans
les bois. Elle a une particularité , c’eft qu’elle eft vivipare,
& quelle fait des petites larves toutes formées , au lieu
que la plüpart des autres font ovipares. Elle n’eft pas
cependant la feule. On en trouvera encore une dans la
quatriéme fection qui vient aufli fur le lierre & qui ef pa-
reillement vivipare.
8. MUSC A alis albis , Linea undulata fufca figmoidæa.
Linn. faun. fuec. n. 1063. Mufca alis albis, linea geminata littera S fufca , ocu-
lis viridibus.
Linn. [yfE. nat. edit. 10 , p. 600 , n. 97. Mufca cardui.
Blanck. belg. 189 ,r. 16, fig. F.
Goed. gall. tom. 2 , tab. L.
Lift, Goed. 313, p. 102,1. 129.
Rezum. inf. om. 3, tab. 44 ,f. 1,2. Grab. 45, fe 125 133 14e
La mouche à zig-xag fur les aïles.
Longueur 2 + lignes. Largeur + ligne.
La couleur de cette mouche eft d’un brun noir, fes
pattes font d’une couleur un peu plus claire , fa tête eft
jaunâtre & fes yeux font d’un beau vert. Ses ailes font
blanches , mais fur chacune il y a une bande noire ondée
en zig-zag affez large , qui trâverfe quatre fois l'aile en
defcendant
Dirisi JN:SE CITES. 407
defcendant obliquement d’un côté à l’autre. L'extrémité
inférieure du corcelet eft blanche , & non pas l'extrémité
du ventre, comme il eft marqué par erreur dans la Fauna
Juecica.
Cette mouche dépofe fes œufs dans les tiges & les têtes
de cirfium & de chardons, ce qui y produit des-tubérofités
monftrueufes , dans lefquelles habite la larve où elle fe
métamorphofe , & d'où fort la mouche parfaire. En exami-
nant la femelle de cet infe&te , on apperçoit à Pextrémité
de fon ventre, l’inftrument qui lui fert à piquer les têtes
des chardons. Le dernier anneau de ce ventre eft renflé
vers fa bafe , & il en fort une efpéce de pointe fine &
dure ; compofée de deux piéces l’une au bout de l’autre ,
dont la derniere ef très-aigue. Quelque fine que foit cette
derniere piéce , elle a cependant dans fa longueur une
fente ou rainure , pour le paflage des œufs qu'elle fait
couler dans les têtes de chardons qu'elle a piquées.
9. MUSCA as unguiculatis ; albo fufcoque reticulatis ;
linea undulata fiomoidæa nigriore.
La mouche à aïles réticulées avec une tache en zig xäg.
Longueur 2 lignes. Largeur ligne.
Sa couleur eft brune : fa tête , fes pattes & la pointe
de fon corcelet tirent plus fur le jaune. Ses aîles font réti-
culées de brun , enforte que le blanc forme des petites ta-
ches rondes. Outre ce refeau , il y a fur l’aîle une raie
ondée en zig-zag de couleur plus brune , qui traverfe cinq
fois la largeur de l’aile en defcendant obliquement d’un
bord à lautre. Les ailes font onguiculées , c’eft-à-dire,
que vers le milieu de leur bord extérieur il y a une petite
pointe en crochet.
10. MUSCA a%s unguiculatis , albo fufcoque reticulatis
macula duplici nigra.
La mouche à afïles reticulees ayec deux taches noires.
Longueur 3 3 lignes. Largeur 1 ligne,
Tome II. # RerE
493 HiSTOIRE ABRÉGÉE
Elle approche beaucoup de la précédente pour la forme
& la couleur ; mais outre qu’elle eft plus grande , fa cou-
leur eft plus cendrée & le ventre un peu brun. Les aîles
font réticulées de brun , comme dans l’efpéce précédente,
& outre ce refeau , il y a deux taches noires plus foncées
que le refeau: l’une placée vers le milieu de laile & de
forme allongée , defcend obliquement du bord extérieur
vers l’intérieur ; l’autre placée plus bas, touche le bord ex-
térieur & inférieur de l'aile , & elle eft plus arrondie. C’eft
fur-tout par ces deux taches, que cette efpéce différe des
précédentes à zig -zag. Dans celle - ci, le crochet du bord
extérieur de l'aile eft plus fenfible que dans la précédente.
Les larves de cette mouche habitent dans les têtes de
Paunée. ( Enula campana. )
11. MUSC A zigra, alis albo nigroque rericulaiis,
fafciis tranfverfis ob/curioribus.
La mouche à afïles réticulees à bandes.
Longueur 2 X lignes. Largeur = ligne,
Elle eft noirâtre , avec une petite raie blanche fous Îes
yeux. Ses ailes font chargées d’un fort refeau noir , & ont
trois ou quatre bandes tranfverfes encore plus noires que
le refte. Tout cela donne à l’infeéte un air noirätre. J'ai
trouvé cette mouche dans des Jardins.
12. MUSCA ffava , alis fulvis , macula triplici , punc-
tifque plurims fufcis.
La mouche à aïles jaunes chargées de points & de trois
taches brunes.
Longueur 2 3 lignes. Largeur = ligne.
La forme de cette mouche eft arrondie & courte. Tout
fon corps eft d’un jaune un peu fauve. Ses aïles font pref-
que de la même couleur & chargées de beaucoup de peti-
tes taches brunes , parmi lefquelles il y en a trois plus
remarquables & plus grandes , dont une eft au milieu
du bord extérieur, une autre plus bas attenant le bord inté-
DES INSECTES.
rieur ; & la troifiéme occupe la pointe de l'aîle. Cette
efpéce approche beaucoup de celle que décrit M. Lin-
næus , n°. 1057 de la Faura fuecica.
13. MUSC A cinerea , als albis ; macula triplici punc-
tifque plurimis fufcis.
La mouche à aîles Blanches chargtes de points & de trois
taches brunes.
J'avois d'abord regardé cette mouche comme une va-
riété de l'efpéce précédente , à laquelle elle reffemble
pour fa grandeur & les taches de fes ailes ; mais la forme
de fon corps eft différente, celle - ci ef plus allongée. Sa
couleur eft cendrée : fes ailes font blanches , chargées
de points bruns , & de trois taches plus remarquables ,
dont les deux premieres font placées comme celles de
l’efpéce ci-deffus , & la troifiéme vers le bord extérieur , à
une diflance aflez marquée de la pointe de l'aile , qui dans
cette efpéce eft blanche ; en quoi elle différe encore de la
précédente.
14. MUSCA as unguiculanis albis , fafciis tribus
fafcis ; thoracis apice flavo.
Linn. faun. fuec. n. 1064. Mufca alis unguiculatis albis, fafciis quatuor fufcis,
thoracis apice flavo.
La mouche des têtes de chardons.
Longueur 1 5 ligne. Largeur ligne.
Sa tête eft jaune & fes yeux font bruns. Son corcelet eft
cendré & fa pointe eft jaune. Le ventre eft noir & les pat-
tes font fauves. On voit fur les ailes , qui font blanches ,
trois bandes brunes : la premiere eft tranfverfe , un peu en
arc , & ne va pas Jufqu'au bord intérieur de l'aile ; la
feconde plus baffe , traverfe toute la largeur de l’aïle ; la
troifiéme , jointe à la feconde au bord extérieur de l'aile ,
parcoure ce bord jufqu'à fa pointe. Le bord extérieur
de cette aile a une très-petite dent à l’endroit de la pre-
Rrri]
s00 HISTOIRE ABRÉGÉE
miere bande. L’efpéce de Linnæus pourroit bien être une
variété de celle-ci, d'autant que la nôtre femble avoir un
petit trait , qui tient la place d’une bande qui lui manque
proche la bafe de l'aile. Toutes les deux fe trouvent fur les
feuilles & les fleurs de chardons & de cirftum. Elles vien-
nent de larves qui fe logent dans les têtes de ces char-
dons, qui les mangent & qui y font leurs métamorphofes.
15. MUSCA flaefcens ; alis albis , fafciis quatuor
tranfverfis fufcis , nonnullis connexis , thorace punis
ZILOTES.
La mouche jaune à quatre bandes brunes fur les ailes.
Longueur 1 + lignes. Largeur 1 ligne.
Sa couleur eft d’un jaune un peu fauve, fes yeux font
noirs ; & la partie inférieure de fon corcelet eft chargée de
taches noires & rondes. Ces taches font difiribuées en
cinq bandes longitudinales de trois points chacune. Les
ailes blanches & fans onglet , ont quatre bandes tranfver-
fes brunes , dont les deux d’en- bas font réunies enfemble
au bord extérieur de l'aile. Le ventre plus gros dans les fe-
melles que dans les mâles , a quelques raies noires tranf=
verfes.
16. MUSCA rigra ; alis albis , fafciis quinque tranfver-
.
JEs nigris ; nonnullis connexis.
La mouche noire à cing bandes noires fur les aïles.
Longueur 1 + ligne, Largeur ? ligne.
Cette petite mouche eft toute noire. Ses aïles font blan-
ches , avec cinq larges bandes noires tranfverfes qui
laiffent peu de blanc entr'elles. De ces cinq bandes , la
premiere occupe la bafe de l'aile , & n’eft féparée de la fe-
conde que par un petit trait blanc prefqu imperceptible : la
feconde & la troiliéme s’uniffent vers le bord intérieur de
l'aile : entre cette troifiéme & la quatriéme , eft un inter-
valle blanc affez confidérable ; enfin la quatriéme & la cin-
quiéme s’uniflent au bord extérieur de l'aile ; le bout
DES INSECTES. so
des aîles eft blanc. J'ai quelquefois trouvé cette petite
mouche en grande quantité dans les bois.
17. MUSC A fulya , alis unguiculatis fulvis fufco
marmorans , maculis albis.
La mouche à aïles marbrees.
Longueur 3 lignes. Largeur 1 ligne,
à Sa couleufr eft d’un fauve roux. Ses ailes grandes & lar-
ges , font brunes, rouffes , enfumées & comme marbrées
de raies & de taches brunes & noires. De plus ; chaque
aile a plufieurs taches blanches ; 1°. plufieurs petites , ran-
gées d'efpace en efpace le long du bord extérieur ; 29. plu-
fieurs longues & contigues , formant une bande longitu-
dinale qui parcoure le milieu de l'aile depuis fa bafe , juf-
qu'aux deux tiers de fa longueur ; 3°. quelques - unes aflez
marquées placées au bord intérieur. Le bout de l'aile eft
de couleur plus foncée que la bafe.
18. MUSC A gra, alis fufcis , fafcia duplici tranfver/aæ
alba.
La mouche noire à deux bandes blanches fur les afles.
Longueur 1 ligne. Largeur + ligne. :
Cette très-petite mouche eft allongée. Sa couleur eft
d’un noir life , comme du jayet. Ses aïles font couchées fux
les côtés de fon corps qu’elles enveloppent ; comme
S'il ny en avoit qu'une ,; ce qui lui donne une forme
un peu cylindrique. On reconnoît aifément cette petite
efpéce par la couleur de fes aîles qui font d'un brun noir ,
avec deux bandes tranfverfes blanches , l’une vers la bafe
de l’aile ; l’autre plus bas vers les deux tiers. Les pattes
font ailongées & noires , à l'exception de leur bafe qui eft
pâle & un peu fauve. Chaque fois qu’on voit cet infeéte ,
on a peine a le prendre pour une mouche , & à la premiere
vüûe ; il refflemble à un cloporte. On le trouve fouvent
fur les feuilles des arbres dans les bois, [Il marche vite.
502 HISTOIRE ABRÉGÉE
SE C'ONN DEN A MI L LE;
Mouches à mafque.
19. MUSCA cinerea , alis fubfulbyis , fafciis quatuor
ÉTar1 verfis JILQTIS s LeTtia LIILETTUpEZ.
La mouche cendrée à quatre bandes noires fur les aïles ,
dont la troifième efl divifée en deux.
Longueur 3 lignes. Largeur + ligne.
La couleur de cette mouche eft grife , avec quelques
poils noirs clair femés. Sa rète eft jaune , & elle a en-
devant une pellicule qui lui forme un mafque. Ses pattes
font brunes : fes ailes plus longues que le corps, le débor-
dent de près de moitié : elles font un peu jaunûtres , & fur
chacune , il y a quatre bandes tranfverfes brunes & noirà-
tres. La premiere de ces bandes , celle qui eft la plus
proche de la bafe de l'aile , eft courte & ne forme qu'une
tache oblongue : la feconde eft plus large , & ne va
cependant que depuis le bord extérieur de l'aile , jufqu’au
milieu de fa largeur : la troiliéme en occupe toute la
largeur d’un bord à l’autre , mais elle eft interrompue
dans fon milieu & partagée en deux : enfin la quatriéme
eft précifément à la pointe de l'aile qu’elle occupe toute
entiere. J'ai trouvé cette mouche dans les prés.
50. MUSC A cinerea ; nigro punélata , alis albo fufcoque
marmoraiis.
La mouche cendrée à points 8 aïles marbrees.
2
Longueur 3 lignes. Largeur 3 ligne.
Cette mouche eft toute grife , à l'exception du mafque
antérieur de fa tête qui eft blanc , ainfi que fes antennes
qui font blanchâtres & aflez grofles. Sa tête , fon corcelet
& une partie de fon ventre , font chargés de points noirs ;
qu’on voit très-bien à la loupe , & de chacun defquels part
un poil. Les ailes débordent le ventre d'un bon tiers ;
D'ESS A N SECTE": 503
ce qui fait paroitre l’infeéte aufli long que nous l'avons
marqué. Ces aîles font blanchâtres , avec des bandes tranf-
verfes brunes , mais peu diftinétes, ce qui les rend comme
irréguliérement marbrées de blanc & de brun. On m'a
apporté cette Jolie mouche.
21. MUSCA as fufco reffelato-reticulatis.
La mouche à aïles réticulées de brun.
Longueur 3 lignes. Largeur 3 ligne.
Sa tête eft un peu fauve , le mafque du devant eft d’une
couleur Jaune claire & les yeux font bruns. Le corcelet
en-deffus eft noirâtre , un peu cendré. Le ventre eft fau-
ve dans les mâles ; dans les femelles il eft un peu noirâ-
tre en-deflus. Les pattes font de couleur fauve. Mais ce
qui fait aifément reconnoitre cette efpéce de mouche,
ce font les aïîles qui font blanches , tranfparentes , avec
un refeau brun , formée de mailles quarrées ; compofées
de beaucoup de bandes tranfverfes , que coupent en
droite ligne les nervures de l'aile & plufieurs raies longi-
tudinales.
22. MUSC A thorace nigro, abdomine fulyo clavato,
alis fufco nebulofis.
La mouche à corcelet noir, à gros ventre jaune & aïles
enfumees.
Longueur 21 + lignes. Largeur à ligne.
Sa tête eft jaune & fon mafque eft gros & blanc. Son
corcelet eft noir , avec deux bandes de poils, qui vûs à
un certain jour , paroiflent blancs. Les côtés & le deffous
de ce corcelet font bruns. Le ventre eft pareillement d'un
brun fauve. Sa forme eft finguliére : ce ventre eft étroit
à fa bafe & va en groffiffant jufqu’à fon extrémité, où
il fe termine par un bout affez gros, à peu près comme
dans les ichneumons. Les pattes font de la même couleur
que le ventre, Les ailes arrondies & courtes , font comme
s 04 Hi1STOIRE ABRÉGÉE
enfumées de brun. Ce brun ou noir, eft plus fenfible vers
le bord extérieur de l'aile , & forme de plus trois bandes
tranfverfes un peu plus marquées , entre lefquelles il ÿ
a des efpaces plus blancs. J'ai trouvé cette mouche fur
des couches humides dans des Jardins.
23. MUSCA jfulva , abdomine flavo, fégmentt prime
& fécundi margine nigro, alis fulyo nebulofis.
La mouche à zones.
Longueur 8 lignes. Largeur 3 lignes.
Son mafque eft gros & jaune , & fes yeux font bruns :
fon corcelet life & luifant eft d’un jaune fauve. Son ven-
tre eft gros , d’un jaune aflez clair, avec deux bandes
noires & larges qui terminent le premier & le fecond
anneau. Les ailes ont des nervures d’un jaune un peu brun,
fur-tout vers le bout. Les pattes font d’un brun noir.
24. MUSC A cinerea , thorace fafciis rigris, alarum
margine externo maculis fufcis, medio punéo nigro.
La mouche à taches brunes fur le bord de l'aile & pornt
noir au milieu.
Longueur 3 lignes. Largeur à ligne,
La tête de cette mouche eft rougeatre & fes yeux font
bruns. Les palettes de ces antennes font très-longues.
Son corcelet eft entrecoupé de bandes longitudinales
alternativement noires & cendrées. Son ventre eft noira-
tre. Ses aîles plus longues que le ventre, ont fur leur
bord extérieur trois ou quatre taches brunes,dont la dernie-
re qui termine l'aile eft la plus grande. De plus fur le
milieu de l'aile ,il y a un point noir, outre une nervure
tranfverfe bien marquée, qui eft un peu plus bas. Les
pattes font de couleur fauve.
25. MUSCA cinerea, thorace fafciis fufcis ; alarum
margine externo flavefcente, fingula punélis tribus age
a
D'EISYANSECTES-. sos
La mouche à Bord des aïles jaunätre , & trois points
noirs fur chacune.
Longueur 3 lignes. Largeur = ligne.
Elle refflemble infiniment à’ la précédente , fa couleur
feulement eft un peu plus brune , & fon mafque eft plus
blanc. De plus fes aîles ont leur bord extérieur Jaunître
& trois points noirs, favoir un fur le milieu de l'aile , un
plus bas attenant le bord extérieur , & un troifiéme vis-à-
vis ce dernier , près du bord intérieur. Les pattes font
d’une couleur brane fauve.
La larve aquatique qui m'a donné cette mouche , étoit
d'un beau vert clair de pomme. Sa coque plus brune
avoit deux tubérofités , une de chaque côté, plus haut que
le milieu , & à fa partie antérieure elle portoit deux pe-
tites cornes aigues. La mouche en eft fortie chez moi.
On trouve fouvent ces larves parmi les lentilles d’eau.
26. MUSC A rigra , abdomine fulvo fafcia longitudinale
nigra , alis albo fufcoque vartegatis.
La mouche à aïles géographiques.
Longueur 4 Z lignes.
Sa tête eft brune avec le mafque jaunâtre. Soncorce-
let eft noir & fa pointe eft brune. Le ventre eft tout brun,
& n'a qu’une bande longitudinale noire en-deffus , qui fe
termine en pointe au quatriéme anneau, fans aller fur le
cinquiéme & fur le fixiéme ou dernier. Les ailes font ir-
réguliérement panachées de brun & de blanc, ce qui leur
donne quelque reffemblance avec une carte de géogra-
phie.
FRONPSTEMENT A MILLE,
Mouches panachées.
27. MUSCA xigra, flavo variegata , alis fufcis ;
antennis capite brevioribus. Planch. 18, fig. 1.
Tome II, UT
606 HISTOIRE ABRÉGÉE
La mouche imitant la guépe à courtes antennes:
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne.
Cette mouche reffemble tout-à-fait à une guêpe, &
lorfque je l'ai rencontrée , j'ai prefque toujours héfité à
la prendre avec les doigts. Ses yeux font d’un brun rou-
geûtre , & le refte de fa tête eft de couleur citron , à l’ex-
ception des antennes qui font brunes , & d’une raie de
même couleur, qui partant de leur bafe, defcend en droi-
te ligne, poftérieurement entre les yeux. Le corcelet qui
eft noir & lifle , a de chaque côté une bande jaune lon-
gitudinale , & fa pointe eft aufli jaune. En-deflous il y à
de chaque côté du cortcelet quatre taches du même jau-
ne , trois l’une à côté de l’autre au-defflus de Paile , &
une quatriéme plus bas que cette attache. Le ventre com-
pofé de quatre anneaux , eft d’un noir matte , avec une
bande jaune tranfverfe fur chaque anneau, ce qui fait qua-
tre bandes , dont les fupérieures font interrompues dans
leur milieu. Les quatre pattes antérieures font toutes
jaunes: les deux poftérieures n’ont que leurs cuiffes jaunes
& le refte eft noir. Les ailes lavées de brun , ont leur
bord extérieur plus épais & noirâtre. T'out le jaune de cet
infeéte eft brillant & comme citronné. J'ai trouvé cette
belle mouche fur les fleurs.
28. MU SCA gra, flavo variegara, alis fufcis ;
antennis capite longioribus.
La mouche imitant la guépe , à longues antennes.
Il y a beaucoup de reffemblance entre cette efpéce &
la précédente. Elle en différe cependant un peu par la
forme de fon ventre dont les bords font aigus & légére-
ment bordés, par l'extrémité de fon corcelet, qui au lieu
d être toute jaune comme dans la précédente , a une ta-
che noire dans fon milieu , & par fes pattes qui font tou-
tes Jaunes. Le refte de la forme & des couleurs eft tout-
à- fait femblable, Mais la différence principale & fpécifi-
DES INSECTES. so7
que de ces deux efpéces , confifte en ce qué Îes antènnes
de la précédente font très-courtes, peu apparentes & d’un
brun pâle , au lieu que dans celles-ci elles font allongées
prefque comme dans les afiles, plus longues d’un bon
tiers que la tête, & de couleur noire. Ces antennes vües
de près paroiffent compofées de quatre piéces. La pre-
miere eft, courte & ronde comme un bouton du milieu
duquel naît la feconde. Celle-ci & la troifiéme font al-
longées. De cette troifiéme part quatriéme, outre un
filet en poil latéral , comme dans les autres mouches. Les
aîles de cette efpéce font plus jaunâtres que celles de la
précédente.
29. MUSCA rhorace nigro, flavo maculato , abdomine
flavo, fafciis tranfverfis nigris.
La mouche à corcelet noir ; tache de jaune; & ventre jau-
ne , à bandes noires.
Longueur ; Z lignes. Largeur 2 + lignes,
Le devant de fa tête eft citron, avec une bande noire
longitudinale dans le milieu. Ses yeux font bruns, & fes
antennes noires font de la longueur de la tête & fembla-
bles à celles des deux efpéces précédentes. Son corcelet
eft noir , & a en-deflus deux bandes longitudinales plus
pâles , outre deux taches de chaque côté , & l'extré-
mité ou la pointe jaunes , avec une tache noire au mi-
lieu de ce jaune." Les pattes & le ventre font de couleur
citronnée. Sur le ventre , on voit en-deffus plufieurs lignes
noires tranfverfes: d’abord le haut de chaque anneau ef
noir, ce qui forme des lignes qui traverfent tout le ven-
tre : de plus fur le milieu de chaque anneau eft une autre
bande tranfverfe de même couleur & plus large , qui fe
termine fans aller jufqu’aux côtés du ventre, & qui par
fon milieu tient à la ligne noire de la bafe de l’anneau.
Les ailes ont leur bord extérieur un peu fauve, & le refte
eft tranfparent. Les balanciers font jàäunes. On trouve
cette mouche dans les endroits arides des bois.
Sffi)
s08 HISTOIRE ABRÉGÉE
30. MUSCA Airfuta nigra, thorace antice ; abdomine-
que fupra flavis.
Reaum. inf. tom. iv , tab. 34, fig. 9, 10.
Lamouche velue noire & fauve ; imitant le bourdon.
Cette mouche refflemble à un bourdon de grandeur
médiocre. Son corcelet eft très-velu à fa partie antérieure,
& les poils font de c@uleur fauve ; fa partie poftérieure eft
peu velue & prefque noire. Le ventre eft pareillement
tout couvert en-deflus d’un duvet de poils de couleur
fauve ; & en-defous il eft noir , ayant feulement quelques
poils de la même couleur que ceux de deflus. Lorfqu’on
voit cette mouche, on feroit tenté de la prendre pour un
bourdon , fi on ne faifoit attention à fes antennes en pa-
lettes & à fes ailes qui ne font qu’au nombre de deux.
La larve qui lui donne naïffance , habite dans les oignons
de narcifles qu'elle ronge, ce qui excite la pourriture de
cette racine & la fait périr.
31. MUSC À Zutea , thorace lineis tribus longitudina=
libus , abdomine plurimis tranfverfis nigris.
La mouche jaune à bandes noires.
Longueur 1 5 ligne. Largeur à ligne.
La grandeur de cette efpéce varie beaucoup. Ii yena
qui font encore plus petites que les dimenfions que nous
donnons. Leur tête eft rougeätre & leurs yeux font bruns,
Le deflous du corcelet & du ventre, & les pattes font
d’un jaune citron. En-deflus le corcelet a trois larges
bandes noirâtres féparées par des bandes jaunes plus
étroites. Le deffus du ventre eft noir avec des anneaux
citrons , un fur chaque article. L’extrémité du corcelet a
une grande tache jaune.
On trouve ces mouches fur les feuilles des plantes :
elles marchent lentement & quelquefois elles fautent à
quelques lignes de l'endroit où elles font.
DES INSECTES. s09
32 MUSC A rigra, abdomine hemifphærico rufo ,
punélorum nigrorum ordine longitudinal.
La mouche noire à ventre hémifphérique roux tacheté de
noër.
Longueur 3 lignes. Largeur à ligne.
Ses yeux font rougeîtres. Sa tête en-devant eft de cou-
leur pâle avec deux taches comme dorées devant les yeux.
Le corcelet eft un peu velu , & il eft noir ainfi que les
pattes. Le ventre eft roux, hémifphérique ;, avec une ban-
de longitudinale de quatre points fur fon milieu , outre
deux petites taches oblongues de même couleur, une de
chaque côté vers le bas. Une chofe affez finguliére , c’eft
que le ventre paroît tout d’une piéce, & que l'on a beau-
coup de peine à appercevoir la diflinétion des quatre an-
neaux dont il eft compofé. Les aîles font tranfparerites ,
mais leur bafe eft un peu fauve. Les antennes font gran-
des & égalent la longueur de la tête. Il y a quelquefois à
chaque angle fupérieur du corcelet, une tache jaunâtre
qui n'eft pas conftante.
33 MU SCA rigra, abdomine hemifphærico luteo ;
fafcia longitudinali nigra.
Linn. faun. fuec. n. 1076. Mufca nigra , lateribus abdominis teflaceis.
AG. Upf. 1736,p. 32, n. 31. Mufca nigra, abdominis lateribus flavis , alis
AIDIS,
Raj. inf. p. 271, Mufca bipennis major diverficolor ; cauda ftis nigris
obfita.
Reaum. inf. tom. iv, tab, 31, fig. 9, 10,11.
La mouche noïre, à ventre jaune, noir dans le milieu.
Longueur 4 3 lignes. Largeur 1 + ligne.
Elle a la tête noire avec les yeux bruns , & une tache
dorée de chaque côté devant les yeux. Son corcelet eft
noir , feulement fa pointe eft fouvent un peu jaune. Le
ventre compofé de cinq anneaux , eft jaune avec une lar-
ge bande noiïire qui le traverfe longitudinalement dans
fon milieu, enforte que ce milieu eft noir, & que les cô-
S10 HISTOIRE ABRÉGÉE
tés font jaunes. Les cuifles font noires , & le refte des
attes eft ou fauve ou noir. Les ailes font d’une couleur
ane obfcure & ont un peu de jaune à leur bafe. Tout
le corps de l’animal eft parfemé de quelques poils noirs
affez longs , mais fur-tout les deux derniers anneaux du
ventre en ont de plus longs & en plus grande quantité.
On trouve cette mouche dans les campagnes humides.
Sa larve eft du nombre de celles à queue de rat, comme
celle de la mouche du n°. $2. Elle vient dans les eaux
dormantes & fangeufes.
34 MUSCA füufca, marginibus incifurarum abdominis
cinereis ; alis ferruginess. Linn. faun. TLeC. 11. 1088.
AG. Upf. 1736; p.32, n. 38. Mufca glabra , abdomine annulis fufcis palli-
difque cinéto.
La mouche brune à bandes tranfverfes blanchätres fur le
ventre.
Longueur 4 3 lignes. Largeur 1 Z ligne.
Cette mouche eft brune : fon corcelet eft un peu velu
& le poil dont il eft couvert eft de couleur cendrée. Le
ventre plus noir eft compofé de quatre anneaux bordés de
blanc, ce qui forme trois bandes tranfverfes blanches fur
le ventre. Les pattes font brunes , mais le haut des jam-
bes eft blanc. La partie fupérieure des ailes eft jaunûtre ,
& le bas eft tranfparent. On trouve fouvent cette mou-
che fur les fleurs.
35. MUSC A rigra, marginibus incifurarum abdominis
flavis , alis fufers.
La mouche noîre, à bandes tranfverfes jaunes fur le ventre.
Longueur 3 lignes. Largeur = ligne.
Sa couleur eft noire & fes yeux font bruns. Les balan-
ciers de fes ailes font jaunes. Le ventre eft compofé
de fept anneaux bordés de jaune , & de plus le fecond &
le troifiéme anneau ont un peu de jaune fur les côtés fous
les ailes. Les pattes font toutes noires, & les ailes font
DES INSECTES. Sri
d’un brun noirâtre , à l'exception du bout qui eft un peu
plus clair. Cette mouche fe trouve fur les fleurs. Sa lar-
ve eft de couleur jaune avec des raies ondées. Ses ftig-
mates poftérieurs font formés en tuyaux fouvent relevés.
Elle eft du nombre de celles qui mangent des pucerons.
36. MUSC A #horace cinereo, abdominis Bafi fafcia
lutea interrupta, marginibus incifurarum exalbidis.
Linn. faun. fuec. n. 1078.
Linn. fjff. nat. edit. 10, p. $9x, n. 19. Mufca antennis fetariis tomentof ;
abdomine fegmento luteo , cingulifque tribus albis, fegmento primo late.
ribus luteo.
AG. Upf. 1736 » p. 32, n. 37. Mufca abdomine fufco , annulis luteis , lateri-
bus flavis. ,
Albin. angl. 13, f. M.L.
Reaum. inf. tom. iv , tab. 31, f. 8.
Merian. europ. x » t. 2.
La mouche cendree à bandes blanches fur Le ventre & deux
grandes taches jaunes fur de premier anneau.
Longueur 4& lignes. Largeur 1 à ligne.
Sa tête eft grife & les yeux font bruns. Le fond de la
D . .
couleur de fon corcelet eft brun, mais il eft couvert de
poils gris fouvent un peu jaunâtres. Le ventre compofé
de quatre anneaux, eft en-deflous d’un jaune pâle : en-def-
fus il eft noir avec une bande Jaune , tranfverfe , & large
À pe » A de
fur le premier anneau, mais interrompue dans fon milieu,
ce qui forme feulement deux grandes taches , une de cha-
que côté. Le bord de cet anneau eft blanc ; ainfi que ce-
lui des deux fuivans, enforte qu'il y a trois rates blanches
tranfverfes & étroites fur le ventre. Les pattes font brunes
à l'exception de la partie fupérieure des jambes qui eft
blanche. Les ailes font diaphanes, claires, & ont un
petit point marginal noir au mulieu de leur bord exté-
rieur.
37: MUSC À abdomine ovato nigro ; lunularum pari
cingulifque tribus flavefcentibus, Linn. faum fuec, n.
1089. F
$r2 H1STOIRE "ABRÉGÉE
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 593 , n. 38. Mufca antennis fetariis nigra nudiuf-
cula , thorace immaculato , abdomine cingulis quatuor flavis , primo inter-
Aë. Upf. 1736 ,p.32,n. 41. Mufca nigra glabra ; abdomine cingulis luteis ,
fuperioribus dimidiatis cinéto.
Goed. gall. rom. 2 , tab. xl).
Lift. Goed. 315 , f. 133«
La mouche à quatre bandes jaunes fur le ventre; dont la
premiere et interrompue.
Longueur 4 à lignes. Largeur 1 + ligne.
Sa tête eft jaune , mais fes antennes & fa trompe font
noires & fes yeux font bruns. Au bas de la tête font quel-
ques poils. Le corcelet eft noir & luifant ; mais il paroït
jaune , à caufe des poils de cette couleur dont il eft cou-
vert ; fa pointe feule eft liffe & de couleur citronnée. Le
ventre moins velu que le corcelet, eft noir & compofé de
quatre anneaux. Sur le premier ; eft une bande jaune
interrompue dans fon milieu , ou fi l'on veut , il y a deux
taches jaunes oblongues , un peu en croiffant , & qui fe
touchent prefque l’une Pautre. Le fecond anneau a une
bande jaune aflez large vers fa bafe : il en eft de même du
troifiéme qui a de plus le bord jaune. La bande du qua-
triéme fe confond avec le bord du troifiéme ; enforte qu'il
y a en tout quatre bandes , dont la premiere eft interrom-
pue. Les femelles qui font plus grofles que les mâles , ont
un anneau de plus au ventre , & par conféquent cinq ban-
des jaunes, dont la derniere termine le ventre. Les pattes
font jaunes, ainfi que le deffous du ventre de l'infeëte. La
larve de cette mouche eft du nombre des aphidivores qui
fe nourriflent de pucerons. On la trouve particuliérement
fur le grofellier.
33. MUSC A fufca ; ablominis bafi fafcia lutea
citerrupta.
La mouche brune à deux taches jaunes à la bafe du ventre.
Longueur 4 2 lignes. Largeur 1 ? ligne.
Sa couleur eft brune, mais elle eft légérement parfemée
de
D'ESSINSECTES: s13
de poils un peu gris. Sur les côtés du ventre vers fa bafe ,
il y a deux grandes taches jaunes , une de chaque côté,
pofée en partie fur le premier & en partie fur le fecond
anneau. Dans les femelles , le bord du premier anneau
qui eft noir , divife chaque tache en deux, dont l’une eft fur
le premier & l’autre fur ie fecond anneau. Les pattes font
brunes , avec la partie fupérieure des jambes blanche. Les
ailes qui font tranfparentes , ont un point marginal noir
vers le milieu du bord extérieur. On trouve cette mouche
fur les fleurs. Je ferois tenté de la regarder comme une
fimple variété de la trente-troifiéme efpéce.
39. MUSC A #horace ftriis quatuor flavis ; abdominali-
bus fegmentis tribus interrupto-flavis. Linn. faun fuec.
71. 1081.
Linn. fÿft. nat. edit. 10 ,p. $or, n. 17. Mufca antennis fetariis tomentofa ;
thorace lineis quatuor , abdomine fafciis tribus interruptis flavis,
Reaum. inf. tom. 4, tab. 31, f.1—8
Frifth. germ. 4, p.26 ,t. 13.
La mouche à corcelet [trie & bandes jaunes interrompues
Jur le ventre.
Longueur 6 lignes. Largeur 2 lignes.
Sa tête eft jaune , un peu velue & fes yeux font bruns. Le
corcelet a quatre bandes longitudinales jaunes , féparées
par trois bandes noires plus larges ; ce corcelet eft un peu
velu. Le ventre eft brun en-deffus & compofé de quatre
anneaux , dont les trois premiers ont chacun une bande
jaune interrompue dans leur milieu ; ou fi l’on veut deux
taches , une de chaque côté. Ces bandes font plus étroites
à mefure qu'elles s’éloignent du corcelet : fouvent la der-
niere n’eft point interrompue , mais feulement fon milieu
eft comme étranglé. En-deffous , le haut du ventre eft jau-
ne & le bas eft brun. Les pattes font brunes , avec le haut
des jambes & un peu du bas des cuiffes de couleur jaune.
Les cuiffes poftérieures font plus groffes que les autres.
Les aîles ont un petit point marginal brun. On trouve
Tome IL. ét
s14 HiSTOIRE ABRÉGÉE
cette mouche fur les fleurs. Sa larve habite dans l’eau.
Elle eft du nombre de celles que M. de Reaumur appelle
à queue de rat. Elle eft fufpendue dans l'eau par un long fil
qui lui fert à pomper l'air.
40. MUSC A rhorace nigro-viridi , apice flavo ; abdomine
rigro fafciis tranfverfis luteis , alternis majoribus.
La mouche à bandes jaunes alternativement plus larges fur
le ventre.
Longueur 4 lignes. Largeur : ligne.
Le devant de fa cête eft Jaune & fes yeux font d’un brun
rougeâtre. Le corcelet eft noirâtre tirant fur le vert , avec
quelques poils , fa pointe eft jaune , & en-deflous il eft
noir. Le ventre compofé de quatre anneaux, eft jaune en-
deffous & noir en-deflus , mais entrecoupé par des bandes
jaunes , au nombre de fix environ , dont il y en a alternati-
vement trois plus larges en commençant par la premiere
qui eft interrompue dans fon milieu , & trois beaucoup
plus étroites. Les pattes font toutes jaunes. On trouve
très-fréquemment cette mouche dans les jardins.
41. MUSCA r#horace nigro-viridi, apice flavo ; abdominé
nigro fafciis luteis tranfverfis æqualibus.
Lünn. faun. fuec. n. 1097. Mufca abdomine areubus tribus luteis reflexis,
Linn. fÿft. nat. edit. 10 , p. 594, n. 40. Mufca antennis fetariis nigra nuda,
thorace maculato , abdomine cingulis quatuor feutelloque flavis.
AG. Upf. 1736 , p.32, n. 42. Mufca fufca , abdomine acuminato , circulis
luteis retrorfum flexis cin&o.
La mouche à pointe du corcelet & bandes fur Le ventre de
couleur jaune.
Longueur 4 lignes. Largeur à ligne.
Elle a quelque refflemblance avec la précédente. Le
devant de fa tête eft de même jaune , & fes yeux font
bruns. Le corcelet eft d’un noir un peu verdâtre , aflez
life , avec une bande jaune de chaque côté , & fa pointe
eft auffi jaune. Le deflous du corcelet eft noirâtre , orné de
taches d’un jaune un peu vert. Les pattes & le deffous du
DES INSECTES. sis
ventre font pareillement jaunes. Le ventre compofé de
cinq anneaux , eft étroit & prefque cylindrique dans les
mâles , & fon extrémité eft un peu plus groffe : dans les fe-
melles il eft plus large. En-deflus , fa couleur ef noire,
avec une bande jaune tranfverfe fur le milieu de chaque
anneau , ce qui fait cinq bandes Jaunes , dont les trois pre-
mieres font affez droites ; feulement eltes font quelquefois
interrompues & comme coupées dans leur milieu : les
deux dernieres font ondées , irrégulieres & comme gaude-
ronnées. Les ailes font tranfparentes & n’ont pas de point
marginal. On trouve cette mouche fréquemment fur les
fleurs.
42 MUSC A rhorace nigro ; abdomine atro , paribus
tribus macularum rotundarum lutefcentium.
La mouche à points jaunes ronds fur le ventre.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 = ligne.
Sa tête eft noire , à exception des yeux qui font bruns :
fon corcelet eft d’un noir luifant. Son ventre compofé de
quatre anneaux , eft ovale & d’un noir matte. Il eft chargé
de fix taches jaunes & rondes ; favoir , deux petites , fem-
blables à deux points fur le premier anneau , deux beau-
coup plus grandes fur le fecond , & deux moyennes fur le
troiliéème. Le quatriéme anneau eft tout noir. En-deflous ;
le ventre eft d’un jaune pâle.Les pattes font d’un jaune brun.
La larve de cette mouche fe nourrit des pucerons qui
fe trouvent fur les plantes.
43. MUSC A #horace nigro- viridi apice flavo ; abdomine
oblongo , paribus tribus trigonorum lutefcentium.
Linn. faun. fuec. n. 1093. Mufca abdomine oblongo, paribus tribus trigonorum
lutefcentium,
Linn. [yft. nat. edit. 10 , p. 594, n. 43. Mufca mellina.
Aët. Upf. 1736 , p.32, n. 43.Mufca fufea , dorfo tribus paribus trigonorum
luteis notato.
La mouche à points jaunes triangulaires fur Le ventre.
Longueur 4 lignes. Largeur 3 ligne. 3
Trou
s16 HISTOIRE ABRÉGÉE
La grandeur de cette mouche varie beaucoup. Du refte,
elle reffemble tout-a-fait à la précédente pour la forme &
les couleurs. Il n'y a entr'elles que deux différences bien
fenfibles. La premiere , c’eft que la pointe du corcelet de
celle ci eft jaune , au lieu que celle de la précédente eft
femblable au refte du corcelet , & de plus les côtés du
corcelet ont une bande jaune longitudinale & irréguliere.
La feconde , c'eft que les quatre premiers anneaux du
ventre font chargés chacun de deux taches jaunes un peu
triangulaires , fur-tout le quatriéme ; de façon que la poin-
te des taches regarde le bout du ventre. Le cinquiéme ou
dernier anneau ef Jaune , avec un point noir au milieu. Le
refte de l'infeéte eft femblable au précédent , & il vit
comme lui fur les arbres , où fa larve fe nourrit de puce-
rons.
44. MU SCA shorace nigro-viridi ; abdomine oblongo ,
paribus tribus tetragonorum lutefcentium.
Linn. faun. fuec. n. 1092. Mufca abdomine oblongo , paribus tribus tetragono-
rum lutefcentium.
La mouche à fix points jaunes quarrès fur le ventre.
Longueur 3 lignes. Largeur + ligne.
Sa tête eft noirâtre & fes yeux font bruns. Son corcelet
eft d’un noir un peu verdâtre fans aucune tache. Le ven-
tre compofé de quatre anneaux, eft blanchâtre en-deffous,
& en-deflus d’un noir matte : il eft prefque cylindrique.
Son premier anneau a deux points jaunes approchans de la
figure quarrée. Le fecond & le troifiéme ont chacun deux
taches de même couleur exaétement quarrées ,; mais
celles du troifiéme font plus petites. Le dernier & quatrié-
me anneau eft tout noir. Les quatre pattes antérieures
font jaunes , & les deux poftérieures noires , avec les arti-
culations Jaunes.
Il y a une variété de cette mouche , dont les taches du
ventre font plus grandes & toutes les fix pattes jaunes.
La larve de cet infeéte eft plus étroite vers la vète ;
DES INSECTES. s17
& plus groffe du côté du ventre , prefque de la forme
d’une bouteille allongée. Elle habite fur les arbres & les
plantes où elle fe nourrit de pucerons.
45. MUSCA rigro-viridis , abdomine paribus duobus
tetragonorum lutefcenti LM.
La mouche à quatre points jaunes quarres fur le ventre.
Longueur 3 3 lignes. Largeur 1 ligne.
Elle eft moins allongée & plus large que la précédente:
Ses yeux font rouges , avec une large bande noire tranf-
verfe fur chacun; fon corcelet & fon ventre font d’un noir
verdâtre. Sur le premier & le fecond anneau du ventre,
font quatre taches jaunes quarrées , deux fur chacun , une
de chaque côté. Les pattes font noires, mais leurs genoux
& le haut des tarfes font pales. Les ailes font un peu
brunes.
46. MUSCA fhorace nigro-viridi , abdomine atro ovato ;
tribus paribus lunularum albicantium.
Linn. faun. fuec. n. 1090. Mufca abdomine ovato , tribus paribus lunularum
albicantium.
Linn. fyff. nat. edir. 10, p. 594 , n. 39. Mufca antennis fetariis nigra mediufcu-
la , thorace immaculato , abdomine bis trious lunulis flavis recurvatis.
A&. Upf. 1736, p. 32, n. 39. Mufca fufca giabra, dorfo abdominis tribus pari-
bus albarum lunularum notato.
Lift. Goed. 319, f. 134.
Merian. europe 2 ; te 39°
AÏb. angl. 66.
Reaum. inf. tom. 3, tab. 31, f. 9.
Frifch. germ. 11, p.17, tab. 12, fig. 1.
La mouche à fix taches blanches en croiffant fur le ventre.
Longueur 6 lignes. Largeur 1 + ligne.
Sa tête eft jaune & fes yeux font gros & bruns. Son cor-
celet eft d'un vert un peu noirâtre , luifant & chargé de
quelques poils bruns. Le ventre eft ovale , allongé, com-
pofé de quatre anneaux : il eft blanc en-deflous , d’un noir
matte en-deflus , chargé de fix taches blanches diftribuées
par paires. La premiere paire fe trouve fur le premier
s18 HIiSTOIRE ABRÉGÉE
anneau & fes taches font allongées. Sur le fecond, eft une
feconde paire de taches formées en croiffant , dont les
ointes & la concavité regardent le corcelet. Il y en a
deux pareilles fur ie milieu du troifiéme anneau. Le qua-
triéme & dernier eft plus petit, tout noir, bordé cependant
d’un peu de jaune. Les partes font noirâtres , avec les arti-
culations jaunes. On trouve cette mouche dans les Jardins.
Sa larve fe nourrit de pucerons. Elle eft d’une belle cou-
leur verte , avec une bande ou raie, tantôt blanche , tantôt
jaunatre tout le long de fon dos. Ses fligmates poftérieurs
ne font formés que par des points.
47. MUSC À aurata ; abdomine nigro , tribus paribus
linearum albicantium.
La mouche dorée à trois paires de raies blanches [ur le
verre.
Longueur 3 + lignes. Largeur 1 ligne.
La tête & le corcelet de cet infeëte font d’un vert doré,
Son ventre eft arrondi & noirâtre , chargé en- deffus de fix
raies obliques blanchâtres , formées par des petits poils
blancs , chaque anneau a deux de ces raies ou bandes. Les
pattes font noires & les genoux font pâles. Les ailes font
un peu brunes.
48. MUSC A #horace nigro-viridi apice flavo ; abdomine
atro ; quatuor paribus macularum oblongarum flavefcen-
Liu.
La mouche brune à huit taches jaunes oblongues fur le
veritre.
Longueur 3 lignes. Largeur 1 ligne.
Ses yeux font bruns ; le devant de fa tête , fes pattes &
le deflous de fon ventre font jaunes. Son corcelet eft d’un
vert noirâtre , avec la pointe Jaune. Le ventre eft ovale ; un
peu allongé, de couleur noire matte , compofé de quatre
anneaux. Chacun de ces anneaux eft chargé de deux taches
DES INSECTES. s19
jaunes oblongues , ou fi l’on veut , d’une bande tranfverfe
jaune interrompue dans fon milieu & partagée en deux.
Souvent la bande du dernier anneau n’eft pas tout-à-fait
interrompue dans le milieu , feulement les côtés font
plus larges & defcendent plus bas. Le bord extérieur des
ailes eft plus épais & un peu brun. La larve de cette
mouche fe nourrit de pucerons.
49 MU SC A oëlonga , femoribus poflicis majoribus,
Linn. faun. fuec. n. 1096.
Linn. [yff. nat. edit. 10 , p. 594, n. 44. Mufca antennis {etariis glabra nigra ,
abdomine utrinque albo maculato, femoribus poflicis clavatis dentatis.
A&. Upf. 1736 , p. 33 , n. 45. Mufca oblonga nigra , abdominis lateribus
inæqualiter albis, pedibus pofticis longis,
La mouche à groffes cuifles.
Longueur 3+ lignes, Largeur à ligne. à
Cette mouche eft étroite & allongée. Elle eft life & le
fond de fa couleur eft noir. Le devant de fa tête & les
côtés de fon corcelet, principalement vers fa bafe , font de
couleur jaune. Le ventre eft compofé de quatre anneaux ,
dont le deuxiéme & le troifiéme ont à leur bafe de chaque
côté une tache jaune. Le deflous des trois premiers an-
neaux du ventre eft aufli jaune , & le deffous du quatrié-
me eft noir. Les quatre pattes antérieures font d’une
couleur un peu fauve ; les deux dernieres ont leurs cuif-
fes beaucoup plus longues & plus groffles que les autres ;
Panimal s'en fert pour fauter. Ces dernieres pattes font
noires ; à l’exception de deux points jaunes fur chaque
cuifle , un en-deflous , l’autre en deflus , & d’un anneau
pareïillement jaune au milieu de la jambe. Cette mouche
eft très-commune dans les jardins , où fa larve fe nourrit
de pucerons.
50. MUSCA riora , abdominis medio ferrugineo, anten=
nis bafi coalinis.
La mouche à antennes réunies.
Longueur 3 lignes, Largeur 1 ligne.
520 HISTOIRE ABRÉGÉE
Elle eft toute noire , à l'exception du milieu de fon ven-
tre qui eft fauve , enforte que des fix anneaux dont il eft
compolé , le premier eft noir , le fecond noirau milieu &
fauve fur les côtés , le troifiéme entiérement fauve , le
quatriéme noir au milieu , fauve aux côtés , & les fui-
vans font tout noirs. Les ailes font aufli un peu brunes à
leur bord extérieur , & ont deux petits points fur leur
milieu. Les antennes de cet infecte ont une forme aflez
particuliere : elles partent toutes deux de la même bafe,
ou d'une élévation cylindrique qui eft fur le devant de la
tête , & leur filet latéral ne part que du bout de l’avant-
dernier anneau,
$1. MUSCA atra , abdominis fafcia tranfverfa rubra,
La mouche noire à bande rouge tranfverfe fur le ventre.
Longueur 2 lignes. Largeur + ligne.
Cette petite mouche eft d’une forme ramafñlée. Sa cou:
leur eft d’un noir un peu matte : feulement il y a une
large bande tranfverfe rougeâtre fur le ventre ; qui cou-
vre le troiliéme anneau & prefque tout le fecond. Les
antennes ont une palette ailongée. Cette mouche eft affez
rare , mais facile à reconnoitre.
52. MUSCA fufca ; fegmentis abdominalibus tribus
maroine albidis ; primo latere flavo ; thorace vix macu-
lato. Linn. faun. fuec. n. 1084.
Albin. inf. t. 63, fig-e,f,g.
Lift. Goed. 307 , 1. 1126. Vermiculus porcinus,
Goed. gail. tom. 2 , tab. 2.
M:rian. europ t: 20. .
Swammerd. bib. nat. tab. ;8, f.ix. C.
Reaum. inf, tom. 4, tab. 25, fig. 7. :
Raj. inf. p. 272. Mufca apiformis, tota fufca , cauda obtufa, ex ejula caudata
in latrinis degente orta.
La mouche apiforme.
Longueur s + lignes. Largeur 1 4 ligne.
Cette efpéce refflemble infiniment à une abeille , RER
a
DES INSECTES. $21
fa couleur , fa groffeur , & les poils dont fon corps eft
couvert, enforte qu’on n'ofe la prendre avec la main avant
que de s'être afluré qu’elle n'a que deux ailes. Ses yeux
font bruns , & le devant de fa tête eft blanchâtre , à caufe
de quelques petits poils blancs dont ileft couvert. Le cor-
celet eft brun , velouté, chargé de quelques bandes longi-
tudinales peu marquées & un peu plus brunes que le refte :
quelquefois la pointe du corcelet eft jaunâtre. Le ventre
compofé de quatre anneaux varie pour la couleur. Il eft
conftamment brun , avec une large tache jaune.de chaque
côté du premier anneau , tache qui paroit aufli en-deffous
du ventre , & qui même occupe quelquefois tout le
deffous du premier anneau , qui dans ce cas eft jaune de
ce côté. Pour le refte du ventre ;, quelquefois les tro's
premiers anneaux font bordés de blanc, d’autres fois ils ne
le font point. Dans quelques mouches , outre cette bordu-
re , il y a fur le fecond anneau une tache jaune de cha-
ue côté ; comme fur le premier. Dans toutes , le milieu
des ailes eft d’un jaune roux , & les pattes font brunes ;
avec le häut des jambes & des tarfes de couleur blanche.
La larve de cette mouche a une longue queue par
laquelle elle pompe l'air. On peut voir fa figure dans
Goedart , Swammerdam & Reaumur aux endroits cités.
Cette larve vient dans les latrines , les eaux croupies &
autres endroits femblables autour defquels on rencontre
fouvent fa mouche, qui fe trouve aufli fréquemment fur
les fleurs. Cette larve vient aufli dans ja bouillie des chif-
fons dont on fait le papier, fur quoi M. Linnæus obferve
un fait fingulier , qu’on auroit peine à croire, s’il n'étoit
affuré par un aufli grand Naturalifte. C’eft que lorfqu’on
bat cette bouillie pour en faire du papier, la larve quoi-
que fortement frappée à coups de marteau , n’eft point
écrafée, ne périt point , & donne enfuite fa mouche. Si
cette obfervation eft véritable , elle eft bien étonnante.
en
Tome II. Vvy
$22 HISTOIRE ABRÉGÉE
QUATRIÉME FAMILLE.
Mouches dorées.
53: MUSCA #horace , abdomineque viridi nitente ÿ
pedibus nigris.
Linn. faun. fuec. n. 1098. Mufca thorace abdomineque viridi nitente,
Linn. fyft. nat. edit. 10 ,p. sos, n. so. Mufca cæfar.
A. Upf. 1736,p. 33, n. 54. Mufca carnivora viridi-ænea , abdomine obtufo:
Merian. europ. 1 , tab. 49.
Reaum. inf. tom. 4 , tab. 8 , fig. 1 , & tab. 19,f.8, & tab. 24 ,fig.13, 14,15.
Raj. inf. p. 272. Mufca bipennis, carnariæ vulgaris fere magnitudine , thorace
& abdomine fupino cæruleo colore pulchro nitente, capite nigro,
La mouche dorée commune.
Longueur 3 lignes. Largeur 1 ligne.
Ses yeux font rougeûtres. Tout le refte de fon corps ef
d’un vert doré & brillant. On voit cependant fur le corps
quelques poils noirs, fi on y regarde de près. Les pattes
font noires. Il y a fur le corcelet deux fillons tranfverfaux-
qui femblent le partager en trois parties. Le ventre eft
compofé de quatre anneaux, & Îles aîles ont -plufieurs
nervures tant longitudinales que tranfverfes.
Cette mouche dépofe fes œufs dans les charognes,au-
tour defquelles on la trouve en quantité. Elle vient peu
dans les maïfons , mais elle eft très-commune dans les
jardins , les campagnes & les bois. Elle varie pour la
grandeur.
$4 MUSC A #orace abdomineque viridi fericeo , pedibus
pallidis , alis albis.
La mouche verte cuivreufe à paites blanches.
Longueur 2 3 lignes. Largeur ? ligne.
Ses yeux font bruns : rout fon corps eft d’un beau vert
doré ciair & comme fatiné. Le ventre a cinq anneaux,
doit le dernier eft très-long. Les pattes longues & grefles
font d’une couleur pâle blanchâtre. Les ailes ont quelques
nervures longitudinales & tranfverfes peu marquées.
Des ÎNSECHFES. $23
Tout l'infedte eft allongé & parfemé de quelques poils
noirs affez forts. On trouve cette mouche dans les jardins.
Elle n’eft pas des plus communes.
$5. MUSCA rhorace abdomineque véridi fericeo , pedibus
pallidis , alarum medio fufco.
La mouche verte cuivreufe à aïles mi-parties de brun &
de blanc.
Longueur 2 4 lignes. Largeur + ligne,
Elle refflemble tout-à-fait à la précédente, dont je crois
qu'elle ne différe que par le fexe , celle-ci étant mâle &
l’autre femelle. Le dernier anneau de fon ventre eft de
même allongé , mais au bout on voit les crochets & les
parties mafculines. Sur le milieu de l’aîle il y a une gran-
de tache ou bande noirâtre qui occupe la moitié de la lon-
gueur, laiffant le haut tranfparent, ainfi que le bas de l’ai-
le qui paroït blanc & comme laiteux ; & où le blanc
forme une efpéce de tache ronde.
Cette mouche & la précédente,fe trouvent dans les en-
droits humides. Elles ont les pattes & le corps allongés,
& elles courent très-bien fur la furface des eaux dorman-
tes & tranquilles.
$6 MUSCA rhorace abdomineque viridi nitente ,
pedibus férrugineis , alis trinervis.
La mouche dorée à trois nervures fur les aïles.
Longueur 1 3 ligne. Largeur + ligne.
Cette petite efpéce a les yeux rougeîtres , & tout le
corps d'un vert doré; mais elle différe des précédentes ;
1°. par fa petitefle & la forme de fon corps qui eft fort al-
longé. 2°. Par fon corcelet, dont le haut eft très-convexe,
& qui de plus n’a qu'un feul fillon tranfverfe vers Le bas,
qui diftingue la pointe du refte du corcelet. 3°. Par fes
pattes qui font d'un fauve obfcur. 4°. Enfin par fes ailes
qui n’ont que trois nervures longitudinales placées vers le
Vvvi
$24 HISTOIRE ABRÉGÉE
bord extérieur , le refte de l’aïle n'ayant aucune nervure.
On trouve cette petite mouche dans les bois.
s7. MUSCA #orace cœruleo nitente , abdomine viridi
nitente. Linn. faun. fusc. n. 1099.
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. $9$ , n.$1. Mufca cadaverina.
AG. Upf. 1736, p. 33, n. $6. Mufca carnivora , peûore cæruleo æneo , abdo-
mine viridi æneo.
Lift. goed. p. 305 , fig. 123<
La mouche dorée à corcelet bleu & ventre vert.
Longueur 2 lignes. Largeur + ligne.
Ses yeux font rougeâtres : fa tête & fon corcelet font
d’un bleu brillant , & fon ventre eft d’un vert doré. Ses
pattes font noires & un peu verdâtres. En regardant de
près, on voit que le corps eft parfemé de quelques
poils noirs. Cette mouche vient dans les charognes.
53- MUSC A rhorace viridi-nitente , abdomine cæruleo
aitente. Linn. faun. fuec. n. 1100.
AG. Upf. 1736, p.33» n. 55. Mufca carnivora viridi-ænea, abdomine acu-
minato.
La mouche à corcelet vert & ventre bleu.
Longueur 3 3 lignes. Largeur = ligne.
Cette efpéce eft allongée & applatie : elle porte fouvent
fes ailes croifées. & couchées à plat fur le ventre, com-
me s’il n’y avoit qu'une feule aile. Ses yeux font bruns &
fa tête eft noire ; fon corcelet eft d’un vert doré. Le ventre
compofé de cinq anneaux eft bleu,imitant fouvent la cou-
leur de Pacier bruni. Les aîles font brunes & les pattes
noires avec les articulations blanches. La larve de cette
mouche habite dans les matieres pourries.
59. MUSCA rhorace nigro , abdomine cœruleo. Linn.
faun. fuec. n. 1102.
Linn. fyff. nat, edit. 10, p.595 , n. $2. Mufca vomitoria.
Lift. goed. 304, f. 122.
Raj. inf. pag. 271, Mufca carnivora , abdomine colore cæruleo nitente,
DES INSECTES. s2$
A, Upf. 1736, p. 33, n. 57. Mufca abdomine cæruleo obtufo, ;
Reaum. inf. 4, tab. 8, fig. 1 tab. 19, fe 8,t,24, fe 13, 15
Rofel, inf. vol, 2, tab. 9, & 10. Mufc.
La mouche bleue de [z viande.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 + ligne.
On ne connoît que trop cette groffe mouche bleue, qui
Pété cherche à dépofer fes œufs fur la viande , ce qui la
fait corrompre en très-peu de tems. Ses yeux font bruns :
le devant de fa tête eft fouvent blanchatre, un peu doré
& le derriere eft noir. Les poils des antennes font bran-
chus & forment une petite panache , au lieu que dans la
plüpart des efpéces de mouches le poil latéral des antennes
eft limple. Le corcelet eft noir avec quelques bandes lon-
gitudinales cendrées peu marquées. Le ventre compofé
de quatre anneaux, eft gros & d’un bleu foncé. Les pat-
tes font noires.
Quelquefois la couleur du ventre varie & eft un peu
verdâtre. C’eft cette variété que M. Linnæus a défignée
comme efpéce, dans fa fauna fuecica , n. 1101, fous le
nom de mufca thorace nigro , abdomine viridr.
60. MUSCA cœrulea, Bafi alarum ferruginea.
Reaum. inf. tom. 4, p. 413.
La mouche bleue à bafe des aïles fauve.
Elle eft de la même grandeur que la précédente , à la-
quelle elle refflemble infiniment. Elle n’en différe que par<
ce que fon corcelet eft un peu bleuâtre , & que la bafe de
fes ailes eft de couleur fauve.
Cette mouche fe trouve en automne fur le lierre, &
elle a la fingularité de n'être point ovipare ; comme les
autres de ce genre , mais vivipare de même que la fep-
tiéme efpéce qui fe trouve auffi fur le lierre & a pareille-
ment la bafe des aîles fauve.
61. MUSC A oblonga , capite viridi , thorace aureo y
abdomine cupreo , alis macula fuféa, Linn. faunr. fuec.
Ze 1 I 03 L
s26 HISTOIRE ABRÉGÉE
Linn. [yft. nat. edit. 10, p. 598, n. 71. Mufca cupraria.
Reaum. inf. 4, tab. 221, fig. 7, 8.
La mouche dorée à tache brune fur les aïles.
Longueur 4 lignes. Largeur à ligne.
Cette efpéce reflemble beaucoup à la cinquante-feptié-
me, par fa forme allongée & applatie , & par fon port
d'ailes. Ses yeux font gros & bruns; le refte de la tête
eft vert. Le corcelet eft d’une couleur noire dorée. Le
ventre allongé & applati eft compofé de cinq anneaux,
& fa couleur eft d'un pourpre cuivreux & brillant. Les
attes font noires , un peu dorées avec les articulations
lanches. Les ailes longues ontun point marginal oblong ,
duquel part une tache brune qui traverfe l’aîle en deve-
nant plus claire vers le bord intérieur. On trouve cette
mouche à la campagne.
62. MU SC A oblonga ; thorace æneo; abdomine anterius
Slavo , poflerius nigro. Linn. faun. fuec. n. 1104.
AG. Upf. 1736 , p. 32, n. 33. Mufca nigra , abdomine anterius fulvo , alis
immaculatis,
La mouche dorée à ventre brun & noir.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne.
La forme de celle-ci approche ‘de la précédente & de
la cinquante-feptiéme. Sa tête eft d’un noir un peu doré,
& fes yeux font bruns. Le corcelet eft de la même cou-
leur que la tête, mais plus doré. Le ventre eft compofé
de cinq anneaux, dont le premier & le dernier font fort
courts : il eft jaune en-devant & noir poftérieurement.
Cette couleur jaune du ventre varie, elle eft tantôt plus
claire & tantôt brune & fauve : elle occupe la plus gran-
de partie du ventre. Les pattes font noires à l'exception
du haut des jambes & des tarfes qui ont des anneaux blan-
châtres. Les ailes ont un point marginal oblong un peu
brun, On trouve cette mouche dans les pays de bois.
3
DES INSECTES. 527
63: MUSCA #horace viridi nitente , abdomine æneo ;,
tarforum annulo albo.
La mouche verdätre à anneau blanc aux tarfes.
Longueur 1 à ligne. Largeur à ligne.
Ses yeux font bruns & comme tachetés. Le refte de fa
tête eft noirâtre, & porte en-deflus derriere les antennes
une éminence pulpeufe, qui ne paroït que lorfqu’on la
preffe. Le corcelet eft d’un vert un peu doré, & le ventre
d’un brun un peu cuivreux. Les aîles font blanches : elles
débordent le corps de près de moitié , & l’infeéte les por-
te fouvent croifées. Les pattes font noirâtres à l'exception
de la premiere piéce des tarfes, qui eft blanche. J'ai trou-
vé au printems cette mouche en grande quantité fur les
plantes qui venoient dans des couches ; peut-être fa larve
habite-t-elle dans le fumier ou terreau de ces mêmes
couches.
64. MUSCA zo1a plumbesz.
La mouche Brune bronxee.
Longueur 2 4 lignes. Largeur à ligne.
Ses yeux qui font bruns , fe touchent l’un l’autre fur le
derriere de la tête dans les mâles , & font plus éloignés
dans les femelles. Le refte du corps eft d’un brun plombé
& bronzé , ce qui peut faire diflinguer cette mouche de
toutes les autres ; du refte,pour fa grandeur, elle approche
affez de la mouche commune.
CINQUIÉME FAMILLE.
Mouches communes.
65. MUSCA rigra ; abdomine nitido teffellato , thorace
lineolis pallidioribus longitudinalibüs ; ano fulvo.
Linn. faun. fuec. n. 1105. Mufca nigra , abdomine nitido teffellato, thoracæ
lineis pallidioribus longitudinalibus , major.
Linn, fyft. nat, edir, 10, p. 596, n, 53. Mulca vulgaris.
528 HISTOIRE ABRÉGÉE
Aldrov. inf. p. 348. tab. 2, fig. 16.
Jonff. inft. 70 ,t.8,f.16. Mufca decima fexta,
Frifch. germ. 7, De 21, le t4e
Reaum. inf. tom. : , tab.19,f. 4, 5.6.
Raj. inf. p. 270. Mufca carnaria vulgaris.
La grande mouche à extrémité du ventre rougeätre.
Longueur 42 lignes. Largeur 1 3 ligne.
Ses yeux font rougeâtres avec un trait blanc un peu do-
ré en-deflous , & une raie dorée au devant de la tête. Le
fond de la couleur de l’infeête eft noir avec quatre raies
grifes longitudinales fur le corcelet, qui fe trouve entre-
coupé par ces bandes grifes & noires, de façon que ia
bande du milieu eft noire. Le ventre compofé de cinq an-
neaux,eft panaché de taches alternativement grifes & noi-
res ; à peu près comme un échiquier ; l'extrémité du der-
nier anneau eft rougeitre & les pattes font noires.
Cette mouche eft fort commune : on la voit fouvent
autour de la viande & dans les jardins. Sa groffeur la dif-
tingue à la premiere vüe,de la mouche commune.à laquel-
le elle reflemble beaucoup. Elle a encore une particula-
rité , c'eft qu’elle eft vivipare & qu'elle fait des petites
larves toutes vivantes & non pas des œufs.
66. MUSCA xigra ; abdomine nitido teffellato , thorace
lneolis pallidioribus longitudinalibus ; ano concolore.
Linn. faun. fuec. n. 1106. Mufca nigra , abdomine nitido teflellato , thorace
lineis pallidioribus longitudinalibus, minor.
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 596, n. $4. Mufca domeflica.
Aldrov. inf. p. 348, tab. 2, fig. 23. Mufca vulgaris domefica.
Flor. lapp. 359, n. 517. Muica domeflica.
AG, Upf. 1736,p. 33, n. 58. Mufca domeftica,
Raj. inf. p. 270. Mufca bipennis major , thorace glabro friato , abdomine
fupino nigro toto, maculis albis punéato,
La mouche commune.
Longueur 3 lignes. Largeur à ligne.
Il eft inutile de s'étendre fur la defcription de cette
mouche qui eft la plus commune , & qu'on trouve en
quantité dans nos maifons pendant l'été, D'ailleurs elle
reffemble
D'EISS TNSECTES. $29
reffemble beaucoup à la précédente. Elle en différe ce-
pendant 1°. par fa grandeur, étant beaucoup plus petite :
2°. par l'extrémité de fon ventre qui n’eft pas rougeître ,
mais de même couleur que le refte : 3°. par le nombre des
anneaux de fon ventre , n’en ayant que quatre : 4°. parce
quil y a cinq bandes grifes fur fon corcelet , & qu'une
de ces bandes en occupe le milieu , ce qui eft le contraire
de l’efpéce précédente : se. enfin parce que celle-ci eft
ovipare.
67. MU SCA cinerea tota , pilis nigris.
La mouche cendrée à poils noirs.
Longueur 1 ? ligne. Largeur ? ligne.
Cette efpéce approche infiniment de la mouche com-
mune , mais elle eft un peu plus petite. Sa principale dif-
férence confifte en ce que fon corcelet & fon ventre font
par-tout d’une couleur cendrée obfcure, fans aucune ta-
che ni raie, avec quelques poils noirs afflez longs. Sa larve
vient dans le fumier.
68. MUSCA cinerea, thorace quinque maculis nigris ,
abdomine maculis tridentatis. Linn. Jfaun. Juec. n.
1112,
Linn. [ÿfé. nat. edit. 10, p. 597, n. 62. Mufca pluvialis,
#La mouche cendrée à points noirs.
Longueur 2 + lignes. Largeur à ligne.
Ses yeux font rougeâtres avec une bande dorée en-
devant. Tout le refte du corps de l’infeéte eft d’une cou-
leur blanche cendrée. Le corcelet eft chargé de cinq ta-
ches noires lifles , favoir deux petites à la bafe, enfuite
trois plus grandes & plus longues , rangées tran{verfale-
ment , outre deux autres petites fur la pointe du corcelet.
Le ventre eft compolé de quatre anneaux, dont le pre-
mier ef tout gris, le fecond , le troifiéme & le quatrié-
me ont chacun troistaches noires triangulaires , qui font
Tome IL. X xx
s30 HISTOIRE ABRÉGÉE
fouvent unies enfemble à la bafe de l'anneau. Les pattes
font noires & les aîles tranfparentes, On trouve fouvent
cette mouche fur les feuilles où elle fe tient fort tran-
quille dans les tems humides.
69. MUSC A #irfuta cinerea , alis punéto obfcuro.
Liin. faun. fuec. n. 1068. Mufca hirfuta grifea , alis punto obfcuro:
Lian. (yff. nat, edit. 10, p. 599 ,n. 80. Mufca flercoraria.
Merrer. pin. 200, Mufca fiercoraria.
Charler. onom. 41. Mufca merdivora.
Reaum. inf. tom. 4, tab, 27, fig. 1,233.
AG. Upf. 1736, p. 32, n. 28. Mufca flercoraria.
La mouche merdivore.
Longueur 3 lignes. Largeur à ligne.
Cette efpéce varie beaucoup pour la grandeur & les
couleurs : les mâles différent aufli très- fort de leurs fe-
melles. Les uns & les autres ont les yeux roux, le devant
de la tête jaunâtre , la bafe & le bord extérieur des aîles un
peu jaune , avec un point brun au milieu de l’aile , outre
une petite raie tranfverfe de même couleur un peu plus
bas , ce qui fait le caraëtere fpécifique de cette mouche.
Quant au refle , les mâles font gris & couverts d’un du-
vet jaune un peu aurore ; les femelles n'ont point ce duvet,
mais font feulement parfemées de quelques poils gris ou
noirs en petite quantité. Leur couleur eft ou un peu fauve,
avec quelques bandes noires fur le ventre , ou toute grife,
ou grife , avec quatre taches noires aflez confidérableës
placées en quarré fur le corcelet, fans compter quelques-
autres petites dans l'intervalle , & deux ou trois taches
brunes fur chaque anneau du ventre. Cette mouche ef
très-commune. Sa larve habite dans les ordures, les fien-
tes , les crottins de cheval & les bouzes de vaches.
70. MUSCA rigra, alis fufcis , pedibus fpinofis.
La mouche noire à pattes épineufes.
Longueur 3 3 lignes. Largeur 1 lirne.
Elle eft noire fans mêlange d’autre couleur ; fon ven-
DES INSECTES. s31
tre eft long & mince, prefque cylindrique. Ses aïîles font
brunes , & elle les porte affez fouvent couchées fur fon
corps. Ses pattes font aufli noires , avec les jambes & les
tarfes un peu fauves. Ces derniers font longs & fort épi-
neux. J’ai trouvé cette mouche accouplée fur des arbres.
71: MUSCA thorace nigro ; lineolis quatuor longitudi-
nalibus albidis ; abdomine fufco , medio caracteribus
ZEDTLS,
La mouche à caraëleres noirs.
Longueur 3 + lignes. Largeur 1 ligne.
Ses yeux font bruns ; rougeâtres , & le refte de fa tête
eft noir , avec deux lignes dorées devant les yeux. Le cor-
celet eft noir ; chargé de quatre bandes longitudinales
d’un blanc un peu gris. Le ventre eft d’un brun clair,
principalement fur les côtés, car au milieu il eft chargé de
points , de lignes & de caraëéteres noirs. Il y a d’abord une
ligne longitudinale de points oblongs ; favoir , un fur le
premier , autant fur le fecond & fur le troifiéme anneau ,
& deux fur le quatriéme. Ces petites taches noires font
entourées d’un cercle un peu gris. A leurs côtés, vis-à-vis
de l'intervalle qui eft entre chacune, fe trouve de chaque
côté une tache un peu large d’un noir un peu moins foncé,
ce qui forme comme des croix les unes fur les autres.
Enfin les côtés du ventre font chargés de taches brunes
foncées , une fur chaque anneau. Le deffous du ventre eft
jaunûtre , les pattes font noires & les aîles un peu brunes.
Tout Panimal eft un peu velu. Jai trouvé cette finguliere
mouche au Jardin du Roi fur les fleurs.
72. MUSCA zigra , alis incumbentibus , pedibus fèrru-
gineis.
La mouche noire à pattes fauves.
Longueur 2 + lignes. Larceur + ligne.
Cette mouche allongée & fort femblable pour la figure
à la derniere efpéce de mouche-armee , eft toute d'un noir
xx 1]
32 HISTOIRE ABRÉGÉE
peu brillant ; fes pattes feules font d’un jaune un peu fau-
ve. Elle porte fes ailes croifées & couchées fur le corps,
comme fi elle n’avoit qu’une feule aîle. On la trouve fur
les plantes , où elle eft affez tranquille & fe Jaiffe prendre
aifément , fur-tout lorfque le tems eft humide & pluvieux.
73. MUSCA rigra , alis incumbentibus ; halteribus
abdominifque macula albis.
La mouche noire à tache blanche fur Le ventre.
Longueur 2 5 lignes. Largeur Z ligne.
Elle eft allongée , étroite & de couleur noirâtre. Ses:
yeux font gros , bruns & occupent prefque toute la tête.
Son corcelet eft lifle & comme un peu bronzé. Ses pattes
font de couleur fauve ; & les balanciers des aïles font
blancs. Sur le milieu de fon ventre en-deffus , on voit une
grande tache blanche , qui examinée de près , eft compo-
fée de trois lignes blanches ou bandes tranfverfes. Ces
bandes font pofées fur le quatriéme, cinquiéme & fixiéme
anneau du ventre , dont le haut eft blanc & le petit bord
inférieur noir. Les ailes font couchées fur le corps de l'in-
feûte ; elles font veinées & leur bord extérieur eft un
peu plus brun que le refte.
74 MUSCA nigra , alis divaricatis ; pedibus nioris.
La mouche toute noire.
Longueur 2 lignes. Largeur 3 ligne.
On feroit tenté de prendre cette efpêce pour la mouche
du n°. r , ou du moins pour une variété de cette mouche.
Elle lui reffemble tout-à-fait pour la grandeur , la forme &
la couleur. Elle n'en différe que parce que celle-ci n’a
point la tache blanche qui fe voit au bout des ailes de
la premiere. Celle que nous décrivons eft toute noire,
aflez lifle & luifante. Ses ailes même font noires & elle les
porte éloignées l’une de l’autre , comme la mouche com-
mune , en quoi elle différe de la précédente. Cette efpéce
eft commune dans les jardins.
DES INSECTES. s33
75. MUSCA zigra , tarfis anticis clavatis craffis.
La mouche à tarfes antérieurs très-gros.
Longueur 2 lignes. Largeur + ligne.
Cette mouche eft d’un noir liffe , peu foncé. Son ventre
ef allongé & fe termine en pointe. Ses aîles un peu brunes
ont leur bord extérieur plus épais. Mais ce qui la fait très-
aifément diftinguer de toutes les autres , c’eft que les tar-
fes ou pieds de fes pattes antérieures font très- gros &
prefque globuleux ; ce qui forme un très-bon caraëlere.
fpécifique. Cette efpéce ef rare.
76 MUSC A arra ; alis albis , marginis exterioris
medietate fuperna linea nigra.
La mouche noire , avec un trait noir fur la moitie du bord
exterieur de l'aïle.
Longueur 1 ligne. Largeur E ligne,
Le corps de cette petite efpéce eft court, ramañlé, &:
fes pattes font longues , fur-tout les poftérieures. Sa cou-
leur eft d'un noir matte & velouté. Ses ailes font blanches
& tranfparentes : feulement leur bord extérieur eft char-
gé dans fa partie fupérieure d’un trait noir , qui defcen-
dant jufqu'’à la moitié de l’aîle , remonte en faifant un
angle très-aigu. On croit d’abord voir la patte repliée à
travers de l'aile. Ce cara@tere fpécitique fait facilement:
reconnoître cette petite mouche qui fe trouve fur les
fleurs.
77. MUSCA rigra, alis fufcis , oculis rubris.
La mouche noire à afles brunes & yeux rouges.
Longueur 1 Z ligne. Largeur = ligne.
Cette petite efpéce eft d’un noir affez brillant ; fes yeux:
feulement font rouges , & les tarfes de fes pattes pofté-
rieures un peu bruns. Les aïles font aufli de couleur bru=
ne , & l'animal les porte fouvent croifées fur fon ventre.
534 HISTOIRE ABRÉGÉE
On trouve fréquemment cette mouche dans les endroits
humides & aux environs des fumiers.
78. MUSCA zigra , fronte alba ; abdominis lateribus
ferrugineis.
Linn. fyff. nat. edit. so ,p. $97 , n. 60. Mufca lateralis.
Linn. faun. fuec. n. 1107. Mufca nigra , fronte aiba.
AG, Upf. 1736, p. 33, 7. 60. Mufca atra obtufa, fronte alba.
La mouche noire , avec le devant de la tête blanc & les
côtes du ventre fauves.
Longueur 3 3 lignes. Largeur à ligne.
Le fond de fa couleur eft noir , & elle a fur le corps
quelques poils noirs , longs & clair -femés. Ses yeux font
bruns , & le devant de fa tête eft d’un blanc argenté. Les
cuilles & les côtés du ventre , principalement en-deffous,
font de couleur fauve. Cette mouche reffemble beaucoup
à la mouche commune , mais elle efl plus rare , & on ne
la trouve guères qu'a la campagne. Sa grandeur varie
beaucoup ; on en voit qui font du double plus groffes que
les autres. Ses couleurs varient aufli un peu , car quelque-
fois tout fon ventre eft fauve , à l'exception d’une bande
longitudinale noire dans fon milieu.
79. MUSCA fufca , alis macula marginal fufca.
La mouche à point marginal Brun fur des afles.
ie 10:
Longueur 2 + lignes. Largeur + ligne.
Cette efpéce eft brune : le devant de fa tête eft un peu
gris. Son corcelet eft chargé de deux bandes longitudinales
plus noires que Île refte. Son ventre compofé de quatre
anneaux , fe termine en pointe affez aigue , & ef fouvent
chargé d’un petit duvet gris. Ses pattes , fur-tout celles de
derriere , font très longues pour la grandeur de fon corps.
Ses ailes font veinées , fouvent un peu obfcures , & ont à
leur bord extérieur une tache marginale brune affez large.
Je fouvent trouvé cette mouche en grande quantité dans
es bois.
DES INSECTES. 535
80. MUSCA fu/ca, alis pundo marginal fufco ,
pedibus flavefcentibus.
La mouche à point maroinal [ur des aïles & pattes jaunes.
Longueur 1 3 ligne. Largeur à ligne.
Celle-ci reflemble beaucoup à la précédente pour fa
forme , mais elle eft plus petite , & fa couleur tire davan-
tage fur le gris. Son corcelet eft rond , court & gros, &
fon ventre eft allongé. Ses pattes font jaunes & toutes fort
peurs Ses ailes ont un point marginal Jaunâtre un peu
run.
81. MUSC À cinerea , pedibus flavefcentibus.
he grile à pattes lon C7 -
Fou Ro FE di 4 HA
Sa tête efl noirâtre & fes yeux font bruns. Tout le corps.
eft gris , mince & allongé. Les pattes font longues & jau-
nes. Les ailes claires & tranfparentes n'ont pas de point
marginal. Elle approche beaucoup de la précédente & fe
trouve avec elle fur les fleurs.
82. MUSCA zigra , pedibus flavis , antennis abdomine-
que tenuibus produites.
La mouche noire à pattes jaunes & ventre allongé, fembla-
ble à un ichneumon.
Longueur 4 lignes. Largeur 5 ligne.
Il n’y a prefque perfonne qui à la premiere vüe ne
prenne cette mouche pour un ichneumon. Sa forme ailon-
gée , la longueur de fes antennes , fa couleur même, tout
la fait paroitre différente des mouches. Elle en 2 cepen-
dant les antennes , la trompe & tout le caraétere. Ses an-
tennes font formées d’une palette compofée de plufieurs
articles peu diftinéts , un peu plus longue que la tête , du
côté de laquelle fort un file ou poil. Elies font noires ,
ainfi que tout le corps ; à l'exception des pattes qui font
s36 HISTOIRE ABRÉGÉE
jaunes. Le ventre eft étroit & long , comme dans les ich=
neumons, faifant à lui feul les deux tiers de la longueur de
l'infeéte. Il fe termine en pointe & furpañle la longueur
des pattes. Les ailes plus courtes que le ventre & au nom-
bre de deux , comme dans toutes les mouches , font ner-
veufes , fortes & un peu brunes. Cette mouche eft très-
rare , nous ne l’avons trouvée qu’une feule fois.
83. MUSCA zigra , pedibus flavis alarum margine
€XLÈTI10 T1E9TOe
La mouche noire à pattes jaunes & bord extérieur des aïles
rLoir'.
Longueur 1 ligne. Largeur à ligne.
Sa couleur eft noire , fa forme eft étroite & allongée , &
le ventre fur-tout fe termine en pointe. Les pattes plus
longues que fon corps , ont leurs cuiffes affez groffes
& font de couleur jaunâtre. Les ailes un peu plus longues
que le ventre & peu écartées , ont leur bord extérieur
noir. Cette très-petite mouche fe trouve fur les fleurs.
84. MUSCA nigra pedibus rufs, alis vibrantibus
immaculatrs.
La mouche à aîles vibrantes fans taches.
Longueur 2 3 lignes. Largeur = ligne.
Elle eft fort allongée , comme on le voit par les dimen:
fions que nous donnons ; & reffemble beaucoup à la mou-
che à ailes vibrantes ponétuées du n°. 4, principalement
par la maniere dont elle éleve & baïffe fes ailes. Son corps
eft tout noir & lifle. Son ventre eft compofé de fix anneaux
qui font bordés d’un peu de jaune. Ses pattes font jaunes
& fort longues, Les ailes auïli longues que le ventre , n’ont
aucune tache noire ; mais feulement quelques nervures
longitudinales peu marquées. On trouve fouvent cette
mouche dans les bois fur les feuilles des arbres.
85. MU SCA feérrugineo-fufca, fubpilofa ; oculis ferrugi-
ners , als triperyis,
Linn,
DES ÏÎNSECTES. ET
Linn. faun. fuec. n. vxxr. Mufca nigra , fubpilofa , oculis ferrugineis , alis
nervofis.
Linn. [yft. nat. edic. to , p. $97 , n. 66. Mufca cellaris.
AG. nat. curiof. ann. 12, obf. $8.
Ra. inf. p. 161. Mufca vini vel cereviliæ acefcentis,
Reaum. inf. tom. s, tab. 8, fig. 7, 11, 12.
La mouche du vinaigre.
Longueur 1 4 ligne. Largeur : ligne.
Sa couleur eft d’un fauve brun , & elle eft tant foit peu
chargée de poils ; fes yeux font d’un brun plus foncé,
Son ventre eft compofé de fix anneaux , dont la bafe eft
plus noire que le refte. Le deflous de l’infede eft plus
clair que ie deflus. Ses ailes aflez larges ; ont trois ner-
vures longitudinales , outre leur bord extérieur qui eft
plus épais. Cette efpéce de mouche eft large , elle a le
ventre court , & elle marche très lentement. On la trou-
ve fouvent morte dans le vin & le vinaigre. Elle ef atti-
rée par toutes les liqueurs qui s’aigriffent & elle y dépofe
fes œufs ; quelquefois elle faute. C’eft une efpéce des
plus communes.
86. MUSC A Java, oculis nioris. Linn. faun. fuec. n.
1114
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 600 , n. 88. Mufca flava,
La mouche jaune aux yeux noërs.
Longueur x ligne. Largeur ; ligne.
Elle eft toute jaune , à l’exception des yeux feuls qui
font noirs. Son corps eft large & écourté. Ses ailes font
blanches & ont quelques nervures jaunâtres peu appa-
rentes. On la trouve fur les fleurs & même quelquelois
dans les maifons.
87. MUSCA flava , abdomine fupra fufco ; thorace
tribus ftriis nigris. Linn. faun. fuec. n. 1113.
La mouche jaune à bandes noires fur de corcelet.
Longueur \ + ligne. Largeur 3 ligne,
Tome II. Yyy
538 HISTOIRE ABRÉGÉE
Elle a la tête Jaune , avec les yeux bruns , & une tache
noire triangulaire fur le derriere de cette partie. Le corce-
let a en-deflus trois bandes noires longitudinales , dont
celle du milieu ne paroit que la fuite de la tache triangu-
laire de la tête. La pointe du corcelet eft jaune. Le ventre
en-deffus a fur fon milieu une large bande noire , avec du
jaune fur les côtés , de façon que les bords du noir font
comme dentelés. Les pattes font toutes jaunes , & le def-
fous de l’infeéte mêlé de jaune & de noir. On trouve cette
petite mouche fur les fleurs : elle marche fort lentement &
femble parefleufe à s'envoler.
88. MUSC A flavefcens , oculis nigris , alis incumbente-
bus glaucis.
La mouche jauné à aïles bleuätres & croifees.
Longueur 1 ligne. Largeur = ligne.
Ses yeux font noirs. Tout fon corps eft d’un jaune un
peu foncé , & de forme éçourtée & un peu large. Ses pat-
tes font d’un jaune plus clair. Ses ailes couchées fur le
ventre & croifées Pune fur l’autre , font d’une couleur
bleuître,
STOMOXYS. Afili fpec. linn.
LES T'O'M ONE
Antenne patellatæ fera la- Antennes formées par une
terali pilofa. palette avec un poil latéral
velu.
Os roffro fubulato fimplici acu- Bouche formée par une trom-
10. pe fimple & aigue.
Ocelli tres. Trois petits yeux lifles.
Le flomoxe a des antennes tout-à-fait femblables à
celles de la mouche , & terminées comme les fiennes par
une palette platte & folide, avec un poil qui en fort fur le
côté , & qui regardé de près , paroït tout velu , & femble
former une aigrette ou panache. Il refflemble aufli à la
DES INSECTES. 539
mouche commune pour la couleur, la forme & la groffeur :
feulement fes ailes plus écartées & fon ventre qui eft plus
court , lui donnent un port qui le fait reconnoitre quand on
le regarde avec attention. Mais un autre caractere qui
fépare tout-à-fait ce genre de celui des mouches, eft ceiui
qui fe tire de la forme de la bouche. Le flomoxe a une
trompe dure , noire , pointue par le bout ;, avec laquelle il
pique les hommes & les animaux , fur-tout en automne
où il eft très -commun. C'eit ce qui lui a fait donner le
nom de ftomoxe ; comme qui diroit infeéte à bouche poin-
tue. Comme cet infeëte vient très-abondamment vers l’au-
tomne ;, & qu'il reflemble tout-à-fait à la mouche , cela
a donné lieu de dire que les mouches d'automne piquoient.
Mais fi on prend ces prétendues mouches & qu'on les
compare avec les mouches ordinaires , on verra que ces
dernieres n’ont point Pinftrament avec lequel le flomoxe
pique. Cette différence a fait mettre cet infeëte au nom-
bre des afiles par M. Linnœus , mais il différe de ceux-ci
par fes antennes , enforte que nous avons cru devoir en
faire un genre. Je ne connois point la larve , ni la nym-
he du flomoxe , peut-être que leur reffemblance avec
celles des mouches m’auront empêché de les reconnoitre.
Je n'ai trouvé qu'une feule efpéce de ce genre.
1. STOMOXYS. Planch. 18, fig. 2.
Linn. faun. fuec. n. 1042. Aflus cinereus glaber ovatus.
Linn. [yft. nat. edit. 10 , p. 604 , n. 2. Conops antennis fubplumatis cinerea
glabra ovata,
Le flomoxe.
Longueur 3 lignes. Largeur 1 ligne.
On trouve cet infeëte par-tout ; particuliérement en
automne , où il fatigue beaucoup les chevaux & les pique
jufqu’au fang.
6:
Yyyi
$4°
HiISTOIRE ABRÉGÉE
VOLUCELL A. Mie fpe. linn.
LUAN VOL UIC'E: LiL'E,
Antennæ patellatæ fèta la-
terali pilofa capiti infiden-
tes.
Os proboftide vagina acuta [eu
roftro reconditum.
Ocelli tres. -
Antennes formées par une
palette ; avec un poil latéral
velu & placées fur la tête.
Bouche formée par une trom-
pe renfermée dans une gaine , ou
un bec aigu.
Trois petits yeux lifles.
La volucelle jufqu’ici avoit été confondue avec la mou-
che : il eft vrai qu'elle lui refflemble pour la forme &
les antennes. Elle a aufli une trompe femblable à celle
de la mouche , mais cette trompe n’eft pas à nud ; elle eft
renfermée dans une efpéce de gaine , ou bec dur affez fail-
lant , placé au devant de la tête de la volucelle , que ce bec
allonge & fait paroitre pointue. De plus , fa trompe ca-
chée dans la rainure de ce bec, eft longue & divifée en
deux parties , au lieu que celle de la mouche eft fimple &
membraneufe.
- J'ai trouvé la larve de cet infeéte fur le rofier ; & je n’ai
point apperçu de différences entr'elle & celles des mou-
ches : elle commençoit à fe métamorphofer , & de fa
coque eft forti l’infeëte parfait de la premiere efpéce de ce
genre.
Je ne connois que trois efpéces de volucelles.
1. VOLUCELL A abdomine antice albo ; police nigro ;
als albis , nigra macula. Planch. 18 , fig. 3.
Linn. faun. fuec. n. 1073. Mufca abdomine anterius albo , pofterius nigro , alis
albis, nigra macula.
A&. Upf. 1736, p. 32, n. 30. Idem,
La volucelle à ventre blanc en-deyant.
Longueur $ : lignes. Largeur 3 lisnes.
Ses yeux font d'un brun rougeître ; le devant de fa tête
DESMIN SECTES S4i
& l’étui qui renferme fa trompe font d’un jaune life &
luifant. Son corcelet eft noir, chargé de quelques poils
bruns , avec fa pointe quelquefois un peu jaune , & d’au-
tres fois noire comme le refle , car elle varie pour la cou-
leur. Le ventre a fa moitié inférieure noire , & fa moitié
fupérieure blanche tranfparente , tant en-deffus qu’en-def-
fous ; mais quelquefois en-deflus ce blanc eft divifé en
deux dans fon milieu par une petite raie noire longitudi-
nale. Les pattes font toutes noires. Les aîles font blan-
ches , tranfparentes , quelquefois un peu jaunes vers leur
bafe : leur milieu a une large tache ou bande tranfverfe
noire. Leur pointe eft aufli noirâtre , & depuis la tache
noire Jufqu'a cette pointe , il y a des veines brunes qui
defcendent. Cet infecte vient fur les rofiers.
2. VOLU CELL A rora nigra, pilis fulvis ; alis albis,
macula nigra.
La volucelle à ventre tout noër.
Longueur s + lignes. Largeur 3 lignes.
Je crois celle-ci variété de la précédente. Les aîles , la
tête , les pattes & le corcelet font tout - à - fait femblables
aux fiens. Il n’y a de différence qu’en ce qu’elle eft plus
velue & chargée de poils fauves , & en fecond lieu , en ce
que fon ventre eft tout noir , & n'a point fa partie fupé-
rieure blanche. Cette efpéce fe trouve avec la précédente,
3. VOLUCELLA shorace ni9r0, apice fulvo ; abdomine
flavefcente.
La volucelle à ventre jaunätre.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 + ligne.
Sa tête, & fur-tout la pointe qui reçoit la trompe , eft
d’un jaune de couleur de corne. Ses yeux fonc bruns. Son
corcelet eft noir , fur-tout en-deffus , mais fa pointe eft de
couleur fauve & life. Son ventre eft de couieur jaune
un peu cendrée , & fes pattes font jaunâtres. Ses aïles font
toutes blanches. Certe efpéce eft rare ici,
$42 HISTOIRE ABRÉGÉE
NEMOTELUS. Mufèe fpec. linn.
LA NEMOTELE.
Antennæ moniliformes | Antennes grenues ,termi-
fly lo terminatæ , roftro infi- nées par une _pointe & pla-
dentes. cées fur [a gaine de la trom-
PE:
Os proboftide , vagina acuta feu Bouche formée par une trompe
roftro reconditum. renfermée dans une gaine ou un
bec aigu.
Ocelli tres. Trois petits yeux lifles.
Les antennes de [a nemotele font fingulieres : elles font
moniliformes , c'eft-à-dire , compofées d'articles courts ,
menus ; comme des grains ronds enfilés enfemble , à peu
près comme les perles d’un collier. Ces grains ou articles
ronds ; font au nombre de cinq, dont les inférieurs font
plus gros & plus larges , & les autres vont en diminuant.
Au bout de ces cinq articles ronds , fe trouve une fixiéme
piéce longue & filiforme qui termine l'antenne. C’eft d’a-
près cette conftruétion ; que nous avons donné à ce genre
le nom de zemotele ; qui veut dire infeéte à antennes
terminées par un fl Outre cette forme finguliere & propre
à ce genre , les antennes ont encore une autre particulari-
é : elles font pofées fur une efpéce de bec ou pointe ,
A fque comme dans les charanfons. Cette pointe ou gai-
ne aigue & creufe en-dedans , fert à Joger fa trompe ,
comme dans le genre précédent. On voit par ce détail que
la nemotele reffemble à la volucelle par la forme de fa
bouche , mais qu’elle en différe par la forme & la pofition
de fes antennes. Quant au genre des mouches , elle en
différe de toutes façons , fes antennes & fa trompe ne
reffemblent nullement aux leurs. Nous avons donc cru
devoir faire un genre des nemoteles, qu’on avoit jufqu'ici
confondu mai-à-propos avec les mouches , auxquelles
elles ne reflemblent que par leur port extérieur.
j DES INSECTES. 543
On trouve ces infectes fur les fleurs : je ne connois
point leurs larves qui doivent approcher beaucoup de
celles des mouches.
1. NEMOTELUS riger , abdomine niveo , fafciis
duabus nigris. Planch. 18 , fig. 4.
Linn. faun. fuec. n. 1082. Mufca nigra , abdomine niveo, fafciis duabus nigris,
La nemotele à bande.
Longueur 2 lignes. Largeur ? ligne.
Cette efpéce à la tête aflez groffe & les yeux bruns noi-
râtres. Son corcelet eft d’un noir liffe. Le ventre affez
large , eft d'un beau blanc en-deflus ; mais entrecoupé de
noir en quelques endroits. Premiérement, il y a un peu de
noir à la bafe du premier anneau au milieu. Le fecond
anneau eft tout blanc : le troifiéme & le quatriéme font
blancs , avec un peu de noir à leur bord inférieur. Le refte
du ventre & fes bords latéraux font blancs. Les balanciers
font de même couleur. En-deffous , l'animal eft noir &
fes pattes le font aufli , à l'exception des jambes qui font
plus claires. On trouve cet infeéte fur les fleurs.
2. NEMOTELUS riger , abdomine punélis albis.
La nemotele noire à ventre tacheté de blanc.
Longueur 2.3 lignes. Largeur à ligne.
Sa couleur eft toute noire , à l'exception des parties
fuivantes qui font d’un blanc un peu citron ; favoir , les
pattes , les côtés du corcelet qui ont quelquefois deux ou
trois taches de cette couleur , ce qui n’eft pas cependant
conftant , & paroît ne fe trouver que dans les mâles ;
les bords du ventre qui font de même terminés par
un peu de blanc , & une raie longitudinale de taches
pareilles fur le milieu du ventre , formée par une fuite
de taches qui fe trouvent pofées chacune fur te milieu
de chaque anneau. Cet infeéte fe trouve dans les prés
humides.
s44 HiSTOIRE ABRÉGÉE
SCATHOPSE.
LIEU S CA TOP SE.
Antenne filiformes. Antennes filiformes.
Os proboftide abjque dentibus. Bouche avec uñe trompe fans
dents.
Ocelli tres. Trois petits yeux liffes.
Le /catopfe ; comme qui diroit mouche à ordures ; à
caufe des endroits fales où l'on découvre plufieurs de ces
infeétes , n'a été décrit jufqu'ici par aucun Naturalife. Sa
figure reflemble à celle d'une petite mouche : fa trompe eft
auib tout - à - fait femblable à celle de la mouche , maïs le
fcatopfe différe de ce genre par la forme de fes antennes
qui ne font point à palettes , mais femblables à un fil.
Les larves des fcatopfes reflemblent à des petits vers à
anneaux & fans jambes. Les unes fe trouvent dans les
latrines & les fumiers humides ; celles de la feconde ef-
péce font plus fingulieres : elles habitent dans l’intérieur
des feuilles de bouis , dans des cavités qu’elles fe prati-
quent dans ces feuilles. Les unes & les autres fe transfor-
ment en nymphes ; mais différentes de celles des mou-
ches & de la plüpart des infeûtes de cette fe&tion. La
peau de la larve ne fe durcit point pour former une coque,
mais cette larve quitte fa peau & fe convertit en une nym-
phe , dans laquelle on découvre toutes les parties de l'in
feéte.parfait qui en doit fortir. Au bout de quelque tems ,
l'infecte fort de la nymphe. Celui qui vient dans les feuilles
de bouis fe métamorphofe dans la même cavité où il a
vécu » & lorfqu'il devient aîlé , il a un travail de plus
à faire , c'eft de percer la tumeur où il eft enfermé. Cette
opération lui eft aifée , parce qu'il refte toujours à ces
tumeurs ‘une petite ouverture , grande comme un point,
qui n’a befoin que d’étre dilatée pour laifler pañler l’in-
fecte.
Le
DES INSECTES s4ÿ
ASC A THOSE czrr2:
Le /catopfe noir.
Longueur 1 hgne. Largeur à ligne.
Cette efpéce de moucheron eft d’un noir foncé, liffe &
brillant. Sa tête eft petite. Ses antennes plus longues que
fa tête font filiformes , cylindriques ;, compofées de onze
anneaux ou articles: vües à la loupe elles paroiffent noueu-
fes. Sa bouche eft garnie d’une trompe femblable à celle
des mouches. Son corcelet eft rond , & fon ventre mé-
diocrementallongé. Ses aîles qui débordent le ventre d’un
grand tiers , n’ont qu’une feule nervure noire proche leur
bord extérieur, mais cette nervure fe repliant ; paroït
double. L’infette porte fes ailes croifées l’une fur l’autre
& couchées à plat fur le ventre. On trouve ce fcatopfe
dans les lieux humides & fouvent dans la fange & les la-
trines , où je l'ai vû plufieurs fois accouplé. Dans cet ac-
couplement , je mai guéres apperçu le mâle pofé fur la fe-
melle: ils font fouvent dans une fituation oppofée , enforte
que les deux extrémités du ventre qui fe touche,font cou-
vertes par les aïles des deux individus, & que les têtes font
oppofées & aux deux bouts, de façon qu’il fembleroit
quil n'y a qu'un feul infeête long , avec deux têtes aux
deux extrémités. Plulieurs autres infe@tes s’accouplent
de cette façon.
2. SCATHOPSE ffava , alis albis. Planch. 18,
fig. $.
Le [catopfe du Bouis.
Longueur 1 + ligne.
Les yeux de cette efpéce font noirs , & fes antennes un
peu brunes font prefque de la longueur de la moitié de
fon corps. Son corcelet, fon ventre & fes pattes font jau-
nes, & fes ailes font blanches & plus longues que fon
corps. L'infeéte les porte croifées & couchées fur lui. La
Tome IL. 222
546 HISTOIRE ABRÉGÉE
larve de ce fcatopfe eft de couleur jaune : elle perce le
deffous des feuilles de bouis & fe loge dedans à peu près
comme les petites chenilles mineufes des teignes, ce qui
forme plufieurs groffeurs larges au revers de ces feuilles.
Après avoir pris fon accroiffement,elle fe transforme dans
le même endroit en une nymphe Jaune qui a deux points
noirs aux endroits ou feront placés les veux de l’infeûe
parfait. De cette nymphe fort le fcatopfe ailé, qui perçant
la tumeur ou loge dans laquelle il a habité, entraîne fou-
vent avec lui une partie de fa dépouille de nymphe, qui
refte attachée à la feuille dont elle fort à moitié.
HIPPOBOSCA.
L'HIPPOBOSQUE.
Antennæ fétaceæ breviffi- Antennes fétacées très-
mæ ex unico pilo. courtes,compofées d’un feul
poil.
Os roffro cylindrico obtufo. Bouche formée par une efpé-
ce de bec cylindrique & obtus.
Ocelli nulli. Point de petits yeux lifles.
Nous avons deux efpéces d'hippobofques, l’une appel-
lée la mouche-a-chien , parce qu'elle s'attache fortement
aux chiens ; l’autre connue fous le nom de mouche- arai-
gnee , attendu qu’elle a quelque reffemblance avec une
araignée.
Le caractere de ces infeétes eft très-aifé à reconnoître,
Leurs antennes font très-petites , très-courtes & compo-
fées feulement d’un fimple poil, enforte qu’on à de la
peine à les appercevoir; de plus leur bouche a une efpé-
ce de trompe ou bec cylindrique & obtus par le bout.
Ajoutez à ces caraéteres que ces infeétes font durs , appla-
tis & comme écailleux, & qu’ils font les feuls de cette
fe&tion avec les coufins , qui n’ont point de petits yeux
lifles. On les trouve fréquemment lété attachés, foit fur
DES ÉNSECTES. 547
les quadrupedes , foit fur les oifeaux. Je ne connois point
encore leurs larves.
1. HIPPOBOSCA pedibus tetradaty ls , alis crucia=
ss. Planch. 18, fig. 6.
Linn. faun. fuec. n. 1043. HippobofCa pedibus tetrada&ylis.
Linn. {ff nat. edit. 10, p. 607 ,-n. 1, Hippobofca alis obtufis', thorace alba
variegato. d
Mouffes. inf. $9. Hippobofcus.
Frifch. germ. $ ; p. 43 , t. 7. Ricinus volans,
AG, Upf. 1736 , p.31, n. 27. Mufca equina tenax.
Reaum. inf. tom. 6 , tab. 48.
La mouche-à-chien.
Longueur 2 + lignes. Largeur 1 ligne.
La mouche-à-chien eft large , platte, luifante & com-
me écailleufe. Sa tête eft jaune & fes yeux font bruns.
Son corcelet & fon ventre font aufli jaunes avec des.
ondes brunes. Les pattes font entrecoupées de jau-
ne & de brun. Les aîles croifées l’une fur l’autre , débor-
dent le corps de plus de moitié ; elles font tranfparentes,
lavées d’un peu de jaune avec leur bord extérieur & un
point près de ce bord de couleur brune.
Cette mouche s'attache pendant l’été aux chiens , aux
chevaux, aux bœufs , qu’elle pique & fatigue beaucoup.
2. HIPPOBOSCA pedibus fexdadylis , als
divaricatts.
Linn. faun. fuec. n. 1044. Hippobofca pedibus fexda@ylie.
Linn. fÿ{E: nat. edit, 10 , p. 607 , n. 3. Hippobofca alis fubulatis.
Reaum.inf. tom. 4, tab. 11, fig. 1=—5. La mouche-araignée.
La mouche - araignée.
Longueur 3 lignes. Largeur 1 ? ligne.
La mouche-araignée différe de [a mouche-à-chien en
ce qu’elle eft plus large : fa tête eft plus allongée & de
couleur jaune. Son corcelet applati eft plus court, &
d’un jaune obfcur fans mêlange d'autre couleur. Le ven-
tre eît gros, plat , large, de couleur obfcure. Les aïîles
22)
$48 HISTOIRE ABRÉGÉE
courtes & étroites, ne vont que Jufqu’a l'extrémité du ven-
tre qu'elles laiffent à découvert entr’elles, étant éloignées
Pure de Pautre : elles ne refflemblent prefque qu'à des
moiïgnons d’ailes. Ses pattes affez longues , font jauna-
tres & fe terminent par deux onglets div fés chacun en
trois grifles. La longueur des pattes ; la groffeur du ven-
tre , & la petitefle des ailes, donnent à cetinfeéte la fi-
gure d’une araignée, ce qui l'a fait appeller mouche-arai-
gnée. On le trouve dans les nids d’hirondelles aux petits
defquelles il s'attache.
TIPULA.
LA FIPUL'E
Antennæ filiformes , fub-
petlinatæ(maribus fæpe plu-
mofæ ) capite multo longio-
res.
Antennes filiformes un
peu peélinées ( fouvent en
panache dans [es mâles )
beaucoup plus longues que
lastète.
Os rentaculis incurvis ar-
ziculatis.
Ocelli tres.
Familia 1, Alis patentibus.
Bouche accompagnée de
barbillons recourbés & arti-
culés.
Trois petits yeux liffes.
Famille 1°. A aîles étendues,
ou tipules cou-
turieres.
—— 2". À aîles rabatues
ou tipules cu-
liciformes.
= 24, Alis incumbentibus,
Le principal carattere des tipules dépend de la forme
de leur bouche qui eft accompagnée de quatre barbillons,
deux de chaque côté. Ces barbillons font compofés de
plufieurs piéces articulées enfemble , & l’infeéte les tient
ordinairement recourbés en-devant. La tipule & le bibion
dont nous parlerons dans le genre fuivant , font les deux
feuls infeêtes de cette feétion dans lefquels ia bouche foit
DES INSECTES. $49
ainfi conftruite ; mais le bibion différe de la tipule, par fes
antennes, comme nous le verrons. Celles de la tipule font
comme un fil long compolé de plufieurs nœuds ou arti-
cles , & en regardant de près, on voit qu'elles font peéti-
nées, c’eft-à-dire que de chaque nœud nait un fil ou poil ,
enforte que la réunion de tous ces poils latéraux imite [a
figure des dents d’un peigne. Ces poils font bien plus ap-
arens dans les mâles que dans les femelles , & fouvent
dans ceux-là ils font fi nombreux & fi longs.qu'ils forment
une belle panache touffue. C'eft ce qu'on remarque
principalement dans les petites efpéces de tipules.
Outre ces caraéteres qui font reconnoître aifément les
infectes de ce genre , la longueur extraordinaire de leurs
pattes, & l'allongement de leur corps qui eft mince &
étilé, leur donnent encore un port fingulier , qui les fait
diftinguer au premier coup d'œil.
En général la tête de ces infeétes eft petite, & leurs.
antennes font belles & longues. Leur corcelet eft court ,
renflé fur le dos , & forme comme une bofle. Le ventre
eft long & mince, particuliérement dans les mâles ; les
pattes font fines & Iongues, prefque de la longueur de
celles du faucheur , & elles peuvent à peine foutenir le
corps qui balance & vacille prefque perpétuellement def-
fus. Les aîles qui naïflent du corcelet , font grandes & aw
nombre de deux. Les balanciers pofés fous lorigine de
ces ailes, font très-vifibles dans ces infeëtes, où ils fontà
découvert ; au lieu que dans la plüpart des autres genres
de cette fe&tion, ils font recouverts par des efpéces d’ai-
lerons. Les grandes tipules tiennent leurs ailes étendues ;.
écartées lune de l’autre , ainfi que de leur corps, au liew
que les petites efpéces qui refflemblent pour la forne à
des coufins , & qu on a nommées par cette raifon #pres
culiciformes , postent leurs aïles couchées fur le dos à
côté l’une de l’autre. C’eft d’après ce port d'ailes, que nous:
avons divifé ce genre en deux familles. La premiere ren--
ferme les grandes tipules à af/es étendues ; que lon appelle
ssa H1iSTOIRE ABRÉGÉE
dans quelques campagnes couturiers ou tipules couturieres;
la feconde comprend les petites tipules à ailes couchées
& rabatues fur le dos , ou #ipules culiciformes.
Les larves de ces infectes varient beaucoup pour leurs
formes & leurs demeures. Celles des grandes tipules ne
reffemblent point à celles des petites : même parmi ces
dernieres il y en a dont les larves font fi différentes les
unes des autres , qu'on ne croiroit jamais qu’elles duffent
donner des infeétes d’un même genre & fort fembiables.
En général cependant les unes & les autres reffemblent
affez à des vers. Celles des grandes tipules font fouvent
brunes , allongées ; elles ont deux yeux à la tête & fix pat-
tes au devant du corps. Elles ont beaucoup de rapport
avec les larves de quelques infeétes coleopteres , & Je ne
mimaginois pas d’abord qu'elles appartinffent à des tipu-
les. Je les ai trouvées dans des troncs de faules pourris,
au milieu de la poufliere qui fe ramaffe dans le creux de
ces arbres, fur-tout vers le bas, où cette efpéce de tan eft
plus humide & comme en boue. Ces larves quittent leur
peau pour fe métamorphofer , à la différence de celles
des mouches , & elles fe changent en une nymphe qui
fouvent eft aflez finguliére. On voit à la tête de cette
nymphe deux petites cornes qui lui fervent à pomper l'air;
elles font fines , affez longues & un peu courbées. Le ven-
tre a tous fes anneaux garnis vers leurs bords, de petites
pointes tellement dirigées vers l'extrémité poftérieure,que
la nymphe , par fes mouvemens , peut bien avancer en
avant , mais nullement reculer. Ces nymphes habitent,
ainfi que leurs larves, dans le tan des arbres pourris, où
on les rencontre quelquefois. C’eft de ces nymphes que
fortent les grandes tipules ; en déchirant la peau qui les
recouvre.
Les larves des petites tipules culiciformes , habitent la
Iäpart dans l'eau. Ces larves n'ont rien de conimun en-
tr'elles que leurs ftigmates. Il y en a deux à la tête &
deux à la queue. Du refte, dans les unes lesftigmates pof-
DES INSECTES: $sr
térieurs font de fimples ouvertures , dans d’autres ces ou-
vertures font entourées d'appendices charnues ; plufieurs
ont pour ftigmates des tuyaux cylindriques ;, qui dans
quelques-unes font environnés de longues appendices
femblables aux bras des polypes, ce qui les a fait appeller
par M. de Reaumur vers polypes. On voit par-là conibien
ces larves varient. Elles ne font pas moins différentes
pour leurs couleurs. La plüpart font rouges , d’autres gri-
fes , quelques-unes brunes. Prefque toutes ont à leur par-
tie antérieure deux efpéces de faufles jambes courtes ;
ou de petitsätubercules , comme des moignons de bras.
Quelques-unes de ces larves nagent agilement dans l’eau:
d'autres fe font des trous dans la terre des bords des ruif
feaux, dans lefquels l'eau pénétre & où elles fe retirent ,
enfin quelques-unes fe confiruifent des efpéces de coques
de foie, qui couvrent une partie de leur corps , à peu
rès comme font les larves des teignes. Nous verrons
dans le détail des efpéces, des exemples de toutes ces
variétés.
Les nymphes de ces larves ne font guères moins diflé-
rentes que les larves elles mêmes ; elles ont à la vérité
quelque chofe de commun entrelles & avec celies des
grandes tipules: c’eft de fe dépouiller de Icur peau pour
fe transformer en nymphes; & de plus elles ont toutes
deux fligmates à la partie antérieure, à l'endroit qui ré-
pond au corcelet, mais à cela près, elles varient beau-
coup pour le refte. Nous voyons quelques-unes de ces
nymphes refter immobiles dans les trous que leurs larves
ont habités, d’autres nagent & courent vivement dans
Veau. Plufeurs ont les ftigemates fupérieurs fimples , d'au-
tres les ont formés par deux efpéces de cornets , ou deux
tuyaux qui s'évafent en-haut & qu’elles appliquent fou-
vent à la fuperficie de l’eau , pour pomper l'air. Ces
dernieres approchent beaucoup de celles des coufins ;
comme on le verra bientôt.
Les tipules qui viennent de ces différentes larves
S$2 H1ISTOIRE ABRÉGÉE
font tres-nombreufes. Les grandes volent & courent dans
les Prés ; & c’eft pour cette raifon qu’il paroiït que la natu-
re leur a donné de fi longues pattes, qui les élévent
comme fur des échafles, afin que les herbes des prés ne
les arrêtent pas lorfqu elles marchent. Les petites tipules
volent fouvent le foir par troupes & par légions au bord
des eaux , où quelquefois oneneft couvert. Leur reffem-
blance avecles coufins les fait craindre , mais elles ne font
aucun mal. Les unes & les autres s'accouplent après être
devenues infectes parfaits. Il eft aifé de diftinguer les males
& les femelles , par la différence des antennes que nous
avons marquée ci-deffus , & par la groffeur du ventre qui
eft beaucoup plus confidérable dans les femelles que dans
les mâles.
Ces infettes fervent de pâture aux poiffons & aux in-
fetes aquatiques voraces , tandis qu'ils font fous la for-
me de larves: devenus ailés, ils font pourfuivis par les
oifeaux qui en REnE nt & en détruifent beaucoup.
La REbARe des grandes tipules font affez joliment bi-
garrées , plufieurs ont de plus leurs aîles panachées. Les
petites tipules culiciformes font finguliéres pour leur finef-
fe & leur pee ; dès qu’on les touche, on les écrafe.
Fluiieurs font du plus beau vert; d’autres noires comme
le jayet. Quelques efpéces font remarquables par la lon-
gueur de leurs pattes antérieures, qu’elles ne pofent point
asterte ; dornele s font arrêtées , mais qu'elles tiennent
élevées & qu elles agitent , comme fi c’étoient des anten-
nes. Les males ne reffemblent fouvent point à leurs fe-
melles , & on ne croiroit jamais que ce fuffent des ani-
maux de mème efpéce, fi on ne les trouvoit accouplés
enfemble. il y a des mâles noirs , délés & minces, dont
les femelles font grofles , courtes & blanchâtres ; auffi
avons-nous eu ton de iter principalement nos defcrip-
tions des mâles & jamais des femeiles feules.
Re
PREMIERE
DES INSECTES. s53
PREMIERE FAMILLE.
Tipules couturieres.
1. TIPULA corpore nigro, fulvo, flavoque variegato.
Planch. 19, fig. 1.
Linn. faun. fuec. n. 1123. Tipula corpore nigro fulvoque variegato.
Linn. fÿft. nat. edit. 10, p. 585 , n..3. Tipula alis macula fufca , abdomine
atro fafciis fulvis,
AG. Upj. 1736,p. 30, n.2. Tipula abdomine annulis luteis nigrifque alter-
nantibus,
Ra. inf. p. 72 ,n. 4. Tipula elegans, dorfo & fcapulis nigris , ventre croceo,
alis macula fufca notatis , Iævis & fplendens,
Reaum. inf. com. 5 ,tab.1,fe 14, 15, 16.
La tipule variée de brun , de jaune & de noir.
Longueur 7 lignes. Largeur 1 ligne.
Cette tipule eft la plus belle & Ia plus brillante efpéce
de ce genre. Le fond de fa couleur eft noir , mais le cor-
celet a , vers fa circonférence , plufieurs taches fauves &
fafrannées. Le ventre plus large dans les femelles & plus
long dans les mâles, a aufli fur chaque anneau quelques
taches d’un jaune clair, autrement figurées dans les mâles
que dans les femelles, & un peu de couleur fauve à fa
bafe. Les pattes font de la même couleur fauve dans les
deux fexes , les tarfes feulement font noirs & les cuifles
poñtérieures ont dans leur milieu un anneau noir. Les ailes
font un peu fauves fur-tout à la bafe & au bord extérieur
avec des veines brunes & un point marginal noirâtre. Les
antennes des mâles font grandes , figurées en peigne , ou
avec un double rang de poils de chaque côté dans toute
leur longueur ; celles des femelles font très-peu peétinées
& paroiflent à la premiere vüe prefque fimples. Les unes
& les autres font noires, excepté à leur origine où elles
font fauves.
La larve qui produit cet infeéte eft longue ; life , de
couleur jaunâtre , fort luifante , compofée de quatorze
anneaux , & elle a antérieurement fix petites pattes. Elle
Tome IL, Aaaa
+
$$4 HiSTOIRE ABRÉGÉE
fe trouve dans les troncs des arbres pourris parmi l’efpé-
ce de tan qui fe forme dans ces troncs. La chryfalide qui
en vient , eft d’un brun couleur d’écorce & d’une forme
finguliére. Chacun de fes anneaux eft comme couronné
de petites pointes tournées un peu vers la queue , & fa
tête eft ornée de deux cornes minces, déliées, affez longues
& recourbées. L'infeéte parfait qui en vient , fe trouve
fouvent dans les prés.
2. TIPULA aûs albis fufco variegatis.
Linn. faun. fuec. n. 1121. Tipula alis exalbidis, macula nivea, rivulis fufcis.
Linn. fyft. nat. edit, 10, p.585 , n. 2. Tipula rivofa.
A&. Upf. 736, p. so, n. 1. Tipula lapponica cinerea , alis albis, rivulis fufcis.
Aët. Stockolm. 1739 3 1. 3: f. 8.
Raj. inf. pag. 72, n. 2. Tipula maxima, alis majoribus ex fufco & albo va-
riegatis.
La tipule à aîles panacheées.
P 4
Longueur. Mâle 10 lignes. Femelle x4 lignes.
Cette efpéce ; la plus grande de toutes celles que nous
ayons , a les yeux noirs & tout le corps d’un brun cen-
dré. La queue dans la femelle fe termine par une pointe
fourchue & dans le mâle qui eft plus petit ; par une efpé-
ce de maflue. Ses pattes font brunes avec un peu de noir au
bas des cuifles. Ses aïles larges & plus grandes que fon
corps , font joliment panachées : leur fond eft blanc, elles
ont à leur bord extérieur trois grandes taches brunes pref-
que triangulaires , qui fe touchent au bord de Paile & s’a-
vancent jufqu’au milieu de fa largeur. Au bord intérieur
elles en ont trois femblables, mais moins foncées. Entre
ces deux rangs de taches, font des plaques & des bandes
blanches fur le milieu de l'aile. La premiere de ces pla-
ques blanches, la plus proche de la bafe de l'aile, eft for-
mée en lozange & a au milieu une tache brune. Le bout
de l'aile eft plus entremélé de petites taches que le refte.
On trouve cette efpéce dans les prés.
J'ai eu d'abord quelque doute que ce füt cette efpéce
que M. Linnæus eût voulu décrire , du moins fa defcrip-
DES INSECTES. s5s
tion y va peu ; mais la phrafe de Rai qu’il cite eft bien
celle de notre efpéce. De plus celle qui fuit dans l’ouvra-
ge cité de M. Linnæus,n°. 1122, n’eft pas différente, c’eft
le mâle de la nôtre & je les ai trouvés accouplés enfemble,
3. TIPULA as exalbidis , linea marginal fufca.
Linn. faun. fuec. n. 1124.
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 585, n. 4, Tipula alis hyalinis cofta marginal: fufcas
Lift. goed. 331, fig. 139.
Goed. belg. 2, p. 165 , tab. 44.
Bradl. natur p 25 ,f.3.
Frifch. germ. 4 ,t. 12.
Reaum. inf. tom. 4 , tab. sr , fig. 7, & tom. s tab. 3, f. 1,2,
Raj. inf. p.72, n. 1. Tipula vulgaris feu longipes.
Leuwenhoeck. epift. 1693 , dec.10,f.4:5,@ 1714, 06tob. 16, f. 4:
AG. Upf. 1736 , p. 31 ,n. 6. Tipula cinerea, alis cinereis, margine exteriore
fufco.
La tipule à bords des aïles bruns.
Longueur 8 , 9 lignes. Largeur 1 ligne.
De toutes les grandes efpéces de tipules, celle-ci eft la
plus commune dans ce pays-ci. Sa couleur eft par-tout la
mème , d'un brun cendré. Les ailes font auffi un peu bru-
nes , mais principalement au bord extérieur , où il y a une
longue bande brune qui le parcourt fans aller cependant
jufqu'au bout, & qui femble formée par les plis de l'aîle,
Ces aîles font plus longues que le corps dans les mâles &
lus courtes dans Îes femelles, le corps de celles-ci étant
allongé & finiffant en pointe , au lieu que celui des mâles
eft plus court & gros par le bout. Dans les deux fexes, les
pattes font fort longues. On ne voit guères de différence
dans cette efpéce entre les antennes des mâles & celles
des femelles , qui font les unes & les autres en filets
fimples & fans poils latéraux. On trouve fouvent dans
les prairies cette tipule dont le vol eft lourd.
4. TIPULA aZ%s cinerafcentibus , lunula alba mar-
ginali. Linn. faun. fuec. n. 1126.
Linn. [yft. nat. edit. 10, p. 586, n. 8. Tipula lunata. L
Aaaa i]
6 H1ISTOIRE ABRÉGÉE
Aët. Upf. 1736: p. 30, n. 4. Tipula cinerea, alis fufcis, macula lunata alba.
Raj. inf. p. 73,7 10. Tipula feptimæ fimilis , paulo tamen major, oculis
viridefcentibus,
La tipule à aïles cendrées avec une tache blanche mar-
znale.
Longueur 8 lignes, Largeur 1 ; ligne.
Elle approche beaucoup de la précédente pour la gran-
deur , la forme & la couleur ; feulement il y a fur les côtés
du ventre du mâle deux bandes longitudinales plus claires,
une de chaque côté ; tout le refte du corps eft de couleur
cendrée. Les ailes font aufli un peu obfcures avec des
veines affez foncées: mais ce qui fait reconnoiître cette
efpéce ; c’eft qu’au lieu de tache marginale noire au bord
de l'aile, il y a une plaque blanche, tranfparente & clai-
re , où l’on n’apperçoit point les nervures de l'aile qui per-
dent leur couleur en cet endroit. On trouve cette tipule
dans les prés avec la précédente dont elle approche beau-
coup.
s- TIPULA abs fubfufcis, thorace flavo caraitheribrs
nigris , abdomine luteo punélorum nigrorum lineis tribus
longitudinal bus.
Raj. inf. p 73577 N
Linn. faun. fuec. n. 1130. Tipula alis membranaceis punto fufco , abdomine
flavo, lineis tribus fufcis longitudinalibus.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 586 , n. 11. Tipula cornicina.
Rofel. inf. vol. 2, tab. 1. Mufc. & culic.
La tipule jaune à points noirs rangés en trois bandes fur
de ventre.
Longueur 6 lignes. Largeur 1 ligne.
Cette efpéce eft jaune, fur-tout fa tête & fon corceler
font d’un jaune citron. Ses antennes , fes yeux, & les ap-
pendices de fa bouche font noirs. Son corcelet a en-deflus
quelques taches longitudinales noires , qui forment trois
bandes obliques. Le ventre plus long dans les femelles,
eft de couleur jaune un peu plus foncée que celle
du corcelet, & chargé de points noirs rangés en trois
DES INSECTES. S57
bandes longitudinales , une au milieu & une de chaque
côté du ventre. L’extrémité du ventre eft de couleur fau-
ve. Les ailes font un peu obfcures, & n’ont aucun point
marginal , mais feulement des veines noires ; ce qui me
fait un peu douter que cette efpéce foit celle que M. Line
nœus a voulu défigner dans Pendroit que jai cité. Les
pattes font fort longues, noirâtres , excepté les cuiffes qui
font de couleur fauve , fur-tout à leur partie fupérieure.
On trouve cette tipule très-communément dans les
prés.
6. TIPULA java, als fubfu cis ; punélo marginal
faufco ; thorace caraëlheribus nigris ;ÿ abdomine linea
longitudinal: nigra.
La tipule jaune à tache marginale [ur les aïles , & à ban-
de brune [ur le ventre.
Longueur s lignes. Largeur 1 ligné.
Celle-ci pourroit bien n’être qu’une variété de la précé-
dente. Elle lui reffemble pour la grandeur , les couleurs
& la forme : elle n’en différe qu’en deux chofes. Premié-
rement fes ailes ont un point marginal brun, très-apparent
& bien marqué: fecondement fon ventre , qui eft d’un
jaune plus brun que le corcelet, n’a qu’une bande brune
longitudinale non interrompue fur fon milieu. Les pattes
femblent aufli moins noires que dans la précédente. On
la trouve avec elle dans les prés.
7. TIPULA fava oculis nigris.
La tipule jaune aux yeux noirs.
Longueur 4 lignes. Largeur + ligne.
Tout fon corps eft jaune à l'exception des yeux qui font
noirs. Ses ailes ont aufli une petite teinte de jaune &
mont pas de point marginal, du moins bien marqué,
mais feulement un endroit un peu plus jaune, proche leur
bord extérieur. Ses pattes font fort longues. Cette tipule:
varie un peu pour la grandeur.
558 HISTOIRE ABRÉGÉE
8. TI” ULA nigra, pedibus, abdominifque maculis
utrinque lividis , alis nigro maculans.
Linn. faur. fuec n. 1134.71 ipula alis nigro maculatis, corpore nigroe
Linn. ft. nat. edit. 10, p. 586, n. 7. Tipula contaminata.
La t'pule noire à taches jaunes & aïles maculees.
Longueur $ lignes. Largeur 1 ligne.
Ses antennes & tout fon corps font d’un noir liffe &
luifant , feulement fes pattes font d’un jaune livide , à
l'exception des articulations qui font noires, & le fecond,
le troifiéme , le quatriéme & le cinquiéme anneau du
ventre font chargés chacun de deux points ou taches du
même jaune , une de chaque côté. L’avant-dernier an-
neau eft tout noir & le dernier eft jaunâtre. Les ailes ont
cinq ou fix taches noirâtres , placées le ong de leur bord
extérieur , alternativement plus grandes & plus petites ,
enforte que les unes ne refflemblent qu'à un point, &
que les autres placées dans l'intervalle, forment une bande
tranfverfe , conpofée de plufieurs points. On trouve cette
tipule dans les prés.
9. TIPULA fufCa; alis albis punélo marginali duplici
Jfufco.
La tipule Brune à double point marginal.
Longueur 3 lignes, Largeur = ligne.
Sa couleur eft cendrée , maïs le deffus du corcelet &
du ventre font plus bruns. Cette couleur brune eft comme
par anneaux fur le ventre. La tête eft petite pour le corps
de l'animal & fes yeux font noirs. Les pattes font fort
longues , & les ailes débordent de près de moitié le corps
de l'infeëte. Elles font blanches , tranfparentes , avec deux
oints marginaux bruns, l’un fupérieur plus petit & rond,
ae un peu inférieurement plus grand & oblong , du-
quel part une petite raie ou nervure tranfverfe, qui coupe
l'aile en faifant quelques angles. Ces deux points margi-
naux font le caraïere fpécifique de cette tipule.
DES INSECTES. $59
10. TIPULA aks fufcis , corpore atro. Linn. faun.
uec. #-.L1432e
Linn. fjff. nat. edit. 10,p. $86, n. 12. Tipula nigra.
La tipule noire à aïles brunes.
ÆZongueur 3 lignes. Largeur + ligne.
Elle eft toute noire , mais nullement brillante ni liffe.
Ses ailes pareillement noirâtres, ont des veines noires &c
un point marginal oblong peu marqué. J’ai trouvé cette
efpéce au commencement du printems, dès la fin du
mois de mars.
#1 I LP U L A tora atra levis.
La tipule toute noire.
Longueur 2 3 lignes. Largeur à ligne.
Cette efpéce eft toute noire. Son corps eft lifle & un peu
luifant. Ses pattes font affez longues & fes aïles font arron-
dies , courtes & de couleur noirâtre.
12. TIPUL A arra, abdomine utrinque Zimbo ferrugineo.
La tipule noire à ventre borde de jaune.
Eongueur 3 lignes. Largeur 1 ligne.
Elle eft toute noire , à l'exception des bords de fon ven-
tre ; qui de chaque côté font d’un jaune fauve. Ses aïles
font noires & débordent le ventre d’un bon tiers par le bas.
Ses pattes ne font pas fi longues à proportion que dans
la plupart des efpéces précédentes.
13. TIPU L A p/umbea , alis albis.
La tipule de couleur plombee à afïles Blanches.
Longueur 3 lignes. Largeur 1 ligne.
Sa couleur eft d’un brun foncé & plombé , fans mélange
d'aucune autre couleur. Ses aîles font claires & tranf-
parentes fans point marginal. Ses pattes font fort longues
& les ailes débordent le corps d’un quart,
560 HISTOIRE ABRÉGÉE
14. TIPULA favefcens ; punéo marginali alarum
cinereo.
La tipule jaune à point marginal de couleur cendree.
Lonsueur 2 & lignes. Largeur + ligne.
Ses yeux font noirs , le refte de fon corps eft d’un jaune
pâle , un peu brun fur le deflus du ventre. Les pattes font
très-longues & très-fines, Ses ailes blanches & veinées ont
un point marginal de couleur cendrée ; un peu blanchâtre
proche leur bord extérieur. On trouve cette efpéce dans
les prés avec les précédentes.
SECONDE -ŸAMILTE!
Tipules culiciformes.
15. TIPUL A as albo fufcogque teffellasis, corporé
fufco.
La tipule à aïles en damier.
Longueur 2 3 lignes. Largeur ? ligne.
Sa tête eft petite , ronde & noire. Ses antennes courtes
& feuiement deux fois aufli longues que la tête , font
pareillement noires. Tout fon corps eft d’un brun livide.
Ses pattes font un peu plus claires , à l'exception des tarfes
qui font noirâtres. Ses ailes que l’infeéte porte croifées fur
lui, & qui débordent le corps de près de moitié, font joli-
ment tachetées de brun. Ces taches fe trouvent pofées
alternativement , ce qui forme avec le blanc de l’aîle une
efpéce de damier ou d’échiquier. On trouve communé-
ment cet infeéte dans les prés.
16. TIPULA fufca, thorace virefcente ; alis pelluciais ;
punélo nigro.
Linn. faun. fuec. n. 1135. Tipula, thorace virefcente ; alis membranacei colos
ris , punéto nigro.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p 587, n. 19. Tipula plumofa,
Iter. æland. 40. 41 , 86, 160.
Reaum, inf. tom. 4, tab. 14, fig. 12"Larva.
Gocd,
DES INSECTES. 6x
Goed. belg. 3, p.35, f. X.
Lift. Goed. 336, f. 140.
La tipule à corcelet vert & point marginal noir fur les
ailes.
Longueur 3 lignes. Largeur ? ligne.
Le corps de cette tipule eft brun, fon corcelet feule-
ment eft un peu verdatre : fes yeux font noirs & les an-
neaux de fon ventre ont chacun une bande plus pâle. Ses
pattes font d’une couleur plus claire que le refte du corps ;
celles de devant font beaucoup plus longues que les autres,
Sous le corcelet , eft une boffe ou groffe appendice fituée
entre la premiere & la feconde paire de pattes. Les aîles
couchées fur le corps de l’infeéte font blanches & tranfpa-
rentes , avec un point noir ou brun vers leur milieu proche
leur bord extérieur , formé par la réunion des nervures. Le
mâle a fes antennes en panaches touffues , ornées de quan-
tité de petits poils , & de plus fa queue qui eft terminée
par deux crochets , déborde fes ailes , & il la porte ordi-
nairement relevée. La femelle a les antennes moins char-
_gées de poils , & fa queue qui ne déborde pas les aîles
Weft point relevée.
La larve qui donne cet infette , eft longue , rouge , com-
pofée de douze anneaux , avec une queue divifée en deux
& comme fourchue. Elle a deux pattes proche la tète
& deux autres avant la queue , fans crochets , mais feule-
ment couronnées de poils , & outre cela , à l'avant-dernier
anneau de fon corps , on voit quatre appendices filiformes
plus loigues que les pattes. Cette larve fe trouve dans
l’eau des étangs & des ruiffeaux , où elle forme dans la
terre & dans la glaife de longs tuyaux , dans lefquels elle
fe métamorphofe , & d’où fort la tipule , qui dans le
moment de fa naiffance eft d'un beau vert, mais qui brunit
enfuite. L'infeëte aîlé fe trouve partout , mais fur - tout
dans les endroits aquatiques.
17. T'IPU L A fufca , abdomine anterius viridi. Linn:
faun. fuec. n, 1136.
Tome II. Bbbb
v>
çs 62 HiSTOIRE ABRÉGÉE
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 587, n. 20. Tipula virefcens , alis immaculatis, pe-
dibus anticis longiffimis:
La tipule brune à ventre de couleur verte en-devans.
Longueur 2 lignes, Largeur + ligne.
Cette efpéce varie beaucoup pour la grandeur & Ia
groffeur. Le ventre dans la plüpart eft cylindrique , long
& mince comme un filet, du moins dans les mâles. Tout
l'infeéte eft brun,à l'exception du ventre qui ef vert,encore
les trois derniers anneaux & quelquefois les quatre der-
niers font-ils bruns. Les ailes font tranfparentes fans ta-
ches ni points & couchées fur le ventre. Les pattes font
blanchôtres avec ‘un peu de noir aux articulations ; celles
de devant font fines & très-longues. Les antennes font
en plumet ou panache,du moins celles du mâle.On trouve
cet infeête très-communément dans les bois fur les feuilles
des arbres, & même il vient dans les maifons fur les
vitres des fenêtres.
18. TIPU LA pedibus anticis maximis antenniformibus
motatoribus , annulo albo. Linn. faun. fuec. n. 1137.
Linn. fyff. nat. edit. to, p. 587, n. 21. Tipula motatrix.
Frifch. germ. 11, p. 7 , t. 13. Culex luteo-viridis , pedibus antenniformibus.
La tipule à pattes en forme d'antennes , ornées d'un anneau
blanc.
Longueur 1 ligne. Largeur 3 ligne.
La couleur de cette tipule varie : les unes font d’un vert
clair, les autres d’une couleur rouge pâle comme cou-
leur de chair , avec différentes taches noires. Le deflus de
fon corcelet a trois bandes noires longitudinales , dont les
deux latérales font plus longues que celle du milieu. Les
attes font noires, mais une partie du milieu des jambes
eft blanche & forme une efpéce d’anneau long. Les pat-
tes de devant font fort longues, & lorfque l’infeéte eft po-
fé , il les tient en l’air & Îes agite comme des antennes.
Les antennes beaucoup plus courtes que ces pattes , for-
DES INSECTES. 563
ment un plumet orné de beaucoup de poils, du moins
dans les mâles. On trouve cette tipule dans les bois &
les prés , & fa larve vient dans l’eay. Sa grandeur varie
beaucoup.
10 TP U E A pedibus anticis maxemes antenniformibus
motatoribus immaculatis.
a. Corpore viridi.
b. Corpore fufco, abdomine annulis pallidis oo.
Reaum. inf, tom. 3 , tab. 14, f. 11 — 14.
La tipule à pattes en forme d'antennes fans anneaux.
Longueur 2 lignes. Largeur + ligne.
Nous avons deux variétés de cette efpéce , qui pour-
roient même faire deux efpéces différentes , fi leur gran-
deur permettoit d’appercevoir diftinétement toutes leurs
différences.
La premiere a le corps tout vert & les yeux noirs :
fur fon corcelet il y a crois bandes longitudinales d’un
jaune rougeitre ; elle approche beaucoup de l’efpéce pré-
cédente.
La feconde un peu plus grande que l’autre , eft toute
brune , avec huit anneaux ou bandes tranfverfes pâles
fur le ventre, & trois bandes longitudinales noirâtres
fur le corcelet. Ses pattes font plus pales que fon
corps.
Toutes deux ont les pattes de devant très-longues , &
lorfqu’elles font pofées , elles les tiennent en l'air & les
agitent comme des efpéces d'antennes. Toutes deux ont
un petit point noir fur le milieu de Faile , près le bord
extérieur , formé par la jonétion de deux nervures, com-
me dans l’avant-derniere efpéce. Enfin dans toutes les
deux , les antennes des mâles forment de beaux plumets.
On les trouve avec lefpéce précédente.
La larve de la derniere des deuxeft rouge, & fe rencontre
dans l’eau. Elle habite dans une efpéce de coque brune faite
| Bbbbij
564 HISTOIRE ABRÉGÉE
de foie , au moins pour la plus grande partie. Cette coque
a la figure d’un fufeau renflé dans fon milieu.
20. TIPULA pedibus albis annulis nigris, alis albis
cinereo maculatis.
Linn. faun. fuec. n. 1139. Tipula pedibus albis, annulis novem nigricantibus
alis albo cinereoque maculatis,
Linn. [yff. nat. edit. 10 ,p. 587, n. 14. Tipula monilis,
La tipule à pattes d'arlequin.
Longueur 1 ? ligne. Largeur X ligne.
Sa couleur eft noire , mais fes pattes font blanches avec
des anneaux noirs qui les entrecoupent très-Joliment. Ces
anneaux font aux articulations & au milieu de chaque
partie des pattes, comme de la cuifle , de la jambe, &c.
ce qui fait aifément reconnoitre cette efpéce. Les aîles
font blanches avec un point marginal noir, & des taches
cendrées aflez grandes. On trouve cette tipule dans les
prés & fur les fenêtres des maifons.
21. TIPULA siridis , als albis immaculatis. Linn.
faun. fuec. n. 1140.
La tipule verte à aîles blanches fans taches ni points.
Longueur 1 À ligne. Largeur + ligne.
Ses yeux font noirs. La couleur de fon corps eft d’un
vert jaunâtre , & le ventre eft d’un très-beau vert, ainfi
que les pattes qui font fort longues , fur-tout celles de
devant. Les aïles font blanches , fans taches ni points, &
Y’animal les tient couchées fur fon ventre. Les articula-
tions des pattes font noirâtres & les antennes du mâle
forment de beaux plumets.
Les femelles font différentes : elles font plus courtes
des deux tiers, plus ramaffées , & d’une couleur jaunâtre.
Les antennes font courtes , & ne font prefque pas char-
gées de poils.
Cette petite tipule eft commune par-tout.
22. TIPULA siridis, alarum fafcia tranfverfa fufca.
DES INSECTES. 56$
La tipule verte à bande tranfverfe fur les afles.
Longueur 1 3 ligne. Largeur = ligne.
Son corcelet & fes pattes font d’un vert jaunâtre , &
fon ventre eft d’un vert plus clair. Il eft plus gros, plus
court, & moins en filet que dans les efpéces précéden-
tes. Les ailes plus longues que le ventre, font chargées
vers leur milieu d’une bande tranfverfe un peu brune &
affez large , ce qui fait aifément reconnoitre cette efpéce.
Les antennes forment fur la tête des mâles, de très-beaux
plumets.
23. TIPULA fu/Ca; alis albidis , punto quadruplici
fufco.
Reaum. inf. tom. $, tab. $, fig. omnes.
La tipule brune à quatre points bruns fur les aîles.
Longueur 1 ? ligne. Largeur + ligne.
Le mâle de cette efpéce eft tout brun ; fon corcelet eft
gros & fon ventre allongé en filet. Ses pattes feules font
plus pâles & leurs articulations font brunes. Ses anten-
nes forment des plumets touffus.
La femelle, plus courte & plus groffe , n’a que deux
tiers de ligne de long : elle eft d’une couleur plus claire;
fon corcelet feulement eft chargé de trois raies Jongitu-
dinales brunes, & les jointures des pattes font d’un brun
foncé. Ses antennes font courtes & très-peu velues.
._ Les deux fexes ont les aîles blanches avec quatre points
bruns fur chaque aîle , quoique la figure de M. de Reau-
mur n’en marque que trois. Un de ces points eft en haut,
un autre en bas , & il y en a fur la même ligne au milieu,
deux autres de forme quarrée , dont l’un eft proche le
bord intérieur , l’autre près le bord extérieur de l’aîle.
Cette Jolie tipule fe trouve fouvent aux vitres des fe-
nêtres.
Sa larve vient dans l’eau : elle eft rouge & reffemble
à un ver qui a en-devant deux efpéces de bras, & pof-
s66 HISTOIRE ABRÉGÉE
térieurement quatre cordons , dont deux partent du der-
nier anneau & deux de l’avant-dernier. Cette conforma-
tion finguliére a fait nommer ces larves par M. de Reau-
mur, vers polypes.
24 TIPULA fufta , als albis fufco reticulatis.
Planch. 19, fig. 2.
La tipule à aïles rericulees.
Longueur x + ligne.
Sa couleur eft brune par-tout , mais les mâles ont quel-
ques taches pâles fur le corcelet, & les bords des anneaux
de leur ventre font d’une couleur un peu plus claire, ce
que n’ont point les femelles qui font par-tout du même
brun. Celles-ci font plus courtes & plus groffes que les
mâles , & elles ont leurs antennes en filets, tandis que
les mâles les ont en plumets. Dans les deux fexes les aïles
font reticulées de brun, & ce refeau brun étant large, le
blanc du fond de l'aile forme des efpéces de taches blan-
ches ifolées. La couleur brune des ailes eft plus foncée
dans les femelles que dans les mâles.
La larve de cet infeéte vient dans l’eau. Elle eff grife ;
mince ; longue de près de trois lignes , & on voit à fa
queue quatre aigrettes de poils, dont deux aux côtés qui
partent du corps même , & deux tout au bout, portées
fur des pédicules. Sa nymphe court auffi affez vivement
dans l’eau. Elle reflemble à celle du coufin, ayant com-
me elle, vers le derriere de la tête , deux petits cornets
qu'elle applique fouvent à la furface de l’eau , pour pom-
per l’air. Elle eft compofée de neuf anneaux , & fa queue
fe termine par une efpéce de nageoïre barbue & velue.
2$. TIPULA fufca, alis albis immaculatis.
La tipule Brune à aïles blanches.
Lôngueur 1 5 ligne. Largeur à ligne.
Elle eft toute brune & allongée. Ses pattes de devant
DES INSECTES. 567
font fort longues. Ses antennes forment de beaux plu-
mets , & fes ailes font blanches fans aucune tache.
26. TIPULA arra, alis niveis.
La tipule noire à aïles blanches.
Longueur 1 ligne. Largeur + ligne.
Le mâle de cette petite efpéce, eft allongé comme Îles
précédens , avec le ventre mince & en filet. Sa couleur
eft par-tout d’un noir matte. Ses antennes forment de
beaux plumets. Ses ailes font d’un blanc laïteux, qui fe
fait d'autant plus remarquer , que fon corps eft fort
noir. +
La f:melle eft très-différente , & il faut les avoir vûs
accouplés enfemble , pour n’en pas faire une autre efpé-
ce. Elle eft courte, grofle , de couleur jaune avec les
yeux noirs. On trouve cette tipule par-tout dans les bof-
quets des jardins.
27. TIPULA /uteo fufcoque variegata , pedibus nigriss
abris albis.
La tipule à pattes noires & jambes blanches.
Longueur 1 à ligne. Largeur + ligne.
Cette efpéce eft une des plus jolies que nous ayons.
Sa tête eft jaune avec un peu de brun en-deflus, & fes
yeux font noirs. Son corcelet a en-deffus quatre taches
brunes, une en devant , une en arriere & une fur chaque
côté ; toutes les quatre font affez grandes & ne laiffent
entr'elles qu'un médiocre intervalle jaune. Le deffous du
corcelet eft jaune. Le ventre a alternativement des ban-
des jaunes & brunes , mais qui ne font pas à égale diftan-
ce. Les pattes font noires , mais les jambes , du moins
dans leur milieu, font d’un beau blanc. Les aîles n’ont
point de taches, & les antennes du mâle forment des
plumets.
On trouve communément cette tipule dans les jardins
& les bois.
s 68 HISTOIRE ABRÉGÉE
28. TIPUL A arro-fufca, als nigris , abdomine conico
ACUÉO®
La tipule noire à aïles noires.
2
Longueur 1 + ligne. Largeur + ligne.
Cette efpéce eft d’un noir brun & matte. Ses aïîles font
auffi noirâtres. Elle eft aflez grande. Ses antennes font
filiformes , nullement barbues & approchent de celles
du bibion , mais elles font toutes d'une venue, & trois
fois plus longues que la tête. Cet infeële a le ventre gros,
conique, terminé en pointe. À Ja premiere vüe, il reffem-
ble à une mouche. On le trouve dans les endroits humi-
des des maifons & dans les Jardins proche les murs hu-
mides ; expofés au nord. Le mâle eft moitié plus petit
que fa femelle.
B'1 BI O. Tpule fpec.linn:
L'EWB. I.B 1-0 N.
Antennæ taxiformes per- Antennes enif, perfoliées,
Joliatæ ; capite vix lon- prefqu'aufli courtes que la
gtores. tête.
Os tentaculis incurvis articu Bouche accompagnée de bar-
latis. billons recourbés & articulés.
Ocelli tres. Trois petits yeux liffes.
Le bibion eft appeilé dans quelques Ouvrages , 2 mou
che de Saint Marc ; probablement parce que l’on apper-
çoit quelquefois de très-bonne heure au printems , vers
le tems de la fête de Saint Marc, quelques efpéces de
ce genre qui font fort häâtives. Ce genre avoit été con-
fondu jufqu'à préfent avec celui des tipules, auquelil
reffemble à la vérité pour la conformation de fa bouche
qui eft accompagnée de longs barbillons recourbés & com-
pofés de plufieurs piéces articulées enfemble , précifé-
ment comme dans les tipules , dont il différe beaucoup
par la forme de fes antennes, Ces dernieres, dans les
bibions,
DES INSECTES. s69
bibions font très-courtes, fouvent à peine auffi longues
que la tête, & de plus elles font compofées d’anneaux
courts, grenus ; enfilés les uns dans les autres, &. repré
fentant en quelque façon ces anciens ifs découpés par ar-
ticles , dont on ornoit autrefois les Jardins. Outre ce ca-
raétere qui éloigne ce genre de celui des tipules, les bi-
bions ont encore un port tout-à-fait différent de celui
de ces infeétes : ils font plus gros , moins éfilés, leurs at-
les font larges , courtes & aflez femblables à celles des
mouches.
C’eft dans les bouzes de vaches &:dans la fange , qu’on
rencontre les larves de ces infectes. Ces larves , différen-
tes de celles de la plüpart des infeétes de cette fe&ion,
reffemblent à des efpéces de vers allongés. Elles ont une
petite tête écailleufe , & leur corps compofé d’anneaux eft
hériflé de quelques poils, ce qui leur donne l'air de peti-
tes chenilles. Auffi les ai-je pris d’abord pour les chenilles
de quelque phalène. Les figmates de ces larves font auffi
femblables à ceux des chenilles ; ils font fimples , pofés
fur les côtés des anneaux, peu apparens, & ces infettes
n’ont point les deux grands ftigmates poftérieurs qu'on
remarque dans les larves des mouches & des tipules. Je
ne fais fi ces larves en grofliffant, changent plufieuts fois
de peau , comme les chenilles & beaucoup d’autres. Mais
lorfqu’elles veulent fe métamorphofer , elles la quittent
entiérement , & l’on voit pour lors la nymphe qui eft
molle & dans laquelle on reconnoït aflez bien plufieurs
des parties qui doivent compofer le corps de l'infeéte
parfait.
Lorfque cet infeéte eft forti de fon état de nymphe;,on
le voit voltiger dans les jardins & fouvent dans les mai-
fons. Son vol eft lourd & il eft très-aifé à prendre. Par-
mi les efpéces de ce genre, il y en a quelques-unes qui
offrent des particularités remarquables. Le Bibion rouge
de faint Marc eft fingulier en ce que le mâle ne refflemble
oint du tout à fa femelle. Celle-ci a le corcelet rouge &c
Tome II. Cccc
#70 HISTOIRE ABRÉGÉE
le ventre jaunûtre, elle eft groffe , large & life, tandis
que le mâle eft plus éfilé , tout noir & velu. Je ne me
ferois jamais imaginé que ces deux individus ne différaf-
fent que par le fexe.fi Je ne les avois trouvés très-fréquem-
ment accouplés enfemble. Les deux bibions à ailes fran-
gées font très-Jolis & méritent d'être examinés de près,
pour découvrir la finefle & la délicateffe de leurs parties,
que leur petitefle ne permet pas d’abord d’appercevoir.Ces
petits infeétes courts & ramaflés,ont de très-Jolies antennes
& leurs ailes paroïffent déméfurément grandes & larges
pour le petit volume de leur corps. Ces ailes vües de
près; font également bordées d’une belle & grande frange
de poils qui eft admirable. ù
1. BIBIO arro-fufcus, pedibus lividis , alarum punéle
marginalr fu Co.
Le bibion noir à pattes jaunätres & point marginal.
Longueur 3 lignes. Largeur 1 ligne,
Sa couleur eft d’un noir brun matte & nullement bril-
lant : l’infette eft très-peu velu. Ses pattes font d’une cou-
leur jaune livide. Ses cuiffes, fur-tout les antérieures, font
grofes. Les aïles un peu brunes, font chargées d’un point
marginal noirâtre. Ses antennes font de la moitié de la
longueur de fa tête. Il y a quelques différences entre le
mâle & la femelle. Celle-ci eft prefque brune en-deffous,
au lieu que le mâle eft tout noir: le mâle a les cuifles noi-
res & le refte des pattes plus foncé pour la couleur , que
dans la femelle qui a toutes les pattes & même les cuiffes
d’un jaune livide plus clair.
2. BIBIO acer hirfutus , alis albis margine exteriore
21970.
Linn. faun. fuec. n. 1145. Tipula atra oblonga hirta, alis nigricantibus.
Linn. [yfk nat. edit. 10 ,p. 588 , n. 29. Tipula febrilis. ;
AîT, if. 1736, p.33» n. 6. Mufca oblonga atra hirfüta , alis fufcis incum-
bentibus , pedibus nigris.
Petiv. gazoph. 22 , 1, 14 , f. 4. Mufca oblonga noftras nigra,
DES INSECTES, $71
Goed. belg. 1,p. 311.6.
Lifl. Goed. 160 , t, 108.
Reaum. inf, tom. $ ,tab. 8, fig. 1,233.
Le bibion de faint Marc , noir.
. Longueur 4 4 lignes. Largeur 1 ligne.
Ce bibion eft aflez long, tout noir & un peu velouté,
Il porte , comme le fuivant , fes ailes croifées fur fon
corps. Elles font blanches , tranfparentes , & leur bord
extérieur eft plus épais & noir. Le mâle & la femelle font
de même couleur, feulement la femelle a le ventre plus
gros & plus court. Ce bibion s’envole difficilement , &
fe laifle aifément prendre. On le trouve communément
au commencement de l'été fur les arbres.
3. BIBIO afs albis margine exteriore nigro , thorace
abdomineque rubris. Planch. 19, fig. 3.
Linn. faun. fuec. n. 1147. Tipula alis albis , margine exteriore nigris , thorace
abdomineque rubro.
Linn. (}ft. nat, edit. 10, p. 588,n. 31. Tipula hortulana. :
AG. Upf. 1736, p. 33, n. 62. Mufca corpore rubro , capite pedibufque nigris;
alis albidis margine exteriore nigro cum pun&o.
Reaum. inf. tom. $ , tab. 4, fig. 7, 8,9, 10. Mouches de faint Marc.
Le bibion de faint Marc, rouge.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne.
Sa tête, fes pattes & fes antennes font noires. La tête
eft fort petite & les antennes font encore plus courtes
que la tête. Le corcelet eft rouge & life, & le ventre eft
plus jaunâtre. A la jonétion du ventre & du corceler, il y
a un peu de noir. Les aïles font d’un tranfparent un peu
brun, & ont leur bord extérieur épais & noir. Celles que
nous venons de décrire font les femelles. à
Leurs mâles font tout noirs & tout-à-fait femblables
aux bibions de l’efpéce précédente ; fice n’eft qu'ils font
plus petits & qu’ils ont les cuiffes de devant plus groffes.
Sans cela on les regarderoit comme une fimple variété
plus petite de l’efpéce ci-deffus ; mais l’accouplement
fait voir qu'on ne doit pas les confondre , quoiqu'’ils leur
GCecc
s72 HISTOIRE ABRÉGÉE
refflemblent beaucoup & qu’ils différent confidérablement
de leurs femelles.
Les larves de ces bibions fe trouvent dans les bouzes
de vache.
4 BIBIO as deflexis cinereis | ovato-lanceolatis ;
ciliatis, ièmmaculatis.
Linn. faun. fuec. n. 1148. Tipula alis deflexis cinereis ovato-lanceolatis ciliatis,
Linn. fÿfl. nat. edit. 10 , p. 588 , n. 31. Tipula phalænoides,
AS. Upf. 1736, p. 31, n. 13. Culex alis depreflis margine villofis.
Frifch. germ. 11, p.6,;t. 11. Culex parvus cinereus , alis pendulis.
Leuwenhoec. epift. 1692, jun. 24, p.473, f. 2: 3.
Le bibion à afles frangées & fans taches.
Longueur ? ligne. Largeur = ligne.
Sa couleur eft noirâtre ; fes aîles font de couleur un
peu cendrée , firiées de veines longitudinales , plus lon-
gues du double que le corps de l’infeéte , en forme de
fer de pique & frangées finement par tous leurs bords.
L'animal les porte pofées latéralement un peu en toit,
à peu près comme les phalènes. Les antennes un peu
plus longues que la tête, font compofées de onze articles
demi-circulaires, enfilés comme des grains de chapelet
par un petit fil très-mince.
On trouve très-communément ce petit bibion dans les
endroits humides , renfermés , & le long des murs des
latrines.
$s BIBIO a%s deflexis cinereis , ovato- lanceolatis
ciliatis | nebulofo-maculatis.
Le bibion à aïles frangées & couvertes de taches nébu-
leufes.
Longueur 1 ligne. Largeur à ligne.
Il refflemble tout-à fait au précédent pour la forme &
les couleurs ;, il eft feulement un peu plus grand , & fes
ailes frangées à leur bord, ont des taches tranfverfes , né-
buleufes ; noirâtres. Ces taches des aîles paroiflent for-
DES INSECTES. s 73
mées de petits poils, ou de petites écailles à peu près
comme celles des papillons , car elles s’en vont aifément
en frottant l’aîle. On trouve cet infeéte fur les arbres
dans les bois touffus & couverts.
C'U:L EX;
LE) GONU:SITUN
Antennæ pedlinatæ(mari- Antennes pedtinées ( en
Bus plumofæ.) panache dans les males. )
Os fiphone filiformi. Bouche formée par un tuyau
mince & filiforme.
Ocelli nulli. Point de petits yeux lifles.
Le genre des coufins eft très-aifé à reconnoitre par le
concours des deux caracteres que nous donnons. De tous
ceux de cette fe@ion , il n’y a que le genre des tipules
qui ait les antennes pedtinées , mais leur bouche ef très-
différente de celle des coufins qui ont une trompe mince
& très-éfilée. Auffi les coufins font:ils affez généralement
connus ; ils ne font confondus qu'avec les petites tipules
culiciformes qui leur reffemblent pour le port & la figure
extérieure. Tout Naturalifte évitera aifément cette erreur,
en examinant avec un peu de foin la bouche des uns &
des autres.
Il y a peu de genres qui ayent été examinés avec au-
tant d'attention , & dont on ait décrit les manœuvres avec
autant d’exattitude que celui des coufins. Swammerdam,
M. de Reaumur & plufieurs autres auteurs fe font plüs à
décrire dans le plus grand détail, toutes les métamorpho-
fes du coufin, qui font très-finguliéres ; ils ont donné fon
hiftoire fort au long , & l’ont accompagnée de figures , la
plûpart très-exaétes. Nous nous bornerons donc à don-
ner le précis de l’hifloire d'un genre qui eft déja fort
connu.
La larve du coufin fe trouve dans l’eau & fur-tout dans
s 74 HISTOIRE ABRÉGÉE
les eaux dormantes & tranquilles. Les réfervoirs , les
baquets que l’on tient dans les Jardins , en font ordinai-
rement remplis. Cette larve eft compofée de neuf anneaux
en tout , fans compter fa tête. A la tête, on remarque deux
yeux, deux machoires aigues & plufieurs aïgrettes de
poils. Le premier anneau qui fuit la tête ; eft beaucoup
plus gros que les autres. Ceux qui fuivent, font plus petits
& vont toujours en diminuant de groffeur Jufqu’au der-
nier. De ce dernier anneau , part un tuyau long , évafé &
frangé par le bout. C’eft une efpéce de ftigmate , un tuyau
par lequel cet infeëte refpire & pompe l'air. Pour cet
ufage , l'infette s'éleve vers la furface de l’eau, & y appli-
que le bout frangé de fon tuyau qui a une libre commu-
nication avec l'air extérieur , tandis que le refte de fon
corps eft plongé dans l'eau la tête en bas. On voit très-
fouvent linfette tranquille dans cette pofture, & fi on
l'examine fans agiter l’eau , on apperçoit de tems en
tems fes excrémens fortir de Pouverture de lanus qui
eft au dernier anneau du côté oppofé au tuyau. Dès qu’on
agite l’eau, cette petite larve fe précipite au fond en fai-
fant des zig-zags & nageant avec la plus grande agilité.
Cette larve fe nourrit de monocles & autres petits infec-
tes aquatiques.
Lorfqu’après avoir changé plufeurs fois de peau, elle
eit parvenue à fa groffeur , qui ne va qu’à deux ou‘trois
lignes de long tout au plus, elle fe change en nymphe.
Pour cet effet, elle fe dépouille entiérement de fa peau,
qui fe fend d'abord à l’endroit du plus gros anneau dont
nous avons parlé , & dans ce dépouillement , elle perd
fon tuyau poñtérieur , par lequel elle refpiroit. Mais au
lieu de ce tuyau , la nymphe qui fort de la larve, en
acquiert deux autres placés à fa partie antérieure.
Cette nymphe eft des plus fingulieres. Sa partie anté-
rieure qui eft beaucoup plus grofle que le refte de fon
corps, eft tellement recourbée, que fa tête femble rentrer
en-devant dans la poitrine , & que c’eft le dos du corcelet
DES INSECTES. s7s
qui fe trouve faire la partie la plus élevée du corps. Qu'on
imagine un homme qui auroit la tête , le col & le haut
des épaules courbés en-devant, de façon que fon vifage
füt collé contre fa poitrine , & que fes épaules fiffent le
haut de fon corps : telle eft à peu près la figure de la nym-
phe du coufin. Du dos du corcelet qui fait le haut de fon
corps , partent deux ftigmates allongés , deux tuyaux ref-
piratoires évafés par leur ouverture , comme des efpéces
de cornets. Le refte de fon corps eft compofé d’anneaux
qui vont en diminuant vers le bout & dont le dernier fe
termine en une efpéce de queue applatie qui fert à la
nymphe à nager & à courir dans l’eau. Cette nymphe
eft aufli agile que fa larve ; elle a aufli également befoin
de refpirer l'air extérieur. Aufñli elle s’éleve fouvent en
haut & elle approche de la furface de l’eau fes deux cor-
nets aériens ; par lefquels, dans cet état, elle paroît com-
me fufpendue , reftant tranquille & immobile. Dès qu’elle
fent le moindre mouvement dans l’eau , elle fe précipite
au fond par le moyen des anneaux de fon ventre, & fur-
tout de la nageoire de fa queue. On voit, quoiqu'un
peu confufément , dans cette nymphe , les antennes , les
pattes , en un mot toutes les parties de l’infede par-
fait qui en doit fortir. Tant qu’elle refte en cet état, elle
ne prend point de nourriture, & elle n’en a pas befoin
quoiqu'elle fe donne beaucoup de mouvement.
Au bout de huit ou dix jours,on voit fortir l’infeéte par-
fait de fa nymphe. Pour opérer ce changement , la nym-
phe fe tient à la furface de l’eau. Pour lors fa peau s’ou-
vre dans fa partie fupérieure entre les deux tuyaux ref-
piratoires du corcelet. Alors le coufin commence à déga-
ger par cette ouverture fa tête & fon corcelet, enfuite fes
pattes de devant , à l’aide defquelles il tire le refte de
fon corps , s'appuyant fur fa dépouille qui lui fert comme
de batteau pour le foutenir fur l’eau. Dès quil ef tout-à-
fait forti , il déploye fes ailes avec lefquelles il s’éloigne
de l’eau qui lui devient aufli nuifible qu'elle lui étoit né-
576 HISTOIRE ABRÉGÉE
ceffaire auparavant. Il arrive même fouvent que des cou-
fins à moitié fortis de leur dépouille de nymphe, font
renverfés parle vent ou le mouvement de l'eau, & qu'ils
périflent ainfi noyés, fans avoir pû fe dégager tout-à-fait
de leur enveloppe.
L’infette parfait, le œufin forti de fa coque fe retire
ordinairement dans les bois humides , toujours auprès des
eaux où il doit aller dépofer fes œufs. Sa tête eft petite.
On y remarque les yeux , les antennes & la trompe. Ses
yeux font affez grands & à refeau; mais cet infeéte n'a
que ces deux yeux; on n'apperçoit point fur le derriere
de fa tête ces petits yeux lifles que nous avons remarqués
dans beaucoup d'infeétes, & qui fe trouvent dans pref-
que tous ceux de cette feétion. Ses antennes font aflez
longues : celles de la femelle font compofées de plufieurs
articlés qui fe diftinguent & dont chacun donne naiffan-
ce à quatre poils , deux de chaque côté, ce qui leur don-
ne la figure d'un peigne double. Celles des mâles font
bien plus barbues: les filets des côtés font plus longs &
lus nombreux , enforte qne leurs antennes forment une
efpéce de plumet ou panache très-belle. La trompe qui
part du devant de la tête, eft fort longue , elle égale les
deux tiers de la longueur du corps. Cette trompe eft com-
pofée de plufeurs piéces aigues, fermes & très-fines ;
renfermées dans un étui qui paroît lui-même affez délié.
Outre cet étui, on voit encore aux côtés de la trompe,
deux efpéces de demi-fourreaux,qui fe joignant enfemble,
enveloppent la trompe & fon étui. Ces demi-fourreaux ,
dans les femelles, font fimples , & ne recouvrent guères
que la moitié de Îa trompe ; mais dans les mâles ils
égalent où même furpañfent la longueur de la trompe ,
& fe terminent au bout par de belles panaches ou houp-
pes de poils, qui accompagnent la trompe à droite & à
gauche. Lorfque l’infeéte veut piquer & fe fervir de fa
tompe , il infere affez profondément les petites piéces
contenues dans létui, jufqu’à ce qu'il foit parvenu à un
vaideau
DES INSECTES. 577
vaiffeau fanguin. L’étui qui eft flexible, fe recourbe pour
lors à mefure que les piéces de la trompe s’enfoncent &
il ne pénétre pas avec elles dans la peau. L'ouverture
faite , linfecte attire le fang qui monte de lui-même entre
les aiguillons de la trompe , à peu près par le même mé-
chanifme qui fait monter les liqueurs dans les tuyaux
capillaires.
Le corcelet du coufin eft gros pour cet infeéte. Il eft
arrondi en-deflus & comme boflu Sa couleur eft brune,
avec quelques bandes longitudinales plus foncées. Des
deux cotés du corcelet , vers le bas , tirent leur origine
les aïles de l'infeéte , & fous l’attache des aïles on voit
les petits balanciers qui font 1rès-marqués & fort appa-
rens dans le coufin, où ils font à nud & nullement re-
couverts d’ailerons, comme dans plufieurs autres infeétes
à deux ailes. Les ailes du coufin , au nombre de deux,
font oblongues , claires & tranfparentes , avec plufieurs
nervures. S1 on les regarde à la loupe , on voit que les
nervures & les bords des ailes font garnis de plufieurs
petites écailles fembiables en petit, à celles dont font
couvertes les aïles des phalênes & des papillons. Enfin
au deffous du corcelet, on apperçoit l'origine des fix pat-
tes de cet infecte. Ces pattes prennent naiflance d’efpéces
de tubercules aflez gros , qui font à la partie inférieure du
corcelet. Elles font longues & déliées , fur-tout celles de
derriere , & leur derniere partie qui forme le pied ou le
tarfe de linfeëte, eft compofée de cinq piéces ou arti-
culations.
Le ventre eft la derniere partie du corps du coufin.
Il eft long , étroit , prefque cylindrique & compofé de
huit anneaux. Sa coujieur eft grife & on remarque feule-
ment fur chaque anneau une bande tranfverfe plus
brune.
On trouve le foir les coufins en quantité, fruvent beau-
coup trop grande, dans les bois & au bord des ruiffeaux.
C'eit-là qu'ils s’accouplent. Lorfque la femelle , après
Tome II. Dadd
s78 HISTOIRE ABRÉGÉE
avoir été fécondée , veut dépofer fes œufs, elle va re-
trouver l'eau d’où elle eft fortie ; elle y fait fa ponte. Ses
œufs femblables à un œuf très-allongé, imitent une peti-
te quille , & l’infeéte en pond toujours un grand nombre
à la fois, qui font attachés les uns contre les autres, &
forment ainfi un petit grouppe qui nage fur la furface de
l’eau. Cet amas d'œufs a ordinairement la figure d’un petit
bateau. Les œufs qui le compofent, touchent la furface de
l’eau par une de leurs pointes , & fe foutiennent l’un
l’autre dans cette pofition droite. Il paroït d’abord fort
difficile de concevoir comment Pinfecte , en dépofant
fes œufs fur l'eau, les peut faire tenir dans cette direction.
L'’obfervation feule nous apprend linduftrie dont fe fert
pour cela le coufin. Cet infeëte , en battant des ailes, fe
foutient fur la furface de l’eau, fur laquelle font pofées fes
pattes poftérieures plus longues que les autres. Ces der-
nieres pattes, ainfi appliquées fur l’eau, font en même
tems un peu croifées l'une fur l’autre. Dans cette pofi-
tion, l’infecte dépofe le premier œuf, qu’il foutient à
laide de fes pattes de derriere dans une direétion vertica-
le. Cela fait, il en dépofe un fecond qui fe colle au pre-
mier par une efpéce de glu qui lenduit, & qu'il foutient
pareillement entre fes jambes croifées. Il continue pour
les autres la même manœuvre, qui devient plus aifée,
lorfqu’un certain nombre d'œufs collés enfemble , forme
une furface d’une certaine étendue qui peut fe foutenir
d'elle-même fur l'eau. Enfin , lorfque le coufin a dépofé
tout le grouppe d'œufs, qui forme , comme nous l'avons
dit, une efpéce de petit bateau pointu par les deux
bouts & terminé à chaque extrémité par un feul œuf, il
Pabandonne à lui-même & le laifle flotter fur la furface
de l’eau. On trouve dans l'été une quantité confidéra-
ble de ces petits grouppes d'œufs de coulins, flottans
fur les eaux dormantes. Plufieurs deviennent la pâture
des poiflons ou de différens infeétes , les autres donnent
des petites larves de coufins, qui éclofent au bout de
DES INSECTES. $79
quelques jours. Ces larves fortent de leurs œufs par la
partie inférieure qui touche l’eau , & dès qu'elles font
éclofes , elles fe mettent à nager & à chercher leur
nourriture.
Telles font les différentes métamorphofes du coufin
ordinaire. Outre cette efpéce, nous en donnons encore
une autre toute femblable , mais beaucoup plus petite,
dont les ailes font panachées de points & de bandes noi-
res. Quoique Je ne connoille pas fa larve , Panalogie fait
penfer que les manœuvres que cette efpéce employe,
ne doivent pas beaucoup différer de celles du coufin
commun.
1. CULEX cirereus , abdomine annulis fufcis olo.
Linn. faun. fuec. n. 1116. Planch. 19 fig. 4.
Linn. [yf. nat. edir. 1o , p. 602 , n. 1. Culex pipiens,
Aë&. Upf. 1736 , p. 31, n. 10. Culex vulgaris.
Flor. lappon. 363. Culex vulgaris.
Reaum. inf. tom. 4, tab. 43, f. omnes , & 44, f. omnes.
Siwammerd. in-40. 95 — 99, tab. 2, 3. Culex.
Swammerd. bibl. nat. t. 31 ,f. 4, € fuivant, tab. 32:
Blanck. belg. 171,1. 15, fig. A. B, C. D. Culex.
Le coufin commun.
Longueur : lignes. Largeur à ligne.
Nous avons donné dans le difcours qui eft à la tête de
ce genre, la defcription de ce petit animal & de fes
différentes métamorphofes. Si on eft curieux de con-
noitre cet infeëte encore plus particuliérement, on peut
confulter Swammerdam , M. de Reaumur & quelques
autres Naturaliftes qui ont donné fon hiftoire dans le
plus grand détail.
2. CULEX a%s maculis tribus obfcuris , antennis
apice bifurcis.
Linn. faun. fuec. n. 1117. Culex alis aqueis, maculis tribus obfcuris.
Linn. fjft. nat. edit. 10 , p.603 , n. 3. Culex pulicularis,
Flor. laopon. 365. Culex lapponicus minimus.
Aët, Upf. 1736,p. 31, n. 12. Culex lapponicus minimus.
Ddddij
530 HISTOIRE ABRÉGÉE
Derrham. phifico-theol. l. 4, c.11,n.20, f.s ,6, 7. Culex minimus nigri-
cans maculatus.
Le coufin à trois taches [ur les aïles.
Longueur + ligne. Largeur > ligne.
Ce très-petit coufin eft mince, allongé & de couleur
brune. Ses antennes , velues comme celles des coufins
communs, font fourchues par le bout. Ses aïîles font
blanches, chargées de trois points bruns le long du bord
extérieur , defquels partent autant de bandes tranfverfes
moins brunes. L'infeéte tient fes aîles couchées fur fon
corps & un peu croifées l’une fur l'autre , enforte que
les bandes des deux ailes fe joignent & fe confondent.
On trouve ce coufin dans les bois dès le printems. Je
l'ai trouvé à la butte du Jardin Royal, où il y a beau-
coup d'arbres réfineux. M. Linnæus dit qu'il pique très=
fort, ce que je n’ai pas été curieux d’éprouver.
DES INSECTES. 535
SE CTEON:SIXIÉ ME,
INSECTES APTERES
OU
INSECTES SANS AÏLES.
C ETTE fe&tion, la derniere de la claffe des infeêtes,
commence à s'éloigner des précédentes ; aufli eft-elle
très-aifée à cara@térifer. Tous les infeétes qui la compofent
n’ont point d'ailes , & n’en acquiérent jamais , en quoi ils
différent beaucoup de tous les autres , dont les uns
ont deux aîles nues , les autres quatre ailes , ou nues , ou
couvertes de petites écailles, & plufieurs des étuis plus ou
moins épais & écailleux qui recouvrent leurs aîles. Mais
outre ce défaut d’ailes qui fournit un caraétere très-diflin&,
ces infectes ont encore plufieurs différences toutes aflez
fingulieres. Les infeétes que nous avons examinés jufqu’ici
paffent tous par plufieurs états ; ils fortent de l'œuf fous la
forme de larves , & font pendant un certain tems dans
l’état de nymphes ou de chryfalides, avant que de devenir
infectes parfaits. Il n'en eft pas de même dans cette
fection. La puce ef la feule de ces infeëtes , qui fubiffe ces
changemens & qui pafle par ces trois états, tous les autres
fortent de l'œuf fous leur forme parfaite ; ce font dès
le premier moment des infeétes parfaits : les petites arai-
gnées en fortant de l'œuf, les cloportes , les podures dès
le premier inftant de leur naiffance , ont la même figure
qu'ils conferveront toute leur vie ; à la grandeur près , ils
ne changent point ; ou s’il s’opére en eux quelqu’efpéce de
changement , il ne confifte que dans l’accroiffement fuc-
ceflif de leurs parties ; précifément comme dans les qua-
drupedes.
s22 HISTOIRE ABRÉGÉE
Parmi ces infectes , les uns fortent d'un œuf, ces petits
animaux font ovipares, d’autres font vivipares & leurs pe-
tits fortent tous vivans du corps de la mere : tels font jes
cloportes & les afelles. C’eft ce qu’on peut obferver tous
les jours. On peut même faciliter , & pour aïnfi dire accé-
lérer l’efpéce d'accouchement de ces infeêtes. Si on prend
une femelle de cloporte , dont le ventre eft gros & rempli
de petits, & que l'on étende un peu fortement cet animal,
de façon que la peau de fon ventre s’entr'ouvre ; on voit
fortir du corps de cette mere une foule de petits clo-
portes vivans qui courent légérement , qui dans leur efpé-
ce font des animaux parfaits , & ne différent des gros clo-
portes que par leur petiteile.
Dans ces premiers tems ; lorfque ces infeétes naiffans
font encore petits, ils ne font point en état de s’accoupler
& de travailler à la propagation de leur efpéce ; il faut
qu'ils ayent pris leur croïfiance. Ainft il en eft de ces
infedtes comme des quadrupedes ; quoiqu'ils paroïffent
parfaits en naïflant, ils ont befoin de croître, pour acquérir
toute leur perfe&tion ; au lieu que les autres infeétes
croiffent fous la forme de larve , & font capables de s’ac-
coupler , dès qu'ils font parvenus à leur dernier état d’in-
feêtes parfaits.
Le corps de ces infeétes eft compofé de trois parties ;
comme dans tous les autres ; favoir , de la tête, du corce-
let & du ventre ; mais il y en a plufieurs parmi eux ;
où ces trois différentes parties ne font pas bien difiinétes.
On les reconnoiït aifément dans le pou , la podure ,
la forbicine & quelques - autres. Dans l’araignée & le fau-
cheur , il femble qu’il n’y ait pas de tête ; la bouche, les
yeux & les antennes font placés au devant du corcelet,
qui paroit en tenir lieu. Les monocles & les binocles, ainfi
que plufieurs tiques , femblent pareillement avoir la tête
& le corcelet tellement confondus enfemble , qu'il n’eft
pas aifé de les diftinguer. Enfin les cloportes , les afelles ,
les fcolopendres & les jules ; dont le corps eft compofé
DES INSECTES. 583
d'un grand nombre d’anneaux qui font tous femblables ,
ont un tête très-diftinéte , mais on ne voit rien qui caracté-
rife en eux la diftintion du .corcelet & du ventre. Ces
deux parties font compofées d’une fuite des mêmes an-
neaux.
Outre ces différences qui font déja très-fenfibles , les
infectes de cette fe&tion en offrent encore beaucoup d’au-
tres dans le détail de leurs différentes parties. Les an-
tennes par lefquelles nous allons commencer , & qui font
une des parties effentielles de la tête des infeëtes , fe trou-
vent dans ceux de cette fettion ; comme dans tous les au-
tres , mais elles varient pour leur fôrme & même pour
leur nombre. Tous les infectes que nous avons examinés
jufqu’ici , nous ont fait voir conftamment deux antennes.
L'afelle en a quatre diftribuées en deux paires. Quant à la
forme des antennes , quelques genres en ont qui font
fimples & filiformes , d’autres les ont finguliérement conf-
truites. Peut-on rien voir de plus joli que la figure des an-
tennes de la pince , qui font armées à leur extrémité d’une
efpéce de ferre , & qui reffemblent tout-à-fait aux pinces
des écrevifles & des crabes, à la grandeur près ? Les anten-
nes de l’araignée ont quelque chofe de bien plus fingulier
encore. C’eft à lextrémité de ces antennes qui fe ter-
minent en bouton , que les males portent les parties du
fexe , que plufieurs Naturaliftes ont inutilement cherchées
dans ces infedtes , ne s’érant pas imaginé qu’un animal dût
avoir les parties de la génération fituées fur le haut de
fa tête. Nous examinerons plus en détail cet article cu-
rieux , en parlant des araignées. Le faucheur qui a tant
de rapports avec l’araignée , a des antennes différentes ,
mais qui ne font guères moins extraordinaires. Ces anteri-
nes font coudées , forment un angle très -aigu , & à l’en-
droit de cet angle, elles font plus groffes que par - tout
ailleurs. Celies de l’afelle & du cloporte font fimplement
coudées & compofées de plufieurs piéces , qui à leur jonc-
tion forment différens anges. Mais il y à encore un genre
534 HISTOIRE ABRÉCGÉE
dont les antennes méritent d'être remarquées : c’eft le
genre des mono.ies, Les antennes de ces petits animaux
fonc branchues, hériflées Je piufieurs poils latéraux , &
dans plufieurs etpéces de ce genre, elles forment une Jo-
lie aigrette ; qui paroit fervir de rame à l’infeéte pour nager
& fauter dans l'eau.
Les yeux de ces infetes n’offrent guères moins de fin-
gularités que leurs antennes. Aucun d'eux n’a ces petits
yeux liffes que nous avons obfervés fur beaucoup d infec-
tes à deux & à quatre ailes , mais en récompenfe le nom-
bre de leurs yeux otfre des variétés fingulieres. Les
autres infeétes ont tous deux grartds yeux à refeau ni plus
ni moins. Beaucoup de genres de cette fetion font dans le
mème cas, mais il y en a deux qui font bien finguliers par
rapport au nombre de leurs yeux , ce font les monocles &
les araignées. Les monocles n'ont qu'un feul œil , ce font
des efpéces de cyclopes , plus petits , mais plus réels
que ceux de la fable ; & c’eft ce qui les a fait appeller mo-
nocles. Les araignées au contraire ont huit yeux, tous pla-
cés fur le devant du corcelet , qui tient lieu detéte dans ces
infeûtes , mais diverfement rangés fuivant les différentes
efpéces. Un pareil animal , s’il étoit plus gros, fembleroit
un monfire aufli fingulier que l’argus des Poëres. Cepen-
dant laraignée à laquelle la nature femble avoir prodi-
gué l'organe de la vûüe , eft peut-être moins douée de
ce fens que la plüpart des autres infeétes. Leurs yeux ,
comme nous l'avons dit, font taillés à facettes , & font le
même effet que des milliers d’yeux réunis enfemble. Ceux
de l’araignée font fimples , liffes & nullement à refeau ,
enforte qu'avec fes huit yeux , elle voit peut-être réelle-
ment moins que la plüpart des infeétes qui n'en ont que
deux. La polition des yeux du faucheur , des monocles ,
des binocles & de quelques-autres genres, eft la même
que celle des yeux de l'araignée : c’eft fur le corceler qui
femble tenir lieu de tête,que ces yeux font pofés. Ceux du
faucheur paroiffent même plus mal fitués que les er
ils
DES INSECTES. 535
ils font fur le dos de l'animal, où leur ufage femble ne de-
voir pas être fort libre.
La bouche des infeëtes fans ailes offre peu de fingulari-
tés , fur-tout en comparaifon des antennes & des yeux.
Quelques-uns de ces infeëtes ont une trompe pointue
& aigue , avec laquelle ils piquent, telle eft la forme de [a
bouche du pou & de la puce. Les araignées & quelques-
autres ont des machoires pointues. D’autres ; comme les
monocles & les binocles , ont des efpéces de fucçoirs.
Le corcelert eft la feconde partie du corps de ces infec-
tes. Dans plufieurs il eft très-diftinét & apparent ; le corce-
let du pou , de la podure , de la forbicine fe fait aifément
appercevoir. Mais il n'en eft pas de même dans plufieurs
autres infectes de cette fection. Plufieurs ont le corcelet &
la tête tellement confondus , que tous les deux femblent
ne faire qu’une feule partie. Il n’eft pas poflible de trouver
la féparation de la tête & du corcelet du faucheur, de l’a-
raignée , de plufieurs crabes , &c. D’autres infeétes ont au
contraire le corcelet & le ventre tellement femblables
pour la conformation , que ces parties fe confondent en-
femble , & ne forment qu'une feule & même fuite. Tels
font les cloportes , les ïules , les fcolopendres , &c. En gé-
néral , le corcelet dans la plüpart des genres de cette fec-
tion n'offre pas beaucoup de particularités. En-deflus il eft
nud & dépourvu d’ailes , en-deflous, on apperçoit les pat-
tes de l’animal qui tiennent au corcelet , ou toutes , ou en
partie. Ceux de ces infeétes qui ont fix, huit, ou dix pattes,
les ont toutes attachées au corcelet ; tous les autres, dont
les pattes excédent le nombre de dix , font dans un cas
différent : leurs pattes nombreufes prennent également
leur origine du corcelet & du ventre , qui font continus,
femblables , & paroiffent ne former qu'une feule partie.
Le ventre , cette derniere partie du corps de ces infec-
tes, n'a rien de particulier. Dans les uns il eft oblong ,
dans d’autres plus large & prefque globuleux , enfin dans
quelques - uns il a’eft que la fuite du corcelet. C'eft dans
Tome IL. Eece
536 HISTOIRE ABRÉGÉE
ces derniers que plufieurs pattes tirent leur origine du def-
fous du ventre : tels font les cloportes, les afelles , les fco-
lopendres , les iules, &c. Ces infettes reflemblent à des
vers , leur corps eft long & uniforme , & toute la longueur
de ce corps donne naiffance à un nombre de pattes plus ou
moins confidérable.
A l'extrémité de ce ventre ; on remarque dans quel-
ques-uns de ces infeétes des appendices, tantôt au nombre
de deux, quelquefois au nombre de quatre , & même dans
quelques-uns en nombre plus confidérable. D'autres in-
feêtes , comme les crabes , ont une queue plus ou moins
Jongue , & dont le bout fe termine par des écailles.
Mais ce qu'il y a de plus fingulier dans plufieurs de ces
infeêtes , c’eft la polition des parties de la génération. Dans
le plus grand nombre , elles fe trouvent placées à l’ex=
trémité du ventre comme dans les autres infettes. Ceux-
là s’accouplent à la maniere ordinaire : il n’y a rien de
fingulier dans l'accouplement du pou , de la puce , de
la podure & de plufieurs autres. Mais il n’en eft pas de
même de quelques-autres genres de cette fetiion. Nous
avons déja remarqué plus haut , que les araignées mâles
portoient les parties de leur fexe à l'extrémité de leurs an-
tennes , dont le bout plus gros s’entrouvre pour laifler
fortir une efpéce de membre. Dans les femelles de ces
infectes , la pofition de la partie du fexe eft toute diffé-
rente. C’eft une efpéce de fente qui fe trouve fituée en-
deflous du ventre vers fon origine , près de fon attache
avec le corcelet. Une conformation auili différente entre le
mâle & la femelle , fembleroit devoir rendre l’accouple-
ment de ces infeétes difficile , & même prefqu'impofli-
ble. Il s'exécute cependant très-facilement , comme je l'ai
obfervé plufeurs fois , & la nature a fù tirer avantage
de cette pofition finguliere , ainfi que nous le ferons voir
en parlant des araignées. Le genre des crabes, qui eft fort
analogue à celui des araignées , lui reffemble aufli en
quelque forte par la conformation des parties du mâle,
DES INSECTES. 37
Dans cet animal , la partie du fexe fe trouve à la racine
d’une patte qui eft plus grofle que les autres. Peut-être
que les monocles & les binocles qui ont tant d’analogie
avec les araignées & les crabes , leur reffemblent encore
par cet endroit. C’eft ce que la petitefle de ces infeétes ,
qui d’ailleurs ne vivent que dans l’eau , ne nous a pas per-
mis d'examiner. Je ferois du refte porté à le croire.
Le nombre des pattes de ces infeétes varie beaucoup.
T'ous ceux que nous avons obfervés jufqu’ici,n'en avoient
que fix ou même moins ; j'entends les infeétes parfaits , &
non pas les larves & les chenilles. Dans cette fe&tion , il y
a de même plufieurs infeëtes , tels que le pou, la forbi-
cine ,.la puce, &c. qui n’ont que fix pattes, mais plufieurs
en ont davantage. La pince , la tique , l'araignée , le fau-
cheur en ont huit. Les crabes en ont dix. L’afelle , le
cloporte font fournis de quatorze : on en compte trente ,
foixante fur les fcolopendres , & enfin elles font pref-
qu'innombrables dans les ïules ; auxquels la nature a
prodigué les pattes par centaines. Ces pattes ont quelques
fingularités dans difféfens genres. Dans tous elles font
compofées de trois parties , la cuifle , la jambe & le tarfe
ou pied ;, mais cette derniere partie dans quelques genres
eft compofée d’un grand nombre de piéces. Jufqu'ici
nous avons vû dans les infeêtes que nous avons examinés ,
que leurs tarfes écoient compofés de deux , trois, quatre
ou cinq piéces & jamais davantage. Ici elles font bien plus
nombreufes dans certains genres : dans quelques-uns
même , comme dans le faucheur , il y en a une fi pro-
digieufe quantité, qu’il r’eft pas poflible de les compter :
elles font fi petites & fi ferrées vers l’extrémité,qu'elles fe
confondent enfemble. Dans d’autres infeétes , comme la
forbicine , l’origine des pattes eft remarquable par des
efpéces d’écailles qui la recouvrent. Les pattes poftérieu-
tes de la puce font fort longues , & elle s’en fert comme
dun reflort pour s’élancer en l'air & fauter vivement.
Enfin , les crabes ont les pattes antérieures fendues a l’ex=
Eceei
538 Hi1STOIRE ABRÉGÉE
trémité & figurées en pinces , que tout le monde confoit
& avec lefquelles ils ferrent fortement.
Les endroits où vivent ces infeétes , la nourriture qui
leur eft propre , varient beaucoup fuivant les différens
genres. Les uns habitent fur la terre , d’autres dans des
trous de murs ou fur les plantes , quelques-uns fe trouvent
fur le corps des grands animaux & plulieurs autres vivent
dans l’eau. Ces derniers fe nourriflent d'herbes aquati-
ques ou de petits infeêtes , & fervent quelquefois eux-
mêmes de pâture à d’autres ; on fait que les monocles
font fouvent dévorés par les poiflons & même par les
polypes: L'araignée au contraire vit des mouches , des
moucherons, des tipules qu'elle prend dans fes filets. Il eft
vrai qu'elle eft quelquefois la victime des guêpes & des
frelons qu’elle a vouiu prendre , & qui la déchirent avec
leurs fortes machoires , tandis qu'ils la piquent avec leur
aiguillon. D'autres infeëtes de cette feétion s’attachent aux
grands animaux & même à l’homme, dont le fang fert de
pâture aux poux & aux puces , tandis que les oifeaux , les
chiens & d’autres bêtes font pareillement incommodés par
les puces, leurs efpéces particulieres de poux, & plufieurs
tiques & mites qui les dévorent. C’eft ce que nous verrons
plus en détail, en examinant en particulier les différens
genres de cette feétion. |
Il ne nous refte plus, pour terminer ce que nous avons à
dire fur les infeétes de cette fe&tion , qu’à faire remarquer
l’analogie qui fe rencontre dans la plüpart des genres qui la
compofent. Ces infeétes tous dépourvus d'ailes , font pour
la plus grande partie couverts d’une efpéce de teft , d’é-
caille , ou de croute dure , qui a fait donner à plufeurs le
nom d'infeëtes cruftacés. Quelques Naturaliftes même
prétendent diftinguer les cruftacés d’avec les autres infec-
tes, & en faire une claffe particuliere d'animaux. Mais les
antennes dont ils font pourvus & leurs autres caraéteres,les
rapprochent néceffairement des autres infeëtes & les ran-
gent fous cette clafle. Parmi ces infeétes cruflacés ; ceux
DES INSECTES: s89
dont le teft ou la croute eft la plus apparente ; foi les cra-
bes, les écrevifles , &c. Leur teft dur & comme offeux leur
tient lieu réellement d'os. Ils n’en ont point d’autres , &
l'intérieur de ces cavités n’eft rempli que par une fubftance
charnue. Les extrémités des fibres font attachées à l’inté-
rieur de la croute ou du teft , précifément de la même ma=
niere dont les mufcles des quadrupedes font attachés à
leurs os. C’eft ce que tout le monde peut appercevoir
fur une patte d’écrevifle. Mais outre les crabes, beaucoup
d’autres genres de cette feétion , J’ofe même dire prefque
tous, ont une pareille conformation, & font de véritables
cruftacés , quoique moins durs que la crevette & l’écre-
viffe. Les araignées , par exemple , qui approchent des cra-
bes , même pour leur figure extérieure , font revêtues d’un
teft aflez dur , & qui même réfifte tellement, qu’on a quel-
que peine à enfoncer une épingle dans le corps d’une
grofle araignée , tandis que l'intérieur de fon corps eft
mou. Les monocles & binocles ont un femblable teft , qui
même dans les monocles à coquilles eft fi dur, qu'on a
quelque peine à le rompre. Il a ia dureté d’une coquille &
on lui en a donné le nom. Les binocles , dont plufeurs
reflemblent tout-à-fait à des crabes , font revêtus d’une
pareille croute. Quoique les cloportes , les afelles , les
iules & les fcolopendres n’ayent pas une croute feule
& continue pareille à celle dont nous venons de parler , &
que leur corps foit compofé de plufeurs lames & an-
neaux ; ce font néanmoins des petits cruftacés , dont
le teft eft formé de plufieurs écailles , de croutes jointes &
articulées enfemble , de la même maniere qu’elles le font
dans la queue du homar & de l’écrevifle. On ne peut pas
plus leur contefter le nom de cruftacés , que celui de
coquille à l'o/cabrion ou lepas , dont la coquille fe trouve
compofée de plufieurs morceaux articulés enfemble. La
tique & la pince fe rapportent aux cruftacés pour la forme
& pour le teft extérieur , quoique cette derniere partie
foit moins dure dans la tique , & par-là devienne capable
590 HISTOIRE ABRÉGÉE
d’extenfion plus ou moins grande. Enfin , le pou, la podu-
re , la forbicine font de tous ces infeêtes les plus mois,
mais le plus ou le moins ne peut changer l’état & l’ordre
naturel de ces petits animaux.
IL paroït donc que tous ceux de cette claffe ont une
certaine analogie entr'eux par cette efpéce de teft dur qui
les recouvre, mais on ne doit pas pour cette raifon les
féparer des autres infeétes. Outre les antennes dont ils
font tous pourvus & qui font le cara@tere effentiel des in-
fetes , ils s’en rapprochent encore par cette propriété
même d'être recouverts d’un teft dur & renitent. Les
autres infectes font pareillement couverts ,; Comme nous
Pavons vû , de lames ou anneaux durs & femblables à de
la corne flexible. Tout l'extérieur de leur corps eft muni
d’une pareille couverture. Quoique cette peau folide foit
plus flexible que le teft des cruftacés , elle en approche
cependant beaucoup , & elle n’en différe que par le pius
ou le moins de flexibilité. C'eft donc une raifon de plus
pour ne point féparer les uns des autres ces infeétes que la
nature a rapprochés. Un Naturalifte ne craindra point
de réunir dans la même claffe ie crabe & le hanneton , &
il laiffera le fimple & fuperficiel curieux faire dans un
cabinet de parade la frivole diftinétion d’infetes & de
cruftacés.
Nous allons réunir dans une feule table , les cara@teres
des différens genres qui compofent cette feétion , après
quoi nous examinerons chacun de ces genres en détail.
.CH2.
CES
Eire
a
DES INSECTES. sat
SECTION SSI ME
De la claffe des Infeétes.
INSECTES SANSIAILES,
GENRES. CARACTERES.
par pattes.
Deux yeux.
Antennes filiformes,
Ventre fimple.
Six pattes,
Deux yeux.
Antennes filiformes.
Queue fourchue, repliée à l'extrémité du ventre &
faifant le reflort pour aider linfé&e à fauter,
Corps couvert de petites écailles.
La PODURE.
Deux yeux.
Bouche avec deux barbillons mobiles.
‘Antennes filiformes.
Trois filets au bout du ventre,
Corps couvert de petites écailles,
LA FoRBICINE,
Six pattes propres à fauter.
Deux yeux.
Bouche recourbée en - deffous.
Antennes filiformes.
Ventre fimple & arrondi,
Huit pattes.
Deux yeux.
Antennes en pinces de crabe, plus longues que I
trompe,
LA PINCE.
Huit pattes.
Deux yeux. »
Antennes fimples plus courtes que la trompe.
è
LA TiQuE.
; pattes, dont l’origine eft large .& écailleufé,
$9z HISTOIRE ABRÉGÉE
- Huit pattes,
Deux yeux,
Le Fau cuEur.) Antennes formant un angle aigus
Deux longs barbillons {emblables à des antennesa
: , f Huit pattes,
L'ARAIGNÉE. | Huit yeux.
Six pattes.
Un feul œil.
LE MONOCLE.) A;tennes branchues avec plufeurs poils latéraux:
Corps cruflacé,
Six pattes.
Deux yeux.
Antennes fimples & fetacées,
Queue fourchue,
Corps cruflacé.
LE BiINOCLE.
Deux yeux.
Antennes filiformes.
Queue compofce de plufeurs lames,
Corps cruface.
LE CRABE.
Quatorze pattes.
LE CLoPorTE. Deux antennes coud£ese
Quatorze pattes,
Quatre antennes briftes , dont deux font plus Ion:
LUCSe
Vingt-quatre pattes au moins, fouvent davantage.
Corps applati.
Antennes filiformes compolées de pluñeurs articles
courts.
L’'ASELLE.
La ScoLOPENDRE,
Plus de cent pattes.
Corps arrondi & cylindrique.
LIuLzE.
Antennes compoltes de cinq articles.
JE pattes, les deux premieres en forme de pinces
je
HE
SECTIO
DES INSECTES: 593
SPCATONS EXT À
Claffis Infeétorum.
LINSECTASAPTERA,
GENERA.
PEeprcuLus.
Le Pou.
PoDURA.
La Podure.
FoRBICINA.
La Forbicine.
PuLEx.
La Puce.
CHE LIENS
La Pince.
ACARUS,.
La Tique.
Tome II.
CARACTERES,
Pedes fex.
Oculi duo.
Antennæ filiformess
Abdomen fimplex.
Pedes fex,
Oculi duo.
Antennæ filiformes.
Abdomen cauda bifurea inflexa , faltatrix,
Corpus fquamis teétum,
Oculi duo.
Os tentaculis duobus mobilibuse
Antennæ filiformes.
Abdominis cauda tripilise
Corpus fquamis teétum,
JE fex origine lata & fquamofas
Pedes fex faltatorii.
Oculi duo.
Os inflexum,
Antennx filiformes.
Abdomen fimplex fubrotundum.
Pedes o&o.
Oculi duo.
Antennæ cheliformes roftro longiores,
Oculi duo.
Antennæ fimplices roflro breviores,
{ Gen o&o.
$94 HiSTOIRE ABRÉGÉE
Pedes o&o.
ne nie
Le Faucheur.
ARANEA
L’Araisnee,
Oculi duo.
Antennæ angulofæ.
Tentacula duo longa antenniformia,
Pedes o&o.
Oculi oo.
Pedes fex.
Oculus unus.
Antenne multiplices , fetis plurimis lateralibuge
Corpus crufta tectum,
MonNocuULUs.
Le Monocle.
‘ Pedes fex.
Oculi duo.
U L ° ë
Brx 0 S De J'Astenræ fimplices fetaceæs
Le Binocle. Canda bifida.
Corpus crufta te“tum.
Pedes decem , primi cheliformes,
Oculi duo.
Antennæ filiformes.
Cauda foliofa.
Corpus crufta teétum:
CANCER.
Le Crabe.
ONIsSCUSs.
Le Cloporte.
Pedes quatuordecim.
Antennæ duæ frattæ.
ASELLUS.
L’Afelle.
Pedes quatuordecim.
Antennæ quatuor fraûæ, duæ Jongiores,
Corpus planum.
Antennæ filiformes, articulis brevibus plurimis,
La Scolopendre.
Pedes plus quam centum.
Corpus teres cylindraceum.
Antennæ articulis quinquee
Tuzus.
SCOLOPENDRA, 4 Pedes ad minimum viginti- quatuor , fæpe plus,
L'iule,
DES INSECTES. is
PEDICULUS.
FRE CP:O'U.
Pedes fex. Six pattes.
Oculi duo. Deux yeux.
Antenne filiformes. Antennes filiformes.
Abdomen frmplex. Ventre fimple.
Le pou eft affez connu par lui-même ; néanmoins, com-
me parmi les efpéces de ce genre il y en a quelques-unes
qui paroiflent différer des autres , le caraëtere de cet
infecte fervira à faire connoître que ces efpéces différentes
doivent toutes fe rapporter à ce genre.
Parmi les caraëteres du pou ;, les deux premiers qui
confiftent dans le nombre des pattes & des yeux , fervent
à faire diftinguer. cet animal d’un grand nombre de genres
de cette fection ; il n’en refte que quatre auxquels il
reffemble pour ces parties, & qui ont comme lui fix pattes
& deux yeux. Mais la forme de fes pattes qui font fimples,
le diftingue aifément de la forbicine & de la puce, &
la conformation de fon ventre empèche qu’on ne le con-
fonde avec la podure & le binocle , dont le ventre a des
appendices très-remarquables.
De tous les infectes de cette fection , celui avec lequel le
pou a été le plus aifément confondu , eft la tique. Rhedi
qui a donné d’excellentes obfervations fur les poux , eft
lui-même tombé .dans cette erreur , & a joint avec eux
plufeurs tiques. Il ne s’agit cependant que d'examiner de
près ces infeétes ; on verra que le pou n'a que fix pattes ,
tandis que la tique en a huit, ce qui empêchera de confon-.
dre des petits animaux fi différens.
La figure des poux varie beaucoup fuivant les différen-
tes efpéces : les uns font oblongs , & c'eft le plus grand
nombre , d’autres font larges & courts ; quelques-uns font
minces ; longs & très -éfilés , tels que ceux de plufieurs oi-
Ffffi
$96 HISTOIRE ABRÉGÉE
feaux. En général , leurs antennes font très-courtes ; leur
tête eft affez grofle, leurs yeux font faillans , leur ventre eft
compofé de plus ou moins d’anneaux , depuis fix jufqw’à
dix. Leurs pattes font compofées de trois parties, dont la
derniere ou le tarfe eft formée de trois piéces.
Les poux habitent fur l’homme & les différens animaux,
tant quadrupedes que volatiis. Il y en a cependant une pe-
tite efpéce , c’eft le pou du bois, qui femble n’attaquer au-
cun animal , & ne fe trouver que dans les papiers &
les vieux bois. Tous les autres font carnafliers & fe nour-
riflent du fang des différens animaux fur lefquels ils fe
trouvent. Pour cet effet , ils ont à la partie antérieure de la
tête, un peu en-deflous , une efpéce d'avance , de laquelle
ils favent faire fortir une trompe creufe en-dedans , qu'ils
inférent dans la peau de l’animal , & avec laquelle ils
pompent le fang. La plüpart des animaux font fujets à
cette vermine ; chacun a fon pou particulier. Quelques-
uns même fervent de domicile à plufeurs efpéces, & nous
verrons dans le détail , que le bœuf, la poule , le pluvier ,
le paon, le cigne , le cerf , l'oye , &c. en ont plulieurs
efpéces. L'homme même eft attaqué par deux efpéces
de poux , l’une connue fous le nom de pou ordinaire ;
& l’autre fous celui de morpion.
Les poux font ovipares & même leurs œufs font gros ,
ce font eux que l’on appelle les /erres. Le pou ne tarde
pas à fortir de cet œuf, après quoi il change plulieurs fois
de peau , & très-peu de tems après il eft lui-même en état
de pondre. Auf ces vilains infectes pullulent-ils beau-
coup. Une chofe qui pourroït contribuer à la grande pro-
pagation de ces animaux , c’eft qu’ils paroiïfient herma-
phrodites. Swammerdam qui a difléqué plufieurs fois des
poux & qui en a donné une. très-bonne hiftoire , aflure
avoir trouvé à tous un ovaire & jamais la partie mâle exté-
rieure. Le pou feroit-il un hermaphrodite d’un genre par-
ticulier ? Pourroit-il fe féconder lui-même ? Parmi les vers
il y en a beaucoup qui font hermaphrodites ; mais ils ne
DES INSECTES. $97
peuvent fe féconder feuls , ils ont befoin d'un accouple-
ment qui eft double & réciproque entre les deux individus
accouplés. Tous deux font en même tems l'office de mâle
& de femelle. Il feroit fingulier que le pou n’eût pas
beloin d’accouplement , & un fait de cette nature deman-
deroit à être fuivi , & prouvé par de bonnes obfervations
pour pouvoir être afluré,.
1. PEDICU LUS Aumanus. Linn. faun. fuec. n. 1153,
& Jyf8. nat. edit. 10.
Rhedi. experim. t. 18. Pediculus ordinarius,
Mouffrr. lat. p. 259. Pediculus.
Swammerd. in 4°, p. 169 , r. 7. Pediculus.
Bonani. micrograph. f. ss.
Merret. pin. 202. Pediculus in capite.
———. ibid, Pediculus corporeus maculatus.
Le pou ordinaire.
Nous ne nous arrêterons pas à donner une longue def-
cription du pou qui eft affez connu. On fait que l’homme;
le chef & le roi des animaux,eft cependant la pâture & la
demeure ordinaire de cette vermine. On peut voir cet in-
fete fort grofli au microfcope dans les figures de Rhedi &
de Syammerdam.
2. PEDICULUS irguinalis. Rhedi. exper, £. 19 ; f. 1
& [yJ£. nat. edir. 10.
Linn. faun. fuec. n. 1154. Pediculus pubis,
Petiv. gazop. 1.67, f. o. Pediculus inguinalis,
Moufft. lat. p. 200. Pediculus ferus.
Raj. inf. p. #. Pediculus ferus.
Merrer. pin. p. 202. Pediculus-morpio.
Le morpion.
Cet infeéte eft plus court , plus large , plus arrondi que
le pou ordinaire : il eft aufli d'une couleur plus brure
& d'une confiftence plus dure. Il s'attache aux poils du
pubis des perfonnes fales & mal-propres & y tient forte-
ment. Sa piqûre vive l’a fait appeller par quelques Natura-
liftes , pediculus ferox.
598 HISTOIRE ABRÉGÉE
3. PEDICULUS Govis ; abdomine lineis tranfverfis
oëlo ferrugineis. Linn. faun./fuec. n. 1155
Linn, Jyff. nat, edit. 10, p. 611 , n. 10. Pediculus bovis tauri.
Le pou du bœuf;à ventre charge de huit bandes tranfverfes.
Cette efpéce ef très-petite & blanche. Sa tête eft d’une
couleur un peu fauve , ainfi que fes pattes, dont l’extrémi-
té et plus blanche. Son ventre eft blanc & eft chargé en-
deflus de huit bandes tranfverfes d’un rouge fauve &
en-deffous de cinq bandes tranfverfes femblables. Ces
bandes , tant en-deflus qu'en-deffous , ne vont point juf-
qu'aux bords du ventre. Ces bords cependant paroiffent
plus foncés que le refte , à caufe de huit points de couleur
brune dont ils font tachés. On trouve ce pou fur les vaches
& les Lœufs.
4 PEDICULUS ovis , abdomine plumbeo. Linn,
faun. fuec.n. 1156.
Linn. fyft. nat. edir. 10 , p. 61r , n. 11. Pediculus bovis vituli.
Le pou du bœuf, à ventre de couleur plombee.
Celui-ci eft plus grand que le précédent. Ses pattes
font courtes & groffes. Elles font de couleur grife, ainfi
que fa tête & fon corcelet. Son ventre eft de couleur
bleuatre plombée. Il eft gros & fe termine en pointe. On
trouve cette efpéce fur les vaches avec la précédente.
s-PEDICULUS crc, fufcus oblongus ; abdomine
flavefcente ; medio lateribufque fufcis. Planch. 20 ,
fig. 1. «
Le pou du bufard.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne.
Ce pou eft le plus grand que je connoiffe , il a au
moins quatre lignes de long. Sa couleur eft brune claire ,
à l'exception du ventre qui eft jaunâtre , avec cependant
DES INSECTES. 5
les bords bruns & une bande longitudinale de même
couleur dans fon milieu. Sa tête eft allongée & terminée
en devant par une fettion droite, comme fi elle étoit
coupée quarrément. Ses antennes font très-courtes & fes
yeux font gros. Son corcelet eft un peu taillé en cœur,
& a un large rebord. Le ventre compofé de dix anneaux,
eft oblong , & a fur les côtés un rebord brun. On trouve
ce pou fur un grand oifeau aquatique , le bufard des ma-
rais , que Bellon a défigné fous le nom de circus.
6 PEDICULUS Jubflavefcens ; abdomine ovato ,
medio diaphano , macula füfca ; lateribus punëlato-fer-
* TUQÈnes.
Le pou du moineau franc.
Longueur + ligne.
Sa tête eft groffe , luifante , de couleur fauve, avec jes
yeux noirs & les antennes courtes. Son corcelet eft étroit
& de même couleur que la tête. Le ventre eft ovale,
un peu allongé , d’un blanc fale , diaphane , & qui laiffe
entrevoir l’inteftin de l’animal , ce qui repréfente une ta-
che noire. Les bords du ventre de chaque côté font ter-
minés par des points ou taches brunes rondes. C’eft entre
les plumes du moineau franc, que l'on trouve cette efpé-
ce. Lorfque ce pou eft jeune, il paroïît tout blanc , à l’ex-
ception de la tache noire du milieu du ventre.
7. PE D IC U LU S oblongus : filiformis » albicans s
COrports lateribus utrinque ferrugLIIeLse
Rhedi exper. tab. 2, f. 1. Pulex columbæ major.
Le pou du pigeon.
Longueur : ligne. Largeur + ligne.
Celui-ci eft long , étroit, prefque filiforme ; un peu plus
large cependant vers la partie inférieure de fon ventre,
Sa tête eft allongée en fufeau , avec des antennes pref-
qwaufli longues qu'elle. Son ventre eft fort étroit du haut.
600 HISTOIRE ABRÉGÉE.
Sou corps eft d’un blanc jaunâtre , bordé des deux côtés
d’une raie brune. Cette bordure eft plus rougeâtre dans
les jeunes qui ont le corps plus blanc. Il eft commun fur
les pigeons.
8. PEDICU LUS ao nigroque varius ; abdomine
ovato oblongo, utrinque ëncifuris nigris.
Linn. faun. fuec. n. 1158. Pediculus corvi.
Rhedi exper. tab. 16. Pulex corvi. Fig. opiima.
Le pou du corbeau.
Longueur 1 ligne.
Ce pou eft un des plus beaux, fi cependant un pou peut
être un Jolianimal. Sa couleur dans le fond eft grife. Sa
tête eft petite & noire & fes antennes font courtes & re-
courbées en arrière, ce qui.fait un effet affez fingulier.
Son col eft court, fes pattes font aufli courtes , tachetées
de noir ainfi que les antennes. Le ventre eft ovale , pref-
que rond , applati , de couleur cendrée, orné de chaque
côté de huit bandes noires à la jonétion des anneaux, ce
qui fait une Jolie bigarrure. Le corps de cet infeëte eft
fort dur & on peut le preffer fortement dans les doigts fans
le tuer. On le trouve fur le corbeau ordinaire entre les
plumes de cet oifeau. Lorfque ce pou eft jeune, il eft
blanc avec une fimple rangée de points noïrs de chaque
côté du ventre.
9. PEDICULUS ga/l-payonis.
Linn. Jaun. fuec. n. 1160. Pediculus meleagridis.
Rhed, exper. tab. 1 , fig. 2. Pediculus accipitris.
Le pou du dindon.
Ses antennes font courtes. Sa tête eft applatie , arron-
die fur le devant, & forme par derriere des angles aigus,
prefque femblables à des dents pointues. Son corcelet,
figuré en cœur , a des angles de chaque côté. Son ventre
compofé de huit ou neuf anneaux, ef gris fur les côtés, &
blanc
DES INSECTES. 6ot
blanc au milieu, dans toute fa longueur. C'eft fur les
dindons qu’on trouve cette efpéce de pou. Rhedi le don-
ne comme l'ayant trouvé fur l’épervier , & il peut très-
bien fe faire que cette efpéce attaque deux oifeaux dif-
férens.
10. PEDICULUS ga/linæ, abdominis margine
aigro. Linn. faun. fuec. n. 1165.
Rhed} inf. tab, 16. Pulex capi.
Frifch. germ. 11 , p. 24, tab. 24. Pediculus galli.
Le pou de la poule à ventre bordé de noir.
Les antennes de ce pou font petites, & linfeëte les
tient fouvent en mouvement. Sa tête eft blanche arrondie
en-devant. Son corcelet eft large & anguleux ou pointu
fur les côtés. Le ventre eft applati & finit en pointe
moufle. Ses bords font noirs, mais le milieu eft blanc &
tranfparent , à l'exception d'une tache noïre vers le cor-
celet, qui n’eft autre chofe que le cœur de l'infette qui
.paroit a travers les membranes, On trouve ce pou fur
les poules avec le fuivant.
11. PEDICULUS ga/linæ, thorace capiteque utrin-
que mucrorrato. Linn. faun. Juec. n. 1166.
Le pou de la poule à réte & corcelet pointus des deux
côtes.
Ses antennes font fort courtes : fa tête eft d’une forme
aflez finguliére ; elle eft arrondie en-devant & repréfente
une efpéce de croiffant dont les angles ou pointes regar-
dent le corcelet. Celui-ci eft court , large , armé de cha-
ue côté d’une pointe droite aigue & faillante. Le ventre
compofé de huit anneaux, eft allongé. Tout le corps eft
parfemé de quelques poils gris. Cet infeéte plus petit que
le pou ordinaire, fe trouve fur les poules.
12. PEDICULUS Zgni anriqui, Linn. faun. fuec,
2. 1168. |
Tome IL, Gegg
602 HISTOIRE ABRÉGÉE
Linn. fyft. nat. edit. 10, p.610, n. 2. Termes abdomine oblongo ; ore ri
bro , oculis luteis,
Blanck. belg. 169 ,v. 14, fig. F. Pediculus ligni.
Raj. inf. p. 8. Pediculo cognatus & fimilis,
Bradl, nar,.tab. 27, f. 3.
Le pou du bois.
Cette efpéce eft plus petite que le pou ordinaire ; elle
varie pour la couleur & pour la grandeur. Quelquefois
elle eft toute blanche ou grife , d'äutres fois de couleur
plombée , dans d’autres le ventre eft taché d’une bande
annulaire brune, après laquelle, proche la queue, fe”
trouve un point brun. Toutes ont les antennes fines , en-
viron de la Iongueur du corps , les yeux jaunâtres, & aux
deux côtés de chaque anneau du ventre, un point .rou-
geatre plus ou moins marqué.
Ontrouve communément cet infeéte fur les vieux bois,
les vieilles tables, dans les livres qu’on remue peu: il
court , & même il faute un peu lorfqu'on le touche. Celui
qu'on trouve ainfi dans les maifons, eftplus blanc. Il fe
rencontre aulli dans la campagne & dans les jardins, fur
les murs & les troncs des arbres, & pour lors il eft plus
brun & un peu velu. Quelques auteurs ont prétendu que
c’étoit cet infeële qui faifoit ce petit bruit, cette efpéce
de petit battement comme de montre, que l’on entend
quelquefois dans les chaflis & les boiferies ; & ont don-
né à cet animal le nom de pediculus pulfatorius , horolo-
gium mortis &c. Derrham dans fa Théologie Phyfique,
paroit de ce fentiment. Cependant je crois pouvoir affu-
rer que ce bruit eft produit par un dermefte , comme je
lai dit en fon lieu, quoique d’autres l’attribuent à une
araignée.
N.B. Outre les efpéces de poux que nous avons dé-
crites , on en trouve encore plufieurs dans les auteurs
que nous n'avons point vüs, & dont nous ne donnerons
ici que les noms d’après Rhedi & M. Linnæus.
f'DES£{INSECTES. 603
10, PEDICUEUS accipitris abdomine oblonge.
Pulex accipitris. Rhed. exper. tab. 1, f. 1.
2°, PEDICU LUS accipitris abdomine ovato.
Pulex accipitris, Rhed. exper. tab. 1, f. 3.
3% PEDICULUS grus. Linn. faun, où 7 1162e
Pulex gruis. Rhed. exper. tab. 3.
Pediculus gruis. Frifch. germ: $., p.15, tab. 4,
4°. PEDICUEUS fulce.
Pulex fulicæ. Rhed. exper. tab..4.
s°. PEDICULUS pice.
Pulex picæ. Rhed, exper. tab. 5.
&. PEDICUEUS are.
Pulex ardeæ. Rhed. exper. tab. 6.
7. PEDICULUS ardeolæ.
Pulex albardeolæ. Rhed. exper. tab, 7.
8°. PEDICULUS cygni, abdomine oblongo imma-
culato.
Pulex cygni. Rhed. exper. tab. 8.
9°. PEDICULUS cygni abdomine ovato utringae
lineës fufcts notato.
Pulex cygni fecundi generis. Rhed. exper, tab, 9 , fig. 3.
10°. PE DICUEUS Zr7.
Pulex lari. Rhed. exper. tab. 9.
11% PEDECULUS an/eris , capite ovato ,abdomine
oblongo , incifuris utrinque maculatis,
Pulex anferis fylveñris. Rhed. exper. tab. 10, fig. 1.
12% PE DICULUS anféris , capite triangulart ,
abdomire immaculato.
Rhed, exper, tab, 10, f. 2. Æ
Gsesi
604 HiSTOIRE ABRÉGÉE
13° PEDICULUS pluyialis, abdominis margine
fimplicz.
Pulex avis pluvialis. Rhed. exper. tab. 11, f. 1.
14. PEDICULUS pluvialis , abdominis margine
dentato ferrato.
Rhed, exper. tab. 11,f, 2.
15° PEDICULUS guerquedule.
Pulex querquedulæ. Rhed. exper. tab. 12.
16°. PEDICULUS falconis tinnunculi, Linn. faun.
Juec. nr. 1157.
Pulex tinnunculi. Rhed. exper. tab. 13e ù
17% PEDICULUS pasonis , antennis dichotomis
capite longioribus , abdomine utrinque maculato.
Pulex pavonis. Rhed. exper. tab. 14.
18°. PEDICULUS pasonis , antennis fimplicibus
capite brevioribus , abdomine immaculato.
Pulex albi pavonis. Rhed. exper. tab. 15.
19° PEDICUELUS urri.
Pulex fturni candidi, Rhed. exper. tab. 17.
20°. PE DICULUS Yerne. Linn. faun. fuec. n.
1161.
21° PEDICULUS zecurviroftræ. Linn. faun. fuec.
72 1163.
22% PEDICULUS œmarhopi. Linn. jfaun. Juec.
72. 1164.
23°. PE DICULUS Zagopi. Linn. faun. fuec. nr. 1167.
24. PEDICULUS afni. Red. exper. tab. 21.
2$% PEDICULUS cerri, abdomine fs > medio
albo. Rhed, exper, tab. 23 , f. 1
DES INSECTES. F0$
PIE DU LU S ces domine mie fars
punilis nigris. Rhed. exper. tab. 23; f. 2.
Ces vingt-fix efpéces doivent fe trouver dans ce pays-
ci. Il y en a outre cela plufieurs étrangers , tels que le
pou du chameau, celui du tigre , du belier & de la poule
d'afrique, & autres qui ne font pas les moins finguliers.
Si on examine attentivement les animaux, on pourra en-
core en trouver un plus grand nombre , chacun des grands
animaux en nourriflant beaucoup de petits.
EMONDIUMERTA
LA PO D URR;E:
Pedes fex. Six pattes.
Oculi duo. Deux yeux.
Antennæ filiformes. Antennes filiformes.
Abdominis cauda bifurca Queue fourchue , repliée
inflexa faltatrix. à l'extrémité du ventre, &
faifant le reflort pour aïder
Pinfette à fauter.
Corpus fquamis teëlum. Corps couvert de petites
‘ . 2 ®
écailles.
Familia 14, Globulofe. Famille r°°, Globuleufes.
——— 2%, Longæ. ——— 2. Allongées.
La podure eft un petit infeéte fort commun & cepen-
dant fort peu connu de la plüpart des Naturaliftes. Néan-
moins ce petit animal offre quelques fingularités très - re-
marquables. Il approche un peu du pou pour la forme , il
lui refflemble par plufieurs caracteres ; il a le même nom-
bre de pattes & d’yeux, & fes antennes font tout-à-fait
femblables à celles du pou ; fi ce n’eft qu’elles font plus
longues. Mais la podure a un caraëtere eflentiel & très-
remarquable , qui lui eft abfolument propre. A Pextrémité
du ventre de cet infette , on apperçoit une longue queue,
qui égale les deux tiers de la longueur du ventre , & dont
606. HISTOIRE ABRÉGÉE
la derniere moitié pour le moins eft fendue en deux. Cette
efpéce de queue fourchue ne paroït pas d’abord en exa-
minant l'animal, parce qu'elle eft repliée en-deffous, &
appliquée le long du ventre. Mais fi on veut prendre cet
infecte lorfqu’il court à terre , il fait très-bien faire ufage
de cette fourche, & s’en fervir pour échapper des mains”
qui le pourfuivent. C'eft avec fa queue feule que linfette
exécute ce faut. Cette queue fourchue eft dure & élafti-
que : l'infefte ne fe contente pas de la tenir courbée fous
fon ventre ; il y a encore dans le deflous du ventre une
efpéce de rainure , dans laquelle entre cette queue, &
dans le milieu de cette rainure un petit bouton à tête
aflez groffe , du moins dans plufieurs efpéces , dont la tête
fe trouve prife entre les deux branches de cette queue
fourchue. Lorfque l’infeéte marche fimplement, il tient
fa queue fous fon ventre appliquée dans la rainure & re-
tenue par le bouton dont nous venons de parler. Mais
s'il veut fauter , il fait agir le ligament par lequel fa queue
eft attachée à fon ventre & qui eft recourbé ; il le redreffe
& par-là fait fortir avec vivacité cette fourche élaftique
de la rainure où elle étoit retenue, tant par les bords de
cette rainure que par la tête du bouton. Cette queue
jouant ainfi comine un reffort , frappe fortement contre
terre & fait fauter en l'air tout le corps de l'infeéte. Si
on peut faifir une podure, il ne s’agit que de preffer
égérement fon ventre pour faire jouer & étendre la
queue qui étoit repliée en-deffous , & la voir ainfi
étendue.
Outre cette queue finguliere ,; qui fait le caraëtere
effentiel de la podure, cet infeëte en a encore un autre,
qui n'eft pas moins remarquable , quoiqu'il lui foit com-
mun avec le genre fuivant : c'eft d’avoir tout fon corps
couvert de petites écailles. Si on touche légérement une
podure , on voit les couleurs de cet infeéte difparoître , &
il refte fur les doigts une petite poufliere , qui n’eft autre
chofe qu’une quantité de petites écailles colorées , fort
DES INSECTES. 607
femblables en petit à celles qui font fur les aîles des pha=
lênes & des papillons.
Les podures fe trouvent ordinairement à terre , dans
les endroits humides , fous les feuilles & les pierres.
Leurs antennes font aflez longues , leur tête & leur cor-
celet fort diftin@s. Les unes font allongées , les autres
{ont courtes & ont le ventre tout rond , aufli large que
long. Cette conformation différente nous a fervi à diftri-
buer les efpéces de ce genre en deux familles. Les unes
& les autres fautent également. Elles paroiflent fe nour-
rir de l'humidité de la terre fur laquelle on les trouve.
Parmi les efpéces de podures , il y en a une aquatique qui
fe trouve en quantité fur les bords de l’eau , & même
fur l’eau. Cet infecte faute & marche fur la furface de
Peau , auffi aifément que le font les autres fur la terre la
plus ferme.
PREMIERE FAMILLE.
Podures globuleufes.
1. PODUR À fu/Co- nigra ; abdomine globo{o fgnaturis
ferruginers.
+
La podure noirätre à taches fauves [ur le ventre.
Longueur + ligne,
Ses antennes font à peu près de la longueur de fon
corps. Son ventre eft rond & gros. Tout l'infecte eft d’un
brun noirâtre liffe , à l'exception de la fourche de fa queue
qui eft de couleur plus pâle , & de trois ou quatre taches
irréguliéres, de couleur de rouille ou fauve , placées de
chaque côté du ventre. C’eft fous les pierres un peu hu=
mides que J'ai trouvé ce petit infeéte.
2. PODUR A szridis, oculis nigris , capite flavefcente,
antennis i1 medio fractis. :
Linn. faun. fuec. n. 1172. Podura viridis fubglobofas
Linn. fyft. nat. edit. to , p. 608 , n. 1. Podura viridis,
Aû, Upf. 1736, p.37, nn, 2. Pulex viridis plantaçsum,
60$ HISTOIRE ABRÉGÉE
La podure verte aux yeux noirs.
Longueur 3 ligne.
Elle eft ronde , de couleur verte claire. Sa tête eft plus
jaune que le refte de fon corps, avec deux yeux très-noirs
fur le fommet. Ses antennes font de la longueur de fa
tête & coudées dans leur milieu. Le ventre a, vers fa
partie poftérieure qui eft très-grofle , deux angles ÿ un de
chaque côté , ce qui fait un peu reffembler cet infeéte à
un puceron. Entre ces deux angles, le ventre de l’animal
fe termine un peu en pointe. À peine apperçoit- on le
corcelet qui eft très-petit. On trouve cet infecte fur les
plantes , dès le mois d'avril.
3. PODUR A fu/Ca non nitens, antennis longitudine
COrporis.
La podure brune enfumée.
Longueur + ligne,
Elle eft prefque toute ronde, de couleur brune , fem-
biable à de la fuie de cheminée , nullement brillante ni
luifante. Ses antennes font de la longueur de fon corps &
fes yeux font placés fur le haut de la tête derriere les an-
tennes. Cette tête eft prefque ronde. L’infeéte faute très-
bien : on le trouve fur les écorces d'arbres.
SE C'OËNID.E : FACMCT LILI.
Podures allongees.
4 PODURA fü/Co nigroque sariegata villofa. Planch.
20 , fig. 2,
La podure commune velue.
Longueur 2 lignes. Largeur 3 ligne.
C’eft une des plus grandes efpéces que nous ayons dans
ce pays-ci. Elle paroït à la premiere vüe d'un brun cou-
É . . » » .. N ©
leur de fuie ; mais lorfqu'on l’examine de près, on voit
qu'elle eft d’un brun jaunâtre ; tout entrecoupé de taches
| &
DES INSECTES, Go)
& de raies noires. Sa tête & fon corcelet font fort velus
& leurs poils fe détachent aifément & reftent aux doigts
lorfqu’on touche l’infeéte. Le ventre eft affez life. Les
antennes compofées de quatre articles, font de la lon-
gueur des deux tiers du corps. On trouve très-commur
nément cette efpéce fous les pierres. À
$- PODUR A Zvido-lutea , annulis tranfverfis nigris,
La podure jaune à anneaux noirs.
Longueur = ligne.
La couleur de cette petite efpéce eft d’une couleur li-
vide un peu pâle. Ses pattes ont leurs articulations noi-
râtres , & le ventre a plufieurs bandes tranfverfes ou an-
neaux de couleur noire , ordinairement au nombre de fept.
On la trouve fous les pierres. Peut-être ne différe-t-elle
de la précédente que par l'âge , car je ferois porté à
croire que c’eft la même encore jeune, c'eft ce qu'il fau-
droit examiner & que je n’ai pu découvrir.
6. PODURA gra , thoracis limbo antennarumque
bafi flavis ; pedibus furcaque pallidis,
La podure porte-anneau.
Longueur : = ligne.
Cette efpéce eft une des plus grandes & des plus belles
de ce genre. Sa couleur eft d’un noir life & brillant,
mais la bafe de fes antennes eft jaune , & le bord inférieur
du corcelet eft de la même couleur, ce qui forme une
bande tranfverfe jaune en anneau fur le milieu du corps
de l'infeéte. Les pattes & la fourche de la queue font
d’une couleur pâle blanchâtre. Jai trouvé cet infeëte fur
les vieux bois, comme celui que décrit M. Linnæus
faun./fuec. n. 1177 , auquelil paroïît reffembler. La feule
différence fenfible confifte dans la bande jaune du corce-
let formant un anneau qui fe trouve dans notre efpéce &
dont M. Linnæus ne parle point dans la fienne.
Tome IL. Hhbhh
610 HISTOIRE ABRÉGÉE
7. PODUR A arra viatica.
Linn. faun. fuec. n. 1179. Podura viatica.
La podure noire terreftre.
Longueur 1 + lizne.
Celle-ci eft une des plus grandes , mais fa grandeur va-
rie. Elle eft cylindrique, d'une couleur noire matte, &
vûüe à la loupe, elle paroït un peu velue. Ses antennes
font aflez groffes & égalent la moitié de la longueur du
corps. On la trouve fouvent en grande quantité à la fois,
enforte que la terre paroït toute noire par le grand nome
bre de ces infectes qui la couvrent. Mais fi on veut les
prendre , ils fautent tous & le noir difparoïit & fe répand
de côté & d'autre.
8. PODUR A arra aquatica.
Linn. faun. fuec. n. 1178. Podura aquatica nigra.
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 609 ; n. 8. Podura aquaticas
De Geer. A&. Stockolm. 1740 » p. 279 , tab. 3 , 4e
AG. Upf. 1740 » pe 573 t. 3. Podura aquatica tota nigra.
La podure noire aquatique.
Il y a beaucoup de reffemblance entre celle-ci & la
précédente, elle eft feulement des deux tiers plus petite.
Ses antennes font plus longues à proportion & égalent à
peu près la longueur du corps. Sa couleur noïre , quoique
matte, eft aufli un peu moins foncée.
C'eft fur les eaux dormantes que fe trouve en grandes
troupes cette podure. Elle fe tient fur l'eau proche les
bords, & couvre toutes les feuilles des plantes aqua-
tiques.
9. PODUR A p/umbea.
Linn. faun. fuec. n. 1175. Podura teres plumbea.
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 609 ,n. 4. Podura teres fufco-cærulea nitida,
La podure grife commune.
Longueur x ligne.
DES INSECTES. 611
Elle eft par-tout de la même couleur grife , plombée
& luifante. Cette couleur eft produite par des petites
écailles argentées ou plombées , femblables à celles des
ailes des papillons , dont tout fon corps eft couvert. Si
on touche cet infeéte , ces écailles fe détachent & on
voit à nud le corps qui eft blanchâtre. La queue de cette
efpéce eft grande & prefqu'aufli longue que fon corps.
On la trouve par-tout , fur les arbres ; dans les prés;
mais toujours feule & jamais par troupes.
10. PODURA vio/acea.
La podure violette.
Elle eft un peu plus petite que la précédente, par-tout
de la même couleur violette un peu plombée. On la trou-
ve avec la commune, & elle pourroit bien n'en être qu’une
variété ou n’en différer que par l’âge , car elle eft conf-
tamment plus petite.
RO BIT CI NA
LA FORBICINE.
Pedes fèx origine lata & Six pattes dont l'origine
Jquamo/a. eft large & écailleufe.
Oculi duo. Deux yeux.
Os tentaculis duobus mobilibus. Bouche avec deux barbillons
F mobiles.
Antenne filiformes. Antennes filiformes.
Abdominis cauda tripilis. Trois filets au bout de la
queue.
Corpus fquamis teflum. Corps couvert de petites écail=
es.
La forbicine eft un infeéte très-commun , que prefque
tout le monde connoit de vüe , & dont cependant pref-
qu'aucun Naturalifte n’a parlé. Son port, fa couleur argen-
ne , & fa légéreté à courir le font remarquer, & il n’eft
Hhhhij
612 HISTOIRE ABRÉGÉE
guères poflible d'ouvrir de vieux chaflis , de remuer des
bois humides , fans trouver de ces infeêtes. Ilsrefflemblent
à des petits poiflons qui courroient fort vite. Mais en
examinant de près ces infe@tes , on voit qu’ils portent des
caracteres qui les rendent encore plus reconnoiflables.
Outre le nombre des pattes & des yeux; outre les pe-
tites écailles argentées qui couvrent tout le corps de la
forbicine & le rendent brillant ; cet infete a trois carac-
teres eflentiels ,.dont un feul fufliroit pour le diftinguer
de tous les autres genres. Le premier de ces caraéteres
confifte dans la forme des pattes qui font larges & appla-
ties , fur-tout à leur origine , & qui de plus, à cet en-
droit de leur naifflance , font recouvertes de grandes &
larges plaques minces femblables à de grandes écailles.
Une partié de la cuiffe de l'infete eft cachée fous ces
écaïlles ;-& lorfqu’il replie fes pattes, il peut les tenir
prefqu'entiérement à couvert. Le fecond carattere de la
forbicine confifte dans les deux barbillons mobiles & longs
qui accompagnent la bouche de cet infeête. Ce genre
eft le feul de ceux de cette fettion où l’on voye de fem-
blables barbillons. Enfin le troifiéme & dernier carattere
dépend de Ja conformation de la queue de la forbicine.
Cette queue eft garnie de trois grands filets, dont l’un eft
droit & dans la même direétion que le corps: c’eft celui
du milieu. Les deux autres des côtés font dans une direc-
tion différente & forment avec le corps & le filet du mi-
lieu , un angle prefque droit. Outre ces trois grands filets,
l'extrémité du ventre de la forbicine eft encore garnie
d’autres petits filets latéraux courts & aigus , qui reflem-
blent à des petites pattes écourtées , & qui fervent à la
feconde efpéce de forbicine, à fauter & s’élancer en
l'air.
On:trouve ces infeétes dans les fentes des chaflis qui
ne font;pas fouvent ouverts , fous les planches qui fervent
d'appui aux fenêtres , pourvû qu'il y ait un peu d’humidi-
té. paroït que cet infeéte fucce les bois humides, Peut-
DES INSECTES. 613
être fe nourrit-il auffi des poux de bois qui font communs
dans les mêmes endroits. De tous les Naturaliftes que
j'ai confultés, il n’y a qu'Aldrovande qui ait donné une
affez mauvaife figure de cet infeéte. 11 l’a appellé forbi-
cina , peut-être à caufe de quelque reflemblance avec le
perce oreille ,en latin forfecula. J'ai confervé à cet animal
le même nom de forbicine. Je n’en connois que deux
efpéces.
1. FORBICINA plana. Planch. 20, fig. 3.
Linn. fÿfl. nat. edit. 10 ,p. 608. Lepifma fquamofa , cauda triplici.
Aldrov. inf. p. s70, tab. 2, fig. s. Forbicina,
La forbicine platte.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 3 ligne.
Le corps de cette efpéce eft allongé, & compofé de
neuf ou dix anneaux qui vont en diminuant, de la tête à
la queue. Ses antennes font longues , minces, filiformes,
& égalent la longueur des deux tiers du corps. Sa bou-
che a deux longues appendices,compofées de plufieurs ar-
ticles, à peu près comme celles des tipules. Ses pattes font
au nombre de fix, trois de chaque côté , larges , courtes
& blanchâtres. Elles font renfermées & reçues dans autant
de rainures qui font dans la partie inférieure de l’animal,
& leur origine eft couverte d’une large lame ou écaille
de forme ovale, Mais outre ces fix pattes , l’infeéte en a
fix autres , courtes, minces , qui font de faufles pattes ,
trois de chaque côté , placées vers Pextrémité du corps
avant la queue. Ces efpéces d’appendices font très-cour-
tes. La queue fe termine par trois longs filets , lun au
milieu plus allongé & pofé en long , & deux autres pofés.
en travers, un de chaque côté , enforte que les trois for-
ment enfemble une efpéce de croix. Ces filets font min-
ces, fins, & vûs à la loupe, ils paroïffent un peu velus.
L'infecte eft de couleur plombée , luifante & argentée
à caufe des petites écailles de cette couleur dont il eft
çouvert. Par ce même endroit, il refflemble, fur-tout en-
É14 HISTOIRE ABRÉGÉE
deffous , à ces petits poiffons blancs argentés. On le trou:
ve dans les jardins , fous les caifles , & dans les fentes
des chaflis des fenêtres des maiïfons , où il eft fort com-
mun. Îl court très-vite & eft difficile à prendre. Lorfqu'on
le touche, il perd une partie de fes écailles , & fa molleffe
fait qu’on l’écrafe aifément.
2. FORBICINA #eres falratrix.
La forbicine cylindrique.
Longueur 4 3 lignes. Largeur 1 ligne.
La couleur de celle-ci eft plus foncée que celle de 1a
précédente. Son corps eft prefque cylindrique , au lieu
que celui de l’autre eft applati ; il diminue vers le bout &
il eft tout couvert d’écailles très-petites. Ses yeux pofés
fur le derriere de la tête font noirs & fe touchent. Ses
antennes femblables à des fils , font plus longues que fon
corps. Sa bouche a quatre appendices courbes , fembla-
bles à celles des tipules, deux en haut plus longues &
compofées de fix articles, & deux inférieures & plus
courtes , compofées feulement de deux piéces. Outre
les fix pattes, l’infeéte à huit paires d'épines ou de fauf-
fes pattes courtes , mobiles, favoir deux à chaque an-
neau , dont il fe fert pour fauter. La queue eft terminée :
ar trois filets, dont celui du milieu , plus long du dou-
ble que les deux autres, égale la longueur du corps. On
trouve cet infeéte dans les mêmes endroits que le pré-
cédent, mais bien plus rarement ici. Il y a quelques bo
vinces où ikeft très-commun.
PULEX
LA PÜUCE.
Pedes [ex faltatorie. Six pattes propres à fauters
Oculi duo. Deux yeux.
Os inflexum, Bouche recourbée en-deffouss
DES ÏÎNSECTES. 61e
Antennæ filiformes. Antennes filiformes:
Abdomen fimplex fubrotundum. Ventre fimple & arrondi.
Nous ne nous arrêterons pas à décrire la puce qui
eft connue de tout le monde. D'ailleurs on peut confulter
la figure que nous donnons de cet infeéte grofli à la loupe;
on y verra la figure terrible de ce petit animal , que la na-
ture a couvert d’écailles dures & fermes , & dont la bou=
che eft armée d’une trompe aigue , avec laquelle il fucce
le fang de l’homme & des animaux. Cette trompe & la
forme des patres poftérieures de la puce , qui font très-
longues & qui lui fervent à fauter, conftituent le caraétere
effentiel de ce genre. Mais ce qui mérite le plus d’être re-
marqué , c’eft la produétion finguliere de cet infe&e. De
tous les infeétes fans ailes qui compofent cette feétion , la
puce ef la feule qui fe métamorphofe comme les infeétes
des autres feétions , & qui ne forte pas toute formée , ou
d'un œuf, ou du ventre de fa mere. La puce eft ovipare ,
elle pond de petits œufs , qui s’attachent à la bafe des
poils des animaux, par une matiere gluante dont ils font
enduits ; quelquefois elle fe contente de les mettre dans
les endroits où les animaux vont fe coucher , ou fur des
couvertures de lit. De ces œufs,éclofent au bout de quatre
ou cinq jours, des petites larves longues , à plufieurs
pattes , compofées d’anneaux ; & femblables à des petits
vers bruns , dont le corps eft garni de quelques poils
longs , mais en petite quantité. Ces larves vivent fur les
animaux, cachées entre leurs poils. L’efpéce de craffe que
fournit la tranfpiration, leur fert de noutritute. On peut
aufli les nourrir dans des boëtes avec des mouches dont
elles font fort friandes. Elles font petites , vives, agiles, &
elles rampent comme des chenilles. Lorfqu'’elles font par-
venues à leur grandeur , au bout de douze ou quinze
jours , elles forment de petites coques blanches en-dedans
comme du papier, fales en-dehors & couvertes de pouf-
fiere. Dans ces coques , font renfermées les nymphes ou
chryfalides , qui font d’abord blanches & qui bruniflent
616 HISTOIRE ABRÉGÉE
enfuite. C’eft de ces nymphes que fort la puce ou l’infeété
parfait , après avoir fubi ces trois métamorphofes.
© La puce, par cet endroit , paroît s’écarter beaucoup de
tous les infectes de cette fettion , dont elle fe rapproche
par fes autres caraëteres. Nous ne connoiflons qu'une
feule efpéce de ce genre , qui fe trouve fur les animaux
& fur l’homme , & particuliérement fur les femmes & les
enfans , dont la peau plus tendre & plus délicate femble
l'attirer davantage. On fait que cet infette pique forte-
ment & qu'il faute avec beaucoup d’agilité.
Les merveilles que quelques auteurs rapportent à fon
fujet , fervent à juftifier également fa force prodigieufe &
ladrefle furprenante de quelques ouvriers qui ont fü Pen-
chainer & l’atteler à de petits chariots. Au rapport de
Mouffet , un nommé Mark, Anglois, avoit fait une chaîne
d’or de la longueur du doigt, avec un cadenat fermant
à clef. Une puce attachée par cette chaîne la tiroit avec
facilité ; & le tout, y compris le petit animal , pefoit
à peine un grain. Hoock raconte un fait encore plus fur-
prenant. Un ouvrier Anglois avoit conftruit en ivoire un
carofle à fix chevaux , un cocher fur le fiége ; avec un
chien entre fes jambes , un poftillon , quatre perfonnes
dans le caroffe & deux laquais derriere ; & tout cet équi-
page étoit trainé par une puce.
1. PULE X. Planch. 20, fig. 4.
Linn, faun. fuec. n. 1171, Pulex ater. ù
Linn. fyff. nat. edit. 10 , p. 614, n. 1. Pulex probofcide corpore brevioree
Baker. p. 191, tab. 13, fig. 61.
Tranfaët. philof. tom. 3 , n. 149, tab. 10,f.1 — 6
Mouffet. p. 275.
Lewenhoeck. epift. 1 , pe 357, fige 7.
Hoock. micrograph. p. 61, tab. 32.
Bonan. micrograph. fig. $6e
Merret. pin. 102.
Raj. inf. 7. Pulex vulgaris.
Frifcn germ. 11,p. 8. Pulex. ÿ
Rofel. inf. vol, 2 , tab, 2, 3, 4, Mufcar, & culic:
La puce.
| CHELIFER,
DES INSECTES. 617
CHELIFER. Acari fpec. linn.
M A)20P;:1I NICYE.
Pedes octo. Huit pattes.
Oculi duo. Deux yeux.
Antennæ cheliformes roffro lon- Antennes en pinces de crabe
giores, plus longues que la trompe.
La pince eft ainfi appellée, à caufe de la forme de fes
antennes qui repréfentent à leur extrémité une efpéce de
pince fourchue femblable aux pinces des crabes & des
écrevifles , que l’on connoit en latin fous le nom de che/æ.
C'eft aufli de-là que ce genre eft nommé en latin cheZfer,,
comme qui diroit porte-pince.
Ce genre différe des précédens par le nombre de fes
pattes : il en a huit , au lieu qu'ils n’en ont que fix. Ce ca-
rattere le diftingue de tous les infettes de cette feion,
à l'exception de la tique , du faucheur & de l’araignée
qui ont pareillement huit pattes ; mais l’araignée a huit
yeux , au lieu que la pince n’en a que deux. Il ne refte
donc plus que deux genres avec lefquels on pourroit
la confondre , la tique & le faucheur. Elle s’en fait aifé-
ment diftinguer par un autre caractere , ce font fes anten-
nes fendues par le bout & qui imitent les pinces. Il eft
donc impoflible de confondre la pince avec ces différens
genres.
Cette figure des antennes, la forme du corps des pinces
qui font larges & courtes , les font beaucoup reflembler à
des petits crabes. Elles les imitent même par leur démar-
che. Lorfque l’on touche la pince , ou qu'elle évite quel-
qu'objet qu’elle rencontre , elle marche fouvent à recu
lons ou de côté comme les crabes.
On trouve ces infeétes dans les lieux humides fous les
pierres & les pots à fleurs des jardins. Ils paroiffent fe
nourrir de poux de bois & autres petits infeétes.
Nous ne connoïffons que deux efpéces de ce genre,tou-
Tome TI, Tiii
618 HI STONRE MA BR EG ÉE
tes deux petites. La premiere a été appellée /Corpion-arai-
gree ; parce qu’elle tient de araignée pour la figure, & du
{corpion pour la forme de fes antennes. La feconde efpé-
ce eft encore plus petite, & fes pinces font beaucoup plus
fines que celles de la premiere.
1. CHELIFER füfcus , abdomine lineis tranfverfis.
Linn. faun. fuec. n. 1187. Acarus pedibus primi paris cheliformibus.
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 616, n. 7. Acarus antennis cheliformibus , abdomi-
ne ovato depreflo. Ibid. Acarus cancroïdes.
Frifch germ. 8 , p. 2 , tab. 1. Scorpio-araneus,
It. Ocland. 84. Acarus fcorpio-araneus di&tus,
Rofei. inf. vol. 3, Jupplem. tab. 64.
Le fcorpion-araïgnee.
Longueur 1 ligne. Largeur ? ligne.
Son corps eft de couleur un peu brune ; & fon ventre a
des fillons tranfverfaux. Ses pattes font au nombre de huit,
quatre de chaque côté , & outre cela il a en-devant deux
longues antennes , de la longueur du corps , plus grofles
que les pattes , compofées de quatre articles ou nœuds
arrondis & dont le dernier eft allongé & terminé par deux
pinces. Ces antennes reffemblent précifément aux pattes
des crabes. M. Linnæus les a prifes pour des pattes , com-
me.on le voit par fa phrafe ; dans ce cas, cet infeête auroit
dix pattes, feroit un vrai crabe , mais il n’auroit point d’an-
tennes ,; ce qui l’éloigneroit de la clafle des infeétes.
On doit donc regarder cette partie comme fes antennes ,
& ne compter que huit pattes à cet animal. Au devant
de fa tête, il a vers fa bouche deux petites pinces qu'il re-
mue en marchant.
On trouve cette efpéce dans les jardins fous les pots ; où
on met des fleurs ; fous les écorces des arbres à moitié
détachées , & même dans les endroits peu fréquentés
des maifons , & quelquefois dans les livres qu’on remue
peu. Elle fe nourrit des poux de bois qu’elle détruit.
2. CHELIFER sous ruber , antennis extremo biferis,
Planch. 20, fig. s.
DES INsecTes. G19
Linn. faun. fuec. n. 1205, Acarus petrarum ruber , antennis roftro longio-
ribus,
Linn. fyff. nat. edit. 10,p. 618 , n. 26. Acarus longicornis,
La pince rouge.
Longueur + ligne.
Sa forme eft allongée & comme en poire. Sa tête eft
pointue en-devant , & Je n’y ai point remarqué vers la
bouche les deux petites pinces que l’on voit dans le précé-
dent. Ses antennes plus longues que fa tête , refflemblent à
celles du fcorpion-araignée , fi ce n’eft que les articula-
tions dont elles font compofées font plus grefles , plus
minces , & que la pince de l'extrémité eft formée par
deux longs filets , dont l’un eft un peu plus court que l’au-
tre. Le ventre eft entiérement d’une couleur rouge fon-
cée. Les pattes au nombre de huit , font affez longues
& d’un rouge un peu plus pâle. On trouve cet infeéte fous
les pierres & fous les écorces d'arbres.
L ACAMVU:S:
L'ART QUE.
Pedes otlo. Huit pattes.
Oculi duo. Deux yeux.
Antennæ fimplices rofro brevio- Antennes fimples plus courtes
res. que la trompe,
La tique ; comme nous l'avons dit en parlant du genre
précédent , fe diftingue de l’araignée , à laquelle elle
reflemble beaucoup par le nombre différent de fes yeux.
La forme de fes antennes qui font fimples & plus courtes
que fa trompe ; empêche qu'on ne la confonde avec la
pince & le faucheur.
Ce genre eft aflez nombreux , mais beaucoup d’efpéces
font trop petites pour être apperçues à la vüe fimple.
II faut employer le microfcope pour les découvrir , fouvent
même avec peine. Nous n’avons point parlé de ces petites
efpéces microfcopiques qui font trop petites pour laifler
Lier
620 HISTOIRE ABRÉGÉE
appercevoir leurs différences fpécifiques. Les mittes , fes
cirons font de ce genre, ce font de vraies tiques. Nous dé-
taillerons les efpéces les plus communes & les plus groffes
armi ces animaux infiniment petits.
En général la tête des tiques ef très-petite. Leurs an-
tennes font fort courtes ; & ordinairement moins longues
que l’efpéce de bec aigu & pointu qui forme la bouche
de-ce petit animal. Ce bec eft une efpéce de fourreau qui
renferme une trompe fort fine , que l'infette enfonce dans
la peau des animaux fur lefquels il vit. Le corcelet de la
tique n’eft pas plus grand que fa tête , & il eft tellement
confondu avec le ventre , qu'il ne s'en diftingue que
parce qu'il eft plus ferme & plus dur. Le ventre eft la
partie la plus grofe & la plus confidérable de l'infete. Ce
ventre eft ordinairement plus mol que le refte du COTpS »
& dans quelques efpéces , comme Îa que des chiens ,
il eft capable d’une fi grande extenfion ; que l’infeéte ainfi
gonflé paroit fept ou huit fois plus gros. “
Les tiques viennent d'œufs , les meres font ovipares,
Il faudroit que leur groffeur permit d'examiner leur ac-
couplement ; qui probablement doit être fingulier , &
avoir quelque rapport avec celui des araignées & des
crabes auxquels ces infeétes font analogues.
Plufeurs efpéces de ce genre font carnaflieres & vivent
fur différens animaux , mais au défaut de ces animaux,
elles favent trouver leur nourriture fur les plantes & les
arbres dans les bois. Les chiens, les oifeaux, les mouches,
les coleopteres font attaqués par différentes tiques ; que
quelques auteurs ont défignées à tort par le nom de poux.
L'homme même nen eft pas exempt , & une des plus
vilaines & des plus infupportables maladies dont il ef
attaqué, paroït n'être dûe qu'à des petites tiques ou cirons,
qui s’introduifant fous la peau , y caufent ces furieufes
démangeaifons qui accompagnent la galle. D'autres tiques
moins à redouter , ne fe trouvent que fur terre fous les
pierres humides, Parmi ces dernieres, il y en a une dont
DES INSECTES. 621
le corps eft éclatant par fa belle couleur d’un rouge vif
& couleur de feu. L’eau fert auffi de domicile à quelques
tiques qui favent très - bien nager dans cet élément , &
qui peut-être s’attachent aux poiflons ou à d’autres ani-
maux aquatiques. Enfin il y en a une derniere efpéce fort
petite & qui n”eft remarquable que par fes ouvrages. C’eft
elle qui file ces toiles que le vent emporte en l'air &
que l'on voit fi fouvent en automne voltiger & tomber
dans les campagnes. Cette efpéce travaille ordinairement
vers le mois d’oétobre , & nous lavons appellée le tifle-
rand d'automne.
1 ACARUS Zvidus , antennis brevibus fubclavatis ;
abdomine antice macula ovata fufca nitente.
Linn. faun. fuec. n. 1193. Acarus abdomine livido , antice ovato fufco , an=
tennis clavatis. #
Linn. fyfé. nat. edit, 10 , p. 615 , n. 6. Acarus globofo - ovatus macula bafeos:
rotunda, antennis clavatis.
“Raj. inf. p.10. Ricinus caninus.
Frifch. germ. $ , p. 41 ,r. 19. Pediculus caninuss
La tique des chiens.
Longueur 12 ligne. Largeur + ligne.
La forme de cet infette eft ovale : fa couleur eft d’un
brun quelquefois rougeâtre ; d’autres fois jaunâtre. Son
ventre fait la plus grande partie de fon corps, & il a furle
devant une tache plus brune , plus liffe & plus élevée que
le refte , dont la forme eft ovale. Sous le ventre , fe trouve
Fanus de l'infeéte. Son corcelet eft fort petit ; ainfi que
fa tête. Sa trompe eft grande, faillante & divifée en deux
parties. Les antennes font à peu près de la longueur de
cette trompe , elles font grofles pour leur grandeur & un
peu figurées en maflues.
Cette tique s'attache aux chiens : pour lors elle groffit
confidérablement & à quelquefois fept ou huit lignes de
long. C’eft fon ventre feul qui s’enfle ainfi , car toutes les
autres parties reftent toujours dans leur #rofleur ordinai-
se. Quand elle eft ainfi gonflée , elle eft d’un brun un
622 HISTOIRE ABRÉGÉE
peu gris. On la voit fouvent pendue aux oreilles des chiens
de chafle , qui en gagnent beaucoup dans les bois , où fe
trouve communément cette tique.
2. ACARUS umanus fubcutaneus. Linn. faun. fuec.
2. 1194
Etimull. aët. Lips. 1682, p. 319.
Rivin. diff. exanth. p. 18 , f. A. B.
A. Upf. 1736 , p.37, n. 5. Acarus fcabiei,
Bonani micregr. cur. f. 113.
Le ciron de la galle.
Cet infeéte prefqu’imperceptible,eft de forme ovale. Sa
tête & fes pattes font un peu brunes. Son ventre eft blan-
châtre , avec deux lignes grifâtres peu marquées & cour-
bées , dont les pointes regardent la partie poftérieure de
l'animal. Ce ciron s’enfonce fous la peau & produit les
petites veficules qui fe trouvent fur les galleux. Il fuit les
rides de la peau , & en marchant il forme différentes veli-
cules proche les unes des autres. Sa marche & fes piqûres
caufent les démangeaifons que l’on fent dans cette
maladie. On peut l'enlever avec une pointe d’éguille.
Tiré ainfi hors de la peau;il refte fouvent immobile , mais
fi on le réchauffe avec l’haleine,il court fort vite. C’eft par
le moyen de ces infeêtes que la galle fe communique
fi aifément , les vêtemens des galleux en étant fouvent
remplis. Les amers & les préparations mercurielles font
PE ces cirons , & c’eft par ce moyen qu'ils détruifent la
galle.
3. ACARUS ca/ei antique.
Linn. faun. fuec. n. 119$. Acarus farinæ.
Blanck. belg. p.158 ,t.14,/f. A, B. è
Bonan. nat. cur. dec. 2. ann. 10. app. 34. Acarus ex arido cafeo.
Bonan. microgr. cur. f, 112.
Riv. prurit. 18 DS E SES GSIEKSLSN.
Le ciron du fromage.
Le ciron du fromage reffemble beaucoup à celui de 1a
DES INSECTES. 623
galle , mais il eft un pe: plus grand. Son ventre gros,
ovale & blanchâtre , n’a point de bandes grifes | comme
dans le précédent. Sa tête & fes pattes font un peu brunes,
Si on regarde cet infeëte au microfcope ; on voit qu'il
a fur le corps quelques poils longs , ce que l’on n’appercoit
pas dans celui qui précéde. On trouve communément ce
ciron dans le vieux fromage ; il fe trouve aufli dans Ja fari-
ne, & j'ai eu des pains à cacheter réduits en poufliere par
ce petit infeéte.
4 ACARUS in/feélorum rufus ; ano albicante. Linn.
faun. fuec. n. 1198.
Linn. [yff. nat. edit. 10 ,p. 618 , n. 24, Acarus rufus ; ano albicante,
Lift. log. 381. Pediculus fubfavus fcarabæis infeftus.
Blank. belg. 168, tab. 14, f. H. Pediculus infe&orum volatilium,
Frifch. germ. 4, p. 17 , tab, 10. Pediculus fcarabæi currens.
A. Upf. 1736,p. 37, n.2. Acarus infetorum coleoptratorum,
Reaum. inf. tom. 6 ,tab.4,f.13, 14.
Rofel. inf. tom. 4, tab.1 ,f. 10, 11.
La mitte des coleopteres.
Longueur à ligne.
Le corps de cette mitte eft dur , écailleux , liffe &
de couleur fauve , à l'exception de fa partie fupérieure qui
eft blanchître. Il eft difficile , à la vûe fimple, de diftinguer
la tête & le corcelet de cet infeéte. Ses pattes font lon-
eues , fur-tout les poftérieures , quoique M. Linnæus dife
Îe contraire. Cette tique court affez vite. On la trouve par
troupes fur les coleopteres , le fcarabé , le hanneton &
quelquefois fur les frelons ; principalement fous le ven-
tre.
$. ACARUS gymnopterorum ruber , punélorum coccineo-
rum utrinque pari. Linn. faun. fuec. n. 1208.
Linn. fyft. nat. edit. 10 , p. 618 , n. 23. Acarus abdomine rubro ; fateribus
punétis binis coccineis.
Reaum inf. tom. $ ,tab.38,f.1,2, 3e
La mitte rouge des mouches,
624 HISTOIRE ABRÉGÉE
Quoique cette mitte foit un peu plus groffe que la fui-
vante , elle eft cependant très-petite. On la voit comme un
point rouge attaché aux mouches & aux moucherons ,
& le microfcope ou la loupe peuvent feuls faire diftinguer
fes pattes & toutes fes parties. Elle eft d’un beau rouge
couleur de feu ; avec deux points d’un rouge ponceau de
chaque côté du ventre, l’un plus haut, l’autre plus bas.
6. ACARUS rufus mufczrum ; pedibus pofticis longis
filiformibus. Linn. faun./fuec. n. 1209.
Linn. [yff. nat. edit. 10, p. 617 , n. 21. Acarus mufcarum.
La mitte brune des mouches.
Cette mitte eft infiniment petite. Elle reffemble à un
petit point brun , & fi elle ne remuoit point , on auroit
peine à croire que ce fût un infeéte. La loupe fait voir que
c’eft une vraie tique , & on apperçoit fur-tout les pattes
poftérieures de l'infete qui font fines & longues. On
trouve cette mitte fur les mouches, J’en ai vû quelques:
unes qui en avoient le ventre toutes couvertes.
7. ACARUS #erreftris ruber abdomine depreffo. Linn:
faun. fuec. n. 1200.
Linn. fyff. nat. edit. 10 , p.617, n. 19. Acarus abdomine depreflo , tomentofo ;
poftice retufo , terreftris,
Blank. belg. 170,1. 14, f. I. Araneus terrefris fcarlatinus.
Lift. aran. 100 , f. 38. Araneus exiguus coccineus vulgo anglice à Tant diâus:
Ray. inf. p. 41, n. 38. Araneus idem.
Petiv. muf. 65 , n. 701. Araneus anglicus coccineus minimuse
I. Oeland. 84. Acarus coccineus terreftris.
Rofel. inf. vol. 3 , fupplem. x ; tab, 25.
La tique rouge fatinée terreftre.
Longueur 1 3 ligne. Largeur + ligne.
Le corps de cette tique eft ovale, un peu allongé ; mé-
diocrement applati vers le ventre, mollaffe , pulpeux, de
couleur rouge de carmin , foyeux & comme fatiné. On le
trouve à terre dans les prés & les gazons un peu fecs.
F1 marche moins vite que beaucoup d’efpéces de ce genre.
Sa
DES INSECTES. 62s
8. ACAR US aguaricus ruber abdomine depreffo. Linn.
Jfaun. fuec. n. 11909. «
Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 617 , n. 18. Acarus abdomine depreflo tomentofo ,
poftice obtulo , aquaticus,
Charlet. onom, 47. Bupreftis araneolæ.
Frifch. germ. 8 , p. $ ,t. 3. Araneus aquaticus ruber parvus.
La tique rouge fatinée aquatique.
Elle reffemble tout-à - fait à la précédente pour la gran-
deur , la forme & la couleur ; & on feroit tenté de croire
que c'eft la même efpéce , fi ce n’eft que celle-ci ne peut
vivre hors de l'eau & que l’autre y périt. C’eft dans les
eaux dormantes qu'on trouve cette tique qui nage fort
vite.
9. ACARUS aguaticus niver ; abdominis medio lateri-
bufque flavis. Planch. 20, fig. 7.
La tique aquatique panachée.
Longueur + ligne.
Cette petite tique groffe comme un grain de navette eft
arrondie. Son corps eft noirâtre , mais fur le milieu il y a
une bande longitudinale jaune qui fe partage en deux
vers la tête , & s’élargit vers le bas. Les deux bords du
corps de Pinfeéte ont pareillement des bandes jaunes qui
fe joignent en haut & en bas avec celle du milieu. Les
pattes font longues & fines , & paroiflent à la loupe hérif-
fées de poils.
Cette tique vit dans l’eau où je l’ai trouvée. Elle nage
très-vite à l’aide de fes longues pattes. Sa petitefle empé-
che de voir la beauté de fes couleurs , qu'on n'apperçoit
bien qu'avec la loupe.
10. ACARUS perrarum ruber ; pedibus anticis longitu-
dine corporis.
La tique rouge des pierres à pattes antérieures fort longues.
Longueur + ligne.
Tome IL Kkkk
626 HISTOIRE ABRÉGÉE
Sa forme eft arrondie , un peu ovale , fon corps eft gros
& figuré en boule. Ses pattes font courtes , à l’exception
de celles de devant qui font plus longues que les autres ,
& qui égalent la longueur de tout le corps. Tout l’infe&te
eft d'un rouge foncé, mais les pattes font d’une couleur
plus claire & plus vive que le refte.
On le trouve fur les pierres ; il ne marche pas fort vite.
11. ACARUS perrarum nigér, abdomine globofo lucido,
femoribus fubclavatis.
La tique noire & life des pierres.
Longueur + ligne.
Cette petite efpéce eft noire , ronde , liffe & luifante.
Sa tête eft un peu aigue. Ses pattes font longues pour
fa grandeur , & leurs cuiffes font grofles , du moins celles
des deux paires antérieures. Cette tique marche affez len-
tement , elle eft dure & réfifte un peu quand on l'écrafe.
On la trouve fur les pierres.
12. ACARUS ater , lateribus abdominis antrorfum
acutis.
Linn. [ÿff. nat. edit, 10 , p. 616, n. 13. Acarus ater , lateribus nigro-fub-
coleoptratis.
Linn. faun. fuec. n. 1211. Acarus ater, lateribus coleoptro acutis.
La tique noire à ventre anguleux erz-devant.
Cette petite tique femblable à un point rond , eff noire
& lifle. Son ventre , du côté qui regarde la tête , a un
angle de chaque côté , & fur les bords on apperçoit
une rainure & un repli tout à l’entour , comme fi le ventre
étoit couvert d'étuis femblables à ceux des coleopteres.
On trouve ce petit infeête fur les pierres & les vieux murs,
fouvent en grande quantité. Il court affez vite.
13. ACARUS fu/Cus , autumnalis , textor.
Le tifferand d'automne.
La couleur de cette efpéce eft brune, un peu jaunâtre,
DES INSECTES. 627
Elle a une particularité, c’eft qu’elle file de la toile comme
les araignées,ce que ne fait aucune autre efpéce de ce genre.
On voit fouvent l'écorce des arbres en automne couverte
de haut en bas, principalement du côté du nord, de toiles
fines , qui font paroitre le tronc de l’arbre liffe & luifant.
Ces toiles fourmillent de ces petits infeétes & font leur
ouvrage. Le vent emporte fouvent ces toiles en l'air,
& on les voit tomber en grande quantité en automne dans
les campagnes & les jardins. C’eft ce que le peuple nom-
me des f/s de la vierge. Plufeurs Naturaliftes ont cru
que ces fils étoient des vapeurs condenfées , d’autres les
ont pris pour des toiles d’araignées , mais ce font les toiles
de nos wfferands , dont on trouve fouvent encore un bon
nombre pris dans leurs filets & que le vent a fait voyager,
14. ACARUS fu/cus ovatus, pedibus pallidis , vefperii-
lionis,
Baker. microfc. tab. xv. The loufe oft bat,
La tique de la chauve - fouris.
Longueur 1 ligne.
On m'a donné cette petite tique , qui eft brune, ovale;
& qui refflemble en petit à la tique des chiens. Ses pattes
font d’un brun un peu plus clair que le refte de fon corps.
Elle avoit été trouvée en aflez grande quantité fur le corps
d’une chauve-fouris.
PHALANGIU M. Acari fpec. linn.
EVE NEA NUIC ER EAU
Pedes otlo. Huit pattes.
Oculi duo. Deux yeux.
Antennæ angulofæ. Antennes formant un angle
aigu.
Tentacula duo longa antennifor- eux longs barbillons fembla-
mia. bles à des antennes.
Sans être Naturalife ; on connoït le faucheur : on fait
KkKkKk i]
623 HiSTOIRE ABRÉGÉE
combien cet infete approche pour fa forme de l'araignée;,
dont cependant il différe par le nombre de fes yeux. Ce
genre fe fait auffi diftinguer de la tique & de la pince;par
la forme finguliere de fes antennes. Elles font compofées
de deux piéces : l’une qui ef droite , part de la tête ou de
la partie antérieure de l’animal : l'autre s'articule avec
cette premiere , mais latéralement , formant avec elle un
angle aigu , elle eft plus groffe à l'endroit de l'articulation,
avec une pointe ou éperon poftérieurement ; & fine vers
l’autre extrémité.
Outre ces fingulieres antennes , le faucheur a deux
longs barbillons ; plus longs dans le mâle que dans la
femelle & qui font à côté des antennes. Quel eft l’ufage
de ces barbillons ? Seroit-ce à cet endroit que les parties
du mâle feroient placées à peu près comme dans les arai-
gnées ! L’analogie porteroit à le croire : cependant ces
parties ne fe terminent pas en bouton , & ne font point
plus groffes à leur extrémité ; elles font feulement plus
longues dans les mâles. Il faudroit voir l’accouplement de
ces infectes , pour réfoudre cette difficulté.
La tête du faucheur ef aflez finguliere ; elle eft confon-
due avec le corcelet , & ne fait avec lui qu’une feule
& même piéce. C’eft donc fur ce corcelet Joint avec
la tête , ou fur cette partie qui tient lieu de Pun &
de l’autre , que font polés les yeux au nombre de deux.
L'infecte femble les porter fur le dos , où ils font pofés
l’un à côté de l’autre , & féparés feulement par une efpéce
de crête longue & aigue.
Les patres du faucheur font fort longues , & leur der-
niere partie ou le tarfe paroït compofé d'un nombre infini
d’anneaux courts. Comme cet infeéte court dans les
champs , la nature paroït lui avoir donné de très - longues
pattes pour pouvoir marcher dans les prés par deflus le
gazon & les herbes , de même que les tipules ont reçu de
longues pattes pour le même ufage.
Lorfqu'on faifit un faucheur , fouvent il s'échappe en
DES INSECTES. 629
laiffant dans les doigts une ou deux de fes pattes qui
fe détachent aifément de fon corps. Les enfans connoiffent
cette propriété de cet infecte , & ils s’'amufent même à
détacher ainfi les pattes qui remuent encore long-tems
après avoir été féparées du corps de l'animal. Mais ce qu’il
faudroit examiner , ce feroit de s’aflurer s'il ne repoufle
pas de nouvelles pattes au faucheur , après que les fiennes
ont été arrachées, à peu près comme il repoufle des pattes
aux crabes & aux écrevifles , lorfque les leurs ont été
caflées. Je ferois très-porté à le croire , à caufe de l’analo-
gie qui fe trouve entre çes animaux. De plus , j'ai trouvé
une fois un faucheur qui avoit fept grandes pattes , & la
huitiéme plus petite que les autres des deux tiers au
moins. C’étoit l'avant derniere. Cette petite patte auroit-
ellerepouflé après avoir été détachée? L’obfervation feule
pourroit en inftruire ; & ce fait demanderoit à être fuivi.
Nous ne connoiffons qu'une feule efpéce de faucheur.
2 PHALANGIUM. Planch. 20, fig. 6.
Linn. fift. nat. edit, 10 , p. 618 , n. 1. Phalangium abdomine ovato , fubtus
albo.
Linn. faun. fuec. n. 1186. Acarus pedibus omnibus longiffimis.
Aldrov. inf. 607 , t. 608, f. 4. Araneus xiv,
Mouffer. lat. 234, f. 4. Araneus longipes,
Hoffnag. inf. 2,1. 9.
Goed. belg. » ,p. 197, f. 49. € gall. tom. 3 , tab. 49.
Lifl. Goed. 348 , f. 143.
—— Angl, 95 ,t.1, fig. 35. Araneus cinereus criflatus.
Raj. inf. 39, n. 35. Araneus idem,
Jonft. inf. t. 18,f. 31.
Bradl. natur.t. 24, f. 2:
Le faucheur.
ARANEA.
L'A REA GONE,
Pedes oélo. Huit pattes,
Oculi oëto. Huit yeux.
Il n’eft pas befoin de caraéteres pour faire diftinguer l’a-
630 HISTOIRE ABRÉGÉE
raignée ; tout le monde connoïît cet infeëte. Néanmoins;
comme on pourroit le confondre avec quelques genres
qui en approchent , le carattere que nous donnons de cet
animal empêchera cette méprife. L’araignée eft la feule
entre tous les genres de cette feétion, qui ait en même
tems huit pattes & huit yeux , ce qui diftingue fuflifam-
merit cet infeéte.
Le corps de l’araignée eft compofé de deux parties
qui tiennent enfemble par un étranglement fort mince.
La partie antérieure tient lieu de la tête & du corcelet, &
la partie poñtérieure eft le ventre-de Panimal, C'eft à la
premiere de ces parties ; que font placés antérieurement
les yeux , les antennes & la bouche de l’araignée.
Les yeux font au nombre de huit , différemment ran-
gés ; fuivant les diverfes efpéces de ce genre. Ils font
liffes , brillans comme du jayet ou du verre, & tout-à-fait
immobiles. Comme leur ftruêture diflére de celle des yeux
de la plüpart des autres infeétes qui font taillés à facettes
& par-là multiplient les objets ; la nature paroït avoir
voulu dédommager les araignées ; dont les yeux font
fimples & ne multiplient point les objets , en leur accor-
dant un plus grand nombre d'yeux. Lifter, & quelques-
autres Naturaliftes , ont cru que le nombre d'yeux n’étoit
pas fixe & uniforme dans les araignées , que les unes
avoient huit yeux , tandis que d’autres n’en avoient que
fix. Il eft vrai qu'il y a des araignées , qui à la premiere
infpettion , paroiffent n'avoir que fix yeux ; mais,en les re-
gardant de plus près , on voit que les yeux qui font aux
extrémités des rangées , ne font pas fimples comme ils
le paroiflent d'abord. Ces yeux qui femblent plus gros,
font un compofé de deux yeux diftinéts , quoique fort pro-
ches l’un de l’autre ; ils fe touchent , mais fans fe confon-
dre. Ainfi ces araignées ont véritablement huit yeux
comme toutes les autres. On peut donc affurer que toutes
les araignées ont conftamment huit yeux , ni plus ni
moins.
DES INSECTES. 631
Quant à la maniere dont ces yeux font placés ; nous
avons dit que cet arrangement varioit fuivant les différen-
res efpéces de ce genre. Dans les unes , ils font rangés fur
deux lignes en croiflant, de façon que les deux yeux du
milieu de chaque ligne fe regardent & femblent former
à eux quatre une efpéce de quarré , tandis que les qua-
tre autres des côtés defcendent , enforte que ceux de
la rangée poftérieure font les plus éloignés. Dans d'autres,
les quatre yeux du milieu font rangés de même & for-
ment le quarré ; tandis que les deux autres de chaque
côté fe touchent & font pofés obliquement. D'autres fois,
les deux yeux antérieurs font à côté l’un de l’autre , pofés
fur une ligne tranfverfe , & les fix autres au nombre de
trois de chaque côté , forment un bouquet où ils font ran-
gés en triangle. Dans d’autres araignées , les yeux font ran-
gés fur deux lignes ; dont la premiere eft formée par fix
yeux, tandis qu'il n'y en a que deux à la feconde. Enfin,
dans quelques efpéces ;, comme l’araignée vagabonde, l’a-
raignée-loup & la fauteufe , il y a une premiere rangée
tranfverfe de quatre yeux , & les quatre autres forment
enfuite un quarré plus ou moins parfait. Dans ces dernie-
res, tous les yeux ne font pas d’égale groffeur, il y en a de
beaucoup plus petits , & d’autres beaucoup plus gros que
les premiers. On fent combien ces arrangemens différens
d’yeux peuvent fervir à fixer fârement les efpéces de ce
genre. Aufli nous en fommes-nous fervi , & ceux qui vou
dront fuivre & examiner les différentes araignées dont
nous n’aurons pas parlé , pourront mettre en ufage avec
fuccès cette marque fpécifique.
Ces yeux font tous placés fur le devant de la partie anté-
rieure , ou du corcelet de l'infeéte , un peu vers le haut.
C’eft à cette même partie devant les yeux , que l'on ap-
perçoit la bouche de l’araignée. Elle confifte dans deux
fortes tenailles terminées par des efpéces de griffes fort
aigues , dont a pointe ef dirigée en bas. Ces tenailles ou
griffes font mobiles & fe remuent aifément de haut en
632 HISTOIRE ABRÉGÉE
bas , & même de droite à gauche. C'eft avec ces iaftru=
mens que laraignée faifit , pince & tue fa proie. Ces mê-
mes pointes |: fervent aufli de bouche : quoique leur ex-
trémité foit fort aigue , elle eft cependant percée vers le
bout , & le dedans des tenailles eft creux , enforte que l’a-
raignée fucce par-[à les humeurs de la mouche ou de tel
autre infette qu'elle a faifi.
A côté de cette bouche devant les yeux , fe trouvent
aufli les antennes de l’infeéte. Ces antennes font compo-
fées de plufeurs piéces articulées enfemble , & reflem-
blent beaucoup aux pattes, elles font feulement plus peti-
tes. Dans l’araignée femelle , elies font plus longues, &
d’égale groffeur par-tout : mais dans le mâle , elles font
terminées par une derniere piéce plus groffe qui forme
une efpéce de bouton. C’eft dans ce bouton que font ren-
fermées les parties du fexe du mâle , il les porte en
aigrette fur fa tête , & il les met en aétion dans l’inftant de
l’accouplement dont nous parlerons tout à lheure.
Le refte de la partie antérieure de l’araignée , fon cor
celet eft tantôt life , tantôt couvert de poils ; fuivant les
efpéces , mais toujours muni d’une croute ferme & aflez
forte qui lui fert de peau. C’eft en - deffous de ce corcelet
que font attachée: les huit pattes de l'araignée. Ces pattes
font compofées de trois piéces ; la cuifle , la jambe &
le tarfe , dont chacune eft f8rmée de deux piéces , dont la
plus courte fe trouve près de l'origine ou de l'articulation
de ces différentes parties. La derniere de toutes ; ou le
tarfe , eft terminée par des petites grifles ou ongles recour-
bés avec lefquels l’araignée fe tient & court fur fa toile.r
Le ventre oulautre partie du corps de l’aräignée
eft moins dur que fon corcelet. C'eft au haut de cette par=
tie, en-deflous, que fe trouve la partie du fexe dans les
femelles , qui conlifte dans une efpéce de fente que l’ani-
mal dilate &:entr'ouvredans le moment de l'accouple=
ment. Nous expliquerons dans un moment cette manœu-
vre, À l'extrémité du ventre , outre l'anus de l'animal, on
apperçoit
DES) ENSECTES 633
apperçoit plufieurs mammelons les uns à côté des autres ,
fouvent au nombre de fix, qui vûs de près & à la loupe,
paroiflent compofés de plulieurs autres plus petits. Ces
mammelons font les filieres des araignées , c’eft par ces
conduits qu’elles rendent la liqueur finguliere avec la-
quelle elles filent leurs toiles.
Cet ouvrage des araignées , a de tout tems piqué a
curiofité des Naturaliftes & des Phyficiens. Ils ont admiré
l'induftrie avec laquelle ces infeëtes favoient filer des
toiles qui font fi artiftement travaillées , & dont les formes
& les contours font différens fuivant les efpéces d'arai-
gnées. En effet toutes les araignées filent , celles même
qui ne font point de toiles enveloppent leurs œufs d’un
tiflu de foie épais & fort ferré. Quant à leur maniere
de filer , on peut divifer les araignées en plulieurs bandes
de travailleufes. Les unes ; comme celles des jardins
& des bois , font ces toiles pendues perpendiculairement,
& formées de plufieursifils rangés circulaftement , autour
d’un centre commun où fe tient fouvent l'infecte. D’au-
tres, comme les araignées domeftiques , font des toiles
ferrées , pofées horizontalement dans les ahgles des murs
& des fenêtres. Les grofles araignées des trous & des
caves muniffent & tapiflent de toile le trou où elles fe
retirent , & ne filent au dehors que quelques foies qui
aboutiffent à ce trou , dont elles tiennent tendue & ou-
verte l'entrée. Quelques araignées ; comme les vagabon=
des & les fauteufes,ne filent point d'ordinaire , elles vontà
la chafle , elles courent & fautent fur leur proie , fans
avoir befoin de filets. Enfin , les araignées aquatiques
attachent aux plantes dans l’eau quelques filets irréguliers
dont nous verrons l’ufage.
Lorfque ces différentes araignées veulent commencer
leur ouvrage ; elles font d’abord fortir des mammelons
qui font au bout de leur ventre , une goutte de cette li-
queur gluante qui eft la matiere dont elles compofent
leurs fils. Elles attachent cette goutte contre un mur
Tome IL, LIll
634 HISTOIRE ABRÉGÉE
ou un àrbre, & enfuite s’éloignant de cet endroit, elles
filent en marchant, & vont aflujettir l’autre bout de ce
premier fil à quelque mur ou quelqu’autre branche. Si
c'eft par exemple l’araignée domeftique , celle qui fait ces
toiles ferrées horizontales , elle attache à l’autre parois de
l'angle du mur ce fil : de-là elle revient fur ce premier fil,
en en filant un à côté qu’elle attache de même , jufqu’à
ce qu’elle ait garni tout l'endroit où doit être fa toile de
areils fils dans la même direëtion. Pour lors , elle fait
d’autres fils dans un fens contraire , enforte qu'ils coupent
les premiers à angles droits. Comme la matiere de ces
fils eft gluante , ils s’attachent , ils fe collent aux premiers
& font corps avec eux. Par ce moyen , fa toile eft ferme, &
elle refflemble à nos toiles & à nos étoffes qui ont des fils
en deux fens, à la différence près que la trame & la chaîne
ne font point entrelaffées , mais fimplement appliquées &
collées l’une contre l'autre.
C’eft avec la même induftrie , que araignée des jardins
file fa toile perpendiculaire à refeau. Elle attache de
même un fil , dont elle fixe l’autre bout à une autre bran-
che. Souvent elle fe laifle pendre à fon fil , & le vent
la porte à un autre arbre où elle en fixe l’autre extrémi-
té. Cela fait , elle retourne au milieu de fon fil, où elle en
attache un fecond , dont l’autre extrémité eft collée à
quelque branche , non loin du premier. Elle en file ainf
plufieurs qui partent tous d’un centre commun , & qui
en s'éloignant , s'écartent les uns des autres comme les
rayons d’un cercle. Pour lors, la moitié de fon ouvrage eft
fait ; il ne lui refte qu'à filer des fils qui fe collent fur
les premiers , & qui étant éloignés les uns des autres
de quelque diftance , font pofés circulairement autour
d’un centre commun. Cet aflemblage forme ces jolis
refeaux , au centre defquels fe place araignée pour atten-
dre fa proie, & qu’elle ne quitte que pour fe retirer fous
quelque feuille qu’elle garnit d’une toile irréguliere , à
laquelle aboutiffent plufeurs de fes fils. Il feroit trop long
DES INSECTES. 635
de fuivre toutes les autres araignées dans leur travail,
mais on peut juger de leur induftrie par l'exemple de
celles-ci.
Lorfque l’araignée à fini fa toile , l'endroit où elle fe
tient eft, comme nous l'avons dit,cejui où aboutiffent tous
fes fils ; c’eft-là leur centre de réunion. Auifi, dès qu’une
mouche , un moucheron ou un autre infeéte , fe trouvant
pris dans fa toile , fe débat & agite même légérement les
fils , l'araignée en eft avertie , elle fent ce mouvement ,
& accourt à l'endroit où fa proie eft embarraflée dans fes
filets. Si l'infeéte eft petit , l’araignée s’en faifit avec fes
pinces & le tranfporte à l’endroit de fa retraite , où elle
le fucce tranquillement ; mais s'il eft plus gros , fi c’eft
une grofle & forte mouche qui fe débatte beaucoup,
l'araignée commence par la garotter de fils ; dont elle
l'entoure jufqu'à ce qu’elle ne puifle plus faire aucuns
mouvemens ; & pour lors elle l'emporte , ou fi elle ne
peut l'emporter, elle la dévore fur la place. Enfin , fi l’in-
fecte eft beaucoup plus fort que l’araignée & qu'elle ne
puifle s’en faifir en aucune façon, elle l'abandonne, elle
l’aide même à fe débarrafler de fes filets , que la mouche
déchireroit , & elle en rompt quelques-uns pour que cette
mouche puifle s’en aller , après quoi elle répare fa toile.
Quelquefois l’araignée par fon imprudence devient la proie
des infectes qu'elle vouloit prendre. Des guêpes , des ich-
neumons fe trouvent pris dans des toiles d'araignées un
peu fortes , & l’araignée venant à fe jetter fur ces infec-
tes , dont la peau eft ferme & dure , non-feulement elle ne
peut les bleffer, mais elle eft elle-même mutilée & déchi-
rée par les machoires & l'aiguillon des ces animaux qui
emportent enfuite l’araignée à demi - morte , pour fervir
de pâture à leurs petites larves. Les grands ichneumons
font encore plus ; ils fondent fur les araignées des Jar-
dins lorfqu’elles font fufpendues au milieu de leur toile
à refeau , & les emportent fouvent toutes entieres à leurs
etits.
. LD MEET
636 HISTOIRE ABRÉGÉE
£a plûpart des araignées ne font que fuccer les humeurs
des infectes qu’elles prennent. Leurs pinces qui font creu-
fes en dedans,leur fervent à cet ufage , précifément com-
me celles du fourmilion qui font confiruites de même.
Elles leur tiennent lieu de machoires & de bouche. Lorf-
qu'elles ont ainfi fuccé l’infeête , elles rejettent le corps
fec & très-reconnoiffable. J'ai cependant vü quelques
araignées , & en particulier les araignées aquatiques , qui
paroifloient attaquer les parties folides des infeétes qu'elles
dévoroient , enforte qu'il reftoit à peine quelque veftige
des animaux qu'elles avoient mangés. L’araignée-loup eft
auffi dans ie même cas.
Ce ne font pas feulement les autres infeêtes que les
araignées dévorent , elles s’attaquent & fe mangent mu-
tuellement. Si une araignée vient dans la toile d’une autre,
il s'éleve entr'elles un furieux combat qui eft ordinaire-
menr fuivi de la mort de la plus foible. L'autre , quoi-
qu'étrangere , refte en pofleflion de la toile. Souvent les
vieilles araignées vont ainfi s'emparer de force de la toile
de quelque jeune. Avec l’âge, le réfervoir de la liqueur
qui leur fournit des fils s’épuife, elles ne peuvent plus faire
de toile , qui cependant leur eft néceffaire pour attraper
leur proie : il faut donc s'emparer de Pouvrage de quel-
qu'autre plus foible. Souvent cette derniere n'attend pas
qu’elle foit attaquée , elle s’enfuit , elle abandonne fon
ouvrage & en va recommencer un autre ailleurs. La natu-
re a donné à ces animaux affez de matiere de fils , pour
refaire plufieurs fois leur toile. On en a vû qui l'ont re-
commencée jufqu’à fix & fept fois de fuite , feulement les
dernieres toiles étoient plus minces que les premieres.
L'ouvriere épargnoit l’étoffe & la matiere qui n'étoient
plus fi abondantes. A près cet effort de travail ; cette ma-
tiere eft tout-à-fait épuifée , & dans ce cas , il faut
que l'araignée périfle ou qu'elle s'empare d’une autre
toile.
On conçoit que l’accouplement entre des infeêtes qui
DES INSECTES. 637
fe dévorent l’un l’autre, ne doit pas fe faire fans certaines
précautions , fans quoi ces animaux tomberoient fouvent
dans des embuches; aufli y a-t-il peu d'infectes qui en
employent autant que l'araignée. Hors le tems & la faifon
de l’accouplement, elles évitent leurs femblables , ce
n'eft que dans cette faifon qu'on en voit fouvent deux
fur la mème toile. C’eft ordinairement à la fin de fep-
tembre & au commencement d’oétobre que s'accouplent
les araignées des Jardins. Je ne fais fi cette faifon, déja
froide , eft pareillement celle de lamour pour les autres
efpéces. Je me contenterai de parler de celles-ci que j'ai
examinées & obfervées plufieurs fois.
Depuis le commencement d’oëtobre Jufqu’au milieu,
on voit fur les toiles à refeau dans les jardins , des arai-
gnées femelles qui fe tiennent tranquilles , la tête en bas
vers le milieu de la toile. Si on examine les environs , on
appercçoit bientôt auprès de cette toile le mâle qui va &
vient. Ce dernier fe diftingue aifément de fa femelle par
la taille de fon ventre, qui eft beaucoup plus petit, &
par fes antennes terminées par un gros bouton. Le male
s'avance doucement fur la toile , il s'approche infenfible-
ment de fa femelle qui refte toujours dans la même pla-
ce , & lorfqu'il en eft enfin tout proche, il lui touche lé-
gérement la patte avec l'extrémité d'une des fiennes, &
recule aufli-tôt de quelques pas, comme s’il avoit peur.
Bientôt après il fe rapproche & réitere plulieurs fois cette
manœuvre , que J'ai vu durer un bon quart d’heure. Ces
mouvemens font les préludes de l’accouplement , ces ani-
maux femblent fe tâter & faire connoiffance enfemble.
Pendant ce tems,les antennes du mâle s’entr'ouvrent
ar le bout, on voit que le bouton qui les termine eft
humide. Pour lors le mâle, devenu plus hardi, s'approche
plus près de la femelle , qui a toujours la tête en bas , &
qui préfente en haut le deffous de fon ventre , dont lafen-
te eft entr'ouverte. Lorfqu’il en eft tout proche, il porte
vivement une de fes antennes dans cette fente que la fe-
638 HISTOIRE ABRÉGÉE
melle a dans la partie fupérieure de fon ventre, & fe re:
tire aufli-tôt, Un moment après il fe rapproche & porte de
même l’autre antenne, & ainfi plufieurs fois alternative-
ment. J'ai fuivi ce jeu pendant plus d'une demi-heure ;
fans que le mâle fe foit laffé. On voit par ce détail , que
cet accouplement ne confifie prefque que dans un fimple
attouchement ; il femble qu’il ne fe fafle aucune introduc-
tion , ou s’il s’en fait, elle doit être bien légere. Ces mou-
vemens font fi prompts , qu'on a peine à apperceyoir au-
tre chofe. Cependant en regardant ces infeëtes de fort
près , on découvre une partie charnue qui fort du bouton
entr'ouvert de Fantenne du male , & qui ef portée dans
la partie de la femelle. Dès que le mâle fe retire, ce tu-
bercule charnu rentre dans le bouton & on ne lappercoit
plus. Pendant ces accouplemens réitérés, la femelle refte
immobile , elle fait feulement quelques mouvemens
des pattes chaque fois que fon mâle la carefe.
Les femelles ainfi fécondées ont , quelque tems après ;
un ventre fort gros, & enfuite elles dépofent leurs œufs.
Ces œufs font nombreux, petits, ronds, luifans , tantôt
blancs, tantôt jaunes , & ordinairement la mere les ren-
ferme dans une petite boule ou coque ronde de foie
blanche & beaucoup plus épaifle que celle de fa toile.
Elie tient cette coque à coté d'elle dans fon nid , & plu-
fieurs efpéces l’emportent fouvent avec elles iorfqu'elles
vont & viennent. On les voit trainer cette boule de foie,
auffi grofle que leur corps. Ces infeêtes ont , ainfi
que les autres , le plus grand attachement pour leurs
petits.
Ceux-ci ne tardent guères à fortir de ces œufs, qui font
fi bien défendus contre les injures de l'air. Dès que ces
petites araignées font éclofes , elles fe mettent à filer. Ce
premier tems de leur vie eft le feul où elles vivent en
famille, bientôt elles fe féparent & pour lors elles de-
viennent ennemies. Les petites araionées croiflent confi-
dérabiement dans ces premiers jours , quoique fouvent
DES INSECTES. 639
elles ne mangent point , ne pouvant encore attrapper de
mouches. À mefure qu'elles croiflent , ellés changent de
peau , & bien des Naturaliftes ont remarqué que les gran-
des araignées, celles même qui ont acquis toute leur
croiffance & qui font déja vieilles , changeoient une fois
de peau tous les ans vers le printems, comme les écre-
.vifles & les crabes.
On fait que les mouches , les moucherons, les papil-
lons ; les chenilles, les cloportes & beaucoup d'autres
infectes font la nourriture ordinaire des araignées. Nous
avons de plus expliqué la maniere dont elles fuccent &
dévorent leur proie. Mais une chofe qui paroïit toujours
étonnante , c’eft le long jeûne que peuvent fupporter ces
animaux. Non-feulement ils paffent l'hiver entier fans
manger, comme beaucoup d’autres infeëtes , mais fouvent
ils font des mois de fuite pendant l'été fans prendre de
nourriture. La plüpart des araignées ne vont point à la
chaffe , elles ne courent point après leur proie, il faut
qu’elle vienne les chercher, qu’elle tombe dans leurs
piéges; s'il ne fe prend rien dans leurs filets , elles jeû-
nent patiemment. J'ai quelquefois nourri des araignées
dans des tubes de verre pour les obferver. II m'eft fou-
vent arrivé d'oublier & de négliger ces infeétes. J'en
avois une fur-tout que J'avois prife au commencement
du printems , & qui devoit n’avoir pas mangé de tout
l'hiver. Je l’oubliai pendant trois mois entiers , & l'ayant
retrouvée au bout de ce tems, elle vivoit encore fans
avoir pris de nourriture ; feulement elle paroifloit foible
& languiffante.
Plufieurs auteurs prétendent que les araignées vivent
très-long-tems : il y eu a qui leur donnent quatre & cinq
ans de vie. Il faudroit pour aflurer la deffus quelque chofe
de pofitif, s'être donné la peine d'élever & de nourrir
lufieurs petites araignées.
Les efpéces de ce genre font très-nombreufes. Celles
qui font décrites dans Lifter & M. Linnæus , pañlent une
640 HISTOIRE-ABRÉGÉE
trentaine, & probablement il y en a encore davantage.
Mais fouvent les diflérens auteurs ont trop multiplié les
efpéces de ce genre. L’araignée toute petite , eft quelque-
fois fort différente pour la forme & la couleur, de ce
qu'elle fera , lorfqu'elle aura pris toute fa croiffance. En
changeant de peau, elle change affez fouvent tellement
pour la couleur, qu'il femble que ce foit une autre arai-
gnée. Ces changemens confidérables ont induit en erreur,
& peuvent tous les jours faire prendre pour deux efpéces
différentes , la même araignée obfervée en différens tems.
Pour éviter cet inconvénient ; nous avons pris foin d’éle-
ver les araignées , de les nourrir dans des petits tubes
de verre , afin d’obferver tous leurs changemens de cou-
leur, & c’eft par cette raifon que le nombre d'araignées
que nous décrivons , eft beaucoup moins confidérable
qu'il n’auroit été, aimant mieux pafler fous filence les
efpéces que nous n'avons pas fuivies , que de rifquer de
donner la même efpéce fous deux noms différens. On
fent qu’un pareil foin nous a dû coûter de la peine & de
l'attention, & même il nous eût peut-être été impoilible
de fuivre aïnfi ces infectes , fi nous n’euflions été aidés
dans ce travail par un habile Naturalifte, qui pourra don-
ner un Jour une hiftoire détaillée des araignées. En aten-
dant cet ouvrage , nous donnons ici l’hifloire abrégée d’un
nombre d’efpéces.
Nous avons eu foin, dans l’arrangement de ces efpéces
différentes , de joindre enfemble celles dont les yeux
font placés de même, comme on le verra en parcourant
les ordres ou familles qui compofent ce genre.
Nous ne nous étendrons pas ici fur les petits manéges
particuliers de quelques efpéces , dont nous parlerons en
décrivant chacune en particulier. On verra dans ce détail,
avec quelle agilité l'arzigneée-loup ; appellée par quelques
Naturalifes , araignée vagabonde , court dans les champs:
après fa proie , fans filer de toile, tandis que la plûpart
des autres efpéces attendent tranquillement leur gibier &
meurent
DES INSECTES. 641
meurent de faim plutôt que de l'aller chercher. On ad-
mirera, avec taifon,la maniere dont fautent quelques
araignées , nommées par cette raifon , araignées fauteufes.
L’araignée aquatique nous fera voir que l’eau , dans la-
quelle périffent la plüpart des araignées , devient le do-
micile de quelques-unes ; qu'elles favent filer dans cet
élément , qu'elles favent même s’y procurer une habita-
tion , dans laquelle elles font à fec au milieu de l’eau.
On fera forcé d'admirer l’induftrie avec laquelle cet ani-
mal entraîne des globules d'air dans le fond de l’eau, en
forme de cavité ronde , qu’elle aggrandit en y introdui-
fant de l’air de plus en plus , de forte qu’elle peut entrer
& fe retirer toute entiere dans cette efpéce de globe ou
veflie aërienne entourée d’eau.
Nous ne défignerons les différentes familles de ce genre
que par la pofition de leurs yeux.
PREMIERE FAMILLE.
Yeux en lunule °°° UK
0e
ILIARANE A #orace fufco, abdomine lutefcente,
pedibus quatuor pofticis breviffimis ; anticis longis
luteo nigroque interfecis.
Linn. faun. fuec. n. 1218. Aranea abdomine fubrotundo plano obtufo , pedi-
bus quatuor pofticis breviflimis.
Linn. [yft. nat. edit. 10 , p. 613 , n. 36. Aranea viatica.
Erifth. germ. 7, p. 10, +, $. Araneus hortenfis , pedibus quatuor longis anticis;
abdomine plano,
Liff. aran. 83 , f. 29. Araneus fubfufcus , minutiffimis oculis e viola purpuraf-
centibus, tardipes, & greflu & figura cancro marino non adeo diflimilis.
Ray. inf. p. 35 ,n. 29. Araneus idem.
L'araignee à pattes de devant longues & arlequinées.
Longueur 2 3 lignes. Largeur 1 ligne,
Il eft aifé de reconnoître cette efpéce. Son corcelet eft
brun & noirâtre , mais fon ventre eft large , gros, de cou-
leur jaune, chargé feulement de deux taches brunes , une
de chaque côté vers le haut. Ses quatre pattes poftérieu-
Tome IL, M m mm
642 HISTOIRE ÀÂBRÉGÉE
res font jaunes ,pâles & très-courtes : les quatre de devant
font fort longues & entrecoupées d’anneaux Jaunes &
noirs. C’eft fur les plantes qu'on trouve cer infette , dont
la figure reffemble un peu à celle des crabes. Il les imite
encore par fa démarche , allant fouvent de côté & en re-
culant. Cette araignée porte avec elle fes œufs, enve-
loppés dans un petit fac de foie blanche en forme de
boule. :
2. ARANEA cétrino-lutea , pedibus quatuor poflicis
Bieviflimis ; abdomine utrinque fafcia ferruginea.
Planch: 25, fig. +.
L'araignee citron.
Longueur + lignes. Largeur 2 3 lignes.
Elle reffemble un peu à la précédente pour fa forme.
Sa couleur eft entiérement jaune , plus ou moins foncée ;
quelquefois elle eft blanchâtre & tire même un peu fur
le vert. Son ventre eft gros, large , prefque quarré, avec
deux bandes de couleur fouci , qui, partant du corcelet ,
defcendeut obliquement fur les côtés , jufques vers le
milieu. Entre ces bandes font quelques petits points noirs,
qui forment une efpéce de triangle fur le milieu du ven-
tre. Sur le corcelet on voit deux bandes longitudinales ,
un peu verdâtres , une de chaque côté. Les quatre pattes
de devant font fort longues, & les quatre poftérieures
courtes, ce qui fait que cette araignée marche comme Îa
précédente. On la trouve fur les plantes & fouvent avec
fes œufs , qu’elle porte enveloppés dans une boule de foie
blanche.
3. ARANEA abdomine longo argenteo virefcente ;
pedibus longitudinaliter extenfis. Linn. faun. fuec.
71 12/16
Linn. fyff. nat. edit. 10 , p. 621, n. 19. Aranea extenfa.
Lift. aran. 30 , f. 3. Araneus ex-viridi inauratus , alvo longiufeula prætenui.
Raj. inf, 19, n, 3, Araneus idem,
DES INSECTES 623
L'araignée à ventre cylindrique & pattes de devant éten-
dues.
Longueur 3 lignes. Largeur à ligne.
Son corcelet eft de couleur grife pale ; avec les yeux
noirs & bien marqués fur le devant. Ses pattes font de
même grifes, un peu velues , avec une petite tache noîire
aux articulations. Son ventre eft long, cylindrique , d’un
gris verdatre un peu argenté, qui paroit en-deflus comme
chagriné , ou plutôt écailleux, femblable à la peau de
chien de mer; en-deflous il a une ligne noire longitudi-
nale, un peu jaune fur les côtés.
.. Les quatre pattes de devant de cette araignée font
plus longues que les poftérieures. Lorfqu'elle eft en repos,
elle fe tient collée contre les branches d'arbre , les qua-
tre pattes antérieures allongées & étendues en avant, &
les poftérieures étendues en arriere. On la trouve dans les
bois humides.
4 ARANEA fufCa, thorace lineis quatuor obliquis
fufcis , abdomine tribus tranfverfis albis.
L'araignee brune à trois raies tranfverfes blanches fur le
ventre.
Longueur 2 lignes. Largeur 1 ligne.
Les quatre pattes de devant de cet infeéte , font du
double plus longues que les poftérieures. Son corps eft
brun & un peu velu. Son corcelet a quatre lignes qui
naïffent de fa pointe : les deux du milieu montent fur le
milieu du corcelet & s’éloignent l’une de l’autre proche la
tête , & les deux latérales vont obliquement chacune vers
le bord du corcelet. Le ventre eft brun & depuis fon
milieu , jufqu’à fa pointe , il eft orné de trois lignes blan-
ches tranfverfes & ondées. En-deffous l’infeëte eft tout
brun. Son ventre eft prefque fphérique & fes quatre pattes
poftérieures font moins brunes que celles de devant. J'ai
trouvé cette araignée dans les jardins.
M m m m ij
C44 HISTOIRE ABRÉGÉE
s. ARANEA z10ra, abdomine ferrugineo flavo, liners
tranfverfis contiguis nigris , pedibus fufco fèrrugineo-
que interfetis.
L'araignée à ventre roux rayée de noir & pattes arle-
quinees.
Longueur 2 lignes. Largeur 1 ligne.
Son corcelet eft noir, la couleur de fon ventre eft d’un
roux mêlé de jaune , & en-deffous il eft couvert de bandes
noires tranfverfes fort proches lune de l’autre & qui fe
touchent au milieu. Ses pattes, dont la troifiéme paire eft
la plus courte, font entrecoupées d’anneaux bruns &
rougeâtres , comme un habit d'arlequin. On trouve cette
efpéce dans les champs.
GE C OLNLDAE A EN AMIUELE PB;
Yeux en quarré. 822% 81
o—c
& ARANEA arro-fufca fubvillo/a ; pedibus atro
fufcoque tnterfetis.
L'araignée Brune domeflique.
Longueur 4 lignes. Largeur : lignes.
Tout fon corps eft un peu velu, mais les poils de fes
pattes font plus longs que les autres. Sa couleur eft d’un
brun noirâtre, plus foncée fur le ventre que fur le corce-
let. Ses pattes font entrecoupées de brun & de noir, mais
peu foncé. Quoique cette efpéce reffemble beaucoup à
celle que décrit M. Linnæus, n. 1234, de fa fauna fuecica,
je doute cependant que ce foit la même dont il parle. Je
n’ai pu appercevoir à la nôtre , les cinq on fix appendices
du ventre , qu'il dit fe trouver fur la fienne.
On trouve cette efpéce très-communément dans les
maifons où elle fait des toiles horizontales dans les angles
des murs.
7: ARANEA aquatica tota fufca
DES INSECTES. 64$
Linn. Jyff. nat, edit. 10, p. 623 , n. 32. Aranea livida , abdomine ovato, linea
tran{verfa , punétifque duobus excavatis.
Linn. faun. fuec. n. 1240. Idem.
L'araignée brune aquatique.
Longueur $ lignes. Largeur 2 lignes,
Cette efpéce eft brune & légérement velue , elle
femble n'avoir rien de remarquable à l'extérieur ,
mais l'endroit où on la trouve , & fes manœuvres, font
bien dignes d’attention. C'’eft dans l’eau que l’on ren-
contre cette efpéce; c’eft-là qu’elle vit, qu'elle file &
qu’elle chaffe. Cette araignée eft aquatique , en quoi elle
différe déja beaucoup de toutes les autres , qui vivent à
fec & qui périflent dans l’eau. Néanmoins elle fort quel-
quefois de l’eau , même pour un peu de tems, & peut
vivre hors de cet élément , mais bientôt après elle retour-
ne dans l’eau où on la voit nager avec beaucoup d’agilité ,
tantôt en montant , tantôt en defcendant. Lorfque cet in-
fecte nage , il eft ordinairement à la renverfe , le dos tour-
né vers le bas & le ventre en haut, il nage fur le dos :
mais ce qui frappe le plus, c'eft que fon ventre paroît
brillant , comme enduit d'un vernis argentin, femblable
à du vif-argent. Ce brillant dépend de ce que l’eau ne
s'attache pas au ventre de cette araignée qui eft gras , &
qu'il y a toujours une lame ou couche d’air entre l’un &
l'autre. Cet air fert beaucoup à cet infeéte. IL fait par ce
moyen fe procurer un domicile où ileft à fec au milieu
de l'eau. Pour cet effet, cet araignée attache quelques
fils à des brins d'herbes dans l’eau même. Enfuite , mon-
tant à la furface de l’eau , toujours fur le dos, elle tire
hors de l’eau fon ventre qui paroït fec & élevée fur la
furface de ce liquide ; pour lors elle le retire vivement
dans Peau & entraine avec lui une forte bulle d’air dont
il eft couvert: elle defcend vers fes fils & y laïfle cette
bulle d'air, ou du moins une partie, qui femble s’atta-
cher à fes fils. Voilà déja une bulle ronde , une efpéce de
cloche d'air au milieu de l'eau, que les fils qui font au-
648 HISTOIRE ABRÉGÉE
deflus ; empêchent de remonter à la furface. Alots l’a-
raignée y retourne , en rapporte de nouvel air , qu’elle
porte à fa cloche, ce qui l'augmente de volume. Elle ré-
péte ce manége Jufqu’à ce que la cloche foit plus groffe
qu’une noifette & capable de la contenir. On la voit alors
y entrer, en fortir, y apporter les infetes qu’elle prend
our les y manger. Quand elle entre dans fa cloche , elle
Road y apportant avec elle la lame d'air dont fon
ventre eft toujours enduit ; quand elle en fort, elle la di-
minue , entrainant avec fon ventre une portion d'air.
Cette araignée fort quelquefois de l'eau pour pourfuivre
les infetes, & elle les emporte dans l’eau quand elle les
a pris. Elle pourfuit aufli les infeétes aquatiques au fond
de Peau. Cette efpéce eft du nombre de celles qui vont
à la chaffe. On la trouve dans les eaux de mares & d’é-
tang, rarement autour de Paris, mais fréquemment en
Champagne. Son hiftoire eft très-bien détaillée dans une
brochure qui parut il y a peu d’années , fous lettitre de
Mémoires pour férvir à commencer l'hifloire des araignées
aquatiques. L'auteur paroît un excellent obfervateur , &
après avoir fuivi & obfervé nous - mêmes ces infettes ;
nous nous fommes aflurés de la vérité des faits qu'il
avance.
8. ARANEA pallida, abdomine folium longitudr-
zaliter extenfüum pallide nigrum referente.
L'araignee porte-feuille.
Longueur 3 + lignes. Largeur 1 à ligne.
Sa couleur eft pâle & claire,& fon corps eft un peu ves=
lu. Son corcelet eft plus päle & plus life que le refte. Le
ventre eft plus brun & chargé en-deffus d’une bande lon
gitudinale noirâtre, ondée fur fes bords, repréfentant une
efpéce de feuille. Les yeux & le deffous du corcelet font
noirs , & le ventre a en-deffous une raie noire longitudi-
nale , avec üne ligne jaune de chaque côté. Les quatre
paties de devant font les plus longues , & celles de la
DES INSECTES. 647
troifiéme paire font les plus courtes de toutes. On trouve
cette araignée dans les prés où elle fait des toiles formées
en refeau perpendiculaire.
9. ARANEA Zvido-rufa, abdominis pidura foliacez
nigra ; luteo tnterfeila ; pedum annulis nioris. Planch.
2 He)
Liff. aran. pag. 24 , tab. 1, fig. 1. Araneus fubfavus, alyvo prxcipue in fumma
fui parte & circa latera albicante plena , oculis nigris pellucidis in capire
albicante.
L'araignee à feurlle coupée.
Longueur 4 = lignes. Largeur 2+ lignes.
Sa couleur eft d’un roux pâle & livide , la partie anté=
rieure de fon corcelet eft claire , avec les yeux noirs. Ces
yeux femblent n'être qu’au nombre de fix, parce que les
deux de chaque côté font très-pres l’un de l’autre &
refque confondus enfemble. Les pattes de même cou-
At que le corcelet,ont des anneaux noirs. Le ventre d’une
couleur un peu plus foncée , a une feuille noire , gaude-
ronnée fur fes bords & figurée fur le milieu de cette par-
tie; mais au haut de cette feuille, il y a plufieurs taches
jaunes , & dans fon milieu elle eft divifée tranfverfale-
ment par une feétion d’un blanc jaunätre. Le deffous du
ventre eft noir, avec deux lunules jaunes , dont les cor-
nes fe regardent , & qui enveloppent l'anus, l’une à droite,
l'autre à gauche. On trouve cette araignée dans les bois,
où elle fait des refeaux perpendiculaires.
30. ARANE A Zsido-rufa, abdomine cruce triplicé
lutea.
L'araignée à croix papale.
Longueur 4 lignes. Largeur 1 à ligne.
Elle approche de la précédente pour la couleur , feu-
lement elle eft d’un roux encore plus livide. Son ventre
feul a en-deffus une longue raie jaune longitudinale , en-
trecoupée par trois raies tranfverfes de même couleur ,
648 HISTOIRE :ABRÉGÉE
ce qui forme une triple croix ou croix papale renverfée.
En-deflous , le ventre a une raie longitudinale brune , &
de chaque côté une lunule jaune proche l’anus , comme
dans l’efpéce précédente. J’ai trouvé celle-ci dans les
jardins.
11. ARANE A pallido-rufa, abdomine flavefcente
puncis IL QTES.
L'araignee rougeätre à ventre jaune ponéfué de noir.
Longueur 3 % lignes. Largeur 1 ligne.
Son corcelet eft d’une couleur fauve pale & fes côtés
font plus obfcurs. Les pattes font longues, fines , épi-
neufes & de même couleur. La troifiéme paire eft la plus
courte. Le ventre eft ovale, médiocrement gros & jau-
nâtre , avec quelques points noirs vers fa bafe, & des
bandes fauves tranfverfes vers fa pointe.
J'ai trouvé cette araignée fur les arbres. Elle femble
m'avoir que fix yeux , ceux des cotés fe confondant en-
femble. |
12. ARANE A pallida, abdomine ovato flavo, fafcia
longitudinali cocciriea.
L'araignée à bande ronge.
Longueur 3 lignes. Largeur 1 = ligne.
La couleur de fon corcelet & de fes pattes eft pâle.
Le ventre eft ovale , d’une couleur jaune citronnée , avec
une large bande longitudinale d’un beau rouge en-deflus ;
& en-deffous une raie noire longitudinale beaucoup plus
étroite dans fon milieu.
J'ai trouvé cette belle efpéce fur un cyprès au Jardin
du Roi, près de fes œufs , qui étoient renfermés dans
une boule foyeufe , de couleur blanche. Elle femble ;
comme les précédentes, n'avoir que fix yeux.
Fe)
TROISIÉME
DES INSECTES. 649
TROISIÉME FAMILLE,
Yeux [ur deux lignes 6 & 2. :: ‘se
13 ARANEA Zvido-rufa , abdominis pitlura foliacea
fœpius interrupta ; pedibus nigro-macularis.
Lif. aran. p. 36,1. 1, f. 6. Araneus cinereus, alvo admodum plena, ejufque
piéura in plures partes quafi divifa.
L'araignée à feuille découpée & dechiquetee.
Longueur 3 = lignes. Largeur 1 = ligne.
Son corcelet eft roux & d’une couleur livide. Son ven-
tre différe fuivant le fexe. Dans les femelles, il eft jauni-
tre avec une repréfentation de feuille noire, dont le haut
ne paroit pas, & dont le bas eft coupé en cinq ou fix
parties , par des lignes jaunes tranfverfes : dans les mâles
il eft plus petit, & la feuille paroït tout du long ; elle eft
bordée de jaune. Son milieu eft roux, le haut & le bas
font noirs & dans toute fa longueur, elle eft entrecoupée
par deux ou trois lignes tranfverfes jaunes. Dans les deux
fexes ; les pattes font pâles , avec des anneaux noirs. Les
yeux placés de même dans l’un & l’autre fexe , différent
cependant en ce que ceux des mâles font tous de même
groffeur , au lieu que les femelles en ont de plus gros les
uns que les autres. Cette araignée fe trouve fur les plan-
tes où elle file des refeaux horizontaux.
QUATRIÉME FAMILLE.
Yeux fur trois lignes. 227:
Li 2
14 ARANE A zota fufca fuliginea.
Liflaran. p. 78 ,t. 1, f. 26, Araneus fufcus alvo oblique virgatas
L'araignee - loup.
Longueur 2 + lignes. Largeur à ligne. j
Sa couleur eft d’un brun de fuie de cheminée. Ses pat-
Tome II Nnnn
650 HISTOIRE ABRÉGÉE
tes poftérieures font plus longues que les autres. Ses yeux
& fes pinces font noirs. On trouve cette araignée en
grande quantité dans les champs où elle coure à terre fans
faire de toile ; elle faute quelquefois fur les infeëtes qu’elle
veut attraper. Sa maniere de chaffer lui a fait donner le
nom d’araignée-loup. Elle a quatre grands yeux & quatre
petits , rangés de la maniere dont ils font repréfentés
n°. 1.
1.ARANE A 10ta cinereo-villofa , thoracis nca
criplict albida.
Linn. faun. fuec. n. 1219. Aranea nigra, thorace triplici linea longitudinali
alba , abdomine nebulofo.
Linn. fÿff nat. edit. 10, p. 623; n. 35. ÂAranea abdomine oblongo nebulofo ,
lineis lateralibus albis.
Frifch. germ. 8 , p.3 ; tab. 2. Araneus terreftris facco ovifero.
AG. Upf. 1736 » p+ 38 > mn 9. Aranea nigra, peétore abdomineque linea alba
cindis.
L'araignée cendrée à trois lignes blanches fur Le cor-
celet.
Longueur 4 lignes. Largeur 2 lignes.
Elle ef un peu velue & toute de couleur cendrée ; elle
n’a que trois raies blanches longitudinales & parallèles fur
le corcelet ; fon ventre eft de couleur un peu plus obfcu-
re que le refte. J'ai trouvé cette efpéce dans les prés,
fes yeux font tout-à-fait femblables à ceux de la précé-
dente.
16 ARANEA fe aliens nigra, abdomine utrinque lineis
tribus albis ad angulum acutum coeuntibus.
Linn. faun. fuec. n. 1237. Aranea faliens nigra, lineis albis tranfverfis femi-
circularibus. 1
Linn. fyft. nat. edit. 10, p.623, n. 29. Âranea fcenica.
Lift. aran. p.87 > f. 31. Araneus cinereus, alvo circiter fenis fafciis tranfverfs
in angulos acutos in medio ereêis argenteis & nigris alternatim difpoftis
infignita,
Raij. inf. 37, n° 31. Araneus idem.
Brad. nat. tab. 14, f. 5.
‘
L'araignée fauteufe aux trois chevrons blancs,
Longueur 2 à lignes,
DES INSECTES. 651
Ses pattes font noires , velues , tachetées de blanc & les
premieres font plus longues que les autres. Son corcelet
éft noir: le ventre eft un peu allongé & terminé en pointe.
Il eft pareillement noir , & en-deflus , il y a de chaque
côté trois bandes blanches argentées , qui vont oblique-
ment en montant , & fe rencontrant au milieu avec celles
de l'autre côté, forment un angle aïgu ou des efpéces de
chevrons.
On trouve cette araignée dans la campagne & fouvent
fur les fenêtres des maifons. Elle eft vagabonde & ne file
point de toiles. Elle faute très-bien , fur-tout lorfquw’on
veut la prendre. Elle a des yeux de différente grandeur,
tels qu’ils font figurés n°. 2.
CINQUIÉME FAMILLE.
Yeux en bouquees, 2 2
17. ARANEA Lorgpes , thorace pedibufque pallidis ;
abdominre plumbeo fufco.
L'araignée domeflique à longues pattes.
Cette araignée a le corcelet de couleur pâle & livide »
fes pattes font de la même couleur; elles font fort lon-
gues & très-fines , prefque comme celles du faucheur;
là troifiéme ‘paire eft la plus courte. Son ventre éft ovale,
un peu oblong , & de couleur plombée.
On trouve cette araignée dans les endroits inhabités
des maifons , où elle fait des toiles lâches & irréguliéres.
MrOHN, O-CGU:L-U S.
LES MO:N:0 TEE;
Pedes [ex. Six pattes.
Oculus unus. Un feul œil.
Antennæ multiplices fetis pluri- Antennes branchues avec plus
mis lateribus. fieurs poils latéraux.
Corpus crufta teélum. Corps cruftacé,
Nnanni]
652 HISTOIRE ABRÉGÉE
Les infeëtes qui compofent ce genre , font tous fort
finguliers ; mais très-reconnoiffables par les différens ca-
ratieres qu'ils portent. Le premier de ces caracteres con-
fifte dans la forme des antennes. Tous les monocles ont
ou leurs antennes branchues , divifées & fubdivifées
comme les branches d’un arbre, ou ils ont plus de deux
antennes, comme on le voit dans le morzocle à queue four-
chue. Les antennes de cette efpéce font tellement divi-
fées jufau’à leur bafe, qu’au lieu de former des antennes
branchues , elles en repréfentent deux de chaque côté.
Outre cette divifion finguliére des antennes des mono-
cles , on remarque encore que cette partie eft ornée fur
les côtés, de poils aflez apparens, qui joints à la divifion
des antennes dont nous venons de parler, les font en-
core paroitre plus touffues & plus finguliéres.
Le fecond caractere effentiel des monocles , c'eft de
n'avoir qu'un feul œil, & c'eft de-là que ce genre a recû
le nom qu'il porte. La plüpart des infetes ont deux yeux
ainfi que les grands animaux: quelques-uns , comme les
araignées , en ont davantage ; le monocle eft le feul qui
n'ait qu’un feul œil. Quelques Naturaliftes croient cepen-
dant que dans la vérité, le monocle a réellement deux
yeux, mais que ces yeux font fi près l’un de l’autre, qu'ils
fe confondent & femblent n’en faire qu'un. J'ai été
moi-même porté à le croire, l’analogie me failoit re-
garder cette opinion au moins comme très- probable ;
mais quelqu'examen ‘que J'aie fait , Je n'ai Jamais pü
appercevoir qu'un feul œil dans tous ces infeftes , &
c’eft en vain qu'on voudroit fe perfuader qu'ils en ont
deux.
Outre ces deux caraéteres propres & effentiels aux mo-
nocles , ces infeêtes en ont encore plufieurs autres, mais
qui leur font communs avec différens genres. Ces petits
animaux , par exemple, ont fix pattes ; ce qui les diftin-
gue de plufieurs infeëtes de cette feétion ,tels que les
pinces , les tiques, les araignées & autres qui ont huit
DES : LN S ECTESS 653
pattes , ainfi que des crabes qui en ont dix, & des clo-
portes, des fcolopendres , des iules , &c. qui en ont bien
davantage. Mais le pou , la puce , la forbicine , la podure
& le binocle ont pareillement fix pattes, enforte que le
nombre des pattes peut bien fervir à diftinguer les mo-
nocles de plufieurs autres genres, mais ne fait pas un ca-
rattere effentiel de celui-ci. Un autre caractere femblable
eft la dureté de la peau des monocles, qui dans la plûpart
eft dure comme une croûte. Ce que nous avons dit des
infeétes de cette fettion en général , fait voir que la plû-
part font dans le même cas , & ont leur corps cruftacé. Il
eft vrai que ce caraëtere eft plus marqué dans ce genre
que dans plufieurs autres ; & que la croûte qui recouvre
le corps des monocles, eft fi ferme & fi dure, que dans
quelques efpéces, elle reflembie à une coquille pour la
dureté. C’eft ce qu’on voit dans les deux efpéces de m0-
zocles à coquille.
Tous les monocles font aquatiques, & fe trouvent
en quantité dans les eaux dormantes, telles que celles
des mares , des baflins & même des baquets qui font dans
les jardins. Leur démarche eft finguliére. La plüpart fe
fervent de leurs antennes branchues , comme de bras pour
nager , & avec l’aide de ces antennes, ils s’avancent &
s'élevent dans l’eau comme par bonds & en fautillant.
C'eft pour cette raifon que SwWammerdam avoit appellé
une des efpéces de ce genre, puce d'eau , pulex aquaticus.
Leurs pattes les aident aufli à nager , car ces infectes ne
s'en fervent que pour aller dans l’eau , & même la pofition
de ces pattes, dans la plüpart des efpéces , les rend tout-
à-fait inutiles, fice n’eftà cet ufage. Elles fortent toutes de
la fente qui fe trouve entre les deux lames dont le Corps
eft couvert, & tellement ferrées qu’elles ne peuvent faire
de mouvement que de haut en bas & nullement fur les
côtés ; par ce moyen elles fervent de rames au monocle
lorfqu’il nage. L’infette , en même-tems, eft muni d'une
autre partie qui lui fert d'aviron, c'eft fa queue qui varie
Es4 HISTOIRE ABRÉGÉE
pour la forme, fimple dans quelques efpéces , fourchue
dans d’autres , mais toujours plus ou moins mobile.
Ces infeëtes font tous ovipares, & comme ils font la
plüpart tranfparens , on appercçoit à travers la peau de plu-
fieurs , les œufs contenus dans l’intérieur de leur corps.
Wais il y en a quelques-uns où ces œufs font bien plus ap-
parens ; car ces infeétes les portent en paquets à leurs
côtés , comme on le voit dans la figure que nous don-
nons. C’eft de ces œufs dépofés dans l'eau, que naïflent
ces infeétes dont je n’ai pù appercevoir encore l’ac-
couplement.
La nourriture des monocles ne doit pas être confidé-
rable ; ces infeëtes font fi petits, qu’ils n’ont pas befoin
d'en prendre beaucoup. Aufli je crois qu'ils ne doivent
pas être carnafliers, & fe nourrir des autres infeêtes , qui
la plüpart font plus gros qu'eux. Quelques débris de plane
tes leur fuffifent, & c’eft probablement de la différente
teinte des fucs de plantes dont ils fe nourriffent , que
vient la différence de couleurs de ces infectes. Car on
obferve, du moins dans plufieurs efpéces , qu'ils varient
du blanc au vert & au rouge plus ou moins foncé, Cette
derniere couleur a fouvent fort effrayé des gens qui n’é-
toient pas habiles Naturaliftes. L’eau toute remplie de
ces infeétes , paroît rouge comme du fang , & ce phéno-
mene à fufh pour jetter autant de terreur dans l’efprit du
peuple , que ces prétendues pluies de fang , que nous
avons dit n'être formées que des gouttes de liqueur rou-
ge que rendent les papillons en fortant dè leurs coques.
Si l'on eût examiné de près cette eau, que l’on préten-
doiït être changée en fang , on auroit vü que fa couleur
rouge ne dépendoit que des infeêtes dont elle fout-
milloit.
Les monocles fervent de pâture à beaucoup d’infe&tes
aquatiques. 11 n’y a pas jufqu'aux polypes qui en mangent
& en détruifent une grande quantité , fur-tout de ceux
dont la peau eft un peu moins dure ; car pour les mono-
pese liNsEcTrESh 655
cles à coquilles, le teft dont ils font couverts, réfiferoic
trop à l’eftomac des polypes, & d’ailleurs ces efpéces
font plus groffes que les autres.
Les efpéces de monocles que nous connoiflons, fe ré-
duifent aux fuivantes.
I! MONOCULUS antennis dichotomis , cauda
inflexa. Linn. faun. fuec. n. 1182.
Linn. fyff. nat. edir. 10, p. 635 , n. 4. Monoculus pulex.
Swammerd. ir-4°, p. 66, t. 1. Pulex aquaticus arborefcens.
Swammerd. bibl. nat. t. 31, fe 1: 2, 3.
Merret. pin. p.107. Vermes minimi rubri aquam flagnalem colore fanguineo
inficientes , unde vulgus dira protendit.
Hierne flock. 1 , p.32, 35. Abyflus fatanx,
Le perroquet d'eau.
Longueur + ligne.
Sa couleur eft d’un blanc verdatre un peu rouge. Sa tête
fe termine par une efpéce de bec pointu réfléchi en-deffous
& proche lequel eft un feul œil noir, qui paroït des deux
côtés de l'infee, comme s'il y en avoit deux. Les an-
tennes qui, à leur naiffance , ne font qu'au nombre gde
deux , une de chaque côté, fe bifurquent peu après & fe
divifent chacune en deux , comme fi l’infeéte en avoit
quatre. Elles font compofées de plufieurs articles, & de
chaque jointure fort un long poil, ce qui fait l'effet des
divifions & fubdivifons des branches d’arbre ; aufli a-t-on
appellé cet infeête , pulex arborefcens ; fes antennes font
prefque de la longueur du corps. L’infeëte eft applati des
côtés comme la puce , & fon corps eft ferme ; dur *&
couvert partout d’une efpéce d’écaille qui n’a qu'une ou-
verture en-deflous en forme de rainure. C'eft dans cette
rainure que font firuées les pattes dont il ne fait guères
d’ufage ; au lieu d'elles , fes antennes lui fervent comme
de bras pour avancer par fauts & par bons. À l'extrémité
de la même rainure , eft la queue qui fe divife en deux
btanches, dont chacune fe fubdivife en deux autres. L’é-
caille qui couvre cet infe@te , eft tranfparente , & l’on voit
656 HISTOIRE ABRÉGÉE
fouvent à travers, du côté du dos, un nombre confidéra-
ble de petits œufs bruns. La figure de ce petit animal eft
prefque quarrée. On le trouve fouvent dans l’eau des ma-
res. Il varie un peu pour la couleur, étant quelquefois
d’un blanc rougeître , d’autres fois verdâtre , & quelque-
fois rouge. Cette derniere couleur donne dans certains
tems un œil rouge à l’eau, lorfqu’il y a beaucoup de ces
infeétes , ce qui a quelquefois caufé beaucoup de frayeur
en certains endroits, où lon croyoit que l’eau étoit chan-
gée en fang.
> MONOCULUS antenmis dichotomis ; cauda
reflexa. Linn faun. fuec. n. 1183.
Linn. fyfl. nat. edit, 0, p. 635 » n. 5. Monoculus pediculus.
Le monocle à queue retronffée.
Cette efpéce paroit fi femblable à la précédente , que je
les avois d'abord confondues enfemble. Elle n’en différe
que parce que fa queue ell retrouflée en-deffus du côté du
dos , au lieu que celle du perroquet d'eau eft recourbée
en devant. Du refte ces deux infeëtes fe refflemblent pour
tout.
3. MONOCULU S antennis quaternis ; cauda rela
Bifida. Linn. faun.fu:c. n. 1184. Planch. 21, fig. 5.
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 635 , 7. 6, Monoculus quadricornis,
Blanck. belgi. p. 149 51. 13:
Leuwenhoek. contin. arc. nat. lug. bat. 1719 , pag. *42; Fa Le
Rofel. inf. vol. 3, fuppl. hf. polyp. tab, 98 ,f. 2, 4.
Le monocle à queue fourchue.
Ce petit monocle eft d’un brun un peu cendré. De
fa tête naiflent quatre antennes , deux en devant & deux
en arriere , toutes quatre garnies de quelques poils qui
leur donnent la figure d’une branche, Entre ces quatre
antennes , tout en devant de la tête , eft un feul œil. De
la tête à la queue , le corps va en diminuant en forme de
poire, Il eft compofé de fept ou huit anneaux qui vont
toujours
DES INSECTES. s7
toujours en fe retréciffant. La queue eft longue , divifée
en deux , & chaque divifion donne naïflance extérieu-
rement à trois ou quatre poils affez forts. L'animal porte
fes œufs aux deux côtés de fa queue en forme de deux
paquets Jaunâtres tout remplis de petits grains , & qui
à eux deux égalent prefque la grofleur de linfecte. Ses
pattes font en-deflous , mais il s’en fert peu ; fes antennes
lui font d’un plus grand ufage pour aller dans l’eau par
fauts & par bonds très-vifs. Ce petit infecte n'a pas une
demi-ligne de long : on le trouve dans les mares. On peut
en mettre plufieurs dans un bocal rempli d’eau, on en voit
quelques-uns chargés de leurs œufs , & dépofer au bout
de quelque tems ces deux paquets enfemble ou fépa-
rément,
4 MONOCU LUS antenmis capillaceis mulriplicibus ;
tefla bivalyi oblonga.
Linn. ue Juec. n. 1185. Monoculus antennis capillaceis multiplicibus tefta
Lin Qi. nat. edit, 10, p. 635 ; n. 7. Monoculus conchaceus.
Le monocle à coquille longue.
Longueur 1 à ligne. Largeur + ligne.
Cette efpéce eft renfermée dans une coquille bivalve ,
c'eft-à-dire , compofée de deux parties appliquées lune
contre l’autre , oblongue , life , prefque de la même grof-
feur aux deux bouts & de couleur cendrée. Cette coquille
s’entrouvre en-deflous , & c'eft par une des extrémités
de cette ouverture que l'animal fait fortir fes antennes
divifées en plufieurs filets blanchätres , avec lefquelles il
court très- vite de côté & d'autre en nageant dans l'eau.
Lorfqu’il rencontre quelque corps folide , il s'arrête &
marche avec fes pattes , qui fortent un peu le long de la
même ouverture. Si on tire l'infeête de l’eau , il fe renfer-
me tout entier dans fa coquille. On trouve communé-
ment ce petit animal dans les ruifleaux bourbeux &t dans
les eaux dormantes,
Tome II, Oooo
653 HISTOIRE ABRÉGÉE
s MONOCULUS antennis capillaceis multiplicibus ;
*_ 4efla bivalvi globofa.
Le monocle a coquille courte.
Longueur 1 lisne. Largeur + ligne.
On trouve affez fouvent cet infeéte avec le précédent.
Il paroît n’en différer que par la forme de fa coquille , qui
eft plus courte & beaucoup plus groffe, ce qui la rend glo-
buleufe ou de forme ronde: du refte, le corps & les parties
de cet infeéte paroiflent femblables.
BINOCULUS. YMonoculi fpec. linn.
LUENNPETENIONCEERE.
Pedes fex. Six pattes.
Oculi duo. Deux yeux.
Antenne fimplices fetaceæ. Antennes fimples & fétacées.
Cauda bifida. Queue fourchue.
Corpus crufta teélum. Corps cruftacé.
Ce genre approche beaucoup du précédent , avec lequel
quelques Naturaliftes l'ont confondu. I] lui refflemble par
le port , le nombre des pattes , & fur-tout par la dureté du
teft qui couvre fon corps ; mais il en différe par des
caraéteres eflentiels. D'abord cet infeéte a deux yeux très-
diftinéts , au lieu que le monocle n’en a qu'un feul , &
c'eft de cette différence que nous avons tiré le nom de ce
genre. Nous l’avons appellé 4:zocle, pour le diftinguer par-
là du monocle , qui veut dire infeéte à un feul œil. Une
autre différence fe tire des antennes ;, qui ne font pas
fourchues & garnies de poils latéraux dans les binocles ,
comine dans les monoles , mais fimples & courtes dans la
lüpart. Il en faut cependant excepter le grand binocle
à queue en filets, dont les antennes, quoique fimples, font
longues & fourchues vers leur bafe.
Outre ces différences , on peut remarquer que les écail-
les qui couvrent le deflus du corps des binocles , font fé-
DES INSECTES. 659
parées l’une de l’autre dans leur milieu ; & reffemblent
prefqu'aux étuis des înfettes coleopteres par leur figure &
leur poñition. Ces écailles peuvent fe foulever un peu
de deflus le corps , auquel elles ne tiennent point vers
le bas.
Ces infeétes vivent dans l’eau comme ceux du genre
précédent , mais ils font plus voraces. La plüpart s’ata-
chent à différentes efpéces de poiflons , auxquels ils adhé-
rent fortement, & qu’ils fuccent par le moyen de plufsurs
ouvertures ou fucçoirs ; dont la nature les a pourvus dans
la partie inférieure de leur corps. Le deffous de l’infeéte
eft ordinairement plat pour s'attacher & fe coller au
poiffon fur lequel il doit habiter.
Nous ne trouvons que peu d’efpéces de ces infeêtes au-
tour de Paris, mais beaucoup de poiffons qu’on ne ren-
contre point ici ; & fur-tout plufieurs poiflons de mer,
font attaqués par différens infeétes qui s’attachent à eux &
les fuccent , & qui font des efpéces de ce genre , comme
je m'en fuis afluré par l'examen que j'ai fait de plufeurs.
Il y en a aufli différens figurés dans quelques auteurs ,
& fur-tout dans Baker , fous le nom de poux de poiflons.
Tous ces infeétes ont une figure finguliere, & refflemblent
un peu en petit aux crabes de mer, dont il eft cependant
aifé de les diftinguer par le nombre des pattes. Il y a
fur-tout quelques efpéces de crabes qui approchent infini-
ment des binocles , entr’autres le crabe des moluques,
que l’on voit dans les cabinets , & qui fe trouve figuré
dans le Thefaurus Rumphii, planch. 12. Tous ces animaux
ont une queue fourchue ou divifée en deux , qui tantôt fe
termine par deux filets fimples , & tantôt par deux écailles
plattes , foit unies , foit frangées.
Outre le petit nombre d’efpéces de binocles que nous
donnons , nous fommes perfuadés qu'il doit y en avoir
encore d’autres autour de Paris ; que l’on pourra dé-
couvrir , en examinant avec foin au fottir de l’eau les
poiflons fur léfquels ils peuvent habiter.
Ooooi]
660 HISTOIRE ABRÉGÉE
1. BINOCULUS cauda bifeta. Planch. 21 , fig. 4
Linn. faun. fuec. n. 118. Monoculus cauda bifeta,
Frifch. germ. 10,p. 1, tab. 1. Apus.
Le binocle à queue en filets.
Longueur 18 lignes. Largeur 10 lignes.
Ce binocle eft fort grand : le côté de fa tête eft plus
large , & celui de fa queue plus étroit. Sa tête a une peti-
te pointe en- devant , & près de cette pointe en-deflus ,
deux yeux affez proches l’un de l'autre. Le corps eft cou-
vert de deux écailles , qui vers le bout s'écartent & fe
féparent , formant un angle aigu vers les bords extérieurs ,
& laiffant voir entr'elles la queue. Le bord inférieur , par
lequel fe regardent ces écailles , eft un peu dentelé
en fcie. La queue eft écailleufe & fe termine en deux
longs filets affez durs. En-deflous , l'animal a fix pattes
cruftacées. On trouve cet infeëte dans l’eau : il eft rare ici.
2. BINOCULUS #æmifphæricus , cauda foliacea ;
capitis punélo triplici fufco. Pianch. 21, fig. 3.
Linn. [yft. nat. edit. 10, p. 634,n. 2. Monoculus tefta foliacea plana,
Frifch. germ. 6, tab. 12.
Loes. Monoculus cauda foliacea.
Le binocle à queue en plumet.
Longueur 2 lignes. Largeur 1 Z ligne.
La couleur de cette efpéce eft d’un jaune un peu brun;
elle eft cruftacée comme la précédente ; mais ronde,
hémifphérique , prefqu’aufli large que longue , reffem-
blant pour la figure à une coccinelle & concave en-
deflous. Ses antennes font petites , très courtes , difficiles
à appercevoir , compofées de cinq articles & placées pro-
che les yeux. Ceux-ci éloignés l’un de l’autre & fitués aux
deux côtés de la tête , font noirs. Outre ces yeux , ily a
encore entreux fur la tête trois taches brunes pofées
en triangle. La machoire de devant fe termine en pointe,
mais recourbée en-deffous. Après la tête qui eft affez
DES INSECTES. 661
grande , fe voyent deux écailles lifles , terminées par un
bord faillant qui couvrent le corps comme les étuis des
fcarabés ; mais elles ne vont pas jufqu’ au bout ,; & elles
laiffent à nud une queue écailleufe formée de quatre an-
neaux, qui fe termine par deux appendices barbus comme
des plumes , que linfecte étale en courant dans l'eau. En-
deflous , ce binocle à fix pattes courtes , dont les origines
font éloignées les nnes des autres. On trouve cet rdc
dans les et ; il reflemble d’abord à un petit coleop-
tere , mais fa démarche vive & fa queue qu'il agite préci-
pitamment , le décélent bientôt.
3. BINOCU LUS ga/feroflei.
Le binocle du gaflerofle.
J'ai trouvé anciennement cette efpéce qui étoit fort jo-
lie , fur le gafterofteus , Linn. faun.fuec. n. 276, qui eft
un petit poiflon épineux que l'on trouve en quantité dans
les ruiffeaux, & fur-tout au petit Gentilly. Mais n'ayant
pas confervé cet infeéte , je ne puis en donner une bonne.
defcription.
CHAMINÈCYE À
LIY'EMICAR AIRE;
Pedes decem , primi cheli- Dix pattes , les deux pre-
formes. mieres en forme de pinces.
Oculi duo. Deux yeux.
Antennæ filiformes. Antennes filiformes.
Cauda foliofa. Queue compolée de plufieurs
lames.
Corpus crufla teélum. Corps cruftacé.
Il eft très-aifé de diftinguer des autres genres de cette
fe£tion ; le crabe que tout le monde connoit déja. Il a un
caractere eflentiel qui lui eft propre, c’eft le nombre de fes
pattes : le crabe en a dix , au lieu que tous jes autres
infedes fans ailes en ont ou plus ou moins. Ce caractere
662 HiISTOLR£Z ABRÉGÉE
fufit feul pour reconnoitre ce genre. Les autres que nous
avons ajoutés, lui font communs avéc plufieurs infeétes de
cette fection ; néanmoins ils peuvent aufli fervir à le fépa-
rer de plufieurs autres dans lefquels ils ne fe trouvent
point, & c'eft par cette raifon que nous avons cru les de-
voir tous réunir.
Les crabes font tous des animaux amphibies , ‘qui
vivent ordinairement dans l’eau , maïs qui peuvent fub-
fifter très-long-tems à l'air & hors de Feau. Nous ne don-
nons que deux efpéces de crabes , qui feules fe trouvent
aux environs de Paris ; ce genre eft négnmoins très-nom-
breux , la mer.en fournit un nombre confidérable d’ef-
péces:
Ces animaux varient pour la forme : les uns font lar-
ges , comme les poupars , les crabes communs , l’arai-
gnée de mer, &c. les autres font longs comme le homar,
la crevette & l’écrevifle de riviere. Ces derniers ont une
longue queue compofée de plufieurs lames articulées en-
femble, & on les a appellés carcri macrourt , crabes à lon-
gue queue , tandis qu'on a donné le nom de crabes à
courte queue , cancri brachyurt , aux premiers qui n’ont
que de très-petites queues ;, compofées pareillement de
lames, & tellement recourbées & appliquées en-deflous ,
qu'on ne les apperçoit qu’en les retournant.
Cette diftinétion aifée à appercevoir , divife naturelle-
ment ce genre en deux grandes feétions. L’écrevifle & la
crevette , les deux feules efpéces que nous ayons ici , font
toutes deux de la famille des crabes à longue queue.
Ces infeétes ont une tête grofle, difinéte du corcelet;
en quoi ils différent beaucoup des crabes à courte queue,
dont la tête eft tellement confondue avec le corcelet, que
ces deux parties ne forment qu'une feule piéce. Au
devant de cette tête un peu allongée , on appercçoit deux
longues antennes compofées d'une quantité d'anneaux
très-courts , & entre ces deux antennes , deux ou quatre
antennules beaucoup plus çourtes & plus minces, mais
DES INSERTES. 66?
conftruites en petit comme les antennes le font en grand.
Ces antennules accompagnent la bouche de l’animal qui
fe trouve au-devant de {a tête. Au-deflus de la bouche
des deux côtés de la tête , fe voyent les yeux au nombre
de deux , un de chaque côté. Ces yeux, dans les crabes,
font durs , fermes & portés fur une efpéce de bafe cylin-
drique & mobile , enforte qu'ils font prominens.
Le corcelet , cette feconde partie du corps des crabes ,
n’eft point diftinét de la tête dans les crabes à courte
queue , comme nous l'avons déja dit ; mais dans ceux
à longue queue , ce corcelet eft très-apparent & féparé de
la tête. Il eft oblong , prefqu'ovoide , tantôt compofé
d'une feule piéce de teft liffe , comme dans l’écrevifle , le
homar , tantôt recouvert de plufeurs lames de teft ,
comme dans la petite crevette des ruiffeaux. Enfin la
queue qui termine le corps des crabes,eft fort courte dans
quelques-uns & longue dans les autres. Dans ces der-
niers , outre les lames qui compofent la queue , on voit
des efpéces de feuillets qui la terminent , dont l’infete
peut fe fervir comme d’avirons. Le deffous de cette queue
eft garni d'autres petits feuillets tranfverfes & frangés ,
plus grands dans les femelles que dans les mâles , & qui
fervent aux premieres à tenir & affermir leurs œufs qu’elles:
portent ordinairement fous leur queue.
Les pattes , au nombre de dix, prennent toutes leur ori-
gine du deffous du corcelet. De ces dix pattes , les deux
premieres méritent Le plus d’être confidérées. Outre qu'’el-
les font plus groffes & plus longues que les autres , elles.
font terminées par une derniere piéce fort renflée , & qui
au bout fe divife en deux pinces aigues & dures, dont une
feule eft mobile. Par le moyen de ces pinces , l'animal
faifit & ferre les différens corps qu’il rencontre, & fe rend
maitre de fa proie. Ces deux pattes antérieures font rare-
ment parfaitement égales ; fouvent on en voit une plus
groffe que l’autre. On obferve fur-tout que la jambe droi-
te eft plus groffe dans les mâles. Mais cette différence,
664 Ir STORE LAÏBRIAGÉ:E
quoique fenfible ,n'eft pas à beaucoup près fi confidérable
que celle qu'on apperçoit quelquefois entre les pattes de
quelques crabes & écrevifles. On voit une des deux pattes
antérieures de la grofleur ordinaire , tandis que l’autre eft
beaucoup plus petite. Quelques Naturaliftes ont regardé
cette différence comme un jeu de la nature , & l’ont pris
pour une difformité. L’obfervation a cn le contrai-
re. Si on nourrit quelque tems une écrevifle , dont une des
pattes eff plus petite , on voit CEE DATES groflit peu à
peu , & parvient à acquérir la grofleur de l'autre. Cette
différence de groffeur re venoit ‘donc point de naiïffance ,
elle dépend d’une propriété des plus fingulieres dont
jouifflent ces animaux. Leurs pattes plus groffes versde
bout , minces à leur origine , & outre cela douées de plu-
fieurs articulations étroites, font très - fujettes à fe cafler.
Une on our crabe qui ont ainfi perdu une de leurs
pattes , ne reftent pas eftropiés pour cela ; il en repoufle
une autre qui fe développe peu à peu , & que reproduit le
moignon qui refte attaché au corps. Cette nouvelle patte
eft d’abord fort petite ; avec le tems elle croit & acquiert
toute fa groffeur. Les pattes ne font pas les feules parties
de ces infectes qui repouifent ainfi ; leurs antennes , qui
dans plufi ieurs efpéces font fort longues ; repouflent de
même. Combien feroit-il à défirer pour l'homme, que la
nature lui eût accordé une pareille propriété qu'elle a
prodiguée à de vils animaux.
Maigré le nombre des pattes dont ces infeétes ont été
pourvus , leur démarche n'en eft ni plus vive ni plus agile.
ls vont très - lentement & femblent marcher avec peine ;
rarement vont-ils droit , mais fouvent de côté & quelque-
fois à reculons , ce qui paroït dépendre de la polition
& de la conformation de leurs pattes.
À mefure que les crabes groiliffent , leur peau dure,
cruflac/e & comme pierre ufe,devient pour eux un habille.
ment :rop étroit, d'autant qu'elle ne peut préter ni s’éten-
dre. Il faut donc que ces infedtes , comme les chenilles &
d'autres
DESMINSECTES. 66
d’autres larves dont nous avons parlé , changent de peau,
Mais fi cette opération eft laborieufe pour les chenilles ,
elle l'eft encore davantage pour les crabes. La peau de
ces derniers eft bien plus dure & plus adhérente, & ils
changent non -feulement de peau ; mais d’eftomac &
d'inteftins , ce qui rend ce travail encore plus rude. C’eft
ordinairement au printems que fe fait cette müûe. Quel-
ques auteurs affurent que plulieurs crabes réitérent aufli ce
changement dans l’automne. Quoi qu'il en foit, dans ces
tems les crabes paroïffent foibles & languifflans , & leur
nouvelle peau après leur dépouillement ef fi molle, qu'ils
feroient aifément dévorés & déchirés par d’autres ani-
maux , S'ils navoient foin de fe retirer dans des trous
& des cavités. C’eft dans ces tems de foibleffe , que les
feches , Les calmars & les grands polypes de mer, tâchent
d'attaquer les crabes marins dont ils {e nourriflent , comme
les polypes d’eau douce dévorent les monocles , qui
reffemblent beaucoup aux crabes. Cet état de langueur ne
dure pas long-tems ; au bout de deux ou trois Jours ,
la nouvelle peau des crabes fe durcit affez pour les
mettre à l’abri. C'eft alors que lon trouve dans l'efto-
mac des écrevifles , ces efpéces de pierres connues dans la
médecine fous le nom d'yeux d'écreviiles qui ne leur con-
vient en aucune façon Quelque tems après on n’en trouve
plus , ce qui fait voir que ces efpéces de pierres ne font
utiles à ces animaux que dans l’inflant de leur mûe. Quel
peut donc être leur ufage ? Nous avons dit que ces
animaux ne changeoïent pas feulement de peau , mis
d'eftomac ; ce vifcere fe dépouille d& fa peilicule in-
térieure ; ainfi que l'extérieur du corps. L eitomac ainfi
dépouillé eft trop foible pendantdes premiers Jours pour
digérer la nourriture ordinaire , & réellement ces animaux
n’en prennent point pendant ce tems. Cependant on les
voit prendre une nouvelle vigueur après avoir été languif-
fans. Bien des perfonres penfent donc que ces pierres ,
ainfñi que la vieille dépouille de l'eftomac , fervent de
Tome IL Pppp
666 H1iISTOIRE ABRÉGÉE
nourriture pendant ces premiers Jours à ces animaux 3
& qu’elles fe fondent & fe digerent , d'autant qu’au bout
de quelques jours on ne trouve plus aucun refte des unes
& des autres.
Toutes les efpéces de crabes font carnaflieres : ceux de
ces animaux qui habitent l'eau douce, fe nourriffent de
vers, de fang-fues , de grenouilles & de différens infeétes.
Ceux de mer mangent des animaux marins plus mols
& plus foibles qu’eux. Bien plus , dans le tems de la mûe,
ils fe dévorent fouvent les uns les autres , & une écrevifle
ainfi languiffante & dont la croûte eft molle , devient
quelquefois la proie d’autres écreviffes qui ne font point
en muüe.
Il ne nous refte plus qu’à parler de l’accouplement fingu-
lier de ces animaux. Les crabes n’ont pas été traités moins
favorablement de ce côté -là. Ces infettes auxquels la
nature a accordé la propriété de reproduire leurs pattes
ou leurs antennes lorfqu’elles ont été caflées , ont aufli
reçu un autre avantage du côté de la génération. La fe-
melle a deux ovaires & deux ouvertures. Le mâle a pa-
reillement deux parties qui font ftuées vers l'origine de
fes dernieres pattes. Ainfi dans ces petits animaux l'ac-
couplement peut être double. Lorfque le mâle veut faifir
fa femelle , celle - ci fe renverfe fur le dos , & ces infeétes
s’accouplent ventre contre ventre. Les femelles font très-
fécondes , elles dépofent une grande quantité de petits
œufs ronds , de couleur rouge , qu’elles portent ordinai-
rement fous elles , principalement fous la queue , où on
les trouve , du fnoins dans les crabes à longue queue.
On fait que les pattes de crabe & les pierres appellées
yeux d'écrevifles semployent en médecine. On peut con-
fulter fur leur ufage les différens traités de médicamens.
1. CANCER macrourus ; roffro fupra ferrato , baf£
utrinque dente Jimplici , thorace integro.
Linn. faun. fuec. n. 1149. Cancer macrourus , roftro fupra ferrato , bafi utain=
que dente fimplici.
DES INSECTES. 667
Linn. fjyff. nat. edit, 10 , p. 631 , n. 43. Cancer macrourus thorace lævi,
roftro lateribus dentato, bafñ utrinque dente unico.
Rondel. pife. 22, p. 210. Aftacus Auviatilis.
Gefner. aquat. 104. Aftacus fluviatilis.
Aidrov. exfang. 129. Aftacus fluviatilis.
Jonit. exfang. rt. 4, f. 1. Aftacus fluviatilis.
Matthiol in diofcor. 128. Gammarus.
Bellon. pifc. 355. Gammarus.
Worm. muf. 248. Gammarus feu affacus fluviatilis,
Merrer. pin. 192. Aftacus fluviatilis.
Dale pharmac. 359 , n. 21. Aftacus fluviatilis.
Rofel. inf vol, 3, fupplem. tab. 54: 55:56, 5758359 60:
L'ecrevifle.
L'écrevifle eft fort connue , elle fe fert communément
fur les tables , ainfi nous croyons inutile d’en faire la def-
cription. Elle fe trouve dans la Seine & les rivieres des
environs de Paris.
2. CANCER macrourus rufefcens ; thorace articulato.
Linn. faun, fuec. n. 12$3. Flanch. 21, fig. 6.
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 631, n.$6. Cancer macrourus articularis, manibus
adaétylis, cauda attenuata fpinis bifidis,
Raj. inf. p. 44. Pulex Auviatilis.
Erich. germ. 7, p. 26,1. 18. Vermis aquaticus cancriformis,
Lier. Oeland. 42, 96. Cancer pulex fluviatilis diêtus.
Charlet. exercit. p. 57. Squilla.
Merrec. pin. p. 192. Squilla fluviatilis. Squilla parva.
Rofel. inf. vol. 3, fupplem, tab. 62.
La crevette des ruiffeaux.
Longueur 7 lignes. Laggeur 2 lignes.
Cette crevette eft d'un jaune couleur de rouille : fes
yeux font noirs ; fes antennes font fines & affez longues, à
peu près de la longueur des deux tiers du corps. Elle a
cinq pattes de chaque côté & plufieurs appendices à à
queue. Tout fon corps eft compofé de douze anneaux
fans la tête ; quatre de ces anneaux compofent le corce-
let , qui dans l'écreviffe eft d'une feule piéce. Cette cre-
vette eft applatie par les côtés ; auili eft-elle toujours
pofée fur le côté ; foir qu’elle fe meuve , foit qu’elle
refte en place , & lorfqu’elle marche , elle approche
PppPpi
668 H1STOIRE ABRÉGÉE
par des mouvemens vifs fa tête & fa queue l’une de
autre.
On trouve communément cette crevette dans l’eau
courante des petits ruifleaux , elle eft en grande quantité
dans la riviere des Gobelins. Souvent les plus petites
fe retirent & fe mettent à l'abri fous le ventre & entre les
pattes des plus grofles.
O:ùNIS CUS.
LIEN CL Li0kPrONRNDES
Pedes quatuordecim. Quatorze pattes.
Antennæ due fraële. Deux antennes coudées.
Nous nous étendrons peu fur un infeéte auffi connu que
le cloporte ; d'ailleurs les caraëteres que nous donnons de
ce genre , le rendent très-facile à reconnoitre. De tous les
infeétes fans ailes qui compofent cette feétion , le clopor-
te & l’afelle font les feuls qui ayent quatorze pattes ,
& ces deux genres différent l'un de l'autre par le nombre
des antennes ; le cloporte n’en a que deux & l’afelle en a
quatre.
Le cloporte ayant jufqu’à quatorze pattes , fept de cha=
que côté , ces pattes tirent leur origine de toute la lon-
gueur du corps ; aufli cet infette eft-il du nombre de ceux
dont le corps n'eft point diftingué en trois parties , tête ,
corcelet & ventre. Toute la longueur de fon corps eft
compofée de dix anneaux ou lames dures , écailleufes
& comme cruftacées. On remarque feulement au devant
du premier anneau ; une petite tête noirâtre , avec deux
yeux & deux antennes , compofées chacune de quatre
articles qui font très - mobiles , & que linfelte tient ordi-
nairement coudées à chaque articulation. Le dernier an-
neau du corps, qui formé une efpéce. de queue à l’animal,
eft terminé par deux appendices dans le cloporte com-
mun, car le cloporte armadille n’a point ces appendices,
DES INSECTES. 669
Ces infeëtes changent de peau comme les autres, &
non-feulement leur corps , mais leurs pattes même & leurs
antennes muent & fe dépouillent. On trouve fouvent dans
la campagne & dans les maifons , les dépouilles que les
cloportes ont quittées qui font minces & blanches,
Je n’ai point vû ces infeétes accouplés. Quant à la pon-
te des femelles fécondées , je ne fais pas comment quel-
ques auteurs ont pu donner dans Perreur , de croire
ces infectes ovipares. Il fuffit, pour fe détromper, de pren-
dre dans l'été un nombre de ces infeétes , & de les exami-
ner vers le bas du ventre en -deflous. On voit alors dans
beaucoup de femelles une efpéce d’élévation formée par
une pellicule mince & un peu tranfparente , à travers
de laquelle on peut diftinguer les petits qu’elle renferme.
Si en maniant la mere on vient à rompre cette pellicule ,
les petits bien formés & de couleur blanche, fortent tous
& fe mettent à courir maloré cet accouchement forcé. II
n’y a donc nul doute que le cloporte ne foit vivipare. Il
eft vrai qu’il pourroit fort bien fe faire, malgré cette ob-
fervation , que les cloportes fuffent ovipares, ou du moins
ovipares & vivipares tout enfemble , ce qui d'abord fem:
ble un paradoxe que l’on peut cependant facilement ex-
pliquer. Il peut fe faire qu’il ne fe forme point de petits
vivans ; mais feulement des œufs dans le corps de la
mere ; & que cette mere , au lieu de les répandre dehors
en les pondan, les fafle paffer dans cette efpéce de poche
membraneufe qui fe trouve fous l'extrémité de fon corps,
que dans cet endroit elle couve ces œufs , jufqu’à ce qué
les petits étant éclos puiffent fortir de cette poche. Nous
avons vû à peu près la même chofe dans la femelle du
kermès ; qui en pondant , fait pañler fes œufs fous fon
corps ; où elle les couve , & fur lefquels elle meurt , y ref-
tant toujours attachée , jufqu’à ee que les petits étant
éclos , fortent de cette habitation. Il pourroit y avoir quel-
que chofe de femblable dans le cloporte ; d’aurant que la
poche où font renfermés fes petits paroit extérieure , &
670 HISTOIRE ABRÉGÉE
ne point communiquer avec l'intérieur du corps de ce
peut animal,
Nous ne connoiffons que deux véritables efpéces de
ne dans ce pays-ci , dont une donne quelques va-
riétés.
1 ONISCUS cauda obtufa integerrima. Linn. fau,
Juec. n. 1256.
Linn. (yft. nat. edit. vo , p. 617, n. 11. Onifcus armadillo.
Raj. inf. p. 42, n. 2. Afclius lividus major.
Le cloporte armadi lle.
Longueur s lignes. Largeur 1 + lignes.
Ce c'oporte eft large , très -liffe & très - uni. Sa couleur
eft noire ; avec un peu de blanc au bord des anneaux,
Souvent cette couleur varie , mais l'infeête eft toujours
life & uni. Son corps eft compofé de dix anreaux , fans
compter la tête & la queue. De ces dix anneaux, les fept
premiers font larges , & les trois derniers courts. De ces
trois derniers , le premier paroït divifé dans fon milieu qui
et plus large que le refte, en trois autres. Ces derniers
anneaux courts , avec celui de la queue , forment l’extré-
mité du corps de l’animal qui eft arrondie fans aucune ap-
pendice, ce qui fait le cara@tere fpécifique de cet infe&te.
il a quatorze pattes , fept de chaque côté. Dès qu’on tou-
che ce cloporte , il fe roule en boule ; rapprochant fa tête
de fa queue , comme l'animal nommé tatou ou armadille,,
& on ne voit , ni fes antennes, ni fes pattes ; on le pren-
droit pour une perle ronde & brillante. On trouve ce clo-
porte dans les bois.
2. ONISCUS cauda obtufa bifurèa. Linn. faun. fuec.
21257: Planch..22.,fis. 1.
Linn. [yfl. nat. edir. 10, p. 637 , n. 10. Onifcus afellus,
Mattho!. in diofcor. 257. Millepeda.
Charlet. exerc. $4. Millepes.
Raj. inf. p.41, n. 1. Afellus afininus five vulgaris,
DES INSECTES. 67e
À ....Lævis cinereus flavo nigroque maculatus.
B.... Lævis niger cinereo maculatus.
C.... Scaber niger.
Le cloporte ordinaire.
Longueur $ lignes. Largeur 2 lignes.
Tout le monde connoît le cloporte domeftique ; qui
eft life , cendré , taché de noir & d’un peu de jaune , mais
on en trouve dans la campagne deux autres qui ont com-
me lui , dix anneaux , fans compter la tête & la queue , &
deux appendices à la queue. Le premier eft très-lifle ,
prefque comme le cloporte armadille , de couleur plus
brune tacheté de gris , mais fans aucune tache jaune ;
l'autre eft d’un noir matte tout chagriné en- deffus. Ces
deux ne font que des variétés de celui des maïfons , & ne
différent que par la couleur & la grandeur. Souvent quand
ils font jeunes , ils font d’une couleur rouge pâle.
Le cloporte fe trouve principalement dans les endroits
un peu humides , dans les caves des maifons , & fous les
pierres dans les campagnes. On le ramafle pour l’ufage de
la Médecine.
ASELLUS. Onifii fper. linn.
LL ANSMENTIMENE!
* Pedes quatuordecim. Quatorze pattes.
Antennæ quatuor fraflæ , duæ Quatre antennes brifées , dont
longiores. deux font plus longues.
L'afelle reflemble tout-à-fair au genre précédent , pour
le nombre des pattes & pour la figure , tellement que l’on
a toujours Jufqu'ici confondu ces deux genres enfemble,
fe contentant de diftinguer l'afelle du cloporte , par le
nom de cloporte aquatique ou cloporte d'eau ; parce que
ces infeétes vivent & habitent dans l'eau. Cependant ces
deux genres différent par un caractere très - eflentiel , c’eft
le nombre des antennes. Nous avons yû que le cloporte
672 H1iSTOIRE ABRÉGÉE
n'en a que deux, comme la plüpart des infe&tes ; l’afeile au
contraire en a quatre , deux plus longues & deux plus
courtes. Au refte, ces antennes font compofées de plu-
fieurs articles coudés en angle ; comme celles du clo-
porte , auxquelles elles reffemblent beaucoup. L’afelle
approche encore du cloporte commun ; par fa queue qui
fe termine en deux filets ; mais au lieu que ces filets font
fimples dans le cloporte , ils font fourchus & divifés en
deux dans l’afelle.
Les efpéces de ce genre font toutes aquatiques. Nous
n’en avons trouvé qu'une feule autour de Paris, dans les
mares & les petits ruifleaux ; mais la mer en fournit plu-
fieurs beaucoup plus grandes. L’analogie fait croire que
ces infeétes doivent être vivipares , comme les cloportes
dont ils approchent infiniment.
1. ASEL LUS cauda bifida , flylis bifurcis ; articulis
féptem. Planch. 22, fig. 2.
Linn. faun. fuec. n. 1258. Onifcus cauda bifida , flylis bifurcis,
Linn. fyft. nar. edit. 10, p, 637 , n. Onifcus aquaticus.
Raj. inf. p. 43. Afellus aquaticus gefneri.
Frifch. germ. 10, p. 7, f. s. Afellus aquaticus,
L'afelle d'eau douce.
Longueur 1 ? ligne. Largeur + ligne.
Cet afelle eft de couleur cendrée & affez liffe. Son
corps eft compofé de fept articles , fans compter la tête &
la queue. Cette derniere partie eft beaucoup plus grande
que les autres anneaux , arrondie par le bout , & il en fort
deux appendices qui fe divifent chacune en deux filets,
Cet infeéte a cela de commun avec quelques afelles de
mer ; mais il en différe , en ce que les marins ont dix
anneaux. Ceft pour cette raifon que dans la phrafe nous
avons marqué le nombre des articles pour diftinguer ces
efpéces. Celle - ci a fept pattes de chaque côté , dont les
dernieres vont toujours en croiffant pour la longueur , &
font conftamment plus grandes que Îes premieres. Ses an-
tennes
DES INSECTES. 673
tennes n’ont que trois articles allongés, dont le dernier eft
beaucoup plus long que les autres. On trouve cet afelle
dans l’eau des ruiffeaux & des mares.
SOL OP EN D'R° A:
FRANS IC AOL ONPMENNID.R E.
Pedes ad minimum vigintt Vingt-quatre pattes au
quatuor , fæpe plus. moins , fouvent davantage.
Corpus planum. Corps applati.
Antennæ filiformes , articulis Antennes filiformes compofées
brevibus plurimis. de plufeurs articles courts.
La fcolopendre eft appellée par quelques Naturaliftes ,
Ze millepied, à caufe du grand nombre de pattes de cet
infeéte , & par d’autres /z malfaifante , parce que cet ani-
mal pince , & produit même quelqu'enflure à l'endroit de
fa morfure , qui paroit légérement venimeufe. Il eft aifé
de reconnoitre ce genre par le grand nombre de pattes
qu'ont ces petits animaux. On pourroit tout au plus les
confondre avec les ïules , qui forment le genre fuivant,
mais la fcolopendre en différe effentiellement par la forme
de fon corps qui eft applatie, & de plus, par fes antennes
qui font compofées d’anneaux courts, dont le nombre
furpaffe ordinairement celui de cinq.
Les fcolopendres , ainfi que les iules dont nous parle-
rons tout-à-l’heure , font du nombre des infettes dans
lefquels on ne voit aucune diftinétion entre le corcelet &
le ventre. Tout leur corps eft compofé d’anneaux plus ou
moins nombreux , précédés en devant d’une tête ronde ,
& applatie ainfi que le corps de l'animal. De ces an-
neaux partent en deflous les pattes de l'infecte, ordinaire-
ment au nombre de quatre à chaque anneau , deux de
chaque coté.
Ces animauxfe trouvent fousles pierres & dans les trous
des murailles humides. Ils courent fort vite, & en mar-
Tome IL. Qqqq
674 HISTOIRE ABRÉGÉE
chant ils ferpentent & forment fouvent des finuofités avec
leur corps, qui eft long & étroit. Ces infees mûent &
fe dépouillent de la peau cruftacée & dure qui les recou-
vre à peu près comme les cloportes. On rencontre quel-
quefois leurs dépouilles. Ils fe nourriffent de podures &
d'autres petits infeétes. Le nombre de leurs pieds varie
beaucoup fuivant les différentes efpéces, depuis vingt-
quatre & trente, jufqu'à cent quarante-quatre. Mais pour
juger au jufle de ce nombre , il faut que la fcolopendre
ait acquis toute fa grandeur & fa perfeétion. Car cet infedte
aune propriété qui paroit fort finguliére. Etant jeune, il a
moins d'anneaux & moins de pattes qu'il n’en aura par la
fuite , enforte que cet animal ne croit pas par la feule
augmentation de volume de fes différentes parties, mais
par une efpéce d'addition en pouffant de nouveaux an-
neaux , à peu près comme fi nous naïflions fans bras, &
qu'avec l’âge il nous en pouffàt peu à peu.
La mer & les pays étrangers fourniffent un grand nom-
bre de fcolopendres. On en apporte des pays chauds de
monftrueufes , qui fe confervent dans les cabinets. Beau-
coup de tuyaux marins font habités par plufieurs de ces
infeêtes. Parmi les efpéces des environs de Paris , la der-
niere que nous appellons la /colorendre à pinceau, eft
une des plus jolies , comme on le verra dans la def-
cription.
1. SCOLOPENDRA 7ufa, pedibus utrinque quirr-
decim. Planch. 22, fig. 3.
Linn. faun. fuec. n. 1263. Scolopendra plana, pedibus utrinque quindecims
Linn. [yff. nat. edit. 10, p. 638 , n. 3. Scolopendra forficata. .
Raj. inf. p. 45e Ad fcolopendram accedens triginta pedibus inftrud@a.
La fcolopendre à trente pattes.
Longueur 9 à to lignes. Largeur 1 3 ligne.
Cette fcolopendre, la plus grande de ce pays-ci, eft de
couleur fauve ; liffe , compofée de neuf anneaux écailleux
fans compter la tête. Ses pattes font au nombre de quinze
DES VINSECTES 67s
de chaque côté, & les dernieres plus longues que les au-
tres & tournées poflérieurement, forment une efpéce de
queue fourchue. Ses antennes font deux fois auffi longues
que la tête & compofées d’une très-grande quantité d’ar-
ticles courts, au nombre de quarante-deux. Lorfque l’in-
feéte marche ; il court fort vite & quelquefois en ferpen-
tant. On le trouve à terre fous les pierres, fous les pots à
fleurs & les caïfles dans les jardins.
2. SCOLOPENDR À xigricans , pedibus utrinque
guatuordecim , albo nigroque inrerfe&kis.
La fcolopendre à vingt-huit pattes.
Longueur 8 lignes.
Elle paroit d’abord reffembler un peu à la précédente
ou à la commune , mais fi on l'examine de près , on voit
qu'elle en différe beaucoup. Son corps eft à la vérité com-
pofé de neuf anneaux, fans compter la tête ; fes antennes
plus longues que fon corps, font fines, déliées & compo-
fées d’une multitude de petits anneaux ; enfin fes pattes
font au nombre de quatorze de chaque côté, en quoi elie
approche de lefpéce précédente. Mais outre fa grandeur,
elle en différe d'abord par fa couleur noirûtre ; feconde-
ment par fes pattes , qui font très-longues , fur-tout les
poftérieures , qui égalent prefque la longueur du corps,
& qui de plus font entrecoupées de noir & de blanc. Ces
pattes ont encore une autre particularité , c’eft que leurs
tarfes font compofés d’un nombre infini de piéces , plus
longues vers le haut & qui vont de plus en plus en dimi-
nuant vers le bout. On trouve cette efpéce avec la pré-
cédente fous les pierres , mais bien plus rarement qu’elle.
3. SCOLOPENDRA /fu/ca ; pedibus utrinque
{TLDE IG
La fcolopendre à foixante pattes.
Longueur $ lignes. Largeur = ligne.
La couleur de cette efpéce eft noirâtre en-deflus, blan-
Qaqqiÿ
676 HiISTOIRE ABKÉGÉE
châtre ou cendrée en-deffous. £lle a foixante pattes , trente
de chaque côté ,; de même couleur que le deffous de l'in-
fete. Son corps eft compofé de dix-huit anneaux plats en-
deflus , chagrinés , très-diftingués les uns des auttes. Le
deffous de l'animal eft arrondi & fes pattes font fort cour-
tes. Ses antennes font compofées de fept articles. On
trouve cette fcolopendre à terre , fous les pierres, mais
moins fréquemment que la premiere.
à. SCOLOPENDRA ferruginea , pedibus utrin-
que feptuaginta.
Lin. frun. fuec. n. 126*. Scolopendra plana, pedibus utrinque feptuaginta.
Linr. fift. nat. edit. 10, p. 63°, n. 6. Scolopendra elerica.
Aldrov. inf. p. 637, t. 636, f. 8. Scolopendra vulgaris ac vera.
Raj. inf. p 25. Scolopendræ valde exiles , longæ.
Frifch germ.à11,p.212,t.8, f. x. Scolopendra plana longa,
La fcolopendre à cent quarante pattes.
Longueur & à 9 lignes. Largeur À ligne
Celle-ci eft très-platte tant en-deflus qu’en-deffous. Sa
couleur eft fauve, mais tout du long de fon corps, elle a
dans le milieu une bande noire. Ses pattes font au nombre
de cent quarante, foixante & dix de chaque côté , mais
ce n’eft que quand l'animal a atteint toute fa grandeur.
Lorfqu’il eft plus jeune & plus petit, iln’en a quelquefois
que foixante , foixante - quatre , foixante -fix ou foixan-
te-huit. Lorfqu'il marche, il fait des plis & des replis com-
me un ferpent. Ses pieds font courts & forment comme
deux rangs de cils ou de poils de chaque côté de fon
corps. Les anneaux dont le corps eft compofé , font fort
couits & en même nombre que les pattes. Ses antennes
font compofées de dix-fept articles. On trouve cet infe&te
fur la terre, dans laquelle il s'enfonce. La nuit fon Corps
paroit quelquefois lumineux.
se. SCOLOPENDRA fufca , pedibus utrinque
Jéptuaginta duobus.
DES INSECTES. 677
La fcolopendre à cent quarante-quatre pattes.
Longueur 10 lignes. Largeur à ligne.
Cette efpéce approche beaucoup de la précédente. Elle
eft de même applatie ; elle a prefque le même nombre
de pattes, foixante-douze de chaque côté, & fes anneaux
fort courts , font en même nombre que les paires de pat-
tes. Mais elle en différe en ce que fa couleur eft brune, à
l'exception de fes antennes qui font de couleur de rouille,
& de plus en ce qu'elle eft bien plus longue & plus étroi-
te & prefque comme un fil. Sa longueur fait que fes pattes
font moins ferrées & moins preflées l’une contre l’autre
que dans l'efpéce précédente ; du refte elles font fines &
& petites. Ses antennes font compofées de treize an-
neaux. On trouve cette fcolopendre dans les mêmes en-
droits que les autres.
6 SCOLOPENDR A ovaës, pedibus utrinque
duodecim ; cauda albo penicillo. Linn. faun. Juec. n.
1264. Planch. 22, fig. 4.
Linn. fyff. nat. edit. 10 , p. 637 , n. 1. Scolopendra lagura.
Acad. reg. [ci. fcav etrang.tom. x, p. 538.
AG. Upf. 1736 » p. 39, n. 3. Onifcus minimus , cauda alba,
La fcolopendre à pinceau.
Longueur 1 +ligne. Largeur + ligne.
Cette derniere efpéce eft la plus petite, maïs la plus
jolie de toutes. Ses antennes font compofées de fept pié-
ces, dont la derniere eft très-petite. Sa tête eft noire &
fon corps eft brun. Il eft compofé de dix anneaux, avec
douze pattes de chaque côté, lorfque l'infede eft à fa
randeur, car avant ce tems il y a moins d’anneaux & de
pattes. De chaque côté de fon corps, eft une rangée de
etites touffes ou aigrettes de poils frilés, au nombre de
neuf de chaque côté, du moins lorfque l'animal ef à fa
erfeétion. La queue eft compofée d'un pinceau de poils
femblables ; pluslongs & droits, qui fe raflemblent & qui
678 HisTOIRE ABRÉGÉE
ont une couleur argentine, Cette fcolopendre reffemble ;
pour la forme, à un petit cloporte. On la trouve commu-
nément fous les vieilles écorces des arbres. M. de Geer
l'a très-bien décrite dans le Mémoire envoyé à l’Acadé-
mie , que nous citons ici.
Ab LrU.S: Solopendræ fpec. linn.
LETeUB EE:
Pedes plus quam centum. Plus de cent pattes.
Corpus teres cylindraceum. Corps arrondi & cylindrique;
Antenne articulis quinque. Antennes compofées de cinq
articles.
L'iule approche affez de la fcolopendre par fa figure
allongée, & par le grand nombre de fes pattes. Il en dif-
fére cependant par la forme de fon corps qui eft prefque
exactement rond & cylindrique & par fes antennes qui ne
font jamais compofées que de cinq anneaux. De plus les
pattes de l’iule , plus petites que celles de la fcolopendre,
font encore bien plus nombreufes que les fiennes. On en
trouve jufqu’a deux cent & deux cent quarante , fuivant
les efpéces.
Cet infeéte marche cependant moins vite que la fcolo-
pendre , aufli fes pattes font-elles bien plus courtes , elles
reflemblent à une frange de poils. Il en part quatre de
chaque anneau du corps , deux de chaque côté, ce qui for-
me deux rangées de jambes. Toutes ces pattes agiflant
l’une après l’autre réguliérement & fucceflivement , toute
a rangée forme une efpéce d’ondulation , qui n'étant
point interrompue , fert à tranfporter le corps lourd de cet
animal. Sans ces rangées de pattes , l'iule reffembleroit
tout-à-fait à un petit ferpent.
La peau de cet infeûte eft dure , teflacée & renitente.
Il s'en dépouille comme le cloporte & la fcolopendre
avec laquelle on le trouve fouvent. Il eft ordinaire à cet
infeéte , lorfqu’il eft en repos , de fe replier fur lui-même
, DES INSECTES, 679
& de fe rouler comme un ferpént. Nous ne connoiffons
, que deux efpéces d'iules autour de Paris.
1 JULUS fuycus lævis ; pedibus utrinque cer*
ZUMNe j
Linn, faun. fuec. n. 1260. Scolopendra teres , pedibus utrinque centum,
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 639, n. 3. Julus terreftris.
Aldrov. inf. 637, te 636, f. 4. Scolopendra terreftris minor.
Mouffer. lat. p. 201, f. 4. Julus quartus glaber.
Jonft. inf. t. 13. Julus glaber moufteri.
Ray. inf. p.46. Julus quartus plaber.
Frifch. germ. 11, p.21,t.8, f. 3. Scolopendra longa micylindracea,
L'iule à deux cent pattes.
Longueur $ lignes. Largeur + ligne.
Ce petit iule a de chaque côté cent pattes fort courtes
& ferrées. Son corps eft rond cylindrique , compofé de
cinquante anneaux , dont chacun donne naïflance à deux
paires de pattes. Ces pattes , par ce moyen, font deux à
deux l’une à côté de l’autre , enforte que de deux en deux
il y a un peu plus d’efpace entr’elles. Sa couleur eft noi-
râtre & il eft fort lifle. On trouve cet infecte fous les pier-
res & dans la terre.
2. JU LUS cirereus , pedibus utrinque centum & viginii.
Planch. 22, fig. s.
Linn. faun. fuec. ñ, 1262. Scolopendra teres , pedibus utrinque centum & vi-
ginti.
Linn. Jÿfé, nat. edit. 10, p. 640, n. $. Julus fabulofus.
Ra. inf. p. 47. Julo glabro adfinis, lividis albifque circulis.
L'iule à deux cent quarante pattes.
ZLongueur 1o lignes. Largeur 2 ligne.
Cet ïule eft de couleur cendrée, life, & a quelquefois
deux bandes longitudinales de couleur fauve fur fon dos.
Son corps eft compofé d’environ foixante anneaux , qui
aroifflent doubles , une partie de l'anneau étant toute
life, & l’autre chargée de ftries longitudinales fort ferrées,
ce qui fait que le corps cylindrique de l’infeéte eft comme
entrecoupé alternativement d’anneaux liffles & d’anneaux
680 HISTOIRE ABRÉGÉE
ftriés. Chaque anneau dônne naiflance à deux paires de
pattes, ce qui fait deux cent quarante, ou cent- vingt
attes de chaque côté, Ces pattes font fines, petites &
lanches. Les antennes font très-courtes & compofées
de cinq anneaux. Si on touche cet infeéte , il fe roule
en fpirale , de façon que fes pattes font en-dedans , mais
cependant du côté qui regarde la terre.
On trouve cet infeéte avec le précédent , auquel il
reflemble ;, quoique beaucoup plus gros.
F IN:
TABLE
SE à
PE EASETS
TABLE ALPHABETIQUE
DES noms françois des INSECTES, contenus
dans le Jecond Volume.
Les noms en caraëteres italiques font ceux des efpéces,
Livrcirre > pe 385 — Le celadon, p. 138.
419
L’asathe, p. 124.
L’albafire , p. 168.
L'aichymifle, p. 140.
Amaryllis ; p. 52.
L'amelie, p. 223.
L’aminthe, p. 226.
L’anguleufe , p. 128.
L’apparent ; p. 117.
L’araignée , p. 629 — 651.
L’arous , p. 62 — 64.
L’afelle, p. 671, 672.
Lafile, p. 46$ — 475.
Les atomes , p. 140, 141.
L’aurore ; p. 72.
La baccente, p. 47.
La bande noire , p. 66.
Les bandes, p.132, 133.
Les barreaux , p. 135.
La belle dame, p.41.
Le bibion , p. 568 — 572.
Le binocle, p. 658 — 661.
Le bois veiné , p. 1 24.
La bordure enfanslantée , p.
120.
La brocatelle , p. 143.
Le bronfè , p. 65.
La brunette , p. 160.
Le carmin, p. 146.
La caroline, p. 228.
La cecile , p. 229.
Tome IL,
Cephale; p. 53.
La chappe ; p. 169 — 171.
La chinée ,p. 145.
La chouette, p.r15.
Le cinips, p. 289 — 308.
Le ciron , p. 622.
Le citron ; p. 74.
La citronnelle , p. 139.
Le cloporte , p. 668 — 671.
Le collier argenté ; p. 44.
La coquille d'or ; p. 193.
La cordeliere , p. 1 94+
Corydon , p. 49.
Le coffus ; p. 103.
Le coufin , p. $73 — 580.
Le crabe, p. 661 — 667.
La crête de coq, p. 111.
La crevette , p. 667:
Le damas cendre , p. 132.
La damerette , p. 130
Le damier ,p. 45.
La décolorée , p. x$$-
La découpure , p. 121.
Le demi-paon , p. 79.
La demoïifelle , p. 217 — 229.
La dent-de-fcie, p.73.
Le deuil, p. 161.
Le diplolepe , p. 308 — 311. :
La dorothée , p. 223.
La double ceinture ; p. 128.
Le double-omega ; p. 123.
Rrrr
682
Le double-point ; p.125.
La doublure jaune , p. 136.
L’écaille , p. 10$ — 109.
L’écrevifle , p. 667.
L’éléonore , p. 225$.
L’enfanglantée, p. 126.
L’entreligne, p. 194.
L’éphémere, p. 234 — 241.
l’étoilée, p. 120.
L’eulophe, p. 312, 313.
Le faucheur, p. 627 — 629.
La feuille-morte, p. 110.
Le flambée , p. 56.
Le flot. p.153:
La forbicine, p. 611 — 614.
La fourmi , p. 420 — 429.
Le fourmilion, p. 256259.
La françoife, p.224.
La frange bigarrée , p. 161.
Le freflon , p. 261 — 263.
Le gamma, p. 39.
Legafe , p.71.
La grifaille, p.134.
La grifette , p. 68.
La guêpe , p. 362 — 384
L’hémerobe, p. 2$1 —25$5:.
Le hibou , p. 147e
L'hippobofque, p. $46 ; $47-
La jafpée ; p. 125.
La julie , p. 227.
La jufline, p. 227.
L'ichneumon , p. 313 — 362.
L’incarnat , p. 165$e
L'iota, p. 158.
L'iule , p. 678, 679.
L’ix, p.162.
La laiteufe, p.131.
Le lambda , p. 156.
La lichenée,p. 1$0,rSI.
La livrée, p. 115.
La louife ; p. 221.
La lunule, p. 123.
T''AUBr TE
Le manteau, p. 190 — 192.
Le mars. p. 61.
La meticuleufe ; p. 152.
La mignoneite , p. 127.
Le minime , p. 112.
Mirtil, p. $0.
La mitte, p. 623, 624.
Le monocie, p. 6$1—6$8.
Le morio, p.35.
Le moro-fphinx , p. 83.
Le morpion , p. $97-
La mouche, p. 483 — 538.
La mouche-armée, p. 475 —
483.
La mouche-à-fcie , p. 266 —
288.
La mouche-fcorpion, p.250 ,
260.
La mouchetée ; p. 137.
Le nacarat , p. 164.
Les nacrés, p. 43.
La némotele , p, 542, 543.
L’oeftre , p.4ç1 — 456.
L'omicron, p. 157.
La panthere, p. 140.
Le paon de jour , p. 36.
Le paon de nuit , p. 100 —
102.
Le papillon , p. 26 — 76.
La perle, p. 229 — 232.
Le petit gris, p. 160.
La phalëne, p. 93 — 172.
La philinte , p. 225.
La phrygane , p. 241 — 25$o.
La pince, p. 617 — 619.
Le plein-chant , p. 67.
La podure , p. 60$ — 611.
Le pou, p. $9$ — 605.
Procrs ps:
Lepfi-pisfe
Le ptérophore, p, 90 — 93.
La puce, p. 614— 616.
HPASB:L:E
La queue-jaune , p. 136.
La rainure , p. 133; 134
La raphidie, p. 233.
La rofette, p. 121.
Le fatyre,p. SI:
Le fcatopfe, p. $44, s45.
La fcolopendre, p. 673 — 678.
Silene . p. 46.
La fophie, p. 224.
Le fouci, p. 75.
La fouffrée, p. 138.
Le fohinx , p. 76 — 89:
Le ftomoxe, p. 538,539:
La flvie , p. 226.
Le tabac-d’efpagne , p. 42.
Le taon, p. 457 — 464.
La teigne , p. 173 — 204.
Letigre, p. 118.
68;
La tipule, p. $48— 568,
La tique, p. 619 — 627.
Tircis , p. 48.
Le toupet-tanné, p. 131.
Triflan , p. 47.
La turquoife , p, 130.
Le verdelet, p. 126.
Le ver-d-foie , p. 116.
Le vert-doré, p. 140.
La veuve, p. 149.
Le volant-doré , p. 159.
La volucelle, p. $40, s41.
Le vulcain, p. 40,
L’ulrique, p. 222.
L’urocere ,p. 264, 265.
Le jig-7ag , p. 113.
La zône , p.127.
Fin de la Table des noms françois.
TABLE ALPHABETIQUE
DES noms latins des INSECTES, contenus
dans le fecond Volume.
Les noms en caraëteres italiques font ceux des citations.
À carus, p.619 — 627.
Acarus, p. 618,619, 629.
Apis,p. 38$ —419.
Apis,p. 369, 375 — 377
Aranea , p. 629 — 649. :
Araneus , p. 624, 62$ , 629.
Afellus , ». 671,672.
Afellus , p.670.
Afilus, p. 465 — 475.
Afilus, p. 539.
Bibio, p. 568 — 572.
Binoculus, p. 658 —.661.
Bombylius, p. 416 , 417.
Bombyx , p. 116.
Cancer, p. 660 — 667.
Chelifer , p. 617 — 619.
Conops , p. 539.
Crabro ,p. 261 — 263.
Culex, p. 573 — 580.
Culex , p. 466 ; 572.
684
Cynips, 2.289 — 308.
Diplolepis, r. 308 — 3r1.
Ephemera, p. 234— 241,
Eulophus,p. 312,313.
Forbicina, p. 611— 614.
Formica, p. 420 — 429.
Formicaleo, p. 256 — 250.
Hemerobius , p. 2$1— 257.
Hemerobius , p.231,246,25$ 8.
Hippobofca , p. 546, 547.
Hippobofcus , p. 547.
Ichneumon, p. 313 —362.
Ichneumon ; p. 265 ; 296 »
30230: 31 Oe
Juluss Ps 678 »679e
Levifma ; p. 61 3e
Libatrix,p. 1217.
Libella, p. 221 — 218.
Libellula , p. 217 — 229.
Eubricipeda > P-118.
Millepeda , p. 670.
Millepes , p. 670.
Monoculus, p. 651 — 658.
Monoculus , p. 660.
Mufca , p.483 — 538.
Mufca ; pe 479; 481; 540 »
$432:571e
Nemotelus ,p. 42, 543.
Oeftrus, p. 45 1 — 456.
Oeftrus ; p. 479:
Onifcus ,p. 668 — 671.
Oniftus , p. 672, 677.
Panorpa, p.259 ; 260.
Papilio , ps 35 — 75:
Parilio, p.117.
Pediculus , p. $95 — 605.
TABLE.
Pediculus , p. 623.
Perla »f + 229 — 232
Perla, p. 253.
Phalæna, Pe 93 —172.
Phalæna ; p. 79— 92; 100,
1001023105
Phalangium , p. 627 — 629.
Phriganea , f. 241 — 250.
Fhriganea, p.231, 232.
Podura, p. 60$ — 610.
Polichloros , p. 37.
Prerophorus , p. 99 — 92.
Pulex , p. 614— 616.
Pulex ; p. $99— 604, Co7,
GSS:.
Raphidia , p 233.
Ricinus: p.547; 621.
Scatopfe ,p. $44, 545$.
Scolopendra , p. 6 75 — 677.
Sheet pe 679
S hex > P: 38 54:
Sphinx , p. 75 — 89.
Squilla, p. 667.
Stratiomy$ , p. 475 — 482.
Stomoxys. p. 538» 539.
Tabanus , p. 457 — 404.
Tabanus ; p. 479.
Tenthredo , p. 266 — 288.
Tenthredo , p. 265 ; 296 , 299:
30222303, 310:
Tinæa , p. 173 — 204.
Tipula, p. 548 — s 67.
Vefpa, p. 362 — 384
Volucella.; Pe+ 540 » S4re
Urocerus , p. 264; 265$.
Ÿ
À
Fin de la Table des noms latins.
ch ed
EXP T CATION
Des Planches contenues dans le fecond
Volume.
PLANCHE XI.
Fig. I. EPapizLron,grand Fig. IP, Le même, vû en -deflous.
nacré ; vu en-deflus. La Figure repréfente les
Fig. II. Le même, vü en-deflous. antennes de ce papillon,
On voit dans ces Figures, qui font terminées par
que les antennes de ces une maflue allongée.
papillons font terminées
par une maflue arrondie. Fig. W. Le fphinx.
Fig. III. Le papillon demi - deuil, vû
en - deflus. Fig. VI. Le pterophore.
BLANCHE XIL
Fig. F. > PHALESsNE,petit- Fig. I. La phalène appellée le flor.
paon, vüe-en - deflus. Fig. V. Autre phaléne appellée la
Fig. II. La même, vüe en- deflous. veuve.
Fig. III. La femelle de la même pha. Fig. VI. La teigne appellée la co-
léne. quille d'or.
PLAN C'H E X LIT
Fig. I À DEMOISELLE. turelle , vû en-deflus.
a. L’infe&e de gran- f. Le même, vû de côté.
deur naturelle, g- Sa patte féparée.
b. Sa larve.
Fig. IL La perle. Fig. IV. L’éphémere.
© c. L’infe&te de grandeur na- h. L’infeéte de grandeur na-
turelle, vi en- deflus. : turelle , vü en-defus. Ce
d. Le même , grofi & vû « oi. Le même, grofli & vü à
en - deflous. L k Joupe. AE
Fig. III. La raphidie, D ALL ER MN
e. L'infe@e de grandeur na- Fig. W, La frigane,
Tome II. S
6R6 Ep ut © AUr x /oi N 27
- LTinfée aggrandi & v o. La mème larve, tirée de
de côté, ‘fon foureau.
m. Sa tête féparée , & ex- Re. I. L'hémerobe.
traordinairement groffie. p. L'animal un peu grofli.
n, Sa larve renfermée dans g. Ses œufs portés (ur unfil,
le tuyau qui la recouvre. & attachés à une feuille.
P L ANCH £. X I V.
Fig. I E FourMILTON. fés au bout de fa trompe,
a. L'animal de gran- qui accompagnent la bou-
deur naturelle. che.
b. Son antenne FFparce g- La queue du même in-
c. Sa, pattes. ‘ fette,males groffie & (é< :
Fipi 11,9 La moucheL Rdrpion. Barée:
2: lu linfRéer"flé , vh en- Fig. TER uracére de grandeur na-
deflus turelle, vi de-côté.
€. La femelle du mêmein- Fig. 1W. Ee frélon, de grandeur
fee. naturelle,
f. Sa tête. féparée &grofie, Fig. 72" La mouche:à- fcie.
où l'on voit les antennes, h. L'animal vûcen - deflis.
lestrois petits yeux Jifles, i. Le même grofi, & vü
& + quatre barbillons po- en - deflous,
PLAN CAHYE IMC OIV.
Fig. L E Cinrps. i, Le même, vü de côté.
a. L'infcée de gran- ‘k.. Feuille de chene; chargée |
deur naturelle ,. vi en- des galles que produit cet
deffus. infe&e, |
b Le même > groffi. l, Galle entiere & non ou-
c. Le méme , vû de côté. verte.
d. Feuille de chéne, chargée m. Galle ouverte, dans la-
des galles que produifent queile on apperçoit le
ces infetes. trou par lequel l’infeñe
e. Galle entiere, & non ou- eft (orti.
© verte » lorfque l’infcée Fig. IIL L'eulophe.
ge efpaséncbre forti. n. L’infeéte de grandeur na- .
f: Galle ouverte, dans la- Hblle
quelle on apperçoit le En ne groffi.
trou par lequel l'infeéte ps Feuille de tilleul, char-
parfait eft forti, gée de chryfalides de cet
Fig. II. Le diplolepe. x __infe&e.
g: L'animal de grandeur na- g. Ces chryfalides rangées
turelles. :: en tas: ï
h. Le même, groff & vi Tr. Une: de ces chryfalides,
ed défus, grofie à la loupe,
pes Puancomes pu. Tome II. 68s
L .
Fig, IL,
“Fig. IIT.
b.
Ce
d.
PET AN NC FPE ARR
Fig. I, 7 HNEUMON.
a L'animal groffi, &
vü en- deflus. £
Le même , yü de côté,
La guefpe.
L'infe&e groffi.
Sa tête féparée.
e. Nid de terre que forme
f.
cette efpéce de guefpe.
L’abeille.
Abeille dorée , & aggran-
die.
g: Son ventre féparé, dont
les derniers anneaux font
terminés par des pointes.
hi. La même, de grandeur
naturelle , & repliée dans
une fituation qui lui eft
aflez ordinaire,
La fourmi.
i. La fourmi mâle de gran-
deur naturelle.”
k. Sa Femelle.
L. Cette même femelle de
beaucoup groflie.
Fig. I.
Fig, IT.
BL AINCEE. XVII
’ŒÆsT R Es
a. L'infecte aggrandi.
b. Sa tête groflie, & vüe en-
€,
d.
€e
50e
deflus. -
La même tête, vüe en-
deffous.
La patte féparée.
L’aile, avec le balancier
& Le :cuilleron qui font à
fa bafe,
. Le même cuilleron & le
balancier féparés.
Le taon,
« L'infe&te! groffi.
« Sa tête féparée , & vüûe
en - defflous.
. La mêmetête vüûe de cô-
té, pour faire yoir les
machoires qui accompa-
.gnent la trompe,
Fig, TITI.” Lafle. ]
k. L’infeête un peu grofli.
L, Sa tête féparée, & vüe
en - deflus.
m. La même, vüûe en - def-
fous.
n. L’antenné féparée & grof-
fie.
La mouche-armée.
6. L’infettervi en -deflus,
les ailes croifées.
p« Le même, avec les ailes
étendues.
g: Sa tête féparée , & vüe
en: deflous. -
rs Sapatte.
fr Eadarve quite produit.
PLANCHE XVIII.
Fig. I. f = Movucxes.
b.
a. L'infètte de gran-
deur naturelle.
Sa téte féparée & groflie.
Ê
.& Tête de mouche d’une
autre efpéce , vüe,de côté
&-fa trompe ttendue,
Le, flomoxe. ;
Sfffi
683 Ex:p LÜür € AU ON
d. L'infe&e beaucoup ag- p. L'infeûe de grandeur na-
grandi. turelle , vü en-deflus.
e. Sa tête groffie , & vüe en- g. Le même, vü de côté,
deffous. r. La tite féparée.
f. Sa trompe. f. La chryfalide groflie.
Fig. III. La volucelle, t. Branche de bouis char-
g. L'animal un peu groffi. gée de cesinfe&tes.
h. Sa têre vûe de côté, & u. Flévations que produi-
groffie. fent leurs larves.
i, La gaine où eft renfermce x. Dépouille de la chryfa-
la trompe. lide qui refle attachée à la
k. La tête groflie, & vüe en- feuille, lordque line
deflus. parfait en eft forti.
Fig. IV. La némotele. Fig. VI. L’hippobofque.
1. L’infede groffi. : J' L'animal de grandeur na-
m. Sa tête féparée , & vie furelles
par - deflus. z. Le même, grofli,
ñn. Sa trompe féparée. £. Sa téte féparée,
o. Une de fes antennes. A. Sa patte féparée & grof-
Fig. V. Le fcatopfe. fie,
PiL, AoN:C H E:2- XX:
Fig. I RANDE tipule-cou- 2. La farve de grandeur na=
turiere, turelle.
a. Le mâle de grandeur na- k. La même, grofhe.
turelle, 1. La chryfalide.
b. La femelle. mm. m. Œufs de tipule, dans
c. La larve. une efpéce de fray.
d, La chryfalide, Fig. III. Le bibion.
; Le tout de grandeur na-
7. L'animal groffi.
0. Sa tête féparée.
Fig. II. Petite tipule culiciforme. Fig. IV. Le coufn.
turelle.
e. Le male aggrandi, & vû p. L'infe&e femelle gro.
en - deflus. g. La tête du mâle, où l’on
f. Le même, vû de coté, voit fes panaches.
g. La femelle. r. La larve groffie,
h. Aiïle féparée. Ja chryfalide groffie,
PIE-SPNIC IT E S'XTX,
Fig, L. E'Pov. ë. L'infc&te de grandeur na-
a. Le pou du bufard, turelle.
oifeau aquatique, de gran- d. Le même , groffi & vû
deur naturelle. en - deffus.
Bb. Le même infe&e groff. e. Le même , vü en - def
Fig. II. - La podure,
fous.
Des PLancues pu Tomé ‘ll.
f. La fourche de la queue
de cet'animal , ayec la-
quelle il faute.
Fig. III.
La forbicine.
g- L'infeêe groffi, & vüen- :
deflus.
hk, Le même, en- deffous,
Fig. IV. La puce, vüe au microf-
cope.
Fig. F. La pince.
i. Le petit inft@e dans fa
grandeur naturelle.
689
k. Le mêmé, grofi.
Fiz. VI. Le faucheur.
n. Le mâle, vûü en - deflus.
o. Le même , vü de côté,
pour faire voir la forme
de fes antennes,
p. La femelle,
Le tout de grandeur na-
turelle,
Fig. VIT. La tique.
L Grandeur de l’infe@e,
m. Le même animal, vü au
microfcope.
BL AN CHE. X XiR
Fig. L a. RAIGNÉE de jardin,
de grandeur naturelle,
b. Poftion de fes yeux.
Fig. IL.
c. Autre araignée de jardin.
d. Pofition de fes yeux.
Fig. III, Binocle à queue en plu-
met. |
e. L'animal de grandeur na-
turelles
f. Le même!, profi & vû
en- - deffush”
g. Le mêmeyvà en -deflous.
Fig. IV. Binocle queue en filets.
h. L'animal de grandeur na-
turelle, vü en-deffus.
i, Le même, vü par- def-
fous.
kk. Ses antennes qui font
fort petites,
Fig, V, Le monocle.
n, L’infeëte de grandeur na-
turelle,
o. Le même groffi, portant
fes œufs en deux paquets
aux côtés de fon ventre.
Fig, VI... Je.çrabe, appellé la cre-
vette.
I, L'animal de grandeur na-
turelle.
m. Le même, grofi.
Pol A N°CH E XXE
E CroPorre.
a. L'infe&e de gran-
deur naturelle , vü en-
deffus.
b. Le même, en-deffous.
c. Le même, groffi,
Fig. II L'afelle
Fa. IIT. La fcol-pendre.
; c'infetre de grandeur na-
EU
e. Sa tête groffie,
Fig, I.
Fig. IV. Autre ne dite
fcolopendre à-pinceau.
f. L'animal de grandeur na-
turelle,
g- Le meme, groffi i confidé-
Pc & vien -def-
fus.
&. Le même, vû en-deflous.
l, Le méme, , plus jeune,
| n'ayant, encqre qte cinq
anneaux Outre fatète,
«620 : ’DES-PLANCHE:s pu LôMmE Il.
&. Le même: encore plus #. Une des pattes, vüe au
jeune, & n’ayant que trois microfcopes
‘ Anneaux. Fig. V. L'’iule,
l. Un des mamelons qui 0. L'infe&e groffi,
bordent lésanneaux,avec ‘ . p. Sa tére &, quelques an-
les ‘aigréttes dont il eft neaux de fon corps en-
orné. core plus groflis , pour
m. Une des antennes groflie : faire voir les yeux & les
& féparée. antennes.
Fzx de l'explication des Planches du Tome IT.
APP RNO BE APNEEO UN.
Jar KG, par ordre de Monfeigneur le Chancelier , un Ouvra-
ge intitulé, Hifloire abrégée des Infèêles qui fe trouvent aux envi-
rons de Paris, dans laquelle les animaux font rangés fuivant un
ordre méthodique. Cette méthode , quoique la même que celle de
M. Linn , eft traitée avec beaucoup plus d’étendue ; le nombre des
genres & des efpéces d’Infetes y eft augmenté du double de ce
qui en a été publié jufqu’ici, & fixés par des caracteres diftinds;
les defcriprions en font claires, exaétes, accompagnées de quel-
ques détails fur les mœurs de ces animaux , & d'excellentes figu-
“res ; de forte que l’impreflion de cet Ouvrage, qui joint le curieux
à Putile, ne peut que faciliter l'étude , & étendre les connoiffan-
ces fur cette partie de l’Hifloire Naturelle. A Paris , ce 18 Juin
1762.
ADANSON.
Le Privilège fe trouvera au Strabon.
ET SR RE PR SIREN SZ 77 EPEIPTAN UT SSP PE SR STE IE RE RU OV UE SRE PSE TE NL EUE EVENE
De lImprimerie de J. CHARDON, rue Galande,
à la Croix d’or. 1762.
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